de John Requa, Glenn Ficarra, Ken Olin, George Tillman, Craig Zisk, Silas Howard, Sarah Pia Anderson, Uta Briesewitz, Helen Hunt, Aurin Squire, Chris Koch, George Tillman Jr., Wendey Stanzler.
Distribution : Milo Ventimiglia, Mandy Moore, Sterling K. Brown, Chrissy Metz, Justin Hartley, Susan Kelechi Watson, Chris Sullivan, Ron Cephas Jones, Jon Huertas, Sam Trammell, Denis O’Hare…
Genre : Drame/Comédie. 2016.
Diffusion en France : Canal + Séries
Nombre d’Ă©pisodes : 18
Note: 5/5
Le Pitch :
Il y a dans le monde environ 18 millions d’ĂŞtres humains qui partagent la mĂŞme date d’anniversaire. Des personnes comme Jack, Kate, Kevin et Randall, qui, entre New York et Los Angeles, mènent leur existence en tentant de faire les bons choix, malgrĂ© les difficultĂ©s qui peuvent s’imposer. Jack et Rebecca s’apprĂŞtent Ă devenir parents de triplĂ©s. De son cĂ´tĂ©, Kevin tente de donner une nouvelle direction Ă sa carrière de comĂ©dien, tandis que sa sĹ“ur Kate, l’aide du mieux qu’elle peut, tout en se dĂ©battant avec des problèmes personnels qui l’empĂŞchent de pleinement s’Ă©panouir. Randall pour sa part, père d’une famille en apparence parfaite, part Ă la recherche de ses origines…
Une chronique de Gilles Rolland
LA CRITIQUE DE LA SAISON 1 DE THIS IS US :
Portée par
Dan Fogelman, un fidèle des studios
Disney ayant notamment bossé sur les scripts de
Raiponce et de
Cars,
This Is Us a également pu compter, dès le début de son développement, sur les réalisateurs
John Requa et
Glenn Ficarra, quant Ă eux cĂ©lèbres pour avoir emballĂ© l’excellent
Crazy,
Stupid,
Love. Une série dont la première saison ne devait compter que 13 épisodes. Un nombre revu à la hausse très rapidement, après la diffusion sur
NBC du pilote, qui augura d’un succès qui ne s’est par la suite jamais dĂ©menti, encourageant mĂŞme les producteurs Ă renouveler le show pour une seconde et une troisième saison. Une excellente nouvelle puisque autant dire qu’on parle ici de l’une des meilleures sĂ©ries de ces dernières annĂ©es…
ESPRIT DE FAMILLE
Le premier épisode de
This Is Us repose sur un concept aussi simple qu’efficace. VoilĂ l’idĂ©e : dans le monde, plusieurs personnes partagent la mĂŞme date d’anniversaire… C’est le cas de Jack, Kevin, Randall et Kate, qui Ă©voluent dans des milieux diffĂ©rents et se dĂ©battent tous avec des problèmes qui nous permettent presque dès les premières minutes de nous identifier. Un pilote relativement incroyable, parfaitement Ă©crit et Ă´ combien touchant, qui donne non seulement le ton, mais impose aussi une virtuositĂ© qui ne fera jamais dĂ©faut Ă la sĂ©rie pour ce qui est des Ă©pisodes suivants. Difficile de ne pas succomber. Tout s’imbrique parfaitement et on a beau avoir dĂ©jĂ vu mille fois ce genre d’histoire qu’on ne peut qu’ĂŞtre surpris par la fraĂ®cheur que dĂ©gage
This Is Us en une petite heure, posant les bases de quelque chose de très ambitieux mais aussi de profondĂ©ment honnĂŞte et finalement universel. Difficile d’en dire plus sans dĂ©florer l’intrigue. Ce qui serait dommage, mĂŞme si on n’est pas chez
Shyamalan non plus. Le truc, c’est qu’il faut se laisser porter par les personnages et leur histoire. Se laisser porter et se prendre une Ă©motion Ă fleur de peau en pleine poire pour au final ressortir secouĂ© et heureux. On serait au cinĂ©ma, le terme pourtant galvaudĂ© feel good movie ne serait pas de trop, mais nous sommes Ă la tĂ©lĂ© et force est de reconnaĂ®tre au showrunner et aux metteurs en scène
Requa et
Ficarra d’avoir su rĂ©ussir leur entrĂ©e. Sans trop en faire, avec une sensibilitĂ© incroyable, forts d’un concept merveilleusement exploitĂ©.
C’EST LA VIE
La première saison de
This Is Us parle tout simplement de la vie. VoilĂ qui ne nous avance pas vraiment hein ? Le problème encore une fois, est qu’ici, mieux vaut avancer Ă vue. Pour mieux se faire cueillir. Une chose est sĂ»re : il y avait une Ă©ternitĂ© qu’un show tĂ©lĂ© estampillĂ© comĂ©die dramatique, n’avait pas rĂ©ussi avec autant de pertinence et de respect pour ses tĂ©lĂ©spectateurs et ses personnages Ă imposer une osmose et une tonalitĂ© comme celle dont
This Is Us fait preuve. À des millions de kilomètres des dramas fourrés à la guimauve et aux bons sentiments, la série de
Fogelman trouve le ton juste pour aborder des sujets plus ou moins graves. Preuve que la qualitĂ© de l’Ă©criture change tout. Peu importe les thĂ©matiques qu’on souhaite aborder, l’important est de savoir le faire sans cĂ©der Ă la facilitĂ© ni Ă l’excès. L’exercice est pĂ©rilleux et chaque Ă©pisode de
This Is Us apporte la preuve d’un rĂ©el gĂ©nie, qui jamais ne dĂ©raille. Franchement, c’est Ă©blouissant du dĂ©but Ă la fin. On passe du rire aux larmes en un clin d’Ĺ“il, on rĂ©flĂ©chit, on s’attache… Immersive, l’histoire est de plus remarquablement construite, n’hĂ©sitant pas Ă jouer sur les flash-backs et autres astuces scĂ©naristiques pour offrir aux protagonistes de solides backgrounds, mais toujours avec ce sens de la mesure en l’occurrence portĂ© par une volontĂ© de bien faire.
Au final, au terme de ces 18 incroyables Ă©pisodes, un constat s’impose :
This Is Us fait souffler un vent de fraîcheur sur un genre qui ne demandait que ça.
FAMILY VALUES
Les acteurs tiennent forcĂ©ment une grande part de responsabilitĂ© dans la flamboyante rĂ©ussite de la sĂ©rie. Qu’ils soient connus, comme
Mandy Moore (
Entourage),
Sterling K. Brown (
American Crime Story),
Chris Sullivan (
The Knick,
Stranger Things) ou
Milo Ventimiglia (
Heroes,
Rocky Balboa), ou
plus confidentiels comme
Chrissy Metz,
Justin Hartley,
Susan Kelechi Watson, tous Ĺ“uvrent pour la bonne marche d’un rĂ©cit au sein duquel ils trouvent de multiples occasions de briller.
This Is Us est une Ĺ“uvre chorale. Un peu dans le ton d’un
Love Actually, mais sur la longueur d’une vie entière car non centrĂ©e sur un Ă©vĂ©nement en particulier. Si le point de dĂ©part est l’anniversaire de plusieurs des personnages clĂ©s du rĂ©cit, la suite va plus loin et explore des thĂ©matiques fortes. Combien de sĂ©ries TV ont-elle par exemple abordĂ© avec autant de justesse et de pudeur l’obĂ©sitĂ© ? Cherchez bien, vous n’en trouverez pas beaucoup. Dans un paysage tĂ©lĂ©visuel oĂą règnent toujours des canons de beautĂ© persistants hĂ©ritĂ©s des annĂ©es 80,
This Is Us ose aller plus loin et mettre en avant des problĂ©matiques que le petit Ă©cran rĂ©serve habituellement au show Ă sensations de la tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ©. Pareil quand la sĂ©rie parle de l’adoption, de la maternitĂ©, de la paternitĂ©, du couple ou des rapports parfois difficiles entre frères et sĹ“urs. La somme des sujets traitĂ©s est au moins aussi impressionnante que la rĂ©ussite dont le scĂ©nario fait preuve quant il s’agit de retranscrire des Ă©motions dans lesquelles il est facile de se reconnaĂ®tre, faisant in fine de
This Is Us une œuvre très galvanisante et bienfaisante.
Il est aussi fou de voir Ă quel point celle-ci parvient Ă Ă©mouvoir en quelques images, avec une poignĂ©e de mots bien choisis, grâce au jeu sans faille des comĂ©diens. Un seau de larmes par Ă©pisode, c’est un peu le deal que la chaĂ®ne
NBC a passé avec son audience sans le prononcer tout haut. Le tout sans que
This Is Us ne force le trait oĂą ne tombe dans une mièvrerie opportuniste, c’est important de le souligner. En plus c’est passionnant ! Du dĂ©but Ă la fin, Ă l’image d’Ĺ“uvres comme Urgences qui sous couvert de concepts identifiables, se payait le luxe d’aller plus loin dans l’observation des rapports humains. De la première Ă la dernière minute, on ne cesse d’ĂŞtre surpris, mĂŞme quand l’histoire est bien installĂ©e et qu’on pense en avoir saisi les ressors. Sans cesse en mouvement, cette sĂ©rie parfaite, fait plus que remplir son office. C’est une ode Ă la vie, Ă l’amour, Ă l’amitiĂ© et Ă toutes ces choses qui font que la vie mĂ©rite d’ĂŞtre vĂ©cue.
En Bref…
Véritable miracle télévisuel,
This Is Us commence très fort avec une première saison en forme de K.O. pur et simple. MaĂ®trisĂ© sur le fond et la forme, ce show surprenant jouit en outre de l’apport d’un casting en or massif, qui finit de l’imposer d’ores et dĂ©jĂ comme l’une des meilleures choses qui soient arrivĂ©es au petit monde des sĂ©ries TV. Si les saisons suivantes sont du mĂŞme acabit, nous ne sommes pas au bout de nos Ă©motions.
@
Gilles Rolland
Bruno Matéï: Une diatribe contre la concurrence financière, une leçon de vie d'une rare pudeur et subtilité, une purification spirituelle, une subtile méditation sur l'acceptation du deuil, un apprentissage à la sagesse et à l'acceptation de soi qui peuvent transfigurer notre vision des choses et notre mentalité si on s'y donne les moyens. Une ode à l'amour conjugal et à sa grande fragilité si nous nous laissons menés par nos sentiments, un hymne à la famille et à la fraternité pour l'une des plus belles et déchirantes séries dramatiques au monde ! Les larmes coulant naturellement, souvent sans prévenir, et ce du second épisode jusqu'à l'ultime conclusion laissée en suspens. Un chef-d'oeuvre télévisuel touché par la grâce qui unifie les coeurs sous l'impulsion plus vraie que nature d'un casting au diapason. Croyez moi sur parole, et à l'instar de
Six Feet Under (dont les thèmes sont assez similaires), vous n'oublierez jamais de votre existence
This Is Us ! C'est dire les enseignements existentiels que cette série antidépressive nous rappelle avec une sensibilité "éthérée" à fleur de peau.
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