de John Chlesinger. 1987. U.S.A. 1h54. Avec Martin Sheen, Robert Loggia, Helen Shaver, Richard Masur, Harris Yulin, Harley Cross, Jimmy Smits.
Sortie salles France: 23 Septembre 1987. U.S: 10 Juin 1987
FILMOGRAPHIE: John Chlesinger est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur anglais, né le 16 Février 1926 à Palm Springs, décédé le 25 Juillet 2003. 1962: Un Amour pas comme les autres. 1963: Billy le menteur. 1965: Darling. 1967: Loin de la foule déchaînée. 1969: Macadam Cowboy. 1971: Un Dimanche comme les autres. 1975: Le Jour du Fléau. 1976: Marathon Man. 1979: Yanks. 1981: Honky Tonk Freeway. 1984: Le Jeu du Faucon. 1987: Les Envoûtés. 1988: Madame Sousatzka. 1990: Fenêtre sur Pacifique. 1993: L'Innocent. 1995: Au-delà des lois. 2000: Un Couple presque parfait.
Première incursion dans le genre horrifique pour John Schlesinger, inoubliable réalisateur de Macadam Cowboy et Marathon Man, Les Envoûtés relate la difficile investigation d’un éminent psychiatre venu prêter main-forte à la police après la découverte de sacrifices d’enfants. Selon diverses pistes, les fidèles de la Santeria seraient à l’origine de cette macabre mise en scène.
Pour rappel, cette croyance philosophico-religieuse venue des Caraïbes, héritée en partie de la religion yoruba, s’est principalement développée à Cuba, en Colombie et au Venezuela. Syncrétisme troublant entre catholicisme et rites africains, elle évoque par bien des aspects le vaudou antillais, dans cet alliage opaque de magie, de sorcellerie et de liturgie chrétienne.
Mais l’histoire qui nous intéresse ici s’ancre d’abord dans un deuil. Celui, impossible, d’un père et de son fils, témoins d’un accident domestique foudroyant. Le prologue, d’une brutalité saisissante, impose d’emblée une dramaturgie horrifiée : une mère électrocutée sous les yeux de ses proches, image-cicatrice qui ne cessera de hanter le récit. Exilés à New York, Cal et Chris tentent de survivre à cette perte, jusqu’au moment où ils deviennent les témoins d’un sacrifice d’enfant.
Dès lors, le film s’insinue. Incessamment inquiétant, nourri par un climat surnaturel où le vaudou imprègne chaque recoin de l’image, Les Envoûtés orchestre une lente descente aux enfers. Sans jamais céder à l’esbroufe, John Schlesinger privilégie le mystère, l’opacité, et surtout l’humain : une cellule familiale fragilisée, fissurée, confrontée à une série d’événements aussi macabres qu’inexplicables.
En abordant les thèmes du sacrifice d’enfants, de la superstition, de la quête de pouvoir et des dérives sectaires, le film installe une angoisse rampante. Celle d’un homme rationnel qui, peu à peu, vacille. Au-delà de l’effroi, c’est une réflexion plus large qui s'illustre : celle du sacrifice humain, des enfants martyrs, et des dérives d’une foi dévoyée, où le divin devient prétexte à l’horreur.
Mis en scène avec une sobriété vénéneuse, le film distille un malaise quasi sensoriel. Certaines séquences marquent les esprits - le prologue, le sort de Tom Lopez dans le bar, la séance d’hypnose face aux invités, le rituel de purification, ou encore ce final équivoque, suspendu entre foi et damnation. Martin Sheen, d’une retenue remarquable, incarne un père rationnel lentement contaminé par l’indicible.
Passionnant, Les Envoûtés s’impose alors comme un thriller fantastique d’une grande intensité, où l’angoisse ne cesse de sourdre, de progresser, où le réel se fissure doucement jusqu’à laisser passer l’invisible. Un classique discret, mais tenace, dont le climat démoniaque, palpable autant qu'éthéré, surpasse peut-être celui de L'Emprise des ténèbres de Wes Craven. A revoir urgemment donc, tant les Envoûtés ne m'a jamais autant effrayé et perturbé qu'au 5è visionnage. Et à privilégier en VO, un tout autre métrage beaucoup plus réel et raccord en terme sonore.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
07/04/26. 5è. Vostfr































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