vendredi 23 août 2024

Requiem for a dream

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Darren Aronofski. 2000. U.S.A. 1h41. Avec Ellen Burstyn, Jared Leto, Jennifer Connelly, Marlon Wayans, Christopher McDonald, Louise Lasser, Marcia Jean Kurtz.

Sortie salles France: 21 Mars 2001. U.S: 27 Octobre 2000.

FILMOGRAPHIE: Darren Aronofski est un réalisateur américain né le 12 février 1969 à Brooklyn (New York). Il travaille aussi en tant que scénariste et producteur. 1998 : π, 2000 : Requiem for a dream, 2006 : The Fountain, 2009 : The Wrestler, 2010 : Black Swan. 2014: Noé. 2017: Mother ! 2023 : The Whale. 2025 : Caught Steeling.


Une descente aux enfers aussi malaisante qu'Ă©prouvante ciblant les matières les plus addictives que l'ĂŞtre humain puisse consommer jusqu'Ă  plus soif (nourriture / sexe / drogue, mĂŞme combat). 
Et plus l'intrigue Ă©volue plus on bifurque vers une dĂ©liquescence physique/morale horrifiante difficilement supportable. 
Si tous les acteurs juvĂ©niles sont formidablement impliquĂ©s, c'est Ellen Burstyn, davantage habitĂ©e par le dĂ©sespoir et la dĂ©mence, qui emporte la mise pour nous hanter bien au-delĂ  du gĂ©nĂ©rique. 
Puissant, rigoureux, trouble et capiteux, Requiem for a dream ne nous laisse aucun rĂ©pit Ă  travers sa mise en image expĂ©rimentale dont la dramaturgie dĂ©nuĂ©e de lueur d'espoir nous confine Ă  l'isolement le plus dĂ©primant.  

Merci Tommy pour l'influence.

*Bruno
2èx. 4K Vostfr


Box-Office France: 228 410 entrées

Récompenses:
Festival international du film de Stockholm 2000 : meilleure actrice pour Ellen Burstyn
Festival international de Valladolid 2000 : Golden Spike pour Aronofsky
National Board of Review 2000 : Special Recognition for Excellence in Filmmaking
Sierra Awards (Las Vegas Film Critics Society) 2000 : meilleure actrice pour Ellen Burstyn
Boston Society of Film Critics Awards 2000 : meilleure actrice pour Ellen Burstyn
Chicago Film Critics Association Awards 2000 : meilleure actrice pour Ellen Burstyn et meilleure réalisation pour Darren Aronofsky 3
Chlotrudis Awards 2001 : meilleur film4
Florida Film Critics Circle Awards 2001 : meilleure actrice pour Ellen Burstyn
Independent Spirit Awards 2001 : meilleure actrice pour Ellen Burstyn
Kansas City Film Critics Circle Awards 2001 : meilleure actrice pour Ellen Burstyn
Online Film Critics Society Awards 2001 :
Meilleure actrice pour Ellen Burstyn
Meilleure réalisation pour Darren Aronofsky
Meilleur montage pour Jay Rabinowitz
Meilleure musique originale pour Clint Mansell
Phoenix Film Critics Society Awards 2001 :
Meilleure actrice pour Ellen Burstyn
Meilleur montage pour Jay Rabinowitz
Satellite Awards 2001 : meilleure actrice Ellen Burstyn
Southeastern Film Critics Association Awards 2001 : meilleure actrice pour Ellen Burstyn
Golden Trailer Awards 2001 : prix de la meilleure bande-annonce

mardi 20 août 2024

Evil-dead 2 / Evil Dead 2: Dead by Dawn. Licorne d'Or, Paris 1988.

                                                  Photo empruntĂ©e sur google, appartenant au site imdb.com

de Sam Raimi. 1987. U.S.A. 1h24. Avec Bruce Campbell, Sarah Berry, Dan Hinks, Kassie Wesley, Denise Bixler

Sortie salles France: 8 Juillet 1987. U.S: 13 Mars 1987

FILMOGRAPHIE: Sam Raimi est un rĂ©alisateur, acteur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 23 Octobre 1959 Ă  Franklin, Etats-Unis. 1981: Evil-Dead. 1985: Mort sur le Grill. 1987: Evil-Dead 2. 1990: Darkman. 1993: Evil-Dead 3. 1995: Mort ou Vif. 1998: Un Plan Simple. 1999: Pour l'amour du jeu. 2000: Intuitions. 2002: Spi-derman. 2004: Spider-man 2. 2007: Spider-man 3. 2009: Jusqu'en Enfer. 2013: Le Monde fantastique d'Oz. 2022 : Doctor Strange in the Multiverse of Madness. 



6 ans après Evil Dead, parangon du cinĂ©ma d’horreur contemporain en mode dĂ©gueulbif, Sam Raimi rempile et remixe son Ĺ“uvre avec Evil Dead 2, aurĂ©olĂ© de la Licorne d’Or au Rex Ă  Paris. Nouveau tour de montagne russe, menĂ© Ă  un rythme hystĂ©rique, avec un pitch faux-fuyant (Ash toujours en guerre contre les monstres, tandis que quatre jeunes touristes se voient Ă  nouveau possĂ©dĂ©s par des entitĂ©s malĂ©fiques), Evil Dead 2 dĂ©coiffe Ă  tous les Ă©tages, grâce Ă  une mise en scène encore plus inventive et maĂ®trisĂ©e — notamment grâce aux moyens techniques impartis Ă  son gĂ©niteur, plus badin, cinglĂ© et frĂ©tillant que jamais.
 

Ă€ l’image de son comparse Bruce Campbell, qui crève littĂ©ralement l’Ă©cran dans sa seconde posture de victime estropiĂ©e, molestĂ©e tous azimuts par de nouveaux dĂ©mons ricaneurs — mais ici bien plus revanchard, pugnace, intarissable Ă  les combattre sans relâche, armĂ© de sa tronçonneuse encastrĂ©e au moignon de son bras gauche. En privilĂ©giant une horreur infiniment plus cartoonesque que celle de son aĂ®nĂ© — probablement pour s’en dĂ©marquer, tant le premier Ă©tait insurpassable — Raimi assume ici un comique sardonique, aussi ubuesque que dĂ©complexĂ©. Si bien que tout est permis dans ce sens de la dĂ©rision dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, oĂą les personnages encaissent avec une apprĂ©hension Ă©peurante, frĂ´lant la dĂ©mence Ă  force de frĂ©quenter les forces du Mal.

C’est dire si cette nouvelle mouture, menĂ©e Ă  100 Ă  l’heure, carbure Ă  l’adrĂ©naline d’une horreur dĂ©saxĂ©e, laissant libre cours Ă  moult railleries en roue libre, sans la moindre once de rĂ©pit. Et ce jusqu’au final, encore plus dĂ©bridĂ© et dĂ©paysant, puisqu’il prĂ©sage dĂ©jĂ  un futur opus aux genres disparates.


"Hystérical".
Rigoureusement allumĂ©, franchement drĂ´le et parfois terrifiant, avec cette ambiance dĂ©moniale confinĂ©e Ă  nouveau dans une cabane forestière oĂą les arbres n’ont pas encore livrĂ© leur dernier mot, Evil Dead 2 rivalise avec son chef-d’Ĺ“uvre initial. Tant le degrĂ© de folie ici atteint peut prĂ©tendre Ă  ĂŞtre encore plus dĂ©jantĂ©, dans ce moule ludique de cartoon live gĂ©nĂ©rĂ© par un sale gosse dĂ©lurĂ©. Personne ne s’attendait Ă  un tel dĂ©luge de fulgurances formelles et techniques, tant la camĂ©ra virevoltante de ce gĂ©nie de Raimi (Ă  nouveau) semble habitĂ©e par une frĂ©nĂ©sie paroxystique. Jubilatoire est un euphĂ©misme — et ce n’est pas le Festival du Rex qui nous contredira, fort de sa Licorne d’Or.

*Bruno 
6èx. Vostfr. 4k.

lundi 19 août 2024

Le Pic de Dante / Volcano.

                                               
                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Roger Donaldson. 1997. U.S.A. 1h49. Pierce Brosnan, Linda Hamilton, Charles Hallahan, Jamie Renée Smith, Jeremy Foley, Elizabeth Hoffman, Grant Heslov.

Sortie salles France: 2 Avril 1997. U.S: 7 Avril 1997

FILMOGRAPHIE: Roger Donaldson, né le 15 novembre 1945 à Ballarat, dans l'État de Victoria, en Australie, est un réalisateur, producteur et scénariste australo-américano-néo-zélandais. 1977 : Sleeping Dogs. 1980 : Nutcase (en). 1981 : Smash Palace (en) (+ scénariste). 1984 : Le Bounty. 1985 : Marie. 1987 : Sens unique. 1988 : Cocktail. 1990 : Cadillac Man. 1992 : Sables mortels. 1994 : Guet-apens. 1995 : La Mutante. 1997 : Le Pic de Dante. 2000 : Treize Jours. 2003 : La Recrue. 2005 : Burt Munro. 2008 : Braquage à l'anglaise. 2011 : Le Pacte. 2014 : The November Man. 2017 : McLaren: L'homme derrière la légende.

TraitĂ© sobrement Ă  l'ancienne afin de renouer avec nos classiques des Seventies, avec son lot de clichĂ©s moins appuyĂ©s que ces congĂ©nères et l'efficacitĂ© d'un rĂ©cit Ă  suspense captivant, le Pic de Dante prend son envol au bout d'1heure pour aligner des sĂ©quences catastrophes non stop, 40 minutes durant. Or, quelques dĂ©cennies plus tard on reste bluffĂ© par la qualitĂ© des FX numĂ©riques. 

Brosnan (en géologue) et Hamilton (en maire du village) sont attachants sans en faire des caisses, notamment lorsqu'ils jouent les héros de dernier ressort plutôt stoïques lors de leurs vicissitudes inarrêtables. Efficace, bien troussé et impressionnant même si l'écrin semble un tantinet formaté. On passe un bon moment.

Budget: 116 000 000 $

 
de Mick Jackson. 1997. U.S.A. 1h43. Avec Tommy Lee Jones, Anne Heche, Gaby Hoffmann, Don Cheadle, Jacqueline Kim, John Corbett, John Carroll Lynch.

Sortie salles France: 27 AoĂ»t 1997. U.S: 25 Avril 1997

FILMOGRAPHIE: Mick Jackson est un rĂ©alisateur et producteur britannique nĂ© le 4 octobre 1943 Ă  Aveley (Royaume-Uni). 1989 : Chattahoochee. 1991 : L.A. Story (L.A. Story). 1992 : Bodyguard (The Bodyguard). 1994 : Trou de mĂ©moire (Clean Slate). 1997 : Volcano. 2002 : Les 20 Premiers Millions. 2016 : Le Procès du siècle (Denial). 


MenĂ© Ă  un rythme effrĂ©nĂ©, si bien que passĂ©es les 30 minutes d'exposition l'action dĂ©marre pour ne plus nous lâcher jusqu'au gĂ©nĂ©rique, Volcano est un divertissement apocalyptique aussi fascinant que Twister, premier du nom. Son pitch complètement improbable (un volcan entre en Ă©ruption dans le centre-ville de Los Angeles, ah c'te blague de Carembar !) demeurant jubilatoire pour qui raffole des concepts dĂ©bridĂ©s prĂ©texte Ă  sĂ©quences d'action anthologiques toutes plus folingues les unes que les autres. Et ça dĂ©mĂ©nage Ă  mort, on reste rivĂ© Ă  son siège, les yeux de bambin Ă©carquillĂ© mĂŞme si peu d'FX numĂ©riques sont parfois visibles et que certains gros clichĂ©s (les bons sentiments de la sĂ©quence du chien, la petite dissension raciale entre un black et un pompier blanc, le final hilarant lorsque Tommy Lee Jones s'extirpe des dĂ©combres avec un sourire de bambin frĂ©tillant - rire nerveux assurĂ© ! -) prĂŞtent Ă  rire ou Ă  sourire (avec le film !). 

Tommy Lee Jones possède la carrure virile et paternelle qu'on lui connait (tant auprès de sa fille que de ses co-Ă©quipiers pompiers) et Anne Heche lui partage la vedette avec douceur et candeur en gĂ©ologue plus perspicace que son entourage musclĂ©. 
Du grand spectacle de Samedi soir comme on n'ose plus en faire, aussi fun que jubilatoire, on ne s'ennuie pas une seconde. 

Budget: 90 millions de dollars.

*Bruno

samedi 17 août 2024

Halloween 4 / Halloween 4: The Return of Michael Myers

                                             
                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site senscritique.com

de Dwight H. Little. 1988. U.S.A. 1h29. Avec Donald Pleasence,  Ellie Cornell, Danielle Harris, George P. Wilbur, Michael Pataki, Beau Starr, Kathleen Kinmont.

Sortie salles France: 9 Mai 1990. U.S: 21 Octobre 1988

FILMOGRAPHIEDwight Hubbard Little est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 13 janvier 1956 Ă  Cleveland, Ohio (États-Unis).1986 : Getting Even. 1986 : KGB: la guerre secrète. 1988 : Bloodstone. 1988 : Halloween 4. 1989 : Le FantĂ´me de l'opĂ©ra. 1990 : DĂ©signĂ© pour mourir. 1992 : Rapid Fire. 1995 : Sauvez Willy 2 : La Nouvelle Aventure. 1997 : Meurtre Ă  la Maison-Blanche. 2001 : Deep Blue. 2004 : Anacondas : Ă€ la poursuite de l'orchidĂ©e de sang. 2009 : Tekken.


Faisant suite aux 2 premiers opus, Halloweeen 4 est probablement l'Ă©pisode le plus rĂ©ussi après ceux-ci en flirtant Ă  nouveau avec ce parfum (si cher) des annĂ©es 80 auquel il appartient. Si bien que l'on sent rapidement dès l'intervention de Loomis, (le visage brĂ»lĂ© un peu plus sclĂ©rosĂ© qu'au prĂ©alable suite Ă  sa confrontation finale avec Michael lors du second opus), l'application, l'honnĂŞtetĂ© de Dwight H. Little d'y contenter l'amateur Ă©clairĂ© auprès d'une trame classique pour autant efficace culminant lors des 40 ultimes minutes. Nos hĂ©ros s'efforçant de se confiner dans une demeure domestique afin de se prĂ©server de la menace meurtrière de Michael aux aguĂŞts. Quant bien mĂŞme son final autrement haletant et explosif se fixe comme ambition d'y dĂ©localiser l'action sur les routes champĂŞtres d'Haddonfield magnifiquement Ă©clairĂ©es d'un onirisme bleutĂ© crĂ©pusculaire. Il faut dire que la sublime photographie de Peter Lyons Collister doit Ă©galement beaucoup de l'aura tantĂ´t angoissante, tantĂ´t envoĂ»tante qui se dĂ©gage de cette banlieue que Michael Myers arpente en discrĂ©tion pour mieux y instiller un climat d'insĂ©curitĂ© sous-jacent. Et celĂ  fonctionne encore en toute modestie (mĂŞme si les moyens sont plus importants et tape Ă  l'oeil), si bien que Dwight H. Little s'amuse Ă  reprendre la règle de Carpenter d'y privilĂ©gier de prime abord la suggestion avant le dĂ©ploiement d'exactions Ă  la fois brutales et percutantes entre proies et tueur. 


Et ce sans jamais verser dans un gore outrancier au profit de l'effet de surprise d'une violence tranchĂ©e. Outre son climat de sĂ©duction horrifique Ă©maillĂ© de bĂ©vues entre Dr Loomis pourchassant Ă  nouveau sans relâche Loomis lors de sĂ©quences explosives parfois disproportionnĂ©es (la sĂ©quence de la station et son feu dantesque qui s'ensuit), on apprĂ©cie davantage les prĂ©sences juvĂ©niles d'Ellie Cornell en soeur aĂ®nĂ©e Ă  la fois sensible et prĂ©venante d'y prĂ©server la vie de sa soeur adoptive (nièce de Michael) que Danielle Harris campe avec une innocence particulièrement craintive, voire carrĂ©ment parano eu Ă©gard de ses horribles visions auprès d'un Michael rĂ©solument menaçant. Ellie Cornel s'Ă©cartant naturellement de la caricature de la potiche dĂ©cervelĂ©e dans celle d'une Rachel humainement vulnĂ©rable mais nĂ©anmoins affirmĂ©e et combattive, tant auprès de son compagnon infidèle que de sa longue confrontation avec Michael sur les toits d'une maison ou dans l'habitacle d'un vĂ©hicule sur bitume. Rachel formant avec la petite Jamie un tandem fĂ©minin Ă  la fois attachant, amiteux, persĂ©vĂ©rant dans leur cohĂ©sion fraternelle Ă  se serrer les coudes coĂ»te que coĂ»te. Quant Ă  l'Ă©pilogue d'une audace proprement terrifiante, il renoue de manière rĂ©fĂ©rentielle et novatrice avec le chef-d'oeuvre de Carpenter en instaurant une habile dimension surnaturelle quant aux liens de parentĂ© entre Jamie et Michael que Dwight H. Little nous aiguilla plus tĂ´t Ă  travers des indices narratifs d'autant plus interrogatifs et crĂ©dibles quant Ă  l'Ă©volution morale de celle-ci. 


Proposition de redite horrifique Ă  la fois sincère, gĂ©nĂ©reuse, intelligente et intègre, Halloween 4  commĂ©more la sĂ©rie B avec une modestie quelque peu touchante Ă  s'efforcer de rendre une copie perfectible mais profondĂ©ment intègre afin d'y respecter son ailleul insurpassable. Un excellent divertissement donc plus moderne car plus nerveux et un peu plus extravagant (Ă  l'instar de cette chasse contre Myers perpĂ©trĂ©e par des Redneck rĂ©acs que l'empotĂ© Loomis leur incita Ă  traquer dans sa folie parano !) mais rondement menĂ©, assez crĂ©dible niveau acting, psychologiquement censĂ© et atmosphĂ©rique auprès de la prĂ©sence fantomatique de Michael nanti d'un charisme autrement Ă©trange avec son masque dĂ©gingandĂ© (sans ĂŞtre pĂ©joratif).

*Bruno
30.10.2017. 365v
2022 ou 2023
17.08.24. 6èx. vostfr


lundi 12 août 2024

Twisters

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Lee Isaac. 2024. U.S.A. 2h02. Avec Daisy Edgar-Jones, Glen Powell, Anthony Ramos, Brandon Perea, Maura Tierney, Harry Hadden-Paton, Sasha Lane.

Sortie salles France: 17 Juillet 2024

FILMOGRAPHIELee Isaac Chung, nĂ© le 19 octobre 1978 Ă  Denver (Colorado), est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste corĂ©ano-amĂ©ricain. 2007 : Munyurangabo. 2010 : Lucky Life. 2012 : Abigail Harm. 2015 : I Have Seen My Last Born (documentaire, co-rĂ©alisateur). 2020 : Minari. 2024 : Twisters. 


Formidable surprise que ce Twisters, reboot faisant suite Ă  son modèle natif de 96 que Lee Isaac nous retranscrit avec une intĂ©gritĂ© indĂ©fectible tout en s'extirpant admirablement de l'embarrassant copiĂ©-collĂ© (mĂŞme si Ă©videmment on retrouve certains Ă©lĂ©ments clef du prototype). Surtout auprès du traitement des personnages ici plus intĂ©ressants, plus humains, moins factices, et donc moins stĂ©rĂ©otypĂ©s mĂŞme si on peut dĂ©plorer que l'esprit de camaraderie qui nous sĂ©duisait tant dans son modèle est ici remplacĂ© par une romance latente pour autant moins nunuche que celle chez Jan De Bont. Il faut dire qu'avec une actrice de la trempe juvĂ©nile de Daisy Edgar-Jones, on ne peut que s'incliner pour sa prestation sans fard puisque d'un naturel innĂ© (physique / psychologique) Ă  nous retransmettre, entre fĂ©brilitĂ© et fragilitĂ©, ses tourments moraux tributaires du prologue dramatique bougrement percutant (quelle audace fortuite !). Si bien qu'elle porte le film sur ses Ă©paules avec une densitĂ© psychologique jamais forcĂ©e lorsqu'elle cède Ă  ses faiblesses comme le dĂ©couragement, la dĂ©ception et la capitulation puis lorsqu'elle se laisse enfin emporter par le goĂ»t de l'aventure pour amorcer un hĂ©roĂŻsme stoĂŻque après avoir vaincu ses peurs pour accĂ©der au dĂ©passement de soi. 


Parfaitement structurĂ©, en se focalisant beaucoup sur les actions et rĂ©actions des personnages parvenant Ă  Ă©voluer positivement (en tablant Ă©galement sur une Ă©tonnante inversion des rĂ´les), Twisters se dĂ©cline donc en excellent divertissement d'une Ă©motion Ă  la fois forte et Ă©purĂ©e au point de se surprendre de renouer de nos jours avec une sensibilitĂ© aussi communicative pour ce genre de Blockbuster tous publics. Et si Twister 96 Ă©tait peut-ĂŞtre (je n'en suis pas sĂ»r puisque je me suis frĂ©quemment posĂ© la question durant toute l'intrigue) un peu plus spectaculaire et furieusement fascinant, Twisters ne manque pourtant pas de qualitĂ©s formelles auprès de ses sĂ©quences catastrophes affolantes, rĂ©alisĂ©es qui plus est par des FX numĂ©riques encore plus rĂ©alistes et Ă©paulĂ©s il est vrai d'une splendide photo quasi naturaliste. On peut Ă©galement dire un mot sur le jeu Ă  la fois arrogant et gouailleur de l'acteur Glen Powell car si au dĂ©part il peut sciemment irriter Ă  travers sa posture de cow-boy pĂ©dant que l'on remarque Ă  10 kms, il suscite peu Ă  peu chez nous l'attachement, voir mĂŞme la sympathie grâce au parti-pris de Lee Isaac  l'orientant vers une direction morale surprenante auprès de ses rapports amicaux mais orageux (toujours dans la juste mesure) avec Kate (Daisy Edgar-Jones) qu'il tente de courtiser auprès de sa force tranquille trop sĂ»re. 


Sans jamais nous ennuyer ne serait ce qu'une seconde, Twisters est le divertissement estival idoine pour qui raffole s'Ă©vader vers des univers homĂ©riques oĂą action, tendresse, charme et Ă©motion finissent par se rejoindre pour ne faire plus qu'un. Si bien que outre ses superbes actions tempĂ©tueuses dissĂ©minĂ©es Ă  juste dose (pas une outrance Ă  l'horizon donc), c'est l'humanisme Ă  la fois chĂ©tif, contenu et sincère des personnages qui rend si attachante cette formidable attraction nous suscitant si peu la dĂ©sagrĂ©able impression de dĂ©jĂ  vu (en dĂ©pit de certaines apparitions des tornades toutefois filmĂ©es de manière chiadĂ©e, inventive afin de contredire cette lacune). On n'en demandait pas tant au demeurant.  

*Bruno
Vostfr


jeudi 8 août 2024

8 MM / Eight Millimeter

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Joel Schumacher. 1999. U.S.A/Allemagne. 2h03. Avec Nicolas Cage, Joaquin Phoenix, James Gandolfini, Peter Stormare, Anthony Heald, Chris Bauer.

Sortie salles France: 10 Mars 1999 (Int - 18 ans). U.S: 26 Février 1999

FILMOGRAPHIE: Joel Schumacher est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 29 AoĂ»t 1939 Ă  New-York, dĂ©cĂ©dĂ© le 22 juin 2020. 1981: The Incredible Shrinking Woman. 1983: SOS Taxi. 1985: St Elmo's Fire. 1987: GĂ©nĂ©ration Perdue. 1989: Cousins. 1990: l'ExpĂ©rience Interdite. 1991: Le Choix d'Aimer. 1993: Chute Libre. 1994: Le Client. 1995: Batman Forever. 1996: Le Droit de Tuer ? 1997: Batman et Robin. 1999: 8 mm. 1999: Personne n'est parfait(e). 2000: Tigerland. 2002: Bad Company. 2002: Phone Game. 2003: Veronica Guerin. 2004: Le FantĂ´me de l'OpĂ©ra. 2007: Le Nombre 23. 2009: Blood Creek. 2010: Twelve. 2011: Effraction. 2013: House of Cards (2 Ă©pisodes). 

"A chaque fois que je fais un long-mĂ©trage oĂą le hĂ©ros se salit les mains, les Français me qualifient de fasciste ou de rĂ©publicain. Mais comment un libĂ©ral hippie comme moi peut-il ĂŞtre vu de la sorte ? C’est bizarre, parce que j’ai toujours imaginĂ© les Français comme des gens sophistiquĂ©s ! C’est comme s’ils taxaient le personnage de Hamlet de fasciste !"
Joel Schumacher – Interview, Mad Movies n°250, Mars 2012

"Lorsque ton regard pénètre longtemps au fond d'un abîme, l'abîme, lui aussi, pénètre en toi"
C'est l'histoire d'un type qui va perdre son âme Ă  force de frĂ©quenter et de jouer avec le diable. 
VoilĂ  ce que rĂ©sume le controversĂ© 8MM comme souvent auprès d'oeuvres tabous osant aborder les thĂ©matiques de la pĂ©dophilie et du Snuf movie comme l'eurent illustrĂ©s le remarquable Sound of Freedom, le scandaleux A Serbian Film ou encore (le perfectible) Hardcore de Paul Schrader dans toutes les mĂ©moires. Baignant dans un climat ultra malsain de sexualitĂ© sordide lorsqu'on y lève le voile de la pornographie underground, 8MM est une expĂ©rience extrĂŞme aussi fascinante que rĂ©pugnante eu Ă©gard du rĂ©alisme fuligineux qui se dĂ©gage de ce thriller horrifique impeccablement rĂ©alisĂ© et interprĂ©tĂ© par des comĂ©diens habitĂ©s par leur dĂ©chĂ©ance (im)morale. Nicolas Cage demeurant magnĂ©tique, concentrĂ©, absorbĂ©, tendu puis enfin dĂ©stabilisant (jusqu'au malaise cĂ©rĂ©bral quant au final Ă  contre-emploi si dĂ©criĂ©) en enquĂŞteur privĂ© dĂ©libĂ©rĂ© Ă  retrouver la trace d'une mineure de 16 ans potentiellement assassinĂ©e face camĂ©ra après que l'on eu retrouvĂ© un film dans le coffre-fort d'un milliardaire. Quant au nĂ©ophyte Joaquin Phoenix, il joue aimablement le faire-valoir en commerçant lunaire de sex-shop avec une spontanĂ©itĂ© si dĂ©sinhibĂ©e qu'il nous suscite perplexitĂ©, rĂ©serve, suspicion en dĂ©pit de son intelligence et sa collaboration Ă  entraĂ®ner le dĂ©tective dans les bas-fonds new-yorkais les plus insalubres, ad nauseam. 


Sur ce point, Joel Schumacher parvient Ă  faire naĂ®tre une incroyable ambiance d'insĂ©curitĂ© Ă©trangement fascinante, perverse, mĂ©phitique au fil de rencontres avec des marginaux sans vergogne nous suscitant gĂŞne et dĂ©goĂ»t. Et donc chapeau bas aux prestations littĂ©ralement ordurières de James Gandolfini en margoulin sournois, Peter Stormare en gourou dĂ©saxĂ© et Chris Bauer en violeur SM, mastard affublĂ© d'un masque de latex au rictus contractĂ©. 8MM se dĂ©clinant, non sans une certaine suggestion (tout du moins 1h30 durant), en vĂ©ritable descente aux enfers que le spectateur ne parvient pas Ă  s'extraire sous l'impulsion d'un Nicolas Cage peu Ă  peu vampirisĂ© par le Mal alors qu'il fut Ă  deux doigts de se rĂ©tracter quelques secondes plus tĂ´t. D'oĂą la controverse impartie Ă  cette fameuse ultime demi-heure lorsque son personnage sombre dans la corruption d'une justice expĂ©ditive Ă  la fois ordurière (son 1er meurtre primal quasi insoutenable nous invoque isolement et dĂ©sillusion) et putassière (le second meurtre autrement complaisant et putassier dans sa plus simple gratuitĂ©). Et si sa première victime parvient Ă  nous invoquer avec crĂ©dibilitĂ© malaise moral et Ă©coeurement auprès de ses exactions barbares, la seconde se vautre dans la facilitĂ© des conventions comme si Joel Schumacher sombrait Ă©galement dans une idĂ©ologie bassement immorale qu'il dĂ©nonça avec force et (une certaine sobriĂ©tĂ©) durant tout le long de son intrigue. Et c'est franchement dommageable car en dĂ©pit de ses 3 minutes racoleuses assez indigestes puisque quelque peu contradictoires, 8MM confinait au modèle du genre tant il passionne, envoĂ»te et nous questionne quant Ă  notre instinct meurtrier pouvant basculer aux moments les plus tendus. 


En tout Ă©tat de cause ce thriller vertigineux Ă  la fois implacable, ensorcelant (jusqu'au  malaise psychologique avec le dĂ©sir d'y faire une pause ou de prendre une douche sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique clĂ´t) et extrĂŞmement dĂ©rangeant nous laisse dans un Ă©tat d'amertume et d'impuissance contre l'industrie du X underground impossible Ă  Ă©radiquer, dĂ©chiffrĂ©, dĂ©nouĂ© auprès du duo bourreaux / voyeurs dĂ©nuĂ©s d'identitĂ©. A rĂ©habiliter donc si bien que ce pur film d'ambiance crĂ©pusculaire ne lâchera pas d'une semelle votre conscience sĂ©vèrement rudoyĂ©e. 
Pour public averti.

*Bruno
3èx. Vostfr. 

"Je crois que tout cela est liĂ© Ă  la notion d’auteur, très forte en Europe […] Quand je raconte une histoire, elle n’est pas arrachĂ©e Ă  ma vie. C’est une histoire ! Mais, oui, je peux comprendre que l’on puisse faire la confusion entre le point de vue du rĂ©alisateur et celui du personnage. Comme l’a dit Mike Nichols, les gens confondent souvent le contenu et l’intention. Ce n’est pas parce que vous mettez quelque chose dans votre film que vous le cautionnez. A ce moment-lĂ , ne pensez-vous pas que RomĂ©o et Juliette fasse la promo du suicide adolescent ? A une Ă©poque, on acceptait beaucoup mieux l’ambiguĂŻtĂ© du cinĂ©ma […] Après avoir vu 8 mm, un de mes amis m’a dit : « Tu as eu assez de courage pour faire un film des annĂ©es 70, et ils vont te tuer pour ça »"
Joel Schumacher – Interview, Première n°318, AoĂ»t 2003

Récompenses:

Golden Trailer Awards 1999 :

Prix de la Toison d'Or,

Prix de la bande-annonce dorée pour Une nuit sombre et orageuse

Box Office France: 621 074 entrées

mercredi 7 août 2024

Arthur the king

Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Simon Cellan Jones. 2024. U.S.A. 1h47. Avec Mark Wahlberg, Simu Liu, Juliette Rylance, Nathalie Emmanuel, Ali Suliman, Paul Guilfoyle.

DTV France: 24 Mai 2024. Sortie salles U.S: 15 Mars 2024.

FILMOGRAPHIE PARTIELLESimon Cellan Jones (nĂ© en janvier 1963) est un producteur, rĂ©alisateur de tĂ©lĂ©vision et de cinĂ©ma britannique. 2010: On Expenses. 2023: The Family Plan. 2024: Arthur the King. 

Il y a des films. Et il y a des oeuvres qui vous callent au siège sans prĂ©venir pour vous marquer toute une vie. Arthur the King en fait donc parti grâce Ă  l'influence d'une poignĂ©e d'inconnus cinĂ©philes aussi conquis que ma personne par l'incroyable odyssĂ©e humaine qui se dessine dans une facture naturaliste Ă  couper le souffle. Et ce en dĂ©pit de sa privation salles chez nous alors qu'Outre-Atlantique il y eut droit avec, en sus, des critiques aussi conquises que globalement enthousiastes (jetez par exemple un oeil sur la note d'IMDB ou de Rotten Tomatoes). Aussi improbable et extraordinaire soit l'intrigue, sachez toutefois qu'il s'agit d'une histoire vraie comme le souligne le crĂ©dit liminaire et ces clichĂ©s authentiques dĂ©filant lors du gĂ©nĂ©rique de fin afin d'y renforcer la rĂ©alitĂ© des faits (les plus majeurs) exposĂ©s que Simon Cellan a su illustrer avec une sobriĂ©tĂ© forçant le respect. Exit donc le produit standing sirupeux, spĂ©ciale prise d'otage Ă©motionnel, si bien que Arthur the King prĂ´ne sans effet de manche ni fioriture les valeurs de l'amour, de la tolĂ©rance, de l'endurance, de la rĂ©silience et surtout de l'incroyable amitiĂ© partagĂ© entre l'homme et l'animal avec une tendresse somme toute naturelle. Et c'est bien lĂ  la grande rĂ©ussite, la force implacable du mĂ©trage que de ne jamais surligner une Ă©motion outrancière auprès de leur grande complicitĂ© davantage empathique, alors qu'une dramaturgie s'y profile peu Ă  peu sans cĂ©der Ă  la complaisance du pathos. Car vĂ©ritable bain de fraĂ®cheur au sein d'un dĂ©paysement tropical issu de la RĂ©publique Dominicaine, Arthur the King nous fait partager 1h40 durant le championnat du monde de la course d'aventure en pleine jungle pendant 700 kms. 

Et ce en compagnie de Mark Wahlberg (davantage Ă©patant d'implication compassionnelle au fil de son Ă©volution morale avec l'animal) et ses acolytes aguerris bientĂ´t accompagnĂ©s du compagnon canin d'une endurance physique dĂ©passant l'entendement. Ainsi donc, face Ă  ce dernier abandonnĂ© de tous, vĂ©ritable influenceur de la gagne, de la hargne et de la rescousse, Arthur the King nous fait participer Ă  une aventure aussi humaine que sportive eu Ă©gard du rĂ©alisme naturaliste qui s'extrait des images passionnelles façon "National Geographic" sous l'impulsion d'une intensitĂ© effrĂ©nĂ©e quant aux Ă©preuves arpentĂ©es avec hĂ©roĂŻsme dĂ©coiffant. A l'instar de cette traversĂ©e vertigineuse du haut d'un câble suspendu dans le vide Ă  l'aide d'un vĂ©lo accrochĂ© dans le dos de chaque participant pour poursuivre ensuite leur marathon Ă  bicyclette. Mais outre cette sĂ©quence spectaculaire Ă  couper le souffle auprès de son intensitĂ© insĂ©cure et du contexte inĂ©dit (l'Ă©lĂ©ment du vĂ©lo !), Arthur the King n'est point conçu comme un film d'action pour nous en foutre plein la vue (vous ĂŞtes donc prĂ©venus), bien au contraire. Simon Cellan privilĂ©giant le rĂ©alisme quelque peu documentĂ© (notamment en camĂ©ra subjective ou portĂ© Ă  l'Ă©paule) pour mieux nous immerger dans leur parcours d'endurance Ă  moult Ă©preuves Ă  dĂ©fier. Tant Ă  pied, en VTT, en canoĂ©, en escalade ou suspendu par un câble, nos Ă©quipiers n'auront de cesse de dĂ©passer leur force (corporelle / Ă©thique), vaincre leur peur avec l'aide du chien errant qui changera Ă  jamais leur existence d'un point de vue philosophique. 

Hymne universel Ă  l'amitiĂ©, Ă  la tendresse, Ă  l'amour et surtout Ă  une fidĂ©litĂ© exemplaire, Arthur the King puise sa force, son intensitĂ©, son intĂ©rĂŞt de par la sincĂ©ritĂ© infaillible du cinĂ©aste de nous narrer dans la simplicitĂ© une histoire hors du commun. Mais c'est aussi une cantique de la communion entre l'homme et l'animal ici entraidĂ©s lors d'une Ă©preuve Ă©pique qui changera Ă  jamais leur destinĂ©e humaine. En tout Ă©tat de cause, Arthur the King laissera une trace Ă©motionnante en cette annĂ©e 2024, quelques mouchoirs Ă  portĂ©e de main pour les plus sensibles d'entre nous.   

*Bruno
Vostfr.

mardi 6 août 2024

Saw. Prix du Jury / Prix du Jury Jeunes, Gérardmer 2005.

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de James Wan. 2004. U.S.A. 1h43 (Director's cut). Avec Leigh Whannell, Cary Elwes, Danny Glover, Ken Leung, Dina Meyer, Mike Butters, Paul Gutrecht, Michael Emerson.

Sortie salles France: 16 Mars 2005 (Int - 16 ans). U.S: 29 Octobre 2004 (Int - 17 ans).

FILMOGRAPHIE: James Wan est un producteur, rĂ©alisateur et scĂ©nariste australien nĂ© le 27 FĂ©vrier 1977 Ă  Kuching (Malaisie), avant de dĂ©mĂ©nager Ă  Perth (Australie). 2004: Saw, 2007: Dead Silence, Death Sentence, 2010: Insidious. 2013: The Conjuring. 2013 : Insidious : Chapitre 2. 2015 : Fast and Furious 7. 2016 : Conjuring 2 : Le Cas Enfield. 2018 : Aquaman. 2021 : Malignant. 2023 : Aquaman et le Royaume perdu. 


Film mythique s'il en est qui rĂ©volutionna le Tortur'porn Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 2000, Saw n'a point usurpĂ© sa rĂ©putation de rĂ©fĂ©rence du genre horrifique sous la houlette d'un James Wan tout juste dĂ©butant mais redoutablement ambitieux lorsqu'il s'agit d'y dĂ©poussiĂ©rer l'horreur Ă  renfort d'un climat malsain quasi irrespirable, d'une confrontation psychologique en acmĂ© difficilement tolĂ©rable et de sĂ©quences chocs extrĂŞmes Ă  marquer d'une pierre blanche. Si bien que 2 hommes que tout oppose se retrouvent enchainĂ©s Ă  divers endroits d'une salle de bain sans savoir qui aurait pu les embrigader. Alors qu'ils constatent une horloge Ă©lectronique sur le mur, ils s'aperçoivent rapidement qu'une mini cassette se trouve dans la poche de chacun d'eux avec, Ă  proximitĂ© d'un cadavre ensanglantĂ©, un dictaphone. Ils s'efforcent donc de l'atteindre afin d'Ă©couter les consignes du mystĂ©rieux tueur au puzzle que deux flics s'efforcent Ă  l'extĂ©rieur d'apprĂ©hender. Jeu de piste de longue haleine d'une perversitĂ© dĂ©moniale difficilement Ă©galable au sein d'un huis-clos Ă  la fois poisseux, crapoteux, fĂ©tide, pour ne pas dire faisandĂ©; Saw met nos nerfs Ă  rude Ă©preuve au fil d'une investigation bicĂ©phale alternĂ©e. 


Celle des 2 inconnus reclus dans cette salle de bain et Ă  deux doigts de sombrer dans la crise de nerf pour s'extirper de leur tanière, puis des 2 flics, un asiatique, un afro amĂ©ricain sur le point de dĂ©busquer le tueur parmi des prises de risque suicidaire eu Ă©gard de la ruse hors-pair de l'assassin dissĂ©minant sur leur passage des pièges sadiques impossibles Ă  dĂ©jouer. James Wan tablant notamment sur les flash-back afin d'y renforcer l'implacable efficacitĂ© de l'intrigue Ă  (moult) rebondissements en nous Ă©clairant peu Ă  peu sur cette improbable vendetta bâtie sur la souffrance de victimes puisque contraints de s'infliger des sĂ©vices et/ou de sacrifier une autre victime afin de s'Ă©pargner une mort cruelle dans leur piège Ă  torture. DĂ©clinaison Ă  peine tacite de l'Abominable Dr Phibes, en mode hardcore contemporain, Jigsaw crève l'Ă©cran Ă  chacune de ses apparitions giallesques, James Wan prenant soin de rendre hommage aux classiques du genre transalpin Ă  l'aide d'un esthĂ©tisme rutilant que n'aurait reniĂ© Dario Argento. Notamment en y exploitant de façon aussi stylisĂ©, inquiĂ©tante et terriblement insĂ©cure un pantin (inspirĂ© des Frissons de l'Angoisse) pĂ©dalant tranquillement sur un vĂ©lo pour approcher ses victimes et leur dicter consignes et directives Ă  l'aide d'une voix trafiquĂ©e. 


Chef-d'oeuvre de l'horreur moderne d'une perversitĂ© et d'un sadisme au diapason, Saw fait grimper suspense, (pures moments de) tension, oppression, terreur et violence crue sous l'impulsion d'une intrigue viciĂ©e d'une audace morale incongrue. Les comĂ©diens criants de vĂ©racitĂ© crispĂ©e Ă  travers leur surmenage nous communiquant leur peur, leur spleen et leur effroi avec un rĂ©alisme parfois Ă  la limite du soutenable. James Wan ne lĂ©sinant pas sur une horreur graphique sciemment putassière (pour autant non complaisante, un exploit !) pour renforcer l'horreur des situations cauchemardesques, vĂ©ritable descente aux enfers (aux relents de caniveau !) de la bassesse oĂą seule compte l'individualise, la duperie, le subterfuge afin de tenter de s'extirper d'une mort inhumaine. Jubilatoire quant Ă  l'intensitĂ© de son suspense exponentiel, Saw baigne sans complexe dans une facture rubigineuse Ă©tonnamment putride avec un sentiment d'impuissance, d'un peu d'espoir et de dĂ©sespoir, ad nauseam. A revoir d'urgence, notamment pour se rendre compte de l'impact Ă©motionnel sidĂ©rant qu'il parvient toujours Ă  produire au grand dam de ses suites mercantiles toutes plus mĂ©diocres et inutiles les unes que les autres. 

*Bruno
3èx. Vostfr

Récompenses:
Festival du film d'horreur et fantastique de Saint-Sébastien (San Sebastián Horror and Fantasy Film Festival) 2004 :
Prix du public du Meilleur film décerné à James Wan.
Prix Schmoes d'or (Golden Schmoes Awards) 2004 :
Schmoes d'or du Meilleur film d'horreur de l'année,
Schmoes d'or de l'Affiche de cinéma préférée de l'année,
Schmoes d'or de la Scène la plus mémorable d'un film (La Fin).
Fantasporto 2005 : prix international du film fantastique du Meilleur scénario décerné à Leigh Whannell.
Festival international du film fantastique de Bruxelles 2005: Pégase (prix du public) décerné à James Wan.
Festival international du film fantastique de Gérardmer 2005:
Prix du jury décerné à James Wan,
Prix du jury jeunes décerné à James Wan.

lundi 5 août 2024

La Mutante / Species

                                               
                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Roger Donaldson. 1995. U.S.A. 1h48. Avec Ben Kingsley, Michael Madsen, Alfred Molina, Forest Whitaker, Marg Helgenberger, Natasha Henstridge, Michelle Williams, Whip Hubley, Patricia Belcher.

Sortie salles France: 27 Septembre 1995

FILMOGRAPHIE: Roger Donaldson, nĂ© le 15 novembre 1945 Ă  Ballarat, dans l'État de Victoria, en Australie, est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste australo-amĂ©ricano-nĂ©o-zĂ©landais. 1977 : Sleeping Dogs. 1980 : Nutcase (en). 1981 : Smash Palace (en) (+ scĂ©nariste). 1984 : Le Bounty.  1985 : Marie. 1987 : Sens unique. 1988 : Cocktail. 1990 : Cadillac Man. 1992 : Sables mortels. 1994 : Guet-apens. 1995 : La Mutante. 1997 : Le Pic de Dante. 2000 : Treize Jours. 2003 : La Recrue. 2005 : Burt Munro. 2008 : Braquage Ă  l'anglaise. 2011 : Le Pacte. 2014 : The November Man. 2017 : McLaren: L'homme derrière la lĂ©gende. 


Mal accueilli par la critique Ă  sa sortie alors qu'il fut un succès commercial, La Mutante est un formidable divertissement du Samedi soir qu'on aurait tort de bouder. Si bien qu'Ă  la revoyure il semble encore plus plaisant et attachant, qualitativement et Ă©motionnellement parlant, notamment grâce Ă  la mĂ©diocritĂ© du cinĂ©ma actuel qui fait que l'on finit par devenir plus indulgeant avec nos oeuvres ludiques du passĂ©. Il fallait d'ailleurs oser exploiter cette idĂ©e improbable qu'une menace extra-terrestre se substitue ici en mannequin de charme sans jamais sombrer dans le racolage, la complaisance et le ridicule. Roger Donaldson prenant son sujet avec assez de sĂ©rieux pour ne jamais se railler de son concept casse-gueule et de sa partenaire plantureuse, notamment dans sa manière dĂ©fĂ©rente de la filmer sans abuser de plans putassiers pour dĂ©voiler son plus simple appareil. Et s'il s'agit du tout premier rĂ´le de Natasha Hendridge alors âgĂ©e de 20 ans, on peut clairement prĂ©tendre qu'elle s'en sort plutĂ´t bien Ă  travers son rĂ´le sciemment laconique, de prime abord hagarde et interrogative eu Ă©gard de sa posture nĂ©ophyte puisque dĂ©barquant sur terre pour des raisons qu'elle ignore, mais rapidement fĂ»tĂ©e et intelligente pour s'extraire de la masse et imposer sa mainmise. 


Car ce n'est qu'au fil de son parcours personnel, son apprentissage et son expĂ©rience avec les humains qu'elle finira par comprendre son unique dessein d'y fĂ©conder un mâle afin de pouvoir instaurer sa race et nous envahir. Très efficace lorsqu'une poignĂ©e d'hĂ©ros cosmopolites se lancent constamment Ă  sa traque pour l'Ă©radiquer alors que celle-ci s'empresse davantage Ă  copuler avec un mâle au fil de rencontres alĂ©atoires puis rĂ©flĂ©chies, La Mutante ne nous laisse aucun moment de rĂ©pit Ă  travers ses scènes d'actions, poursuites et effets chocs rondement menĂ©s (Roger Donaldson demeurant un habile artisan auprès de son savoir-faire technique) sous l'impulsion d'FX rĂ©ussis mĂŞme si certains effets numĂ©riques font hĂ©las tâche aujourd'hui. A l'instar de son final confinĂ© dans les Ă©gouts, probablement la partie la plus faible du mĂ©trage, mĂŞme si cela reste correctement menĂ©, voir mĂŞme haletant et que certaines surprises restent par ailleurs assez Ă©tonnantes (avec un personnage bien exploitĂ© pour ses expressions candides face camĂ©ra) pour ne pas lâcher le fil de l'action. C'est d'ailleurs H. R. Giger,  illustre crĂ©ateur d'Alien, peintre et plasticien rĂ©sidant en Suisse, qui confectionna l'impressionnante crĂ©ature femelle du plus bel effet fascinatoire lors de certains plans graphiques. 


Si on peut dĂ©plorer quelques menus clichĂ©s tributaires du genre, la caricature de certains personnages (surtout Ben Kingsley en scientifique impavide au regard Ă©baubi) et des dialogues faiblards prĂŞtant Ă  sourire, La Mutante puise justement son charme auprès de ses dĂ©fauts prĂ©citĂ©s pour y renforcer sa facture  "sĂ©rie B de luxe" formidablement troussĂ©e sous l'impulsion d'une menace charmeuse jamais vulgaire ou prĂ©tentieuse pour attirer ses proies dans ses apparat charnel. Natasha Hendridge demeurant sobrement impliquĂ©e en tueuse en herbe uniquement destinĂ©e Ă  prĂ©server sa vie et sa lignĂ©e sans se morfondre dans les clichĂ©s de la vengeance ou d'une sĂ©duction facilement provocante. Avec un joli pied de nez Ă  la gente masculine machiste ou timorĂ©e lorsqu'il s'agit de charmer ou de se laisser attendrir par une prĂ©sence Ă©rotique autonome, anti potiche dĂ©cervelĂ©e. 

Merci à Ecran Large pour l'incitation à la révision.

*Bruno
3èx. Vostfr

Box-Office France: 627 887 entrées

samedi 3 août 2024

MaXXXine

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Ti West. 2024. U.S.A. 1h43. Avec Mia Goth, Charley Rowan, McCain, Elizabeth Debicki, Moses Sumney, Michelle Monaghan, Halsey, Lily Collins, Giancarlo Esposito, Kevin Bacon.

Sortie salles France: 31 Juillet 2024 (int - 12 ans). 

FILMOGRAPHIE: Ti West (nĂ© le 5 octobre 1980 Ă  Wilmington, Delaware) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain surtout connu pour ses films d'horreur. 2005: The Roost. 2007: Trigger Man. 2009: Cabin Fever 2. 2009: The House of the Devil. 2011: The Innkeepers. 2012: The ABCs of Death (segment M Is for Miscarriage). 2012 : V/H/S (segment Second Honeymoon). 2013: The Sacrament. 2022: X. 2022: Pearl. 2024: Maxxxine. 

"Je n'accepterai pas une vie que je ne mérite pas".

Surprenant ! ? EuphĂ©misme (probablement). Si bien qu'Ă  la sortie toute fraĂ®che de la projo que penser du 3è opus de Ti West au premier visionnage tant sa foisonnance exubĂ©rante bat son plein ? C'est dire si cet ultime dĂ©lire horrifique Ă  deux doigts de surfer par moments sur la dĂ©ception divisera sans doute les plus intransigeants. Tout du moins jusqu'Ă  mi-parcours alors que nombre de sĂ©quences dĂ©tonantes (rien que le prologue concourant Ă  l'oscar de la meilleure actrice, son magnifique gĂ©nĂ©rique musical, le clin d'oeil imparti au film culte infortunĂ© Fondu au noir par le biais de Buster Keaton - 1000 mercis Ti West ! -) nous eurent sĂ©duit avec en prime une inventivitĂ© formelle de tous les diables. D'ailleurs, sur ce point, Maxxxine est une franche rĂ©ussite Ă  faire rougir de jalousie Tarantino tant Ti West, maĂ®tre de l'esthète, transfigure son intrigue par moult dĂ©tails ornementaux et personnages lunaires et/ou zĂ©lĂ©s Ă  la fois fascinants, baroques, sĂ©duisants, dĂ©calĂ©s, pour ne pas dire semi-parodiques (Ă  l'instar du duo de flics Ă©chappĂ© d'une sĂ©rie TV, voir d'Hollywood Night !) au fil d'un cheminement hĂ©sitant si j'ose dire puisque l'on ne sait pas trop oĂą on va et que fait-on au bout d'un certain temps. 

Ainsi, si on se laisse toutefois bercer par l'Ă©trange sentiment de sĂ©duction et d'expectative qu'on nous transmet au sein de cette fulgurance urbaine estampillĂ©e gĂ©nĂ©ration 80 (BO entĂŞtante inclus, montez le volume de la sono !), la seconde moitiĂ© de mĂ©trage se laisse dĂ©river vers la mise en abyme en jouant avec les dĂ©cors de carton pate ou rĂ©els (telle maison de Psychose), la singularitĂ© de sĂ©quences chocs, pittoresques (voir les 2 Ă  la fois) et points de vue moralisateurs sous l'impulsion d'une dĂ©rive ......... que l'on attendait point (et qui na plaira pas Ă  tous). Satire vitriolĂ©e sur l'univers impitoyable d'Hollywood dĂ©nuĂ© de moralitĂ© lorsqu'il s'agit d'Ă©lever au rang de star leur nouvelle coqueluche issue de l'univers du X au sein d'une AmĂ©rique puritaine aussi cynique que corruptrice (tous les personnages semblent des pantins, des caricatures d'eux mĂŞmes), Maxxxine crève l'Ă©cran en la prĂ©sence immorale de Mia Goth plus belle que jamais en star en herbe tourmentĂ©e par son passĂ© au moment oĂą un serial-killer se la joue maĂ®tre chanteur afin d'accĂ©der Ă  son dessein. L'actrice portant le film sur ses Ă©paules dans une posture autrement fĂ©brile, craintive et incertaine puisque sĂ©vèrement malmenĂ©e par un dangereux manipulateur tirant les ficelles de la dĂ©chĂ©ance avec une idĂ©ologie maladivement rigoriste. 

Vortex de fantaisie macabre et de violence malsaine assumĂ©e au travers de plans gores graphiques du plus bel effet vomitif ou autrement cartoonesque (quel magnifique plan final d'une audace atypique et qui en dit long sur le portrait psychotique de Maxine ayant vendu une seconde fois son âme au diable), Maxxxine dĂ©concerte, fascine, sĂ©duit puis finit par captiver jusqu'au sentiment de conquĂŞte amoureuse Ă  travers son errance urbaine infiniment onirique, insidieuse, sarcastique, capiteuse au demeurant. Une femme libre dans la finalitĂ© (avec un sacrĂ© pied de nez au puritanisme en conclusion couillue) oĂą la rĂ©demption possède un sacrĂ© goĂ»t de souffre dans la bouche par son absence assumĂ©e de moralitĂ©. A revoir absolument donc pour comprendre si Maxxxine deviendra culte ou pas, Ă  l'instar d'Angel auquel Ti West ne manque pas non plus de rendre tendrement hommage (tant pour l'icone fĂ©minine auto-justicière que pour sa peinture urbaine sous nĂ©ons polychromes).

*Bruno

Ci-joint la chronique de Jean-Marc Micciche

Séance découverte avec Maxxxine, troisième volet de la trilogie 'spécial Mia Goth'. Tout d'abord louons l'égérie du fantastique moderne via Mia Goth qui assurément avec ses trois films marquent son empreinte. Encore ici, elle est magnifique et illumine le film de sa présence magnétique parfaite en icone 'revenge' movie. D'ailleurs, à l'image du clivant Malignant, le film est une véritable déclaration à la culture du videoclub, du cinéma d'exploitation, et Ti West inscrit sa démarche en véritable auteur d'un cinéma post moderne, malaxant code, narration personnage, situation. Bref un cinéma de la bonne citation préférant l'évocation de ses figures de genres plutôt que la citation directe. Alors oui le film est très loin d'être parfait, au contraire même, à l'image de ses nombreux films évoqués, il est volontairement étrange, bancal, car préférant le style, la stylisation des années 80. Autant dire que pour les cinéphiles de notre génération, Maxxxine est un plaisir jouissif à regarder. Les jeunes cinéphiles se concentreront sans doute à des différences explicites (Les frissons de l'angoisse, Psychose) mais pour nous autres, on pensera davantage à la saga des Angel ( la plus naturelle et évidente), à Descente en enfers (Vise Squad), à L'ange de la vengeance et New York deux heures du matin de Abel Ferrara, à Body Double ou Pulsion de De Palma. Tel idée de montage, de photo, de musique jouera sur la mémoire de certains d'entre nous : Fondu au noir, Les jours et les nuits de China Blue, les clip video, les boites de production cheap, le tout porté par un score musical qui imprègne la rétine, qui marque les esprits. Pas étonnant que Scorsese considère Ti West comme une vraie révélation de la série b. 8.5/10 Clairement un film générationnelle.

vendredi 2 août 2024

Phantasm 3: le seigneur de la mort / Phantasm 3: Lord of the Dead

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Don Coscarelli. 1994. U.S.A. 1h31. Avec Angus Scrimm, A. Michael Baldwin, Reggie Bannister, Bill Thornbury, Kevin Connors, Gloria Lynne Henry.

Sortie salles U.S: 6 Mai 1994 (sortie limitée)

FILMOGRAPHIE: Don Coscarelli est un scénariste et réalisateur américain né le 17 Février 1954 à Tripoli (Lybie). 1976: Jim the World's Greatest. 1976: Kenny and Compagny. 1979: Phantasm. 1982: Dar l'invincible. 1988: Phantasm 2. 1989: Survival Quest. 1994: Phantasm 3. 1998: Phantasm 4. 2002: Bubba Ho-tep. 2012: John Dies at the end.

6 ans sĂ©parent Phantasm 3 du second volet et on peut affirmer que Don Coscarelli n'a pas perdu la main pour nous servir Ă  nouveau un pur divertissement badass si bien qu'il reprend les mĂŞmes ingrĂ©dients de Phantasm 2. Ainsi, l'amateur Ă©clairĂ© n'a point Ă  bouder ce fort sympathique spectacle horrifique, train fantĂ´me de tous les diables transposĂ© dans le cadre usuel du road movie, comme l'Ă©tait conçu son second opus aussi attractif. Or, ici il y a toutefois un changement notable en la prĂ©sence de l'acteur iconique A. Michael Baldwin endossant une seconde fois le rĂ´le de Mike (en plus âgĂ©) alors que dans l'Ă©pisode prĂ©cĂ©dent il Ă©tait remplacĂ© par James LeGros. Il s'agit donc en l'occurence de retrouvailles familiales que l'on nous illustre dans un esprit festoyant par l'entremise de deux autres personnages aussi bonnards; Rocky, afro ricaine spĂ©cialiste du nunchaku et Tim, petit garnement en culotte courte fort sagace, rusĂ© et Ă©mĂ©rite pour son art d'y conduire une voiture et d'y occire Ă  l'arme Ă  feu ses ennemis d'outre-tombe (on y croise un trio de zombies) et de l'autre monde (les nains encapuchonnĂ©s, les sphères volantes). Une posture politiquement incorrecte que les bien-pensants auront bien du mal Ă  adouber. 

Enfin, il faut Ă©galement compter sur la prĂ©sence innatendue de Bill Thornbury endossant le rĂ´le funeste de Jody (puisque dĂ©zinguĂ© dès le 1er opus par le diabolique Tall Man) mais qui ici parvient Ă  communiquer Ă  travers les rĂŞves de son frère Mike et Ă  se matĂ©rialiser Ă  l'intĂ©rieur d'une boule d'acier afin d'Ă©pauler l'Ă©quipĂ©e musclĂ©e dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  dĂ©ssouder Tall Man et ses sbires. Par consĂ©quent, dans un esprit cartoonesque purement ludique, comme fut le prĂ©cĂ©dent opus, Phantasm 3 ne table que sur son action horrifique en roue libre et l'imagination dĂ©bordante de son concepteur  gouailleur pour rendre stimulante l'aventure sous l'impulsion de personnages aussi attachants que dĂ©complexĂ©s Ă  se soumettre aux forces du Mal avec aisance sciemment pittoresque. On est donc lĂ  pour s'amuser sous le pilier d'une rĂ©crĂ©ation horrifique menĂ©e sans rĂ©pit Ă  point tel que la gratuitĂ© de certaines sĂ©quences musclĂ©es ou horrifiques ne nous laisse pas sur un sentiment de gĂŞne ou de dĂ©pit. D'autre part, Ă  travers sa recherche inventive en constante mutabilitĂ© (on navigue toujours entre rĂŞve et rĂ©alitĂ© sans trop de souci de cohĂ©rence), on en apprend un peu plus sur l'origine des nains encapuchonnĂ©s,sur une faille corporelle du Tall Man (bien que toujours aussi increvable) et sur la conception des sphères volantes foreuses de cerveau (avec une sĂ©quence du plus bel Ă©clat gorasse quasi remakĂ©e au 1er modèle) beaucoup plus nombreuses et meurtrières pour notre plus grand bonheur. Attention toutefois Ă  sa conclusion en suspens risquant une fois encore de laisser un goĂ»t amer Ă  une frange de spectateurs !

DĂ©bridĂ©, assez fringant et dĂ©complexĂ© dans sa facture cartoonesque transpirant la bonne humeur auprès de son esprit de camaraderie familiale (d'ailleurs son interdiction aux moins de 16 ans Ă  l'Ă©poque est totalement incomprĂ©hensible !), Phantasm 3 ne déçoit pas pour qui a approuvĂ© le changement de direction notable du second opus imposant une frĂ©nĂ©sie visuelle plus insolente, une action autrement Ă©pique et des scènes chocs souvent dĂ©tournĂ©es par une libertĂ© de ton burlesque. Un 3è opus aussi rĂ©ussi donc avant de renouer avec l'onirisme mĂ©taphysique de son modèle que le 4è opus animera intelligemment dans une ambition autrement plus envoĂ»tante, baroque et novatrice plutĂ´t que de rempiler avec l'action bourrine de ses 2 prĂ©cĂ©dents Ă©pisodes. 

P.S: Ă  noter que la qualitĂ© Blu-ray de l'Ă©diteur français ESC est absolument splendide Ă  travers la restauration du nouveau master. 

*Bruno