Sortie Salles France: 13 Mai 1981
FILMOGRAPHIE: Lamberto Bava est un réalisateur et un scénariste italien né le 3 avril 1944 à Rome. Il est le fils de Mario Bava. 1980 : Baiser macabre (+ scénariste) , 1983 : La Maison de la terreur, 1984 : Apocalypse dans l'océan rouge, 1985 : Demons (+ scénariste),1986 : Demons 2 (+ scénariste),1991 : Body puzzle, 1991 : La Caverne de la Rose d'Or : La Princesse Rebelle, 1992 : La Caverne de la Rose d'Or : La Sorcière Noire, 1993 : La Caverne de la Rose d'Or : La Reine des Ténèbres, 1994 : La Caverne de la Rose d'Or : L'Empereur du Mal, 1994 : Desideria et le prince rebelle, 1996 : La Caverne de la Rose d'Or : Le Retour de Fantaghirò, 1996 : La Légende d'Alisea. 1997: La Princesse et le Pauvre, 1998 : Caraibi, 2001 : L'impero, 2006 : Ghost son.
Première réalisation de Lamberto Bava, également attitré au scénario, Baiser Macabre fait partie de ces œuvres indépendantes où la déviance s'impose à travers des thématiques aussi sulfureuses que le fétichisme, la folie, l'obsession sexuelle et surtout la nécrophilie. Un sujet scabreux peu abordé au cinéma, en dépit de quelques classiques reconnus (Nekromantik 1 et 2, Aftermath et surtout les splendides Kissed, et Blue Holocaust), que le cinéaste dépeint ici entre dérision macabre et aura malsaine, dans une atmosphère aussi trouble qu'étouffante.
Alors qu'une fillette vient de noyer son frère cadet dans la baignoire, Jane Baker, une mère infidèle, apprend par téléphone la tragédie survenue au domicile de son amant. Se précipitant à son tour sur les lieux du drame, son compagnon cause un accident et meurt décapité par une poutrelle. Un an plus tard, après un séjour en psychiatrie, Jane se réfugie dans l'ancien immeuble de son amant, accueillie par le concierge atteint de cécité. Chaque soir, ce dernier est intrigué par les gémissements sexuels provenant de la chambre de sa locataire...
On a beau rapidement deviner que la veuve éplorée se confine chaque soir dans sa chambre pour se masturber avec la tête de son défunt amant, le fait de redouter explicitement cette relation aussi innommable fait naître chez nous un doux sentiment d'inconfort, mêlé d'un trouble presque olfactif. En prime, pour corser encore l'ambiance dérangée de ces pratiques sexuelles flirtant avec le fétichisme, Jane collectionne divers objets et photographies de son amant dans une brochure, tandis que sa fille, déjà responsable d'un acte innommable lors du prologue, la moleste à nouveau. Sa curiosité et sa désinvolture l'amèneront également à s'approcher du réfrigérateur depuis qu'un cadenas a été placé sur le congélateur.
La charge érotique qui s'échappe de cet immeuble souvent plongé dans la pénombre, chaque volet demeurant obstinément clos, est notamment contrebalancée par le refoulement du concierge, secrètement épris de compassion pour sa locataire. Tout le film semble ainsi baigner dans une sensualité clandestine, comme si le désir lui-même devait rester dissimulé derrière les portes closes, les rideaux tirés et les ténèbres de cet étrange huis clos aussi bizarre.
Outre la sobriété de rôles secondaires franchement marquants - Stanko Molnar se fond avec une timidité presque innée dans le corps de cet aveugle sexuellement frustré, tandis que la petite Veronia Zinny est assaillie de vice dans son regard pernicieux ! -, l'inoubliable charisme vénéneux de Bernice Stegers (La Cité des femmes, X Tro) doit beaucoup à l'aura sulfureuse qu'elle véhicule à travers ses étreintes intimes, que l'on redoute autant qu'elles nous fascinent. Avec son regard de velours noir, aussi glaçant que sensuel, l'actrice dégage une concupiscence inévitablement dérangeante lorsque nous devenons les témoins de ses rapports nécrophiles avec une tête en putréfaction.
Si douces, si perverses
Glauque et malsain par son atmosphère érotique aussi étouffante que sexuellement déviante, mais également sardonique - notamment à travers cet impensable épilogue où le surnaturel vient subitement taquiner le quotidien -, Baiser Macabre corrompt le poème nécrophile avec l'audace d'un cinéaste jusqu'au-boutiste lorsqu'il s'agit d'observer, par le bout de la lorgnette, le déséquilibre mental d'une famille profondément dysfonctionnelle. Les enfants y boivent ouvertement la tasse tandis que la « folle » baise la tête de son défunt amant. Sous ses airs de série B morbide et sulfureuse, le film trouve ainsi sa singularité dans cette étrange alliance entre érotisme clandestin, solitude, folie et fascination pour la mort.
— Celui du cœur noir des images 🖤
06.08.26. 7èx. VO03.01.11. (292 v)




grand film !
RépondreSupprimerpour un petit réalisateur !
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