lundi 15 décembre 2025

L'Elue / Keeper de Osgood Perkins. 2025. U.S.A. 1h38.

                        (Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

A l'instar de modestes péloches des années 80, L’Élue est une sympathique série B horrifique - et même une bonne - solidement ancrée dans le sous-genre du folk horror. Un véritable film d’ambiance, qui prend le temps, je l'admets. Beaucoup de temps. Sa première heure s’attache presque exclusivement à l’installation d’un climat inquiet, feutré, interrogatif, fondé sur l’attente et le regard d’un personnage féminin que l'actrice Tatiana Maslany porte à bout de bras. Comme elle, on observe, on doute, on s’interroge, on hallucine : que se trame-t-il réellement dans cette cabane confinée, perdue au cœur de bois silencieux et opaques ?

Visuellement, le film est soigné, parfois même onirique, avec une esthétique travaillée qui enveloppe cette lente montée de l’angoisse. L’atmosphère anxiogène, mystérieuse, sourdine, fonctionne indéniablement, même si l’on n’adhère pas totalement à l’interrogation morale qui occupe la protagoniste durant plus d’une heure. Pourtant, la tension demeure, diffuse mais tenace, nourrie par l’attente de la révélation. C'est captivant dans une juste mesure.


Or, L’Élue trouve sa vraie réussite dans sa dernière demi-heure, absolument réjouissante dans sa manière d’effrayer à point nommé. Perkins y lâche enfin les chevaux, offrant des visions horrifiques inédites, dérangeantes, profondément malaisantes. On perd pied avec fascination capiteuse mêlée de répulsion malsaine. Les créatures marquent, troublent, agressent les sens par leur étrangeté même, et les scènes chocs fonctionnent précisément parce qu’elles restent aussi singulières. L’angoisse et la terreur montent alors crescendo, jusqu’à une ultime image à l’ironie morbide, grinçante, qui imprime la rétine, à l'envers.

Bien plus fréquentable que l’incident de parcours, The Monkey, L’Élue ne mérite ni le discrédit ni le mépris qu’une partie de la critique et du public lui ont réservés. En dépit d’avis divisés, il s’agit d’une vraie série B cérébrale, atmosphérique, imparfaite mais habitée, avec laquelle on passe, indéniablement, un bon moment. L'inverse du produit standard vite vu vite oublié.

— le cinéphile du cœur noir 🖤

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