mercredi 10 juin 2020
Les Dents de la Mer 3
"Jaws 3D" de Joe Alves. 1983. U.S.A. 1h38. Avec Dennis Quaid, Bess Armstrong, Simon MacCorkindale, Louis Gossett Jr., John Putch.
Sortie salles France: 21 Décembre 1983. U.S: 22 Juillet 1983
FILMOGRAPHIE: Joseph M. Alves Jr., plus connu sous le pseudonyme de Joe Alves, est un directeur artistique, chef décorateur et réalisateur américain, né le 21 mai 1936 à San Leandro, Californie, États-Unis. 1983: Les Dents de la Mer 3.
Traînant une sinistre réputation de navet depuis sa sortie (alors qu'initialement il devait être une parodie), Les Dents de la Mer 3 demeure effectivement une suite aussi mauvaise qu'inutile. Pour autant, et en faisant preuve d'une grosse louche d'indulgence (notamment passées ses 45 premières minutes poussives), cette série B cheap demeure timidement plaisante à travers ses quelques séquences de panique et d'agressions du requin que Joe Alves filme parfois avec une certaine efficacité oppressante. Et ce en dépit d'FX souvent ratés, de séquences à suspense autrement infructueuses et d'un relief argentique terriblement obsolète. A noter part ailleurs une surprenante scène-choc filmée de l'intérieur du requin lorsque celui-ci mâchouille sa pauvre victime affolée de son triste sort !
*Bruno
3èx
Box-Office France: 1 158 873 entrées
mardi 9 juin 2020
Week-end Sauvage / Fin de Semaine Infernale.
"Death Week-end" de William Fruet. 1976. Canada. 1h29. Avec Brenda Vaccaro, Don Stroud, Chuck Shamata, Richard Ayres, Kyle Edwards, Don Granberry, Ed McNamara. Elen Yarish, Roselle Stone.
Sortie salles France: 5 Janvier 1977. U.S: 4 Mars 1977.
FILMOGRAPHIE: William Fruet est un réalisateur, producteur et scénariste canadien, né en 1933 à Lethbridge (Canada). 1972: Wedding in White. 1976: Week-end Sauvage. 1979: One of our Own (télé-film). Search and Destroy. 1980: Funeral Home. 1982: Trapped. 1983: Spasms. 1984: Bedroom Eyes. 1986: Brothers by choice. Killer Party. 1987: Blue Monkey. 2000: Dear America; A line in the Sand (télé-film).
Sorti en pleine mouvance des Vigilante movies et Rape and Revenge initiés par Les Chiens de Paille, La Chasse Sanglante, Un justicier dans la ville et consorts, Week-end Sauvage (ou Fin de semaine infernale comme l'eut averti sa célèbre BA française !) fut lors des années 80 un hit Vhs. Car édité sous la bannière d'Hollywood Vidéo, ce titre phare réussit à rameuter le spectateur avide d'ultra violence et de frisson poisseux. Ainsi, cet efficace survival d'exploitation préserve toujours son charme (rétro) de par son ambiance malsaine symptomatique des Seventies et ses scènes chocs d'ultra violence (dont une gorasse !), quand bien même le duo inopportun formé par la charmante Brenda Vaccaro et le robuste Don Stroud nous reste en mémoire de par leur impossible union sentimentale. Le pitch: Un chirurgien dentiste, séducteur machiste et propriétaire d'une villa champêtre, invite le temps d'un week-end sa nouvelle conquête Diana, une jeune mannequin affermie. Sur leur chemin, alors qu'Harry lui laisse conduire sa chevrolet corvette, ils entament une course-poursuite avec une bande de voyous. Vexés d'avoir été la risée de la jeune conductrice beaucoup plus experte dans l'art de piloter le bolide, nos quatre lurons s'insurgent à retrouver leur trace pour se venger sans restriction. Réalisé dans un but lucratif afin d'émuler les classiques transgressifs précités, Week-end sauvage démarre sur les chapeaux de roue avec une course-poursuite sur bitume formidablement charpentée. Sur une route champêtre, quatre lascards décervelés décident de narguer un couple en corvette, mais la jeune conductrice particulièrement finaude réussit à les semer en provoquant l'humiliation du leader. Passée cette rixe échevelée, les deux amants arrivent au lieu dit et profitent de leur résidence fastueuse pour s'épanouir en toute tranquillité. Mais en conjuguant le profil détestable du nanti orgueilleux trop imbus de sa personne avec une mannequin érudite plutôt affirmée, leur rapport antinomique va vite déchanter pour couper court à l'éventuelle idylle. Mais alors que Diana est sur le point de quitter la demeure, nos quatre malfrats rancuniers investissent brusquement la villa pour foutre le zouc et faire payer à ces bourgeois leur insolence goguenarde.
L'intrigue linéaire, si prévisible, demeure donc un prétexte pour y déployer un déchaînement de violence amorcée par des marginaux faussement contestataires de par leur ignorance intellectuelle. Ainsi donc, ces rednekcs avinés sont résolus à dévaster la demeure du poltron corrompu par sa condition fortunée. Et si le cheminement narratif s'avère éculé, William Fruet fait preuve de savoir-faire pour la tension en crescendo et d'une certaine originalité quant aux rapports de forces troubles établis entre le bourreau et la victime féminine. A savoir le tempérament spontané d'une mannequin toute en force de caractère car tenant tête face à la déchéance d'un délinquant frustré. Paradoxalement, au moment ou celui-ci envisage de la violer, leur rapport équivoque nous interpelle subitement si bien qu'il semble épris d'un soupçon de sentiment amoureux pour sa proie. L'épilogue d'une intensité dramatique éprouvante nous rappellera d'ailleurs l'ambiguïté de leur relation lorsque l'héroïne vindicative se remémorera l'attitude sentencieuse (pour ne pas dire presque honteuse) de son bourreau au moment du viol. Ainsi, à travers une ode au féminisme et en y ridiculisant le matérialisme de la bourgeoisie; Week-end sauvage nous dévoile un joli portrait de femme vaillante et rebelle de par sa pugnacité à tenir tête à ses adversaires communément machistes, égrillards et dominateurs. Tant auprès du chirurgien dentiste englué dans son confort, sa vanité et ses caprices lubriques que de la rébellion des assaillants dépités par leur médiocrité. Surtout si je me réfère au leader impérieux le moins inconséquent de la bande pour autant diablement criminel lors de ses exactions gratuites. La dernière partie, à la fois intense, horrifique et haletante, culminant avec le combat pour la survie de la femme déterminée à retrouver sa liberté en se vengeant in extremis de ses oppresseurs.
"La vie est pleine de regrets, mais ça ne paie pas de regarder en arrière."
Classique oublié du Vigilante Movie (et/ou du Rape and Revenge) aussi insolent qu'efficace de par son rythme oppressant et son ambiance patibulaire au confins du malaise, Week-end Sauvage y préserve une violence épineuse parfois même cruelle ou horrifiante. A l'instar la mort "hors-champs" d'Harry et de l'égorgement graphique d'un des antagonistes en proie à l'agonie. D'ailleurs, lors de sa sortie, outre son interdiction au moins de 18 ans à travers le monde, le film choqua tant la censure britannique qu'il fut répertorié auprès des "vidéos nasties". Mais bien au-delà de ses séquences éprouvantes de vandalisme et de passages à tabac résolument gratuits (d'où l'aspect très dérangeant de sa réflexion sur la déchéance marginale la plus libertaire), Week-end Sauvage gagne finalement en dramaturgie cérébrale quant au portrait sulfureux imparti aux amants maudits (Brenda Vaccaro, Don Stroud marquent durablement les esprits à travers leur vénéneux charisme) qu'Ivan Reitman impulse sous une partition élégiaque.
*Bruno
09.06.20. 7èx
20.01.12. 288 v
Bande-annonce promo française:
"C'était la fin de semaine de l'action de grâce, sauf pour Diane. Elle n'avait aucune raison de remercier le seigneur. Elle essayait juste de rester en vie. Tout a commencé par une agréable promenade en voiture dans la campagne. C'est alors que Diane fait une erreur. Ces garçons avaient envie de tout détruire. Mais le jour de l'action de grâce, ils ont décidé de détruire Diane. FIN DE SEMAINE INFERNALE ! La tension est si forte que vous avez envie de vous accrochez à quelqu'un. La tension est si insupportable que vous avez envie de crier. FIN DE SEMAINE INFERNALE. La tension est si terrifiante que vous resterez cloués à votre siège.
Après Le Justicier dans la Ville, les Chiens de Paille, maintenant Brenda Vacaro et Don Stroud dans un des films les plus violents que vous ayez vu. FIN DE SEMAINE INFERNALE. Ou la rage de survivre."
lundi 8 juin 2020
On a retrouvé la 7ème Compagnie!
de Robert Lamoureux. 1975. France. 1h27. Avec Pierre Mondy, Jean Lefebvre, Henri Guybet, Pierre Tornade, Bernard Dhéran, Jacques Monod.
Sortie salles France: 10 Décembre 1975
FILMOGRAPHIE: Robert Lamoureux est un acteur, humoriste, auteur dramatique, réalisateur, poète, parolier et scénariste français, né le 4 janvier 1920 à Paris et décédé le 29 octobre 2011 à Boulogne-Billancourt. 1960 : Ravissante. 1960 : La Brune que voilà. 1973 : Mais où est donc passée la septième compagnie ? 1974 : Impossible... pas français. 1975 : On a retrouvé la septième compagnie. 1975 : Opération Lady Marlène. 1977 : La Septième Compagnie au clair de lune.
Toujours aussi victorieux en terme de succès commercial (3 740 209 entrées), une séquelle bonnard et attachante, à défaut de provoquer l'hilarité à travers ses gags timorés. Mais l'essentiel est là, Pierre Mondy, Jean Lefebvre, Henri Guybet, Pierre Tornade assurant la déconnade franchouillarde avec une innocente bonhomie.
*Bruno
jeudi 4 juin 2020
Un joli corps qu'il faut tuer
"Il tuo dolce corpo da uccidere" de Alfonso Brescia. 1970. Espagne/Italie. 1h28. Avec George Ardisson, Françoise Prévost, Eduardo Fajardo, Orchidea de Santis, Félix Dafauce.
Sortie salles France: ? Italie: 27 Juin 1970
FILMOGRAPHIE PARTIELLE: Alfonso Brescia (né le 6 janvier 1930 à Rome, décédé le 6 juin 2001) est un réalisateur et un scénariste italien. 1964 : La Révolte des prétoriens. 1964 : Le Gladiateur magnifique. 1965 : Goldocrack à la conquête de l'Atlantide. 1968 : Tête de pont pour huit implacables. 1969 : Dans l'enfer des sables. 1970 : Un joli corps qu'il faut tuer. 1972: Le Manoir aux Filles. 1976 : Pour un dollar d'argent. 1978 : La Bataille des étoiles. 1978 : La Guerre des robots. 1978 : Cosmo 2000. 1981 : Carcerato. 1981 : Napoli, Palermo, New York, il triangolo della camorra. 1982 : I figli... so' pezzi 'e core. 1982 : Giuramento. 1982 : Tradimento. 1983 : Laura... a sedici anni mi dicesti sì. 1987 : Iron Warrior. 1988 : Fuoco incrociato. 1989 : Miami Cops. 1991 : Omicidio a luci blu 2. 1995 : Club vacanze.
Plutôt méconnu si bien que les critiques du net s'y font rare, et au vu du résultat on comprends mieux pourquoi, Un joli corps qu'il faut tuer (quel titre stylisé plutôt prometteur !) est un thriller transalpin à peine regardable de par son intrigue faiblarde dénuée de passion, de vigueur et d'enjeu dramatique en perte de vitesse. La faute à une mise en scène aussi néophyte que maladroite, à un jeu d'acteurs cabotins (l'anti-héros semble s'auto-parodier à travers sa tête de gentil benêt) et à un cheminement narratif poussif lorsque l'époux criminel s'égare d'un lieu à un autre à tenter de retrouver ses valises depuis que son épouse y est confinée en morceaux ! Et si sa trame liminaire présage un thriller pervers et audacieux à travers sa galerie de personnages sans vergogne jouant les époux infidèles auprès d'un odieux chantage, Un joli corps qu'il faut tuer finit par lasser, notamment faute de rebondissements et situations capillotractés (le flic "patibulaire" tombant maladroitement du toit comme si c'était délibéré ! La révélation pathologique du commanditaire). Surtout si on se réfère à la résurrection de l'épouse faussement retorse (j'en souris aigrement pour son mobile du masque en plastique !). Bref; une série B anodine qui pourrait peut-être contenter les inconditionnels de curiosité (dégingandée).
*Bruno
mercredi 3 juin 2020
Twin Peaks: fire walk with me
"Twin Peaks: fire walk with me" de David Lynch. 1992. U.S.A/France. 2h15. Avec Sheryl Lee, Ray Wise, Mädchen Amick, Michael J. Anderson, Dana Ashbrook, Phoebe Augustine, Frances Bay, David Bowie.
Sortie salles France: 3 Juin 1992
FILMOGRAPHIE: David Lynch est un réalisateur, photographe, musicien et peintre américain, né le 20 Janvier 1946 à Missoula, dans le Montana, U.S.A. 1976: Eraserhead. 1980: Elephant Man. 1984: Dune. 1986: Blue Velvet. 1990: Sailor et Lula. 1992: Twin Peaks. 1997: Lost Highway. 1999: Une Histoire Vraie. 2001: Mulholland Drive. 2006: Inland Empire. 2012: Meditation, Creativity, Peace (documentaire). 2017 : Twin Peaks: The Return (saison 3)
*Bruno
18.09.24. 3èx. Vostfr
mardi 2 juin 2020
Critters 2
"Critters 2: The Main Course" de Mick Garris. 1988. U.S.A. 1h26. Avec Scott Grimes, Liane Curtis, Don Keith Opper, Barry Corbin, Herta Ware, Lin Shaye.
Sortie salles France: 27 Juillet 1988. U.S: 29 Avril 1988
FILMOGRAPHIE: Mick Garris est un acteur, producteur, scénariste et réalisateur américain, né le 4 Décembre 1951 à Santa Monica, en Californie. 1988: Critters 2. 1990: Psychose 4. 1992: La Nuit Déchirée. 1994: Le Fléau (télé-film). 1997: Shining (télé-film). 1997: Quicksilver Highway (télé-film). 1998: l'Expérience Fatale (télé-film). 2001: Juge et Coupable (télé-film). 2004: Riding the Bullet. 2005: Chocolate (Masters of Horror, saison 1, Epis 5). 2006: Désolation. 2011: Sac d'Os
On prend les mêmes et on recommence ! Enfin presque, si bien que Stephen Herek a cédé sa place à Mick Garris (habile faiseur aujourd'hui connu pour avoir réalisé La Nuit Déchirée, son meilleur film) pour entreprendre une sympathique séquelle puisant son charme dans sa simplicité dénuée de prétention. Tant auprès des relations humaines rigoureusement tendres et bon enfant (avec un final réussi dans sa palette d'émotions bipolaires), du charisme innocent de son casting (on éprouve un réel plaisir à retrouver le jeune Brad - un peu plus âgé - bientôt accompagné de Charlie, le demeuré, aujourd'hui confiant en héros galactique !), que de son climat horrifico-cocasse où les critters s'en donnent une fois de plus à coeur joie à brimer leurs adversaires. Quand bien même les effets-spéciaux s'y sont perfectionnés à travers leur mobilité si bien que les boules de poil s'avèrent plus expressives qu'au préalable.
Ainsi, s'il faut bien avouer que l'intrigue ne renouvelle rien (tout est à nouveau concentré autour d'une simple chasse entre critters et humains - quand bien même Brad découvrira brièvement l'amour -), Mick Garris délocalise l'action au grand air (exit donc le huis-clos exigu du 1er opus) afin d'y apporter une petite touche d'originalité et de fraîcheur (notamment en renouvelant l'action auprès d'une église, d'un champs et d'une entreprise alimentaire). Plus généreux aussi quand aux apparitions récurrentes des critters affamés de chair humaines, certaines séquences demeurent plaisamment facétieuses dans leur désir d'y plagier modestement Gremlins de Joe Dante. Enfin un dernier mot spécialement "badin" pour la métamorphose faciale d'un des 2 chasseurs de prime endossant la carrure d'une playmate plantureuse pour nous émoustiller ! Et cela fonctionne plutôt bien sous l'impulsion gestuelle de l'actrice Cynthia Garris se prêtant au jeu (semi-parodique) de la caricature folichonne avec un naturel improvisé ! Tant et si bien que l'on regrette amèrement son sacrifice causé lors de l'ultime demi-heure.
Une suite tout bonnement récréative donc, aussi ludique que son modèle, aussi naïf soit son contenu volontairement intelligible et éculé.
Ci-joint la chronique du 1er volet: https://brunomatei.blogspot.com/2020/05/critters.html
*Bruno
3èx
lundi 1 juin 2020
Amsterdamned
de Dick Maas. 19883. 1h53. Hollande. Avec Huub Stapel, Monique van de Ven, Serge-Henri Valcke, Tanneke Hartzuiker, Wim Zomer
Sortie salles France: 8 Juin 1988. Hollande: 11 Février 1988
FILMOGRAPHIE: Dick Maas est un scénariste, réalisateur, producteur et compositeur hollandais né le 15 Avril 1951 à Heemstede (Pays-Bas). 1977: Picknick. 1977: Adelbert. 1981: Rigor Mortis. 1983: L'Ascenseur. 1986: Les Gravos. 1988: Amsterdamned. 1992: Flodder in Amerikia ! 1995: Les Lavigueur 3: le retour. 1999: Issue de secours. 2001: L'Ascenseur, niveau 2. 2003: Long Distance. 2004: Zien (video). 2010: Saints.
Reconnu par l'Ascenseur et son Grand Prix à Avoriaz, l'hollandais Dick Maas poursuit le genre horrifique avec Amsterdamned. Un psycho-killer efficacement mené à défaut d'y transcender le genre si bien que Dick Maas possède ce sens du divertissement grâce à son rythme soutenu fertile en rebondissements, fausses pistes et poursuites endiablées. A cet égard, celle à moto puis surtout en hors-bord demeurent très impressionnantes de par l'impression de vitesse cinglante que génère un montage habilement millimétré suivi de cascades finales décoiffantes. Exploitant parfaitement le cadre naturel d'Amsterdam et ces ruelles touristiques, Dick Maas compte également sur la bonhomie de ces interprètes (on retrouve l'affable Huub Stapel, le héros de l'Ascenseur en flic obstiné) pour rendre l'intrigue attractive au sein d'une tension urbaine galopante. Ainsi, en y dosant habilement l'action, le suspense, l'horreur, l'humour et la romance au gré de clichés connus, Amsterdamned ne cède jamais à l'ennui même si on regrette que l'identité du coupable soit aussi anodine. Quant à son concept du tueur aquatique, à 2 doigts de sombrer dans le ridicule, il s'avère assez vraisemblable et d'une originalité couillue, notamment en parvenant à susciter une appréhension palpable lors de ces brèves apparitions en vue subjective (ou lors de quelques jump scare parfois réussis). Un bon divertissement donc au capital sympathie factuel.
*Bruno
3èx
vendredi 29 mai 2020
Le Chien des Baskervilles
"The Hound of the Baskervilles" de Terence Fisher. 1959. Angleterre. 1h27. Peter Cushing, André Morell, Christopher Lee, Marla Landi, David Oxley, Francis De Wolff, Miles Malleson, Ewen Solon, John Le Mesurier, Helen Goss, Sam Kydd...
Sortie France: 23 décembre 1959. U.S.A: 03 juillet 1959. Royaume-Uni: 4 Mai 1959.
FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Terence Fisher est un réalisateur britannique né le 23 février 1904 à Londres (Maida Vale), et décédé le 18 juin 1980 dans la même ville. 1957 : Frankenstein s'est échappé, 1958 : Le Cauchemar de Dracula , 1958 : La Revanche de Frankenstein , 1959 : Le Chien des Baskerville , 1959 : L'Homme qui trompait la mort , 1959 : La Malédiction des pharaons, 1960 : Le Serment de Robin des Bois , 1960 : Les Étrangleurs de Bombay , 1960 : Les Maîtresses de Dracula , 1960 : Les Deux Visages de Docteur Jekyll , 1961 : La Nuit du loup-garou , 1962 : Le Fantôme de l'Opéra , 1962 : Sherlock Holmes et le collier de la mort , 1963 : The Horror of It All, 1964 : La Gorgone , 1965 : The Earth Dies Screaming, 1966 : L'Île de la terreur , 1966 : Dracula, prince des ténèbres , 1967 : La Nuit de la grande chaleur , 1967 : Frankenstein créa la femme , 1968 : Les Vierges de Satan , 1969 : Le Retour de Frankenstein , 1974 : Frankenstein et le monstre de l'enfer.
En 1959, la célèbre société de production anglaise Hammer Film Productions entreprend d’adapter le fameux roman d’Arthur Conan Doyle, Le Chien des Baskerville, sous la houlette du grand Terence Fisher. Publié pour la première fois dans le Strand Magazine entre 1901 et 1902, ce récit demeure l’aventure la plus célèbre de Sherlock Holmes.
Mésestimé dans les pays anglo-saxons - le film n’y rencontrant pas le succès escompté -, il devait initialement ouvrir la voie à une série de longs-métrages. Un projet finalement abandonné par la Hammer, sans doute parce que ces récits policiers à suspense s’accordaient imparfaitement avec le virage fantastico-gothique que le studio souhaitait insuffler au bestiaire hérité de la Universal Pictures.
Le pitch :
En 1790, en Angleterre, le tyrannique Sir Hugo de Baskerville fait régner la terreur sur les terres qu’il domine. Une nuit de beuverie, il lance ses chiens de chasse à la poursuite d’une jeune paysanne qu’il retenait prisonnière. Dans les landes obscures, il finit par la rattraper… pour la poignarder de sang-froid. Mais un hurlement mystérieux, résonnant dans l’opacité de la nuit, vient soudain troubler le silence. Quelques instants plus tard, Sir Hugo est à son tour sauvagement dévoré par une créature surgie de nulle part.

Porté avec sobriété par les figures emblématiques de la Hammer et mis en scène avec une élégance toute britannique par Terence Fisher, Le Chien des Baskerville transcende son récit à travers une fulgurance formelle fascinante, articulée autour d’un enjeu de cupidité aussi tortueux que punitif.
Charnel, sensuel, féerique et profondément inquiétant, le film déploie une imagerie occulte à damner un saint. Une épouvante séculaire, qui suggère bien plus qu’elle ne montre, dans un parti pris de retenue destiné à mieux nous frapper lors de sa révélation finale.
Inaltérable, dès lors, dans sa puissance évocatrice.
Comme un grand cru oublié, patientant depuis des siècles dans l’ombre d’une cave.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
13.01.11. 334 v
29.05.20. 4èx
jeudi 28 mai 2020
Critters
de Stephen Herek. 1986. U.S.A. 1h26. Avec Dee Wallace, M. Emmet Walsh, Billy Green Bush, Scott Grimes, Nadine Van Der Velde, Don Keith Opper, Billy Zane.
Sortie salles France: 10 Septembre 1986
FILMOGRAPHIE: Stephen Herek est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 10 novembre 1958 à San Antonio, au Texas (États-Unis).1986 : Critters. 1989 : L'Excellente Aventure de Bill et Ted. 1989 : L'Enfant au pouvoir merveilleux (téléfilm). 1991 : Panique chez les Crandell. 1992 : Les Petits Champions. 1993 : Les Trois Mousquetaires. 1995 : Professeur Holland. 1996 : Les 101 dalmatiens. 1998 : Mister G. 2001 : Rock Star. 2002 : 7 jours et une vie. 2003 : Young MacGyver (TV). 2005 : Garde rapprochée. 2008 : Picture This (vidéo). 2009 : Dead Like Me: Life After Death (vidéo). 2009 : Bleu d'enfer 2. 2010 : Duo de glace, duo de feu (Téléfilm). 2011 : Le Chaperon. 2015 : La Fabuleuse Gilly Hopkins. 2019 : Same Time, Next Christmas (Téléfilm).
mardi 26 mai 2020
Cat's eye
de Lewis Teague. 1985. U.S.A. 1h34. Avec Drew Barrymore, James Woods, Alan King, Kenneth McMillan, Robert Hays, Candy Clark, James Naughton.
Sortie salles France: ? U.S: 12 Avril 1985
FILMOGRAPHIE: Lewis Teague (né le 8 mars 1938 à Brooklyn, New-York, Etats-Unis) est un réalisateur, monteur, acteur et directeur de la photographie américain. 1974: Dirty O'Neil. 1979: The Lady in red. 1980: L'Incroyable Alligator. 1982: Fighting Back. 1983: Cujo. 1985: Cat's Eye. 1985: Le Diamant du Nil. 1989: Collision Course. 1990: Navy Seals: les meilleurs. 1991: Wedlock.
Film à sketchs mésestimé et oublié si bien qu'il fut d'ailleurs privé de sortie salles dans l'hexagone, Cat's Eye mérite à être réévalué sous la mainmise de l'habile faiseur Lewis Teague (Cujo, l'Incroyable Alligator, le Diamant du Nil). Car en transposant à l'écran 2 nouvelles de Stephen King tiré de son roman Danse Macabre, et en y créant une 3è histoire spécialement conçue pour le ciné, Cat's Eye fleure bon la série B bonnard à travers son esprit sarcastique dénué de complexe. Le palme du plus fun et loufoque revenant au premier segment endossé par James Wood. Il y joue le rôle d'un fumeur invétéré tentant de stopper son addiction dans un centre de désintox aux méthodes aussi drastiques que démesurées. Doux euphémisme eu égard de l'absurdité d'un concept dictatorial jouant sur l'intimidation et le chantage des proches de leur patient prochainement soumis à une torture à la fois morale et corporel si ce dernier aurait le vice d'en griller une. Débordant d'humour vitriolé et d'inventivité débridée, cette première histoire jouit d'un climat de folie permanent, notamment si je me réfère aux hallucinations hilarantes du patient lors du dîner galant.
Le second sketch relate la terrible vengeance d'un gangster septuagénaire auprès de l'amant de son épouse. Pour ce faire, celui-ci devra opérer le tour de l'immeuble en arpentant la corniche, et ce après avoir négocié un cruel dilemme avec son tortionnaire rupin. Coeurs fragiles réfractaires au vertige, abstenez vous (j'en fais parti !) car Lewis Teague s'y entend habilement pour nous provoquer une frousse viscérale lorsque la victime confinée à haute altitude s'efforce de parfaire son parcours du combattant à travers une série d'épreuves aussi insidieuses que météorologiques. Et si ce dilemme aussi sadique qu'improbable ne convainc qu'à moitié quant au consentement un peu trop facile de la victime, sa grande efficacité émotionnelle nous fait vite omettre son manque de crédibilité, notamment grâce au jeu à contre-emploi de Robert Hays (l'inoubliable luron de Y'a t-il un pilote dans l'avion ?) à la force d'expression résignée.
Enfin l'ultime segment illustre le calvaire d'une fillette amoureuse des chats mais en proie depuis quelques jours à la terrible menace d'un lutin s'efforçant chaque nuit de lui gober son énergie vitale. Alors que les parents ne sont guère enthousiastes à l'idée d'adopter un chat vagabond (cet animal traversa d'ailleurs chaque sketch pour parvenir à l'appel au secours télépathique de la fillette), celui-ci prénommé "général" fera tout pour la protéger de la menace sournoise. Oh combien ludique d'un point de vue strictement formel, cet ultime épisode s'avère aussi fun et réjouissant qu'un Gremlins (ou plutôt qu'un Critters) grâce à la modestie de ces trucages à la fois très efficaces et émoustillants. Tant et si bien que l'on attend avec ferveur l'apparition prochaine du lutin d'autant plus cruel et immoral lorsqu'il souhaite intenter à la vie d'une innocence infantile. A travers le climat féérico-macabre de ses péripéties endiablées, on apprécie le dynamisme du montage lorsque le chat et le lutin se poursuivent dans la chambre lors d'un affrontement épique exploitant habilement ces décors mobiliers. On peut également souligner l'attachante présence de Drew Barrymore de par sa candeur naturelle dénuée de fard et celle de Candy Clark en maman arbitraire quant à l'intrusion (faussement hostile) du chat dans leur demeure.
Série B correctement réalisée et jamais ennuyeuse d'après 3 sketchs bonnards, Cat's Eye remplit modestement le cahier des charges à travers son intégrité de nous tailler un divertissement sans prétention bougrement badin (voir parfois même hilarant quant au 1er segment totalement vrillé).
*Bruno
2èx
lundi 25 mai 2020
Les Pirates de l'île sauvage
"Nate and Hayes" de Ferdinand Fairfax. 1983. U.S.A/Nouvelle Zélande. 1h40. Avec Tommy Lee Jones, Michael O'Keefe, Max Phipps, Jenny Seagrove, Grant Tilly, Bruce Allpress.
Sortie salles France: 27 Juin 1984. U.S: 18 Novembre 1983
FILMOGRAPHIE: Ferdinand Fairfax est un réalisateur et scénariste américain né le 1er Aout 1944 à Londres, décédé le 7 Mars 2008. 1983: Les Pirates de l'île sauvage. 1988: The Rescue. 1990: The Secret Life of Ian Fleming (Téléfilm). 1996: True Blue. 1998: Frenchman's Creek (Téléfilm). 1999: In the Name of Love (Téléfilm). 2003: Un amour absolu (téléfilm).
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Un sympathique film d'aventures classiques, dispensable certes, mais efficacement mené et assez fringant quant à la complémentarité solidaire des interprètes. On est tout de même surpris du classicisme du scénario venant de la part de l'illustre cinéaste John Hughes.
*Bruno
Ci-joint la critique de Libellool publiée le 22 décembre 2015 sur Senscritique:
À une lointaine époque où Tommy Lee Jones tournait essentiellement pour la télévision et disposait encore d'un nez normalement proportionné, on peut trouver ce petit film de pirates sans prétention. Mais l'appellation "film d'aventure" est plus correcte, car la trame se déroule aux dernières heures de la piraterie et les bateaux comme les costumes ont beaucoup moins de gueule qu'à l'âge d'or de cette vocation.
L'histoire est très classique, avec une jeune fiancée qui se fait enlever par de vilains pirates et qui sera, à un moment donné, captive de sauvageons (dans une scène copiée dans King Kong). Malgré cette prévisibilité, on passe un bon moment grâce aux paysages exotiques, un rythme qui fonctionne (même si parfois, ce n'est pas trop ça) et quelques bonnes idées.
Je n'aurais jamais imaginé Tommy Lee Jones dans un rôle de ce genre (et surtout si jeune, car je pensais qu'il avait toujours été vieux). Comme quoi avec le cinéma, on n'est jamais au bout de ses surprises...
P.s. : Notons que la saga Pirates des Caraïbes (le premier opus surtout) a dû pas mal s'inspirer de ce film, notamment pour le triangle amoureux et quelques scènes qui se ressemblent méchamment.
Note: 6/10
vendredi 22 mai 2020
Pyromaniac
"Dont' go in the house" / "The Burning" de Joseph Ellison. 1979. U.S.A. 1h23/1h32 (version Uncut). Avec Dan Grimaldi, Robert Osth, Ruth Dardick, Charles Bonet, Bill Ricci, Dennis Hunt.
Sortie salles U.S: 28 Mars 1980
FILMOGRAPHIE: Joseph Ellison est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né en 1948 à Manhattan. 1979: Pyromaniac. 1986: Joey
*Donny Kohler
29.06.24. 6èx. Vostfr Covid
14.05.13. 156 v
jeudi 21 mai 2020
Darkly Noon
"The Passion of Darkly Noon" de Philip Ridley. 1995. Belgique/Allemagne/Angleterre. 1h41. Avec Brendan Fraser, Ashley Judd, Viggo Mortensen, Loren Dean, Lou Myers, Grace Zabriskie.
Sortie salles France: 25 Septembre 1996
FILMOGRAPHIE: Philip Ridley est un réalisateur et scénariste anglais né le 29 Décembre 1964 à Londres. 1990: L'enfant miroir. 1995: Darkly Noon. 2009: Heartless.
Œuvre baroque, à la fois lascive, poétique, déroutante et effrayante, Darkly Noon propose une expérience sensorielle et morale rare. Par son refus du conformisme, il dénonce avec provocation et inventivité la schizophrénie du fanatisme religieux. Toujours aussi fascinant, poignant, troublant — et sublimé par une musique d’une délicatesse presque douloureuse —, il demeure une pièce unique, impossible à émuler. Une œuvre à la croisée du conte et du cauchemar, qui continue d’habiter la mémoire bien après le dernier plan.
*Bruno
4èx. 12.05.25. Vostf
mercredi 20 mai 2020
Un homme parmi les loups
Walt Disney Pictures presents: "Never Cry Wolf" de Carroll Ballard. 1983. U.S.A. 1h45. Avec Charles Martin Smith, Brian Dennehy, Zachary Ittimangnaq, Samson Jorah, Tom Dahlgren.
Sortie salles France: 4 Avril 1984. U.S: 27 Janvier 1984
FILMOGRAPHIE: Carroll Ballard est un réalisateur américain, né le 14 octobre 1937 à Los Angeles. 1979 : L'Étalon noir. 1983 : Un homme parmi les loups. 1986 : Nutcracker: The Motion Picture. 1992 : Wind. 1996 : L'Envolée sauvage. 2005 : Duma.
L'Arctique est victime d'une catastrophe biologique : les troupeaux d'élans que l'on comptait jadis par million ont aujourd'hui disparu. Une étude est en cours pour justifier scientifiquement l'extermination du coupable présumé, une créature décrite dans les légendes comme une bête féroce : canis lupus dit le loup. Etant donné les difficultés extrêmes, aucun scientifique n'a pu observer un loup attaquer et tuer un élan. Le projet Lupus consistait à envoyer quelqu'un dans l'Arctique pour suivre une meute de loups et observer son comportement en détail.
Choc formel d'une émotion à la fois capiteuse et ensorcelante, de par le score envoûtant de Mark Isham et de ses vastes panoramas enneigés auquel subsistent un scientifique et une meute de loups sauvages, Un homme parmi les loups est une expérience naturaliste renouant avec notre instinct de survie. Tant et si bien qu'en observant la coexistence quotidienne de loups livrés à eux mêmes, Tyler témoignera de leur pureté morale à respecter la faune et la flore dans une harmonie autonome. Et ce en dépit de l'hypocrisie de l'homme délibéré à les incriminer depuis la disparition en masse des caribous. Mais dépêché sur les lieux en Arctique, Tyler témoignera de la déférence de ces loups pour autrui (même auprès de l'homme observateur adoptant une similaire ligne de conduite morale au fil de son apprentissage !) si bien que seuls les animaux malades feront les frais d'un sacrifice alimentaire.
Ce sentiment planant de solitude exaltant, cette sensation de dépaysement au sein d'un faste environnement d'un flegme rassurant; Carroll Ballard les transfigurent par le biais de sa mise en scène précisément documentée. Notamment en filmant au plus près des corps les animaux livrés le plus souvent dans l'improvisation afin de ne pas dénaturer leurs conditions de vie sauvages au sein de températures réfrigérantes. C'est dire si Un homme parmi les loups parvient à nous faire oublier sa facture cinégénique pour mieux nous immerger dans une expérience humaine hors du commun. Celle de renouer avec notre instinct de survie et du respect d'autrui au sein d'une nature épurée que Tyler apprivoise entre fascination et curiosité, amour et (immodérée) considération. Ainsi, de par son épreuve de longue haleine à étudier l'animal incriminé et son amour naissant pour lui (respectant qui plus est sa communauté avec une loyauté indéfectible !), Un homme parmi les loups établit un parallèle avec la cupidité de l'homme dit civilisé (en ligne de mire le pilote de Tyler entrevu lors du prologue et de l'épilogue) perdu depuis des millénaires dans son matérialisme et son désir de destruction en y bafouant l'écologie pour des enjeux capitalistes ou pour son propre loisir de chasse.
Réapprendre à survivre et à vivre dans la plus stricte simplicité pour redevenir "homme".
Spectacle enchanteur sans fioriture où le sentiment d'indépendance reprend tous ses droits au sein d'une nature sauvage en harmonie avec sa simplicité existentielle, Un homme parmi les loups se décline en hymne (lyrique) à la flore et la faune à travers l'innocence du loup vivant paisiblement avec lui même grâce à sa dignité auprès de l'équilibre écologique. Quand bien même l'homme oisif, car rendu capricieux par son confort et sa technologie perdurera sa soif de profit de par son arrogance mégalo à exploiter l'animal jusqu'à sa prochaine disparition. Tristement actuel donc pour un chef-d'oeuvre estampillé Disney (!!!???) éclos en 1983.
*Bruno
Je me souviens
De mes petites aventures
De ces peurs
Qui me paraissaient insurmontables
De ces choses
Que je devais à tous prix atteindre
En fait, une seule chose importe
Cette chose, c'est
De vivre pour voir le jour se lever
Et la lumière inonder la terre
Chant inuit.

































