vendredi 8 mai 2026

New-York Connection / Fort Bronx / Night of the Juggler de Robert Butler. 1980. 1h41.

                                                                                        
        (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via google, provenant du site mauvaisgenres. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives)

"Le pouls furieux de New York."

Révision hier soir de New-York Connection, Fort Bronx de Robert Butler réalisé en 80. Et quelle claque mes amis.
Un thriller urbain d’une folie et d’une intensitĂ© Ă  corps perdu, Ă  tel point qu’on en sort Ă  la fois groggy et ravi, comme après avoir traversĂ© New York par la main.
Le film suit donc la course dĂ©sespĂ©rĂ©e d’un père de famille lancĂ© Ă  la poursuite du sociopathe qui a kidnappĂ© sa fille. Un point de dĂ©part simple, presque Ă©lĂ©mentaire. Mais Robert Butler en fait une machine de guerre sensorielle.


James Brolin livre ici, Ă  mes yeux, l’un de ses plus grands rĂ´les : un père dĂ©vorĂ© par une rage primitive, une dĂ©termination quasi animale, courant littĂ©ralement contre le temps. Il bouffe littĂ©ralement l'Ă©cran en ours vindicatif.
Face Ă  lui, Cliff Gorman compose un ravisseur glaçant, profondĂ©ment dĂ©rangĂ©, dont la folie trouve sa source dans un trauma infantile liĂ© Ă  une mère maltraitante (brièvement rĂ©vĂ©lĂ© Ă  travers un dialogue), donnant au personnage une Ă©paisseur psychologique inattendue. Notamment dans le rapport trouble, malsain et pĂ©dophile qu’il noue avec la jeune Kathy.

Mais la vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation du film, c’est New York elle-mĂŞme.
Et lĂ  je pèse mes mots. Car ici, la ville devient un personnage tentaculaire Ă  part entière. FilmĂ©e dans sa crasse, ses nĂ©ons (le théâtre porno), son agitation, sa foule permanente parfois extravagante, sa brutalitĂ© organique, elle donne au film une texture quasi documentaire qui hypnotise. On n'est vraiment pas si Ă©loignĂ© du cinĂ©ma de Friedkin ou de Ferrara. On a constamment l’impression d’assister Ă  un reportage sous tension, surtout en VO (proprement indispensable tant le doublage VF est hĂ©las catastrophique proche d'une formule Z).


Cette masse humaine omniprĂ©sente, ces rues bondĂ©es, ces passants, ces badauds, tout cela nourrit une impression de chaos rĂ©el qui renforce considĂ©rablement l’authenticitĂ© des poursuites.
Et quelles poursuites bon sang ! Les vingt premières minutes sont proprement sidĂ©rantes : une traque Ă  pied, puis en voiture, filmĂ©e avec une urgence et une nervositĂ© Ă  perdre haleine, au milieu d’une foule qui semble parfois ne mĂŞme pas savoir qu’elle participe au film. Le souffle est coupĂ©. Il faut le voir pour le croire avec l'envie insatiable de rembobiner la sĂ©quence.

Et le plus fort, c’est que Robert Butler ne relâche quasiment pas la pression. Si bien que le rĂ©cit accumule rebondissements et tensions, exploitant admirablement les dĂ©cors urbains jusqu’Ă  ce final Ă©touffant dans les tunnels, oĂą la pĂ©nombre et les obstacles rendent la traque Ă  nouveau haletante en dĂ©pit de la pĂ©nombre de l'action Ă©touffĂ©e.


Longtemps oubliĂ©, aujourd’hui enfin rĂ©habilitĂ© grâce Ă  l'Ă©diteur Sidonis Calysta, New-York Connection est une vĂ©ritable pĂ©pite du thriller urbain marginal. Un film d’action sec, nerveux, viscĂ©ral, filmĂ© dans l’urgence, traversĂ© d’une Ă©nergie pulsatile et d’un rĂ©alisme sensoriel rare. Avec des sĂ©quences parfois d'une violence sèche (les agressions au couteau) ou des fulgurances improbables digne des meilleures bisseries, comme ce flic rĂ©ac tirant au fusil au coeur d'une foule Ă©peurĂ©e pour stopper Sean Boyd.

Une référence du genre d'une audace technique inouïe, infaisable aujourd'hui.

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04.05.11 (vf) / 07.05.26 (vo)


Sortie en France en Septembre 1980.

FILMOGRAPHIE: Robert Butler est un réalisateur et producteur américain né le 17 novembre 1927 à Los Angeles, Californie (États-Unis). 1974: The Ultimate Thrill . 1978: Hot Lead and Cold Feet . 1980: Fort Bronx, New-York Connection. 1981: Underground Aces . 1984: Up the Creek . 1997: Turbulence à 30 000 pieds. 2009: Where do the Balloons Go ?

1 commentaire:

  1. Pour ma part, immense dĂ©convenue Ă  la dĂ©couverte de ce film. Effectivement, il y a de la tension du dĂ©but Ă  la fin avec ce père qui entame une course-poursuite haletante pour rĂ©cupĂ©rer sa fille. Effectivement lors de nombreuses sĂ©quences on dirait du cinĂ©ma presque tournĂ© en camĂ©ra cachĂ©e. Mais que d’invraisemblances Ă  cĂ´tĂ© ! SPOILER ! La gamine qui pendant l’enlèvement Ă  plein d’opportunitĂ©s pour appeler de l’aide et au secours ou pour tout simplement fuir, le lieutenant de police qui dans la première moitiĂ© du film ne se soucie que de bouffer ou du mariage de sa fille, le flic qui tire au fusil Ă  pompe en pleines rues super frĂ©quentĂ©es, lors de l’Ă©change nous avons des policiers en civil qui se doivent d’ĂŞtre discrets alors qu’ils ont des flingues qui dĂ©passent de partout de leurs vĂŞtements, le tueur qui parvient Ă  (sur)vivre dans un quartier oĂą il est le seul blanc (alors qu’un Brolin Ă  peine arrivĂ© lĂ -bas rencontre des pĂ©pins). Je dois sans doute en oublier… Ajouter qu’en dehors des acteurs principaux, l’interprĂ©tation n’est pas toujours des meilleures. Au final, vous obtiendrez un film qui se laisse regarder mais qui n’est pas convaincant pour deux sous. Un manque de rigueur et d’Ă©criture manifeste.

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