samedi 1 mai 2021

L'Hirondelle d'Or

                                   Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Come drink with me" de King Hu. 1966. Hong-Kong. 1h35. Avec Cheng Pei-pei, Yueh Hua, Chan Hei, Chen Hung Lieh.

Sortie salles France: 28 Janvier 2004. Hong-Kong: 7 Avril 1966

FILMOGRAPHIE: King Hu (chinois simplifié : 胡金铨 ; chinois traditionnel : 胡金銓 ; pinyin : Hú Jīnquán) (29 avril 1931 à Pékin - 14 janvier 1997 à Taipei) est un réalisateur et acteur chinois. 1963 : The Love Eterne. 1964 : The Story of Sue San. 1965 : Sons of Good Earth. 1966 : L'Hirondelle d'or. 1967 : Dragon Gate Inn. 1970 : Four Moods. 1970 : A Touch of Zen. 1974 : L'Auberge du printemps. 1975 : Pirates et Guerriers. 1979 : Raining in the Mountain. 1979 : Legend of the Mountain. 1981 : The Juvenizer. 1983 : All the King's Men. 1984 : The Wheel of Life. 1990 : Swordsman. 1992 : Painted Skin. 

Immense succès critique et public dans son pays initial alors que chez nous il aura fallu attendre 2004 pour le découvrir en salles, L'Hirondelle d'Or révolutionna le wu xia pian (film de cape et d'épée chinois) de par sa modernité, le brio de sa mise en scène et la présence de l'actrice Cheng Pei-pei (les Griffes de Jade) littéralement magnétique en guerrière intrépide. Ancienne ballerine après m'être renseigné sur sa biographie tant et si bien qu'à travers la majestuosité de ses combats je m'interrogeais sans cesse sur leur fluidité s'apparentant à de vrais ballets de danse; Cheng Pei-pei ensorcelle l'écran de par sa présence fluette et son regard impassible qu'aucun adversaire ne puisse dévisager. Ainsi, à travers son intrigue linéaire (le houleux compromis d'échanger un dangereux brigand contre le frère de l'Hirondelle d'Or retenu par les 5 tigres de Jade), King Hu multiplie les confrontations homériques des combats au sabre au service narratif.

Notamment en y faisant intervenir avec pas mal d'humour un mendiant aviné auquel l'hirondelle collaborera. D'ailleurs, selon mon point de vue strictement personnel, je regrette un peu que le final si spectaculaire et bondé de figurants laisse moins de place à la présence divine de l'hirondelle au profit du mendiant délibéré à se venger auprès d'un abbé, son ancien maitre d'art martial. Pour autant, en y introduisant de manière inopinée des éléments surnaturels lors de cette ultime demi-heure, et en y relançant l'action au gré d'une stratégie offensive, L'Hirondelle d'Or continue de divertir et de fasciner de par son aspect baroque en accord avec une nature aussi fraîche que sauvage (la fameuse cascade et la capacité télépathique du mendiant à y modifier son mouvement et sa vitesse). Quand bien même le combat final confiné en interne d'une bicoque laisse étrangement exprimer une violence gore inattendue auprès d'échanges de coup peu nombreux et concis ! 

Ainsi donc, dans sa volonté d'offrir au public un spectacle d'aventures hors norme (comme le souligne son influence westernienne lors de la confrontation laconique dans l'auberge, et l'ajout musical de 2 séquences chantonnées !), l'Hirondelle d'Or dégage un charme et une puissance visuelle indicibles. Tant auprès de la beauté filiforme de Cheng Pei-pei (je ne me lasse pas d'insister sur sa présence iconique particulièrement radieuse et affinée) que de la chorégraphie des combats inventifs d'une lisibilité somme toute sereine. Un wu xia pian exaltant donc où la femme, guerrière rebelle d'un temps révolu, y dégage une force ténue bâtie sur l'honneur, l'autorité et le sens du devoir à travers sa bravoure inébranlable. 

*Bruno
2èx

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire