jeudi 13 juillet 2023

Baby Blood. Prix Spécial du Jury, Avoriaz 90.

                                             Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Alain Robak. 1990. France. 1h28. Avec Emmanuelle Escourrou, François Frapier, Rémy Roubakha, Christian Sinniger, Jean-François Gallotte, Thierry Le Portier

Sortie salles France: 24 Janvier 1990

FILMOGRAPHIE: Alain Jérôme, dit Alain Robak, né le 6 juin 1954 à Paris2, est un réalisateur français. 1987 : Irena et les ombres. 1990 : Baby Blood. 1994 : Parano (film à sketches). 2000 : La Taule. 2000 : Le Piège d'Olea (téléfilm). 


Entre Frères de Sang et la Vampire Nue.
Prix Spécial du Jury à Avoriaz, on est d'autant plus surpris à la revoyure tant Baby Blood se vautre à corps perdu dans le gore émétique avec une évidente désinhibition eu égard du flot quasi ininterrompu de sang versé à l'écran. On peut même d'ailleurs peut-être prétendre qu'il s'agit là du film gore le plus trash et dégueulbif du cinéma français, qui plus est épaulé d'une réalisation étonnamment avisée, inventive pour un second essai. D'excellents effets-spéciaux mécaniques d'un rouge rutilant supervisés par Benoit Lestang et Jean-Marc Toussaint. Et si l'intrigue demeure résolument sans surprise (une jeune foraine est contrainte de nourrir de sang frais une créature tentaculaire infiltrée à l'intérieur de son estomac), Alain Robak compte sur les vicissitudes récursives de son anti-héroïne n'hésitant jamais à se mettre à nu à travers sa désinvolture naturelle pour mieux se fondre dans le corps d'une victime martyr qu'endosse l'actrice gironde Emmanuelle Escourrou. LA révélation (oh combien) étrange de cet ovni underground à la fois politiquement incorrect, ubuesque, nonsensique (les réactions impassibles de certains figurants face à l'apparition surprise de la meurtrière au visage ensanglanté), drôlement macabre, maladif aussi par son réalisme cru puis crapoteux par son climat blafard. 


Une farce de mauvais goût donc au climat malsain olfactif que les initiés devraient savourer en ayant toutefois le coeur accroché auprès des plus sensibles. Tant et si bien que je me suis surpris à détourner le regard à plus de trois reprises de par la taille surdimensionné de mon téléviseur avec une gêne viscérale. Road movie horrifique où les heureuses rencontres (Alain Chabat, Jacques Audiard que je n'ai pas reconnu) et mauvaises (Jean-Yves Lafesse  assez convaincant en routier égrillard, les fameux joueurs de foot avinés au sein de l'autobus) s'y succèdent pour s'enchaîner à rythme infernal, Baby Blood joue la carte de la série B provocatrice avec une générosité intègre. Tant on sent le réalisateur et son actrice expressive (sorte de Béatrice Dalle  autrement farouche et dévergondée, en mode crapoteux par sa tenue insalubre) communément impliqués pour nous projeter dans une absurde réaction en chaine meurtrière à la fois étrangement fascinante, répulsive, parfois même cartoonesque en mode caustique. 

P.S: Copie BR à tomber, à croire qu'il s'agit d'une remastérisation 2K.

*Bruno
3èx

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