dimanche 14 juin 2026

An american Crime de Tommy O'Haver. 2007. U.S.A. 1h34.

              (Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

"Quand l’instinct pervers dévore l’innocence sacrifiée."

Découverte hier soir du film An American Crime de Tommy O'Haver , inédit en salle puisqu’il est directement sorti en DVD chez nous le 1er juin 2011, alors qu’il date de 2007. Il faut préciser que ce fait divers avait déjà été traité auparavant la même année avec The Girl Next Door, réalisé par Gregory M. Wilson.

Ici, on a une version plus suggérée de ce fait divers sordide. À savoir que durant l’été 1965, un couple confie leurs filles, Sylvia et sa petite sœur Jenny, à une femme au foyer, Gertrude Baniszewski. Ce qui devait être une simple hospitalité va devenir un véritable cauchemar pour l’une des deux sœurs, puisque pendant plusieurs mois, Sylvia sera séquestrée et torturée, non seulement par la femme qui garde les enfants, mais aussi par les propres enfants de cette femme, dans la cave de leur maison en Indiana.


Si An American Crime ne possède pas une violence aussi explicite que The Girl Next Door, il n’en demeure pas moins absolument éprouvant - je pèse mes mots - dans sa capacité à nous terrifier et nous écœurer lorsqu’une femme d’apparence aimable s’adonne au sadisme et à la perversité pour des motifs qui nous échappent, même si elle souffre de dépression et suit un traitement médicamenteux.

Mais le plus glaçant reste la manière dont le réalisateur montre comment ce sadisme peut contaminer toute une assemblée d’enfants, qui perdent progressivement leur innocence dans une spirale de cruauté gratuite parfois insoutenable.


C’est donc peu dire que An American Crime est un film odieux, mais dans le sens noble du terme, puisqu’il ne se complaît jamais dans le voyeurisme ni dans la surenchère. Bien au contraire, il impose une distance qui rend le tout encore plus insoutenable. Grâce à l’interprétation bouleversante d’Elliot Page, absolument déchirante d’impuissance et de fragilité candide, le film devient un véritable requiem.

On peut également souligner la performance de Catherine Keener, tétanisante de froideur dans le rôle de Gertrude Baniszewski, figure maternelle à la fois effacée, impassible et atone, dont l’ambiguïté morale continue de hanter bien après la vision.


Le film intègre enfin une dimension judiciaire à travers des séquences de procès où sont exposés les jugements des différents accusés, renforçant encore la dimension clinique et implacable du récit.

An American Crime est ainsi un terrible fait divers mis en scène avec pudeur, dignité et précision. On en ressort abasourdi, voire détruit, face à une cruauté morale et physique qui sature l’écran 1h30 durant.

Autant dire qu’il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’en sortir indemne.

A ne pas mettre devant tous les yeux.

— Celui du cœur noir des images 🖤

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