(Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
"L’Empereur des Enfers : trip viscéral autour du pouvoir."
Caligula – The Ultimate Cut demeure une expérience expérimentale, une orgie de folie décadente, outrageante, choquante, profondément malsaine (même expurgée de ses coïts pornos gratuits).
Cette version rallongée exacerbe encore son atmosphère sombre, baroque et dérangeante, carrément malaisante, tout en conservant son extrême brutalité, sa violence frontale, ses élans nauséeux qui culminent dans un final sanglant d’une cruauté inouïe jusqu'à l'insoutenable - un gosse y trinque en estocade.
Concernant la bande sonore de choix composée par Troy Sterling Nies, elle est toute nouvelle pour renforcer le ton plus "maussade, baroque, malsain, anxiogène" à l'inverse d'une atmosphère moins disco/classique, plus oppressante, plus intemporelle. Le design sonore - effets, ambiances, mixage - a été retravaillé : dialogues restaurés, suppression des choix musicaux “datés”, réorchestration plus “atmosphérique”, plus dark, plus immersive.
Les décors, d’une ampleur grandiose, respirent une insécurité glaciale, un crépuscule perpétuel venu tout droit des enfers. Cette satire du pouvoir - menant à la débauche, à la perversion, à la dissolution totale de l’humain - devient un véritable opéra de mort putride que l’on contemple et endure durant près de trois heures. Un spectacle provocateur, unique, que rien n’égale ailleurs.
Malcolm McDowell, littéralement possédé, incarne un Caligula né pour régner sur ce chaos. Il s’abandonne avec une spontanéité psychotique à un rôle qui lui permet toutes les démesures. Sans la moindre inhibition, sans morale ni indulgence, il déploie l’arbitraire absolu d’un despote persuadé de sa propre divinité. Il n’a aucune limite : son pouvoir est un gouffre qui nourrit sa folie et aspire tout autour de lui. Il inspire le dégoût, l'écoeurement, la nécrose d'une immoralité à double tranchant.
Les autres interprètes fardés, saillants dans leur pathétisme moral, renforcent encore le côté farcesque, caustique, presque semi-parodique d’une cour altière entièrement soumise à la suprématie d’un tyran capable de les terroriser à tout moment, jusque dans la mort la plus lâche et cruelle.
L’œuvre est si extrême qu’à la sortie de la projo, on ressent l’envie presque irrépressible de se doucher, de reprendre son souffle, tant elle marque l’esprit et le corps par son intensité horrifique et érotique, jusqu’à la gêne la plus intime.
On en ressort lessivé, estomaqué, en berne, inévitablement hanté après avoir affronté ce film monstre, profondément malade, qui dit tout - et trop - sur la corruption inhérente au pouvoir fascisant.
Pour public (le plus) averti.
— le cinéphile du cœur noir 🖤




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