lundi 8 décembre 2025

Caligula: ultimate cut de Tinto Brass. 1979-2024. U.S.A/Italie. 2h58.

                         (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via Google, provenant du site Imdb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives)

"L’Empereur des Enfers : trip viscĂ©ral autour du pouvoir."

Caligula – The Ultimate Cut demeure une expĂ©rience expĂ©rimentale, une orgie de folie dĂ©cadente, outrageante, choquante, profondĂ©ment malsaine (mĂŞme expurgĂ©e de ses coĂŻts pornos gratuits).
Cette version rallongĂ©e exacerbe encore son atmosphère sombre, baroque et dĂ©rangeante, carrĂ©ment malaisante, tout en conservant son extrĂŞme brutalitĂ©, sa violence frontale, ses Ă©lans nausĂ©eux qui culminent dans un final sanglant d’une cruautĂ© inouĂŻe jusqu'Ă  l'insoutenable - un gosse y trinque en estocade.

Concernant la bande sonore de choix composĂ©e par Troy Sterling Nies, elle est toute nouvelle pour renforcer le ton plus "maussade, baroque, malsain, anxiogène" Ă  l'inverse d'une atmosphère moins disco/classique, plus oppressante, plus intemporelle. Le design sonore - effets, ambiances, mixage - a Ă©tĂ© retravaillĂ© : dialogues restaurĂ©s, suppression des choix musicaux “datĂ©s”, rĂ©orchestration plus “atmosphĂ©rique”, plus dark, plus immersive.
 

Les dĂ©cors, d’une ampleur grandiose, respirent une insĂ©curitĂ© glaciale, un crĂ©puscule perpĂ©tuel venu tout droit des enfers. Cette satire du pouvoir - menant Ă  la dĂ©bauche, Ă  la perversion, Ă  la dissolution totale de l’humain - devient un vĂ©ritable opĂ©ra de mort putride que l’on contemple et endure durant près de trois heures. Un spectacle provocateur, unique, que rien n’Ă©gale ailleurs.

Malcolm McDowell, littĂ©ralement possĂ©dĂ©, incarne un Caligula nĂ© pour rĂ©gner sur ce chaos. Il s’abandonne avec une spontanĂ©itĂ© psychotique Ă  un rĂ´le qui lui permet toutes les dĂ©mesures. Sans la moindre inhibition, sans morale ni indulgence, il dĂ©ploie l’arbitraire absolu d’un despote persuadĂ© de sa propre divinitĂ©. Il n’a aucune limite : son pouvoir est un gouffre qui nourrit sa folie et aspire tout autour de lui. Il inspire le dĂ©goĂ»t, l'Ă©coeurement, la nĂ©crose d'une immoralitĂ© Ă  double tranchant. 
 

Les autres interprètes fardĂ©s, saillants dans leur pathĂ©tisme moral, renforcent encore le cĂ´tĂ© farcesque, caustique, presque semi-parodique d’une cour altière entièrement soumise Ă  la suprĂ©matie d’un tyran capable de les terroriser Ă  tout moment, jusque dans la mort la plus lâche et cruelle.

L’Ĺ“uvre est si extrĂŞme qu’Ă  la sortie de la projo, on ressent l’envie presque irrĂ©pressible de se doucher, de reprendre son souffle, tant elle marque l’esprit et le corps par son intensitĂ© horrifique et Ă©rotique, jusqu’Ă  la gĂŞne la plus intime.
 

On en ressort lessivĂ©, estomaquĂ©, en berne, inĂ©vitablement  hantĂ© après avoir affrontĂ© ce film monstre, profondĂ©ment malade, qui dit tout - et trop - sur la corruption inhĂ©rente au pouvoir fascisant.

Pour public (le plus) averti.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
 
 
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire