"Quand on aime, on aime toujours trop". "Quand on aime on voit les belles choses".
mardi 20 juin 2023
Matar a Dios / Killing God
jeudi 15 juin 2023
Saint Maud. Grand Prix, Gérardmer 2019.
de Rose Glass. 2019. Angleterre. 1h24. Avec Morfydd Clark, Jennifer Ehle, Lily Knight, Lily Frazer, Turlough Convery.
Sortie salles France: 31 Janvier 2020 uniquement à Gérardmer. Angleterre: 1er Mai 2010
Polémique sur sa sortie officielle en France (source Wikipedia): La sortie du film en salles en France est initialement prévue le 24 juin 2020. Suite à la pandémie de Covid-19, elle est repoussée au 25 novembre 2020. Mais à cause du reconfinement au mois de novembre, cette date est annulée. Suite à l'annonce du gouvernement de la date de réouverture des salles de cinéma pour le 15 décembre, la date de sortie est fixée au 30 décembre 2020, date une nouvelle fois annulée à l'annonce de la fermeture des salles de cinéma pour au moins trois semaines supplémentaires.
mardi 13 juin 2023
Star Trek 2, la Colère de Khan / Star Trek II: The Wrath of Khan
Sortie salles France: 20 Octobre 1982. U.S: 4 Juin 1982
Bataille au-delà des étoiles.
Les fans de l'époque ayant accueilli assez froidement le premier opus cinématographique, il est donc décidé de laisser de côté l'approche mystico-métaphysique pour un spectacle plus simple, plus direct, cette fois sous la direction de Nicholas Meyer, cinéaste nous ayant offert juste avant l'excellent "C'était demain". Considéré par beaucoups de trekkies comme le meilleur de la saga (avec le 6, également réalisé par Meyer), "Star Trek 2" est effectivement supérieur à son modèle (du moins en ce qui me concerne), certes moins ambitieux dans ses thèmes mais mieux rythmé et offrant un divertissement bien plus trépidant et spectaculaire.
Non dénué de défauts (c'est un "Star Trek" quand même), il pose cependant les bases de ce que sera la saga cinématographique, jouant beaucoup sur l'humour ("Glander dans le cosmos, c'est un boulot pour les jeunes.") et sur les interactions des personnages, tous incarnés avec talent. On retiendra également un méchant d'une belle envergure (superbe Ricardo Montalban), quelques séquences délicieusement crasspec et surtout, un sacrifice final inattendu et émouvant, qui provoquera cependant la colère des fans de la première heure.
samedi 10 juin 2023
Alibi.com 2
de Philippe Lacheau. 2023. France. 1h27. Avec Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Tarek Boudali, Julien Arruti, Nathalie Baye, Didier Bourdon, Arielle Dombasle, Gérard Jugnot, Catherine Benguigui.
Sortie salles France: 8 Février 2023
FILMOGRAPHIE: Philippe Lacheau est un acteur, réalisateur, scénariste et animateur français né le 25 juin 1980 à Fontenay-sous-Bois dans le Val-de-Marne. 2014 : Babysitting - coréalisé avec Nicolas Benamou. 2015 : Babysitting 2 - coréalisé avec Nicolas Benamou. 2017 : Alibi.com. 2018 : Nicky Larson et le Parfum de Cupidon. 2021 : Super-héros malgré lui. 2023 : Alibi.com 2.jeudi 8 juin 2023
The Doom Generation
Authentique film culte n'ayant pas pris une ride à la (douloureuse) revoyure, The Doom Generation se décline en pur film punk sous couvert de cinéma underground à la liberté de ton explosive. Tant et si bien que Greg Arakis n'a ni froid aux yeux ni aux oreilles pour nous conter dans un esprit BD vitriolé l'équipée folingue d'un couple de jeunes paumés accompagnés d'un étranger aussi marginal qu'eux pour y semer durant leur périple routier désordre, chaos et morts accidentelles. Foncièrement provocateur, vulgaire et cru, tant auprès de ces dialogues acérés (bon Dieu que ça pique !) que de ses coïts dévergondés avides d'expérience nouvelle, The Doom Generation est une expérience de cinéma difficilement oubliable sitôt le générique mélancolique clos.
Car cet OFNI a beau conjuguer sans nul complexe malaise, fougue, bonne humeur et rire grinçant (à l'instar de ses séquences gores à la fois décalées, ubuesques que n'aurait renié Troma), il s'y dégage derrière ses moults bravades un vent de liberté exaltant auprès de l'éthique désabusée de ses protagonistes en perdition. Un manifeste infiniment tendre et sincère sur une jeunesse déboussolée livrée à elle même et donc ivre de sensations pour se raccrocher aux plaisirs de la drogue, de l'alcool, de la chair et de la junk-food afin d'y compenser leur ennui au sein d'une société intolérante (notamment au niveau de son cri d'alerte contre l'homophobie) dénuée de compassion et de compréhension. The Doom Generation finissant par provoquer une émotion si fragile après nous avoir dressé aussi crûment le profil dégingandé de ces gamins délurés s'efforçant de trouver un sens à l'existence d'une cruauté inextinguible (tant auprès de leur témoignage morbide avec un chien embouti que de son final traumatique, estampillé "extrême droite" à la limite du soutenable).
mardi 6 juin 2023
Le Poignard Volant / To ching chien ko wu ching chien. Prix spécial 15e cérémonie des Golden Horse Film Festival and Awards.
Sortie salles Hong-Kong: 14 Octobre 1977
FILMOGRAPHIE: Chu Yuan (楚原 en chinois, donnant Chor Yuen dans une transcription du cantonais) est un réalisateur hongkongais né le 8 octobre 1934 à Canton, décédé le 21 février 2022, . 1972 : Intimate Confessions of a Chinese Courtesan. 1972 : Le Tueur de Hong-Kong. 1973 : The House of 72 Tenants. 1973 : Haze in the Sunset. 1974 : Sex, Love and Hate. 1976 : La Guerre des clans. 1976 : Farewell to a Warrior. 1976 : Le Sabre Infernal. 1976 : The Web of Death. 1977 : Le Complot des Clans. 1977 : Le Tigre de Jade. 1977 : Death Duel. 1977 : Le Poignard volant. 1978 : Clan of Amazons. 1978 : L'Île de la bête (en) (Legend of the Bat). 1978 : Swordsman and Enchantress. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre 2. 1979 : Full Moon Scimitar. 1980 : Bat Without Wings. 1988 : Diary Of A Big Man. 1990 : The Legend Of Lee Heung Kwan. 1990 : Blood Stained. Tradewinds. 1990 : Sleazy Dizzy.
Confus par son histoire ramifiée partant davantage dans tous les sens et sa multitude de personnages perfides ne cessant de s'entrecroiser avec, 2 héros à la clef opposés à 2 déesses ambigues, Le Poignard volant n'en n'est pas moins un spectacle assez fascinant par son ambiance indomptable, épique par son action en roue libre (même si fréquemment concise) et d'un esthétisme onirique alambiqué. A revoir pour ma part afin de mieux dompter sa topographie narrative et identifier sa foule de persos en proie à la suspicion, la trahison, l'interrogation et la perplexité.
La mort aux trousses
Une nouvelle adaptation du romancier Gu Long pour Chor Yuen, avec de l'intrique et un foisonnement de personnages hauts en couleur. Le tout est grandement mis en scène et propose une approche esthétique nouvelle, certaines scènes étant tournées dans de superbes décors extérieurs.
L'histoire : Li Hsin-Huan (TI Lung) un épéiste malade et alcoolique, revient de longues années d’exil pour venir en aide à celle qu'il aima jadis. En effet, cette dernière est menacée par un étrange assassin, malin et particulièrement doué dans l'art du maniement des armes. Arrivé sur place, accompagné de son fidèle compagnon Chuan-jia (Fan Mei Sheng), il est soupçonné lui-même d'être l'assassin. Pris en défaut, il tentera lui-même de dénouer les ficelles d'une intrigue bien complexes...
Le concept de base commence à couler de source si l'on veut bien s'intéresser à l’œuvre de ce cinéaste trop longtemps méconnu en Occident, mais réserve encore une fois quelques surprises esthétiques et une intrigue toujours passionnante. Même si cette fois l'intrigue a parfois tendance à s'égarer dans tous les sens. de plus, le foisonnement de personnages divers qui viennent et sortent de la scène, peut s'avérer fatal au spectateur non initié.
L'intrigue est assez sommaire, puisqu'elle propose de suivre le personnage de Ti Lung dans sa quête de vérité, et de croiser avec lui tout un tas de personnage hauts en couleurs. L'épée est une nouvelle fois au centre de l'intrigue, puisque c'est elle, ou plutôt son maniement qui sert de langage commun entre les différents protagonistes de l'intrigue. Les combats sont une nouvelle fois bien chorégraphiés par le maître Tang Chia, mais ne propose pas de véritables chorégraphies alléchantes, le combat proprement dit n'étant pas l'apanage du maître du thriller médiéval. Il préfère s'attarder sur ses personnages et égarer le spectateur dans des faux-semblants avec tous les artifices et effets habituels.
Esthétiquement, le film innove, proposant les habituels décors kitsch, fleuris où l'ont peut croiser de jolies créatures, là, rien de bien nouveau, mais également de superbes décors extérieurs enneigés. Quelques passages montrant le déplacement de personnages en grand plan dans des décors que la neige magnifient, touchent au suprême. Avec une approche esthétisante proche du grand King Hu. Encore une réussite de la part d'un cinéaste qui a fait du wu xia pian un véritable champ d'expérimentation pour ses recherches picturales et son sens inouï de la composition.
Théâtral et grave, son cinéma donne matière à réflexion, à se malmener les méninges même parfois, mais propose toujours des personnages passionnants et de véritables intrigues.
Le Poignard Volant, même s'il n'est pas le sommet de son art, tellement le foisonnement excessif de personnages égare parfois l'intrigue principale, demeure tout de même un excellent wu xia pian esthétiquement réussi.
7/10
Écrit par philippequevillart (sens critique)
mercredi 31 mai 2023
Un papillon aux ailes ensanglantées / Una farfalla con le ali insanguinate / Cran d'Arrêt
mardi 30 mai 2023
Intimate confessions of a chinese Courtesan / Ai nu
Sortie salles Hong Kong: 9 juillet 1972
FILMOGRAPHIE: Chu Yuan (楚原 en chinois, donnant Chor Yuen dans une transcription du cantonais) est un réalisateur hongkongais né le 8 octobre 1934 à Canton, décédé le 21 février 2022, . 1972 : Intimate Confessions of a Chinese Courtesan. 1972 : Le Tueur de Hong-Kong. 1973 : The House of 72 Tenants. 1973 : Haze in the Sunset. 1974 : Sex, Love and Hate. 1976 : La Guerre des clans. 1976 : Farewell to a Warrior. 1976 : Le Sabre Infernal. 1976 : The Web of Death. 1977 : Le Complot des Clans. 1977 : Le Tigre de Jade. 1977 : Death Duel. 1977 : Le Poignard volant. 1978 : Clan of Amazons. 1978 : L'Île de la bête (en) (Legend of the Bat). 1978 : Swordsman and Enchantress. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre 2. 1979 : Full Moon Scimitar. 1980 : Bat Without Wings. 1988 : Diary Of A Big Man. 1990 : The Legend Of Lee Heung Kwan. 1990 : Blood Stained. Tradewinds. 1990 : Sleazy Dizzy.
Encore une perle luminescente estampillée Shaw Brothers. Une oeuvre féministe où le saphisme fait la part belle à une vendetta de longue haleine qu'on ne pu prévoir. A l'instar de son cheminement meurtrier (étonnamment et étrangement) permissif et de son renversant épilogue aussi magnifique que d'une cruauté sans égale. Ainsi donc, Intimate confessions of a Chinese Courtesan est un spectacle sulfureux où se conjugue érotisme, tendresse, tortures et combats au sabre parmi l'efficacité d'un script couillu quant à la stratégie vindicative s'esquissant sous nos yeux sous le pilier d'un amour indéfectible (tout du moins du point de vue de la dominatrice). Et c'est bien là la grande originalité du récit que de nous attacher à une justicière stoïque soumise à sa souveraine sans pitié éperdument amoureuse de son esclave.
Comme de coutume, si les séquences d'action martiale demeurent toujours plus épiques au fil d'une provocation féministe dénuée de complexe à brimer l'homme lubrique; attendez de contempler les 20 ultimes minutes littéralement anthologiques. Tant pour les festivités de son aspect sanglant qu'homérique. Si bien que Tarantino s'en est inspiré pour Kill Bill (rien que ça). Enfin, de par son climat tantôt onirique (les chambres aux draps roses de soie arborées en permanence à l'écran), on retient également à 2 uniques reprises l'intonation baroque d'une partition musicale terriblement envoûtante lors de la relation intime entre la dominatrice et son esclave sexuelle séparée par les valeurs du Bien et du Mal. Ainsi, par cette charge émotionnelle d'une trouble sensualité, Intimate Confessions... atteint des sommets d'immersion capiteuse eu égard de son pouvoir de fascination émanant du duo galvaudé et de sa conclusion funeste prenant tout son sens quant à sa réflexion amère impartie au mobile de la vengeance.
Une perle flamboyante donc à la fois étrange, baroque, déroutante, violente et sensuelle abordant sous un angle aussi singulier qu'incongru une romance vampirique terriblement félonne.
*Brunolundi 29 mai 2023
Tin et Tina
Diffusé sur Netflix: 26 Mai 2023
FILMOGRAPHIE: Rubin Stein est un réalisateur et scénariste espagnol. 2023: Tin et Tina.
Encore une belle surprise que nous offre là Netflix, une proposition hispanique renouant avec l'horreur adulte en y dénonçant la fanatisme religieux du point de vue de ce qu'il y a de plus innocents, des enfants placés dans un couvent qu'un jeune couple décide d'adopter. Or, rapidement, ces jumeaux se comportent de manière obsessionnelle avec la religion au point de mettre en pratique certains versets de la Bible. Elégamment filmé (cadrages alambiqués) au sein d'une photo limpide mettant en valeur une pléthore d'images stylisées chargées de poésie; Tin et Tina joue efficacement la carte de l'angoisse (palpable) et du suspense émoulu lorsqu'un couple est davantage tourmenté par les actes déraisonnés de leurs enfants en proie à une doctrine chrétienne.
Et si toutes les séquences anxiogènes puis dramatiques demeurent fatalement assez prévisibles, la maitrise de la mise en scène si attentionnée et le talent des acteurs à la force d'expression tourmentée (même si on peut juger discutable certains comportements un tantinet incohérents) parviennent un instaurer un climat malaisant constamment hypnotique, notamment eu égard de la cruauté des épisodes les plus graves franchement éprouvants (voir mêmes à la limite du supportable tant la gêne m'a pris à la gorge). A point tel que l'ambiance domestique régie dans cette vaste demeure s'avère davantage irrespirable, tant auprès des agissements sournois des enfants que des points de vue antinomiques du père et de la mère s'efforçant de relativiser tout en s'inquiétant (dans leur caractère distinct) de la posture équivoque des enfants habités par leur religion. Qui plus est, affublés de cheveux blancs et d'un visage au teint blême, ils réussissent sans ambages à susciter angoisse, malaise et inquiétude exponentielle au fil d'un cheminement évolutif plus intelligent et surprenant qu'escompté quant à la culpabilité de ces derniers qu'une mère refusait finalement d'éduquer par impuissance et désarroi.
*Bruno
Ci-joint la chronique de Jérôme André tranchant:
En 1981, en Espagne, Lola et Adolpho se marient. Lola est enceinte de deux enfants. En sortant de l'église, lola saigne. Elle a perdu ses deux enfants. Six mois après, le couple décide d'adopter. Ils vont aller dans un orphelinat tenu par une religieuse. Lola a un coup de coeur pour des jumeaux de 7 ans. Ils se prénomment Tin et Tina. Ils sont blonds, yeux bleus, teints livide. Les deux enfants sont aussi très pieux. Le couple les adoptent. Lola va découvrir que ses enfants sont très particuliers.
Il y avait très longtemps que je n'avais pas ressenti ce sentiment d'être dérangé devant mon écran. Le réalisateur se sert de certains clichés du cinéma d'horreur pour les détourner. Il ne le fait pas de manière spectaculaire, il le fait de manière très insidieuse. On ne s'attend jamais à ce qu'il va se passer. Bien sûr, le cinéaste Rubin Stein s'amuse avec des références cinématographiques, on pense à Hitchcock, Polanski et Bunuel mais il se sert de ses influences pour tromper le spectateur. Et puis par les temps qui courent un film d'horreur anticlérical, ça fait du bien. Ce métrage ne pourrait pas être produit par les états-unis. Le réalisateur garde son identité espagnole, ce qui lui permet de taper sur le machisme avec une grande violence. Le dernier tiers du film est un tour de force. Il s'agit d'un plan séquence terriblement angoissant. Donc "Tin et Tina" est une réussite dans le genre gothique. Et ça fait un bien fou.
Critique de Thierry Savastano:
Top 2023
Tin & Tina ⭐️⭐️⭐️⭐️ 2023 vf 1h59 4K
❤️Coup de Coeur❤️
Après une fausse couche traumatisante, un jeune couple adopte dans un couvent de curieux jumeaux dont l'obsession pour la religion ne tarde pas à perturber la famille.
👉Pépite Netflix !
Cette opposition forte de l'église et de son icône principal DIEU a travers un duo de petits monstres est le point central de cette pépite hispanique ou l'ambiance y est terriblement effrayante, une trame lente mais bien succulente, un long métrage obscure teinté d'humour noir qui nous plonge dans une histoire horrifique psychologique tordue mais jouissive.
vendredi 26 mai 2023
Sisu : de l'or et du sang
Sortie salles France: 21 Juin 2023. Finlande: 27 janvier 2023
Sacrée (pochette) surprise que ce Sisu du réalisateur du savoureux Rare Export (en français Père Noël Origines), si bien que le finlandais Jalmari Helander nous livre un actionner hyperbolique ne ressemblant à nul autre si j'ose dire. Dans la mesure où les séquences homériques, toutes plus invraisemblables les unes que les autres, parviennent à transcender l'improbable avec un degré de fascination inédit dans le paysage bourrin eu égard de son réalisme cinglant (euphémisme), comme du portrait imparti à ce vieillard increvable (pour ne pas dire immortel comme le sous-entend sa réputation quasi surnaturelle après avoir exterminé plus de 300 russes). On peut d'ailleurs même le décliner en nouvelle icone du cinéma d'action que campe Jorma Tommila avec un mutisme expressif particulièrement viscéral. Le spectacle furibond adoptant un parti-pris laconique, sans doute aussi pour s'extirper de la convenance afin d'imposer sa personnalité propre comme le souligne avec astuce l'aura proverbiale du héros du 3è âge que tout un chacun (ou presque) redoute.
L'aspect fascinatoire du récit linéaire (seul contre tous, Aatami Korpi tente de fuir des nazis après avoir découvert des lingots d'or dans un champs) découlant de son ambiance quasi mystique renforcée de l'inventivité des ripostes de survie se renouvelant incessamment au gré d'idées folingues génialement jouissives. Et ce aussi grotesques ou ubuesques soient les pires situations de self-défense ou d'entrave (la pendaison, la confrontation aérienne). Or, si au départ on peine à croire à ce qui se déroule sous nous yeux tout en éprouvant un plaisir ludique (quelque peu nostalgique par son aspect "grindhouse"), la maîtrise de la réalisation, la dose de dérision injectée fréquemment aux moments les plus barbares ou héroïques, et enfin sa fulgurance visuelle à damner un saint (les images de désolation, crépusculaires, solaires, demeurent magnifiques d'onirisme quasi surnaturel - certains plans éthérés évoquant même l'Au-delà de Fulci -) nous immergent dans l'aventure cinétique avec une générosité immodérée. Quand aux gueules striées des méchants nazis tous plus triviaux les uns les autres (avec un leader hyper charismatique), ils se taillent un charisme insalubre (sang, sueurs, terre noire se confondent sur les visages en perdition) génialement expressif afin de mieux les haïr et croire en leur véracité criminelle.
Moment de péloche vrillé du Samedi soir d'une ultra violence jubilatoire (ça en est même parfois cartoonesque), Sisu s'avère peut-être LE film d'action de l'année 2023 (ce que aurait dû être d'ailleurs la saga surfaite John Wick auquel il prête quelques clins d'oeils ou encore Rambo 5 que Stallone doit sans doute secrètement envier). Truffé d'action 1h25 durant sans trop se prendre au sérieux et avec une évidente volonté d'en foutre plein la vue au gré d'une inventivité déconcertante, Sisu honore généreusement le divertissement régressif avec un degré de fascination inédit pour le genre. A point tel que tout en étant conscient de son invraisemblance en roue libre, on finit presque par croire à l'alchimie indestructible de ce guerrier silencieux tant le personnage résilient nous impressionne sans cesse à cumuler les bravoures, entre providence et invention désarmantes.
*Bruno
Récompenses: meilleur film, meilleur acteur pour Jorma Tommila, meilleure photographie, meilleure musique au Festival international du film fantastique de Catalogne 2022 (Sitges).
mardi 23 mai 2023
La guerre des Clans / Liu xing hu die jian / Killer Clans
Sortie salles Hong-Kong: 20 Mars 1976
FILMOGRAPHIE: Chu Yuan (楚原 en chinois, donnant Chor Yuen dans une transcription du cantonais) est un réalisateur hongkongais né le 8 octobre 1934 à Canton, décédé le 21 février 2022, . 1972 : Intimate Confessions of a Chinese Courtesan. 1972 : Le Tueur de Hong-Kong. 1973 : The House of 72 Tenants. 1973 : Haze in the Sunset. 1974 : Sex, Love and Hate. 1976 : La Guerre des clans. 1976 : Farewell to a Warrior. 1976 : Le Sabre Infernal. 1976 : The Web of Death. 1977 : Le Complot des Clans. 1977 : Le Tigre de Jade. 1977 : Death Duel. 1977 : Le Poignard volant. 1978 : Clan of Amazons. 1978 : L'Île de la bête (en) (Legend of the Bat). 1978 : Swordsman and Enchantress. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre. 1978 : Heaven Sword and Dragon Sabre 2. 1979 : Full Moon Scimitar. 1980 : Bat Without Wings. 1988 : Diary Of A Big Man. 1990 : The Legend Of Lee Heung Kwan. 1990 : Blood Stained. Tradewinds. 1990 : Sleazy Dizzy.
Synopsis: Sur les ordres d'un employeur à l'identité secrète, Meng Sheng-hun, un tueur renommé, est engagé pour éliminer Sun Yu, chef du clan martial de la Porte-du-Dragon. L’assassin doit donc s'infiltrer au sein du clan sous une fausse identité pour tenter de gagner la confiance de sa future victime. Mais la détermination habituelle du tueur solitaire est remise en question lorsqu'il croise par hasard une charmante et mystérieuse femme dans la Forêt aux Papillons...
Ainsi, de par la puissance de ces thématiques imparties à la trahison et au sens loyal de l'amitié, la mort hante chaque protagoniste, tant auprès de leur sens du sacrifice, de leur bravoure héroïque (quasi suicidaire) que de leur refus de céder à la peur face à la fatalité du trépas. Et si je ne suis guère un afficionado du genre quant à connaître sur le bout des ongles le genre (l'art martial j'entends) et ses inépuisables références, La Guerre des Clans m'a tant émotionnellement impliqué, fasciné (notamment pour son contexte historique), dépaysé (la beauté de sa photographie, son jardin onirique), interloqué (son érotisme couillu pour l'époque auprès d'une séduction parfois vénéneuse ou autrement innocente) qu'il me semble confiné au chef-d'oeuvre.
lundi 22 mai 2023
Yeti, le Géant d'un autre Monde / Yeti - Il gigante del 20° secolo
jeudi 18 mai 2023
12 Feet Deep
Un bon petit suspense aquatique tirant parti de son charme et de son intérêt grâce à l'acting (exclusivement féminin) assez convaincant et d'une réalisation perfectible dénuée de prétention s'efforçant de préserver la tension avec assez d'efficacité pour nous garder éveiller 1h20 durant en mode huis-clos. Et ce en dépit de quelques couacs (la posture soudainement versatile d'un des personnages peine à convaincre lors d'un moment clef d'indulgence), facilités et rebondissements pas toujours indispensables. Notamment vers son final alarmiste (un tantinet redondant) tentant de renforcer la psychologique torturée des 2 héroïnes tributaires d'un passé familial tragique, alors que l'élément perturbateur vient refaire son apparition. Or, l'émotion étonnamment poignante de dernier ressort vient soudainement nous heurter pour pardonner ses menus défauts précités.