(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
J’ai osé (grâce à toi Otto 😉). J’ai enfin franchi le cap. J’ai découvert pour la toute première fois Rock Aliens, en version originale Voyage of the Rock Aliens, réalisé par James Fargo en 1984.
Alors, il faut d’abord préciser que si, à la base, le film devait être une simple parodie de séries B de science-fiction, l’un des producteurs israéliens, Meshulam Riklis, en décida autrement afin de promouvoir la carrière de son épouse, la chanteuse Pia Zadora. Le projet prit alors une tournure bien plus promotionnelle à travers une avalanche de chansons ringardes, mais tellement entêtantes et entraînantes que Rock Aliens finit par relever de l’aberration filmique hors du commun. Et croyez moi, c'est un euphémisme.
D’ailleurs, les projections tests furent tellement désastreuses à l’époque que le film ne sortira que trois ans plus tard dans quelques salles européennes avant d’être exploité directement en vidéo l’année suivante aux États-Unis. Chez nous, il ne réalisa que 46 entrées dans quatre salles le premier jour de son exploitation, tandis que le groupe Rhema se dissout peu après la sortie du film. C’est dire à quel point Rock Aliens demeure un OVNI cinématographique hallucinant de crétinerie en totale roue libre.
Une sorte de collision nucléaire entre comédie musicale, science-fiction, teen movie et romance adolescente sous un patchwork fluo symptomatique des années 80, probablement influencé par The Rocky Horror Picture Show, Phantom of the Paradise, mais également par l’esprit rétro rock’n’roll des années 50-60 à la Grease (ça coule de source). Le tout laissant progressivement le langage cinématographique se transformer en une sorte d'opéra rock sous acide, sous une esthétique de clips MTV totalement débridée.
Pia Zadora y est absolument navrante dans son inexpressivité docile, tandis que tous ceux qui l’accompagnent possèdent des gueules de bovins attardés. Tout ça pour dire que Rock Aliens joue à fond la carte du divertissement satirique à renfort d’humour ultra débilos que n’aurait sûrement pas renié la firme Troma, auquel le film se rapproche énormément à travers ses gags lourdingues bas de plafond.
Or, Rock Aliens ne cesse pourtant de susciter rire, sourire, consternation et même une véritable bonne humeur galvanisante grâce à ses morceaux musicaux totalement délirants et hilarants, si bien qu’il faut le voir pour le croire.
On pourra donc reprocher tout ce que l’on veut à cette navrante comédie musicale des années 80, tout en la considérant assurément comme l’un des films les plus nuls de tous les temps, mais on ne pourra jamais lui retirer ce charme euphorisant et cette sympathie totalement désarmante qui nous font ressortir de la projection heureux comme un gosse de quatre ans.
Ce que je veux dire par là , c’est que Rock Aliens constitue un moment de cinéma jubilatoire à ne rater sous aucun prétexte pour tous les amateurs de délires incontrôlés où le réalisateur et les producteurs semblent avoir totalement perdu les rênes, sans jamais se soucier du résultat final, littéralement vrillé, décomplexé et débridé.
Bordel, je deviens fou, j'ai déjà envie de le revoir 🙂
— Celui du cÅ“ur noir des images 🖤
Dédicace à Otto Rivers
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