mercredi 30 décembre 2020

TOP 12 / FLOP 9 : CINE + SERIES TV

 Top 1: 


Top 2: 


Top 3: (ex aequo)                                              "Drunk"                                                      
 
Dans le dĂ©sordre : 




"Je veux manger ton Pancréas"
"L'un des Notres"



L'oubliĂ© de 2019: 



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mardi 29 décembre 2020

Drunk. Meilleur Film, Prix du Cinéma Européen, 2020.

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Druk" de Thomas Vinterberg. 2020. Danemark. 1h56. Avec  Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen, Magnus Millang, Lars Ranthe, Maria Bonnevie, Helene Reingaard, Neumann, Susse Wold 

Sortie salles France: 14 Octobre 2020

FILMORAPHIE: Thomas Vinterberg, nĂ© le 19 mai 1969 Ă  Copenhague, est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur de cinĂ©ma danois. 1996 : Les HĂ©ros (De største helte). 1998 : Festen. 2000 : The Third Lie. 2003 : It's All About Love. 2005 : Dear Wendy. 2007 : Un homme rentre chez lui. 2010 : Submarino. 2012 : La Chasse. 2015 : Loin de la foule dĂ©chaĂ®nĂ©e. 2016 : La CommunautĂ©. 2018 : Kursk. 2020 : Drunk. 

L'homme, selon Kierkegaard, et une synthèse de l'âme et du corps. Son concept de l'angoisse met en évidence, entres autres, le lien qu'on entretient face à sa propre faillite. Il faut s'accepter comme sujet faillible pour aimer l'autre et la vie.

Claque Ă©motionnelle que l'on ne voit pas arriver si bien que l'on reconnaĂ®t bien lĂ  la patte rĂ©solument vĂ©riste du rĂ©alisateur danois Thomas Vinterberg (qui peut oublier les tĂ©tanisants Festen et La Chasse ? !), Drunk nous laisse KO dès que le gĂ©nĂ©rique tire son rideau. L'auteur, au plus près des sentiments tourmentĂ©s de ses personnages, parvenant 1h56 durant Ă  nous immerger dans la quotidiennetĂ© avinĂ©e de 4 professeurs testant la thĂ©orie d’un psy norvĂ©gien selon laquelle l’homme aurait un dĂ©ficit d’alcool dans le sang de 0.5 grammes dès sa naissance. Si la première partie nous laisse dans une curieuse expectative Ă  travers ce concept aussi improbable qu'irresponsable prĂ©sageant des effets secondaires irrĂ©vocables, le second acte cède fatalement Ă  une dramaturgie Ă  la fois vertigineuse et tentaculaire eu Ă©gard des consĂ©quences Ă©thyliques et conjugales de l'un d'eux. J'Ă©voque le plus timide et chĂ©tif, mais Ă©galement le plus censĂ© du groupe que Mads Mikkelsen endosse avec une sensibilitĂ© rĂ©servĂ©e infiniment bouleversante (pour ne pas dire dĂ©chirante si je me rĂ©fère Ă  l'apartĂ© avec son Ă©pouse dans un bar). Spoil ! Une confidence Ă  fleur de peau lorsque deux ĂŞtres dĂ©chirĂ©s par la routine et l'incommunicabilitĂ© sont Ă©pris d'une angoisse nĂ©vralgique face au constat de leur dĂ©route sentimentale. Fin du Spoil

Car outre son inĂ©vitable rĂ©quisitoire contre l'Ă©thylisme ciblant autant les lycĂ©ens que les adultes en (re)quĂŞte identitaire, Drunk traite Ă©galement de la cellule familiale Ă  travers la relation en perdition d'un couple au bord de la rupture. Ainsi, tout ce qui fait la force et la densitĂ© de son vĂ©nĂ©neux rĂ©cit, descente aux enfers dans les bas-fonds de la dĂ©gĂ©nĂ©rescence morale, Ă©mane de son rĂ©alisme documentĂ© ainsi que du jeu criant de vĂ©ritĂ© des acteurs striĂ©s vivants leur rĂ´le plus qu'ils ne le jouent. Il s'agit donc un vĂ©ritable tour de force immersif que nous envoie en pleine face Thomas Vinterberg de par son brio d'une mise en scène expĂ©rimentale (camĂ©ra Ă  l'Ă©paule, plans serrĂ©s sur les pores des visages) et d'une direction d'acteurs hors-pair. Tant et si bien que l'on s'attache Ă  ses personnages secrètement hantĂ©s comme s'il s'agissait de membres de notre famille eu Ă©gard du manque affectif que nous ressentions lors de son final festoyant. Pour autant pas si noir et morose donc en dĂ©pit de sa tragĂ©die cafardeuse et de ses consĂ©quences humaines dĂ©sastreuses (tant personnelles qu'amicales et familiales), le rĂ©alisateur ne nous laisse guère dans la sinistrose quant au destin de ces professeurs Ă©rudits ayant tentĂ© de rĂ©parer leurs lacunes personnelles par la dĂ©sinhibition de l'alcool. Drunk traitant avec intelligence de tact et d'authenticitĂ© les thèmes de la timiditĂ©, de la peur du regard des autres, de nos angoisses et de la confiance en soi par le prisme de l'amour et de l'amitiĂ©. 

Estomaquant d'Ă©motions ardues entre 2 scènes d'hilaritĂ© nerveuse alors que rien n'y Ă©tait programmĂ©,  Drunk nous grave en mĂ©moire l'introspection sentencieuse d'un professeur introverti en pleine remise en question morale après avoir franchi les limites du tolĂ©rable. Mads Mikkelsen transperçant l'Ă©cran tel un enfant Ă©perdu en quĂŞte d'une rĂ©demption de dernier ressort. Rien que pour sa performance SOBREMENT viscĂ©rale et sensorielle, Drunk est Ă  ne rater sous aucun prĂ©texte. 

Dédicace à Frédéric Serbource

*Bruno

RĂ©compenses: Festival international du film de Saint-SĂ©bastien 2020 : Coquille d'argent du meilleur acteur pour Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen, Lars Ranthe et Magnus Millang.

Prix du cinéma européen 2020:

Meilleur film

Meilleur réalisateur

Meilleur acteur pour Mads Mikkelsen

Meilleur scénariste


lundi 28 décembre 2020

La Boum 2. César du Meilleur Espoir Féminin, Sophie Marceau.


                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site purepeople.com

de Claude Pinoteau. 1982. France. 1h48. Avec Claude Brasseur, Brigitte Fossey, Sophie Marceau ,Olivier Pourcel, Pierre Cosso, Alexandre Sterling, Sheila O'Connor.

Sortie salles France: 8 Décembre 1982

FILMOGRAPHIE: Claude Pinoteau est un réalisateur et scénariste français, né le 25 mai 1925 à Boulogne-Billancourt, décédé le 5 octobre 2012 à Neuilly-sur-Seine. 1973 : Le Silencieux. 1974 : La Gifle. 1976 : Le Grand Escogriffe. 1979 : L'Homme en colère. 1980 : La Boum. 1982 : La Boum 2. 1984 : La Septième Cible. 1988 : L'Étudiante. 1991 : La Neige et le Feu. 1994 : Cache cash. 1997 : Les Palmes de monsieur Schutz. 2005 : Un abbé nommé Pierre, une vie pour les autres (documentaire).


Un hommage tendre et émouvant à la génération 80
2 ans après son triomphale succès, Claude Pinoteau offre une suite Ă  la Boum si bien qu'elle cumule quasiment le mĂŞme nombre d'entrĂ©es (4 071 585 vs 4 300 00). Mais un score aussi mĂ©ritĂ© dans la mesure oĂą la Boum 2 reprend les mĂŞmes ingrĂ©dients que son modèle avec une similaire efficacitĂ©. Si bien que l'on peut mĂŞme peut-ĂŞtre prĂ©tendre qu'elle soit supĂ©rieure auprès de sa rupture de ton plus mature (Vic parait aujourd'hui moins nunuche du haut de ses 15 ans) et son habile dosage humour / romance sous l'impulsion de personnages au caractère (toujours aussi) bien trempĂ©. Mais au-delĂ  du plaisir Ă©prouvĂ© face Ă  cette comĂ©die de marivaudage pleine de fougue, d'insouciance et de bons sentiments, la gĂ©nĂ©ration 80 Ă©prouvera assurĂ©ment (et Ă  nouveau) une nostalgie teintĂ©e de mĂ©lancolie Ă  travers cette Ă©poque oĂą internet et les smartphones n'existaient pas encore. Ainsi, une tendre Ă©motion nous Ă©branle parfois la raison Ă  travers ses dĂ©tails du quotidien urbain (les cabines tĂ©lĂ©phoniques Ă  pièce) et domestique (les disques 45 tours, les affiches de cinĂ©ma et les stars du showbiz sur les murs de la chambre de Vic), ses chansons ringardes et ses situations de lĂ©gèretĂ© oĂą la drague, les slows et les disputent parentales nous remĂ©morent notre propre adolescence. Par consĂ©quent, de vagues souvenirs remonteront probablement Ă  la surface de votre conscience Ă©mue dans la mesure oĂą nous avions tous connu ce mĂŞme genre de confrontations de drague entre fille et garçon au prĂ©mices de notre pubertĂ©.  

Vic, âgĂ©e de presque 16 ans (comme elle se vante si bien), Ă©tant aujourd'hui Ă©prise d'amour pour un nouveau prĂ©tendant alors qu'elle cumulera les nouvelles rencontres galantes, ce qui attisera la jalousie de celui-ci. Une fois de plus, Sophie Marceau crève l'Ă©cran en ado rebelle pour autant Ă©quilibrĂ©e, rĂŞveuse et envieuse de romance (la quĂŞte du prince charmant) Ă  un âge propice aux moult rencontres d'un soir. Et si son tempĂ©rament naturel fait une fois encore illusion, les autres comĂ©diens sont encore de la partie pour nous transmettre leur fougue avec une bienveillance aujourd'hui rĂ©volue au cinĂ©ma. Tant auprès du regrettĂ© Claude Brasseur en papa bourru, parano et dĂ©bonnaire depuis les absences rĂ©pĂ©tĂ©es de sa fille, de Brigitte Fossey (quel regard de saphir !) en Ă©pouse bienveillante plus distante auprès de son Ă©poux car en retrait affectif, et de Denise Grey en mamie fringante au caractère Ă  la fois bien trempĂ© et attendrissant. Claude Pinoteau prenant Ă©galement soin de les laisser s'exprimer avec des dialogues inventifs souvent cocasses ou autrement tendres. Car la Boum 2 est Ă©galement imprĂ©gnĂ© de tendresse Ă  travers ses personnages candides Ă  la fois naĂŻfs, touchants et si avenants (tant pour l'esprit de famille que de camaraderie) si bien que l'on regrette que cette Ă©poque plus basĂ©e sur la simplicitĂ© et les rapports humains soit aujourd'hui en berne Ă  travers ses productions lucratives privilĂ©giant la forme plutĂ´t que le fond. 

*Bruno
2èx

Récompense: César du meilleur espoir féminin pour Sophie Marceau

Info wikipedia: Claude Pinoteau avait annoncé la réalisation de La Boum 2 lors du 85e anniversaire de Denise Grey auquel les jeunes comédiens étaient tous invités.
Sophie Marceau et Pierre Cosso sont réellement tombés amoureux l'un de l'autre durant le tournage du film.

vendredi 25 décembre 2020

Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'Anneau.

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Peter Jackson. 2001. Nouvelle-Zélande/U.S.A. 3h31. Avec Elijah Wood, Ian McKellen, Sean Astin, Viggo Mortensen, Sean Bean, Billy Boyd, Dominic Monaghan, Orlando Bloom.

Sortie salles France: 19 Décembre 2001

FILMOGRAPHIE: Sir Peter Robert Jackson est un réalisateur, producteur et scénarise néo-zélandais, né le 31 Octobre 1961 à Pukerua Bay, North Island (Nouvelle-Zélande). 1987: Bad Taste. 1989: Les Feebles. 1992: Braindead. 1994: Créatures Célestes. 1995: Forgotten Silver. 1996: Fantômes contre fantômes. 2001: Le Seigneur des Anneaux. 2002: Les Deux Tours. 2003: Le Retour du Roi. 2005: King-Kong. 2009: Lovely Bones. 2012: Le Hobbit: un voyage inattendu. 2013: Le Hobbit: la Désolation de Smaug. 2014: Le Hobbit: La Bataille des 5 Armées.


Un souffle Ă©pique vertigineux que cette invitation au rĂŞve cĂ©leste. 
Alors qu'il Ă©tait rĂ©putĂ© inadaptable Ă  l'Ă©cran, Peter Jackson accomplit en 2001 le prodige de relever la gageure d'inscrire sur pellicule le roman fleuve de J. R. R. Tolkien publiĂ© en 1954. Ce 1er volet faisant dĂ©jĂ  office de chef-d'oeuvre Ă  travers sa facture formelle et technique irrĂ©prochables (Ă  2/3 plans en CGI perfectibles près). Spectacle absolu donc de féérie Ă©pique sous l'acuitĂ© de choeurs religieux opĂ©ratiques, tant auprès de la communautĂ© magnanime des elfes et de leurs archers que de celle des orques assoiffĂ©s de haine et de sang, le Seigneur des Anneaux bĂ©nĂ©ficie d'un scĂ©nario original quant au pouvoir dĂ©lĂ©tère d'un anneau convoitĂ© de tous. Ce dernier symbolisant la dualitĂ© du Bien et du Mal que chacun doit combattre quotidiennement en son fort intĂ©rieur. Peter Jackson parvenant Ă  donner chair Ă  cet anneau perfide par le biais d'une intensitĂ© Ă©motionnelle aussi trouble que fascinante eu Ă©gard de la plupart des personnages Ă©pris d'emprise par son pouvoir occulte. Jackson mĂ©nageant ses scènes de transe, de dĂ©sorientation sous l'impulsion d'expressions dĂ©munies accablĂ©es par une force indicible. Qui plus est, il s'avère couillu d'offrir le rĂ´le majeur Ă  un ĂŞtre candide de petite taille issu de la race des Hobbit qu'Elijah Wood endosse sous l'impulsion de son regard azur infiniment expressif. Chacune de ses prĂ©sences irradiant l'Ă©cran de par sa dĂ©termination mais aussi des doutes, sa crainte et son apprĂ©hension Ă  relever le dĂ©fi d'y prĂ©server l'anneau jusqu'au coeur du Mordor. Un lieu de l'enfer Ă  parcourir pour le dĂ©truire afin de dĂ©jouer Sauron, seigneur des tĂ©nèbres, de se l'approprier pour dominer le monde en esclaves. 

D'une puissance visuelle Ă  damner un saint, et ce de manière aussi immaculĂ©e (notamment auprès de la gestuelle divine des femmes Ă  la posture longiligne dans leur robe blanche) qu'homĂ©rique (certains plans dĂ©gagent une intensitĂ© endiablĂ©e au fil de poursuites Ă  cheval ou de combats Ă  l'Ă©pĂ©e), Peter Jackson n'a jamais Ă©tĂ© aussi inspirĂ© Ă  immortaliser un rĂ©cit d'hĂ©roĂŻc fantasy peuplĂ© de personnages divins ou vaillants que les comĂ©diens endossent avec une sobriĂ©tĂ© subtilement Ă©motive. Notamment si je me rĂ©fère auprès de la mort d'un des preux personnages, moment d'Ă©motion poignant d'une dĂ©licatesse dĂ©pouillĂ©e quant Ă  la pudeur d'expressions dĂ©chues mais aussi empathiques pour celui Ă  son chevet. Car conçu pour un public familial, le Seigneur des Anneaux adopte le parti-pris de ne pas verser dans le sanguinolent ou la brutalitĂ© lors des batailles belliqueuses alors que l'on reste rivĂ© au siège de par ses chorĂ©graphies Ă  la fois dantesques et inventives. Notre communautĂ© arpentant les contrĂ©es peuplĂ©es de dangers Ă  l'aide de bons sentiments solidaires jamais sirupeux de par leur sobriĂ©tĂ© intègre. Peter Jackson possĂ©dant ce don innĂ© d'y capter leurs regards avec une maĂ®trise gĂ©omĂ©trique quant aux plans concis terriblement expressifs. Sans compter de s'attarder sur l'immensitĂ© (pour ne pas dire le gigantisme) de ses dĂ©cors autant naturels (panoramas Ă©loignĂ©s de la Nouvelle-ZĂ©lande) qu'ornementaux lors de visites dans des lieux sĂ©pulcraux oĂą s'y tapissent des monstres outre-mesure, un peuple soumis d'orques ou encore un sorcier Ă  la fourberie dĂ©lectable (prĂ©sence dĂ©moniale de Christopher Lee, chef des Istari dans une dĂ©froque filiforme Ă©trangement nacrĂ©e). 

Spectacle enchanteur d'HĂ©roĂŻc-Fantasy prenant son temps Ă  planter son univers autour de la noblesse de personnages d'un hĂ©roĂŻsme humaniste, Le Seigneur des Anneaux parvient Ă  façonner 3h20 durant ce milieu singulier avec une intensitĂ© Ă©motionnelle aussi trouble qu'accrue. Tant et si bien que l'on se passionne facilement pour son rĂ©cit plein de bruit, de fureur mais aussi de bienveillance (notamment auprès de la place dĂ©miurge des femmes d'une tĂ©nuitĂ© sans Ă©gale que Cate Blanchett / Liv Tyler cultivent avec une grâce onirique) grâce au brio de Jackson Ă  narrer son histoire avec une vĂ©racitĂ© infiniment attentionnĂ©e. Et pour le genre casse-gueule appuyĂ© ici d'un budget colossal on peut parler d'exploit dès ce 1er opus d'une tendre humilitĂ©. 

*Bruno
3èx

Notes subsidiaires (wikipedia): Ă€ sa sortie au cinĂ©ma, le film a Ă©tĂ© un immense succès commercial et a obtenu des critiques très positives dans l'ensemble. Il a Ă©galement remportĂ© de nombreuses rĂ©compenses, dont quatre Oscars et quatre BAFTA Awards. L'American Film Institute l'a classĂ© 50e dans sa liste des 100 meilleurs films amĂ©ricains, ainsi que deuxième meilleur film de fantasy de tous les temps. Une version longue du film comportant trente minutes de scènes supplĂ©mentaires est sortie uniquement pour le marchĂ© vidĂ©o.

mardi 22 décembre 2020

1941

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Steven Spielberg. 1979. U.S.A. 1h59. Avec Dan Aykroyd, Ned Beatty, John Belushi, Lorraine Gary, 
Murray Hamilton, Christopher Lee, Tim Matheson, ToshirĹŤ Mifune.

Sortie salles France: 12 Mars 1980. U.S: 14 Décembre 1979

FILMOGRAPHIE: Steven Allan Spielberg, Chevalier de l'Ordre national de la LĂ©gion d'honneur est un rĂ©alisateur, producteur, scĂ©nariste, producteur exĂ©cutif, producteur dĂ©lĂ©guĂ© et crĂ©ateur amĂ©ricain, nĂ© le 18 dĂ©cembre 1946 Ă  Cincinnati (Ohio, États-Unis). 1971: Duel , 1974: Sugarland Express, 1975: Les Dents de la mer, 1977: Rencontres du troisième type, 1979: 1941, 1981: les Aventuriers de l'Arche Perdue, 1982: E.T. l'extra-terrestre , 1983: La Quatrième Dimension (2è Ă©pisode),1984: Indiana Jones et le Temple maudit, 1985: La Couleur pourpre, 1987: Empire du soleil, 1989: Indiana Jones et la Dernière Croisade, Always, 1991: Hook, 1993: Jurassic Park, La Liste de Schindler, 1997: Le Monde Perdu, Amistad,1998: Il faut sauver le soldat Ryan Saving Private Ryan, 2001: A.I., 2002: Minority Report, ArrĂŞte-moi si tu peux, 2004:Le Terminal , 2005: La Guerre des Mondes, 2006: Munich, 2008: Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal,2011: Les Aventures de Tintin, cheval de guerre. 2012: Lincoln. 2015 : Le Pont des Espions. 2016 : Le Bon Gros GĂ©ant. 2017 : Pentagon Papers. 2018 : Ready Player One. 2020 : West Side Story. 


Echec commercial et critique dĂ©sastreux lors de sa sortie si bien que Steven Spielberg mit beaucoup de temps Ă  s'en remettre au point d'envisager de mettre un terme Ă  sa carrière, 1941 est le chef-d'oeuvre de la dĂ©mesure eu Ă©gard de ses destructions massives Ă  corps perdu. Et au vu du rĂ©sultat aussi disproportionnĂ© qu'Ă©motionnellement Ă©pique il y a de quoi sombrer dans la dĂ©pression après avoir tout donnĂ© Ă  l'Ă©cran avec une gĂ©nĂ©rositĂ© sans Ă©gale. Tant et si bien qu'Ă  la revoyure on reste toujours aussi Ă©bahi par son climat d'hystĂ©rie collective que les acteurs renchĂ©rissent Ă  travers leur fonction cartoonesque en roue libre. Tant auprès de Robert Starck en gĂ©nĂ©ral inconsĂ©quent plus prĂ©occupĂ© Ă  ne pas rater le dĂ©but de Dumbo au cinĂ©ma (il faut voir son regard de gosse Ă  la fois jouasse et serein face Ă  tant de bons sentiments animĂ©s), de Dan Aykroyd en sergent dĂ©jantĂ© après avoir Ă©tĂ© assommĂ© par son char, de Christopher Lee en colonel nazi en posture hiĂ©ratique, de Tim Matheson en capitaine Ă©rotomane courtisant la dĂ©licieuse Nanny Allen en nymphette adepte d'aĂ©roplane, de John Belushi en kamikaze ingĂ©rable semi-dĂ©ment, de Ned Beatty en père de famille patriotique prĂŞt Ă  aller jusqu'au bout de ses principes belliqueux, de Bobby Di Cicco en hĂ©ros en herbe en requĂŞte amoureuse (il tente de rĂ©cupĂ©rer sa dulcinĂ©e durant tout le pĂ©riple contre l'avis de son rival, le caporal Stretch endossĂ© par l'incorrigible Treat Williams !), sans compter un Ă©trange duo d'acolytes (on peut parler de sentinelles) assis sur leur siège d'une grande roue de fĂŞte foraine Ă  l'aide d'une marionnette ventriloque. 


Car oui, 1000 fois oui, nous avons bien ici affaire Ă  un cartoon live prenant pour principe couillu l'uchronie. Dans la mesure oĂą une hostilitĂ© japonaise est Ă  nouveau sur le point de frapper le sol ricain après avoir bombardĂ© Pearl Harbor. Ainsi, Ă  bord de leur sous-marin, ils envisagent aujourd'hui d'attaquer en pleine nuit Hollywood au moment mĂŞme oĂą des soldats ricains embarquĂ©s en tank, 2 aviateurs et un père de famille tenteront de dĂ©jouer leur stratĂ©gie offensive. Ainsi donc, durant 2 heures assourdissantes de folie furieuse, Steven Spielberg ravagĂ© par une forme de folie contagieuse nous enchaĂ®ne les morceaux de bravoures Ă  inscrire dans les cours d'histoire. Car plusieurs sĂ©quences ont beau faire appel aux maquettes artisanales en guise d'FX, on reste bluffĂ© par un tel vĂ©risme Ă  l'Ă©cran, si bien que l'on s'accroche au siège avec un sourire de bambin euphorique. L'intrigue parodique, dĂ©calĂ©e, dĂ©jantĂ©e n'Ă©tant qu'un prĂ©texte pour mettre en exergue de monstrueuses sĂ©quences d'action vertigineuses (dans les airs et sur le sol) oĂą s'y disputent notamment par intermittence des règlements de compte physiques entre soldats et matelots depuis un spectacle de music-hall ! (quel hommage musical par la mĂŞme occasion Ă  travers ses swings endiablĂ©s !). 


Modèle de mise en scène au montage Ă  couper au rasoir, 1941 regorge de trouvailles inventives et d'idĂ©es retorses pour relancer incessamment l'action dans de multiples directions Ă  la fois comiques et dĂ©complexĂ©es. Tant et si bien que l'on peut avouer sans rougir qu'il s'agit d'un des divertissements les plus vrillĂ©s de l'histoire du cinĂ© que les Blockbuster mainstream feraient mieux de suivre comme parangon afin de ranimer la flamme de la jubilation la plus intègre. Dans la mesure oĂą Spielberg accomplit le miracle d'y cumuler ses actions frĂ©nĂ©tiques au service d'une narration belliqueuse oscillant hĂ©roĂŻsme, romance, survie sous un support parodique.     

*Bruno
4èx

lundi 21 décembre 2020

Photo Obsession. Prix Spécial du Jury, Deauville 2002.

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"One Hour Photo" de Mark Romanek. 2002. 1h36. Avec Robin Williams, Connie Nielsen, Michael Vartan

Sortie salles France: 18 Septembre 2002. U.S: 13 Janvier 2002

FILMOGRAPHIEMark Romanek est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 18 septembre 1959 Ă  Chicago. 1985 : Static. 2002 : Photo Obsession. 2010 : Never Let Me Go. 


                                "Celui qui ne devient pas père reste un enfant toute sa vie."
Formidable thriller psychologique que l'on a aujourd'hui tendance Ă  occulter, Photo Obsession relate la quotidiennetĂ© esseulĂ©e de Sy Parrish, employĂ© timorĂ© dans un laboratoire de dĂ©veloppement de photo d'un hyper marchĂ©. Car n'ayant ni famille, ni amis, ni enfants, Sy projette ses fantasmes sur la famille idĂ©ale des Yorkin si bien qu'il collectionne les photos de leur portrait après les avoir tirer en double. IdĂ©ale en apparence car l'Ă©poux infidèle va plonger Sy dans une rancoeur vindicative après s'ĂŞtre fait licenciĂ© de son boulot. De par sa rĂ©alisation très efficace et le jeu solide des comĂ©diens (particulièrement Connie Nielsen pour un rĂ´le secondaire attentionnĂ©e et maternel dans son naturel d'ĂŞtre Ă  l'Ă©coute de l'autre), Photo Obsession n'a aucune peine pour nous maintenir en haleine Ă  travers son climat dĂ©lĂ©tère dressant scrupuleusement le profil d'un solitaire Ă  la fois taiseux et indicible quant Ă  son comportement soudainement versatile. 

Par sa force d'expression humaine avenante oĂą s'y tapi un dĂ©sarroi affectif, Robin Williams se livre sans fard (Ă  contre-emploi de son image de drille badin) en individu psychotique sur le point de passer Ă  l'acte irrĂ©parable. L'acteur parvenant louablement Ă  nous faire oublier sa notoriĂ©tĂ© en se fondant dans le corps de cet employĂ© fĂ©ru de photo en guise de solitude. Soutenu d'une partition lugubre au tempo mĂ©tronome, Photo Obsession sĂ©duit d'autant plus par son rythme envoĂ»tant dressant sans fioriture la dĂ©rive morale de cette homme obnubilĂ© par le bonheur familial après avoir subi un passĂ© traumatique. Ainsi, en s'attachant Ă  suivre le houleux parcours conjugal de la famille Yorkin par le regard voyeur de Sy, nous nous immergeons dans ses fantasmes parfois malsains parmi l'inquiĂ©tude de ses prochaines motivations punitives. Le rĂ©alisateur prenant soin d'instiller un suspense latent qui ira crescendo au fil du stratagème illĂ©gal de Sy Ă  s'autoriser d'y braver la loi.  

Drame de la solitude transplantĂ© dans le cadre du thriller Ă  suspense, Photo Obsession demeure aussi bien fascinant que passionnant pour y dresser, non sans une certaine Ă©motion poignante (pourtant toute en retenue), le profil galvaudĂ© de cet employĂ© trop fragile pour pouvoir s'adapter dans cette sociĂ©tĂ© d'incommunicabilitĂ©, d'individualisme et d'intolĂ©rance.  

*Bruno 

Récompense: Festival de Deauville 2002 : Prix spécial du jury.