Peu avant la seconde guerre mondiale, le haut commandement allemand lança des recherches dans le domaine du surnaturel. Selon une ancienne légende, une race de guerriers, sans armes ni boucliers, tiraient leurs pouvoirs surhumains de l'intérieur de la terre. Alors que la guerre éclata, les S.S. recrutèrent un groupe de scientifiques qui devaient créer un soldat invincible. Les corps de soldats morts au combat furent envoyés à Coblence, dans un laboratoire secret pour diverses expériences scientifiques. Le bruit courut qu'à la fin de la guerre, les forces alliées combattirent des soldats allemands qui tuaient à mains nues. Personne ne sait qui ils étaient et ce qu'ils sont devenus. Mais une chose est sure: de toutes les unités S.S., il n'y en a qu'une que les Alliés n'ont jamais retrouvée.
Première réalisation d’un auteur discret - à qui l’on doit pourtant un formidable petit psycho-killer inédit en salles chez nous (Appels aux meurtres) et une séquelle potache (Le Retour des Morts-vivants 2) - Le Commando des Morts-vivants reste sa plus belle réussite, la plus sèche, la plus tangible.
Car sur le thème éculé du zombie, Ken Wiederhorn parvient à forger une série B singulière, bâtie sur le charisme putréfié de ces nazis amphibies et l’exploitation sourde de décors d’étrangeté, pour distiller une atmosphère moite, suffocante, parfois même terrifiante.
L’intrigue, simpliste, épouse le canevas du survival : une poignée de vacanciers échouent sur une île après avoir éventré leur yacht contre un cargo fantôme. Sur cette terre claquemurée vit un ancien chef nazi - Peter Cushing, famélique et revêche comme jamais - qui les somme de fuir avant que ne se lève la menace : sous l’eau, un commando de morts-vivants attend, prêt à ressurgir pour achever leur besogne meurtrière.
23 mars 2022
Le Commando des morts-vivants (Shock Waves, 1977) est une petite perle du cinéma d’horreur indépendant américain des années 70, . Cette bande fauchée mais bien photographiée, qui distille un véritable climat d’angoisse et une certaine poésie macabre fit la joie des spectateurs des salles spécialisées dans le fantastique, endroits souvent malodorants et mal famés mais à la programmation riche en surprises (à Paris on se souvient du Brady.) Aujourd’hui ce titre repose au panthéon du cinéma psychotronique, à juste titre.
Des vacanciers échouent sur une île inhospitalière de Floride, où vit dans un hôtel abandonné un ancien commandant SS (Peter Cushing, vieille gloire de la Hammer) qui les met en garde, trop tard, contre le danger qui rôde. Sous les eaux salées et douces de l’archipel sommeillent des zombies nazis, amphibies et photophobes, résidus d’expériences visant à créer des soldats indestructibles et qui vont décimer le petit groupe en commençant par le capitaine du bateau (John Carradine, vieille gloire de Hollywood). Cette intrigue farfelue rappelle les serials et séries B des années 30 et 40 avec des morts-vivants, des Nazis, des savants fous et des îles mystérieuses.
Après cette première incursion dans l’horreur Ken Wiederhorn signera un autre film d’angoisse notable, Les Yeux de l’étranger (Eyes of a Stranger, 1981), un « slasher » avec la géniale Jennifer Jason Leigh dans l’un de ses premiers rôles. Histoire de tueur psychopathe Les Yeux de l’étranger est un hommage réussi aux thrillers hitchcockiens de Brian De Palma (Sisters en particulier), au point que De Palma, très impressionné par la mise en scène de Ken Wiederhorn lui demandera de réaliser sa production Body Double avant de décider de signer le film lui-même, avec le résultat génial que l’on connaît. Les Yeux de l’étranger est techniquement beaucoup plus convaincant que Le Commando des morts-vivants et Wiederhorn témoigne d’un remarquable sens du suspens et des effets choc subtilement dosés, mais la suite de sa carrière ne sera pas à la hauteur de ces deux coups de maître.
Le succès relatif du Commando des morts-vivants marqua les esprits des producteurs et fit des émules en Europe, où l’on vit fleurir au moins deux titres de zombies nazis directement inspirés par le film de Ken Wiederhorn et produits par la société Eurociné : L’Abîme des morts-vivants de Jess Franco (1983) et surtout le lamentable Lac des morts-vivants (1981) situé dans la campagne française et dans lequel trempa Jean Rollin sous le pseudonyme de J.A. Laser.
Les lunettes portées par les zombies sont devenues l'image emblématique du film. Selon plusieurs témoignages, cette idée aurait été décidée assez tardivement pendant la production afin de donner une identité visuelle forte à des créatures dont le maquillage restait relativement simple.
L'immense hôtel délabré du film est en réalité le célèbre Biltmore Hotel. Au moment du tournage, l'établissement était fermé et abandonné. Le réalisateur aurait obtenu l'autorisation de tourner pour seulement 250 dollars ! Quelques années plus tard, l'hôtel fut restauré et redevint un lieu prestigieux.
Le légendaire Peter Cushing n'a tourné que cinq jours sur le film. Malgré un budget très modeste, sa présence apporte énormément de crédibilité et de mystère à l'ensemble.
Autre monument du cinéma fantastique, John Carradine était déjà âgé lorsqu'il participa au tournage. Un membre de l'équipe a raconté qu'il avait du mal à marcher avec une canne, mais qu'il accomplit toutes les scènes demandées sans se plaindre. Entre les prises, il amusait l'équipe avec ses souvenirs du vieil Hollywood.
Fait assez incroyable : le négatif original du film aurait disparu mystérieusement pendant plus de vingt ans. Pour certaines restaurations vidéo, les éditeurs ont dû utiliser une copie conservée par le réalisateur lui-même.
Le film donne l'impression qu'une armée entière de morts-vivants rôde sous l'eau. En réalité, seulement huit acteurs différents interprétaient les zombies nazis. Le réalisateur a joué sur les cadrages et les apparitions répétées pour créer l'illusion d'un nombre bien plus important.





































