vendredi 11 novembre 2016

AVATAR

                                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site yourentertainmentnow.com

de James Cameron. 2009. U.S.A. 2h42. Avec Sam Worthington, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Michelle RodrĂ­guez, Zoe Saldana, Wes Studi, CCH Pounder, Laz Alonso.

Sortie salles France: 16 Décembre 2009. U.S: 18 Décembre 2009

FILMOGRAPHIE: James Francis Cameron est un réalisateur, scénariste et producteur canadien, né le 16 Août 1954 à Kapuskasing (Ontario, Canada)
1978: Kenogenis (court-métrage). 1981: Piranhas 2, les Tueurs Volants. 1984: Terminator. 1986: Aliens, le Retour. 1989: Abyss. 1991: Terminator 2. 1994: True Lies. 1997: Titanic. 2003: Les Fantomes du Titanic. 2005: Aliens of the Deep. 2009: Avatar.


Succès planétaire public et critique au profit d'un budget pharaonique, Avatar prône le Blockbuster familial sous l'effigie d'une 3D révolutionnaire ! Outre l'expérience sensitive qu'il suscite avec ce relief immersif, Avatar peut autant se savourer en version plate si bien que le sentiment d'évasion que Cameron parvient à nous procurer nous laisse béa d'admiration. De par la perfection d'effets-spéciaux numériques à la pointe de la technologie et du réalisme conféré à ses décors naturels artificiels. La planète bucolique Pandora se dévoilant sous nos yeux avec une harmonie lyrique ! La tribu aborigène des Na'vy doit bientôt se confronter à l'hostilité d'une armée américaine désireuse de leur dérober un minerai qui pourrait résoudre la crise énergétique sur Terre. Avec le subterfuge d'un clonage de Na'vy combiné à des gènes humains, Jake Sully infiltre leur tribu afin de gagner leur confiance et les inciter à quitter les lieux. En plein apprentissage de leur coutume guerrière et écolo, il finit par s'attacher à leurs liens familiaux au moment même ou il s'éprend d'amour pour Neytiri.


En crĂ©ateur d'univers chimĂ©rique et de crĂ©atures humanoĂŻdes jamais vus au prĂ©alable, James Cameron nous offre un spectacle Ă  la fois Ă©pique et onirique au travers d'une intrigue truffĂ©e de thèmes tristement actuels. Manifeste contre le militarisme, l'impĂ©rialisme, le capitalisme, le racisme et la deforestation (on songe Ă  la condition amazonienne), Avatar constitue une leçon d'enseignement pour les gĂ©nĂ©rations futures sous couvert d'une prĂ©servation Ă©colo (la faune et la flore bafouĂ©es par l'homme constituant l'Ă©pice des enjeux bellicistes !). Science-fiction, fantastique, guerre, romance se chevauchant habilement sous l'impulsion d'une dimension humaniste si bien que James Cameron parvient Ă  donner chair Ă  ces humanoĂŻdes avec une candeur souvent poignante. C'est dire l'exploit technique qu'il est parvenu Ă  transfigurer en donnant vie Ă  ces E.T d'un genre nouveau (leur corps longiligne contrastant avec leur Ă©piderme d'une teinte azur !). Par ailleurs, en rĂ©interprĂ©tant l’histoire coloniale de l’AmĂ©rique contre les amĂ©rindiens, Cameron exploite intelligemment le Blockbuster homĂ©rique par la noble cause d'une ethnie dĂ©munie mais pĂ©trie d'espoir, de bravoure et de dignitĂ© afin de ne pas cĂ©der au chantage impĂ©rieux.


Le Blockbuster dans son apparat novateur !
Leçon d'apprentissage et de tolérance auprès des ethnies étrangères, respect pour l'environnement naturel mais aussi pour le sacre des sépultures (réflexion spirituelle en sus !), Avatar constitue un magnifique récit initiatique sous le pilier d'un transfuge en rédemption romantique. Nanti d'un souffle épique vertigineux et d'un lyrisme capiteux par le biais de décors édéniques, Avatar envoûte notre sentiment d'évasion avec une acuité humaine bouleversante.

B-M. 2èx

jeudi 10 novembre 2016

Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain. César du Meilleur Film, 2002.

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Jean Pierre Jeunet. 2001. France. 2h02. Avec Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Rufus, Lorella Cravotta, Serge Merlin, Jamel Debbouze, Clotilde Mollet, Claire Maurier, Isabelle Nanty, Dominique Pinon, Artus de Penguern, Yolande Moreau, Urbain Cancelier, Maurice Bénichou, Michel Robin, Andrée Damant, Armelle, Claude Perron, André Dussollier, Flora Guiet .

Sortie salles France: 25 Avril 2001. U.S: 2 Novembre 2001

FILMOGRAPHIE: Jean Pierre Jeunet est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste français nĂ© le 3 Septembre 1953 Ă  Roanne, Loire. 1978: l'Evasion (court), 1980: Le Manège (animation de marionnettes), 1981: Le Bunker de la dernière rafalle (court 26 mns corĂ©alisĂ© avec Marc Caro), 1984: Pas de repos pour Billy Brakko (court), 1989: Foutaises, 1991: Delicatessen (corĂ©alisĂ© avec Marc Caro), 1995: La CitĂ© des Enfants perdues (corĂ©alisĂ© avec Marc Caro), 1997: Alien, la RĂ©surrection, 2001: Le Fabuleux destin d'AmĂ©lie Poulain, 2004: Un Long Dimanche de Fiançailles, 2009: Micmacs Ă  Tire-larigot. 2013: L'Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spive.


"Il n’y a que deux façons de vivre sa vie : l’une en faisant comme si rien n’Ă©tait un miracle, l’autre en faisant comme si tout Ă©tait un miracle."

8 636 041 entrĂ©es lors de sa sortie rien que sur notre territoire (aujourd'hui, il cumule 32 405 858 entrĂ©e Ă  travers le monde), une vingtaine de rĂ©compenses internationales, une contribution musicale proverbiale de Yann Tiersen (BO Ă©coulĂ©e Ă  plus d'1 million d'exemplaires, CĂ©sar de la meilleure bande originale), Le Fabuleux Destin d'AmĂ©lie poulain dĂ©chaĂ®na les passions d'un public galvanisĂ© par ces bulles d'allĂ©gresse. Hymne existentiel nappĂ© de nostalgie, message d'espoir et d'optimisme auprès de la conquĂŞte des coeurs, cantique au charme discret des petites choses de la vie par le biais de tocs et des saveurs culinaires, Le Fabuleux destin d'AmĂ©lie Poulain exalte le rĂŞve sous l'impulsion d'une (fĂ©e) philanthrope avide d'y bouleverser l'existence de son entourage. Car fuyant l'ennui et la solitude depuis sa difficile enfance sans affection parentale, AmĂ©lie s'empresse de se soucier des autres en leur Ă©laborant des stratĂ©gies fructueuses afin d'y semer le bonheur sur leur cheminement personnel.


IlluminĂ© de la prĂ©sence candide d'Audrey Tautou, elle transfigure son portrait altruiste avec une fantaisie dĂ©miurge. Car discrètement gadin, introvertie, redoutablement timorĂ©e lorsqu'il s'agit de conquĂ©rir le coeur d'un inconnu, AmĂ©lie doit affronter l'Ă©preuve du dĂ©passement de soi, l'audace de transgresser ses peurs afin d'extĂ©rioriser ses propres sentiments. D'une inventivitĂ© endĂ©mique dans son lot de dĂ©tails dĂ©jantĂ©s Ă  la poĂ©sie Ă©vocatrice (notamment celle en rapport Ă  l'enfance) et de situations cocasses oĂą le baroque se disputent Ă  l'effronterie, le destin singulier d'AmĂ©lie converge Ă  l'endurence du jeu de piste romantique depuis sa remise en question d'y prĂ©figurer son propre bonheur. Avec sa scĂ©nographie chaleureuse d'un paris provincial oĂą cohabitent les petites gens, Jean Pierre Jeunet esthĂ©tise son cadre de carte postale parmi les teintes criardes de rouge, de vert et de jaune. Sous l'impulsion de ces citadins loufoques, caractĂ©riels, aigris, provocateurs, nĂ©vrosĂ©s, voirs dĂ©sespĂ©rĂ©ment esseulĂ©s, Jeunet leur rend hommage avec un humanisme pĂ©tri de tendresse. Ainsi, par l'entremise de notre hĂ©roĂŻne redresseuse de tort, telle une Zorro en juppe courte, le fabuleux destin d'AmĂ©lie Poulain ne cesse d'y prodiguer l'intensitĂ© du moment prĂ©sent de par la fausse banalitĂ© de notre quotidiennetĂ©, quand bien mĂŞme d'autres se morfondent dans le regrĂŞt de n'avoir pu saisir leur chance au moment propice (j'en suis tĂ©moin).


La vie est un miracle
Instant d'émotions candides où l'onirisme enchanteur, l'humour coquin et le vertige amoureux se renouvellent sans cesse sous le tempérament pétulant de comédiens fantasques, le Fabuleux destin d'Amélie Poulain scande la festivité existentielle. Celle d'y dévorer sans complexe l'instant présent à l'instar d'une aventure riche en surprises et expériences humaines quand on s'y donne les moyens de les provoquer ! Une fulgurance féérique de tous les instants qu'Amélie nous prodigue généreusement avec une grâce scintillante. En d'autres termes, offrez le bonheur à votre entourage, ils vous le rendront.

B-M. 4èx
12.10.24

Récompenses:
Festival international du film de Karlovy Vary 2001 : Globe de cristal
Festival international du film de Toronto 2001 : People's Choice Award
Festival international du film de Chicago 2001 : Prix du public
Festival international du film d'Édimbourg 2001 : Prix du public
Festival du film de Cabourg 2001 : Prix du meilleur acteur pour Mathieu Kassovitz
Prix du cinéma européen 2001 :
People's Choice Award du meilleur film européen
Meilleur réalisateur pour Jean-Pierre Jeunet
Meilleure photographie
César 2002 :
Meilleur film
Meilleur réalisateur pour Jean-Pierre Jeunet
Meilleure musique originale pour Yann Tiersen
Meilleurs décors pour Aline Bonetto
Critics Choice Awards 2002 : meilleur film en langue étrangère
BAFTA Awards 2002 :
Meilleur scénario original pour Guillaume Laurant et Jean-Pierre Jeunet
Meilleure direction artistique pour Aline Bonetto
Prix Amanda 2002 : meilleur film étranger
Prix Goya 2002 : meilleur film européen
Prix Lumières 2002 :
Meilleur film
Meilleure actrice pour Audrey Tautou
Meilleur scénario
Lions tchèques 2002 : meilleur film étranger
Guldbagge Awards 2002 : meilleur film étranger
Independent Spirit Awards 2002 : meilleur film étranger
Prix Sant Jordi du cinéma 2002 : meilleure actrice étrangère pour Audrey Tautou
London's Favourite French Film 2004 : prix des internautes

mercredi 9 novembre 2016

Alice ou la dernière fugue

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site festival-gerardmer.com

de Claude Chabrol. 1977. France. 1h33. Avec Sylvia Kristel, Charles Vanel, André Dussollier, Bernard Rousselet, Fernand Ledoux, Jean Carmet, François Perrot.

Sortie salles France: 19 Janvier 1977.


L’ultime passage d’Alice
(Entre les limbes et la lumière).

Unique incursion de Claude Chabrol dans le fantastique, Alice ou la dernière fugue est une invitation au rĂŞve, une dĂ©rive sensorielle dans l’errance d’une jeune femme piĂ©gĂ©e dans un monde sans repères. 

LassĂ©e de sa vie conjugale avec son amant, Alice quitte le foyer et s’aventure vers une contrĂ©e inconnue. Sous une pluie battante, elle trouve refuge dans une vaste demeure nichĂ©e Ă  la lisière d’un bois. Accueillie chaleureusement par un domestique affable, elle fait la connaissance du maĂ®tre des lieux - si bien qu’elle accepte de passer la nuit parmi eux. Mais au matin, face Ă  leur absence inexpliquĂ©e, elle tente de quitter la maison… pour dĂ©couvrir qu’elle reste enfermĂ©e dans cet ailleurs sans issue.

Étrange, insolite, nonsensique, Alice ou la dernière fugue s’impose comme une expĂ©rience fantasmagorique irriguĂ©e par l’irrationnel. L’hĂ©roĂŻne croise des figures tantĂ´t excentriques, tantĂ´t Ă©quivoques, au grĂ© d’un cheminement en boucle, labyrinthique. EnracinĂ© dans une nature vibrante que viennent troubler de lĂ©gers soubresauts du rĂ©el - comme cette subtile rupture temporelle - le rĂ©cit glisse peu Ă  peu vers une douce inquiĂ©tude. Alice, guidĂ©e par son instinct aventureux, se heurte Ă  des interlocuteurs volontiers provocateurs, presque hostiles (il est interdit de leur poser des questions !).

PortĂ©e par la beautĂ© lunaire de Sylvia Kristel, inoubliable Emmanuelle, le film trouve son cĹ“ur battant. L’actrice insuffle Ă  son personnage une grâce lascive, tout en pudeur et en sagesse, mĂŞme lorsque Chabrol s’autorise un bref dĂ©voilement de son corps, comme une offrande Ă©thĂ©rĂ©e d’Ă©rotisme mĂ©lancolique. Curieuse, fragile, et pourtant paisible face aux mystères d’une demeure gothique, Alice tente d’en percer les secrets, au rythme de journĂ©es qui se rĂ©pètent - visages croisĂ©s, phĂ©nomènes Ă©trangement anodins, rituels absurdes. Grâce Ă  la prĂ©sence presque spectrale de Kristel, et au brio de Chabrol dans l’orchestration d’un dĂ©cor Ă  la fois gothique (la maison sombre, dĂ©labrĂ©e) et solaire (le jardin Ă©clatant de lumière), le film nous immerge dans un rĂŞve clos, suspendu dans l’instant. Unique en son genre. 


"La vie n’est qu’un long rĂŞve dont la mort nous rĂ©veille."
RĂ©flexion mĂ©taphysique sur la perception de la rĂ©alitĂ©, catharsis silencieuse sur l’acceptation de la mort, Alice ou la dernière fugue est l’une des rares pĂ©pites du fantastique français Ă  rĂ©ellement nous plonger dans un onirisme abscons, bientĂ´t identifiable. Si la rĂ©vĂ©lation finale se devine en filigrane, l’essence du film rĂ©side ailleurs : dans cette atmosphère feutrĂ©e, ensorcelante, oĂą le surnaturel se drape de douceur et d’Ă©pure. Un joyau d’Ă©lĂ©gance et de mĂ©lancolie transcendĂ© par Chabrol et par la divine Sylvia Kristel. Sans oublier la prĂ©sence prĂ©cieuse des excellents seconds rĂ´les : Jean Carmet, AndrĂ© Dussollier, et surtout Charles Vanel, en Ă©nigmatique gardien des limbes.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

Dédicace à Philippe Beun-Garbe

FILMOGRAPHIE: Claude Chabrol est un réalisateur français, producteur, acteur, scénariste et dialoguiste, né le 24 juin 1930, décédé le 12 septembre 2010.
1959 : Le Beau Serge. 1959 : Les Cousins. 1959 : À double tour. 1960 : Les Bonnes Femmes. 1961 : Les Godelureaux. 1962 : Les Sept Péchés capitaux (segment L'Avarice avec J.-C. Brialy). 1962 : L'Œil du Malin. 1963 : Ophélia. 1963 : Landru. 1964 : L'Homme qui vendit la tour Eiffel
(segment dans Les Plus Belles Escroqueries du monde). 1964 : Le Tigre aime la chair fraîche. 1965 : Paris vu par... (segment La Muette). 1965 : Marie-Chantal contre docteur Kha. 1965 : Le Tigre se parfume à la dynamite. 1966 : La Ligne de démarcation. 1967 : Le Scandale. 1967 : La Route de Corinthe. 1968 : Les Biches. 1969 : La Femme infidèle. 1969 : Que la bête meure. 1970 : Le Boucher
1970 : La Rupture. 1971 : Juste avant la nuit. 1971 : La Décade prodigieuse. 1972 : Docteur Popaul
1973 : Les Noces rouges. 1974 : Nada. 1975 : Une partie de plaisir. 1975 : Les Innocents aux mains sales. 1976 : De Grey, un récit romanesque Téléfilm. 1976 : Les Magiciens. 1976 : Folies bourgeoises
1977 : Alice ou la Dernière Fugue. 1978 : Les Liens de sang. 1978 : Violette Nozière. 1980 : Le Cheval d'orgueil. 1982 : Les Fantômes du chapelier. 1984 : Le Sang des autres. 1985 : Poulet au vinaigre. 1986 : Inspecteur Lavardin. 1987 : Masques. 1988 : Le Cri du hibou. 1989 : Une affaire de femmes. 1990 : Jours tranquilles à Clichy. 1990 : Docteur M.1991 : Madame Bovary. 1992 : Betty
1993 : L'Œil de Vichy. (une sélection des actualités du régime de Vichy). 1994 : L'Enfer. 1995 : La Cérémonie. 1997 : Rien ne va plus. 1999 : Au cœur du mensonge. 2000 : Merci pour le chocolat (prix Louis-Delluc). 2002 : La Fleur du mal. 2004 : La Demoiselle d'honneur. 2006 : L'Ivresse du pouvoir
2007 : La Fille coupée en deux. 2008 : Bellamy

mardi 8 novembre 2016

Death Warmed-up. Licorne d'Or au rex de Paris, 1984.

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinemascream.com

de David Blyth. 1984. Nouvelle-ZĂ©lande. 1h18. Avec Norelle Scott, William Upjohn, Margaret Umbers, Michael Hurst, David Letch.

Sortie salles Nouvelle-Zélande: 25 Avril 1985

FILMOGRAPHIE: David Blyth est un réalisateur, scénariste et producteur néo-zélandais né 1956 à Auckland. 2013: Ghost Bride. 2010 Wound. 2004 Bound for Pleasure (Video documentary). 2001 Exposure (Video). 1997 Rouge sang. 1995 The Call Up. 1994: Kahu & Maia. 1992: My Grandpa Is a Vampire. 1990 Virus vampire. 1989 House III (non crédité). 1984 Death Warmed Up. 1983 It's Lizzie to Those Close (télé-film). 1980 A Woman of Good Character. 1978 Angel Mine.


"Dans le crâne du cauchemar".
ExpĂ©rience de cinĂ©ma extrĂŞme, inĂ©dite en salles dans l’Hexagone mais bien connue des vidĂ©ophiles grâce Ă  sa location VHS Ă©ditĂ©e par RenĂ© Chateau, Death Warmed Up est une production nĂ©o-zĂ©landaise façonnĂ©e dans un esprit dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. David Blyth nous entraĂ®ne dans une sarabande infernale, jusqu’au-boutiste, portĂ©e par un maelstrom d’images frĂ©nĂ©tiques oĂą s’entrelacent gore craspec et excentricitĂ© comportementale noyĂ©e dans la dĂ©mence. Trip expĂ©rimental dĂ©gingandĂ© - cadrages obliques, camĂ©ra Ă  l’Ă©paule agressive, parfois rotative - Death Warmed Up fait office d’ovni vitriolĂ©, dont le scĂ©nario foutraque et improbable ne sert que de prĂ©texte Ă  cristalliser un univers dĂ©lurĂ©, vouĂ© Ă  perdre les repères d’un spectateur mĂ©dusĂ© par ce climat d’hystĂ©rie collective.


Synopsis: Après avoir purgĂ© sept ans en psychiatrie pour le meurtre de ses parents, Michael part Ă  la recherche du vĂ©ritable responsable : un savant fou perfide, obsĂ©dĂ© par le secret de l’immortalitĂ©, qu’il tente d’atteindre au moyen d’horribles expĂ©riences sur des cobayes humains. AccompagnĂ© de sa compagne et d’un couple d’amis, il retrouve sa trace dans un archipel isolĂ©. Mais sur place, ils sont bientĂ´t agressĂ©s par des marginaux motorisĂ©s, puis pourchassĂ©s par des zombies et des infirmiers persifleurs !  

Un pitch absurde digne d’une sĂ©rie Z que David Blyth transcende par une inventivitĂ© formelle, malgrĂ© des dĂ©cors standards rĂ©duits au minimum, et une avalanche de situations horrifiques d’une vigueur dĂ©rangeante. Le cinĂ©aste insiste avec fureur sur des plans serrĂ©s, captant les expressions hallucinĂ©es de comĂ©diens exaltĂ©s, avant d’exacerber la violence des corps Ă  corps entre survivants et agresseurs. PortĂ©s par une impulsion nĂ©vrosĂ©e, ces interprètes amateurs — inconnus du public français — offrent un surjeu en parfaite harmonie avec le climat bisseux de cette production indĂ©pendante nĂ©e des terres nĂ©o-zĂ©landaises.

Sous les faisceaux de lumières criardes, une partition dissonante et une scĂ©nographie fĂ©tide Ă©rigĂ©e autour d’une clinique chirurgicale - oĂą l’on dissèque des boĂ®tes crâniennes en gros plan - Death Warmed Up nous enferme dans un dĂ©dale malsain en chute libre. Sa dernière demi-heure, apocalyptique, s’avère aussi explosive et mĂ©chamment sanglante que tragique et vertigineuse, culminant dans un plan final d’une vigueur Ă©motionnelle gravĂ©e dans toutes les mĂ©moires.


Une expérience schizophrène, en roue libre, animée par une démence contagieuse.
Totalement fou, saugrenu et nonsensique (ou alors si peu), Death Warmed Up transcende l’expĂ©rience atypique d’un cauchemar sur pellicule, aussi glauque que bigarrĂ©. Un authentique film culte, justement rĂ©compensĂ© par la Licorne d’Or Ă  Paris, preuve que son impact visuel reste aussi probant que dĂ©paysant - avec, en arrière-plan, comme un pied de nez ironique, l’environnement rassurant de vastes plaines verdoyantes.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

B-M. 5èx
05.08.24. Vostfr
08.11.16
08.03.11. (161)

Récompense: Licorne d'Or au festival du film fantastique du Rex à Paris, 1984.

lundi 7 novembre 2016

Les Contes de la Nuit Noire. Grand Prix, Avoriaz 91.

                                                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site luv-movies.com

"Tales from the Darkside: The Movie" de John Harrison. 1990. U.S.A. 1h33. Avec Deborah Harry, David Forrester, Matthew Lawrence, Christian Slater, Steve Buscemi, Julianne Moore, James Remar, Rae Dawn Chong.

Sortie salls France: 15 Mai 1991.

FILMOGRAPHIEJohn Harrison est un rĂ©alisateur amĂ©ricain et compositeur de musique de films nĂ© en 1948. Au cinĂ©ma: 1979 : Effects. 1990 : Darkside, les contes de la nuit noire. 2009: Livres de sang. A la tĂ©lĂ©vision: 1995 : Donneur inconnu. 1996 : The Assassination File. 2000 : Dune (mini-sĂ©rie). 2005 : Supernova (tĂ©lĂ©film). 2008: Blank Slate. Discographie: 1983 : Creepshow. 1986 : Le Jour des morts-vivants. 1990 : Tales from the dark Side, the Movie. 2007 : Effects (B.O. du film de 1979).


N'y allons pas par quatre chemins, Les Contes de la Nuit constitue un film Ă  sketchs (dĂ©clinaison de la sĂ©rie TV Histoires de l'autre monde) de ce qu'il y a de plus Ă©lĂ©mentaire, faute Ă  des scĂ©narios peu surprenants et d'une certaine carence de suspense et de tension. A titre de comparaison, n'importe quel Ă©pisode des Contes de la Crypte s'avère largement plus frĂ©quentable. Je me demande alors comment une oeuvre aussi mineure ait pu autant convaincre le jury d'Avoriaz au point de lui dĂ©cerner le fameux Grand Prix malgrĂ© ses qualitĂ©s techniques ? Or, Outre le plaisir de retrouver Ă  l'Ă©cran Christian Slater, Steve Buscemi et Julianne Moore et de s'impressionner de la cruautĂ© de certaines mises Ă  morts, le 1er sketch concernant la rĂ©surrection d'une momie par des Ă©tudiants demeure agrĂ©ablement bonnard et attachant, notamment auprès de sa rĂ©alisation soignĂ©e et du jeu convaincant des jeunes acteurs aujourd'hui notoires. 


Et si le second segment bénéficie d'un montage inventif, d'un pitch un peu plus original (la vengeance d'un chat noir et les morts qu'il accumule malgré le recrutement d'un tueur à gage) et une fois encore d'effets spéciaux convaincants (l'incroyable séquence du félin pénétrant à l'intérieur de la gorge d'une victime !), son manque de rebondissements et la monotonie des situations d'appréhension sont récupérés d'une certaine efficacité dans la réalisation et la conduite du récit quelque peu atmosphérique. Et pour clore en beauté, on s'immerge avec mélancolie envoûtante dans sa dernière histoire dépeignant avec sensibilité l'histoire d'amour impossible entre un peintre et une jeune inconnue. Ce dernier ayant préalablement conclu un étrange pacte avec une créature ailée. Celui de lui promettre de garder à jamais le silence sur sa sauvage agression en guise de clémence. Bien que son cheminement narratif ne cultive pas non plus de surprises, il demeure un peu mieux conté et étoffé au niveau de la caractérisation du couple en étreinte amoureuse, notamment grâce aux attachantes prestances de James Remar et Rae Dawn Chong. Sa conclusion épouvantable et ses séquences impressionnantes sublimant l'iconographie d'une créature mythologique rehaussant l'aspect tragique de ce conte horrifique émotionnellement cruel et empathique.


Soutenu de la prĂ©sence sarcastique de la chanteuse Deborah Harry entrevue lors des interludes parfaitement ludiques, Darkside les contes de la nuit noire est finalement une sympathique sĂ©rie B du Samedi soir que la gĂ©nĂ©ration 80 ne manquera pas de revoir avec soupçon de nostalgie faute de son Ă©poque rĂ©volue. 

B-M. 
25.09.24. 4èx. Vostfr

Récompense: Grand Prix au Festival international du film fantastique d'Avoriaz 1991

vendredi 4 novembre 2016

LA MAIN SUR LE BERCEAU. Grand Prix, Cognac 92.

                                                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site subscene.com

"The Hand That Rocks the Cradle" de Curtis Hanson. 1992. 1h50. Avec Annabella Sciorra, Rebecca De Mornay, Matt McCoy, Ernie Hudson, Julianne Moore, Madeline Zima, John de Lancie

Sortie salles France: 9 Septembre 1992. U.S: 10 Janvier 1992

FILMOGRAPHIE: Curtis Hanson, né le 24 mars 1945 à Reno (Nevada) et mort le 20 septembre 2016 à Los Angeles (Californie), est un réalisateur, producteur et scénariste américain. 1973 : Sweet Kill. 1980 : The Little Dragons. 1983 : American Teenagers. 1987 : Faux témoin. 1990 : Bad Influence. 1992 : La Main sur le berceau. 1994 : La Rivière sauvage. 1997 : L.A. Confidential. 2000 : Wonder Boys. 2002 : 8 Mile. 2005 : In Her Shoes. 2007 : Lucky You. 2012 : Chasing Mavericks (coréalisé avec Michael Apted).


En pleine vogue du thriller Ă©rotico-horrifique initiĂ© par Liaison fatale et Basic Instinct, La Main sur le Berceau fit sensation au festival de Cognac si bien qu'il remporte le Grand Prix, le Prix d'interprĂ©tation FĂ©minine pour Rebecca De Mornay et le Prix du Public durant l'annĂ©e de sa sortie. A la suite du suicide de son Ă©poux gynĂ©co dĂ©noncĂ© par une de ses patientes pour attouchements sexuels, sa dĂ©funte Ă©pouse dĂ©cide de se faire passer pour une nourrice auprès de cette dernière afin de se venger. A partir de ce pitch limpide prĂ©figurant un divertissement formatĂ© bâti sur l'efficacitĂ© de confrontations tendues entre une nurse psychotique et une famille prĂ©venante, Curtis Hanson Ă©lude adroitement les conventions dans sa facultĂ© d'instaurer un suspense latent au fil progressif d'une vengeance circonspecte. EpaulĂ© de la prestance dĂ©sarmante de naturel de Rebecca De Mornay littĂ©ralement habitĂ©e par sa fonction sournoise et par sa haine contenue (si on Ă©lude son accès de fureur extĂ©riorisĂ©e dans les toilettes et sa punition expĂ©ditive finale !), La Main sur le Berceau cultive des situations particulièrement cohĂ©rentes.


De par la perversitĂ© de cette mĂ©gère experte en art de la manipulation, de l'humiliation (la scène de la surprise-party) et du chantage jusqu'aux stratĂ©gies meurtrières (le piège Ă  verre dans la serre, les inhalateurs d'asthme vidĂ©s de leur gaz). Tant auprès du domestique dĂ©ficient (la proie la plus facile Ă  incriminer) que du couple Bartel et de leurs enfants inĂ©vitablement naĂŻfs d'apprivoiser sa fausse bonhomie. Cette dernière usant notamment de son charme raffinĂ© et de son regard azur pour endormir ses victimes dans un jeu tacite de sĂ©duction. Grâce Ă  la sobriĂ©tĂ© des seconds-rĂ´les se partageant la sĂ©rĂ©nitĂ© dans la cohĂ©sion familiale, Curtis Hanson fait naĂ®tre une tension en ascension depuis leur dĂ©gĂ©nĂ©rescence morale Ă  s'opposer au simulacre de la fĂ©lonie. Au travers de cette cellule conjugale en implosion, le rĂ©alisateur insiste surtout sur le tĂ©moignage dĂ©muni de l'Ă©pouse Bartel brillamment manipulĂ©e par la nourrice si bien qu'elle finit par y dĂ©laisser son Ă©poux et ses enfants. Dans ce jeu roublard de manipulation, la tournure cauchemardesque des Ă©vènements va monter d'un Ă©chelon lorsque la mort viendra frapper Ă  leur porte. Curtis Hanson culminant cette dĂ©chĂ©ance vindicative vers un point d'orgue terrifiant dans son jeu de cache-cache rigoureusement charpentĂ© ! (et ce en dĂ©pit de clichĂ©s usuels du genre).


Thriller Ă  suspense menĂ© avec savoir-faire et rehaussĂ© d'une efficacitĂ© ciselĂ©e dans sa tension subtilement oppressante (l'incroyable sĂ©quence claustro d'une asphyxie asthmatique !), La Main sur le berceau bĂ©nĂ©ficie en outre d'un casting convaincant afin de crĂ©dibiliser les enjeux humains sĂ©vèrement molestĂ©s par une psychopathe maternelle (son unique dessein n'Ă©tant que de fonder une nouvelle famille, Ă  l'instar du Beau-Père de Joseph Ruben !). Une mĂ©canique frissonnante redoutablement pernicieuse et viciĂ©e ! 

3èx

Récompenses: Grand Prix, Prix du public et Prix de la meilleure actrice (Rebecca De Mornay), lors du Festival du film policier de Cognac 1992.

jeudi 3 novembre 2016

INCIDENTS DE PARCOURS

                                                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Monkey Shines" de George A. Romero. 1988. U.S.A. 1h52. Avec Jason Beghe, John Pankow, Kate McNeil, Joyce Van Patten, Christine Forrest, Stephen Root, Stanley Tucci, Janine Turner.

Sortie salles France: 25 Janvier 1989

FILMOGRAPHIE: George Andrew Romero est un réalisateur, scénariste, acteur, auteur américain, né le 4 Février 1940 à New-York. 1968: La Nuit des Morts-vivants. 1971: There's Always Vanilla. 1972: Season of the Witch. 1973: The Crazies. 1977: Martin. 1978: Zombie. 1981: Knightriders. 1982: Creepshow. 1985: Le Jour des Morts-vivants. 1988: Incidents de parcours. 1990: Deux Yeux Maléfiques. 1992: La Part des Ténèbres. 2000: Bruiser. 2005: Land of the Dead. 2008: Diary of the Dead. 2009: Survival of the Dead. 2011: Deep Red.


Thriller horrifique d'une grande intensitĂ© psychologique autour des thèmes de la tĂ©lĂ©pathie, la mĂ©galomanie (l'orgueil de l'homme jouant Ă  l'apprenti sorcier), l'exploitation animale (la vivisection) et notre instinct animal (notre nature dĂ©lĂ©tère), Incidents de Parcours dĂ©cuple son pouvoir de fascination sous l'impulsion d'une narration vitriolĂ©e d'une rare originalitĂ©. Devenu tĂ©traplĂ©gique Ă  la suite d'un accident, Allan Ă©tablit la connaissance amiteuse d'un capucin, Ella, que son acolyte Geoffrey lui a offert pour lui prĂŞter assistance. Peu Ă  peu, une Ă©trange relation irascible s'instaure entre eux depuis que Geoffrey continue d'expĂ©rimenter sur l'animal un sĂ©rum Ă  base de cerveau humain afin d'altĂ©rer ses gĂŞnes.Variation tacite de la Planète des Singes si je me rĂ©fère Ă  l'insurrection du capucin dĂ©libĂ©rĂ© Ă  transcender notre intelligence par le biais de l'autoritĂ©, de la domination et de la vengeance, Incidents de parcours nous entraĂ®ne dans un troublant jeu de pouvoir entre l'animal et son maĂ®tre communĂ©ment capables de communiquer par tĂ©lĂ©pathie depuis l'expĂ©rimentation d'une potion frelatĂ©e.


D'un réalisme détonnant dans sa mis en scène studieuse si bien que le capucin se fond dans le corps d'un vrai comédien dans une posture rebelle en apprentissage criminel, Incidents de parcours distille un climat malsain redoutablement vénéneux par le biais d'un cheminement narratif vertigineux. Car si de prime abord, la relation amicale entamée entre eux s'avère gentiment ludique et que l'ambiance sereine préfigure une forme de divertissement convenu (clichés inévitables à l'appui), la tournure cauchemardesque des évènements converge à un vigoureux jeu de soumission entre l'animal et Allan littéralement envahi par la haine de sa compagne. Cette dernière étant inconsciemment déterminée (par l'effet du sérum) à prendre sa revanche sur l'homme depuis sa condition esclave ! A savoir, l'instrument de vivisection de chirurgiens sans vergogne qu'expérimentent Geoffrey ainsi que son adjoint fureteur. Parvenant à pénétrer à l'intérieur de l'esprit du singe par sa faculté mentale, Allan emmagasine toute sa colère interne et parvient même à visionner ses moindres déplacements lors de ses escapades nocturnes. Par le biais de ce sérum dérivé du cerveau humain, Ella finit donc par adopter nos sentiments perfides de tricherie, de vice, de trahison et de méchanceté engendrées par notre nature autocrate.


Epreuve de force Ă  la fois corporelle et morale entre un tĂ©traplĂ©gique et un primate, Incidents de Parcours transcende de manière bougrement singulière une rĂ©flexion sur l'instinct bestial de l'homme ("c'est ça le diable, c'est l'instinct" dĂ©clare Allan) et sa nature orgueilleuse Ă  daigner exploiter plus faible qu'autrui. Passionnant, intense et immersif lorsque Allan et Ella ne font (cĂ©rĂ©bralement) plus qu'un jusqu'Ă  s'entredĂ©chirer pour un enjeu de survie, Incidents de parcours provoque un malaise psychologique quant Ă  notre condition infortunĂ©e (l'influence du Mal sur notre raison !) sous couvert d'argument fantastique mĂ©taphysique. Une perle rare aussi ensorcelante que dĂ©rangeante, Ă  redĂ©couvrir d'urgence ! 

4èx

mercredi 2 novembre 2016

L'INCONNU DU NORD EXPRESS

                                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fan-de-cinema.com

"Strangers on a Train" d'Alfred Hitchcock. 1951. U.S.A. 1h37 (US)/1h39(Angleterre). Avec Farley Granger, Ruth Roman, Robert Walker, Marion Lorne, Leo G. Carroll, Patricia Hitchcock, Jonathan Hale.

Sortie salles France: 9 Janvier 1952. U.S: 3 Juillet 1951

FILMOGRAPHIE: Alfred Hitchcock est un réalisateur, producteur et scénariste anglo américain, né le 13 Août 1899, décédé le 29 Avril 1980.
1935: Les 39 Marches. 1936: Quatre de l'Espionnage. Agent Secret. 1937: Jeune et Innocent. 1938: Une Femme Disparait. 1939: La Taverne de la Jamaique. 1940: Rebecca. Correspondant 17. 1941: Soupçons. 1942: La 5è Colonne. 1943: l'Ombre d'un Doute. 1944: Lifeboat. 1945: La Maison du Dr Edward. 1946: Les Enchainés. 1947: Le Procès Paradine. 1948: La Corde. 1949: Les Amants du Capricorne. 1950: Le Grand Alibi. 1951: L'Inconnu du Nord-Express. 1953: La Loi du Silence. 1954: Le Crime était presque parfait. Fenêtre sur cour. 1955: La Main au Collet. Mais qui a tué Harry ? 1956: l'Homme qui en savait trop. Le Faux Coupable. 1958: Sueurs Froides. 1959: La Mort aux Trousses. 1960: Psychose. 1963: Les Oiseaux. 1964: Pas de Printemps pour Marnie. 1966: Le Rideau Déchiré. 1969: l'Etau. 1972: Frenzy. 1976: Complot de Famille.


Enième classique du thriller dirigĂ© par le maĂ®tre inĂ©galĂ© du suspense, L'inconnu du Nord-Express doit beaucoup de sa vigueur et de son pouvoir de fascination grâce au roman de Patricia Highsmith qu'Hitchock retranscrit sur pellicule avec sa maestria traditionnelle (le meurtre par strangulation saisissant de rĂ©alisme feutrĂ©, la chute du briquet dans l'Ă©gout, la tentative d'assassinat du père de Bruno, l'altercation musclĂ©e entre l'assassin et la victime communĂ©ment piĂ©gĂ©s entre les chevaux d'un manège dĂ©traquĂ©, le forain tentant d'y stopper le mĂ©canisme en se faufilant sous le carrousel, etc...). Nanti d'un scĂ©nario aussi pervers que redoutablement machiavĂ©lique, l'Inconnu du Nord-express alterne suspense et tension sous l'impulsion d'une confrontation ardue entre un tueur sans vergogne et une victime subordonnĂ©e Ă  son odieux chantage. Durant son voyage ferroviaire, le champion de tennis Guy Haisnes fait l'Ă©trange connaissance de Bruno Anthony. Ce dernier lui proposant avec enthousiasme le compromis d'un Ă©change de meurtres. A savoir supprimer l'Ă©pouse de Guy en instance de divorce contre l'assassinat du père de Bruno qu'il dĂ©teste immodĂ©rĂ©ment. Conscient d'avoir affaire Ă  un fou, Guy met un terme Ă  la conversation au moment mĂŞme oĂą le train arrive Ă  destination. Durant sa sortie prĂ©cipitĂ©e, il omet son briquet sur la table que Bruno s'est empressĂ© de dĂ©rober pour tenir lieu de preuve. Quelques jours plus tard, Bruno passe vĂ©ritablement Ă  l'acte si bien que l'Ă©pouse de Guy est retrouvĂ©e Ă©tranglĂ©e Ă  proximitĂ© d'une fĂŞte foraine. 


Ce pitch dĂ©jantĂ© d'une audace incongrue est notamment l'occasion de dresser le portrait glaçant d'un assassin psychotique avide de notoriĂ©tĂ© car dĂ©sespĂ©rĂ©ment solitaire depuis une dĂ©mission parentale. Et pour incarner ce rĂ´le dĂ©saxĂ©, Robert Walker crève littĂ©ralement l'Ă©cran avec un dĂ©sarmant naturel dans sa posture aussi dĂ©contractĂ©e qu'erratique. A l'instar de cette sĂ©quence Ă  la fois intense et dĂ©rangeante lorsqu'il propose Ă  une sexagĂ©naire de lui simuler une strangulation face au tĂ©moignage d'une jeune fille ressemblant Ă  la victime ! Par le biais de cette spectatrice intriguĂ©e par son comportement transi, Hitchcock dĂ©cuple un intense malaise, notamment face au tĂ©moignage distinguĂ© des hĂ´tes particulièrement gĂŞnĂ©s du numĂ©ro morbide. AssurĂ©ment, l'une des sĂ©quences les plus impressionnantes et troubles quant au comportement pathologique du tueur incapable de refrĂ©ner ses pulsions depuis sa rĂ©miniscence criminelle. On peut Ă©galement vanter la densitĂ© psychologique impartie Ă  la maĂ®tresse de Guy (Ruth Roman, criante d'Ă©lĂ©gance Ă©purĂ©e !) car soupçonnant avec dĂ©sarroi et amertume l'Ă©ventuelle culpabilitĂ© de cet inconnu en concertation avec son propre amant. Quant Ă  Guy Haisnes perpĂ©tuellement malmenĂ© par ce maĂ®tre-chanteur mais s'efforçant dignement de se dĂ©pĂŞtrer de la conjuration, Hitchcock le caractĂ©rise avec vibrante Ă©motion sous l'impulsion sentencieuse du charismatique Farley Granger. 



Chef-d'oeuvre de suspense d'une perversitĂ© vĂ©nĂ©neuse si bien que l'intensitĂ© des enjeux culmine vers un Ă©pilogue incroyablement catastrophiste, l'Inconnu du Nord-Express scande un fabuleux numĂ©ros d'acteurs dans leur caractĂ©risation fĂ©brile d'une tourmente criminelle. 

3èx 

mardi 1 novembre 2016

Les Démons du Maïs / Children of the Corn / Horror Kid. Prix du Meilleur film fantastique, Bruxelles 84.

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site horrorfreaknews.com

de Fritz Kiersch. 1984. U.S.A. 1h32. Avec Peter Horton, Linda Hamilton, Robby Kiger, Anne Marie McEvoy, John Franklin, Courtney Gains, R. G. Armstrong.

Sortie salles France: 30 Janvier 1985

FILMOGRAPHIE: Fritz Kiersch est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain nĂ© en 1951 Ă  Alpine, Texas. 1984 : Les DĂ©mons du maĂŻs. 1985 : Quartier chaud. 1987 : Winners Take All. 1988 : Gor. 1989 : Under the Boardwalk. 1992 : Into the Sun. 1995 : The Stranger. 1997 : Crayola Kids Adventures: Tales of Gulliver's Travels. 2006 : Surveillance. The Hunt


SĂ©rie B oubliĂ©e des annĂ©es 80 d'autant plus mĂ©prisĂ©e par les critiques dès sa sortie, les DĂ©mons du MaĂŻs obtint pourtant le succès commercial en AmĂ©rique du Nord puisqu'il rapporta 14 568 000 $ contre un budget de 3 000 000 $. D'après un roman de Stephen King, l'intrigue linĂ©aire quelque peu confuse et sans surprise n'est pas le point fort du mĂ©trage, Ă  l'instar d'une caractĂ©risation peu dĂ©veloppĂ©e des personnages. Un couple en villĂ©giature se retrouve pris au piège au sein d'un village fantĂ´me entièrement rĂ©gi par des enfants tueurs. Ces derniers ayant sacrifiĂ© leurs parents sous l'allĂ©geance du porte-parole Isaac afin d'invoquer leur Dieu au milieu d'un champs de maĂŻs. Dès lors, dans un instinct de survie, le couple tente de leur Ă©chapper tout en contrecarrant en dernier recours les ambitions occultes des garnements. Ainsi, ce pitch interlope parvient miraculeusement Ă  impliquer le spectateur lors d'une Ă©trange incantation de masse profĂ©rĂ©e par des enfants irresponsables. MĂ©taphore sur l'intĂ©grisme, les DĂ©mons du MaĂŻs bĂ©nĂ©ficie de quelques sĂ©quences-chocs percutantes (son prologue meurtrier plutĂ´t dĂ©jantĂ©, le meurtre d'un jeune adulte dans le champs de MaĂŻs et l'accident automobile qui s'ensuit) et surtout d'une ambiance d'Ă©trangetĂ© assez malsaine qui imprègne tout le rĂ©cit (comme le souligne l'apprĂ©hension du pompiste confinĂ© dans sa station service et prochainement livrĂ© au lynchage) derrière le thème du sectarisme. 


Le rĂ©alisateur s'efforçant d'y distiller un climat vĂ©ritablement ombrageux au sein d'une bourgade bucolique soumise aux forces du Mal depuis que les enfants se sont jurer d'y accueillir un Dieu sauveur. Sous l'impulsion d'une bande-son vigoureuse (le souffle explicite du vent fouettant les Ă©pis de maĂŻs) et d'un superbe score de choeurs malĂ©fiques, les DĂ©mons du MaĂŻs fascine avec assez de rĂ©alisme quant Ă  la description de cette confrĂ©rie Ă©sotĂ©rique plutĂ´t singulière (et ce en dĂ©pit d'une structure narrative Ă©maillĂ©e d'ellipses). Si le couple formĂ© par Peter Horton et Linda Hamilton (d'ailleurs son rĂ´le le plus effĂ©minĂ© de sa carrière !) manque d'Ă©paisseur psychologique Ă  travers leur posture ordinaire, ces derniers y manifestent toutefois de la volontĂ© Ă  se fondre dans la peau de victimes molestĂ©es si bien que l'on s'attache facilement Ă  leur condition dĂ©munie, notamment parmi leur ressort humaniste de se confier auprès de deux enfants candides. Qui plus est, on peut Ă©galement prĂ´ner la figuration infantile des seconds-rĂ´les inhospitaliers (d'autant plus affublĂ©s d'armes blanches acĂ©rĂ©es !) sous le pilier de deux leaders perfides se disputant la prise du pouvoir avec un charisme incroyablement expressif. Sur ce point, l'inquiĂ©tant John Franklin se taille une carrure patibulaire de "petit homme" dans celui d'Isaac avec une mine contorsionnĂ©e, quand bien mĂŞme son partenaire rouquin Courtney Gains se glisse dans le personnage instable, si dĂ©testable, de Malachai avec une expression rĂ©voltĂ©e irriguĂ©e d'accrimonie.


SĂ©rie B mineure pâtissant d'un script prĂ©mâchĂ© et d'une caractĂ©risation approximative des personnages, Les DĂ©mons du MaĂ®s constitue pourtant un fort sympathique divertissement horrifique de par son climat d'Ă©trangetĂ© rigoureusement prĂ©gnant et la bonhomie du couple Burton/vicky en proie Ă  une hostilitĂ© infantile au charisme violemment dĂ©lĂ©tère. A redĂ©couvrir avec un vif intĂ©rĂŞt si bien qu'il semble mĂŞme encore plus convaincant et envoĂ»tant aujourd'hui. 

4èx. Vostfr. 4K

Récompense: Prix du meilleur film fantastique au Festival international du film fantastique de Bruxelles, 1984.

Note (Wikipedia): La Finlande et l’Islande ont interdit le film sur leur territoire lors de sa sortie car jugĂ© trop violent.

lundi 31 octobre 2016

The descent, Part 2

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Jon Harris. 2009. Angleterre. 1h34. Avec Shauna Macdonald, Natalie Mendoza, Gavan O'Herlihy, Anna Skellern, Krysten Cummings, Joshua Dallas.

Sortie salles France: 14 Octobre 2009. Angleterre: 2 Décembre 2009

FILMOGRAPHIE: Jon Harris (né le 11 juillet 1967 à Sheffield en Angleterre) est un monteur et réalisateur britannique. 2009: The Descent 2.


4 ans après le succès public et critique de The Descent, Jon Harris, monteur de son modèle, entreprend pour la première fois de sa carrière de passer derrière la caméra avec The Descent, Part 2.
Pour info subsidiaire, le pitch de cette nouvelle mouture s'inspire du final alternatif US. 

Synopsis:  Devenue amnĂ©sique, Sarah accepte Ă  nouveau de retourner dans la grotte depuis l'espoir des secouristes Ă  retrouver d'Ă©ventuels rescapĂ©s. Mais les crĂ©atures aussi sanguinaires restent Ă  l'affĂ»t du moindre intrus.

Reprenant à peu de choses près le même schéma narratif qu'au préalable (stratégies de survie d'une équipe de secouristes contre les agressions récursives des "Crawlers"), cette séquelle parvient pourtant à se démarquer de la routine sans excès de zèle. De par le savoir-technique d'une réalisation un peu mieux maîtrisée que son modèle (les confrontations barbares entre assaillants et victimes s'avérant cette fois-ci plus lisibles), la spontanéité des comédiens habités par la pugnacité (avec toujours cette louable louange pour la cause féminine) et quelques idées retorses renforçant en prime en dernière partie une intensité dramatique inopinément poignante.


Si bien qu'en empruntant les thèmes de la bravoure, de la rédemption et du sacrifice, Jon Harris développe intelligemment la relation divergente de deux personnages à nouveau mis à l'épreuve dans leurs sentiments contradictoires de courage, de loyauté et de solidarité. Et si une ou deux invraisemblances et certaines facilités (l'idée saugrenue des menottes pour empêcher une protagoniste de fuir) nuisent un tantinet à la crédibilité de situations (en suspens), l'énergie toujours plus épique des péripéties ainsi que ses habiles rebondissements traduisent une intensité barbare n'ayant point à rougir de son modèle. Qui plus est, exploitant à nouveau avec attention la scénographie crépusculaire de sa grotte tentaculaire, Jon Harris relance efficacement l'action des enjeux belliqueux vers des directions familières parfois inexplorées parmi l'appui d'un nouvel allié somme toute farouche. Et comme le veut la loi traditionnelle des séquelles à succès, cette seconde partie préconise la surenchère dans son lot de pugilats aussi homériques que teigneux (nullement gratuits !) si bien que le gore craspec s'avère généreux en diable entre deux jump scares tétanisants. Et à ce niveau furibond on est toujours plus comblés par le déchainement de violence primale qui en découle.


Sous couvert de sĂ©rie B ludique honorablement rĂ©alisĂ©e et menĂ©e avec assez de tempĂ©rament pour Ă  nouveau compromettre de plein fouet le spectateur dans des situations d'autant plus connues, The Descent 2 ne déçoit nullement en optant le parti-pris d'une esbroufe belliqueuse une nouvelle fois abrupte et en y dĂ©veloppant intelligemment l'Ă©tude caractĂ©rielle, Spoil ! principalement au niveau de deux emblèmes fĂ©minins fin du Spoil. Le tout en Ă©ludant une seconde fois le fameux happy-end de circonstance qui risque de faire grincer des dents le spectateur le plus vulnĂ©rable. Formidable sĂ©quelle donc n'omettant qui plus est jamais l'Ă©motion auprès de son intensitĂ© dramatique en crescendo, Ă  voir absolument. 

*
Bruno
25.11.23. 
3èx. Vostfr. 


                                                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Neil Marshall. 2005. Angleterre. 1h40. Avec Shauna Macdonald, Natalie Mendoza, Alex Reid, Saskia Mulder, MyAnna Buring, Nora-Jane Noone

Sortie salles France: 12 Octobre 2005. U.S: Angleterre: 8 Juillet 2005

FILMOGRAPHIENeil Marshall, né le 25 mai 1970 à Newcastle upon Tyne en Angleterre au Royaume-Uni, est un réalisateur, scénariste, monteur et producteur britannique.
2002: Dog Soldiers. 2005: The Descent. 2008: Doomsday. 2010: Centurion.


ConsidĂ©rĂ© aujourd'hui comme une rĂ©fĂ©rence des annĂ©es 2000, The Descent n'a pas usurpĂ© sa rĂ©putation de modèle du survival horrifique alors qu'il s'agissait de la seconde rĂ©alisation du British Neil MarshallA la suite d'un accident routier qui aura valu la perte de son Ă©poux et de sa fille, Sarah dĂ©cide un an plus tard de se rĂ©unir avec ses amies le temps d'un week-end afin d'y explorer pour une première fois une grotte. Alors que les difficultĂ©s s'amoncellent au fil de leur parcours semĂ©e d'embĂ»ches, une menace beaucoup plus lĂ©tale va les emmener droit en enfer ! A partir d'un concept original de claustration plus vraie que nature (mĂŞme si l'unitĂ© de la grotte avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© traitĂ© dans le très Bis Le Monstre Attaque), le cinĂ©aste est parvenu Ă  allier oppression et terreur avec un hyper rĂ©alisme Ă  couper au rasoir si bien que nos nerfs seront mis Ă  rude Ă©preuve ! Sur ce point, la première partie fustigeant l'Ă©preuve physique de nos alpinistes rampant hardiment dans les conduits et escaladant les parois rocheuses nous provoque dĂ©jĂ  un sentiment viscĂ©ral d'insĂ©curitĂ© Ă  perdre haleine !


DĂ©diĂ© Ă  la cause fĂ©minine, notamment afin de mettre en exergue l'endurance et la rĂ©silience de ces hĂ©roĂŻnes en herbe, le cinĂ©aste s'est entourĂ© du charisme sauvage et sensuel de comĂ©diennes au caractère bien trempĂ©. Nous sommes donc ici aux antipodes de la potiche dĂ©cervelĂ©e traditionnellement coursĂ©e par le tueur sans vergogne ! A travers leurs rapports de force parfois en contradiction, Marshall a l'habiletĂ© d'y inclure une transfuge au sein du groupe si bien que sa lâchetĂ© quelque peu Ă©quivoque nous provoque une certaine empathie si je me rĂ©fère Ă  son courage primal lorsqu'elle affronte sauvagement les crĂ©atures (les "Crawls" aura dĂ©cidĂ© de les nommer Marschall). Par le biais de leur caractère bien distinct ou rĂ©sistance morale et bravoure physique trĂ©pignent d'audace malgrĂ© leur effroi de trĂ©passer, The Descent dĂ©veloppe une intensitĂ© dramatique perpĂ©tuellement rigoureuse au fil d'un cheminement de survie jusqu'au-boutiste ! Le cinĂ©aste recourant Ă  une violence graphique d'une brutalitĂ© inouĂŻe afin de renchĂ©rir dans l'ultra rĂ©alisme acĂ©rĂ©, quand bien mĂŞme il n'hĂ©sitera jamais Ă  sacrifier ses hĂ©roĂŻnes les plus tĂ©mĂ©raires ! Exploitant Ă  merveille chaque recoin et chambres des grottes Ă  l'instar d'un dĂ©dale sans repères, Marschall en extirpe une Ă©prouvante Ă©preuve de survie sous l'impulsion d'une spartiate aux confins de la folie.


Un ticket pour l'enfer dans les entrailles d'une grotte sans échappatoire !
Fort d'un climat de claustration aussi irrespirable que belliqueux n'accordant aucun rĂ©pit Ă  ces victimesNeil Marshall est parvenu Ă  renouer avec une horreur irascible, digne hĂ©ritière des pellicules insalubres des Seventies, pour dĂ©cupler la terreur pure. C'est sans compter sur la vigueur dĂ©munie des comĂ©diennes criantes d'animositĂ© dans leur parcours sanguinaire contre la menace insidieuse que The Descent nous agrippe Ă  la gorge sous l'impulsion fragile du magnifique thème (Ă  la fois lourd et Ă©lĂ©giaque !) de David Julyan. Un classique incontournable. 

3èx


vendredi 28 octobre 2016

ABIMES

                                                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Below" de David Twohy. 2002. U.S.A. 1h45. Avec Holt McCallany, Bruce Greenwood, Matthew Davis, Olivia Williams, Scott Foley, Zach Galifianakis, Jason Flemyng, Dexter Fletcher, Nick Chinlund, Andrew Howard.

Sortie salles France: 30 Juillet 2003. U.S: 11 Octobre 2002

FILMOGRAPHIEDavid Twohy est un réalisateur et scénariste américain, né le 18 octobre 1955 à Los Angeles (États-Unis). 1992 : Timescape. 1996 : The Arrival. 2000 : Pitch Black. 2002 : Abîmes.
2004 : Les Chroniques de Riddick. 2009 : Escapade fatale. 2013 : Riddick.


Par le rĂ©alisateur des sympathiques Timescape / The Arrival et des excellents Pitch Black et sa suite les Chroniques de Riddick, AbĂ®mes explore très efficacement l'unitĂ© de lieu du huis-clos marin sous l'impulsion de pĂ©ripĂ©ties et rebondissements redoutablement haletants. Les sĂ©quences homĂ©riques redoublant d'intensitĂ© grâce Ă  la facultĂ© du rĂ©al Ă  exploiter les corridors du sous-marin avec souci du dĂ©tail technique et d'immersion vertigineuse ! D'un rĂ©alisme Ă  toutes Ă©preuves, David Twohy s'est mĂŞme permis d'utiliser un vĂ©ritable sous-marin de la Seconde Guerre mondiale (l'USS Silversides !) afin de renforcer le caractère crĂ©dible des situations au sein de son dĂ©corum aussi longuet qu'Ă©troit.


Alors que le sous-marin USS Tiger Shark vient de repĂŞcher Ă  son bord trois rescapĂ©s britanniques, un destroyer allemand les ciblent Ă  l'aide de grenades anti-sous-marines. Depuis cet incident ayant causĂ© quelques dommages matĂ©riels, d'Ă©tranges Ă©vènements intentent Ă  la tranquillitĂ© de l'Ă©quipage au point que ces derniers insinuent une cause surnaturelle. Leur ancien capitaine ayant Ă©tĂ© prĂ©alablement tuĂ© lors d'une circonstance accidentelle restĂ©e en suspens, certains des membres agitent le remord de n'avoir pu le secourir quand bien mĂŞme d'autres prĂ©fèrent taire leur secret. A travers ce pitch simpliste mais efficient embrayant en seconde partie sur une investigation en ascension, AbĂ®mes recourt Ă  un Fantastique Ă©thĂ©rĂ© comme le souligne les rares apparitions fantomatiques que certains passagers croient entrevoir. Dosant habilement l'action des revirements par le biais d'incidents techniques meurtriers, AbĂ®mes imprime d'autant mieux un climat anxiogène aussi inquiĂ©tant que palpitant Ă  travers le pilier solidaire de personnages discrĂ©ditĂ©s par la paranoĂŻa. Sur ce point, on peut saluer la distribution solide composĂ©e d'acteurs de seconde zone au charisme viril quand bien mĂŞme Olivia Williams tente d'amadouer la clientèle machiste avec une spontanĂ©itĂ© vaillante. Si le caractère prĂ©visible de sa rĂ©vĂ©lation finale n'apporte pas vraiment de surprise quant Ă  l'identitĂ© du coupable et de ses Ă©ventuels complices, sa rĂ©alisation toujours aussi appliquĂ©e et les Ă©vènements dramatiques en crescendo perdurent dans la tension parmi une vĂ©nĂ©neuse aura d'angoisse.


Fort d'une rĂ©alisation classieuse exploitant Ă  merveille le cadre claustro d'un sous-marin de toutes les peurs et dangers, AbĂ®mes symbolise la sĂ©rie B intelligente par excellence, notamment dans sa facultĂ© retorse de provoquer l'angoisse parmi l'art de suggestion, de manière Ă  nous faire constamment douter de l'irrationalitĂ© des Ă©vènements. 

mercredi 26 octobre 2016

SING STREET

                                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site leblogtvnews.com

de John Garney. 2016. Irlande. 1h46. Avec Ferdia Walsh-Peelo, Aidan Gillen, Jack Reynor, Maria Doyle Kennedy, Lucy Boynton, Kelly Thornton, Kyle Bradley Donaldson

Sortie salles France: 26 Octobre 2016. Irlande: 17 Mars 2016

FILMOGRAPHIE: John Carney, né en 1972 à Dublin, est un réalisateur et scénariste irlandais de films pour le cinéma et la télévision. 1996 : November Afternoon. 1999 : Park. 2001 : La Vie à la folie. 2006 : Once. 2006 : Bachelors Walk Christmas Special (téléfilm). 2009 : Zonad. 2012 : The Rafters. 2013 : New York Melody. 2016 : Sing Street (également producteur).


RĂ©vĂ©lĂ© par l'excellent Once, comĂ©die musicale romantique taillĂ©e dans la pudeur, John Carney renoue avec ces trois genres dans Sing Street, et au final de nous offrir un conte de fĂ©e aussi sĂ©millant que tendre lorsqu'un ado dĂ©cide de former un groupe (les Sing Street !) afin de conquĂ©rir sa dulcinĂ©e. Plaçant le cadre de son action dans le Dublin des annĂ©es 80, Sing Street constitue Ă©galement un hommage passionnel envers cette dĂ©cennie marquĂ©e par l'avènement du video-clip outre-atlantique et de la starisation de groupes baroques comme pouvaient l'incarner The Cure (look gothico-psychĂ©dĂ©lique, coiffure arachnĂ©enne, fard au visage, liner aux yeux, rouge Ă  lèvre) et Duran Duran (style autrement effĂ©minĂ©e et clips sexy provocateurs). C'est d'ailleurs Ă  travers ses stars notoires que le jeune Conor et ses musiciens comptent s'identifier afin d'aviver la modernitĂ© de la pop rock et de la New-Wave, et ce en dĂ©pit de l'homophobie rĂ©gnante chez le corps enseignant et dans la cour du lycĂ©e.


Par leur initiation mélomane et leur ambition de bricoler des video-clips en camescope Vhs, Sing Street dégage une poésie galvanisante où nostalgie et féerie s'harmonisent en toute simplicité. Sous la fougue attendrissante de comédiens pleins de charme et de naturel, Sing Street se laisse gagner par une sensibilité prude en perpétuelle ascension si bien que l'on est partagé entre sourires et larmes sans pouvoir régir nos émotions ! Tant pour les séances de concert extrêmement stimulantes dans leur sonorité entraînante parmi la foule en liesse que pour les relations amicales et sentimentales que se partagent Conor avec ses acolytes, son frère et sa compagne. Au-delà de cette fureur de liberté et de la passion du premier émoi romantique que les acteurs extériorisent sans racolage sentimental, John Carney en profite notamment pour égratigner le conservatisme religieux depuis que notre héros est envoyé dans un établissement catholique emminemment drastique. A ce titre, outre sa fulgurance enjouée, la dernière séquence musicale s'avère redoutablement jouissive pour son pied de nez conféré à la caste religieuse. En combinant tous ces thèmes sociaux au sein de l'époque sacro-sainte des eighties en innovation musicale (principalement la new-wave et la nouvelle vague du pop-rock anglais), le réalisateur parvient à cristalliser une intrigue simple fondée sur le ressort des sentiments et l'ardent désir de se libérer du conformisme. Là encore, l'ultime séquence anthologique inscrite dans une rédemption libertaire et amoureuse insuffle une acuité incontrôlée dans son alliage d'émotions contradictoires (expressions de joie et de tendresse nous convergeant irrésistiblement au vertige des larmes !).


Bain de jouvence pour sa mĂ©taphore impartie Ă  l'affranchissement, Ă  la volontĂ© de la rĂ©ussite et Ă  l'anticonformisme, Sing Street transfigure la comĂ©die musicale avec un atout de sĂ©duction aussi puissant qu'inexplicable (on peut d'ailleurs Ă©voquer la locution prĂ©cieuse "magie du cinĂ©ma" !). Tant pour le rythme entĂŞtant de ses tubes en sĂ©dition que de la bonhomie des comĂ©diens surprenants de tempĂ©rance dans leur caractĂ©risation rebelle et humaniste. Un anti-dĂ©presseur tenant presque du miracle quant Ă  sa simplicitĂ© narrative et Ă  l'exploitation retorse de ses clichĂ©s pour l'un des meilleurs films de l'annĂ©e 2016. 

Dédicace à Pascal Frezzato