mercredi 15 avril 2020

Pas de printemps pour Marnie

                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Marnie" d'Alfred Hitchcock. 1964. Angleterre. 2h10. Avec Tippi Hedren, Sean Connery, Diane Baker, Martin Gabel, Louise Latham.

Sortie salles France: 6 Novembre 1964 (Int - 13 ans).

FILMOGRAPHIE: Alfred Hitchcock est un réalisateur, producteur et scénariste anglo américain, né le 13 Août 1899, décédé le 29 Avril 1980. 1935: Les 39 Marches. 1936: Quatre de l'Espionnage. Agent Secret. 1937: Jeune et Innocent. 1938: Une Femme Disparait. 1939: La Taverne de la Jamaique. 1940: Rebecca. Correspondant 17. 1941: Soupçons. 1942: La 5è Colonne. 1943: l'Ombre d'un Doute. 1944: Lifeboat. 1945: La Maison du Dr Edward. 1946: Les Enchainés. 1947: Le Procès Paradine. 1948: La Corde. 1949: Les Amants du Capricorne. 1950: Le Grand Alibi. 1951: L'Inconnu du Nord-Express. 1953: La Loi du Silence. 1954: Le Crime était presque parfait. Fenêtre sur cour. 1955: La Main au Collet. Mais qui a tué Harry ? 1956: l'Homme qui en savait trop. Le Faux Coupable. 1958: Sueurs Froides. 1959: La Mort aux Trousses. 1960: Psychose. 1963: Les Oiseaux. 1964: Pas de Printemps pour Marnie. 1966: Le Rideau Déchiré. 1969: l'Etau. 1972: Frenzy. 1976: Complot de Famille.


"Toute existence connait son jour de traumatisme primal, qui divise cette vie en un avant et un après et dont le souvenir même furtif suffit à figer dans une terreur irrationnelle, animale et inguérissable."

Considéré à l'époque comme un film mineur au sein de la carrière d'Hitchcock (si bien qu'à la revoyure on se demande bien pour quels motifs !), Pas de printemps pour Marnie demeure une grande réussite du maître du suspense de par son talent inné de nous narrer un suspense émoulu au dénouement aussi bien implacable que bouleversant. Hitchcock se réservant de nous éprouver lors des 10 ultimes minutes levant enfin le voile sur les névroses de son héroïne frigide inconsciemment habitée par le traumatisme et le remord à travers le désespoir d'une quête identitaire. D'une grande violence, tant auprès des coups portés que des réactions émotives des victimes éplorées, cet épilogue parvient à nous ébranler psychologiquement parlant, notamment en alternant avec l'instant présent des expressivités de Marnie, adulte, tentant de se remémorer ses réminiscences avec l'appui de Mark son époux et de sa mère mutique. Transcendé des performances de Tippi Hedren (quel regard perçant !) et Sean Connery (quelle virilité tranquille !) en duo marital impromptu, Pas de printemps pour Marnie tire parti de leur confrontation psychologique au sein d'une psychanalyse de longue haleine que l'époux tente d'opérer, entre scrupuleuse patience et vigilance.


Notamment afin de préserver la pathologie cleptomane de celle-ci multirécidiviste, d'autant plus sujette à la terreur du "rouge". Au-delà de l'intensité de leur affrontement bâti sur les jeux de dupe, de manipulation, du mensonge et du larcin, on reste ébahi par la précision géométrique de la mise en scène, notamment auprès d'une direction d'acteur hors-pair. Tant et si bien qu'Hitchcock parvient à capter les expressions de ses personnages, notamment à travers les non-dits entre les mots afin de les irriguer d'ambiguïté (je songe particulièrement à la posture de la belle soeur de Mark - secrètement amoureuse de lui -  à certains anciens patrons de Marnie victimes de ses maraudes ou encore à Mark nous éveillant un soupçon de viol conjugal). Et ce au gré d'un subtil montage sobrement interposé pour les échanges de regards complices, méfiants ou menaçants. De cette houleuse confrontation morale affiliée à une quête identitaire (limite psychotique) y émanent une fragile histoire d'amour bâtie sur le pardon, la complicité et la rédemption que Tippi Hedren immortalise de sa fébrilité lascive.

*Bruno
3èx

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