lundi 18 mars 2024

Les Pleins pouvoirs / Absolute Power

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Clint Eastwood. 1997. U.S.A. 2h01. Avec Clint Eastwood, Gene Hackman, Ed Harris, Laura Linney, Scott Glenn, Dennis Haysbert, Judy Davis, E. G. Marshall.

Sortie salles France: 21 Mai 1997

FILMOGRAPHIE: Clint Eastwood est un acteur, réalisateur, compositeur et producteur américain, né le 31 Mai 1930 à San Francisco, dans l'Etat de Californie. 1971: Un Frisson dans la Nuit. 1973: L'Homme des Hautes Plaines. 1973: Breezy. 1975: La Sanction. 1976: Josey Wales, Hors la Loi. 1977: L'Epreuve de Force. 1980: Bronco Billy. 1982: Firefox, l'arme absolue. 1982: Honkytonk Man. 1983: Sudden Impact. 1985: Pale Rider. 1986: Le Maître de Guerre. 1988: Bird. 1990: Chasseur Blanc, Coeur Noir. 1990: Le Relève. 1992: Impitoyable. 1993: Un Monde Parfait. 1995: Sur la route de Madison. 1997: Les Pleins Pouvoirs. 1997: Minuit dans le jardin du bien et du mal. 1999: Jugé Coupable. 2000: Space Cowboys. 2002: Créance de sang. 2003: Mystic River. 2004: Million Dollar Baby. 2006: Mémoires de nos pères. 2006: Lettres d'Iwo Jima. 2008: L'Echange. 2008: Gran Torino. 2009: Invictus. 2010: Au-delà. 2011: J. Edgar. 2014: Jersey Boys. 2015: American Sniper. 2016: Sully. 2017: 2018: Le 15h17 pour Paris. 2018: La Mule. 2021: Cry Macho.

Un excellent thriller un peu occultĂ© de nos jours et c'est bien dommage tant Clint Eastwood, rĂ©al et acteur, s'y entend pour nous captiver Ă  travers son suspense (parfois) hitchockien (la sĂ©quence du bar filmĂ©e de l'extĂ©rieur d'une terrasse) au concept de base redoutablement allĂ©chant, prometteur, percutant. Si bien qu'un gentleman cambrioleur est tĂ©moin d'un meurtre parmi la complicitĂ© du prĂ©sident des Etats-Unis. Or, Ă©goĂŻstement, ce premier ne porte pas assistance Ă  la victime faute de sa posture illĂ©gale. Il dĂ©cide toutefois d'y dĂ©rober une preuve Ă©loquente avant de prendre la poudre d'escampette. Mais alors qu'il compte quitter le pays, un discours mĂ©diatique le ravise afin de rĂ©parer justice. Solidement mis en scène sans cĂ©der une seconde Ă  l'ennui, les Pleins pouvoirs fait la part belle aux tourments psychologiques des personnages (tant antagonistes que protagonistes) impliquĂ©s dans la scĂ©nographie d'un meurtre, quand bien mĂŞme notre anti-hĂ©ros Luther (Eastwood donc) profite notamment de sa culpabilitĂ© (en demi-teinte) pour tenter de renouer avec sa fille depuis son absence parentale. Ce qui nous vaut d'ailleurs par petites touches Ă©motionnelles des sĂ©quences intimistes subtilement poignantes tant le rĂ©alisateur attache du crĂ©dit humaniste aux rapports conflictuelles entre une fille et un père d'autant plus rĂ©unis dans un contexte de deuil familial. 

Quant au "mĂ©chant" du rĂ©cit, Gene Hackman demeure une fois de plus parfait de lâchetĂ©, de vilĂ©nie, d'hypocrisie dans sa fonction de prĂ©sident pĂ©dant usant de ses (pleins) pouvoirs pour masquer la vĂ©ritĂ© d'une tragĂ©die meurtrière. Les seconds-rĂ´les ne sont pas en reste non plus, principalement Scott Glenn Ă  travers son charisme striĂ© impassible en adjoint des services secrets, Ed Harris en flic loyal ne lâchant nullement d'un iota le fil de son enquĂŞte auprès d'un potentiel coupable redoutablement retors, mais aussi Laura Linney en fille esseulĂ©e plombĂ©e par l'absence d'un père peu recommandable en voleur professionnel au passĂ© pour autant hĂ©roĂŻque (ancien dĂ©corĂ© de guerre de CorĂ©e). Outre son discours sulfureux sur la corruption des hommes de pouvoir victimes de leur condition fortunĂ©e, Clint Eastwood aborde en filigrane une rĂ©flexion sur la vengeance auprès de 2 points de vue dont leur point commun s'Ă©rige sur les valeurs familiales. Un excellent suspense donc qui ne perd jamais le spectateur en cours de route de par l'adresse et la maĂ®trise d'une rĂ©alisation robuste dont le moteur essentiel rĂ©side dans les profils bien dessinĂ©s de ses personnages s'affrontant entre perspicacitĂ©, ruse et maladresse. 

*Bruno

samedi 16 mars 2024

Stopmotion. Prix Spécial du Jury, Sitges 2023.

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Robert Morgan. 2023. Angleterre.1h33. Avec Aisling Franciosi, Stella Gonet, Tom York, Caoilinn Springall, James Swanton, Joshua J. Parker 

Sortie salles France: 8 Décembre 2023 (Festival du Rex de Paris)

FILMOGRAPHIERobert Morgan (nĂ© en 1974) est un rĂ©alisateur, rĂ©alisateur et scĂ©nariste britannique. 2014: ABC of Death: « D is for Deloused » 2023: Stopmotion. 

                                       Du cinĂ© indĂ© qui ne demande jamais Ă  se faire aimer.

Attention, OFNI british Ă  aborder avec des pincettes tant l'expĂ©rience horrifique demeure difficilement digĂ©rable sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique clĂ´t. Si bien qu'Ă  l'instar des chefs-d'oeuvre schizo RĂ©pulsions et Eraserhead, Stopmotion est Ă  rĂ©server Ă  un public prĂ©parĂ© pour qui sait apprĂ©cier les oeuvres d'auteur s'efforçant de rajeunir le genre avec une personnalitĂ© marginale eu Ă©gard de l'ambiance dissonante qui se dĂ©gage de chaque pore du mĂ©trage, de son indicible climat malsain et de sa violence sanguine intervenant prioritairement lors du dernier acte rĂ©vĂ©lateur (encore que nombre de questions restent dĂ©libĂ©rĂ©ment en suspens). Malaisant, trouble et inquiĂ©tant Ă  la fois dans une posture aussi feutrĂ©e qu'Ă©touffante, Ă©trange, interlope, Ă©quivoque, ombrageux pour mieux nous perdre dans le dĂ©dale de la psychĂ© torturĂ©e d'une jeune femme victime malgrĂ© elle d'une maman bigote, Stopmotion demeure finalement un drame psychologique singulier auprès de sa mise en scène expĂ©rimentale conjuguant assez efficacement prises de vue rĂ©elles et animation lorsque Ella s'efforce d'orchestrer un rĂ©cit fantastique en compagnie de ses figures de cire qu'elle a bien du mal Ă  conclure. 

Notamment faute de l'intervention de sa voisine de palier, une fillette influente bizarroĂŻde de lui suggĂ©rer des idĂ©es morbides pour mettre Ă  terme son ambitieux projet de cinĂ©ma en stopmotion. Nanti d'un rythme constamment languissant (qui ne plaira assurĂ©ment pas Ă  tous), composĂ© de personnages de chair physiquement inquiĂ©tants (des visages quelque peu dĂ©charnĂ©s aux yeux plutĂ´t exorbitĂ©s) et de crĂ©atures de cire terriblement malaisantes au sein d'un cinĂ©mascope auteurisant, Stopmotion ne cesse de titiller angoisse, inquiĂ©tude, curiositĂ© Ă  part Ă©gale au sein d'une structure narrative Ă©clatĂ©e afin de mieux perdre nos repères. Une leçon de cinĂ©ma en herbe pour nous engloutir dans un cauchemar cĂ©rĂ©bral redoutablement franc-tireur Ă  travers son refus de concession, de fioriture, de quiĂ©tude, de main secourable. Une expĂ©rience assez extrĂŞme donc probablement vouĂ©e Ă  devenir culte qu'il vaut mieux revoir plusieurs fois pour en saisir toute son essence psychologique, notamment auprès de sa thĂ©matique de la crĂ©ation Ă  donner chair Ă  des personnages inertes au pĂ©ril de la raison.  

A ne pas mettre entre toutes les mains.

*Bruno

Distinctions: Prix du meilleur réalisateur, Fantastic Fest 2023

Prix spécial du jury, Sitges

vendredi 15 mars 2024

The Bone Collector

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Philip Noyce. 1999. U.S.A. 1h58. Avec Denzel Washington, Angelina Jolie, Ed O'Neill, Michael Rooker, Queen Latifah, Luis Guzmán, Richard Zeman, Leland Orser.

Sortie salles France: 26 Janvier 2000. U.S: 5 Novembre 1999

FILMOGRAPHIE: Phillip Noyce est un rĂ©alisateur australien, nĂ© le 29 avril 1950 Ă  Griffith (Australie). 1977 : Backroads. 1978 : Newsfront. 1982 : Heatwave. 1987 : Echoes of Paradise. 1989 : Calme blanc. 1989 : Vengeance aveugle. 1992 : Jeux de guerre. 1993 : Sliver. 1994 : Danger immĂ©diat. 1997 : Le Saint. 1999 : Bone Collector. 2002 : Le Chemin de la libertĂ©. 2002 : Un AmĂ©ricain bien tranquille. 2004 : Welcome to SĂŁo Paulo - segment Marca Zero. 2006 : Au nom de la libertĂ©. 2010 : Salt. 2014 : The Giver. 2019 : Above Suspicion. 2021 : The Desperate Hour. 2023 : Fast Charlie. 

Encore un thriller des annĂ©es 90 hĂ©las oubliĂ©, faute d'avoir Ă©tĂ© sans doute occultĂ©, voir peut-ĂŞtre aussi mĂ©sestimĂ© depuis la bombe Seven sorti quelques annĂ©es au prĂ©alable auquel la trame s'inspire ouvertement (jeu de piste infernal entre une flic en herbe et un tueur Ă  la fois pervers et machiavĂ©lique). Sans compter Ă©galement une influence Ă©vidente au Silence des Agneaux pour le soutien didactique "Ă  distance" perpĂ©trĂ© entre un expert en criminologie alitĂ© et cette mĂŞme policière investiguant les recoins new-yorkais les plus sombres afin de venir Ă  bout des exactions sordides du tueur jamais Ă  bout de course pour achever son dessein meurtrier. Et si le final peut plausiblement dĂ©cevoir une frange de spectateurs (ce qui ne fut pas mon cas alors que je redoutais un rebondissement archi prĂ©visible lors d'une fausse alerte), il demeure pour autant bien amenĂ©, justifiĂ© et assez crĂ©dible pour adouber les mobiles du serial-killer d'une tĂ©nacitĂ© intraitable sans trop en dĂ©voiler. 


Et mĂŞme si l'intrigue avait gagnĂ© Ă  ĂŞtre plus intense, structurĂ©e, passionnante et palpitante, on reste toutefois captivĂ©, attentif, quelque peu fascinĂ© autant qu'inquiet par l'Ă©volution narrative faisant la part belle Ă  la psychologie Ă  la fois torturĂ©e, fragile et pugnace du duo Denzel Washington / Angelina Jolie indiscutablement convaincant (mĂŞme si prĂ©fĂ©rence pour Washington) dans leur mutuelle empathie (sobrement exposĂ©e) Ă  se soutenir, leurs motivations acharnĂ©es Ă  recoller les pièces du puzzle que le tueur dissĂ©mine sur ses chemins criminels avec une arrogance cynique. On peut Ă©galement saluer l'intelligence de Philip Noyce (dĂ©jĂ  auteur de l'excellent Calme Blanc) Ă  se libĂ©rer de toute forme de complaisance, Ă  l'instar de Seven, lors des crimes perpĂ©trĂ©s avec une perversitĂ© insoutenable en se focalisant essentiellement sur leurs rĂ©sultantes que le spectateur imagine en reconstituant le crime avec un dĂ©goĂ»t aussi asphyxiant qu'horrifiant (surtout la sĂ©quence pestilentielle avec les rats). Solidement mis en scène en dĂ©pit de ses dĂ©fauts prĂ©citĂ©s, joliment photographiĂ© dans ces mĂŞmes teintes sĂ©pias (remember Seven) et superbement filmĂ© Ă  travers l'urbanisation tentaculaire d'un New-York crĂ©pusculaire souvent fascinant, Bone Collector honore sobrement le psycho-killer en peaufinant par ailleurs lors du dernier acte libĂ©rateur une poignante romance renforcĂ©e de la sublime mĂ©lodie de Peter Gabriel / Kate Buch que le gĂ©nĂ©rique imprime avec mĂ©lancolie apaisante. Le tout sans jamais verser dans une sensiblerie aussi mal placĂ©e que programmĂ©e.

*Bruno
2èx

jeudi 14 mars 2024

Dobermann

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinematerial.com

de Jan Kounen. 1997. France. 1h43. Avec Vincent Cassel, Tchéky Karyo, Monica Bellucci, Antoine Basler, Dominique Bettenfeld, Pascal Demolon, Marc Duret, Romain Duris, François Levantal.
 
Sortie salles France: 18 Juin 1997 (int - 16 ans)

FILMOGRAPHIE: Jan Kounen (de son vrai nom Jan Coenen) est un rĂ©alisateur, producteur de cinĂ©ma et scĂ©nariste français d'origine nĂ©erlandaise, nĂ© le 2 mai 1964 Ă  Utrecht (Pays-Bas). 1997 : Dobermann. 2004 : Blueberry, l'expĂ©rience secrète. 2007 : 99 francs. 2009 : Coco Chanel et Igor Stravinsky. 2013 : Le Vol des cigognes. 2020 : Mon cousin. 

                                                       Affreux, sales, (bĂŞtes) et mĂ©chants.

Revoyure d'un actionner bourrin (franchouillard) qui fit grand bruit lors de sa sortie, faute de sa violence ultra gratuite dĂ©nuĂ©e de moralitĂ© (si bien qu'il fut interdit aux moins de 16 ans et reste banni de nos Ă©crans TV), Dobermann est un dĂ©lire de sale gosse assumant jusqu'au bout des ongles son irresponsabilitĂ©, son mauvais goĂ»t, sa subversion auprès d'anti-hĂ©ros aussi dĂ©testables que grotesques (certaines sĂ©quences ridicules soufflant le chaud et le froid Ă  savoir s'il faut en rire ou sourire ou s'en dĂ©tourner). Tant auprès de la police en roue libre, faute des exactions autoritaires de leur leader nazillon assoiffĂ© de vengeance bestiale, que des malfrats marginaux issus de la communautĂ© gitane pour qui la vie d'autrui n'accorde aucun crĂ©dit. Ainsi donc, avec sa mise en scène Ă  la fois clippesque et Ă©pileptique qui, aujourd'hui, accuse un peu des effets de style obsolètes et des maladresses pour autant attachantes (notamment auprès du jeu approximatif de certains seconds-rĂ´les ou figurants), Dobermann dĂ©gage un charme bisseux aussi fascinant que jouissif pour qui parvient Ă  tolĂ©rer spectacle aussi dĂ©cĂ©rĂ©brĂ© dĂ©nuĂ© de logique, de raison, de points de vue. 

Jan Kounen se vautrant Ă  corps perdu dans la trivialitĂ©, tel un marmot dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©, auprès d'un dĂ©chaĂ®nement de violence hystĂ©risĂ©e aussi libĂ©rateur et dĂ©complexĂ© qu'inquiĂ©tant, pour ne pas dire irrĂ©flĂ©chi. Par consĂ©quent, pour apprĂ©cier cette bande dessinĂ©e constamment irrĂ©vĂ©rencieuse, scato et impĂ©tueuse il vaut mieux laisser son cerveau au vestiaire pour s'adonner Ă  cette dĂ©bauche criminelle oĂą flics et voyous s'affrontent sans rĂ©pit dans un bain de sang aussi dĂ©monial que dĂ©bridĂ©. Certaines fusillades dantesques (le carnage dans la boite de nuit) et courses-poursuites automobiles demeurant extrĂŞmement Ă©piques auprès de sa rĂ©alisation primitive n'Ă©pargnant aucun antagoniste pour notre plaisir voyeuriste ranimant nos bas instincts de fantasmes inavouĂ©s. A revoir donc impĂ©rativement au second degrĂ© pour s'esbaudir de ce grand (fist) fuck(ing) sur pellicule se tortillant les nerfs dans une idĂ©ologie immorale aussi douteuse que sarcastique. 

Pour public averti évidemment.

*Bruno
3èx

Box Office France: 800 000 entrées

La 9è Configuration / The Ninth Configuration / Twinkle, Twinkle, "Killer" Kane

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de William Peter Blatty. 1980. U.S.A. 1h58. Avec Stacy Keach, Scott Wilson, Jason Miller, Ed Flanders, Neville Brand, George DiCenzo, Moses Gunn, Robert Loggia.

Inédit en salles en France: U.S: 29 Février 1980.

FILMOGRAPHIE: William Peter Blatty est un écrivain, scénariste et réalisateur américain d'origine libanaise, né à New York le 7 janvier 1928. On lui doit deux uniques réalisations: la Neuvième configuration (1980) et L'Exorciste, la suite (1990).

Mea culpa. 

C'est au bout du 3è visionnage que j'ai enfin pu l'apprĂ©cier Ă  sa juste valeur. 

Et pourtant, je ne sais toujours pas quoi vraiment en penser.

Stacy Keach est exceptionnel en psychiatre prĂ©venant parfois contrebalancĂ© de sautes d'humeur d'une terrifiante intensitĂ© Ă  travers son regard demeurĂ©. 

Mais derrière son digne discours sur les traumas de la guerre du vietnam et la folie (contagieuse) qu'elle pu gĂ©nĂ©rer chez les plus fragiles, je retiens surtout son message spirituel finalement positif si on se rĂ©fère Ă  son magnifique Ă©pilogue rĂ©vĂ©lateur quand Ă  notre raison existentielle impartie Ă  la nĂ©cessitĂ© de souffrir et au courage de s'y sacrifier afin de rĂ©parer les fĂŞlures morales. 

La narration imprĂ©visible est sciemment Ă©clatĂ©e, les ambiances hybrides s'entrechoquent, quelques sĂ©quences grotesques se succèdent Ă  travers des tirades qui peuvent parfois lasser (essentiellement durant la 1ère heure). Mais la 9è configuration parvient toutefois Ă  sĂ©duire, interpeller, inquiĂ©ter, troubler auprès de sa fragilitĂ© humaine, sa sensibilitĂ© nĂ©vralgique Ă  nous interroger sur notre dualitĂ© du Bien et du Mal au sein d'un monde impitoyable oĂą les plus susceptibles peuvent basculer dans une solitude aliĂ©nante. 

On sort donc de la projo Ă  la fois blessĂ©, perplexe, Ă©mu et apaisĂ© pour le profil Ă©quivoque de ce personnage martyr prouvant par son instinct meurtrier qu'un agneau sommeillait en lui. 

Une oeuvre maudite en somme habitée par une entité mystique nous donnant envie de croire en l'autre.

*Bruno

mercredi 13 mars 2024

La Cité des Enfants perdus

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet. 1995. France/Allemagne/Espagne/Belgique/U.S. 1h52. Avec  Ron Perlman, Daniel Emilfork, Judith Vittet, Dominique Pinon, Jean-Claude Dreyfus, Geneviève Brunet, Odile Mallet, Mireille MossĂ©, Rufus, Jean-Louis Trintignant, Ticky Holgado, François Hadji-Lazaro, Serge Merlin. 

Sortie salles France: 17 Mai 1995. U.S: 15 DĂ©cembre 1995 (Int - 17 ans)

FILMOGRAPHIE: Jean Pierre Jeunet est un réalisateur et scénariste français né le 3 Septembre 1953 à Roanne, Loire. 1978: l'Evasion (court), 1980: Le Manège (animation de marionnettes), 1981: Le Bunker de la dernière rafalle (court 26 mns coréalisé avec Marc Caro), 1984: Pas de repos pour Billy Brakko (court), 1989: Foutaises, 1991: Delicatessen (coréalisé avec Marc Caro), 1995: La Cité des Enfants perdues (coréalisé avec Marc Caro), 1997: Alien, la Résurrection, 2001: Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain, 2004: Un Long Dimanche de Fiançailles, 2009: Micmacs à Tire-larigot. 2013: L'Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spive. 2022 : Big Bug (Netflix)

Spectacle hallucinant de virtuositĂ© formelle, comme on n’en compte que sur les doigts d’une main dans le paysage (souvent trop imberbe) du cinĂ©ma français, La CitĂ© des Enfants perdus est un chef-d’Ĺ“uvre du fantastique auteurisant, doublĂ© d’une expĂ©rience sensorielle capiteuse. Le genre d’Ă©crin indĂ©modable qui trĂ´ne aux cĂ´tĂ©s des rĂ©fĂ©rentiels : La Belle et la BĂŞte, Les Yeux sans Visage, Les Visiteurs du Soir, La BeautĂ© du Diable, Les Doigts du Diable ou encore OrphĂ©e. L’un des films fantastiques les plus gĂ©nialement dĂ©corĂ©s qui soient, Ă  l’Ă©gal d’un Blade Runner, d’un The Crow ou du Brazil de Terry Gilliam.

Ă€ la revoyure, au-delĂ  de sa facture aqueuse Ă  damner un saint (on reste indubitablement hantĂ© bien après le gĂ©nĂ©rique), ce qui stupĂ©fie, c’est la synergie des genres que le duo alchimiste - euphĂ©misme - Jeunet / Caro juxtapose avec une audace inconcevable aujourd’hui. Or qu’on ne s’y trompe pas : La CitĂ© des Enfants perdus n’est en rien un spectacle « tous publics », contrairement Ă  ce qu’osa, inexplicablement, sa sortie en salles française. Outre-Atlantique, il fut interdit aux moins de 17 ans ; outre-Manche, aux moins de 13. Et pour cause : la cruautĂ© de certaines sĂ©quences, impliquant des enfants terrorisĂ©s jusqu’aux larmes, heurte de plein fouet par son rĂ©alisme glaçant - au point d’en oublier l’outil cinĂ©matographique lui-mĂŞme.

Nos cinĂ©astes, en pleine possession de leurs moyens dĂ©mesurĂ©s, nous brodent un conte cauchemardesque d’une sidĂ©rante fulgurance formelle (j’insiste), technique et narrative. Une aventure indicible, impossible Ă  absorber en un seul visionnage. L’ambiance irrĂ©elle - Ă  la fois candide, féérique, malsaine, dĂ©rangeante, asphyxiante, dĂ©stabilisante - nous hypnotise les sens, tant les idĂ©es les plus folingues fusionnent sans rĂ©pit, portĂ©es par des personnages lunaires surgis d’une quatrième dimension connectĂ©e aux rĂŞves. ThĂ©matique centrale d’un rĂ©cit mĂ©taphorique (irracontable !), dĂ©claration d’amour Ă  la chimère, Ă  ce besoin irrĂ©pressible de rĂŞver pour s’Ă©vader et rester en vie, doublĂ© d’un hymne au fantastique que les auteurs impriment de leur talent inusitĂ©, avec une audace souvent saugrenue.

D’oĂą cette Ă©trange sensation, ce fascinant sentiment d’avoir traversĂ© une expĂ©rience Ă©motionnelle assez rigoureuse pour dĂ©passer l’illusion cinĂ©matographique - avec une intensitĂ© transie d’Ă©moi. Et dans ce maelstrom d’images, aussi ubuesques que dantesques (oĂą se croisent Browning, Cocteau, PrĂ©vert, Gilliam, Lynch), on reste hantĂ©, martelĂ©, commotionnĂ© par cette odyssĂ©e fantasmagorique qui dĂ©passe les limites de l’imagination la plus insolente.


Dinguerie à part entière, dont il est impossible de sortir indemne.
À revoir de toute urgence, ne serait-ce que pour constater à quel point certains films inqualifiables transcendent les modes et les épreuves du temps - pour se bonifier avec une dignité candide, aussi trouble que poignante.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

*Bruno
2èx

Récompenses:

César 1996 : César des meilleurs décors pour Jean Rabasse.

Éditeurs de sons de films 1996 :

Prix de la bobine d'or du meilleur montage sonore dans un film en langue étrangère pour Vincent Arnardi, Pierre Excoffier et Laurent Kossayan.

Prix 20/20 (20/20 Awards) 2016 :

Felix du meilleur film en langue étrangère

Felix de la meilleure photographie pour Darius Khondji,

Felix des meilleurs costumes pour Jean-Paul Gaultier.


mardi 12 mars 2024

La Grande attaque du Train d'or / The First Great Train Robbery. Prix Edgar-Allan-Poe du meilleur scénario

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Michael Crichton. 1978. Angleterre.1h51. Avec Sean Connery, Donald Sutherland, Lesley-Anne Down, Malcolm Ferris, Alan Webb, Pamela Salem.

Sortie salles France: 18 Avril 1979. Angleterre: 14 Décembre 1978

FILMOGRAPHIE: Michael Chrichton est un écrivain, scénariste, producteur et réalisateur américain, né le 23 Octobre 1942, décédé le 4 Novembre 2008 à Los Angeles. 1972: Pursuit (télé-film inédit en France). 1973: Mondwest. 1978: Morts Suspectes. 1979: La Grande Attaque du Train d'or. 1981: Looker. 1984: Runaway, l'évadé du futur. 1989: Preuve à l'appui (Physical Evidence).

Bijou de film de casse transplantĂ© dans l'Ă©poque victorienne Ă  bord d'un train sĂ©culaire, La Grande attaque du train d'or resplendit de 1000 feux sous l'impulsion du trio gagnant: Sean Connery, Donald Sutherland ainsi que la ravissante (et oh combien charnelle !) Lesley-Anne Down. L'inoubliable auteur Michael Crichton (Mondwest, Morts Suspectes, Looker, Runaway l'Ă©vadĂ© du Futur, excusez du peu !) structurant essentiellement son rĂ©cit sur les prĂ©paratifs, combines et actions (savamment coordonnĂ©es) du cambriolage exĂ©cutĂ©s avec un art artisanal eu Ă©gard des cascades finales que Sean Connery Ă©labore sur les toits des voitures de la locomotive avec un rĂ©alisme dĂ©coiffant. Si bien qu'il n'est point doublĂ© ! Ainsi, Ă  travers ces profils de gangsters anti-manichĂ©ens on s'Ă©tonne d'autant plus de certains Ă©carts cruels que le rĂ©alisateur se permet audacieusement d'injecter (le sort imparti Ă  un second-rĂ´le) au sein d'un divertissement grand public soigneusement reconstituĂ©. On peut d'ailleurs hĂ©las franchement dĂ©plorer (et accuser) la dĂ©rive d'une sĂ©quence abjecte de snuff animalier lorsqu'un chien (un Jack Russell) se rĂ©jouit de dĂ©vorer vivants des rats piĂ©gĂ©s au sein d'une areine face Ă  une foule de parieurs en liesse. 

Mais bon, en dĂ©pit de cette sĂ©quence intolĂ©rable flirtant avec le mauvais goĂ»t et le sadisme le plus vil et lâche, La Grande attaque du train d'or reste un divertissement de haute volĂ©e n'ayant rien Ă  envier Ă  la sĂ©rie Mission Impossible. Alors que le rĂ©cit improbable mais si bluffant de rĂ©alisme s'inspire toutefois d'une histoire vraie. Et c'est ce qui rend passionnante cette aventure rĂ©tro que de nous relater avec souci du dĂ©tail technique et formel les nombreuses missions (Ă  haut risque) de notre trio malfaiteur repoussant incessamment les limites du risque et du courage avec audace incongrue. Les monstres sacrĂ©es Sean Connery / Donald Sutherland se taillant une carrure snobĂ©e de cambrioleurs infiniment retors afin de duper leur entourage lors de subterfuges insensĂ©s qu'Ă©paule en faire-valoir Lesley-Anne Down de son charme girond Ă©vanescent. Le tout irriguĂ© en intermittence d'humour, de lĂ©gèretĂ©, d'Ă©rotisme badin et de cocasserie au sein d'un rĂ©alisme historique contrastĂ© comme susnommĂ© plus haut. Une rĂ©fĂ©rence donc qu'il serait temps de ranimer afin de le faire connaĂ®tre au plus grand nombre comme le souligne avec tant de dynamisme la partition primesautière de Jerry Goldsmith

*Bruno

                                     

Anecdote (source Wikipedia):

Sean Connery a réalisé toutes les cascades sur le toit du train : équipé de chaussures à semelle de caoutchouc, marchant sur le toit des voitures recouvert pour l'occasion de surfaces adhérentes, il eut des difficultés à garder les yeux ouverts en raison de la fumée et des cendres émises par la locomotive, d'autant plus que le train roulait plus vite qu'on lui avait annoncé (40 miles à l'heure au lieu de 20). Il faillit tomber du train lors d'un saut entre deux voitures. De même, Wayne Sleep, qui incarne Willy l'anguille, a également réalisé lui-même les escalades notamment celle du mur de la prison (il était un des plus brillants danseurs classiques britanniques, faisant partie de la prestigieuse Royal Ballet Company)

mardi 5 mars 2024

Mais qui a tué Harry ? / The Trouble with Harry

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Wikimedia.org

d'Alfred Hitchcock. 1955. Angleterre. 1h39. Avec Edmund Gwenn, John Forsythe, Shirley MacLaine, Mildred Natwick, Mildred Dunnock, Jerry Mathers, Royal Dano

Sortie salles France: 14 Mars 1956. Angleterre: 13 Avril 1955

FILMOGRAPHIE: Alfred Hitchcock est un réalisateur, producteur et scénariste anglo américain, né le 13 Août 1899, décédé le 29 Avril 1980. 1935: Les 39 Marches. 1936: Quatre de l'Espionnage. Agent Secret. 1937: Jeune et Innocent. 1938: Une Femme Disparait. 1939: La Taverne de la Jamaique. 1940: Rebecca. Correspondant 17. 1941: Soupçons. 1942: La 5è Colonne. 1943: l'Ombre d'un Doute. 1944: Lifeboat. 1945: La Maison du Dr Edward. 1946: Les Enchainés. 1947: Le Procès Paradine. 1948: La Corde. 1949: Les Amants du Capricorne. 1950: Le Grand Alibi. 1951: L'Inconnu du Nord-Express. 1953: La Loi du Silence. 1954: Le Crime était presque parfait. Fenêtre sur cour. 1955: La Main au Collet. Mais qui a tué Harry ? 1956: l'Homme qui en savait trop. Le Faux Coupable. 1958: Sueurs Froides. 1959: La Mort aux Trousses. 1960: Psychose. 1963: Les Oiseaux. 1964: Pas de Printemps pour Marnie. 1966: Le Rideau Déchiré. 1969: l'Etau. 1972: Frenzy. 1976: Complot de Famille.


VĂ©ritable bijou de comĂ©die romantique irriguĂ© d'humour noir lors d'une pĂ©riode oĂą le public fut peu habituĂ© Ă  frĂ©quenter rupture de ton aussi dĂ©calĂ©e (d'oĂą son succès timorĂ© Outre-Atlantique), Mais qui a tuĂ© Harry ? est un rĂ©gal de tendresse, de cocasserie et de fantaisie autour de 2 couples en Ă©veil sentimental s'interrogeant sur la mort d'un cadavre arborĂ© sur la pelouse verdoyante d'une plaine automnale. Alfred Hitchcock magnifiant au possible chaque plan de sa scĂ©nographie bucolique au point de s'Ă©blouir constamment de son esthĂ©tisme flamboyant fleurant bon l'insouciance, la sĂ©rĂ©nitĂ©, la joie de vivre auprès de ce hameau du Vermont que nos couples rĂ©sident en toute tranquillitĂ© (ou presque). Ce qui contraste indubitablement avec cette dĂ©couverte macabre que ceux-ci n'auront de cesse de frĂ©quenter en s'efforçant de trouver une rĂ©solution Ă  leurs Ă©ventuelles culpabilitĂ©s. Quand bien mĂŞme d'autres tĂ©moins, tels le jeune garçon Arnie, le mĂ©decin du coin ou encore ce clochard, vont Ă©galement rencontrer sur leur chemin alĂ©atoire cette Ă©trange dĂ©couverte dĂ©nuĂ©e de raison. Divertissement finaud fondĂ© sur les rapports de force (tranquille) de ces deux couples nantis d'une attitude aussi nonsensique que dĂ©complexĂ©e, Mais qui a tuĂ© Harry ? distille avec une fine Ă©motion badine et empathique une ambiance romantico-macabre qui n'appartient qu'Ă  lui. 

D'oĂą la sensation capiteuse de revoir une oeuvre indĂ©modable par son alliage de genres contradictoires ici idoines afin de nous surprendre par son originalitĂ© audacieuse, pour ne pas dire politiquement incorrecte. Outre le talent distinguĂ© de ses comĂ©diens des annĂ©es 50 admirablement dirigĂ©s par un maĂ®tre du suspense dĂ©sireux d'y bousculer nos attentes, on est d'autant plus sĂ©duit par la première apparition Ă  l'Ă©cran de Shirley Maclaine du haut de ses 20 ans en veuve placide apprenant peu Ă  peu Ă  s'attacher auprès d'un peintre ambitieux non dupe de son charme Ă©purĂ©. Alfred Hitchcock composant ses images picturales Ă  l'instar d'une fresque onirique tant cette nature automnale semble s'extraire d'un Eden oubliĂ© que le spectateur perçoit avec une immersion proĂ©minente. Il faut d'ailleurs savoir que par souci perfectionniste les feuilles de plusieurs arbres de la vallĂ©e du Vermont ont Ă©tĂ© recollĂ©es sur leurs branches puis peintes Ă  la main par les dĂ©coristes Ă  cause d'un violent orage ! Il est donc indispensable de redĂ©couvrir ce chef-d'oeuvre formel en qualitĂ© HD pour en saisir toute ses nuances sous l'impulsion de romances attendries terriblement attachantes Ă  travers ses moults rĂ©pliques Ă  la fois bienveillantes, contrariĂ©es (ou si peu) et lestement sarcastiques. A revoir d'urgence. 


*Bruno
3èx. vo

Ci-joint l'analyse pertinente de DVDCLASSIKMais qui a tué Harry ? de Alfred Hitchcock (1955) - Analyse et critique du film - DVDClassik

samedi 2 mars 2024

Les Enfants des Autres

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Rebecca Zlotowski, 2022. France. 1h44. Avec Virginie Efira, Roschdy Zem, Victor Lefebvre, Chiara Mastroianni, Callie Ferreira-Goncalves, Yamée Couture.

Sortie salles France: 21 Septembre 2022

FILMOGRAPHIERebecca Zlotowski est une scĂ©nariste, rĂ©alisatrice et actrice française, nĂ©e le 21 avril 1980 Ă  Paris. 2010 : Belle Épine. 2013 : Grand Central. 2019 : Une fille facile. 2022 : Les Enfants des autres. 

                       "Savoir cueillir les silences entre les mots et les remplir de sens, d'humanitĂ©."

MĂ©lo dĂ©pouillĂ© auprès de sa constante bienveillance inondant le mĂ©trage entre lyrisme, tendresse et bonne humeur existentielle, les Enfants des Autres est Ă  nouveau un coup de <3 Ă©motif sous l'impulsion luminescente de Virginie Efira (quelle imparable franchise dĂ©complexĂ©e !) accompagnĂ©e ici de la force tranquille et de suretĂ© de Roshdy Zem. Pour rappel, un des plus grands acteurs français comme il le prouve Ă  nouveau ici en paternel indĂ©cis ballotĂ© entre l'amour pour sa fille de 7 ans, Leila, pour son ex Alice (incarnĂ©e par Chiara Mastroianni, excusez du peu) et pour sa nouvelle compagne Rachel (Virginie Efira) que le rĂ©cit illustre lestement auprès d'une quotidiennetĂ© sentimentale gratifiante faisant honneur Ă  leur maturitĂ© parentale. Or, les tenants et aboutissants de ce duo Ă©panoui finiront par Ă©clore lors de l'ultime demi-heure pour la remise en question maternelle de Rachel du fait de son âge, de son trauma infantile lui causant sa peur de l'engagement et de sa nouvelle conquĂŞte amoureuse qu'elle partage tendrement avec Ali lors de sĂ©quences intimes inscrites dans une quiĂ©tude communicative. Quand bien mĂŞme la fille de celui-ci, Leila, navigue entre l'amour pour sa mère et cette nouvelle Ă©trangère pour autant accorte, attendrissante, soucieuse de la prĂ©server dans sa posture maternele altruiste. 

Une belle-mère courtoise proche des autres (comme elle le prouve par ailleurs dans sa fonction Ă©ducatice de prof de Français auprès d'un Ă©tudiant), s'efforçant de la chĂ©rir afin d'y consolider son nouveau couple en voie d'accomplissement. La rĂ©alisation pleine de pudeur, d'onirisme naturaliste et d'attention pour ses personnages Ă  la fois lumineux et dĂ©pitĂ©s demeurant sans fioriture afin de privilĂ©gier un rĂ©alisme existentiel sans pathos. Notamment en empruntant d'une certaine manière la dĂ©marche du conte romantique (on peut mĂŞme y voir des clins d'oeil au cinĂ©ma muet, Chaplin proritairement) Ă  l'Ă©pilogue nullement plombant. Les Enfants des autres se dĂ©clinant en sensible rĂ©flexion sur le besoin innĂ© d'une maternitĂ© (salvatrice) qu'une belle-mère peine a exaucer auprès de son parcours personnel compromis par l'absence d'une mère. Vortex d'Ă©motions tendres, amoureuses, exaltantes avant de chavirer doucement vers une dramaturgie rigoureusement discrète et timorĂ©e de par le tact de cette rĂ©alisation auscultant les sentiments de ses adultes pleins de discernement et de sagesse d'esprit, Les Enfants des Autres nous donne finalement furieusement envie d'aimer et de croire en l'autre au moment propice de notre destinĂ©e gagnĂ©e par le positivisme, la confiance en soi, l'ambition, la gĂ©nĂ©rositĂ© d'embrasser le monde. Ce que suggère ce final anthologique inscrit dans l'Ă©quilibre, le non-dit auprès de la dĂ©ambulation tranquille de Virginie Efira ensorcelant une ultime fois l'Ă©cran avec une faveur dĂ©sarmante de naturel. 

*Sam Malone

mercredi 28 février 2024

Rien Ă  Perdre. Prix d'Ornano-Valenti, Deauville 2023.

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Delphine Deloget. 2023. France. 1h52. Avec Virginie Efira, Félix Lefebvre, Arieh Worthalter, Mathieu Demy, India Hair.

Sortie salles France: 22 Novembre 2023

FILMOGRAPHIEDelphine Deloget est une rĂ©alisatrice et documentariste, nĂ©e en 1975 Ă  Paimpol. 
2023 : Rien Ă  perdre

A croire que Virginie Efira transforme en or tout ce qu'elle touche (ou presque) si bien que Rien a perdre prouve Ă  nouveau qu'au sein du paysage (trop souvent) formatĂ© du cinĂ©ma Français, celui, indĂ©pendant, rĂ©vèle Ă  nouveau que nous sommes capables d'offrir le meilleur lorsqu'il s'agit d'une auteure aussi scrupuleuse que Delphine Deloget, rĂ©alisatrice, documentariste et historienne (si j'ose dire en me rĂ©fĂ©rant Ă  sa "maĂ®trise universitaire" et Ă  ses documentaires de guerre) de mettre en exergue un rĂ©cit dramatique aussi sobre que sans fioriture. Car dĂ©nonçant sans ambages la dĂ©shumanisation en roue libre (euphĂ©misme !) d'une administration judiciaire après avoir placĂ© un enfant difficile dans un foyer Ă  la suite d'un accident domestique, Rien Ă  Perdre est un uppercut Ă©motionnel littĂ©ralement improbable quant Ă  la descente aux enfers d'une mère aimante s'acharnant Ă  hurler son innocence pour y rĂ©cupĂ©rer son enfant. La faute, incongrue, incombant Ă  ce système administratif et Ă  ces pions mĂ©disants aveuglĂ©s par leur dĂ©ontologie castratrice car finalement dĂ©nuĂ©e de discernement Ă  force de daigner pĂ©server Ă  tous prix le sort (potentiellement) prĂ©caire d'un mineur fĂ©ru d'amour pour sa mère mais sombrant peu Ă  peu dans une hyper activitĂ© volcanique Ă  force d'injustice, de solitude, d'embrigadement, d'absence paternelle. 

Et c'est ce qui fait la force et la fureur de ce rĂ©cit implacable de tĂ©moigner de façon aussi dĂ©sarmante que cette maman battante un tantinet instable (un penchant un peu trop rĂ©current pour les beuveries entres amis au grand dam de ses responsabilitĂ©s maternelles) son inĂ©puisable Ă©preuve de force morale (jusqu'au point de non retour) que l'on subit comme un Ă©prouvant fardeau avant sa conclusion (lestement) en suspens. Et si Rien Ă  perdre demeure aussi captivant que passionnant Ă  travers sa mĂ©ticuleuse retranscription d'une quotidiennetĂ© familiale subitement minĂ©e par la morositĂ©, le doute, l'apprĂ©hension, l'espoir puis la dĂ©sillusion (prĂ©judiciable), il le doit beaucoup Ă  la sobriĂ©tĂ© de sa rĂ©alisation "documentĂ©e", prise sur le vif, et de ses comĂ©diens expressifs trouvant le ton juste d'un jeu d'intĂ©gritĂ© afin d'Ă©viter Ă©galement de plomber le rĂ©cit dans une sinistrose trop appuyĂ©e. Virginie Efira crevant comme de coutume l'Ă©cran auprès de sa force Ă©motionnelle puis sa fatale fragilitĂ© dĂ©nuĂ©e de fard (tant physique que morale) en maman esseulĂ©e repoussant incessamment l'emprise de l'injustice avec une dignitĂ© (modĂ©rĂ©ment) bouleversante. Ses prises de conscience, ses dĂ©rapages, ses accès de fureur, parfois incontrĂ´lĂ©es, et ses baisses de tension dĂ©pressive donnant lieu Ă  des sĂ©quences Ă©motionnelles magnĂ©tiques dans sa condition erratique pour autant lucide quant aux reflets de sa tendresse maternele irrĂ©cusable.    

Cri d'alarme contre les failles d'une administration judiciaire abusant de leur pouvoir pour mettre Ă  terre une maman Ă©plorĂ©e ayant fautĂ© Ă  son rĂ´le maternel lors d'un incident de parcours pardonnable, Rien Ă  perdre s'avère rĂ©ellement terrifiant face aux exactions d'une implacable machine administrative ici inarĂ©table d'y retirer la garde d'un enfant au point d'y dissoudre toute une cellule familiale au bord du prĂ©cipice. Et pour une première oeuvre sociĂ©tale forcĂ©ment d'utilitĂ© publique, Delphine Deloget frappe dĂ©jĂ  fort au point de trĂ´ner Rien Ă  Perdre comme l'un des meilleurs films de l'annĂ©e 2023. 

*Sam Malone 

Récompenses:

Festival du film francophone d'Angoulême 2023 : Valois des étudiants

Festival du cinéma américain de Deauville 2023 : Prix d'Ornano-Valenti

                                                             Ce qu'en pense la presse: 


vendredi 23 février 2024

L'Effet Papillon / The Butterfly Effect. Prix du Public, Bruxelles 2004.

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Eric Bress, J. Mackye Gruber. 2004. U.S.A/Canada. 1h59 (Director's Cut). Avec Ashton Kutcher, Amy Smart, Melora Walters, Elden Henson, William Lee Scott, John Patrick, Amedori, Irene Gorovaia, Kevin Schmidt, Jesse James.

Sortie salles France: 10 Mars 2004 (Int - 12 ans). U.S: 23 Janvier 2004 (int - 17 ans)

FILMOGRAPHIE: Eric Bress, nĂ© Ă  New-York, est un scĂ©nariste et rĂ©alisateur amĂ©ricain.2004: L'Effet Papillon. 2020 : Ghosts of War. 
Jonathan Gruber, plus connu sous le nom de J. Mackye Gruber, est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain. 2004 : L'Effet papillon. 2006 : Kyle XY. 


"On dit que le battement d'ailes d'un papillon peut engendrer un typhon Ă  l'autre bout du monde."
La Théorie du Chaos.
Film culte s'il en est, si bien qu'(au 3è visionnage) on se rend d'autant mieux compte Ă  quel point il serait infaisable de nos jours (surtout en version Director's Cut, prĂ©parez vous au choc final contrairement traumatique !), l'Effet Papillon fait l'effet d'un uppercut Ă©motionnel Ă  travers sa dramaturgie escarpĂ©e d'une rigoureuse cruautĂ© (euphĂ©misme j'vous dit). Et si on peut toutefois se rĂ©conforter auprès de son Ă©pilogue rĂ©dempteur d'après le Director's CutEric Bress  et J. Mackye Gruber jouent audacieusement la carte tranchĂ©e de la demi-teinte quant Ă  la destinĂ©e de notre hĂ©ros juvĂ©nile voyageant pĂ©niblement dans le passĂ© par autosuggestion Ă©pistolaire. Ainsi donc, renouvelant admirablement la thĂ©matique du voyage temporel au sein du contexte contemporain d'une bourgade ricaine faussement sereine, l'Effet Papillon s'Ă©difie en effroyable descente aux enfers auprès des thĂ©matiques de la pĂ©dophilie, de la maltraitance, du bizutage, de la dĂ©chĂ©ance, de la toxicomanie, de l'inceste, de la prostitution et de l'enfance meurtrière Ă  la suite d'un incident littĂ©ralement explosif. Et si, de base, nous avions bien affaire Ă  un divertissement hollywoodien rondement menĂ© car sans temps mort et incessamment surprenant jusqu'au vertige de l'effroi (3 sĂ©quences s'avèrent perturbantes quant aux retrouvailles d'Evan avec son père en prison, la condition estropiĂ©e du fils quelques instant plus loin et enfin son hallucinant Ă©pilogue mortifiĂ© d'autant plus dĂ©chirant), nos auteurs osent la gageure d'imbiber leur rĂ©cit d'une atmosphère malsaine Ă  la fois dĂ©rangeante, Ă©touffante, malaisante qui ne lâchera pas d'une semelle le spectateur embarquĂ© dans une course contre la montre temporelle sous l'impulsion du jeune Evan s'efforçant vainement de prĂ©server la tranquillitĂ© de ses 3 amis.


Si bien que tout a une influence sur tout et que tout le monde affecte tout le monde. Le rĂ©cit demeurant finalement un prĂ©texte pour tĂ©moigner des consĂ©quences parfois dĂ©sastreuses de nos actions irrĂ©flĂ©chies / irresponsables quelque soit notre âge. MĂŞme si en l'occurrence nous avions affaire Ă  2 Ă©vènements traumatiques impartis Ă  une enfance galvaudĂ©e. "On se change les uns les autres" suggèrent ainsi les auteurs du point de vue dĂ©muni d'Evan au sein d'un rĂ©cit dramatique infiniment cauchemardesque, et ce jusqu'au point de non retour. Outre l'incroyable noirceur du rĂ©cit martyrisant le spectateur sans complexe aucun (citez moi un titre de film rĂ©fĂ©rentiel aussi sordide, violent, cruel et radical Ă  travers la thĂ©matique du voyage temporel car personnellement je n'ai pas trouvĂ©), l'Effet Papillon doit Ă©galement beaucoup de sa dimension dramatique en la prĂ©sence de ses attachants seconds-rĂ´les d'une Ă©vidente fragilitĂ© torturĂ©e. Quand bien mĂŞme Ashton Kutcher mène fĂ©brilement le groupe avec une intensitĂ© expressive Ă  la fois trouble, inquiĂ©tante, tourmentĂ©e, sensible quant Ă  son dĂ©sir irrĂ©pressible de sauver ses amis ainsi que sa mère impliquĂ©e dans un dĂ©sarroi infortunĂ© (euphĂ©misme quand on comprend les tenants et aboutissants de cette Ă©trange malĂ©diction filiale dĂ©nuĂ©e d'explications - et c'est tant mieux afin de prĂ©server son mystère irrĂ©solu -). 


Changer une chose... change tout.
Authentique classique du genre explosant les codes, son cadre solaire et l'Ă©volution de ses personnages meurtris au grĂ© d'une cruautĂ© humaniste constante, l'Effet Papillon nous laisse un (inĂ©vitable) souvenir impĂ©rissable de par le parti-pris couillu des auteurs de se permettre l'immontrable dans leur incontournable Director's Cut inĂ©dit en salles. Et après visionnage aussi Ă©prouvant, on comprends mieux pourquoi les producteurs ont prĂ©fĂ©rĂ© opter pour l'assurance d'un final plus doux et conventionnel en version salles afin de ne pas traumatiser le grand public ballotĂ© tous azimuts par cette effroyable odyssĂ©e temporelle. Si bien que derrière cette radicale noirceur s'y dĂ©cline une rĂ©flexion (essentielle) sur notre destinĂ©e quant aux consĂ©quences dramatiques de nos actions les plus graves, illimitĂ©es et irrĂ©flĂ©chies, tant auprès de notre ego que de notre entourage le plus cher. 

*Bruno
23.02.24. 3èx. Vostfr.

Récompense: Festival international du film fantastique de Bruxelles 2004 : Pégase - Prix du public décerné à Eric Bress et J. Mackye Gruber

ATTENTION ! SPOILERS EN PAGAILLE POUR ETABLIR LE DISTINGO ENTRE LES 2 VERSIONS !!!

Version director's cut
Le film existe en deux versions : La version cinĂ©ma incluant une fin « producteur », et la version director's cut incluant une fin « rĂ©alisateur », celle disponible sur le DVD du film. Voici les diffĂ©rents ajouts et modifications figurant dans la director's cut15,16.

Evan découvre que son grand-père avait le même don que lui, et a aussi été considéré comme fou, comme son père.
Evan et sa mère vont consulter une voyante. Cette dernière est horrifiĂ©e Ă  l'idĂ©e de dĂ©couvrir qu'Evan « n'a pas d’aura, pas d’âme » et qu’« il ne devrait pas ĂŞtre ici ».
Dans la scène suivante, la mère d'Evan, sous le choc, lui confesse qu'elle a eu deux fausses couches avant lui, et qu'elle a toujours considéré sa venue au monde comme un miracle.
Une scène de prison où les détenus lisent publiquement le journal intime d'Evan pour se moquer de lui.
Une scène de prison où les détenus viennent le violer pendant la nuit.
La scène de l'hôpital où Evan rend visite à sa mère malade est étendue.
Une fin alternative :

Dans la version cinĂ©ma, le film se termine après qu'Evan, revenu dans son enfance au moment de sa première rencontre avec Kayleigh, la menace violemment de mort pour ĂŞtre sĂ»r qu'elle ne reste pas vivre chez son père pour lui. Dans la scène qui suit, Evan se rĂ©veille en compagnie de Lenny, et demande Kayleigh, mais Lenny lui rĂ©pond qu'il ne connaĂ®t personne de ce nom. Huit ans plus tard, on retrouve Evan et Kayleigh devenus adultes se croisant dans une rue de New York au milieu de la foule et, selon la version — il y en a trois —, soit ils se parlent, soit ils s'Ă©vitent, soit Evan suit Kayleigh.

Mais dans le director's cut, une tout autre fin est disponible. Ici, Evan choisit de revenir dans le ventre de sa mère, et enroule le cordon ombilical autour de son cou, il se suicide avant de venir au monde et sauve ainsi tous les êtres qui lui sont chers. Le dialogue rajouté avec la voyante, et la confession de sa mère sur les deux fausses couches qu'elle a eues sont inclus en off pendant qu'Evan se laisse mourir, et sous-entendent qu'il n'est pas le premier enfant de sa mère à avoir fait ce sacrifice de renoncer à exister.

vendredi 16 février 2024

Spécial Rétro: Les 30/40 meilleurs films d'horreur de ces 25 dernières années (1999 - 2024)


Suite à la revoyure du flippant Insidious (pour la 3è fois), et pour prouver que le cinéma d'horreur n'est point inhumé, quels sont vos 30 à 40 films d'horreur préférés de ces 25 dernières années ?
Tant dans l'ordre que dans le dĂ©sordre. 

                                                                      Bruno Matéï
1- Maniac (choix subjectif). It Follows. Les Ruines. HĂ©rĂ©ditĂ©. La Main. The Witch. Frankenstein. Le projet Blair Witch. Frozen. May. Sisters. La Colline a des Yeux. 28 Jours plus tard. Sinister. Eden Lake. Insidious. Saw. Martyrs. Mister Babadook. Hostel 2. Jeepers Creepers. Morse. Haute Tension. The Devil's Rejects. Dark Water. The Woman. Wolf Creek. Long week-end. La Dernière maison sur la Gauche. The Children. l'Orphelinat. Conjuring 1. Suspiria. Isolation. The Descent. AbandonnĂ©. Tusk. Darkness. Ginger Snaps 2. Halloween 2. Massacre Ă  la Tronçonneuse. Les Autres. Get out. Calvaire. 

Voici les rĂ©ponses d'internautes de l'entourage amical. 
Mais les classements d'autres horizons sont Ă©galement les bienvenus: 

Thierry Savastano Di Marzio
Midsommar. It Follows. Evil dead rise. HĂ©rĂ©ditĂ©. Suspiria. The Witch. The Descent. REC (original). La Colline a des Yeux 2006. Sinister. Eden Lake. Insidious 1. Saw. Martyrs. Mister Babadook. La Cabane dans les bois. Evil dead 2013. Morse. Le Projet Blair Witch. Get out. Conjuring 1. La Main. Eden Lake. Hostel. Massacre Ă  la Tronçonneuse 2003. I Spit on your grave 2010. Mandy. 

Renaud Florent Benoist
Hérédité. The Witch. Sinister. Insidious. Martyr. Hostel 2. Jeepers Creepers. Conjuring. Suspiria. Massacre à la Tronçonneuse. Midsommar. REC. Dark water. Audition. Ju On. Haute tension. Calvaire. Wolf creek. The woman. Evil dead rise. Le sanctuaire. The autopsy of Jane Doe. Mother. The deep house. Speak no evil.

Jérôme André Tranchant:
1 Midsommar 2 lord of salem 3 Conjuring 4 Hostel 2 5 The descent 6 l'orphelinat 7 The box 8 it's Follow 9 Ghostland 10 Dark water ( version Japonaise) 11 Creepy 12 Eden lake 13 kill list 14 Boulevard de la mort 15 Mandy 16 Green Room 17 Sinister 19 Crawl 20 The Host 21 Morse 22 the witch 23 Frankenstein Version Bernard Rose 24 Wolf Creek 25 Grave

Jean-francois Dupuy:
The Strangers. Sinister. Midsomar. Hérédité. Dark water (Nakata). The autopsy of Jane Doe. Ring zero. Cold skin. Bubba Ho-tep. Ça. Mama. Mr Badadook. Insidious. Jeeper Creepers(1 et 2). Wolf Creek 2. Hostel 2. The descent. La colline a des yeux. Oculus/The mirror. Morse. Mirrors. Ouija, les origines
Identity. John dies at the end. Tusk. Predestination. CohĂ©rence. Je dois en oublier. 

Florian Goujon
Haute Tension. Martyrs. Modus Anomali. Deadstream. House of the Devil. Evil Dead. Evil Dead Rise. Triangle. The Void. Let us Prey. Midnight Meat Train. Isolation. Sinister. Constantine. Frontiere(s). The Jane Do Identity. Audition. Grotesque. The Human Centipede. Calvaire. Baskin. Hérédité. World War Z.

George Abitbol:
28 jours plus tard. Wolf creek. eden lake. Haute tension. Morse. Maniac. Calvaire. The devil's reject. HĂ©rĂ©ditĂ©. La Main. The Witch. Trick R treat. La Colline a des Yeux. Sinister 1. Insidious. Martyr. Mister Babadook. Triangle. Jeepers Creepers. The Children. l'Orphelinat. Conjuring 1. Suspiria. The Descent 1. Dark water. The void. The human centipede. Serbia film. Midsommar. The woman. 

Donnie DĂ©:
Megan is missing. Martyr. Found/headless. Mister Babadook. Tucker and Dale fights evil. The human centipede trilogie. Deux sĹ“urs. A ghost story/I am a ghost. The poughkeepsie tapes. HĂ©rĂ©ditĂ©. American guinea pig : Sacrifice. A serbian film. Triangle. The sadness. Malignant. Circus of the dead. Good night mommy. Thanatomorphose. Saw/hostel. 28 jours/semaines plus tard. X/pearl. Halloween reboot (Rob Zombie). Let us prey. Morse. Suspiria (reboot). L’armĂ©e des morts. Pièces of talent. Evil dead reboot. Sinister/insidious/house of the devil. Brutal. Lord of chaos. The empty man. Spring. Psycho Goreman /Turbo kid/night of something strange. The void. Vampires en toute intimitĂ©. Begotten. Visceral between the ropes of madness. May/the woman. Tusk.

Guillaume Gabreau:
Je m'y lance (25 films pile classĂ©s par annĂ©e 1998-2023) : 1998 : Ring. 1999 : Vorace. 2000 : Hellraiser : Inferno. 2001 : L’Echine du Diable, Les Autres. 2002 : 28 Jours plus tard, May, Dark Water. 2003 : Haute Tension. 2004 : Shaun of the Dead. 2005 : Wolf Creek. 2007 : The Mist. 2009 : Triangle. 2010 : Bedevilled (film corĂ©en). 2011 : Malveillance. 2014 : The Babadook, We are what we are. 2015 : The Witch, The Voices. 2017 : Ca : Chapitre 1. 2018 : Ghostland, The House that Jack Built. 2022 : Smile, Abuela. 2023 : When Evil Lurks. 1999 : Audition. 2001 : Ichi the Killer. 2002 : Bubba Ho-tep. 2004 : Saw, Calvaire, Creep. 2005 : The Devil’s Rejects. 2006 : La Colline a des yeux. 2010 : Insidious. 2011 : I saw the Devil, The Woman. 2013 : Evil Dead. 2016 : Bone Tomahawk, The Autopsy of Jane Doe. 2019 : Midsommar. 
 
Philippe Beun-garbe:
Martyrs / The Witch/ Midsommar/ Heredity/ Funny Games / Mother! / Speak No Evil / Maniac le remake / Dellamorte Dellamore / Evil Dead le remake / La colline a des yeux le remake / Ghostland / Morse / A Sicilian Ghost Story /Lord of Salem / The Devil's reject/ Bug de Friedkin / il Signor Diavolo de Pupi Avati/ Haute Tension / The Chaser / J ai rencontre' le Diable / Saw / Le labirinthe de Pan / Calvaire / High Rise / Hostel / The Voices/ Ne nous jugez pas/ The Lighthouse / L echine du Diable.
Pas en ordre de préférence. Je m' aperçois que dans cette liste il y a plus de "monstres" humains que de creatures extraordinaires

Lbz : 22 février 2024 à 11:16
Fight Club. May. La Colline a des Yeux. 28 Jours plus tard. Eden Lake. Haute Tension. Wolf Creek. The Witch. The Descent. REC. Creep. The Human Centipede 2. 28 jours plus tard. X/pearl. Lord of chaos. Enter the void. Vorace. Bedevilled ( coréen). When Evil Lurks. The Chaser ( coréen). J ai rencontre' le Diable ( coréen). The murderer ( coréen). Lighthouse. Limbo. Dream home (chinese).