samedi 30 juillet 2011

LEGITIME DEFENSE


de Pierre Lacan. 2010. France. 1h25. Avec Jean-Paul Rouve, Claude Brasseur, Olivier Gourmet, Marie Kremer, Gilles Cohen, Michel Ardouin, Franck Tiozzo

Sortie en salle le 16 Mars 2011.

FIMOGRAPHIE: Pierre Lacan est un acteur, scénariste et réalisateur français
1999: Combien tu m'aimes (court)
2000: Sommeil Profond (court)
2002: Les Corsps solitaires (court)
2004: Frédérique amoureuse (court)
2011: Légitime Défense

                        

Hommage subjectif d'un puriste amateur de polar.
Pour son premier long-mĂ©trage, tirĂ© du roman Terminus Plage de Alain WagneurPierre Lacan renoue avec le polar des annĂ©es 80 avec un ton rĂ©aliste sans esbroufe, dans le sillage du cinĂ©ma de Alain Corneau, Pierre Granier-Deferre ou encore Maurice Pialat. Il ose confier Ă  son interprète principal, Jean Paul Rouve, un rĂ´le dramatique Ă  contre-emploi d'une surprenante sobriĂ©tĂ© naturelle.  

Un père de famille inhibĂ© va se retrouver embarquĂ© dans une intrigue criminelle depuis que son paternel, ancien dĂ©tective privĂ©, a mystĂ©rieusement disparu. RecherchĂ© par une bande de malfrats vĂ©reux, il va devoir faire face Ă  de lourdes responsabilitĂ©s et dĂ©couvrir le passĂ© d'un père corrompu.

                           

Baignant dans une atmosphère rĂ©aliste et blafarde, LĂ©gitime DĂ©fense est un louable polar qui tente de renouer avec les ambiances naturalistes d'antan dans une mise en scène froide, sans fioriture, d'une violence tranchante, rehaussant ainsi son caractère austère et abrupt.
L'histoire morose de ce novice père de famille qui va au fil de son cheminement dĂ©couvrir le sombre passĂ© de son gĂ©niteur putassier ose ancrer un rĂ©cit tortueux, laissant large part au profil de personnages indociles anti conventionnels. Des protagonistes en apparence aimables et dociles mais bonimenteurs, sans scrupule, baignant dans l'illĂ©galitĂ© au profit de l'orgueil et la cupiditĂ©. Le trio de mafieux incarnĂ© par des acteurs au charisme prĂ©gnant exacerbe aussi la tension entretenue durant la conduite narrative avant leurs accès de violence incontrĂ´lĂ©e d'une brutalitĂ© laconique (la cause animale est aussi largement rĂ©primandĂ©e !).
Le scĂ©nario Ă  l'intĂ©rĂŞt constant est suffisamment ordonnĂ© pour surprendre en intermittence dans les rebondissements assĂ©nĂ©s alors que le personnage principal va lentement s'octroyer d'un certain aplomb au fil des dĂ©convenues endurĂ©es pour se transformer contre son grĂ© en hĂ©ros vaillant impromptu. Ce qui permet de culminer vers un point d'orgue haletant, couillu (la scène du nouveau-nĂ© en offusquera plus d'un !) particulièrement Ă©prouvant dans les exactions tolĂ©rĂ©es d'un mafieux cynique prĂŞt Ă  tout pour s'approvisionner d'un butin fructueux.

                         

Il y avait de quoi ĂŞtre dubitatif face au choix fortuit d'un acteur de la trempe de Jean-Paul Rouve, habituĂ© aux rĂ´les de comique saugrenu dans des comĂ©dies lĂ©gères bon enfant. Il trouve ici une composition naturelle surprenant de tempĂ©rance dans son esprit flegmatique et semble mĂŞme rappeler dans sa physionomie candide un monstre du cinĂ©ma, Patrick Dewaere. Peu affirmĂ©, discret et effacĂ© face Ă  un monde d'adultes mĂ©crĂ©ants, il endosse au fil de son initiation une personnalitĂ© davantage valeureuse face aux rĂ©vĂ©lations dramatiques qui empiètent sans outrance l'intrigue. On retrouve avec plaisir l'ancien briscard Claude Brasseur endossant le personnage solitaire d'un retraitĂ© alcoolique entourĂ© d'animaux de compagnie dans une maison prĂ©caire. Bouffi, burinĂ© et lassĂ© d'une vie monotone, son aide fraternelle (implicitement suicidaire) parmi notre hĂ©ros perplexe amplifie l'ambiance nonchalante, grisonnante qui Ă©mane de son identitĂ© meurtrie. Enfin, Olivier Gourmet est absolument remarquable dans celui du leader crapuleux sans aucune Ă©thique pour parvenir Ă  ses fins dans la quĂŞte frauduleuse d'une valise contenant un budget de 900 000 euros. Impassible, narquois et insidieux, il impressionne avec vĂ©racitĂ© innĂ©e un personnage ordurier avec une foi inĂ©branlable.

                           

Correctement rĂ©alisĂ© malgrĂ© une inexpĂ©rience dans l'action spectaculaire (la course poursuite automobile horriblement mal filmĂ©e est dĂ©valorisĂ©e par un montage hasardeux), caractĂ©risĂ© par de formidables acteurs Ă  la trogne inflexible, LĂ©gitime DĂ©fense sĂ©duit et surprend dans son caractère rugueux, Ă©ludĂ© d'ornement. Le genre de petit polar passĂ© inaperçu qui mĂ©rite pourtant que l'on s'y attarde tant il renoue avec respect et sincĂ©ritĂ© Ă  une Ă©poque rĂ©volue de film noir ancrĂ© dans l'authenticitĂ© austère et la verdeur succincte. Et on peut dire que Jean Paul Rouve dĂ©tonne admirablement dans un rĂ´le en demi-teinte de père discrĂ©ditĂ© renouant favorablement avec dignitĂ© avec l'amour parental.  

30.07.11
Bruno Matéï.

jeudi 28 juillet 2011

Les Nuits rouges du bourreau de Jade / Le Notti Rosse Del Boia Di Jade


de Julien Carbon et Laurent Courtiaud. 2009. France/Hong-Kong. 1h41. Avec Carole Brana, Carrie Ng Ka-Lai, Frédérique Bel, Jack Kao Kuo-Hsin, Kotone Amamiya, Maria Chan Chai-ïng, Stephen Huynh, Tony Ho Wah-Chiu.
 
Sortie en salles en France le 27 Avril 2011.

FILMOGRAPHIE: Julien Carbon et Laurent Courtiaud sont deux rĂ©alisateurs et scĂ©naristes français, travaillant en duo Ă  Hong-Kong. 2011: Les nuits rouges du bourreau de Jade.

                                    

Julien Carbon et Laurent Courtiaud sont deux français passionnĂ©s de cinĂ©ma de genre ayant fondĂ© avec leur leader Christophe Gans une revue de cinĂ©ma asiatique, parue en France: HK Orient ExtrĂŞme. Ils se sont ensuite exilĂ©s Ă  Hong-Kong afin d'occuper le poste de scĂ©nariste pour le compte de la sociĂ©tĂ© de Tsui Hark, Film Workshop. Ils peaufinent donc communĂ©ment l'Ă©criture de films comme Running out of the Time, Black Door, Black Mask 2 ou encore le Talisman
En 2007, ils se mettent Ă  leur compte pour Ă©riger une maison de production, Red East Pictures, en collaboration avec la rĂ©alisatrice Kit Wong afin de pouvoir rĂ©aliser leurs propres longs.

Synopsis: Dans le Hong-Kong contemporain, Carrie est Ă  la recherche d'un fameux Ă©lixir au poison lĂ©tal que le Bourreau de Jade dĂ©tenait Ă  l'Ă©poque du 1er empereur de Chine. Il torturait ainsi ses victimes paralysĂ©es Ă  l'aide de griffes fourchues en guise de douleurs incommensurables. Catherine, une jeune française recherchĂ©e par la police possède ce venin Ă©galement convoitĂ© par un groupe mafieux rĂ©git par Mr Ko. Avec la complicitĂ© de Sandrine, la fugitive tentera de rencontrer la prĂŞtresse de la douleur sensitive pour y conclure un juteux marchĂ©.

                                     

Ca dĂ©marre fort avec une sĂ©ance Ă©rotico morbide d'une sensualitĂ© formelle. Une jeune asiatique d'une beautĂ© gracile est volontairement soumise pour subir les caprices masochistes de Carrie, femme fascinĂ©e par les exactions meurtrières du bourreau de jade. Derrière ce mythe d'une Ă©poque ancestrale, cet homme puissant pratiquait sur ses victimes des tortures insensĂ©es après les avoir paralysĂ© Ă  l'aide d'un puissant poison inhalĂ©, dĂ©cuplant ainsi la souffrance offerte aux victimes. Après une mise en scène emphatique savamment concoctĂ©e pour sĂ©duire les sens corporels d'une jeune dĂ©sireuse, celle-ci est finalement recouverte sur toute la partie du corps d'un film de latex couleur corbeau. Après avoir enveloppĂ© la tĂ©moin de cette combinaison caoutchouteuse, Carrie passe au stade supĂ©rieur en obstruant la respiration de la victime et ensuite l'Ă©ventrer Ă  l'aide de griffes aussi aiguisĂ©es que des lames de rasoir. Le sang veloutĂ© s'Ă©chappant ainsi douceureusement du corps opaque de la victime transie, livrĂ©e Ă  sa guise ! C'est ensuite qu'apparaĂ®t Catherine, blonde pulpeuse suspicieuse depuis qu'elle est recherchĂ©e pour meurtre par la police hongkongaise. Après avoir dĂ©robĂ© un mystĂ©rieux objet dans une antiquitĂ©, celle-ci ne soupçonne Ă  aucun moment que le produit en question se rĂ©vèle ĂŞtre la potion tant fantasmĂ©e par la pĂŞcheresse Ă©hontĂ©e et certains individus vĂ©reux. Dans une ville nocturne fantasmagorique, les deux femmes opiniâtres vont se croiser, se heurter,s'affronter pour une quĂŞte suprĂŞme et lucrative. 

                                        

Ainsi donc, aans une structure narrative quelque peu dĂ©sordonnĂ©e, Les Nuits Rouges du Bourreau de Jade est avant tout un spectacle esthĂ©tique d'une beautĂ© atypique. Somptueux dĂ©cors baroques et variante de couleurs criardes rĂ©unies au sein d'un mĂŞme dĂ©cor renvoient bien Ă©videmment au cinĂ©ma d'Argento et Bava alors que les protagonistes semblent hĂ©ritĂ©s d'un film d'Alfred Hitchock ou encore de Jean Pierre Melville. Blonde fatale, tueuse sadienne Ă  la perversitĂ© sans limite et mafieux sans pitiĂ© vont donc s'affronter Ă  travers un jeu de cache-cache nocturne Ă  travers une ville tentaculaire pour le plaisir masochiste du meurtre stylisĂ©. On peut aussi songer dans les pĂ©ripĂ©ties accordĂ©es aux serials d'antan, Ă  Fu-Manchu et aux polars hongkongais majestueusement chorĂ©graphiĂ©s (tel ce final alĂ©atoire oĂą les ripostes de gunfight sont vigoureusement Ă©chevelĂ©es). On est aussi admiratif devant la poĂ©sie morbide qui Ă©mane de certaines scènes gores d'une nuance Ă©rotique sous-jacente. OĂą les corps dĂ©nudĂ©s, frĂŞles et dociles sont offerts Ă  la guise d'une mĂ©gère dĂ©lĂ©tère au sadisme Ă©purĂ©. La rĂ©alisation virtuose est consciencieuse, immaculĂ©e dans l'art pictural d'y filmer des sĂ©ances masochistes inscrites sur une facture baroque flamboyante.

Niveau cast, on peut saluer la prestance caustique de Carrie Ng Ka-Lai (The Lovers, City on Fire) car elle envoĂ»te l'Ă©cran Ă  chacune de ses exactions perpĂ©trĂ©es pour la quĂŞte du plaisir Ă  la fois pervers et sadique. Ou lorsque l'acte meurtrier se rĂ©vèle par son esprit incongru et son charme vĂ©nĂ©neux comme un art suprĂŞme Ă  part entière. En blonde pulpeuse tout droit sortie d'un suspense Hitchcockien, la ravissante FrĂ©dĂ©rique Bel possède un charme et une prĂ©sence charismatique assez particulière dans sa posture altière. La manière dont elle gesticule ses tirades verbales nuit un peu de son honorable prestance parfois mĂŞme dĂ©criĂ©e Ă  sa sortie.

                                         

EsthĂ©tiquement sublime et enivrant, Les Nuits rouges du Bourreau de Jade est un exercice de style bourrĂ© de bonnes intentions Ă  travers son hommage giallesque Ă  tout un pan du cinĂ©ma transalpin expatriĂ© ici dans une culture asiatique. Sa narration aurait peut-ĂŞtre dĂ» ĂŞtre un peu plus dense et  ambitieuse mais la puissance Ă©rotico-sensuelle de certaines scènes clefs et l'imagerie gore raffinĂ©e qui y Ă©manent renvoient aux plus belles heures de gloire d'illustres maĂ®tres comme Dario Argento. Alors que son inopinĂ© final immoral pourra en rebuter plus d'un.

*Bruno
 28.07.11

mercredi 27 juillet 2011

Wolfen. Prix Spécial du Jury à Avoriaz 1982.


de Michael Wadleigh. 1981. U.S.A. 1h54. Avec Albert Finney, Diane Venora, Edward James Olmos, Gregory Hines, Tom Noonan, Dick O'Neill.

Sortie en salles U.S: 24 Juillet 1981. France: 3 Mars 1982

FILMOGRAPHIE: Michael Wadleigh est un directeur de la photographie et rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 24 septembre 1939. 1970: Woodstock. 1981: Wolfen. 1990: Woodstock: the Lost Performances (vidĂ©o). 1999: Jimi Hendrix: live at Woodtock.

                                       

"Dans son arrogance, l'homme ne sait rien de ce qui, sur terre, défie l'imagination. Une vie aussi certaine que notre mort. Une vie qui se nourrit de nous, comme nous nous nourrissons de cette terre".

Onze ans après son documentaire-fleuve sur le festival de Woodstock — ce fameux rassemblement hippie devenu mythe — Michael Wadleigh rĂ©alise en 1981 son unique long-mĂ©trage de fiction : Wolfen, adaptĂ© du roman de Whitley Strieber. Échec public Ă  sa sortie, faute d’avoir Ă©tĂ© vendu comme un pur produit d’horreur lucrative, le film sĂ©duit pourtant le jury d’Avoriaz, qui lui dĂ©cerne un an plus tard son Prix SpĂ©cial.

Le pitch : Ă  New York, après l’inauguration d’un gigantesque projet immobilier, un homme d’affaires, son Ă©pouse et leur chauffeur sont retrouvĂ©s sauvagement dĂ©chiquetĂ©s. L’inspecteur Dewey est chargĂ© de l’enquĂŞte, Ă©paulĂ© par une jeune psychologue, spĂ©cialiste des profils terroristes. Les premiers indices mènent Ă  une dĂ©couverte troublante : des poils d’animal retrouvĂ©s sur les cadavres. Tandis que les soupçons se tournent vers la population amĂ©rindienne du Bronx, un spĂ©cialiste des loups est appelĂ© en renfort.

                                  

Sorti en pleine frĂ©nĂ©sie lycanthropique — juste après Hurlements et Le Loup-Garou de LondresWolfen dĂ©route une partie de son public, sans doute en quĂŞte de maquillages spectaculaires et de mĂ©tamorphoses Ă©pidermiques. Que nenni : Wadleigh choisit la voie de la suggestion, du silence et de la brume. Loin des Ă©clats de latex, le film privilĂ©gie la lente montĂ©e du malaise et s’appuie sur un suspense policier doublĂ© d’un sous-texte socio-Ă©cologique poignant : celui d’une nature mĂ©prisĂ©e, ravagĂ©e, oubliĂ©e par une civilisation moderne obsĂ©dĂ©e par le bĂ©ton et la verticalitĂ©. Avec pudeur et gravitĂ©, Wolfen rappelle la relation sacrĂ©e entre les Indiens et les loups, deux espèces traquĂ©es, presque Ă©teintes, depuis l’arrivĂ©e des EuropĂ©ens.

Le prĂ©lude, anxiogène et tranchant, nous entraĂ®ne dans une virĂ©e nocturne oĂą un notable, sa femme et leur chauffeur sont brutalement fauchĂ©s par une prĂ©sence invisible, tapie dans l’ombre d’un parc dĂ©sert. Le lendemain, la police dĂ©pĂŞche l’inspecteur Dewey, qui s’adjoint une psychologue aussi cĂ©rĂ©brale qu’intuitive. Après avoir suspectĂ© la nièce de Van der Veer, une militante radicale, l’enquĂŞte bifurque vers le terrain du bestial : un expert animalier identifie les poils retrouvĂ©s comme appartenant Ă  un mammifère sauvage. Le doute s’installe, l’Ă©trangetĂ© s’infiltre.
                                    
Avec une Ă©conomie de moyens et l’intelligence d’un scĂ©nario charpentĂ©, Wolfen cherche Ă  Ă©veiller les consciences sur la prĂ©caritĂ© des communautĂ©s amĂ©rindiennes, autrefois liĂ©es aux loups dans un pacte ancestral de survie et de respect. Ces peuples furent brisĂ©s, leurs terres profanĂ©es, leurs totems abattus. Mais les loups, demi-dieux aux instincts fuyants, trouvèrent refuge dans les friches, les ruines, les interstices oubliĂ©s de la ville. LĂ , dans les taudis Ă©ventrĂ©s, ils rĂ©affectent leur territoire, dĂ©fendent les vestiges d’un monde disparu — jusqu’Ă  sacrifier les corps superflus : les malades, les corrompus, les dominants.

                                         

Pour traduire cette prĂ©sence diffuse et menaçante, Wadleigh dĂ©ploie un dispositif visuel novateur : camĂ©ra subjective, steadycam, louma... et surtout cette vision thermique qui Ă©pouse le regard animal. Ă€ travers leurs yeux, les corps humains deviennent des halos de chaleur, des masses colorĂ©es en mouvement, des proies palpitantes dans un monde devenu hostile. Chaque bruit, chaque respiration, chaque pas devient perceptible — une sensation d’alerte sensorielle, d’immersion totale.

Au-delĂ  de cette enquĂŞte captivante, fertile en dĂ©tails scientifiques et en dĂ©tours imprĂ©vus, on retient une sĂ©quence d’anthologie : une meute encerclant les protagonistes en pleine zone urbaine, point d’orgue tendu, presque mĂ©taphysique. La production, malgrĂ© son ascĂ©tisme, impose ici un effet gore spectaculaire qui accentue la brutalitĂ© de l’estocade Ă  venir. Mais c’est ailleurs que Wolfen touche au sublime : dans la manière dont Wadleigh filme les loups, crĂ©atures Ă  la beautĂ© sauvage, au regard perçant, quasi surnaturel. Des images somptueuses, Ă©thĂ©rĂ©es, traversĂ©es d’une grâce crĂ©pusculaire.

L’intensitĂ© Ă©motionnelle du film naĂ®t de cette fragilitĂ© latente — celle des loups, celle des hommes en marge, celle des cultures effacĂ©es — et de leur quĂŞte dĂ©sespĂ©rĂ©e de reconnaissance. Wolfen, film spectral, oubliĂ© Ă  tort, hurle en sourdine la fin d’un monde que nous n’avons pas su entendre.

                                      

"Wolfen ou la mélancolie des prédateurs sacrés".
Superbement rĂ©alisĂ©, Wolfen s’Ă©lève sous les nappes inquiĂ©tantes et sensibles de la musique de James Horner, comme un murmure ancestral portĂ© par le vent des ruines. DominĂ© par le charisme calme d’Albert Finney, le film incarne avec une Ă©lĂ©gance grave le Fantastique cĂ©rĂ©bral — celui qui pense, qui observe, qui se souvient.

Fable moderne et intuitive, Wolfen plaide la cause d’un canidĂ© mystique, sentinelle de la nature trahie, messager d’un Ă©quilibre oubliĂ©. Son discours Ă©cologique, enracinĂ© dans une spiritualitĂ© sauvage, rejoint la douleur silencieuse d’un gĂ©nocide effacĂ© — celui des peuples premiers. Ce double deuil, animal et humain, tisse une Ĺ“uvre dĂ©senchantĂ©e, mais salutaire, Ă  la beautĂ© Ă©trange et pĂ©nĂ©trante.

Ă€ la fois sensible et tragique, Wolfen nous parle d’un monde en perdition avec une poĂ©sie sourde, presque chamanique. Chef-d'Ĺ“uvre oubliĂ©, il laisse derrière lui une trace indĂ©lĂ©bile, empreinte d’une mĂ©lancolie Ă©colo-humaniste dont la gĂ©nĂ©ration 80 ne s’est, sans doute, jamais tout Ă  fait remise.

*Bruno
31.12.19
27.07.11



lundi 25 juillet 2011

Le Sang des Templiers / Ironclad


de Jonathan English. 2011. Angleterre/U.S.A/Allemagne. 2h01. Avec James Purefoy, Brian Cox, Derek Jacobi, Kate Mara, Paul Giamatti, Charles Dance, Mackenzie Crook…
Sortie en salles France le 20 Juillet 2011. U.S.A le 26 Juillet 2011.

FILMOGRAPHIE: Jonathan English est un réalisateur, scénariste et producteur anglais.
2002: Nailing Vienna. 2006: Minotaur. 2011: Le Sang des Templiers

                                         

BasĂ© sur de vĂ©ritables faits historiques, Jonathan English retrace pour son troisième long-mĂ©trage la rĂ©volte des barons anglais contre le roi Jean sans Terre, retranchĂ©s hĂ©roĂŻquement dans son propre château pour repousser des belligĂ©rants toujours plus nombreux. 

En 1215, contraint de signer la Magna Carta — charte libertaire arrachĂ©e pour le peuple — Jean sans Terre, humiliĂ©, ronge son orgueil et prĂ©pare sa revanche. BientĂ´t, flanquĂ© de mercenaires, il marche sur Londres. Mais un obstacle colossal se dresse : son château de Rochester, aux mains du baron Albany et d’une poignĂ©e d’insurgĂ©s dirigĂ©s par un chevalier templier. La bataille sera âpre et sans rĂ©pit.

                                              

Ă€ feu et Ă  sang ! VoilĂ  ce qu’il reste gravĂ© au fer rouge après ce spectacle de sĂ©rie B Ă  la barbarie inouĂŻe. En ressuscitant cet Ă©pisode du XIIIᵉ siècle oĂą quelques barons et rebelles tinrent tĂŞte Ă  une armĂ©e de soudards, Le Sang des Templiers s’impose comme une agrĂ©able surprise. Loin de rivaliser avec les monuments du genre — Braveheart, Le Dernier des Mohicans, Rob Roy — et malgrĂ© une densitĂ© dramatique parfois vacillante dans le jeu des interprètes, Jonathan English recrĂ©e un Moyen Ă‚ge rugueux avec un soin d’authenticitĂ© qui force le respect. Servi par une photo dĂ©saturĂ©e, les dĂ©cors naturels et les pierres ancestrales Ă©corchĂ©es par la violence respirent la poussière et la sueur. Les uniformes crasseux, les armures poisseuses de sang, l’acier qui mugit dans l’air : tout participe Ă  l’esthĂ©tique brute d’un champ de bataille saisi Ă  hauteur d’homme. La force du rĂ©cit jaillit de l’enjeu vital : tenir le château pour dĂ©fendre la libertĂ© arrachĂ©e Ă  la Magna Carta. Chaque assaut, chaque plaie ouverte, chaque jet de sang sert cette lutte Ă  mort — jamais la surenchère gratuite.

                                            

Et quelle sauvagerie ! Les scènes de siège, nerveuses mais lisibles, dĂ©versent une violence fĂ©roce, parfois malsaine, rarement Ă©galĂ©e dans le genre mĂ©diĂ©val. Plaies bĂ©antes, membres tranchĂ©s, langue arrachĂ©e façon La Marque du Diable, dĂ©capitations, viscères rĂ©pandus, et mĂŞme un corps fendu dans le sens de la longueur — clin d’Ĺ“il inversĂ© Ă  Amazonia de Deodato ! Rien de racoleur pourtant : la cruautĂ© se dĂ©ploie avec un rĂ©alisme sec, sans que les quelques effets numĂ©riques ne trahissent le choc organique. C’est ce cachet brut, ce rĂ©alisme tranchant et la vigueur du rĂ©cit qui donnent Ă  Le Sang des Templiers son souffle hĂ©roĂŻque et sa force ludique. Un hommage sans emphase Ă  ces insurgĂ©s anglais qui sacrifièrent tout pour contenir le tyran.

                                         

ConfectionnĂ©e sans prĂ©tention, cette sĂ©rie B sanglante comblera l’amateur d’Ă©popĂ©e sale et viscĂ©rale. Hormis un jeu parfois trop sobre, le film assume son premier degrĂ© et exploite ses moyens avec une honnĂŞtetĂ© prĂ©cieuse. Sans atteindre les sommets de la grande fresque, son rythme soutenu et sa brutalitĂ© rugueuse suffisent Ă  faire battre le cĹ“ur.

25.07.11
Bruno 

samedi 23 juillet 2011

THE WOMAN


de Lucky McKee. 2011. U.S.A. 1h47. Avec Angela Bettis, Pollyanna McIntosh, Sean Bridgers. Sélectionné au Festival de Sundance 2011.

FILMOGRAPHIELucky McKee est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et acteur amĂ©ricain nĂ© le 1er Novembre 1975 Ă  Jenny Lind (Californie). 2002: All Cheerleaders Die (Dtv, co-rĂ©alisateur), May. 2006: Master of Horror (1 Ă©pisode), The Woods. 2008: Red, Blue Like You. 2011: The Woman

                                      

ATTENTION ! IL EST PREFERABLE D'AVOIR VU LE FILM AVANT DE LIRE CE QUI SA SUIVRE !Après un bouleversant coup de maĂ®tre sublimant le portrait chĂ©tif d'une jeune schizophrène (May) et un conte onirique inspirĂ© par Suspiria mais inachevĂ© de par ces ambitieuses intentions (The Woods),  Lucky McKee nous revient avec un nouveau mĂ©trage sulfureux si bien qu'il secoua une partie du public durant sa projection sĂ©lectionnĂ©e Ă  Sundance. RĂ©putĂ© pour son extrĂŞme violence, The Woman est une collaboration avec le romancier Jack Ketchum (The Host) traitant des rapports conjugaux, de la place de la femme au sein de notre sociĂ©tĂ© machiste Ă©voluant ici dans un climat tendu hautement malsain. Christopher Cleek est un avocat mariĂ© Ă  une Ă©pouse modèle et père de trois enfants. Un jour, alors qu'il part Ă  la chasse, il rencontre une femme subsistant Ă  l'Ă©tat primitif en plein coeur d'une forĂŞt sauvage. Il dĂ©cide de la kidnapper pour la ramener Ă  la maison et l'Ă©duquer Ă  sa manière.

                                           

Après moults rumeurs sur sa violence rĂ©putĂ©e extrĂŞme et son caractère misogyne dĂ©criĂ© par certains,  The Woman aura rĂ©ussi Ă  provoquer un vĂ©ritable buzz. Relativisons tout de mĂŞme auprès de cette violence si diffamĂ©e au festival de Sundance car si son rĂ©alisme s'avère aussi rigoureux, il est avant tout d'ordre psychologique par le biais des mentalitĂ©s refoulĂ©es. En l'occurrence, nous sommes loin d'ĂŞtre face Ă  un tortur' porn mercantile cĂ©lĂ©brĂ© par Saw et consorts afin de contenter un public d'ados avide de surenchère. Lucky McKee, plus furibard que jamais, souhaitant choquer et provoquer le malaise auprès des portraits fĂ©briles de ces personnages en proie Ă  des dĂ©cisions morales Ă  la fois drastiques, Ă©pineuses, Ă©quivoques. En prenant comme idĂ©e de dĂ©part le kidnapping incongru d'une sauvageonne vivant recluse dans une nature sauvage, le rĂ©alisateur dĂ©crit son ravisseur comme un aimable avocat d'apparence tolĂ©rant et respectable en dĂ©pit de l'audace insensĂ©e de son rapt. DestituĂ©e de sa libertĂ© la victime se retrouve vulgairement enchaĂ®nĂ©e au fond d'une cave, tel un animal de foire que l'avocat va tenter de dompter avec virile autoritĂ©. Durant cet endoctrinement Ă  la soumission et Ă  la sagesse, Lucky McKee ausculte de façon aussi bien rĂ©aliste que saugrenue le portrait interne d'une cellule familiale orthodoxe. Mais en y regardant de plus près, cette famille modèle si idĂ©alisĂ©e Ă  travers leur sociĂ©tĂ© puritaine va ĂŞtre en proie Ă  un règlement de compte moral, notamment auprès de leur fille aĂ®nĂ©e introvertie, du frère interlope (dans son voyeurisme pervers) et de la mère en instance de rĂ©bellion.

                                      

Ce tableau Ă  la fois macabre et caustique de ce système dysfonctionnel culmine ensuite vers un dĂ©chaĂ®nement de violence sanglante Ă  la limite du supportable. Parce que le sentiment haineux de l'injustice trop longtemps intĂ©riorisĂ©e (la fille, le frère, la mère) va exploser de façon frontale, jusqu'au-boutiste, afin d'extĂ©rioriser leur rĂ©volte auprès du sur-ego de l'homme tributaire de sa doctrine bien pensante. Niveau casting, on peut saluer la performance de l'impressionnante Pollyanna McIntosh, saisissante d'instinct bestial dans sa posture ombrageuse rehaussĂ©e d'une carrure robuste en tant que virago. Son regard sombre et insidieux Ă  la rage contenue par la claustration magnĂ©tisant l'esprit du spectateur. Celui-ci dĂ©stabilisĂ© s'Ă©prend malgrĂ© tout d'empathie Ă  sa fonction soumise puisque rĂ©duite Ă  l'Ă©tat d'esclave pour le compte d'un père de famille misogyne. Sean Bridgers  endosse le patriarche Ă  travers une dĂ©liquescence morale dans son mĂ©pris pour la gente fĂ©minine. Un personnage perfide sidĂ©rant d'autoritĂ© sadienne auquel son jeune fils influant semble Ă©galement suivre la mĂŞme dĂ©viance pathologique.

                                         

Portrait craché d'une famille modèle
Dans un climat malsain probant rĂ©solument dĂ©rangeant, The Woman demeure un Ă©prouvant  pamphlet contre une bourgeoisie patriarcale rattachĂ©e aux valeurs conventionnelles de l'AmĂ©rique. Satire incisive sur cette sociĂ©tĂ© bien pensante nous dĂ©montrant ici avec force et rĂ©alisme que l'ĂŞtre le plus primitif s'avère finalement plus autonome et intègre que l'homme Ă©rudit assoiffĂ© de luxe dans son goĂ»t matĂ©rialiste. Lucky McKee illustrant Ă©galement avec sensibilitĂ© le malaise filial qui en Ă©mane faute de cette dĂ©mission parentale Ă  l'instinct pervers. ScandĂ© d'une BO rock alternative, The Woman constitue un grand film malade sur l'implosion de cette cellule familiale Ă  travers l'inĂ©galitĂ© des sexes et le voyeurisme d'une progĂ©niture livrĂ©e Ă  sa fascination pour une violence punitive. 

* Bruno
24.07.11

vendredi 22 juillet 2011

LA CIBLE HURLANTE (Sitting Target)

     

de Douglas Hickox. 1972. U.S.A/Angleterre.1h33. Avec Oliver Reed, Jill St. John, Ian McShane, Edward Woodward, Frank Finlay, Freddie Jones, Jill Townsend, Robert Beatty, Tony Beckley, Mike Pratt, Robert Russell.

Sortie salles U.S.A. le 19 Juin 1972

FILMOGRAPHIE: Douglas Hickox est un rĂ©alisateur britannique, nĂ© le 10 Janvier 1929 Ă  Londres, dĂ©cĂ©dĂ© le 25 Juillet 1988.
1959: Behemoth the sea Monster (coréalisé avec Eugène Lourié), 1963: It's All Over Town, 1964: Just for you, 1969: Les Bicyclettes de Belsize, 1970: Le Frère, la soeur et l'autre, 1972: La Cible Hurlante, 1973: Théâtre de sang, 1975: Brannigan, 1976: Intervention Delta, 1979: Zulu Dawn, 1983: Le Chien des Baskervilles (télé-film), 1984: The Master of Ballantrae (télé-film), 1985: Blackout.

                        
Hommage subjectif d'un puriste amateur de polar.
VĂ©tĂ©ran du cinĂ©ma de genre adulĂ© par des fans de tous bords, Douglas Hickox nous aura offert au moins trois rĂ©ussites distinctes durant sa brève carrière Ă©clectique. Théâtre de Sang, Zulu Dawn et enfin le titre qui nous intĂ©resse ici, La cible Hurlante, dont je vais m'efforcer de rendre hommage avec le plus de respect mĂ©ritoire. Polar majeur des annĂ©es 70 honteusement ignorĂ© de nos jours, cette oeuvre fondamentale du genre policier, superbement interprĂ©tĂ©e et passionnante, baigne continuellement dans un nihilisme prĂ©gnant sans aucune Ă©chappatoire.

Harry est emprisonnĂ© dans une prison anglaise depuis plus de 10 ans. Dans le parloir, durant une discussion avec sa femme, celle-ci lui avoue envisager de le quitter depuis qu'elle est enceinte d'un quidam qu'elle a rencontrĂ© durant sa longue absence. Fou de rage, Harry brise la vitre du parloir pour assaillir son Ă©pouse et l'Ă©trangler sauvagement. Rapidement maĂ®trisĂ© par les gardiens, il repart en cellule d'isolement en guise de blâme. Après avoir mĂ»rement rĂ©flĂ©chi, aidĂ© de deux comparses, le mari haineux de jalousie est dĂ©terminĂ© Ă  s'Ă©vader du pĂ©nitencier pour jurer d'assassiner sa femme.

                                 

Ca dĂ©marre sur les chapeaux de roue avec une violente rixe parmi un couple en implosion au coeur d'un parloir entre dĂ©tenus pour ensuite suivre l'Ă©vasion spectaculaire de trois prisonniers qui auront consciencieusement prĂ©parer leur fuite. Un morceau d'intense suspense, rĂ©alisĂ© avec prĂ©cision et minutie alors que quelques incidents alĂ©atoires scrupuleusement plausibles, notamment favorisĂ©s par la dĂ©termination sans faille des personnages, vont culminer leur objectif dans un point d'orgue vertigineux Ă  couper le souffle !
Après cette Ă©vasion rĂ©ussie, Harry s'investit immĂ©diatement dans sa mission Ă  haut risque d'assassiner sa propre femme devenue infidèle. Avec son complice Birdy, les deux hommes vont ĂŞtre mĂŞlĂ©s Ă  un concours de circonstances rarement favorables pour leur quĂŞte personnelle et cette folle libertĂ© tant escomptĂ©e.

                                  

Dans une photographie blafarde au coeur de l'urbanisation d'une citĂ© industrielle en dĂ©crĂ©pitude, Douglas Hickox nous entraĂ®ne dans un polar brutal implacable. Une traque saugrenue entrepris par notre anti-hĂ©ros rongĂ© par la trahison conjugale dont le scĂ©nario Ă  peine probable dans les exactions encourues relèvent facilement du suicide implicite.
DominĂ© par l'orageuse prestance de Oliver Reed en taulard fou amoureux mais empli de haine et de violence contre sa dulcinĂ©e, son cheminement funèbre va malencontreusement laissĂ© derrière sa carrure robuste quelques cadavres sans qu'un quelconque Ă©tat d'âme ne vienne le rappeler Ă  la raison. Inflexible, austère et dĂ©nuĂ© d'une quelconque absolution, l'acteur innĂ© pour ce rĂ´le irascible hypnotise l'Ă©cran de sa posture râblĂ©e. Alors qu'il laisse finalement transparaĂ®tre au moment opportun une certaine lamentation, une amertume dĂ©sespĂ©rĂ©e face Ă  l'Ă©chec de son idylle mĂ©crĂ©ante.
Avec l'assistance de son acolyte Birdy Williams, formidablement interprĂ©tĂ© par le charismatique Ian McShane, nos deux malfrats chevronnĂ©s n'ont donc aucune Ă©thique ni repentance pour commettre leur mĂ©faits meurtriers auquel quelques innocentes victimes feront les frais de leur acerbe motivation.
Marginaux vĂ©reux, gardiens corrompus, putes effrontĂ©es et mesquines, gangsters Ă©gotistes s'agencent et se fondent dans un rĂ©cit âpre et violent, haletant et impondĂ©rable, d'oĂą pointe de façon sous-jacente le dĂ©sespoir d'un amour insoluble et dĂ©chu.
On sera tout aussi estomaquĂ© de suivre son point d'orgue jusqu'au-boutiste avec un coup de théâtre perfide que personne n'aura vu venir. Tandis que l'Ă©pilogue cruellement cathartique va enfoncer un peu plus le clou et achever cette love story galvaudĂ©e dans une mĂ©lancolie condamnĂ©e.

                                   

Superbement maĂ®trisĂ© dans une rĂ©alisation rigoureuse et dominĂ© par des interprètes notables aux gueules burinĂ©es criant de charisme viril, La Cible Hurlante est un modèle du polar brut ne relâchant jamais d'une seconde sa tension latente. Remarquablement construit dans sa narration indocile, rythmĂ© de trĂ©pidantes scènes d'actions acĂ©rĂ©es et bĂ©nĂ©ficiant d'un score jazzy aux accents transalpins de Stanley Myers, cette oeuvre opaque nous plaque au fauteuil avec une audacieuse subversion.

22.07.11
Bruno Matéï.




jeudi 21 juillet 2011

Red Hill


de Patrick Hughes. 2010. Australie. 1h33. Avec Ryan Kwanten, Tommy Lewis, Claire Van Der Boom, Kevin Harrington, Steve Bisley.

FILMOGRAPHIE: Patrick Hughes est un réalisateur australien. 2000: The Director (court-métrage). 2001: The Lighter (court-métrage). 2008: Signs (court-métrage). 2010: Red Hill.

                               

Produit par le rĂ©alisateur de Wolf Creek et Solitaire (Greg McLean), ce premier long-mĂ©trage de Patrick Hughes tente d'affilier le western ancrĂ© dans notre Ă©poque contemporaine avec le thriller tendance horrifique parmi la prĂ©sence d'un tueur mĂ©thodique et spectral.

Synopsis: Shane Cooper est un jeune flic dĂ©barquĂ© dans une petite contrĂ©e de l'Australie, Red Hill, parmi la compagnie de sa femme enceinte. Après avoir rencontrĂ© le shĂ©rif local, quinquagĂ©naire robuste en lisse Ă©lectorale, Shane apprend par un adjoint la fuite d'un dangereux dĂ©tenu, Jimmy Conway, coupable de l'assassinat de sa femme. Une traque sauvage est alors engagĂ©e par les forces de l'ordre Ă©paulĂ©es de quelques citadins justiciers.

                               

TournĂ© en Ă  peine un mois de manière indĂ©pendante, Red Hill est une sĂ©rie B peu ordinaire dans son alliage des genres western + thriller. Car en dĂ©pit d'un scĂ©nario classiquement structurĂ© et facilement prĂ©visible, cette histoire de vengeance rĂ©ussit malgrĂ© tout Ă  surprendre dans sa manière d'y façonner son rĂ©cit pour rendre hommage au western classique situĂ© dans notre Ă©poque contemporaine. Avec en prime cette ambition insolite d'y inclure un personnage iconique interlope, vĂ©ritable exterminateur inflexible. D'ailleurs, sa première apparition Ă  l'Ă©cran se rĂ©vèle l'une des scènes les plus impressionnantes du film tant sa posture burinĂ© d'aborigène patibulaire au visage Ă  demi brĂ»lĂ© renvoie Ă  l'icĂ´ne horrifique tout droit sorti d'un slasher autoritaire ! De prime abord, ce tueur glacial semble s'ĂŞtre Ă©chappĂ© uniquement pour dĂ©cimer tous les flics de la rĂ©gion si bien qu'il laissera la vie sauve Ă  un couple de retraitĂ© en prĂ©ambule de ces actes criminels. Shane, jeune flic novice, courageux et dĂ©terminĂ©, est sur le point de l'apprĂ©hender mais son rival impassible rĂ©ussit Ă  l'intimider d'un simple regard lĂ©tal.

                               

Le scĂ©nario convenu est donc loin d'ĂŞtre le pari gagnant d'une histoire Ă©culĂ©e traitĂ©e Ă  foison dans les classiques du genre. Mais pour une première rĂ©alisation, Patrick Hughes rĂ©ussit honorablement Ă  apporter suffisamment de densitĂ© pour le profil de notre preux hĂ©ros tributaire de ces supĂ©rieurs vĂ©reux en y calibrant adroitement des scènes d'action violentes et spectaculaires. Quand bien mĂŞme l'esthĂ©tisme crĂ©pusculaire des images poĂ©tiques d'une beautĂ© opaque sensuelle participe beaucoup au climat insolite, clairsemĂ© qui en dĂ©coule. De surcroĂ®t, la photographie dĂ©saturĂ©e  amplifie ce sentiment fantasmagorique auquel mĂŞme Ă  deux reprises une panthère noire s'aventurera auprès de nos antagonistes. Comme si ce fĂ©lin hostile eut prophĂ©tisĂ© la revanche d'un fantĂ´me meurtri par la haine de la violence et de la xĂ©nophobie.

                              

Nanti d'une mise en scène plutĂ´t soignĂ©e (mĂŞme si perfectible) et de dialogues assez balisĂ©s, Red Hill est une Ă©tonnante dĂ©couverte parvenant dans sa forme Ă  offrir un western classique dans un moule inhabituel de mystère sous-jacent et d'insolite palpable. La prestance frugale d'honnĂŞtes comĂ©diens et surtout la caractĂ©risation funèbre du personnage patibulaire fĂ©ru de vengeance privilĂ©gient une dimension horrifique prĂ©gnante au sein de ce western moderne Ă  la personnalitĂ© propre. En prime, son final rĂ©vĂ©lateur, escomptĂ© mais cependant audacieux, se rĂ©vèle intense et poignant en rĂ©ussissant Ă  provoquer une Ă©motion empathique sans l'ombre du pathos. Un ultime acte dĂ©cisif mis en suspension avant que la vĂ©ritable victime est Ă  deux doigts de plonger dans les tĂ©nèbres. 

*Bruno
21.07.11

mercredi 13 juillet 2011

De sang froid (The Boys Next Door)

                                          

de Peneloppe Spheeris. 1984. U.S.A. 1h30. Avec Maxwell Caulfield, Charlie Sheen, Patti d'Arbanville, Hank Garrett, C Dancer Paul, Richard Pachorek, Lesa Lee, Kenneth Cortland.

Sortie en France le 27 Mai 1987 avec mention: Interdit au moins de 18 ans.

FILMOGRAPHIE: Penelope Spheeris est une réalisatrice, scénariste, actrice, productrice, directrice de la photographie et monteuse américaine née le 2 Décembre 1945 à La Nuovelle-Orléans, Louisiane (U.S.A). Penelope Spheeris est la cousine du réalisateur gréco-français Costa-Gavras. 1968: Uncle Tom's Fairy Tales, 1972: I don't know, 1981: The Decline of western civilization, 1984: Suburbia, 1985: De Sang Froid, 1986: Hollywood Vice Squad, 1987: Dudes, 1988: The Decline of western civilization 2, 1990: Thunder and Mud, 1991: UFO Abductions (TV), Prison Stories: women on the inside (TV), 1992: Wayne's World, 1993: Danger Theatre, 1993: Les Allumés de Beverly Hills, 1994: Les Chenapans, 1996: Black Sheep, 1998: The Decline of western civilization 3, The Thing in Bob's Garage, Applewood 911 (TV), Supersens, 1999: Hollywierd, 2000: Dear Doughboy (TV), 2001: Posers, We Sold our souls for Rock'n roll, 2003: The Crooked E: The Unshredded Truth About Enron (TV), 2005: The Kid and I.

                                      

RĂ©alisatrice prolifique de tĂ©lĂ©-films bon marchĂ© et de comĂ©dies bonnard (Wayne's World), Penelope Spherris fut signataire en 84 d'une sĂ©rie B glauque et subversive illustrant le portrait sordide de deux jeunes marginaux en chute libre dans leur cheminement meurtrier dĂ©nuĂ© de mobile. Le pitchRoy et Bo sont deux jeunes adolescents oisifs et paumĂ©s, en quĂŞte de libertĂ© et d'Ă©vasion. Un jour, ils dĂ©cident de quitter leur contrĂ©e pour passer un week-end Ă  Los Angeles. Sous l'influence de Roy, ils se laissent embarquer dans une sĂ©rie de crimes licencieux.

                                     

Dès le gĂ©nĂ©rique liminaire inscrit sur fond noir, des portraits d'archive monochrome se succèdent afin d'authentifier le profil iconique d'illustres serial-killers. Sa bande-son musicale bourdonnante instaurant un sentiment anxiogène face aux crimes Ă©noncĂ©s par deux voix-off ombrageuses. L'intrigue se focalise ensuite sur deux jeunes marginaux batifolant Ă  dessiner l'empreinte d'un cadavre sur le sol d'une cour de lycĂ©e. Après les cours scolaires routiniers, une soirĂ©e festive est organisĂ©e par des Ă©tudiants quand bien mĂŞme nos deux acolytes s'ennuient ferme et dĂ©cident de plier bagage pour Los Angeles afin d'escompter une virĂ©e festive. Après une violente rixe avec un pompiste tabassĂ© Ă  mort, l'esprit dĂ©rangĂ© de Roy va rapidement s'envenimer dans son dĂ©sir indocile de passer Ă  l'acte criminel. Tandis que Bo semble Ă©prouver un plaisir surestimĂ© Ă  se croire supĂ©rieur devant l'autoritĂ© belliqueuse de son camarade. Durant leur sĂ©jour nocturne, une nouvelle bagarre impromptue est sur le point d'aboutir dans un bar gay. C'est après cet incident mineur que Roy va enfin pouvoir laisser libre cours Ă  ses pulsions morbides pour envisager d'assassiner un homosexuel qui les aura naĂŻvement entraĂ®nĂ© dans son appartement. Du cĂ´tĂ© des forces de l'ordre, l'enquĂŞte policière piĂ©tine mais parvient nĂ©anmoins Ă  rassembler quelques indices fiables, faute des maladresses laissĂ©es sur les lieux du crimes par les adolescents.

                                      

A travers une sombre atmosphère davantage horrifique et oppressante, Peneloppe Spheeris dĂ©peint le portrait pathĂ©tique et terrifiant de deux dĂ©linquants juvĂ©niles, Ă©voluant dans une citĂ© urbaine oĂą la violence quotidienne demeure monnaie courante. Si la narration efficacement conduite n'Ă©voque aucune surprise (en dehors du final cathartique), la manière crue dont la rĂ©alisatrice dĂ©peint les exactions de nos criminels renvoie facilement aux ambiances malsaines et poisseuses des plus grands films notoires traitant du mĂŞme thème. Les scènes chocs percutantes, particulièrement brutales s'avèrent d'autant plus dĂ©rangeantes qu'elles mettent en appui l'Ă©tat d'esprit dĂ©cervelĂ© de nos protagonistes fascinĂ©s par la violence gratuite. Une manière putassière et immorale d'extĂ©rioriser leur haine et leur infĂ©rioritĂ© intellectuelle. Niveau cast, Maxwell Caulfield se rĂ©vèle plutĂ´t inquiĂ©tant et sournoisement cynique sous l'impulsion d'un regard sadique lattent, puis monolithique lorsqu'il se livre Ă  ses penchants meurtriers d'une violence incontrĂ´lĂ©e. En jeune ado inculte et infantile (sa fascination puĂ©rile face Ă  la diffusion TV d'un manga animĂ© prĂ©figure l'esprit niais d'un enfant de 5 ans), Charlie Sheen livre une sobre prestance pour caractĂ©riser un gamin inconsĂ©quent finalement dĂ©passĂ© par les Ă©vènements morbides que son camarade perfide influence.

                                          

D'un magnĂ©tisme perturbant auprès de son atmosphère dĂ©lĂ©tère dĂ©nuĂ©e de complexe, De Sang Froid crĂ©ait malaise et fascination pour ce portrait rĂ©aliste d'une jeunesse dĂ©soeuvrĂ©e, mĂ©taphore d'une sociĂ©tĂ© urbaine dĂ©saxĂ©e oĂą homophobie et racisme restent ancrĂ©s dans cette gĂ©nĂ©ration rebelle. La qualitĂ© de l'interprĂ©tation, sa violence radicale et la solide conduite du rĂ©cit nous entraĂ®nant (de force) dans une spirale criminelle dĂ©nuĂ©e de mobile. D'oĂą l'intensitĂ© de son malaise davantage prĂ©gnant au fil d'un rĂ©cit immoral dĂ©peint sans complaisance ni effet de manche. 

13.07.11.      3.
* Bruno

mardi 5 juillet 2011

FASTER


de George Tillman Jr. 2010. U.S.A. 1h38. Avec Dwayne Johnson, Billy Bob Thornton, Carla Gugino, Maggie Grace, Moon Bloodgood et Oliver Jackson-Cohen.

Sortie en salles en France le 2 mars 2011.

FILMOGRAPHIEGeorge Tillman est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste nĂ© le 26 Janvier 1969 Ă  Milwaukee, Wisconsin, U.S.A.
1994: Scenes for the soul, 1997: Soul Food, 2000: les Chemins de la dignitĂ©, 2009: Notorious B.I.G.

                           

Hommage subjectif d'un puriste amateur.
Le rĂ©alisateur modeste George Tillman Jr s'engage ici dans la voie du revenge movie pour illustrer une surprenante sĂ©rie B hargneuse Ă  la violence sanguine, beaucoup moins superficielle et nĂ©gligeable que la plupart des produits formatĂ©s pour ados turbulents. Alors que sa thĂ©matique sur la vengeance prĂŞche intelligemment pour une repentance christianiste.

Après avoir purgĂ© une peine de 10 ans d'emprisonnement pour une implication dans un braquage Ă  main armĂ©, James Cullen, dit le Driver, est fermement dĂ©cidĂ© Ă  venger les responsables de la mort de son frère, sauvagement Ă©gorgĂ©. Mais un inspecteur de police junkie sur le dĂ©clin et un tueur Ă  gage mĂ©thodique sont lancĂ©s Ă  sa trousse pour tenter de l'endiguer.

                         

A l'instar des films d'action des années 80 filmés sans prétention avec un sens de l'efficacité roublard dédié au spectaculaire pétaradant, Faster fait sacrément plaisir à voir dans le tableau orthodoxe des produits mercantiles. Il réussit sans peine à se démarquer de ses futiles concurrents facilement reconnaissables dans une abrutissante mise en forme arbitraire dénuée de fond.
Et en terme d'efficacité, Faster ne pouvait pas proposer autre chose de plus jouissif et enthousiasmant.
Si le scénario est indubitablement construit sur un canevas archi convenu, sa structure mise en place avec dextérité, l'émotion inopinée qu'il véhicule par le biais de personnages déshumanisés en quête d'exutoire et l'action incessante qui en découle nous permettent de savourer un revenge movie brutal jamais niais ou lénifiant.
Le rĂ©alisateur n'Ă©pargne toutefois pas quelques tics clippesques et artifices redondants comme certains effets de ralenti trop prĂ©sents dans son premier acte. Quelques clichĂ©s sont Ă©galement coutumiers au genre prescrit (le prĂ©ambule dans la prison, la blonde Ă©prise de passion amoureuse pour son tueur bellâtre, obtus d'accomplir un dernier contrat, le flic droguĂ© voulant se racheter une conduite) mais la succession de pĂ©ripĂ©ties habilement emballĂ©es rĂ©ussissent sans difficultĂ© Ă  transcender son caractère au prĂ©alable acadĂ©mique.
C'est notamment la densitĂ© d'une galerie de personnages rebelles et marginaux Ă©voluant dans une prise de conscience octroyĂ©e Ă  la repentance qui sĂ©duit le public. Alors que l'antagoniste caractĂ©risĂ© par le tueur Ă  gage arriviste semble ĂŞtre finalement le plus Ă  plaindre dans son Ă©tat d'esprit vĂ©reux par la quĂŞte autonome d'une victoire orgueilleuse.
La vengeance sauvage de Driver est implacable, sans concession et refus de compromis. Mais sa besogne d'exterminer implacablement chaque responsable de la mort de son frère va intelligemment le mener vers une voie cathartique par l'entremise d'une éthique religieuse.
On sera d'autant plus surpris par son final totalement impondĂ©rable culminant son point d'orgue dans un coup de théâtre dĂ©lĂ©tère que personne n'aura vu arriver !

                         

HabituĂ© aux rĂ´les conventionnels de dur Ă  cuire traditionnellement inexpressif,  Dwayne Johnson (The Rock) rĂ©ussit enfin Ă  se dĂ©tacher des conformitĂ©s pour livrer une poignante composition dans son personnage marginalisĂ© d'anti-hĂ©ros militant pour la cause de son frère. Inflexible, impassible et austère dans son impressionnante carrure de baroudeur athlĂ©tique, il s'impose frugalement Ă  apporter une vraie dimension humaine dans sa quĂŞte de vengeance expĂ©ditive laissant augurer dans son cheminement sinistrĂ© une potentielle rĂ©demption.

PassĂ© inaperçu et peu valorisĂ© par son titre sommaire lors de sa sortie, Faster est une excellente surprise vouĂ©e Ă  distraire son spectateur dans une sincĂ©ritĂ© inespĂ©rĂ©e, car renvoyant Ă  certains classiques (ou plaisirs coupables) des annĂ©es 80 bien connus des amateurs virils (cobra, commando, Double DĂ©tente, Le Contrat, Tango et Cash, Punisher et mĂŞme Terminator). Ultra violent, spectaculaire, parfois tendu et rondement menĂ© sur une BO pop-rock endiablĂ©e, ce B movie rend honneur au genre bourrin privilĂ©giĂ© par la caractĂ©risation de ses personnages d'une certaine Ă©paisseur psychologique. Tandis que sa rĂ©flexion sur la revendication vindicative allouĂ©e Ă  une morale repentie dĂ©livre favorablement un message pacifiste inscrit sur la tolĂ©rance.

                         


05.07.11
Bruno Matéï.

dimanche 3 juillet 2011

NEVER LET ME GO

   

de Mark Romanek. 2010. Angleterre/U.S.A. 1h43. Avec Keira Knightley, Carey Mulligan, Andrew Garfield, Charlotte Rampling, Nathalie Richard, Sally Hawkins, Andrea Riseborough, Charlie Rowe, Ella Purnell.

Sortie en salles en France le 2 Mars 2011.

FILMOGRAPHIE: Mark Romanek est un rĂ©alisateur amĂ©ricain principalement connu pour ses clips vidĂ©os. Il a travaillĂ© avec : Red Hot Chili Peppers, Nine Inch Nails, Linkin Park, Michael Jackson, Janet Jackson, No Doubt, Beck, Johnny Cash, Jay-Z, Madonna, R.E.M, Lenny Kravitz.  
1985: Static,
2002: Photo Obsession,
2010: Never let me go,
2011: Locke and Key (télé-film).

Après Photo Obsession, un drame psychologique diaphane sur l'indiffĂ©rence dĂ©guisĂ© en thriller angoissant et dominĂ© par la sobre interprĂ©tation de Robin Williams, Mark Romanek adapte avec Never let me go un roman de Kazuo Ishiguro, scĂ©narisĂ© par Alex Garland (28 jours plus tard).
Depuis l’enfance, Kathy, Ruth et Tommy sont les pensionnaires d’une Ă©cole en apparence idyllique, une institution coupĂ©e du monde oĂą seuls comptent leur Ă©ducation et leur bien-ĂŞtre. Devenus jeunes adultes, leur vie bascule : ils dĂ©couvrent un inquiĂ©tant secret qui va bouleverser jusqu’Ă  leurs amours, leur amitiĂ©, leur perception de tout ce qu’ils ont vĂ©cu jusqu’Ă  prĂ©sent.AdaptĂ© d'un roman de Kazuo Ishiguro.









Kathy, Tommy et Ruth ont passé leur enfance à Hailsham, une école anglaise idyllique tenue à l'écart du monde. Alors qu'ils découvrent qu'ils ne sont que des clones dont l'unique existence est basée sur le don d'organes, ils vont être confrontés à l'amour, la jalousie et la trahison...




Adapté d'un roman de Kazuo Ishiguro, scénarisé par Alex Garland (28 jours plus tard) et transcendé par la somptueuse photo de Adam Kimmel