de Marcel Sarmiento et Gadi Harel. 2008. U.S.A. 1h41. Avec Shiloh Fernandez, Noah Segan, Michael Bowen, Candice Accola, Andrew DiPalma, Eric Podnar, Nolan Gerard Funk, Christina Blevins
Sortie salles France: 31 Janvier 2009 (DTV). U.S: 19 Septembre 2008
FILMOGRAPHIE: Marcel Sarmiento est un réalisateur, acteur, producteur, scénariste américain. 2003: It's better to be wanted for murder than not to be wanted at all. 2007: Toi, moi... et mon chien. 2008: Deadgirl. 2012: The ABCs of Death. Gadi Harel est un réalisateur et scénariste israélien, né le 16 Mai 1971. 2002: Operation Midnight Climax. 2008: Deadgirl (Co-réalisateur)
Le pitch. Dans les sous-sols d’un hĂ´pital abandonnĂ©, deux adolescents dĂ©couvrent un cadavre dĂ©vĂŞtu. Surgie de nulle part, cette femme en voie de putrĂ©faction s’avère ĂŞtre une zombie enchaĂ®nĂ©e sur une table d’opĂ©ration. Comment est-elle arrivĂ©e lĂ , par qui, et depuis quand ? On ne le saura jamais. Pas plus que l’origine de ce chien-cerbère surveillant les alentours, comme vouĂ© Ă la protĂ©ger. L’un des deux Ă©tudiants dĂ©cide alors de la violer, sombrant aussitĂ´t dans un culte de la perversion.
Ă€ la sortie de la projo, il est presque indĂ©cent de dĂ©voiler ses impressions tant l’expĂ©rience amorale semble dĂ©nuĂ©e de raisonnement, prisonnière des motivations putassières d’une bande de teenagers dĂ©complexĂ©s. Avec la volontĂ© Ă©vidente de choquer le spectateur et de l’entraĂ®ner dans un bad trip inĂ©dit (la sĂ©questration d’un cadavre mourant restant un cas d’Ă©cole dans les annales du zombie movie), Marcel Sarmiento et Gadi Harel n’hĂ©sitent jamais Ă renchĂ©rir dans le sordide, nous immergeant dans leurs exactions sexuelles.
Gang bang volontiers Ă©mĂ©tique Ă travers les Ă©changes avec une esclave zombie. ÉpaulĂ© par une photographie blafarde et des dĂ©cors rubigineux, Deadgirl instille un malaise persistant en Ă©talant les Ă©tats d’âme vĂ©reux d’ados Ă©cervelĂ©s, galvanisĂ©s par les penchants nĂ©crophiles de leur leader. Seul son acolyte restera l’Ă©lĂ©ment le moins corruptible, parce que plus sensĂ©, bien qu’incapable d’affirmer son refus ou d’extĂ©rioriser ses remords. Vivant reclus dans un foyer fracturĂ©, entre l’absence de sa mère et la prĂ©sence inhospitalière d’un beau-père alcoolique, Rickie rĂŞve de conquĂ©rir une lycĂ©enne inaccessible, dĂ©jĂ engagĂ©e auprès d’une “terreur” du lycĂ©e. EmbarquĂ© dans cette sordide spirale et incapable d’imposer une autoritĂ©, il se rĂ©fugie dans les bas-fonds de l’hĂ´pital pour assister aux abus nĂ©crophiles. Le climat nausĂ©eux, l’ambiance de claustration, cette pièce calfeutrĂ©e oĂą les lycĂ©ens s’embrigadent, convoquent un sentiment d’impuissance et de voyeurisme malsain. Sans issue, les rĂ©alisateurs prolongent l’Ă©preuve de force immorale avec parfois une ironie sardonique dĂ©concertante (la tentative grotesque d’enlèvement d’une fille stoĂŻque sur un parking), jusqu’Ă une conclusion nihiliste, refusant la rĂ©demption de l’amour. On sort de l’expĂ©rience incongrue aussi Ă©trangement fascinĂ© qu’Ă©prouvĂ©, avec l’amertume d’avoir participĂ© Ă un dĂ©lire scabreux dĂ©nuĂ© d’Ă©thique.
L’Amour Ă mort.
Sous couvert de frustration sexuelle, de remise en question morale et d’Ă©moi amoureux, Marcel Sarmiento et Gadi Harel dissèquent le malaise adolescent avec un parti pris aussi radical que profondĂ©ment dĂ©rangeant. Deadgirl s’apparente alors Ă un teen movie nĂ©crosĂ©, vĂ©ritable cauchemar existentiel d’une jeunesse dĂ©pravĂ©e, totalement larguĂ©e par la dĂ©cence de la tendresse sentimentale. Quoi qu’on en dise, l’expĂ©rience a le mĂ©rite de rĂ©futer les conventions de l'entertainment pour revendiquer son constat immoral, nous plongeant dans les abysses d’une horreur fĂ©tide difficilement oubliable.
À découvrir avec précaution.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir15.01.24. 3èx










































