lundi 1 décembre 2025
La Veuve Couderc de Pierre Granier Deferre. 1971. France/Italie. 1h25.
jeudi 27 novembre 2025
Dracula de Luc Besson. 2025. France. 2h09.
lundi 24 novembre 2025
Train Dreams de Clint Bentley. 2025. U.S.A. 1h43.
samedi 22 novembre 2025
Wormtown de Sergio Pinheiro. 2025. U.S.A. 1h47.
"Gloire et horreur du corps vivant."
Wormtown, rĂ©alisĂ© par Sergio Pinheiro (inconnu au bataillon) est une petite pĂ©pite que je n'ai pas vue arriver. Une Ĺ“uvre indĂ©pendante qui ne ressemble Ă nulle autre, surgie de nulle part avec la force brute d’un cauchemar organique. On pourrait lui prĂŞter des ascendances - La Nuit des vers gĂ©ants, The Faculty, The Bay, Horribilis, Mutations (Slugs), Frissons de Cronenberg (toute proportion gardĂ©e), la sĂ©rie TV The Strain, mais le film revendique sa singularitĂ©, son territoire propre, tremblant de vie et de mort mĂŞlĂ©es. Dès le dĂ©but, on est attirĂ©, curieux, mĂ©dusĂ© par cette nouvelle hiĂ©rarchie humaine d'un genre nouveau.
Sa trajectoire narrative s’Ă©labore avec une douceur inattendue : un rĂ©cit humaniste qui dresse de dĂ©licats portraits de jeunes lesbiennes en quĂŞte de libertĂ©, de paix, d’un refuge oĂą respirer sans peur. Une quĂŞte d’absolu dont la tendresse vient heurter, de plein fouet, l’horreur la plus rĂ©pulsive. Car Wormtown n’Ă©pargne rien : son gore hyperrĂ©aliste, filmĂ© parfois en gros plans suffocants, exhibe une matière organique rĂ©pugnante, des sĂ©quences viscĂ©rales, presque vomitives, qui retournent l’estomac autant qu’elles bouleversent l’âme. Le sang y est un rouge rutilant, Ă©pais, presque intime. C'est beau et repoussant Ă la fois.
Et pourtant, la beautĂ© affleure partout. La photographie, d’une dĂ©licatesse inattendue, enveloppe les corps et les paysages dans une lumière gracile, baignĂ©e d’une nature paisible, presque idyllique, en contraste radical avec l’horreur rampante. La bourgade fantomatique, sous l’emprise d’un maire sectaire, respire la dĂ©solation poisseuse, comme si la terre elle-mĂŞme refusait encore de rĂ©vĂ©ler ses secrets.
La musique envoĂ»te, portĂ©e par un score hypnotique qui hante longtemps après le silence, jusqu’Ă ce superbe gĂ©nĂ©rique de fin bercĂ© par une mĂ©lodie rock mĂ©lancolique - un souffle de rĂ©demption arrachĂ© Ă la violence entre deux Ă©treintes figĂ©es.
L’interprĂ©tation Ă©tonnamment attachante, confiĂ©e Ă des interprètes mĂ©connus, sonne d’une authenticitĂ© prude et rĂ©voltĂ©e. Leur fragilitĂ©, leur chair, leurs regards Ă©corchĂ©s donnent au film une Ă©motion palpable, une tendresse fĂ©brile qui transperce jusque dans les scènes les plus brutales. La dramaturgie se hisse alors jusqu’Ă un sommet escarpĂ©, oĂą chaque choc sanglant devient un cri existentiel, un appel dĂ©sespĂ©rĂ© vers une vie meilleure.
Du coup, Wormtown est une excellente surprise, une curiositĂ© foudroyante de 2025, une Ĺ“uvre baroque et ensorcelante, feutrĂ©e d’un climat indicible qui ne fera pas l’unanimitĂ© - loin s'en faut - et c’est tant mieux.
Un parcours de vie passionnant traversé par une horreur craspec mais stylisée, fascinante, profondément humaine. Là où on ne l'attend pas.
Castle Rock. Série TV créée par Sam Shaw et Dustin Thomason. 2018. U.S.A. 2 saisons de 10 épisodes.
Au centre du labyrinthe, Henry Deaver, enfant perdu revenu sur les lieux du crime intime. L’avocat porte sur son corps et dans son regard l’empreinte d’un traumatisme que la ville n’a jamais digĂ©rĂ©. Castle Rock n’est pas un dĂ©cor, c’est un organisme malade ; un lieu qui dĂ©vore ses habitants, qui joue avec leurs failles humaines. Les visages sont hantĂ©s de secrets, leur geste charrie la culpabilitĂ©, comme si le Mal ne venait pas de l’extĂ©rieur mais suintait de l’intĂ©rieur, depuis les caves, les forĂŞts, la mĂ©moire collective surtout. Le mythe Kingien de la ville maudite.
L’esthĂ©tique est le prolongement naturel du rĂ©cit : une mise en scène lente, lourde de sens, qui laisse respirer le vide. Une photographie glacĂ©e, un tantinet sĂ©pia, oĂą chaque plan rĂ©sonne d’un pressentiment funèbre. La musique se fait discrète, elle est insidieuse.
Castle Rock travaille la peur la plus profonde : celle de ne pas comprendre, de perdre son identité, de devenir étranger à son propre passé sans jamais nous ennuyer 10 épisodes durant.
La sĂ©rie tend Ă sous-entendre que le Mal n’est ni surnaturel ni explicable : il est endĂ©mique, contagieux, immĂ©morial. Il rampe dans les recoins de Castle Rock comme un poison hĂ©rĂ©ditaire. Une ville condamnĂ©e Ă revivre Ă©ternellement sa propre damnation, dans un cycle qui dĂ©passe les frontières de l’espace et du temps.
Remarquable. Fort. Intense. D’une beautĂ© sombre et dĂ©vastĂ©e, cette tragĂ©die cosmique hypnotise nos sens de manière latente mais passionnante oĂą l’espoir s’Ă©touffe et oĂą la vĂ©ritĂ© semble apprĂ©hender le pire Ă travers la culpabilitĂ©, le destin et l'hĂ©ritage des secrets familiaux.
mardi 18 novembre 2025
Le Retour des Morts-vivants 3 / Return of the Living Dead III de Brian Yuzna. 1993. 1h40.
"Romance nécrophage."
RĂ©jouissante fĂŞte foraine vitriolĂ©e, Le Retour des morts-vivants 3 flirte avec la bande dessinĂ©e dans sa formalitĂ© saturĂ©e : effusions gores omniprĂ©sentes mais au service du rĂ©cit – une fois n'est pas coutume –, comĂ©diens de seconde zone sciemment naĂŻfs, grotesques, pĂ©dants, dĂ©complexĂ©s, irresponsables, marginaux. Yuzna sait nous divertir, nous choquer et nous fasciner avec une efficacitĂ© brute en revitalisant le mythe du zombie Ă travers une romance Ă©corchĂ©e vive – au propre comme au figurĂ©. Le couple Curt / Julie, emportĂ© par une intensitĂ© horrifico-dramatique en crescendo, nous accroche assez fermement pour que l’on s’inquiète de leur sort, de leur dĂ©tresse, de leur fuite impossible.
Melinda Clarke, formidable de charisme sĂ©pulcral, s’impose en martyr gothique contrainte de s’infliger sur sa chair sĂ©vices, Ă©corchures, piercings et scarifications afin d’Ă©touffer sa faim de chair humaine. L’ambiance hystĂ©rique, aussi folle que dĂ©bridĂ©e, et son aspect lĂ©gèrement tĂ©lĂ©visuel (pas une première chez Yuzna) renforcent le caractère quasi documentaire de cette nuit d’horreur en roue libre, culminant dans un chaos frĂ©nĂ©tique et incongru oĂą des zombies "mĂ©tallisĂ©s" servent cruellement de cobayes Ă une science dĂ©voyĂ©e par une idĂ©ologie militaire rĂ©volutionnaire.
MĂŞme si la photographie aurait peut-ĂŞtre gagnĂ© Ă plus de couleurs, sa texture demeure soignĂ©e, presque sĂ©duisante dans son format de BD de gare. Elle nous immerge pleinement dans cette relecture intelligente et trash de RomĂ©o et Juliette, version nĂ©crophile et SM sanguinaire oĂą ça gicle Ă tout va (FX artisanal Ă l'appui). Si bien que Yuzna l'emballe avec une personnalitĂ© propre et une gĂ©nĂ©rositĂ© Ă laquelle on ne s’attendait pas, aussi expansive que dĂ©vastatrice.
samedi 15 novembre 2025
Buffy contre les Vampires / Buffy the Vampire Slayer: histoire d'un mythe télévisuel. 1997 / 2003.
vendredi 14 novembre 2025
Une Bataille après l'autre / Eddington
Deux grands films. Deux grands récits. De grands acteurs. Deux grandes mises en scène. De l'ambition perpétuelle. De l'invention chiadée.
Tout concourt Ă les sacraliser chefs-d’Ĺ“uvre - et pourtant je m’y brise. 2h42 pour Une bataille après l’autre, 2h28 pour Eddington. Un tempo en dents de scie, narcotique, qui Ă©touffe l’Ă©lan, sabote l’ardeur, dĂ©courage, dĂ©motive la concentration.
Ces Ĺ“uvres que j’admire deviennent des traversĂ©es extĂ©nuantes, des marathons Ă©motionnels qui usent en intermittence au lieu d’Ă©lever. L’Ă©blouissement existe, mais il se noie parfois (souvent ?) dans la longueur - et c’est lĂ que naĂ®t ma douleur de spectateur : aimer, et souffrir en mĂŞme temps.
L’Ă©motion est pourtant bien lĂ . J’aime ces films, sincèrement - avec toutefois une prĂ©fĂ©rence pour Eddington. Mais demeure en moi une frustration tenace : leur structure rythmique, insupportable Ă mes yeux, m’asphyxie Ă petit feu.
Peut-ĂŞtre que cette dĂ©rive du temps, cette tentation de l’Ă©tirement, vient aussi de lĂ : le cinĂ©ma se laisse contaminer par la logique des sĂ©ries.
Les sĂ©ries ont imposĂ© leur empire narratif : plusieurs heures, des arcs multiples, des respirations lentes, l’attente comme moteur, une caractĂ©risation psychologique plus dense et profonde. Une temporalitĂ© dilatĂ©e oĂą l’accumulation fait monument.
Mais transposer ce modèle au cinĂ©ma revient souvent Ă trahir son essence. Le cinĂ©ma n’est pas un fleuve, c’est une dĂ©flagration. Un Ă©clat. Un impact. . Sa force naĂ®t de la concentration, de la densitĂ©, de la fulgurance, de la fascination hypnotique, de la sensitivitĂ©.
LĂ oĂą la sĂ©rie s’Ă©tire, le film doit inciser.
Là où la série construit patiemment, le film doit brûler intensément. Nuance.
Aujourd’hui, trop de cinĂ©astes semblent fascinĂ©s par la durĂ©e comme signe extĂ©rieur de grandeur - comme si l’ampleur automatique des minutes garantissait la noblesse du geste artistique. Une mode, presque une superstition : plus c’est long, plus c’est Ă©levĂ©.
Or cette Ă©quation est fausse. La longueur n’est pas la profondeur. L’Ă©talement n’est pas la vision.
Le cinĂ©ma perd alors son tranchant, son nerf, son unitĂ© organique. Il emprunte au format sĂ©riel un rythme qui n’est pas le sien, et le spectateur, lui, vacille dans ce no man’s land temporel oĂą l’intensitĂ© se dissipe et oĂą la beautĂ© se dilue.
Ce n’est pas la patience du public qui manque : c’est la nĂ©cessitĂ©.
Le temps doit être vécu - pas rempli. Et j'en suis terriblement frustré avec ces 2 grandes oeuvres d'utilité publique.
jeudi 13 novembre 2025
Beetlejuice Beetlejuice de Tim Burton. 2025. U.S.A. 1h44.
Mea culpa.
Rappel des faits : j’avais jadis affirmĂ© qu’il s’agissait de l’un des pires films de la carrière de Tim Burton.
Je me suis trompĂ©. Ă€ la rĂ©vision, Beetlejuice Beetlejuice s’impose, non comme un dĂ©sastre, mais comme une suite modestement sympathique, moins drĂ´le et sans Ă©clat tonitruant que son illustre aĂ®nĂ© - on y sourit plus qu’on n’en rit - mais attachante, plaisante, sincère dans son refus de prĂ©tention.
Burton ne cherche pas Ă Ă©pater : il retrouve ses obsessions avec une tendresse pudique, portĂ© par la complicitĂ© d’acteurs sobres, habitĂ©s d’une expressivitĂ© Ă la fois humaniste, spontanĂ©e et chaleureuse.
Le cinĂ©aste revisite la hantise, le deuil et l’au-delĂ - lieu de transition, d’imaginaire, de libĂ©ration - avec une inventivitĂ© encore vive, une vraie recherche narrative, une caractĂ©risation psychologique : inversion des rĂ´les oblige, Astrid (Jenna Ortega), fille de Lydia (Winona Ryder), ne croit pas aux fantĂ´mes ni au surnaturel - un renversement malicieux, presque ironique. Alors que Lydia, elle, vit ce qu'elle a fait subir Ă sa mère dans le 1er opus faute de son isolement mortuaire. Monica Bellucci, en princesse maudite traquant son ancien Ă©poux Beetlejuice dans une quĂŞte vengeresse, ajoute Ă cette mascarade funèbre une dimension baroque, espiègle et mĂ©lancolique.
Et puis Tim Burton n’oublie pas le personnage Charles Deetz, ici dĂ©funt mari de Delia (Catherine O'Hara), incarnĂ© jadis par Jeffrey Jones dans le 1er opus. Sans le faire revenir "en chair et en os", il lui offre une rĂ©surrection grotesque et touchante, Ă mi-chemin entre hommage et caricature : une apparition animĂ©e, puis dĂ©composĂ©e ensuite en live, engloutie dans un gag morbide oĂą il pĂ©rit dĂ©vorĂ© par un requin après un crash d’avion. Ce clin d’Ĺ“il macabre, aussi burtonien qu’un dessin d’enfant fait au fusain, n’a rien de pathĂ©tique. Il conjugue le rire et la mort dans une mĂŞme impulsion de jeu, transformant la disparition du personnage Ă la ville en un numĂ©ro d’humour noir, pleine de tendresse tacite dans son absurditĂ©, sa touchante poĂ©sie libĂ©ratrice. Le rĂ©alisateur Ă©vite par cette occasion gentiment dĂ©complexĂ©e de sombrer dans la facilitĂ© du pathos. Par ce choix, il fait d’une perte une cĂ©lĂ©bration: il ne pleure pas le passĂ©, il le transforme en image mouvante, en marionnette de mĂ©moire. Ainsi, Beetlejuice Beetlejuice assume sa nostalgie sans s’y enliser ; le souvenir devient fantĂ´me, mais un fantĂ´me souriant - celui d’un cinĂ©ma qui se souvient, sans s’apitoyer.
Dans cette fĂŞte foraine macabre, Burton rend aussi hommage Ă l’un de ses maĂ®tres : Mario Bava. Dans un dĂ©cor d’Halloween ou Ă travers un flash-back monochrome, les Ă©clats de couleurs et les jeux d’ombre rappellent ses visions gothiques et fantasmatiques, matières vivantes imprimĂ©es dans notre coeur. Et quel plaisir de retrouver Michael Keaton en mort-vivant mal Ă©levĂ© : moins tonitruant, certes, mais toujours cocasse, enjouĂ©, dĂ©licieusement incorrect - une Ă©nergie dĂ©sinvolte qui suffit Ă emporter l’adhĂ©sion.
Cette sĂ©quelle, pleine de charme et de sympathie, s’assume donc dans sa modestie : un divertissement aimable, nullement opportuniste, mais animĂ© du dĂ©sir sincère d’offrir un spectacle lumineux, un peu mĂ©lancolique, tendre et drĂ´le - une fantaisie dosĂ©e de dĂ©rision sardonique, que Burton orchestre avec autant de malice que de gĂ©nĂ©rositĂ© Ă travers le deuil et la mĂ©moire familiale, la croyance et l'incrĂ©dulitĂ©, le passage de flambeau gĂ©nĂ©rationnel que Jenna Ortega exprime avec franchise et tempĂ©rament.
Budget: 100 millions de dollars
lundi 10 novembre 2025
Le Sang des Innocents / Sleepless / Non ho sonno (je n'ai pas sommeil) de Dario Argento. 2001. 1h57. Italie.
vendredi 7 novembre 2025
Annihilation de Alex Garland. 2018. U.S.A/Angleterre. 1h55.
Le rĂ©alisateur Alex Garland distille, au compte-gouttes, un climat d’Ă©trangetĂ© qui s’immisce dans la douceur feutrĂ©e d’une nature d’apparence Ă©dĂ©nique. Ce sentiment d’Ă©vasion contraste violemment avec l’insĂ©curitĂ© rampante de cette forĂŞt faussement paisible, oĂą surgissent les attaques d’un alligator et d’un ours monstrueux par exemple - sĂ©quences d’un rĂ©alisme cru, presque insoutenable, tranchant avec la puretĂ© du dĂ©cor et les codes classiques de la science-fiction, une fois n'est pas coutume.
Garland explore ici l’idĂ©e vertigineuse d’une vie extraterrestre non pas venue conquĂ©rir, mais fusionner : crĂ©er avec l’humain et la nature une nouvelle forme d’existence. De cette symbiose naĂ®t un univers irrĂ©el, Ă la fois dĂ©routant et dĂ©rangeant, peuplĂ© de visions morbides - cadavres dĂ©charnĂ©s, corps momifiĂ©s - qui nourrissent le malaise. Le final, d’une intensitĂ© presque mĂ©taphysique, reste aussi trouble qu’impressionnant : Natalie Portman y affronte un double alien, entitĂ© muette dĂ©sireuse de lui dĂ©rober son corps, rappelant L’Invasion des profanateurs de sĂ©pultures de Don Siegel. Le jeu de Portman, fragile et dĂ©terminĂ©, porte le film Ă bout de bras, habitĂ©e par une foi poignante en l’amour et en l’espoir pour l'homme qu'elle chĂ©rit avec culpabilitĂ©.
En dĂ©finitive, Annihilation est une oeuvre lestement trouble, baroque et fascinante, pas aussi accessible qu’il n’y paraĂ®t, mais dont l’expĂ©rience laisse une empreinte durable - un trouble Ă©motif, beau et dĂ©rangeant, gravĂ© dans l’encĂ©phale. Je l'ai d'ailleurs prĂ©fĂ©rĂ© qu'au premier visionnage.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
2èx. Vost. 4K



































