samedi 25 avril 2020

Bad Times

                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site Dvdtoile.com

de David Ayer. 2006. U.S.A. 1h56. Avec Christian Bale, Freddy Rodríguez, Eva Longoria, J. K. Simmons, Tammy Trull, Adriana Millan, Terry Crews.

Sortie salles France: 10 Janvier 2007

FILMOGRAPHIEDavid Ayer, né le 18 janvier 1968 à Champaign aux États-Unis, est un réalisateur, scénariste et producteur américain. 2005 : Bad Times. 2008 : Au bout de la nuit. 2012 : End of Watch. 2014 : Sabotage. 2014 : Fury. 2016 : Suicide Squad. 2017 : Bright. 2019 : The Tax Collector. 2020 : Bright 2.


"Pour vivre avec un traumatisme, il faut l'affronter, le verbaliser, l'accepter. Le traumatisme c'est comme une blessure, une blessure à l'âme. Il faut du temps pour consolider la cicatrice."

Polar poisseux, méchant et mal élevé que Christian Bale monopolise avec une force d'expression à la fois suicidaire et psychotique, Bad Times est une descente aux enfers fustigeant en filigrane les conséquences désastreuses des traumatismes de la guerre. Le pitch: ancien militaire ayant servi en Afghanistan, Jim Davis tente de poster sa candidature pour devenir officier de police. En attendant ses résultats, il tue son ennuie avec son meilleur ami Mike, chômeur porto-ricain, lors de virées urbaines dénuées de scrupule. Drame psychologique transplanté dans le cadre du polar noir, Bad Times est une épreuve de force morale, tant pour le spectateur se familiarisant auprès de marginaux infréquentables que pour ces derniers multipliant les risques inconsidérés à travers leur rage de vivre dénuée de responsabilité. David Ayer y dressant sous l'impulsion de dialogues à la fois incisifs et putassiers le portrait de deux paumés occultant leur cocon sentimental afin de fuir leur routine et flâner dans l'alcool et la drogue. La faute incombant surtout à la tête brûlée influente Jim Davis partagé entre son véritable amour pour une jeune mexicaine et son désir de renouer avec ses pulsions meurtrières en acceptant un poste de mercenaire en Colombie.


Une fonction suicidaire donc dans sa fonction de chair à canon que la hiérarchie policière lui propose in extremis sans aucun état d'âme. Ainsi donc, dès les prémices de leurs virées urbaines, on se doute bien de l'issue tragique qui se dessine auprès de Jim Davis tant il accumule avec esprit de provocation et d'autorité, intimidations, fraudes, transactions illégales et bévues immodérées en compagnie de son acolyte influençable. Tableau tristement dérisoire d'un chômeur en perdition, victime martyrisée par les horreurs de la guerre au moment même de tenter de s'afficher une nouvelle identité en tant qu'officier de police, Bad Times n'inspire que dégoût, injustice, dépravation sur fond d'aigreur sociale. D'une ironie vitriolée donc, l'intrigue (volontairement redondante dans ses virées dangereuses) cultive un climat malsain davantage prédominant au fil du cheminement psychotique de Jim en proie à des accès de violence toujours plus incontrôlés. En témoigne l'insupportable confrontation morale entre son amie mexicaine dans l'habitacle de sa voiture. Une séquence erratique éprouvante d'une intensité dramatique à la fois poignante et pathétique eu égard de la déliquescence de Jim ne parvenant plus à distinguer la réalité de ces hallucinations morbides.


Superbe portrait vitriolé d'un vétéran psychotique victime de sa radicalisation criminelle, Bad Times nous laisse un arrière goût de souffre dans la bouche passé la fatalité de l'épilogue tragique. Et en dépit de quelques longueurs (15/20 minutes à sucrer !) et d'effets de style parfois grossiers (rien de bien grave toutefois tant ils s'avèrent concis), on reste marqué par l'interprétation cérébrale de Christian Bale portant le film à bout de bras en compagnie de son comparse Freddy Rodríguez sobrement convaincant en faire-valoir irresponsable rattrapé par un regain de conscience (rédempteur). Préparez vous à une gueule de bois au moment du générique final...

*Bruno
2èx

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