vendredi 20 août 2021

Massacre Hospital

                                            
                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"X Ray / Hospital Massacre" de Boaz Davidson. 1982. U.S.A. 1h29. Avec Barbi Benton, Chip Lucia, Jon Van Ness, John Warner Williams, Den Suries.

Sortie U.S: 16 Juillet 1982

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Boaz Davidson est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur israĂ©lien nĂ© le 8 Novembre 1943. 1976: Lupo B'New York. 1978: Juke Box. 1979: La Boum AmĂ©ricaine. 1980: Graine d'Amour. 1981: Le Tombeur, le Frimeur et l'Emmerdeuse. 1981: Massacre Hospital. 1982: The Last American Virgin. 1983: Le Tombeur, le Frimeur et l'Allumeuse. 1986: Alex Holeh Ahavah. 1987: Dutch Treat. 1987: Mon Aventure Africaine. 1988: Salsa. 1988: Lool. 1990: Ochlim Lokshim. 1993: American Cyborg: Steel Warrior. 1994: Le Corps du DĂ©lit (tĂ©lĂ©-film). 1995: Lunarcop. 1997: Looking for Lola.


"Dans cet hôpital, votre prochaine visite pourrait être la dernière en camisole de force !"
Psycho-killer symptomatique des Eighties surfant sur l'unitĂ© de lieu d'Halloween 2 et de Terreur Ă  l'HĂ´pital central, successivement sortis un an au prĂ©alable, Massacre Hospital rĂ©exploite le concept du huis-clos hospitalier lorsqu'une jeune patiente s'y retrouve piĂ©gĂ©e parmi l'intrusion d'un dangereux maniaque. Et pour nous suggĂ©rer l'identitĂ© du prĂ©sumĂ© coupable, le prologue nous eut signalĂ© que 19 ans plus tĂ´t, Susan alors enfant, repoussa les avances d'un de ses camarades Harold face au tĂ©moignage de son petit ami de l'Ă©poque. Fou de jalousie, Harold assassina donc celui-ci par pendaison le jour de la saint-valentin ! (une scène-choc un tantinet audacieuse de par la finalitĂ© visuelle du meurtre infantile !). Aujourd'hui divorcĂ©e et mère d'une fille, elle part se rendre Ă  l'hĂ´pital pour y solliciter ses examens, quand bien mĂŞme un psychopathe est entrain d'empiler les exactions morbides. DĂ©munie et contrainte de rester cloĂ®trer dans sa chambre après l'inquiĂ©tant rĂ©sultat de ses analyses, elle tentera par tous les moyens de lui Ă©chapper au grand dam de la nĂ©gligence du corps mĂ©dical. Ainsi, jouant incessamment avec outrance dĂ©complexĂ©e sur le profil des faux suspects et situations d'angoisse en trompe-l'oeil, Boaz Davidson, rĂ©alisateur rĂ©putĂ© de Teen movies grivois (Juke Box, La Boum AmĂ©ricaine, le Tombeur, le frimeur et l'Emmerdeuse, le Tombeur, le frimeur et l'Allumeuse, c'Ă©tait lui !), manipule avec dĂ©rision le spectateur emportĂ© dans un vortex de situations toutes plus improbables les unes que les autres auprès de clichĂ©s dĂ©tournĂ©s en parodie. Tant et si bien que le spectacle borderline, dĂ©calĂ©, sciemment grotesque, vaut son pesant de cacahuète lorsque l'hĂ©roĂŻne (sublime topless plantureuse aux yeux verts infiniment ensorcelants !) s'efforce de convaincre soignants, mĂ©decins et malades qu'un dangereux psychopathe est entrain de dĂ©cimer un Ă  un les occupants en blouse blanche ! 


Or, l'hĂ©roĂŻne a un mal fou Ă  se faire entendre lorsque les mĂ©decins dĂ©cèlent sur ses radios une Ă©trange maladie potentiellement mortelle dont nous ne connaĂ®trons ni l'origine, ni la dĂ©nomination ! Le rĂ©alisateur s'Ă©ternisant Ă  suspecter les rĂ©sultats de ses radios d'après les tĂ©moignages de mĂ©decins aussi dubitatifs que perplexes ! D'oĂą le ressort comique qui en Ă©mane ! Quand bien mĂŞme malades et praticiens se comportement de manière Ă  la fois douteuse et suspicieuse Ă  reluquer sans complexe notre hĂ©roĂŻne ultra sexy dĂ©voilant par l'occasion son anatomie lors d'une sĂ©quence anthologique d'auscultation ! Ainsi donc, de par son rythme fertile ne laissant que peu de place aux temps morts, Massacre Hospital divertit en diable, entre sourire et rire aux lèvres de par l'extravagance des seconds-rĂ´les gĂ©nialement cabotins se raillant de la pauvre Susan avec perversitĂ© ou jalousie, et du tueur psychopathe dĂ©ployant une posture emphatique Ă  chacune de ses apparitions outrĂ©es (rehaussĂ©es d'un souffle haletant derrière son masque chirurgical). Etonnamment rĂ©alisĂ© avec un certain professionnalisme, Massacre Hospital n'est nullement la sĂ©rie Z que certains se sont empressĂ©s de cataloguer lors de sa discrète exploitation en Vhs (bien que largement dĂ©fendu dans la revue Mad Movies qui avaient tout pigĂ© Ă  son potentiel parodique). Si bien que l'on est d'autant plus surpris du jeu convaincant des acteurs, aussi ridicules ou dĂ©libĂ©rĂ©ment grotesques soient-ils dans leur fonction bĂŞta. Barbi Benton (mannequin, actrice, compositrice, personnalitĂ© de la tĂ©lĂ©vision et chanteuse amĂ©ricaine !!!) irradiant l'Ă©cran Ă  chacune de ses apparitions affolĂ©es en victime dĂ©munie suppliant vainement son entourage de lui venir en aide. Une actrice franchement Ă  l'aise dans son rĂ´le de rutilante potiche exploitant Ă  merveille son physique mannequin Ă  travers un naturel aguicheur dĂ©nuĂ© de provocation. Enfin, sa photo soigneusement saturĂ©e se prĂŞte Ă©lĂ©gamment Ă  l'ambiance hospitalière Ă  la fois lugubre et dĂ©jantĂ©e, qui plus est parfois exacerbĂ© d'un inexplicable climat ouatĂ© lors de corridors enfumĂ©s laissant peu Ă  peu transparaĂ®tre notre tueur irascible incapable de contenir ses pulsions meurtrières. Ce dernier redoublant de maladresse et d'insouciance Ă  planquer ses victimes ensanglantĂ©es dans des endroits souvent alĂ©atoires.  


Doctor in Love. 
Fans de psycho-killer pour rire, Massacre Hospital risque donc de vous amuser sans peine Ă  travers son melting-pot de poncifs et persos vrillĂ©s sciemment exploitĂ©s pour les singer en dĂ©rision sardonique. Complètement oubliĂ© et plutĂ´t mĂ©sestimĂ©, cette sĂ©rie B horrifique se permet Ă©galement de ponctuer son intrigue fantasque de meurtres parfois gores assez bonnards. Et rien que pour la prĂ©sence torride de Barbi Benton (elle aurait très bien pu postuler pour Looker de Michael Crichton !) le spectacle dĂ©cĂ©rĂ©brĂ© en vaut la chandelle ! 

P.S: la version Uncut est un simple rajout de scènes de dialogues.

Eric Binford
20.08.21. 4èx
25.02.15. 127 v

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