"Psycho 3" de Anthony Perkins. 1986. U.S.A. 1h30. Avec Anthony Perkins, Diana Scarwid, Jeff Fahey, Roberta Maxwell, Hugh Gillin, Lee Garlington, Robert Alan Browne, Gary Bayer, Patience Cleveland, Juliette Cummins.
Sortie salles France: 6 Aout 1986. U.S: 2 Juillet 1986.
FILMOGRAPHIE: Anthony Perkins est un acteur et réalisateur américain né le 4 avril 1932 à New-York, mort le 12 Septembre 1992, à Hollywood, Californie.
1985: Psychose 3. 1988: Le Dindon de la Farce.
Échec critique et public en salles, même si en France il engrange tout de même 1 294 469 entrées, Psychose 3 constitue un nouveau cas de film maudit au regard de sa réputation timorée. Car si Richard Franklin sut brillamment rendre hommage au maître du suspense avec l'excellent Psychose 2, Anthony Perkins, acteur et réalisateur, nous offre ici une amusante relecture du cas Norman Bates avec un goût prononcé pour la dérision macabre, tant par l'inventivité des meurtres référentiels que par son final tragique paradoxalement sarcastique.
Rappel des faits : après avoir assassiné Mme Spool dans le précédent volet (celle que Richard Franklin présentait comme sa véritable mère), Norman continue d'exercer au sein de son motel dans l'attente d'une nouvelle clientèle. Mais depuis l'arrivée d'une jeune religieuse mécréante, le fantôme de Mme Spool refait surface afin d'influencer son rejeton vers le châtiment criminel.
Dans son format clinquant de série B formellement stylisée (photo flamboyante à l'appui) et maîtrisée, entre cadrages alambiqués et montage retors truffé de clins d'œil à Psycho, Psychose 3 fignole le cadre gothique du motel sous l'impulsion schizophrène d'un Norman Bates constamment sur la corde raide.
Épaulé d'un scénario aussi efficace que surprenant (bien qu'inachevé et expédié lors de son final un tantinet frustrant), le récit alterne les ruptures de ton (psycho-killer ludique, drame psychologique, réflexion spirituelle) à travers le témoignage aigri d'une religieuse en quête de rédemption.
Si bien qu'après deux tentatives ratées de suicide, Maureen Coyle croit voir en Norman Bates son sauveur spirituel depuis que ce dernier est venu à son secours. Pied de nez à la religion (rien que le hors-champ sonore introductif - "il n'y a pas de Dieu !" - annonce fissa la couleur), Anthony Perkins malmène sévèrement son héroïne depuis son nouvel espoir de se rattacher à la cause divine.
Fragilisée par sa culpabilité et ses remords (ceux d'avoir indirectement causé la mort d'une bonne sœur) et aveuglée par son idéologie christique, Maureen Coyle croit trouver refuge dans les bras de Norman en espérant également déflorer sa virginité. Ils partagent d'ailleurs ce même refoulement sexuel qui les rapproche autant qu'il les condamne.
Cette douce romance impossible entre elle et Norman est contrebalancée par une ambiance trouble et suspicieuse née de la reconversion criminelle de ce dernier. Parmi le témoignage trivial de seconds rôles dépravés (formidable d'insolence et de vulgarité, Jeff Fahey campe un dragueur sans vergogne), Anthony Perkins se raille d'un des préceptes religieux fondés sur le péché capital de la luxure.
Paradoxalement, et afin d'accentuer cette atmosphère vénéneuse, Anthony Perkins amorce efficacement plusieurs séquences-chocs davantage réalistes, si bien que le climat pesant de sa dernière partie adopte une tournure dramatique aussi étonnamment cruelle qu'escarpée.
Psychose: http://brunomatei.blogspot.fr/2015/06/psychose.html
Psychose 2: http://brunomatei.blogspot.fr/2014/05/psychose-2-psycho-2.html
B.M. (02.09.11)
01.09.24. 6èx. Vostfr

















































