dimanche 30 août 2026

L'Abîme de l'Enfer de Bartosz M. Kowalski. 2022. Pologne. 1h30.

                 (Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

"La Chair et le Sang."

Découverte (grâce à une amie qui me l'avait conseillée), de L'Abîme de l'enfer, production Netflix et, une fois n'est pas coutume, film polonais réalisé par Bartosz M. Kowalski.

Et quelle excellente surprise ! Jouant habilement la carte de la bisserie parfaitement efficace et visuellement soignée, L'Abîme de l'enfer concentre toute son intrigue dans le huis clos inquiétant d'un monastère. Un policier, infiltré sous la soutane d'un moine, enquête sur la disparition de huit jeunes filles. Mais au fil de son investigation, il va se retrouver confronté à une révélation bien plus grave et délétère que tout ce qu'il avait pu envisager.

Ce qui fonctionne particulièrement bien au sein de ce thriller monacal, c'est notamment le soin apporté à la direction d'acteurs, parfaitement crédible, ainsi que l'instauration d'un climat profondément malsain et nauséeux. Le récit est émaillé de séquences-chocs parfois particulièrement peu ragoûtantes - à l'instar de ce déjeuner que les moines sont contraints d'ingurgiter, susceptible de provoquer quelques haut-le-cœur chez les spectateurs les plus fragiles... comme ce fut mon cas ! - tandis que d'autres scènes, parfois franchement gores, viennent ponctuer l'intrigue de manière viscérale.

Un atout supplémentaire réside dans le fait que ces séquences-chocs demeurent constamment au service du récit et ne sombrent donc jamais dans la gratuité.

Car si, dans un premier temps, on se croit embarqué dans un thriller policier plutôt classique, certes, mais particulièrement efficace, captivant, couillu et morbide, la suite de l'intrigue relance progressivement l'action dans une direction beaucoup plus démoniale. Et c'est précisément ce qui fait tout l'intérêt de ce redoutable thriller occulte possédant plus d'un tour dans sa besace.

Sans trop en dévoiler, L'Abîme de l'enfer se distingue également par des visions horrifiques à la fois impressionnantes, inattendues et particulièrement convaincantes, notamment grâce à la qualité de ses effets spéciaux, parfois numériques, parfois artisanaux. On a réellement l'impression d'assister à quelque chose de singulier et d'effroyable dans une envergure disproportionnée. Mais chut.

Au final, L'Abîme de l'enfer s'impose comme un excellent suspense sépulcral prenant son sujet au sérieux afin d'honorer le genre et ses amateurs éclairés dans une ambiance constamment faisandée. Une oeuvre fétide résolument premier degré, non dénué d'une certaine ironie, notamment dans un final à deux doigts de sombrer dans la farce sardonique, juste avant qu'un ultime retournement de situation ne vienne renverser la table pour nous entraîner vers quelque chose de proprement gigantesque.

Faut-il le voir pour le croire ?

— Celui du cœur noir des images 🖤

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