mardi 30 juillet 2024

Sans un bruit: jour 1 / A Quiet Place: Day One

                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Michael Sarnoski. 2024. U.S.A. 1h41. Avec Lupita Nyong'o, Joseph Quinn, Alex Wolff, Djimon Hounsou, Eliane Umuhire

Sortie salles France: 28 Juin 2024. U.S: 26 Juin 2024 (Int - 13 ans).

FILMOGRAPHIE: Michael Sarnoski est un réalisateur, scénariste et producteur américain. 2021: Pig. 2024: Sans un bruit: Jour 1. 


Une déclinaison adulte avec un coeur gros comme ça. 
J'y allais tant à reculons pour amorcer ce 3è opus, notamment faute d'une séquelle relativement sympathique mais inutile et rarement passionnante (selon mon jugement de valeur). Or, à l'arrivée, je pourrais presque ici évoquer le coup de coeur tant je n'y attendais rien (ou pas grand chose) si bien que Sans un bruit: Jour 1 m'a surtout rudement surpris pour son côté humaniste à la fois poignant, émouvant puis enfin bouleversant. Notamment quant à l'audace de son épilogue tacite imposant une suggestion aussi bien frustrante qu'intelligente dans son refus de surenchère sur air connu. La partition musicale d'une grande sensibilité étant sobrement instillée pour tenir lieu de l'amertume désoeuvrée des survivants s'évertuant à trouver une issue de secours par l'entremise de l'eau. Dénué de prétention de par sa sincérité irréprochable, ce formidable divertissement relance donc efficacement la mécanique de peur, d'actions et de tension sous l'impulsion de ce nouveau duo héroïque se prêtant main forte à l'aide d'un humanisme à la fois désespéré et résiliant quant au survival qui se profile face à eux, faute des mauvaises rencontres extra-terrestres d'une vélocité (toujours) épeurante. Là encore, on peut applaudir le réalisme fulgurant des effets-spéciaux numériques permettant de nous immerger dans l'action horrifique avec une tension dévastatrice tantôt à fleur de peau (tout du moins pour ma sensibilité personnelle). Ainsi donc, le réalisateur de l'atypique Pig parvient à maintenir l'attention en exploitant un nouveau cadre urbain autrement plus vaste, fascinant, inquiétant, atmosphérique que le couple arpente la peur au ventre en compagnie de la fidélité d'un chat (là encore idée judicieuse que de celui d'offrir un rôle à cet animal aux pattes de velours plutôt bien dirigé - notamment auprès des séquences sous-marines -).

Michael Sarnoski exploitant habilement d'autres trouvailles retorses afin de renouveler ses situations éculées (comme celui d'oser parler au moment du bruit de la pluie ou de crier sa rage de vivre, d'enfoncer une porte grâce aux éclairs du tonnerre). Il y a d'autre part cette audace d'imposer à l'un des deux protagonistes une préoccupation morale quant à la denrée de la pizza durant la quasi totalité de l'intrigue quasi mutique. Chez un tâcheron, cette idée saugrenue aurait pu facilement sombrer dans le ridicule alors qu'ici on s'attache, on s'émeut même constamment de la quête personnelle de cette afro américaine (là aussi joli message de tolérance et d'égalité raciale que d'imposer le 1er rôle à une femme de couleur) obsédée à l'idée de savourer son plat attitré avant de trépasser. Si bien que Sans un bruit: jour 1 évoque la thématique de la mort avec une digne pudeur selon deux point de vue contraires. Son compagnon de fortune étant aussi effrayé que traumatisé par cette invasion meurtrière à grande échelle. Emaillé de visions cauchemardesque à travers cette métropole apocalyptique, ce 3è opus nous immerge sans ambages dans son univers crépusculaire en accordant notamment beaucoup de soin à un esthétisme décharné quant aux bâtiments défigurés. Mais si ce divertissement prioritairement adulte demeure aussi attachant, convaincant, fascinant et bouleversant, il le doit enfin beaucoup aux comédiens Lupita Nyong'o / Joseph Quinn endossant le couple démuni avec une solidarité grandissante davantage rigoureuse, persuasive, héroïque dans la finalité du sens du sacrifice. Toutes leurs séquences intimistes suscitant une émotion à la fois épurée, fragile, ténue, notamment lorsqu'ils opèrent dans l'improvisation un spectacle de magie au sein d'un bar à piano ou lorsque l'héroïne préfère renouer avec son passé natal pour retrouver sa contrée familiale en guise de cadeau d'adieu.   


Monsters.
Aussi bon, (voir peut-être même supérieur au 1er opus ?), Sans un bruit: jour 1 exploite le film du Samedi soir avec une intégrité, une simplicité et une maturité forçant le respect. Car dénué de prétention (la répétition est volontaire), ce divertissement dérivé joue dans la cour des grands de nous transmettre sobrement une émotion fragile constamment vibrante quant à la peur de mourir face à une menace rapace inextinguible. Et on se laisse ici beaucoup mieux convaincre sans se forcer du début à la fin de l'intrigue qui plus est nantie d'un épilogue bicéphale aussi audacieux qu'utile. 

*Bruno


jeudi 25 juillet 2024

Black Book

                                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Paul Verhoeven. 2006. Hollande/Allemagne/Belgique/Angleterre. 2h25. Avec Carice van Houten, Sebastian Koch, Thom Hoffman, Halina Reijn, Waldemar Kobus, Derek de Lint, 
Dolf de Vries

Sortie salles France: 29 Novembre 2006

FILMOGRAPHIE: Paul Verhoeven est un réalisateur néerlandais, né le 18 Juillet 1938 à Amsterdam.
1971: Business is business. 1973: Turkish Delices. 1975: Keetje Tippel. 1977: Le Choix du Destin. 1980: Spetters. 1983: Le Quatrième Homme. 1985: La Chair et le Sang. 1987: Robocop. 1990: Total Recall. 1992: Basic Instinct. 1995: Showgirls. 1997: Starship Troopers. 2000: l'Homme sans Ombre. 2006: Black Book. 2016: Elle. 2021: Benedetta. 


Un feu d'artifice tentaculaire.
Illuminé de la force de caractère de l'actrice hollandaise Carice van Houten à travers sa beauté flamboyante à l'érotisme torride, si bien qu'elle crève l'écran dans son omniprésence, Black Book renoue avec le grand cinéma épique d'après un fait divers glaçant dont je tairai l'indice. Paul Verhoeven, plus impliqué et ambitieux que jamais, transplantant avec une efficacité endiablée le film d'aventures et le film policier dans le cadre du film de guerre en y dénonçant par cette occasion singulière les exactions de l'occupation allemande et de certains transfuges (dont je tairais toutes identités) au sein du pays-bas. Mené sur un rythme davantage effréné en dépit de sa longue durée (2h18 sans le générique), Black Book nous scotche au siège sous l'impulsion d'un suspense ciselé fertile en rebondissements qu'il est impossible d'anticiper. Qui plus est, en franc-tireur quelque peu insolent, le cinéaste fracasse les codes pour mieux nous surprendre (voir même nous déconcerter avec bonheur) tout en renforçant l'aspect réaliste des situations alarmistes au sein d'un pur divertissement intelligent quant à nous dévoiler un (nouvel) aspect peu glorieux de la seconde guerre mondiale du point de vue des potentielles victimes. 


Carice van Houten
endossant avec une spontanéité à la fois étonnamment tranquille, fraîche et sémillante une espionne juive toujours plus ballotée tous azimuts au fil de sa houleuse mission après avoir amorcé une relation sentimentale avec le capitaine SS Ludwig Müntze. Celle-ci portant l'intrigue sur ses épaules avec un courage et une audace toujours plus préjudiciables quant aux embuches que Paul Verhoeven lui assène avec refus du compromis. Qui plus est, se foutant de la morale d'une certaine manière, celui-ci n'hésite guère à nous brosser des personnages anti-manichéens afin d'y imprimer une vérité anticonformiste par delà sa propre personnalité à la fois frondeuse, marginale, pour ne pas dire discutable aussi (notamment auprès de sa conclusion meurtrière quant à la remise en question équivoque du duo). Ainsi donc, fort d'une solide intrigue infaillible narrée avec une intensité dramatique intermittente, Black Book bouscule nos repères, donne le vertige, halète auprès de sa facture épique truffée de mauvaises rencontres, d'incidents imprévus, de félons et chansons paillardes. Désireux de nous retranscrire sans prétention du grand cinéma à l'ancienne au sein d'une reconstitution historique où rien n'est laissé au hasard, Black Book alterne romance, passion, drame et fureur au sein de valeurs morales bafouées par les vices de la guerre. Le tout étant brillamment maîtrisé auprès de sa mise en scène virevoltante et sa direction d'acteurs expansifs quitte à nous donner parfois le vertige en nous égarant dans son intrigue savamment ramifiée. On n'en demandait pas tant. 


*Bruno
2èx. Version Hollandaise STF

Box Office France: 124 887 entrées

Récompenses:
Festival du cinéma néerlandais d'Utrecht 2006
Meilleure actrice (Carice van Houten)
Meilleure réalisation (Paul Verhoeven)
Meilleur film
Gouden Film 2006
Platina Film 2006
Diamanten Film 2007
Capri Cult Award 2007 (Paul Verhoeven)
Rembrandt Awards 2007 :
Meilleure actrice néerlandaise (Carice van Houten)
Meilleur film (Paul Verhoeven et San Fu Maltha)
Sannio FilmFest 2007 : meilleure réalisation (Paul Verhoeven)
Rembrandt Awards 2008 : meilleure sortie du DVD


lundi 22 juillet 2024

Cassandra

                                                                  Photo empruntée sur Google, capture d'écran 

de Colin Eggleston. 1986. Australie. 1h34. Avec Tegan Charles, Tessa Humphries, Dylan O'Neill, Shane Briant, Tim Burns 

Sortie salles France: 1987

FILMOGRAPHIE: Colin Eggleston est un réalisateur australien, né le 23 Septembre 1941 à Melbourne, décédé le 10 Août 2002 à Genève. 1977: Fantasm Comes Again (pseudo Eric Ram). 1978: Long Week-end. 1982: The Little Feller. 1984: Innocent Prey. 1986: Cassandra. 1986: Dakota Harris. 1986: Body Business (télé-film). 1987: Outback Vampires.

Même si on est loin du niveau qualitatif de Long Week-end, chef-d'oeuvre écolo imputrescible, Cassandra est un sympathique thriller horrifico-fantastique assez efficacement mené pour conserver l'intérêt jusqu'au générique de fin. Et ce même si personnellement j'ai deviné l'identité du meurtrier au bout d'1 heure de métrage. Le récit instillant un suspense accrocheur auprès du sort imparti à une famille dysfonctionnelle dont la fille aînée est douée de visions prémonitoires depuis le suicide de sa soeur. Bien que paradoxalement on peut tiquer sur certaines maladresses techniques, de grossières ellipses, des jeux d'acteurs parfois timorés et certains clichés symptomatiques du genre horrifique, on est surpris à d'autres moments non conventionnels quant aux postures de certains personnages à l'expressivité autrement plus convaincante pour tenir lieu de leur sort indécis. Tour à tour charmant et quelque peu attachant,  Cassandra bénéficie en outre d'un climat d'étrangeté singulier que les australiens sont parfois parvenus à parfaire à travers leur âge d'or du Fantastique. L'héroïne principale demeurant d'autre part assez inquiétante et magnétique auprès de son physique ordinaire en investigatrice néophyte victime de visions cauchemardesques étroitement liées à son enfance torturée. Bien que perfectible et inachevé, Cassandra est à (re)découvrir donc, notamment du fait de sa grande rareté depuis sa VHS locative des années 80. 

Remerciement à Atreyu. 

*Bruno


Horizon: une saga américaine, chapitre 1 / Horizon: An American Saga – Chapter 1

                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Kevin Kostner. 2024. U.S.A. 3h01. Avec Kevin Costner, Sienna Miller, Sam Worthington, Jena Malone, Michael Rooker, Gregory Cruz, Owen Crow Shoe, Tatanka Means, Ella Hunt, Tom Payne, Abbey Lee, Georgia MacPhail, Wasé Chief, Luke Wilson, Jon Beavers, Jamie Campbell Bower, Danny Huston, Tim Guinee.

Sortie salles France: 3 Juillet 2024. U.S: 28 Juin 2024

FILMOGRAPHIE: Kevin Costner est un acteur, producteur, réalisateur et chanteur américain, né le 18 janvier 1955 à Lynwood, en Californie (États-Unis). 1990 : Danse avec les loups. 1997 : Postman. 2003 : Open Range. 2024 : Horizon : Une saga américaine, chapitre 1. 2024 : Horizon : Une saga américaine, chapitre 2. prochainement : Horizon : Une saga américaine, chapitre 3. 

Coup de ❤

Quand Kevin Kostner réinvente les codes du western classique parmi l'appui d'acteurs charismatiques héritiers de leurs ancêtres, cela donne une splendide conquête de l'Ouest "familiale" bourré à ras bord d'émotions, de tendresse, de violence, de fureur et de passion. 

Puisque c'est beau à en pleurer (tant auprès de l'immensité des décors naturels que de la pudeur des femmes éplorées), lyrique au possible, constamment bouleversant, avec, à la clef un suspense perpétuel d'une intensité dramatique toutefois en suspens quant à l'expectative finale. 

Immense merci Kevin pour cette précieuse offrande si bien que l'on se croirait presque revenu au temps de la Dernière Séance que John Ford sacralisa avec autant d'amour, d'intelligence, d'ambition et de sincérité. 

Et très honnêtement je me retiens à ne pas qualifier ce 1er opus de chef-d'oeuvre. 

P.S: Faut-il préciser que les 3 heures passent comme une lettre à la poste ?

mardi 16 juillet 2024

Agnès de Dieu / Agnes of God

                                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Norman Jewinson. 1985. U.S.A. 1h38. Avec Jane Fonda, Anne Bancroft, Meg Tilly, Anne Pitoniak, Winston Rekert, Gratien Gélinas, Guy Hoffman, Gabriel Arcand.

Sortie salles France: 12 Mars 1986. U.S: 27 Septembre 1985

FILMOGRAPHIE: Norman Jewison est un réalisateur, acteur, producteur et scénariste canadien, né le 21 Juillet 1926 à Toronto (Canada). 1962: Des ennuis à la pelle. 1963: Le Piment de la vie. 1964: Ne m'envoyez pas de fleurs. 1965: The Art of love. 1965: Le Kid de Cincinnati. 1966: Les Russes Arrivent. 1967: Dans la chaleur de la nuit. 1968: l'Affaire Thomas Crown. 1969: Gaily, gaily. 1971: Un violon sur le toit. 1973: Jésus Christ superstar. 1975: Rollerball. 1978: F.I.S.T. 1979: Justice pour tous. 1982: Best Friends. 1984: A Soldier Story. 1985: Agnès de Dieu. 1987: Eclair de lune. 1989: Un Héros comme tant d'autres. 1991: Larry le liquidateur. 1994: Only you. 1996: Bogus. 1999: Hurricane Carter. 2003: Crime contre l'humanité.


Quelle trouble impression de découvrir pour la toute 1ère fois, soit 39 ans passée sa sortie, cette étrangeté indicible fondée sur l'enquête de longue haleine d'une psychiatre tentant de résoudre l'éventuel meurtre d'un nouveau-né au sein d'un couvent régit par Mère Miriam Ruth ! Or, Sœur Agnès est suspectée d'avoir étranglé son propre enfant dès la naissance alors que le Dr Martha Livingston s'efforce de l'interroger afin de découvrir l'insoluble vérité. Réalisé au coeur des années 80 auprès de décors gothiques limpides, Agnès de Dieu est une oeuvre remarquable pour qui apprécie les objets singuliers confectionnés par un illustre alchimiste au diapason. Norman Jewison maîtrisant avec un art consommé son sujet spirituel et la direction de ses acteurs à travers une mise en scène à la limite de l'expérimental, notamment eu égard des séances d'hypnose que se partagent Agnès, Martha et Mère Myriam lors d'une confrontation psychologique aussi rigoureuse qu'anthologique. Ainsi, nanti d'une ambiance baroque quasi indescriptible, dans la mesure, où de mémoire de cinéphile je n'ai jamais assisté à pareille séance mystico-religieuse face écran, Agnès de Dieu insuffle au fil de son évolution narrative mystère, perplexité et suspense sous l'impulsion d'oppositions psychologiques finement caractérisés. 


Tant auprès de la candide soeur Agnès traumatisée par son enfance faute d'une mère abusive (Meg Tilly semble littéralement possédée par sa prestance à la fois fragile, divine et perturbée, sans doute le meilleur rôle de sa carrière !), de Mère Miriam difficilement déchiffrable en matriarche pieuse vouée à l'amour de Dieu (Anne Bancroft impressionnante de charisme strié auprès de sa forte personnalité respectable) que de Dr Martha dont sa propre soeur fut autrefois retrouvée morte au sein d'un couvent. La sublime Jane Fonda magnétisant l'écran de sa beauté mature irréelle avec une force de caractère aussi teigneuse qu'infaillible. Autant dire que ce trio féminin explose l'écran à chacune de leurs récurrentes apparitions, même si Norman Jewison fait doucement grimper la tension auprès d'une structure narrative savamment instillée. De manière notamment à instaurer un climat d'anxiété et d'inquiétude que l'on ne voit pas venir tant le cinéaste semble habité par ses ambitions cinématographiques afin de nous faire participer à un suspense policier davantage électrisant. 


Ainsi donc, en s'interrogeant ouvertement sur la valeur morale de la foi religieuse et du mysticisme qui en émane parfois auprès d'évènements inexpliqués, Norman Jewison nous plaque (doucement mais surement) au siège au sein de son suspense policier que n'aurait renié Jean-Jacques Annaud avec son parangon Le Nom de la Rose. Illuminé des présences féminines susnommées extrêmement impliquées dans leur fonction morale à la fois ardue et contradictoire, Agnès de Dieu finit par bouleverser nos sens auprès d'une conclusion aussi couillue que métaphorique. A voir d'urgence donc, notamment pour son climat insécure lestement impressionnant, si bien que le récent Immaculée fait par exemple bien pâle figure auprès de son parti-pris gorasse autrement putassier et démonstratif. 

*Bruno

L'empire . Prix du Jury, Berlinades 2024.

                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Bruno Dumont. 2024. France/Allemagne/Belgique/Italie/Portugal. 1h52. Avec Lyna Khoudri, Anamaria Vartolomei, Camille Cottin, Fabrice Luchini, Brandon Vlieghe, Julien Manier.

Sortie salles France: 21 Février 2024

FILMOGRAPHIEBruno Dumont, né le 14 mars 1958 à Bailleul (Nord), est un réalisateur et scénariste français.1992 : Paris (Paris) (court métrage). 1994 : Marie et Freddy (court métrage). 1997 : La Vie de Jésus. 1999 : L'humanitéN 1. 2003 : Twentynine Palms. 2006 : Flandres. 2009 : Hadewijch. 2011 : Hors Satan. 2013 : Camille Claudel 1915. 2016 : Ma Loute. 2017 : Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc. 2019 : Jeanne. 2021 : France. 2024 : L'Empire. 

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Un Star Wars expérimental chez les ch'tis en quelque sorte. 

Je ne sais pas trop quoi en penser de cet OFNI typiquement franchouillard, mais j'ai apprécié et je suis resté curieux et amusé jusqu'au générique de fin. 

J'ai été par ailleurs stupéfiais par la grande qualité des FX irréprochables (principalement lors de ses 20 dernières minutes) et du caractère envoûtant de sa partition classique mettant en valeur de nombreux décors naturels en plan large de toute beauté. 

Les acteurs, amats et pros, font ce qu'ils peuvent avec un naturel attachant, un peu comme le fut le génial Pt'it Quinquin. Or, ici c'est toutefois moins hilarant et comique et c'est un poil dommageable peut-être, Bruno Dumont privilégiant une poésie naturaliste assez séduisante même si le ton décalé reste loufoque et décomplexé. 

A revoir.


lundi 15 juillet 2024

Terrified / Aterrados.

                                                                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Demián Rugna. 2017. Argentine. 1h28. Avec Maximiliano Ghione, Norberto Gonzalo, Elvira Onetto, 
George L. Lewis, Julieta Vallina, Demián Salomón.

Sortie salles Argentine: 3 Mai 2018

FILMOGRAPHIE: Demián Rugna est un réalisateur et scénariste argentin né le 13 septembre 1979. Il est scénariste et monteur. Il est connu pour Terrified (2017), (2016). No sabés con quién estás hablando. The Last Gateway (2007) et When evil lurcks (2023).


Une excellente surprise que ce film d'horreur argentin réalisé par Demian Rugna, nouveau spécialiste du genre bien avant qu'il ne conçoit le phénomène When Evil Lurcks. Ainsi, en se réappropriant des codes de la demeure hantée, de l'esprit démonial et de la possession, celui-ci s'y entend pour nous amener à le suivre sur les pentes d'une bien étrange descente aux enfers dénuée d'outrance et de complaisance. Car en dépit de son affiche racoleuse, Terrified n'est nullement un avatar d'Evil-dead ou d'un quelconque ersatz gorasse conçu pour nous en foutre plein la vue. Que nenni, Demian Rugna privilégiant constamment la suggestion et le hors-champs sonore pour instiller une angoisse palpable traversée de quelques moments de frayeurs du plus bel effet de surprise. Avec notamment des apparitions morbides ou décharnées redoutablement pernicieuses surtout lorsqu'on ose illustrer un bambin putrescent extirpé de sa tombe. 


De par le soin imparti à la construction de son récit en suspens misant le plus souvent sur l'expectative, Terrified captive sans faillir lorsqu'une poignée de protagonistes se retrouve plongés dans le désarroi d'une situation inexpliquée avant qu'ils ne recrutent des spécialistes du paranormal résignés à démanteler la vérité. Emaillé de séquences chocs souvent concises afin de ne pas s'appuyer sur la facilité du grand-guignol, Terrified renoue donc avec une horreur adulte auprès de sa faculté à divertir sans relâche en misant sur le suspense, l'angoisse, le mystère et la terreur sous l'impulsion d'acteurs méconnus sobrement contrariés, pour ne pas dire apeurés auprès des plus précaires (le commissaire en tête). Et si le final irrésolu nous laisse sur notre faim au point de décevoir une frange de spectateurs, le mystère insondable qui enveloppe cette vague de crimes surnaturels ne fait que renforcer l'opacité du récit quant aux véritables mobiles de ses démons punitifs. Un excellent huis-clos domestique donc exploitant habilement avec parcimonie l'apparition de ses démons issus d'une dimension parallèle en se focalisant surtout sur la tension, l'attente et le suspense face aux actions désespérées des personnages partagés entre réalité et hallucinations de menaces à la fois mutiques et assourdissantes.  

*Bruno


Récompenses:
Fantastic Fest 2018 : meilleur film d'horreur1
Fangoria Chainsaw Awards 2019 : meilleur film en langue étrangère

samedi 13 juillet 2024

Timescape : le passager du futur

                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de David Twohy. 1992. U.S.A. 1h39. Avec Jeff Daniels, Ariana Richards, Marilyn Lightstone, George Murdock, Robert Colbert

Sortie Salles Avoriaz: 11 Janvier 1992. U.S: 9 Mai 1992

FILMOGRAPHIE: David Twohy est un réalisateur et scénariste américain, né le 18 octobre 1955 à Los Angeles (États-Unis). 1992 : Timescape. 1996 : The Arrival. 2000 : Pitch Black. 2002 : Abîmes.
2004 : Les Chroniques de Riddick. 2009 : Escapade fatale. 2013 : Riddick.

Sympathique révision en dépit de son aspect un tantinet télévisuel.

mercredi 10 juillet 2024

Endless Night / La Nuit qui ne finit pas

                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Sidney Gilliat. 1972. Angleterre. 1h39. Avec Hayley Mills, Hywel Bennett, Britt Ekland, Per Oscarsson, George Sanders, Aubrey Richards

Sortie salles France: 7 Décembre 1973. Angleterre: 5 Octobre 1972

FILMOGRAPHIESidney Gilliat, né le 15 février 1908 à Stockport et mort le 31 mai 1994 dans le Wiltshire, est un réalisateur, scénariste, et producteur britannique. 1943 : Ceux de chez nous. 1945 : Un soir de rixe. 1945 : L'Honorable Monsieur Sans-Gêne. 1946 : La Couleur qui tue. 1948 : London Belongs to Me. 1950 :Secret d'État. 1953 : Gilbert et Sullivan. 1955 : Un mari presque fidèle. 1957 : Le Manoir du mystère. 1959 : Left Right and Centre (en). 1962 : On n'y joue qu'à deux. 1966 : The Great St. Trinian's Train Robbery (en). 1971 : La Nuit qui ne finit pas. 

Une très étrange curiosité Hitchcockienne au dénouement à rebondissements surprenant mais trop déroutant, baroque et déconcertant pour emporter pleinement l'adhésion par rapport à tout ce qui nous fut conté au préalable pour les rapports houleux du couple amoureux assez versatile. Dommage que le personnage principal soit si antipathique, agaçant, détestable en mari égoïste et dédaigneux. Un loser raté en rébellion contre la bourgeoisie faute de son enfance galvaudée dysfonctionnelle.

*Bruno


mardi 9 juillet 2024

La Planète des Singes: le nouveau Royaume / Kingdom of the Planet of the Apes

                                             
                                            Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Wes Ball. 2024. U.S.A/Australie. 2h26. Avec Owen Teague, Freya Allan, Kevin Durand, Peter Macon, William H. Macy, Eka Darville, Travis Jeffery.

Sortie salles France: 8 Mai 2024

FILMOGRAPHIEWes Ball est un réalisateur, superviseur des effets spéciaux et producteur américain né le 28 octobre 1980. 2014 : Le Labyrinthe (The Maze Runner). 2015 : Le Labyrinthe : La Terre brûlée (Maze Runner: The Scorch Trials). 2018 : Le Labyrinthe : Le Remède mortel (Maze Runner: The Death Cure). 2024 : La Planète des singes : Le Nouveau Royaume (Kingdom of the Planet of the Apes). Prochainement : The Legend of Zelda.


Une formidable réussite que cet excellent divertissement adulte faisant honneur aux personnages anti manichéens (avec, par exemple, une belle audace morale pour le rôle imparti à l'héroïne juvénile), si bien que La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume ne déçoit nullement pour qui reste fan indéfectible des 2 sagas (68 / 2011) de par sa faculté d'y cristalliser une dystopie plus vraie que nature. Wes Ball (réalisateur de la trilogie du Labyrinthe que je n'apprécie guère personnellement) soignant au possible son univers post-apo en prenant soin de nous dépeindre avant tout l'évolution de ses personnages avec une attention humaine à la fois fragile, timorée, fureteuse puis rebelle. Le récit aux thématiques toujours aussi passionnantes et capitales (racisme; esclavagisme, dictature, religion rigoriste, intolérance, asservissement, cause animale, péril nucléaire) relançant la franchise avec un réalisme trouble quant à la perfection des effets spéciaux en images de synthèse. 


Là encore, et par le truchement de l'élément naturel que symbolise l'eau, les singes terriblement humains, attachants, disparates et expressifs explosent littéralement l'écran de cet opus initiatique faisant la part belle aux valeur de la tolérance, de la compréhension, de la communication entre ethnies en dépit de l'ambiguïté de son final en suspens pour les destins indécis entre Mae et Noa. Mais pas que, si bien que la Planète des singes le nouveau royaume observe l'interaction de ses personnages (humains, chimpanzés, gorilles, orang outang) en militant pour l'enseignement, la connaissance et la culture afin d'évoluer vers un avenir plus sûr, plus fertile et serein en dépit de la sempiternelle lutte des classes sociales générées par des dictateurs mégalos utilisant la religion (César est devenu un messie) à leur profit afin de la dévoyer. Tout cela étant traité avec une surprenante sobriété, notamment auprès des séquences d'action disséminées en intermittence alors que les personnages d'une belle densité humaine et cérébrale (Mae est plus rusée qu'elle n'y parait alors que Noa a bien du mal à se défendre, physiquement parlant tout en s'enrichissant) émeuvent, surprennent à travers leur volonté commune d'y bâtir un monde meilleur en dépit de leurs dissensions morales imparties à la méfiance, au sens du sacrifice et à la nécessité d'exercer la violence en cas de conflits belliqueux de grande ampleur. 


Emaillé d'habile clins d'oeil à son modèle de 68 sans céder à la gratuité puisqu'ils s'incèrent au récit de manière justifiée, La Planète des Singes: le nouveau Royaume suscite donc une belle émotion prude à travers son nouveau récit à la fois aventureux et épique que monopolisent Mae et Noa avec un humanisme aussi noble qu'indécis et torturé. Et c'est ce qui rend si digne et beau à la fois cette nouvelle initiation à la communication que nous transmettent singes et humains avec un réalisme significatif jamais vu au préalable. Quant à la révélation juvénile Freya Allan (Mae), elle illumine avec un naturel diaphane l'écran auprès de sa beauté candide étrangement farouche, fébrile, fragile et réconfortante. 

*Bruno

lundi 8 juillet 2024

Lorenzo / Lorenzo's Oil

                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de George Miller. 1992. U.S.A. 2h15. Avec Nick Nolte, Susan Sarandon, Zack O'Malley Greenburg, Peter Ustinov, Kathleen Wilhoite, Gerry Bamman, Margo Martindale, James Rebhorn, Ann Hearn.

Sortie salles France: 10 Mars 1993. U.S: 15 Janvier 1993

FILMOGRAPHIE: George Miller est un réalisateur, scénariste et producteur australien, né le 3 Mars 1945 à Chinchilla (Queensland). 1979: Mad-Max. 1981: Mad-Max 2. 1983: La 4è Dimension (dernier segment). 1985: Mad-Max : Au-delà du dôme du Tonnerre. 1987: Les Sorcières d'Eastwick. 1992: Lorenzo. 1997: 40 000 ans de rêve (documentaire). 1998: Babe 2. 2006: Happy Feet. 2011: Happy Feet 2. 2014: Mad Max: Fury Road. 2022 : Trois mille ans à t'attendre (Three Thousand Years of Longing). 2024 : Furiosa : Une saga Mad Max (Furiosa: A Mad Max Saga). 

Tsunami d'émotions bruts de décoffrage dont on sort à la fois lessivé et soulagé, Lorenzo relate avec une admirable sobriété l'épreuve de force de parents désorientés à l'idée de voir trépasser leur fils victime de l'adrénoleucodystrophie (ALD). Une maladie dégénérative du système nerveux dont l'espérance de vie ne dépasse pas 24 mois. Or, du fait du jeune âge du malade du haut de ses 5 ans, "Lorenzo" demeure inévitablement éprouvant lorsque les parents s'acharnent à trouver un traitement miracle qu'aucun médecin ni scientifique n'est parvenu à prodiguer face au témoignage de leur rejeton réduit à l'état de légume moribond. Certaines séquences franchement intolérables provoquant autant la gêne pour ses douleurs physiques occasionnées dans sa posture handicapée (ses membres se raidissent au fil du temps, sa faculté de communiquer est rapidement réduite au mutisme, sa respiration devient stertoreuse) qu'une désarmante impuissance morale d'y subir un calvaire aussi insurmontable face à l'extrême dignité des parents d'une résilience et d'une patience à couper au rasoir. 


Inutile de préciser que Nick Nolte et Susan Sarandon demeurent époustouflants d'humanisme prude à travers leur fonction parentale attentionnée afin de ne faire sombrer le récit vers un pathos plombant face à pareil sujet lacrymal souvent générateur d'émotions à gros bouillon. Et justement, Lorenzo puise sa force et sa densité narrative auprès de ses parents jouant les apprentis sorciers avec une surprenante lucidité d'esprit eu égard de leur désir, de leur acharnement à se documenter auprès de la science par le truchement d'une culture pléthorique. Si bien que si la globalité du métrage demeure d'une réalisme clinique aussi effroyable qu'intransigeant en insistant incessamment sur la résilience stoïque des parents plongés dans les bouquins scientifiques des quatre coins du monde, son final, manifeste bouleversant sur l'espoir, l'amour, la résilience et la pédagogie, explose d'intensité fructueuse quant au destin inusité de Lorenzo célébré dans le monde entier. Il y émane un moment d'émotions épurées d'une dignité humaine universelle quant aux ultimes images d'archive s'incrustant davantage dans l'écran pour tenir lieu de l'attrait exceptionnel d'un récit aussi révolutionnaire. 

P.S: A réserver toutefois à un public préparé pour la rigueur de certaines séquences insoutenables car d'une intensité dramatique aussi frontale qu'escarpée. George Miller se refusant le hors-champs afin d'y militer un réalisme naturaliste pour sa descente aux enfers moins funeste qu'escomptée.

*Bruno

Merci à Jean-Marc Micciche

jeudi 4 juillet 2024

Le Flic de Beverly Hills : Axel F. / Beverly Hills Cop: Axel F

                                            Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Mark Molloy. 2024. 1h58. Avec Avec Eddie Murphy, Joseph Gordon-Levitt, Taylour Paige, Judge Reinhold, John Ashton, Paul Reiser,

Diffusé sur Netflix le 3 Juillet 2024

FILMOGRAPHIE: Mark Molloy est un réalisateur, producteur et scénariste américain. 
2024: Le Flic de Beverly Hills : Axel F.


Il faut parfois croire au miracle et se faire sa propre opinion pour témoigner d'un effet de surprise profitable. La preuve avec ce 4è opus d'une générosité et d'une intégrité indiscutables alors qu'il s'agit de la première réalisation du néophyte Mark Molloy étonnamment à l'aise afin de ne point duper son public hybride (celui nostalgique ainsi que la génération actuelle) renouant avec le souvenir sans se morfondre dans le regret du temps révolu. Si bien que tout y est soigneusement dosé dans cette suite résolument bonnard, les ingrédients des 2 premiers opus (comédie/action/pointe de tendresse/ dépaysement exotique) étant respectés à la règle autour d'une intrigue policière constamment captivante. Entre efficacité soutenue, accalmie cocasse et structure narrative ramifiée au sein d'une métropole soigneusement exploitée d'après ses couleurs chic et bon genre. Avec évidemment le retour en fanfare des acolytes (sclérosés) de Foley: William « Billy » Rosewood, John Taggart, Jeffrey Friedman et même Serge (Bronson Pinchot) qu'on a franchement plaisir à retrouver comme de bons vieux camarades de classe perdus de vue il y a des décennies. Quant à Eddie Murphy, il demeure étonnamment frais, rarement à court de carburant pour susciter sourire, émotion et éclats de rire à travers sa verve impayable faisant encore aujourd'hui mouche.  


Si bien que l'acteur dégage une bonne humeur assez frétillante, exaltante même auprès de sa cool attitude afin de nous faire omettre son âge (avancé ?) tant il semble à nouveau aimablement s'esbaudir à se fondre dans sa fonction de flic décomplexé accoutré de sa fille avocate Jane Saunders (Taylour Paige sobrement bourrue pour éviter la caricature et les clichés de crêpages de chignon) avec qui il tente de renouer pour le meilleur et pour le pire. Mais pas que, si bien qu'Axel s'alloue également d'un nouveau comparse afin de relancer l'action à mi-parcours, le lieutenant Bobby Abbott (Joseph Gordon-Levitt, sobrement attachant en faire-valoir héroïque). Or, Mark Molloy exploite parfaitement ses attachants personnages dans la juste mesure d'une sincérité à la fois jamais outrée, fallacieuse et encore moins sirupeuse. Tous ces protagonistes parvenant à imprimer leur personnalité amiteuse avec une décontraction à la fois modérément sémillante et bon enfant pour croire en eux comme au temps des premières fois homériques. Car l'action, modestement dosée, étant aussi spectaculaire qu'inventive (la poursuite en hélico) comme le furent autrefois les 2 antécédents opus au sein d'une recette humour/action jamais abrutissante. 


Une formidable réussite donc aussi inattendue que florissante auprès de son esprit bon enfant dénué d'une once de prétention. On ne peut donc que remercier toute cette équipe (moralement juvénile) renouant avec le bonheur d'antan avec une fantaisie ludique jamais complaisante.

*Bruno

lundi 1 juillet 2024

Sans jamais nous connaître / All of Us Strangers

                                            Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Andrew Haigh. 2023. Angleterre. 1h45. Avec Andrew Scott, Carter John Grout, Paul Mescal, Jamie Bell, Claire Foy.

Sortie salles France: 14 Février 2024. U.S: 22 Décembre 2023.

FILMOGRAPHIE: Andrew Haigh est un réalisateur, scénariste et monteur britannique né le 7 mars 1973 à Harrogate, Angleterre. 2009 : Greek Pete. 2011 : Week-end (Weekend). 2015 : 45 ans (45 Years). 2017 : La Route sauvage (Lean on Pete). 2023 : Sans jamais nous connaître. 


Mourir d'aimer. 

Trouble, envoûtant, fragile et sensible, une réminiscence intimiste sur le difficile cap de l'acceptation du deuil lorsque l'être cher nous quitte de plein fouet. 

Exploitant avec beaucoup d'intelligence et de subtilité l'argument fantastique sous l'impulsion de l'autosuggestion, "Sans jamais nous connaître" est également un vibrant hommage à la communauté gay anglaise bercée par The Smith et Franky Goes To Hollywood. 

A cet égard musical, le final, sublime, demeure sans doute l'une des plus belles étreintes spirituelles de l'histoire du cinéma.

*Bruno


samedi 29 juin 2024

Le dernier jour de la Colère / I giorni dell'ira / Day of Anger

                                            Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Tonino Valerii. 1967. Italie/Allemagne. 1h52. avec Lee Van Cleef, Giuliano Gemma, Walter Rilla, Christa Linder, Yvonne Sanson, Lukas Ammann, Andrea Bosic 

Sortie salles France: 14 Décembre 1967. Italie: 21 Décembre 1967

FILMOGRAPHIETonino Valerii, né le 20 mai 1934 à Montorio al Vomano dans la province de Teramo (Abruzzes) et mort le 13 octobre 2016 à Rome (Latium). 1966 : Lanky, l'homme à la carabine. 1968 : Le Dernier Jour de la colère. 1969 : Texas. 1970 : Une jeune fille nommée Julien. 1972 : Folie meurtrière. 1972 : La Horde des salopards. 1973 : Mon nom est Personne. 1975 : Profession garde du corps. 1977 : Les Requins du désert. 1985 : Sans scrupule. 1986 : Blood Commando. 1987 : Sicilian Connection. 1992 : Seulement par amour : Francesca. 1997 : Una vacanza all'inferno. 1997 : Un bel dì vedremo. 


Western Italo-germanique réalisé par Tonino Valerii (Texas, Mon Nom est personne, Folie Meurtrière, La Horde des Salopards), le dernier jour de la colère est une référence du genre illuminée des présences de Lee Van Cleef / Giuliano Gemma résolument impliqués à travers leur amitié fallacieuse qui aboutira à une dernière partie que l'on ne voit pas arriver (ou alors si peu). Le cinéaste nous relatant parmi l'efficacité d'un rythme très nerveux (duel, règlements de compte en règle à n'en plus finir) l'évolution morale d'un jeune souffre-douleur (Giuliano Gemma) éduqué à devenir meurtrier sous l'influence d'un marginal délibéré à récupérer 50 000 dollars auprès de ses anciens acolytes félons. Avec son visage émacié, ses petits yeux rapaces qui n'appartiennent qu'à sa morphologie animale et sa dégaine longiligne incroyablement classieuse, Lee Van Cleef explose l'écran à chacune de ses apparitions avec charisme retors eu égard de ses motivations finales à diriger toute une ville au mépris de la morale. Et si au départ on ne peut que s'attacher à lui après avoir deéssoudé un homme en cas de légitime défense et pris sous aile un bouc émissaire pussillanime, les 45 ultimes minutes font chavirer le récit vers une dimension morale à la fois passionnante, obscure, indécise quant à la remise en question de Scott toujours plus partagé entre doute et confiance auprès de son maître à tuer. 


Le tout étant irrigué de séquences d'action percutantes réglées au millimètre à travers leur chorégraphie infaillible si bien que ce flamboyant western émaillé de gueules insalubres expressives nous laisse admiratif face à son action calibrée inextinguible. C'est dire si Tonino Valerii ne lésine pas sur la violence quasi permanente au service d'un récit héroïque faisant la part belle à la dichotomie du bien et du mal auprès d'une déchéance morale influençable où manipulation et trahison s'y confirment un peu plus. Giuliano Gemma demeurant très attachant auprès de sa naîveté bon enfant et sa transformation à la fois physique (il se perfectionne au tir et bondit sur ses adversaires de manière intrépide) et morale à se laisser diriger par cette fréquentation sournoise d'autant plus magnétique, totalitaire, intransigeante. Un incontournable du genre donc d'autant plus formellement splendide que rien n'est laisser au hasard pour nous éblouir les mirettes à travers ses panoramas désertiques ou vallonées, ses saloons baroques, son show de music-hall particulièrement sexy, ses chambres gothiques typiquement transalpines.  


Pour la p'tite anecdote, Quentin Tarantino l'a classé 7e dans sa liste des 20 meilleurs westerns spaghettis.

*Bruno
2èx. Vistfr

jeudi 27 juin 2024

Le Corrupteur / The Nightcomers

                                           Photo empruntée sur Google, appartenant au site Linternaute.fr

de Michael Winner. 1971. Angleterre. 1h38. Avec Marlon Brando, Stephanie Beacham, Thora Hird, Harry Andrews, Verna Harvey

Sortie salles France: 16 Mars 1973. U.S: 18 Février 1972 (Int - 18 ans). Angleterre: 6 Juillet 1972

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Michael Winner est un réalisateur britannique, né le 30 Octobre 1935 à Londres, décédé le 21 Janvier 2013. 1964: Dans les mailles du filet. 1967: Qu'arrivera-t-il après ? 1971: Les Collines de la Terreur. 1971: l'Homme de la Loi. 1971: Le Corrupteur. 1972: Le Flingueur. 1973: Le Cercle Noir. 1973: Scorpio. 1974: Un Justicier dans la Ville. 1976: Won Ton Ton, le chien qui sauva Hollywood. 1977: La Sentinelle des Maudits. 1978: Le Grand Sommeil. 1979: l'Arme au Poing. 1982: Un Justicier dans la Ville 2. 1983: La Dépravée. 1985: Le Justicier de New-York. 1988: Rendez vous avec la mort. 1990: Double Arnaque. 1993: Dirty Week-end.

Quelle bien étrange curiosité que cette oeuvre extrêmement rare (rimant souvent avec "oubli") réalisé par l'auteur des Justicier dans la ville, Mr Michael Winner ! Il fallait déjà oser entreprendre un préquelle à un monument du fantastique (pour ne pas dire l'un des plus beaux films du monde en jouant la dithyrambe): le bien nommé Les Innocents de Jack Clayton. Avec ici en tête d'affiche le monstre sacré Marlon Brandon (excusez du peu). Celui-ci endossant le diabolique Peter Quint avec une apathie quelque peu déconcertante quant à ses postures détachées, son idéologie défaitiste fondée sur la théorie du "néant" comme il l'enseigne aux enfants Miles et Flora peu à peu influencés par sa doctrine à la fois subversive, déclinante, destructrice. Or, à travers son climat trouble / malsain parfois provocateur (les jeux SM de Jessel et Quint ne font pas dans la subtilité à travers l'imagerie des corps nus molestés) instauré au sein d'un film en costume on reste autant fasciné qu'interloqué par ses postures interlopes sévèrement influencées par la désinhibition du Mal. D'ailleurs, au gré de ses jeux érotiques aussi sulfureux perpétrés dans cette société altière et rigoriste, Michael Winner nous questionne sur l'acceptation ou non des loisirs lubriques les plus hard afin d'y contenter l'être aimé, et quelles sont les limites à ne pas franchir au risque d'y égarer son âme. 

Il y a aussi la thématique de l'athéisme qui y est abordée sans ambages auquel les êtres les plus fragiles pourraient toutefois basculer vers le Mal faute d'absence d'équilibre moral, d'appui parental, voir même de refus de discernement auprès des esprits les plus déviants. Mais la thématique essentielle de ce Corrupteur demeure indubitablement "l'innocence bafouée" du point de vue de ces enfants éduqués par un adulte infréquentable broyé par ses excès (pour ne pas dire ses exactions sexuelles) et l'aigreur de son existence esseulée en dépit de certains sentiments qu'il éprouve pour Mme Jessel. C'est ce que le final, assez glaçant, perturbant et choquant (superbe vision d'effroi aqueuse !), nous révèle avant que les enfants ne se substituent véritablement à la figure du Mal le plus couard et insidieux auprès de leur conscience souillée. Quant à sa facture formelle délicieusement gothique, les fans ont de quoi se réjouir (tout du moins en HD) auprès de cette vaste bâtisse jonchée de chambres, escaliers, candélabres et corridors ainsi que ses extérieurs naturels magnifiquement éclairés (notamment auprès d'angles nocturnes atmosphérique en diable) par Robert Paynter qu'il transfigure avec un art consommé de l'esthétisme pictural. 

Trouble d'une façon indicible, le Corrupteur est donc une étrangeté scabreuse déroutante et ombrageuse,  auprès de son climat austère qui ne plaira pas à tous (et toutes) sans toutefois nous laisser indifférent. A revoir plusieurs fois pour en saisir sa véritable essence pour ma part subjective. 

*Bruno

mercredi 26 juin 2024

Un été en louisiane / The man in the Moon

                                            
                                        Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Robert Mulligan. 1991. U.S.A. 1h40. Avec Reese Witherspoon, Sam Waterston, Tess Harper, Gail Strickland, Jason London

Sortie salles France: 24 Décembre 1991. U.S: 4 Octobre 1991

FILMOGRAPHIE: Robert Mulligan est un réalisateur américain, né le 23 Août 1925 à New-York, décédé le 20 Décembre 2008 à Lyme, Connecticut. 1957: Prisonnier de la peur. 1960: Les pièges de Broadway. 1961: Le Rendez-vous de Septembre. 1961: Le Roi des Imposteurs. 1962: l'Homme de Bornéo. 1962: Du Silence et des Ombres. 1963: Une Certaine Rencontre. 1964: Le Sillage de la Violence. 1965: Daisy Clover. 1967: Escalier Interdit. 1969: l'Homme Sauvage. 1971: Un Eté 42. 1971: The Pursuit of Happiness. 1972: l'Autre. 1974: Nickel Ride. 1978: Les Chaines du sang. 1978: Même heure l'année prochaine. 1982: Kiss me Goodbye. 1988: Le Secret de Clara. 1991: Un Eté en Louisiane.


Robert Mulligan
, auteur du chef-d'oeuvre l'Autre et des illustres Du Silence et des OmbresUn Eté 42 nous remémore ici une superbe chronique adolescente auprès de l'irrésistible présence de Reese Witherspoon, son tout premier rôle à l'écran du haut de ses 14 ans. Ainsi, il y a des films méconnus dont on attend pas grand chose (notamment faute de notre ignorance) mais qui, à la suite d'un bouche à oreille quasi surnaturel (si j'ose dire) emportent tout à travers leur effet de surprise émotionnel que l'on ne voit pas arriver. Si bien qu'avec une simplicité désarmante, Robert Mulligan parvient à nous captiver pour nous dresser un magnifique portrait de famille aimante auquel la fille cadette va peu à peu découvrir ses premiers émois amoureux auprès d'un garçon plus âgé en dépit de l'intrusion fortuite de sa soeur aînée également éprise de sentiments pour lui. 


Débordante de charme, de curiosité et d'aplomb en ado pubère d'une étonnante capacité de réflexion auprès de sa sagesse épurée, Reese Witherspoon crève l'écran avec un naturel déjà instinctif tant elle nous communique son pleen, ses déceptions, ses fougues sentimentales avec une expressivité à la fois sémillante, tendre, bouleversante. Ce petit bout'chou gentiment dégourdi nous entrainant dans ses joies et peines morales, entre non-dit, larmes contenues, colère dépouillée. Robert Mulligan faisant planer durant son évolution perplexe l'ombre de la mort auprès d'un revirement dramatique plutôt déchirant auprès des plus fragiles d'entre nous. C'est dire si Un Eté en Louisiane touche au coeur en faisant appel à la noblesse des sentiments à la fois troubles et contrariés au sein d'un cadre solaire illuminé de la photographie du grand Freddie Francis (dépaysement assuré en période estivale). L'oeuvre davantage sensible et fragile faisant notamment appel à la valeur du conte initiatique auprès d'une réflexion existentielle symptomatique des angoisses innées de l'adolescence en proie à l'incompréhension de la perte de l'être cher assortis de questionnements spirituels. 


Chronique ado pleine de charme auprès de sa tendresse candide et de son lyrisme aussi innocent, Un Eté en Louisiane insuffle une émotion davantage tangible, fougueuse, capiteuse pour tenir lieu finalement de la cruauté de l'existence qui entoure notre vie passionnelle avec ici un sens du discernement familial forçant le respect. C'est donc à voir absolument, quelques mouchoirs à portée de main auprès des belles âmes fragiles. 

*Bruno