vendredi 11 novembre 2022

Death Race / Course Ă  la Mort

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinematerial.com

de Paul Thomas Anderson. 2008. U.S.A/Allemagne/Angleterre. 1h51 (version longue). Avec Jason Statham, Joan Allen, Tyrese Gibson, Ian McShane, Natalie Martinez

Sortie salles France: 15 Octobre 2008. U.S: 22 Août 2008 (int - 17 ans)

FILMOGRAPHIE: Paul William Scott Anderson, nĂ© le 4 mars 1965 Ă  Newcastle upon Tyne est un producteur, rĂ©alisateur et scĂ©nariste britannique. 1994 : Shopping. 1995 : Mortal Kombat. 1997 : Event Horizon, le vaisseau de l'au-delĂ . 1998 : Soldier. 2000 : The Sight. 2002 : Resident Evil. 2004 : Alien vs Predator. 2008: Death Race. 2010 : Resident Evil: Afterlife. 2011 : Les Trois Mousquetaires 3D. 2012 : Resident Evil : Retribution 3D. 2014 : PompĂ©i. 2016 : Resident Evil : Chapitre final. 2020 : Monster Hunter. 

« Ce n'est pas un remake du tout. Le premier film Ă©tait une course Ă  travers l'AmĂ©rique. C'Ă©tait autour d'une course mondiale. Celui-lĂ  sera orientĂ© vers l'avenir, donc les voitures sont encore plus futuristes. Donc vous aurez des voitures avec des fusĂ©es, des mitrailleuses, les champs de force ; des voitures pouvant se fractionner et se reformer, un peu comme les Transformers, les voitures qui deviennent invisibles... »

Paul W. S. Anderson

DĂ©clinaison donc du cultissime Les Seigneurs de la Route (que j'ai eu l'opportunitĂ© de dĂ©couvrir en salles), Death Race se rĂ©vèle une bonne surprise pour l'amateur d'action bourrine que Paul Thomas Anderson (Event Horizon) rend (Ă©tonnamment) lisible en dĂ©pit de sa camĂ©ra Ă©pileptique inspirĂ©e des expĂ©rimentations pĂ©dantes de Michael Bay. Entre parenthèse, cela n'a rien Ă  voir avec la saga  Transformers que le cinĂ©aste ose comparer, peut-ĂŞtre afin d'influencer le grand public. Le rĂ©cit se dĂ©coupant en 3 courses endiablĂ©es alors que celui-ci a l'habiletĂ© d'Ă©viter de se rĂ©pĂ©ter afin de relancer l'action survitaminĂ©e des tĂ´les froissĂ©es vers d'autres horizons Ă  la fois dĂ©lĂ©tères et fructueuses quant aux sorts de nos hĂ©ros Ă©mĂ©rites redoublants de stratagèmes pour s'extirper de leur géôle au grĂ© d'une intensitĂ© furibonde assez jouissive (surtout pour l'effet de surprise de la 1ère course). Car au-delĂ  de l'efficacitĂ© de l'intrigue correctement menĂ©e, inventive et semĂ©e de petits rebondissements, Death Race impressionne formellement parlant Ă  travers sa facture futuriste oĂą aucun dĂ©tail mĂ©tallique ne nous est Ă©pargnĂ©. Le rĂ©alisateur dĂ©crivant parmi le rĂ©alisme d'une photo dĂ©saturĂ©e un univers dystopique au sein d'une prison officieuse si j'ose dire pour mettre en pratique une Ă©preuve sportive lĂ©tale inspirĂ©e des jeux du cirque romain dans la coure de l'enceinte. 

Les carrosseries customisĂ©es demeurant terriblement fascinantes, dĂ©moniales, clinquantes; de par leur aspect insalubre / rubigineux pour autant fiable, stable, tenace, notamment grâce aux sulfateuses implantĂ©es sur les capots de chaque vĂ©hicule et autres pochettes surprises. On songe clairement Ă  la scĂ©nographie barbare de Mad-Max 2, impression renforcĂ©e lorsqu'intervient un "camion de la mort" impossible Ă  alpaguer Ă  travers ses nombreux gadgets meurtriers et son imposante stature quasi indestructible piĂ©tinant tout sur son passage. Quand bien mĂŞme ses Ă©preuves vertigineuses sont retransmises en direct Ă  la TV face au voyeurisme d'une cinquantaine de millions de tĂ©lĂ©spectateurs (que nous ne verrons jamais pour se concentrer essentiellement sur le terrain de jeu strictement carcĂ©ral). On retrouve donc le personnage de Frankenstein qu'endosse avec sa virilitĂ© habituelle l'illustre Jason Statham parfaitement Ă  l'aise en casse-cou routier s'efforçant de remporter la mise afin de retrouver sa fille hĂ©bergĂ©e chez un Ă©tranger Ă  plus de 3500 kms. L'acteur dĂ©gageant un charisme idoine pour se glisser dans la peau (tatouĂ©e) d'un dĂ©tenu stoĂŻque, impassible, eu Ă©gard des nombreux pièges et subterfuges lancĂ©s Ă  son encontre.

Parmi l'heureuse initiative de ne pas se prendre au sérieux, avec en prime 2/3 effets gores sardoniques et l'ultra violence de bastonnades et poursuites destroy souvent très impressionnantes, Death Race joue aimablement la carte de la série B du Samedi soir avec une perpétuelle efficacité. Aussi modestes soient ses enjeux éculés (habilement exploitées) et autres clichés sciemment assumés pour ne jamais reluquer sa montre (le film dure tout de même 1h51 dans sa version intégrale). Quant aux suites opportunistes rapidement torchées et expédiées, il n'y a rien à signaler.

*Bruno
2èx

La Fille de Dracula / Dracula's Daughter

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Lambert Hillyer. 1936. U.S.A. 1h11. Avec Otto Kruger, Gloria Holden, Marguerite Churchill, Edward Van Sloan, Gilbert Emery, Irving Pichel, Halliwell Hobbes.

Sortie salles France: 17 Juillet 1936. U.S: 11 Mai 1936

FILMOGRAPHIELambert Hillyer est un scénariste et réalisateur américain né à South Bend, le 8 juillet 1889 et mort à Los Angeles le 5 juillet 1969, quelques jours avant son 80e anniversaire.1917 : La Révélation. 1918 : Riddle Gawne, coréalisé avec William S. Hart. 1919 : Le Shérif Carmody. 1919 : Le Frère inconnu. 1919 : La Caravane. 1919 : L'Enfer des villes. 1920 : Son dernier exploit. 1920 : Son meilleur ami. 1921 : L'Homme marqué. 1921 : Sa haine. 1922 : L'Homme aux deux visages. 1922 : The Altar Stairs. 1922 : Sur les grands chemins. 1923 : The Lone Star Ranger. 1923 : La Terre a tremblé. 1923 : La Brebis égarée. 1924 : Les Fraudeurs. 1925 : Un poing d'honneur. 1926 : Vagabond malgré elle. 1932 : L'Aigle blanc. 1934 : Once to Every Woman. 1934 : The Defense Rests. 1934 : Les Écumeurs de la nuit. 1935 : Les Hommes de l'heure. 1935 : À toute allure. 1936 : Le Rayon invisible. 1936 : La Fille de Dracula. 1938 : Détenues. 1941 : Hands Across the Rockies. 1943 : Batman. 1945 : Beyond the Pecos
1948 : The Fighting Ranger. 1948 : Song of the Drifter. 


Aussi paradoxal que cela puisse paraĂ®tre, La Fille de Dracula fait suite au chef-d'oeuvre de Tod Browning, Dracula tournĂ© 3 ans au prĂ©alable. Dans la mesure oĂą celle-ci tente en l'occurrence de se dĂ©barrasser de son fardeau filial en sollicitant l'aide d'un psychiatre puisque hantĂ©e par l'affres de pulsions vampiriques. Et ce en dĂ©pit de la mort du prince des tĂ©nèbres foudroyĂ© d'un pieu dans le coeur par Mr Van Helsing (toujours incarnĂ© par Edward Van Sloan). TournĂ© dans un magnifique noir et blanc avec au passage 2/3 sĂ©quences d'un onirisme macabre proĂ©minent, la Fille de Dracula propose l'intelligence d'Ă©luder toute violence graphique au profit d'une intrigue Ă  suspense soigneusement structurĂ©e. Or, lĂ  oĂą le bas blesse, c'est que les rares situations horrifiques qui empiètent le rĂ©cit (Ă  base de somnambulisme) demeurent si timorĂ©es que nous n'avions jamais l'impression d'avoir affaire Ă  un film d'Ă©pouvante en bonne et due forme de la Universal


Pour autant, le soin imparti Ă  la rĂ©alisation et surtout le jeu irrĂ©prochable des acteurs (j'ai d'ailleurs Ă©tĂ©  surpris pour une oeuvre de cette Ă©poque) permettent de suivre le rĂ©cit sans ennui auprès des afficionados (Ă  contrario du grand public qui pourrait potentiellement s'ennuyer d'escompter le p'tit frisson attendu). Les protagonistes demeurant tout Ă  fait attachants (la romcom versatile entre le docteur et la ravissante Janet en sous-intrigue ne manque pas de tendresse badine) quand bien mĂŞme la prĂ©sence tĂ©nĂ©breuse et charnelle de Gloria Holden (qui dĂ©testait le genre horrifique !) nous instaure un sentiment fascinatoire plutĂ´t convaincant en dĂ©pit de ses faibles intentions Ă  nous susciter le sentiment insĂ©cure. On apprĂ©cie par ailleurs Ă  travers cet âge d'or plutĂ´t rigoriste son allusion au saphisme lorsque la comtesse semble Ă©prouver une certaine attirance sexuelle auprès de l'une de ses proies transie d'Ă©moi. 


Parfois gentiment amusant auprès de ses Ă©pisodes cocasses (surtout le prologue et les dĂ©convenues dans le commissariat), La Fille de Dracula demeure une sympathique sĂ©quelle solidement rĂ©alisĂ©e et interprĂ©tĂ©e, mais Ă  rĂ©server cependant aux inconditionnels. 

*Bruno

jeudi 10 novembre 2022

Le Temps du Massacre / Tempo di massacro

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ecranlarge.com

de Lucio Fulci. 1966. Italie. 1h32. Avec Franco Nero, George Hilton, John M. Douglas, Nino Castelnuovo, Tom Felleghy, Rina Franchetti.

Sortie salles France: 27 Juillet 1967. Italie: 10 Août 1966

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Lucio Fulci est un réalisateur, scénariste et acteur italien, né le 17 juin 1927 à Rome où il est mort le 13 mars 1996. 1966: Le Temps du Massacre, 1969 : Liens d'amour et de sang , 1971 : Carole, 1971: Le Venin de la peur,1972 : La Longue Nuit de l'exorcisme, 1974 : Le Retour de Croc Blanc, 1975: 4 de l'Apocalypse, 1976: Croc Blanc, 1977 : L'Emmurée vivante, 1978: Selle d'Argent. 1979: l'Enfer des Zombies, 1980 : la Guerre des Gangs, 1980 : Frayeurs, 1981 : Le Chat noir, 1981 : L'Au-delà, 1981 : La Maison près du cimetière , 1982 : L'Éventreur de New York , 1984 : 2072, les mercenaires du futur, Murder Rock, 1986 : Le Miel du diable , 1987 : Aenigma, 1988 : Quando Alice ruppe lo specchio, 1988 : les Fantômes de Sodome, 1990 : Un chat dans le cerveau, 1990 : Demonia, 1991 : Voix Profondes, 1991 : la Porte du Silence.


"La Colombe et le carnage". 
1966 marque un tournant dans la carrière de Lucio Fulci. Après une sĂ©rie de comĂ©dies, le maestro s’aventure sur les terres arides du western avec Le Temps du massacre, s’inspirant de Sergio Leone, deux ans après la sortie de Pour une poignĂ©e de dollars. Un western italien — « spaghetti » reste un terme trivial, aujourd’hui obsolète — d’une âpretĂ© rare pour l’Ă©poque, au point que l’on demeure encore saisi par la cruautĂ© horrifique de son prologue : un homme traquĂ©, dĂ©vorĂ© vivant par une meute de chiens, sous les regards voyeurs de tĂ©moins dont certains Ă©clairs de perversion ne trompent pas. Et puis vient cette anthologie du lynchage au fouet, scène sadique dont Nino Castelnuovo s’empare avec une intensitĂ© dĂ©rangeante, son visage baignĂ© de haine, de jouissance trouble, de lassitude fiĂ©vreuse. L’acteur se fait inquiĂ©tant, presque spectral, Ă  la frontière d’une douce dĂ©mence. Sa prĂ©sence magnĂ©tique densifie l’atmosphère Ă©quivoque de ce western franc-tireur, revendiquĂ© comme tel.

Franco Nero lui partage dignement la vedette, ses yeux azur brĂ»lant d’intensitĂ© en hĂ©ros malgrĂ© lui, redresseur de torts impliquĂ© dans une sombre affaire familiale. L’intrigue, solidement charpentĂ©e, avance dans un suspense constant, rythmĂ©e de rebondissements inattendus qui nourrissent l’aura de souffre entourant les protagonistes, pris dans un engrenage de règlements de compte punitifs et oppressants. Jusqu’Ă  ce massacre final, explosif, oĂą l’action dĂ©bridĂ©e — presque ininterrompue — ravira les amateurs de chorĂ©graphies violentes, crues, dĂ©complexĂ©es.

Au-delĂ  de sa dramaturgie escarpĂ©e, Fulci stupĂ©fie par la richesse visuelle de sa mise en scène : cadres soignĂ©s, photo scope baroque, antagonistes vĂŞtus de blanc, vallĂ©es rocailleuses aux reflets nacrĂ©s… Il transfigure le classicisme du western dans un modernisme inattendu, une mĂ©lancolie diffuse Ă©mergeant peu Ă  peu de cet amas de cadavres exĂ©cutĂ©s pour des enjeux terroristes, comme une brume de deuil sur le dĂ©sert.


"Litanie pour un Fouet".
Flamboyant, dans une certaine mesure, par son onirisme baroque — ce plan final, magnifique : une colombe tachetĂ©e de sang fend le ciel, impose sa libertĂ© — Le Temps du massacre s’Ă©lève dignement au rang de classique du western italien. Fulci y affirme dĂ©jĂ  son goĂ»t pour une violence sadienne, viscĂ©ralement narrative, militante parfois, en faveur de l’honneur, de la justice, des valeurs familiales. Et ses personnages, tous, se dĂ©battent, rebelles et hargneux, dans un monde trop sale pour ĂŞtre sauvĂ©.

*Bruno
3èx

mardi 1 novembre 2022

A l'Ouest rien de nouveau / All Quiet on the Western Front

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Edward Berger. 2022. Allemagne/U.S.A/Angleterre. France. 2h28. Avec Daniel BrĂĽhl, Albrecht Schuch, Felix Kammerer, Moritz Klaus, Aaron Hilmer, Edin Hasanovic.

Diffusé sur Netflix le 28 Octobre 2022

FILMOGRAPHIEEdward Berger est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste allemand nĂ© en 1970 Ă  Wolfsburg, Lower Saxony. 2001: Frau2 sucht HappyEnd. 1998 Gomez - Kopf oder Zahl. 1995: Wanderbread. 1994 Smelly Dinners. 1993 Sidewalk Hotel. 1992 Strait-Jacket. 2007: Windland (TV Movie). 2012: Mutter muss weg (TV Movie). 2011 Ein guter Sommer (TV Movie). 2014: Jack. 2019: All my loving. 2022: A l'Ouest rien de nouveau. 


Un message anti-guerre d'une puissance formelle et morale peu commune.
Impossible de sortir indemne d'un tel fiasco mortifiĂ© sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique mutique clos (parti-pris digne afin de rendre ultime hommage aux 17 millions de morts). Une descente aux enfers donc aussi immersive que vertigineuse eu Ă©gard de l'extrĂŞme rĂ©alisme des affrontements belliqueux d'une barbarie ad nauseam. Edward Berger relatant la fin de la 1ère guerre mondiale du point de vue germanique comme si vous y Ă©tiez (euphĂ©misme si j'ose dire tant l'expĂ©rience s'avère Ă©prouvante, pour ne pas dire Ă©coeurante mĂŞme si on m'avait prĂ©venu que l'horreur Ă©tait Ă©mĂ©tique). Et il faut sans doute remonter Ă  Il faut sauver le soldat Ryan pour renouer avec un tel degrĂ© d'intensitĂ© dramatique, de tragĂ©die Ă©lectrisante et de folie paroxystique au grĂ© d'affrontements primitifs aussi interminables qu'Ă©puisants. LĂ  oĂą il n'y a ni bons ni mĂ©chants en cas de guerre internationale. Si bien que les Allemands sont tout simplement perçus comme des hommes aussi apeurĂ©s par la violence omniprĂ©sente (la leur et celle des autres) et sa contagion qui en Ă©mane inĂ©luctablement. 


A l'instar du chemin de croix du jeune recrue Paul traversant les bombes, les balles et ses charniers de cadavres avec un humanisme inĂ©vitablement sentencieux quant Ă  son fĂ©brile tĂ©moignage d'assister impuissant Ă  l'apocalypse des pièges Ă  tranchĂ©es. La force du rĂ©cit Ă©manant de son apprentissage avec la dĂ©chĂ©ance morale. Son regard candide puis coupable Ă  se substituer en animal sauvage comme le dĂ©montrent sans logique ses camarades et rivaux combattant armes Ă  la main dans un Ă©lan patriotique rĂ©solument suicidaire (ou dĂ©saxĂ©, c'est selon). D'une durĂ©e de 2h28, A l'ouest rien de nouveau ne nous laisse que peu de rĂ©pit, entre scènes d'anthologie horrifiantes, apartĂ© intimistes et compromis entre nos leaders militaires totalement dĂ©connectĂ©s de la situation chaotique comme le souligne son final ubuesque lorsque le gĂ©nĂ©ral Friedrichs dĂ©cide de poursuivre une ultime guĂ©rilla en dĂ©pit de l'armistice fraĂ®chement signĂ©e. 


Formellement sublime par son onirisme Ă  la fois serein (le contraste Ă©tabli avec la nature matinale ou crĂ©pusculaire), Ă©trange puis mĂ©lancolique (surtout dès que l'armistice est adoubĂ©), faute d'une aura morbide aphone planant sur les Ă©paules de soldats Ă©puisĂ©s de faim, de fatigue et de (dĂ©)goĂ»t de se battre, A l'Ouest rien de nouveau dĂ©nonce sans ambiguĂŻtĂ© l'absurditĂ© de la folie guerrière auprès de l'exploitation outre-mesurĂ©e de ses recrues prĂ©alablement appâtĂ©s par l'hĂ©roĂŻsme du patriotisme. DĂ©nonçant sans ambages la guerre dans toute son insalubritĂ© nĂ©crosĂ©e au point que chaque dĂ©tail nous agresse la vue parmi la fragilitĂ© d'un dĂ©sespoir plus imposant lors de sa dernière demi-heure dĂ©sarmante de non-sens, A l'ouest rien nouveau nous dĂ©tourne le regard d'une imagerie horrifique jamais glorifiante (aucun hĂ©roĂŻsme Ă  l'horizon, que des visages livides martyrisĂ©s par la violence). De par son rĂ©alisme tranchĂ© aussi poisseux qu'intolĂ©rable. Si bien qu'un seul dĂ©sir nous martèle l'esprit dès le gĂ©nĂ©rique clos: l'envie de prendre une douche, ou mieux, serrer longuement nos proches, avec amour, rĂ©confort et beaucoup, beaucoup de tendresse. 
Pour public averti (mais Ă  diffuser d'urgence dans tous les lycĂ©es du monde). 

*Bruno

lundi 31 octobre 2022

Don't worry Darling

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Olivia Wilde. 2022. U.S.A. 2h04. Avec Florence Pugh, Harry Styles, Olivia Wilde, Chris Pine, Gemma Chan, KiKi Layne. 

Sortie salles France: 21 Septembre 2022. U.S: 23 Septembre 2022

FILMOGRAPHIE: Olivia Jane Cockburn, dite Olivia Wilde, est une actrice, rĂ©alisatrice et productrice amĂ©ricaine, nĂ©e le 10 mars 1984 Ă  New York. 2011 : Free Hugs (court mĂ©trage) - Ă©galement scĂ©nariste. 2016 : No Love Like Yours (clip) du groupe Edward Sharpe and the Magnetic Zeros. 2016 : Dark Necessities (clip) du groupe Red Hot Chili Peppers. 2019 : Booksmart. 2020 : Wake Up (court mĂ©trage). 2022 : Don't Worry Darling. en projet : Perfect. En projet : Olivia Wilde a signĂ© avec Sony Pictures pour rĂ©aliser un film centrĂ© sur le personnage de comics Spider-Woman. 

Enorme surprise que ce Don't worry Darling aussi puissant, original et intrigant que Get Out et le gĂ©nial les Femmes de Stepford (grand classique oubliĂ© des Seventies), en dĂ©pit de sa discrète sortie en salle. La rĂ©alisatrice Olivia Wilde parvenant promptement Ă  susciter une irrĂ©sistible et constante curiositĂ© eu Ă©gard du soin formel imparti Ă  sa scĂ©nographie Ă©dĂ©nique native des annĂ©es 50. Un microcosme solaire que l'on nous dĂ©peint Ă  travers les yeux d'Alice, jeune Ă©pouse fraĂ®chement dĂ©barquĂ©e dans la citĂ© ouvrière de Victory en Californie. Un projet tenu top secret que son Ă©poux a pour mission de ne point divulguer si bien que chaque Ă©pouse est contrainte de s'isoler dans leur demeure sitĂ´t leurs maris partis au chantier pour la fabrication de matĂ©riaux avancĂ©s. Or, Alice souffre d'hallucinations rĂ©cursives en s'inquiĂ©tant d'autre part de dĂ©tails domestiques inquiĂ©tants et comportements insidieux, alors qu'une des Ă©pouses afro-ricaine, Margaret, lui avoue des propos malveillants incohĂ©rents qu'elle se refuse Ă  dramatiser dans un premier temps. 

Fort de son ambiance d'inquiĂ©tude prĂ©gnante et d'une angoisse latente puis diffuse gĂ©nialement fascinante, Don't worry Darling n'a aucune peine Ă  nous embarquer tĂŞte baissĂ©e dans un Ă©pisode grandeur nature de la 4è Dimension sous l'impulsion d'un casting (faussement) fringant. En particulier la prĂ©sence de Florence Pugh (rĂ©vĂ©lĂ©e dans Midsommar) parvenant Ă  nous communiquer ses sentiments de doute et d'apprĂ©hension, d'angoisse et de contrariĂ©tĂ© puis ses crises de panique avec une force expressive lestement dĂ©pressive. Si bien que sa moralitĂ© malaisante Ă  la lisière de la folie paranoĂŻaque et de la schizophrĂ©nie dĂ©teint sur notre conscience au grĂ© d'une trajectoire dramatique redoutablement efficace. Olivia Wilde (ici Ă©galement actrice de second-rĂ´le en Ă©pouse modèle sciemment imberbe) maĂ®trisant admirablement son rĂ©cit avec un sens aigu du suspense infaillible (on est tout le temps sur le qui-vive d'une Ă©ventuelle info afin de mieux nous Ă©clairer sur son contenu bicĂ©phale). Tant et si bien que dès qu'intervient le twist final on se dĂ©sarme de stupeur Ă  reconsidĂ©rer toute l'intrigue que nous avions vĂ©cues Ă  travers les yeux dubitatifs d'Alice tout en s'alertant de sa condition de survie en porte-Ă -faux. 


Un monde Parfait.
En abordant les thèmes passionnants du matĂ©rialisme, du malaise existentiel et de la quĂŞte de perfection Ă  daigner s'Ă©riger un monde idĂ©al sous une autoritĂ© patriarche, Don't worry Darling joue admirablement la carte du thriller psychologique avec un art consommĂ© du suspense oppressant.  Florence Pugh monopolisant gracieusement l'Ă©cran avec un humanisme dĂ©confit rĂ©solument contagieux (on se met rĂ©ellement Ă  sa place en vivant son aventure cauchemardesque avec la trouble fascination d'y vivre une seconde rĂ©alitĂ©). Son parcours Ă  la fois Ă©pineux et prĂ©caire de quĂŞte de vĂ©ritĂ© demeurant terriblement attachant, haletant, inquiĂ©tant et magnĂ©tique sous la mainmise de sa rĂ©alisatrice très inspirĂ©e Ă  nous Ă©branler l'encĂ©phale au sein de son huis-clos trop conventionnel pour ĂŞtre honnĂŞte. Un rĂ©gal permanent. 

Ci-joint la chronique des Femmes de Stepford: http://brunomatei.blogspot.com/…/les-femmes-de-stepford.html

*Bruno 

samedi 29 octobre 2022

Meurtres sans Ordonnance / The Good Nurse

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Tobias Lindholm. 2022. U.S.A. 2h04. Avec Jessica Chastain, Eddie Redmayne, Nnamdi Asomugha, Noah Emmerich, Kim Dickens 

Diffusé sur Netflix le 26 Octobre 2022

FILMOGRAPHIE: Tobias Lindholm nĂ© le 5 juillet 1977 est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste danois. 2010 : R. 2012 : Hijacking (Kapringen). 2015 : A War (en danois : Krigen). 2022 : Meurtres sans ordonnance (The Good Nurse). 

Remarquable thriller psychologique transcendĂ© du duo galvaudĂ© Jessica Chastain / Eddie Redmayne soulevant le rĂ©cit du poids de leurs Ă©paules avec une dimension humaine aussi fĂ©brile qu'Ă©quivoque, Meurtres sans Ordonnance relate l'histoire vraie du serial-killer Charles Cullen responsable de la mort de 29 patients dans le New-Jersey (le gĂ©nĂ©rique final nous rĂ©vĂ©lera que ses aveux forcĂ©s Ă©manent de sa crainte de la peine de mort alors qu'il afficherait peut-ĂŞtre Ă  son palmarès plus de 400 victimes !). Et ce sur une pĂ©riode de 16 ans en tant qu'infirmier frĂ©quemment mutĂ© dans divers centres hospitaliers Ă  la suite de leurs suspicions criminelles. Dans la mesure oĂą afin de prĂ©server la rĂ©putation de leur entreprise, le corps mĂ©dical n'osa jamais alerter la police en lieu et place de licenciement professionnel. Or, Ă  peine mutĂ© dans un nouvel hĂ´pital, Charles Cullen se lie d'amitiĂ© avec l'infirmière Amy Loughren, mère de 2 filles souffrant de problèmes cardiaques. L'intrigue soigneusement contĂ©e attachant autant d'importance Ă  leur sincère relation qu'aux incidents criminels qui empiètent leur amitiĂ© au fil d'une investigation policière peu Ă  peu prĂ©gnante. 

DĂ©nuĂ© de complaisance et de racolage en Ă©ludant les codes du thriller horrifique pour un sujet aussi morbide, la rĂ©alisation Ă  la fois chiadĂ©e et personnelle du danois Tobias Lindholm (l'excellent Hijacking avec sa prise d'otages maritime hyper documentĂ©e) privilĂ©gie le dĂ©clic affectif des personnages avec une apprĂ©hension subtilement inquiĂ©tante eu Ă©gard de l'Ă©volution d'Amy partagĂ©e entre l'angoisse de sa pathologie, son rapport conflictuel avec sa fille aĂ®nĂ©e (Alix West Lefler, bluffante de maturitĂ© caractĂ©rielle du haut de ses 11 ans !) et sa frayeur morale davantage grandissante Ă  s'opposer Ă  son confrère potentiellement tueur en sĂ©rie. Eddie Redmayne endossant avec une retenue glaciale l'infirmier placide prĂŞtant main forte Ă  Amy avec une trouble attention rĂ©confortante. Quand bien mĂŞme Jessica Chastain se taille une carrure Ă  la fois chĂ©tive, fĂ©brile et rĂ©signĂ©e Ă  daigner dĂ©masquer au fil de sa remise en question amicale l'imposteur criminel avec l'aide de 2 policiers infaillibles. Tout cela Ă©tant sobrement traitĂ© par cette poignĂ©e d'acteurs sans fard communĂ©ment impliquĂ© dans une affaire criminelle Ă  l'aura de scandale (aucune procĂ©dure pĂ©nale contre la responsabilitĂ© hospitalière souvent confinĂ©e dans le mutisme et le dĂ©ni de crainte de perdre leur autoritĂ© et leur emploi).  


"I can't !"
RĂ©cit vĂ©nĂ©neux d'un amitiĂ© incongrue que Jessica Chastain et Eddie Redmayne endossent avec un humanisme poignant Ă  la fois torturĂ© et sentencieux, Meurtres sans Ordonnance captive et passionne sans l'ombre d'une esbroufe. Le rĂ©alisateur misant essentiellement sur la soliditĂ© de sa mise en scène vĂ©riste largement Ă©paulĂ©e du duo susnommĂ© habitĂ© par leurs dĂ©mons infortunĂ©s. Sa dimension "fait-divers" demeurant d'autant plus singulière qu'elle s'avère irrĂ©solue quant aux vĂ©ritables mobiles de Charles Cullen plongĂ© dans un insupportable mutisme, le regard grave impassible. 

*Bruno

mardi 25 octobre 2022

Barbarian

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Zach Cregger. 2022. U.S.A. 1h42. Avec Georgina Campbell, Bill SkarsgĂĄrd, Justin Long, Matthew Patrick Davis, Richard Brake, Kurt Braunohler.

Sortie salles France: 9 Novembre 2022. U.S: 9 Septembre 2022

FILMOGRAPHIEZach Cregger est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et acteur amĂ©ricain nĂ© le 1er Mars 1981 Ă  Arlington, Virginie, USA. 2009: Miss Mars. 2011: The Civil War on Drugs. 2022: Barbarian. 


                   Avertissement ! Evitez de reluquer tous trailers et synopsis trop explicatif.

Oubliez le titre, racoleur, inutile, injustifiĂ© (ou alors si peu) car derrière cet argument mercantile trivial se cache un excellent B movie comme on en voit trop peu de nos jours. Car de nos jours on ne les comptent mĂŞme pas sur les doigts d'une main les mĂ©trages adultes parvenant Ă  nous provoquer la frousse si on fait fi de la facilitĂ© de jump-scares souvent foireux et gratuits. Barbarian demeurant un pur divertissement horrifique entièrement dĂ©diĂ© Ă  la flippe du noir comme il en pullulait lors des sacro-saintes annĂ©es 80. Ainsi donc, en prenant le genre au 1er degrĂ© au creux d'un esprit grand-guignol, Zach Cregger nous conçoit une sorte de train fantĂ´me sarcastique d'une efficacitĂ© mĂ©tronome quant Ă  la gestion de sa montĂ©e de l'angoisse (formidable 1ère demi-heure basĂ©e sur la double interrogation du danger invisible et d'un Ă©ventuel suspect faussement affable !) et de ses rebondissements Ă  ressort plutĂ´t habilement gĂ©rĂ©s (sa seconde partie autrement intrĂ©pide et musclĂ©e) en dĂ©pit d'un final hĂ©las paradoxalement improbable au grĂ© de facilitĂ©s dont on se serait bien passĂ©. 


C'est d'autant plus regrettable, Ă©tonnant de sombrer soudainement dans les conventions alors qu'au prĂ©alable nous fumes constamment surpris de l'intelligence du cinĂ©aste Ă  se jouer des clichĂ©s pour mieux nous surprendre et relancer l'action imprĂ©visible. L'intrigue scindĂ©e en 2 parties retraçant l'instance de survie d'une victime fĂ©minine piĂ©gĂ©e Ă  l'intĂ©rieur d'une bâtisse de tous les dangers puis l'entrĂ©e en matière d'un nouveau personnage auquel nous ferons subitement connaissance. Zach Cregger exploitant intelligemment les dĂ©cors caverneux avec un art consommĂ© d'une tension anxiogène qui ne nous lâche pas d'une semelle (toute l'intrigue est quasi vĂ©cue en mode huis-clos nocturne). Tout du moins pour la première demi-heure formidablement contĂ©e et millimĂ©trĂ©e car la suite autrement oppressante et haletante adoptera un virage autrement plus rythmĂ© Ă  travers cette folle course contre la mort que les protagonistes tentent de dĂ©jouer avec une apprĂ©hension difficilement gĂ©rable. Qui plus est,  impeccablement endossĂ© par de jeunes comĂ©diens se prĂŞtant au jeu du "ouh fais-moi peur" avec une expressivitĂ© sans fard, Barbarian se dĂ©cline en jubilatoire jeu de peur et de tension parmi la menace de l'innommable d'un point de vue principalement corporel j'entends (je n'en dirai pas plus). 


Le sous-sol de la Peur.
Abordant les thématiques paranoïdes de la peur de l'autre, (de l'inefficacité policière dépassée par le délitement sociétal) et du harcèlement sexuel en pleine culture Wok et du mouvement Me too, Zach Cregger accomplit avec Barbarian une immense farce macabre où l'humour noir, l'attente de l'angoisse et ses effets épeurants qui s'ensuivent défilent à un train d'enfer de par l'habile construction du récit à plusieurs segments (on peut même en compter 3). On pardonne donc ses 10 dernières minutes étonnamment risibles et incohérentes à relancer les affrontements horrifiques au gré d'une démarche insidieuse bienvenue quant à la nature humaine individualiste. Assurément l'un des meilleurs films d'horreur de 2022 que ce jeu de survie jubilatoire traité avec autant de sérieux que de dérision caustique.

*Bruno

lundi 24 octobre 2022

Jaula

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Ignacio Tatay. 2022. Espagne. 1h47. Avec Elena Anaya, Pablo Molinero, Eva Tennear, Eva Llorach, Carlos Santos, Esther Aceb, Eloy AzorĂ­n

Diffusé sur Netflix le 24 Octobre 2022. Sortie salles Espagne: 9 Septembre 2022

FILMOGRAPHIE: Ignacio Tatay est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur espagnol. 2022: Jaula. 


Produit par Alex De La Iglesia, Jaula est un excellent thriller Ă  suspense hitchcockien qui doit beaucoup de son intĂ©rĂŞt et de son intensitĂ© grâce Ă  la conviction de son casting irrĂ©prochable (principalement Elena Anaya en mère investigatrice seule contre tous) et Ă  l'intelligence de sa mise en scène retardant les rebondissements pour mieux nous piĂ©ger dans l'expectative d'une intrigue centrĂ©e sur l'interrogation d'une fille apatride. Dans la mesure oĂą Clara vient d'ĂŞtre recueillie par le couple Paula / Simon en pleine nuit sur une route dĂ©partementale. Incapable de parler et confinĂ©e dans un cadre restreint qu'elle dessine Ă  la craie pour se prĂ©server contre toute intrusion, Clara semble perturbĂ©e par son mystĂ©rieux passĂ© que Paula tentera de dĂ©mystifier en dĂ©pit des soupçons pesant contre elle Ă  la suite d'incidents incriminant la fillette. Huis-clos inquiĂ©tant bourrĂ© de suspense quant Ă  dĂ©chiffrer les secrets qui pèsent sur les Ă©paules de Clara, Jaula est rehaussĂ© de la caractĂ©risation psychologique de ses personnages que symbolisent Paula / Simon avec une dimension humaine rĂ©solument communicative quant Ă  leurs conflits d'intĂ©rĂŞt maternel. 


Le rĂ©alisateur jouant dans un premier temps sobrement sur l'ambivalence de la fillette aux comportements aussi Ă©tranges que dĂ©lĂ©tères si je me rĂ©fère aux incidents domestiques qui auront lieu dans la demeure. D'autre part, auprès de ce huis-clos familier, on apprĂ©cie Ă©galement le design de sa demeure rĂ©confortante plutĂ´t bien exploitĂ©e (et Ă©clairĂ©e) de par son rĂ©alisme naturaliste (notamment auprès de ses plantes ornementales qui ornent certaines pièces). L'ambiance rassurante de cette paisible demeure contrastant peu Ă  peu avec les sentiments d'inquiĂ©tude qui tourmentent Paula / Simon Ă  savoir qui tire les ficelles de cette Ă©trange Ă©nigme filiale suggĂ©rant la maltraitance infantile. Eva Tennear endossant la fillette "sauvage" avec une retenue toute Ă  la fois craintive, fragile et hostile eu Ă©gard de ses comportements parfois erratiques Ă  tenter de se faire comprendre auprès d'un entourage davantage dĂ©sarmĂ© de solutions fructueuses. La seconde partie empilant sur le flash-back de divers rebondissements crĂ©dibles au grĂ© d'une intensitĂ© toujours plus oppressante quant aux enjeux de survie des victimes en porte-Ă -faux. 


Solidement interprĂ©tĂ© et mis en scène, notamment auprès de l'utilisation très efficace d'un score lestement inquiĂ©tant (parfois mĂŞme envoĂ»tant pour rehausser la dimension humaine de certaines sĂ©quences intimistes bâties sur une fragilitĂ© rĂ©servĂ©e), Jaula est une excellente surprise de Netflix qui ne prend pas le spectateur pour un chaland facilement influençable. Captivant, intense et Ă©motionnellement expressif dans une juste pudeur de ton. 

*Bruno

lundi 17 octobre 2022

Les Enchaînés / Notorious

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

d'Alfred Hitchcock. 1946. U.S.A. 1h42. Avec Cary Grant, Ingrid Bergman, Claude Rains, Louis Calhern, Leopoldine Konstantin, Reinhold SchĂĽnzel. 

Sortie salles France: 19 Mars 1948. U.S: 6 Septembre 1946

FILMOGRAPHIE: Alfred Hitchcock est un réalisateur, producteur et scénariste anglo américain, né le 13 Août 1899, décédé le 29 Avril 1980. 1935: Les 39 Marches. 1936: Quatre de l'Espionnage. Agent Secret. 1937: Jeune et Innocent. 1938: Une Femme Disparait. 1939: La Taverne de la Jamaique. 1940: Rebecca. Correspondant 17. 1941: Soupçons. 1942: La 5è Colonne. 1943: l'Ombre d'un Doute. 1944: Lifeboat. 1945: La Maison du Dr Edward. 1946: Les Enchainés. 1947: Le Procès Paradine. 1948: La Corde. 1949: Les Amants du Capricorne. 1950: Le Grand Alibi. 1951: L'Inconnu du Nord-Express. 1953: La Loi du Silence. 1954: Le Crime était presque parfait. Fenêtre sur cour. 1955: La Main au Collet. Mais qui a tué Harry ? 1956: l'Homme qui en savait trop. Le Faux Coupable. 1958: Sueurs Froides. 1959: La Mort aux Trousses. 1960: Psychose. 1963: Les Oiseaux. 1964: Pas de Printemps pour Marnie. 1966: Le Rideau Déchiré. 1969: l'Etau. 1972: Frenzy. 1976: Complot de Famille.

Un chef-d'oeuvre d'Alfred Hitchcock illuminĂ© du duo Gary Grant / Ingrid Bergman transperçant l'Ă©cran Ă  chacun de leur apartĂ© intime. Gary Grant endossant dans une expression orgueilleuse l'amant taiseux n'osant avouĂ© son amour pour Alicia enrĂ´lĂ©e afin d'espionner un collaborateur de son père, espion nazi tout juste incarcĂ©rĂ© pour une peine de 20 ans. Pour se faire, elle est contrainte de le sĂ©duire afin de dĂ©couvrir ce que renferme sa cave Ă  vin. Ingrid Bergman se fondant dans le corps de cette femme Ă©perdument amoureuse mais doutant peu Ă  peu des sentiments de Devlin de par son comportement Ă  la fois dĂ©tachĂ© et sĂ©vère. Ce couple glamour partagĂ© entre la rĂ©demption, le doute et la dĂ©ception dĂ©gage donc une incroyable alchimie romantique au fil de leur Ă©volution morale malmenĂ©e par leur stratĂ©gie d'espionnage, et ce jusqu'au pĂ©ril de leur vie. Mais la passion des sentiments que nous retransmettent avec grâce impĂ©riale les acteurs est notamment sublimĂ©e du gĂ©nie de la mise en scène du maĂ®tre du suspense dirigeant brillamment ses acteurs car autopsiant leurs profils en plan serrĂ© avec un art consommĂ© du dĂ©tail expressif tantĂ´t exaltĂ© tantĂ´t sentencieux. VĂ©nĂ©neux jeu de dupe et de sĂ©duction autour du spectre du nazisme (alors que le mĂ©trage fut tournĂ© 1 an après la fin de la seconde guerre mondiale), les EnchaĂ®nĂ©s est une superbe romance Ă  suspense "contemplative" dans la mesure oĂą la mise en scène d'Hitchcock sublime (avec tant de circonspection) les ressorts de son intrigue en suspens au sein d'une facture monochrome envoĂ»tante. 

*Bruno

mercredi 12 octobre 2022

Peggy sue s'est mariée / Peggy Sue Got Married

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Francis Ford Coppola. 1986. U.S.A. 1h43. Avec Kathleen Turner, Nicolas Cage, Barry Miller, Catherine Hicks, Joan Allen, Kevin J. O'Connor.

Sortie salles France: 7 Janvier 1987

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Francis Ford Coppola est un réalisateur, producteur et scénariste américain né le 7 Avril 1939. 1963: Dementia 13. 1966: Big Boy. 1968: La Vallée du Bonheur. 1969: Les Gens de la pluie. 1972: Le Parrain. 1974: Conversation Secrète. Le parrain 2. 1979: Apocalypse Now. 1982: Coup de coeur. 1983: Outsiders. Rusty James. 1984: Cotton Club. 1986: Peggy Sue s'est mariée. 1987: Jardins de Pierre. 1988: Tucker. 1989: New-York Stories. 1990: Le Parrain 3. 1992: Dracula. 1996: Jack. 1997: L'Idéaliste. 2007: l'Homme sans âge. 2009: Tetro. 2011: Twixt.

Succès international en dĂ©pit de ses 425 984 entrĂ©es dans l'hexagone, Peggy Sue s'est mariĂ©e est une merveille de tendresse, de poĂ©sie et de fantaisie, le pendant romantique du cĂ©lèbre Retour vers le Futur de Zemeckis si j'ose parfaire ce parallèle. Francis Ford Coppola dĂ©clarant sa flamme aux sixties lorsque Peggy se retrouve projetĂ©e dans cette Ă©poque florissante après s'ĂŞtre Ă©vanouie en 1985 lors d'un bal de commĂ©moration lycĂ©enne. Ainsi, depuis son rĂ©cent divorce avec son amour de jeunesse Charlie, Peggy revit Ă  nouveau ses premiers Ă©mois sentimentaux en tentant cette fois-ci de rĂ©parer ces erreurs d'ĂŞtre tombĂ©e amoureuse trop tĂ´t de celui-ci. Un jeune utopiste fĂ©ru de rock and roll dans sa quĂŞte de s'imposer chanteur reconnu du showbiz qu'endosse le juvĂ©nile Nicolas Cage Ă  l'aide d'une force tranquille Ă  la fois naĂŻve, attendrissante puis fĂ©brile eu Ă©gard de ses sentiments galvanisants pour sa muse frĂ©quemment versatile jusqu'aux crĂ©pages de chignon. 

C'est donc un magnifique rĂ©cit romantique que nous cultive sur un plateau d'argent Francis Ford Coppola, une trajectoire initiatique Ă  travers ses thĂ©matiques du souvenir, de l'adultère, du doute, de la rĂ©demption et de la peur de l'Ă©chec que Kathleen Turner transcende de sa prĂ©sence incandescente en jeune femme anachronique ballotĂ©e entre craintes, tendresse et apprĂ©hension Ă  jeter son dĂ©volu sur le prĂ©tendant mĂ©ritant. Celle-ci illuminant l'Ă©cran Ă  chacune de ses apparitions fantaisistes (elle se retrouve dans la peau d'une lycĂ©enne 25 ans plus tĂ´t !), dans la mesure oĂą elle parvient vĂ©ritablement Ă  nous communiquer ses sentiments contradictoires et de nous immerger dans sa psychĂ© Ă  la fois mĂ©lancolique et torturĂ©e Ă  revivre les plus beaux instants de sa jeunesse (notamment auprès de la nouvelle rencontre de ses jeunes parents et grands-parents) que Coppola idĂ©alise entre tendresse des souvenirs (jusqu'aux moindres dĂ©tails d'objets familiers qui nous restent gravĂ©s dans un coin de l'encĂ©phale). Le film, mĂ©taphysique en filigrane (on y traite Ă©galement de mĂ©tempsychose, on laisse planer le doute sur le rĂŞve et le voyage temporel), exprimant une immense tendresse pour le dĂ©sir amoureux que tout un chacun demeure incapable de maĂ®triser quant Ă  l'Ă©volution positive ou nĂ©gative de leur destinĂ©e.   

Tout cela Ă©tant traitĂ© avec une sensibilitĂ© Ă©purĂ©e eu Ă©gard de son vortex Ă©motionnel nous agrippant doucement Ă  la gorge sans que le spectateur ne s'aperçoive de son alchimie surnaturelle qu'on ne peut contrĂ´ler. Peggy Sue s'est mariĂ©e conjuguant avec un brio jamais outrĂ© ou complaisant les composantes d'humour, de romance, de science-fiction et (surtout) de tendresse sous l'impulsion d'une Kathleen Turner touchĂ©e par la grâce de son passĂ© retrouvĂ©. Le spectateur s'identifiant Ă  ses Ă©motions chĂ©tives en se remĂ©morant ses propres souvenirs afin d'Ă©ventuellement rĂ©parer ses propres failles et erreurs que nous commettons tous dans le passĂ© afin de mieux converger sa destinĂ©e Ă  la rĂ©ussite. Or, ici, quand on s'adresse Ă  la valeur de l'amour, aucun prophète n'est apte de rĂ©pondre Ă  nos hĂ©sitations, nos craintes et nos espoirs, mĂŞme si la force de caractère et la maturitĂ© constituent des outils substantiels pour Ă©viter de louvoyer vers des cheminements rugueux. A revoir d'urgence donc, si bien que l'on peut parler de chef-d'oeuvre universel, hymne au vertige de l'amour (euphĂ©misme !) reconstituĂ© ici Ă  travers nos souvenirs candides. Et personnellement, j'en sors commotionnĂ©, faute d'une charge Ă©motionnelle d'une expressivitĂ© inattendue. 

*Bruno
2èx

Récompenses

National Board of Review Awards 1986 : meilleure actrice pour Kathleen Turner et Top Ten Films10

BMI Film and TV Awards 1987 : BMI Film Music Award pour John Barry

American Society of Cinematographers Awards 1987 : meilleure photographie d'un long métrage pour Jordan Cronenweth

mardi 11 octobre 2022

La Flèche et le Flambeau / The Flame and the Arrow

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jacques Tourneur. 1950. U.S.A. 1h28. Avec Burt Lancaster, Virginia Mayo, Robert Douglas, Aline MacMahon, Victor Kilian. 

Sortie salles France: 27 Juin 1951. U.S: 7 Juillet 1950

FILMOGRAPHIE: Jacques Thomas, dit Jacques Tourneur est un réalisateur français, né à Paris 12e, le 12 novembre 1904 et mort à Bergerac (Dordogne) le 19 décembre 1977 (à 73 ans). 1931 : Tout ça ne vaut pas l'amour ou Un vieux garçon. 1933 : Toto ou Son Altesse voyage. 1933 : Pour être aimé. 1934 : Les Filles de la concierge. 1939 : They All Come Out. 1939 : Nick Carter, Master Detective. 1940 : Phantom Raiders. 1941 : Doctors Don't Tell. 1942 : La Féline. 1943 : Vaudou. 1943 : L'Homme-léopard. 1944 : Jours de gloire. 1944 : Angoisse. 1946 : Le Passage du canyon. 1947 : La Griffe du passé ou Pendez-moi haut et court. 1948 : Berlin Express. 1949 : La Vie facile. 1950 : Stars in my Crown. 1950 : La Flèche et le Flambeau. 1951 : L'enquête est close. 1951 : La Flibustière des Antilles. 1952 : Le Gaucho. 1953 : Les Révoltés de la Claire-Louise. 1955 : Le juge Thorne fait sa loi. 1955 : Un jeu risqué. 1956 : L'Or et l'Amour. 1957 : Rendez-vous avec la peur. 1957 : Poursuites dans la nuit. 1958 : La Cible parfaite. 1959 : Tombouctou. 1959 : La Bataille de Marathon. 1960 : Passage secret coréalisé avec George Waggner. 1961 : Fury River. 1963 : Le croque-mort s'en mêle. 1965 : La Cité sous la mer.

Plaisant de bout en bout

L'année 2018 débute et je continue mon cycle Jacques Tourneur grâce au très joli coffret que la TMC avait édité. Pour le coup, le cinéaste français change totalement de genre avec un film d'aventures, aux allures de capes et d'épées. La Flèche et le Flambeau est une sorte de Robin des Bois revisité, avec bien sûr des différences.

On prend un héros, défenseur des honnêtes gens et des citoyens, un méchant noble (quoique parfois assez nuancé), une belle dame issue de ce milieu de la noblesse mais attirée par le bandit et on obtient un film d'une heure trente assez agréable.

Il faut dire que le cinéaste a le bon ton de raconter l'histoire avec énormément de légèreté, permettant à Burt Lancaster et ses comparses de faire des cabrioles dignes du cirque. D'ailleurs, Lancaster, sportif de haut vol est féru de cabrioles de cirque. On retrouve notamment dans ce film Nick Cravat, ami d'enfance du comédien et qui joue Piccolo. Les deux comparses tourneront très souvent ensemble et mourront, toujours amis, la même année, en 1994. D'ailleurs, l'énergie déployée par les acteurs, le ton de la farce qui revient assez régulière fait qu'on peut adhérer assez facilement au film.

Si c'est parfois un peu daté dans certains effets, avec un accent un peu trop théâtral pour certaines choses, le film demeure franchement très plaisant de bout en bout. L'histoire est agréable, sympathique avec ses petits défauts aussi.

Il n'empêche que c'est finalement l'un des mes Jacques Tourneur préféré. Je le mets au même niveau que La Féline en ce qui concerne l'intérêt évoqué chez moi. Un bon petit moment de cinéma, sublimé par le Technicolor.

Ecrit par Batman1985 (sens critique)

7/10

Film de cape et d'épées et d'arcs et de flèches et de collants verdâtres moule-burnes et de sourires aux dents blanches ultra-brite.

Tourneur semble se parer de la panoplie du faiseur hollywoodien en nous livrant là un technicolor gai, virevoltant, bien fait mais sans élément particulier, sortant de l'ordinaire du film d'action de l'époque.

Le jeune Lancaster et ses copains du cirque utilisent à merveille les jeux du cirque. Le monde des acrobates dont il est issu est ici largement mis à contribution. Il est étroitement associé au scénario. Funambules, acrobates, sauteurs épatants font des numéros de cirque des scènes d'action originales. C'est bien là le composant essentiel du film.

Bon petit film, agréable, enjoué.

Ecrit par Alligator (sens critique)

7/10

lundi 10 octobre 2022

Effraction

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Daniel Duval. 1983. France. 1h34. Avec Marlène Jobert, Bruno Cremer, Jacques Villeret, Florent Pagny, Jean-Pierre Dravel, Robert Darame 

Sortie salles France: 6 Avril 1983

FILMOGRAPHIEDaniel Duval, nĂ© le 28 novembre 1944 Ă  Vitry-sur-Seine et mort le 9 octobre 2013 Ă  Paris 10e, est un acteur, rĂ©alisateur et scĂ©nariste français.1974 : Le Voyage d'AmĂ©lie. 1976 : L'Ombre des châteaux. 1979 : La DĂ©robade. 1981 : L'Amour trop fort. 1983 : Effraction. 2006 : Le Temps des porte-plumes. 

Totalement oubliĂ© de nos jours (on comprend pourquoi Ă  la revoyure) et peu diffusĂ© Ă  la TV; Effraction est une Ă©trange curiositĂ© franchouillarde au cachet bis gentiment sympathique. Tout du moins auprès de la gĂ©nĂ©ration 80 qui sait apprĂ©cier les oeuvres mineures dĂ©nuĂ©es de prĂ©tention et tournĂ©es avec une volontĂ© de bien faire aussi malhabile soit la rĂ©alisation de Daniel Duval (lui qui se fit pourtant connaĂ®tre avec le percutant La DĂ©robade auquel il Ă©tait Ă©galement acteur). PonctuĂ© de sĂ©quences saugrenues (notamment auprès de la posture lunaire de certains seconds-rĂ´les et figurants, avec en sus l'apparition surprise du jeunot nĂ©ophyte Florent Pagny), Effraction dĂ©gage une certaine ambiance provinciale symptomatique de son Ă©poque dans lequel il fut conçu. Et ce en dĂ©pit d'une intrigue Ă©tique sans surprise (probablement le gros point noir) que l'on reluque toutefois sans trop d'ennui grâce Ă  sa simplicitĂ© naĂŻve. 

Si bien que l'on est surtout attachĂ© Ă  la prĂ©sence toute Ă  fait convaincante du couple avenant Bruno Kremer / Annie Girardot auprès de leurs Ă©treintes sentimentales, quand bien mĂŞme Jacques Villeret surjoue frĂ©quemment en braqueur / preneur d'otage psychopathe dans un rĂ´le Ă  contre-emploi dont il peine Ă  faire omettre l'acteur comique que l'on a coutume de frĂ©quenter. Parfois mĂŞme involontairement drĂ´le (Ă  l'instar de son look grossier quand il joue le braqueur), l'acteur hystĂ©rise notamment sa posture criminelle Ă  travers des Ă©clairs de violence grand-guignolesques peu rĂ©alistes mais ludiques de par sa surenchère appuyĂ©e. Dispensable Ă©videmment mais parfois sĂ©duisant (surtout sa 1ère partie avant l'effraction dans l'hĂ´tel) et quelque peu attachant par son cĂ´tĂ© foutraque et bricolĂ© (Ă  l'instar de son score mĂ©tronome Ă  la limite de l'autoparodie).

*Bruno

vendredi 7 octobre 2022

Mort sur le Grill / Crimewave

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Sam Raimi. 1985. U.S.A. 1h26. Avec Reed Birney, Paul L. Smith, Brion James, Louise Lasser, Bruce Campbell, Sheree J. Wilson, Antonio Fargas. 

Sortie salles France: 5 Mars 1986. U.S: 25 Avril 1986

FILMOGRAPHIE: Sam Raimi est un rĂ©alisateur, acteur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 23 Octobre 1959 Ă  Franklin, Etats-Unis. 1981: Evil-Dead. 1985: Mort sur le Grill. 1987: Evil-Dead 2. 1990: Darkman. 1993: Evil-Dead 3. 1995: Mort ou Vif. 1998: Un Plan Simple. 1999: Pour l'amour du jeu. 2000: Intuitions. 2002: Spi-derman. 2004: Spider-man 2. 2007: Spider-man 3. 2009: Jusqu'en Enfer. 2013: Le Monde fantastique d'Oz. 2022 : Doctor Strange in the Multiverse of Madness. 


Une sĂ©rie B culte transplantĂ©e dans le cadre du cartoon live. 
Pas très bien accueilli lors de sa sortie internationale en dĂ©pit de nos critiques hexagonales plutĂ´t favorables (principalement les revues spĂ©cialisĂ©es Mad Movies / L'EF / Starfix alors qu'Ă  Avoriaz il fut vanter par quelques journalistes), Mort sur le Grill est une comĂ©die probablement trop dĂ©jantĂ©e pour le spectateur non averti. Tant et si bien que Sam Raimi, Ă  peine remis du fracassant succès Evil-Dead,  renoue avec le cartoon live et le suspense parodique dans un esprit dĂ©bridĂ© autrement dĂ©complexĂ©. Le comique railleur, les poursuites improbables et l'action dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©e se disputant la mise lors d'un concours de circonstances ubuesques inscrites dans l'insolence sardonique (on peut d'ailleurs parfois avoir mal au crane selon l'humeur du jour). 

Et si l'intrigue, trop simpliste (inopinĂ©e rencontre puis affrontement entre un hĂ©ros gaffeur, sa compagne qu'il tente maladroitement de courtiser et un duo de tueurs payĂ©s pour supprimer un amant infidèle) laisse peu de places au rebondissements, l'implication attentionnĂ©e de Raimi (tant niveau technique que formel, accompagnĂ© d'une photo rutilante) entourĂ© d'une poignĂ©e d'acteurs festifs en roue libre rendent l'attraction franchement fougueuse en faisant fi de toute prĂ©tention. Sorte de grand huit lancĂ© Ă  vive allure, Mort sur le Grill demeure donc un flamboyant hommage aux cartoons de notre enfance, particulièrement Tex Avery, Ă  travers son inventivitĂ© Ă  corps perdu que Raimi relance sans cesse dans une formulation sĂ©millante. Tous les protagonistes s'en donnant Ă  coeur joie Ă  se courser et se cogner au grĂ© de mimiques sciemment surjouĂ©es. GĂ©nĂ©reusement bonnard, lunatique, frĂ©tillant, hystĂ©rique et badin au sein d'une scĂ©nographie alambiquĂ©e parfois incroyablement maitrisĂ©e (la poursuite finale sur bitume dĂ©mĂ©nage en diable !); Mort sur le Grill ne pourrait dĂ©cevoir que les pisse-froids, les dĂ©pressifs et rabats joie ayant notamment Ă©garĂ© en cours de chemin leur âme d'enfant. 


*Bruno
3èx