lundi 26 août 2024
La folle histoire du monde / History of the World: Part I
vendredi 23 août 2024
Longlegs
Sortie salles France: 10 Juillet 2024 (Int - 12 ans). U.S: 12 Juillet 2024 (Int - 17 ans)
Un thriller sépulcral habité par le diable en personne.
Précédé d’une réputation élogieuse (malgré les rageux, haineux, envieux, prompts à railler pour le simple plaisir de discréditer toute nouvelle sommité — plus t’es adulé, plus tu es haï, rengaine connue), Longlegs est une claque émotionnelle comme il en pousse peu dans ce paysage mortifère. Thriller horrifique à la mise en scène stylisée, frôlant la perfection — un Carpenter conjugué à un Argento épuré, toutes proportions gardées — Longlegs distille dès son prologue blafard un malaise qu’on croise rarement dans un genre pourtant conçu pour nous glacer. Il faut le rappeler : la peur est devenue rare, malgré quelques nobles exceptions qui sauvent encore notre goût pour la frousse. Ici, la pellicule (magnifiquement sépia) suinte littéralement une aura fétide, glauque, poisseuse, qui ne nous lâche pas d’une semelle, portée par un climat rural d’un flegme insidieux mais terriblement inconfortable.
Si certains ont ressenti une peur viscérale et tangible (au dire d’amis ou de spectateurs inconnus), ce ne fut pas tout à fait mon cas : j’y ai plutôt trouvé une angoisse rampante, hypnotique, fascinante, malgré deux accalmies à mi-parcours quand l’héroïne rend visite à sa mère. Mais, paradoxe délicieux, je rejoins sans mal ceux qui, dans les vingt dernières minutes, ont éprouvé une terreur rare, tétanisante, à rendre presque corporel ce malaise déjà bien asphyxiant : l’échine prise d’assaut comme rarement un film y est parvenu.
Pour ma part, il faut remonter aux plus fortes séquences démoniaques de L’Exorciste (1 et 3), à Amityville 2 ou au téléfilm Les Envoûtés pour retrouver ce vertige d’insécurité viscérale, jusqu’à l’étourdissement. Sans exagération. Car la façon dont Oz Perkins maîtrise sa mise en scène (il prend son temps sans jamais ennuyer), son atmosphère occulte (discrète mais palpable) et la raideur trouble de ses acteurs — tout cela tient du coup de maître alchimiste. L’intrigue, certes, ne révolutionne rien et certains rebondissements se devinent (raison pour laquelle mieux vaut ne pas trop réfléchir, pour préserver son plaisir de cinéphile friand d’ambiances faisandées à damner un saint) ; mais chaque détail compte : la pâleur inerte d’une poupée de porcelaine, un macchabée fulcien, des rébus à décrypter, un triangle diabolique à démêler — et surtout la posture proprement terrifiante de Nicolas Cage. Gourou goguenard, transi de douce démence, serial killer insidieux, rapace, délétère — donnez-lui un Oscar, tant il est méconnaissable.
Que dire de Maika Monroe, révélée dans It Follows ? Ici, agent du FBI intuitive, hantée par un passé à demi effacé, elle crève l’écran par sa pudeur nerveuse, ses angoisses rentrées qui explosent dans un final exutoire. Un physique naturel, presque ordinaire, pour une performance habitée, digne des plus grandes.
Requiem for a dream
mardi 20 août 2024
Evil-dead 2 / Evil Dead 2: Dead by Dawn. Licorne d'Or, Paris 1988.
À l’image de son comparse Bruce Campbell, qui crève littéralement l’écran dans sa seconde posture de victime estropiée, molestée tous azimuts par de nouveaux démons ricaneurs — mais ici bien plus revanchard, pugnace, intarissable à les combattre sans relâche, armé de sa tronçonneuse encastrée au moignon de son bras gauche. En privilégiant une horreur infiniment plus cartoonesque que celle de son aîné — probablement pour s’en démarquer, tant le premier était insurpassable — Raimi assume ici un comique sardonique, aussi ubuesque que décomplexé. Si bien que tout est permis dans ce sens de la dérision dégénérée, où les personnages encaissent avec une appréhension épeurante, frôlant la démence à force de fréquenter les forces du Mal.
C’est dire si cette nouvelle mouture, menée à 100 à l’heure, carbure à l’adrénaline d’une horreur désaxée, laissant libre cours à moult railleries en roue libre, sans la moindre once de répit. Et ce jusqu’au final, encore plus débridé et dépaysant, puisqu’il présage déjà un futur opus aux genres disparates.
lundi 19 août 2024
Le Pic de Dante / Volcano.
Sortie salles France: 2 Avril 1997. U.S: 7 Avril 1997
FILMOGRAPHIE: Roger Donaldson, né le 15 novembre 1945 à Ballarat, dans l'État de Victoria, en Australie, est un réalisateur, producteur et scénariste australo-américano-néo-zélandais. 1977 : Sleeping Dogs. 1980 : Nutcase (en). 1981 : Smash Palace (en) (+ scénariste). 1984 : Le Bounty. 1985 : Marie. 1987 : Sens unique. 1988 : Cocktail. 1990 : Cadillac Man. 1992 : Sables mortels. 1994 : Guet-apens. 1995 : La Mutante. 1997 : Le Pic de Dante. 2000 : Treize Jours. 2003 : La Recrue. 2005 : Burt Munro. 2008 : Braquage à l'anglaise. 2011 : Le Pacte. 2014 : The November Man. 2017 : McLaren: L'homme derrière la légende.Traité sobrement à l'ancienne afin de renouer avec nos classiques des Seventies, avec son lot de clichés moins appuyés que ces congénères et l'efficacité d'un récit à suspense captivant, le Pic de Dante prend son envol au bout d'1heure pour aligner des séquences catastrophes non stop, 40 minutes durant. Or, quelques décennies plus tard on reste bluffé par la qualité des FX numériques.
Brosnan (en géologue) et Hamilton (en maire du village) sont attachants sans en faire des caisses, notamment lorsqu'ils jouent les héros de dernier ressort plutôt stoïques lors de leurs vicissitudes inarrêtables. Efficace, bien troussé et impressionnant même si l'écrin semble un tantinet formaté. On passe un bon moment.
Budget: 116 000 000 $
samedi 17 août 2024
Halloween 4 / Halloween 4: The Return of Michael Myers
de Dwight H. Little. 1988. U.S.A. 1h29. Avec Donald Pleasence, Ellie Cornell, Danielle Harris, George P. Wilbur, Michael Pataki, Beau Starr, Kathleen Kinmont.
Sortie salles France: 9 Mai 1990. U.S: 21 Octobre 1988
FILMOGRAPHIE: Dwight Hubbard Little est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 13 janvier 1956 à Cleveland, Ohio (États-Unis).1986 : Getting Even. 1986 : KGB: la guerre secrète. 1988 : Bloodstone. 1988 : Halloween 4. 1989 : Le Fantôme de l'opéra. 1990 : Désigné pour mourir. 1992 : Rapid Fire. 1995 : Sauvez Willy 2 : La Nouvelle Aventure. 1997 : Meurtre à la Maison-Blanche. 2001 : Deep Blue. 2004 : Anacondas : À la poursuite de l'orchidée de sang. 2009 : Tekken.
Faisant suite aux 2 premiers opus, Halloweeen 4 est probablement l'épisode le plus réussi après ceux-ci en flirtant à nouveau avec ce parfum (si cher) des années 80 auquel il appartient. Si bien que l'on sent rapidement dès l'intervention de Loomis, (le visage brûlé un peu plus sclérosé qu'au préalable suite à sa confrontation finale avec Michael lors du second opus), l'application, l'honnêteté de Dwight H. Little d'y contenter l'amateur éclairé auprès d'une trame classique pour autant efficace culminant lors des 40 ultimes minutes. Nos héros s'efforçant de se confiner dans une demeure domestique afin de se préserver de la menace meurtrière de Michael aux aguêts. Quant bien même son final autrement haletant et explosif se fixe comme ambition d'y délocaliser l'action sur les routes champêtres d'Haddonfield magnifiquement éclairées d'un onirisme bleuté crépusculaire. Il faut dire que la sublime photographie de Peter Lyons Collister doit également beaucoup de l'aura tantôt angoissante, tantôt envoûtante qui se dégage de cette banlieue que Michael Myers arpente en discrétion pour mieux y instiller un climat d'insécurité sous-jacent. Et celà fonctionne encore en toute modestie (même si les moyens sont plus importants et tape à l'oeil), si bien que Dwight H. Little s'amuse à reprendre la règle de Carpenter d'y privilégier de prime abord la suggestion avant le déploiement d'exactions à la fois brutales et percutantes entre proies et tueur.
30.10.2017. 365v
lundi 12 août 2024
Twisters
jeudi 8 août 2024
8 MM / Eight Millimeter
Sortie salles France: 10 Mars 1999 (Int - 18 ans). U.S: 26 Février 1999
FILMOGRAPHIE: Joel Schumacher est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né le 29 Août 1939 à New-York, décédé le 22 juin 2020. 1981: The Incredible Shrinking Woman. 1983: SOS Taxi. 1985: St Elmo's Fire. 1987: Génération Perdue. 1989: Cousins. 1990: l'Expérience Interdite. 1991: Le Choix d'Aimer. 1993: Chute Libre. 1994: Le Client. 1995: Batman Forever. 1996: Le Droit de Tuer ? 1997: Batman et Robin. 1999: 8 mm. 1999: Personne n'est parfait(e). 2000: Tigerland. 2002: Bad Company. 2002: Phone Game. 2003: Veronica Guerin. 2004: Le Fantôme de l'Opéra. 2007: Le Nombre 23. 2009: Blood Creek. 2010: Twelve. 2011: Effraction. 2013: House of Cards (2 épisodes).
Golden Trailer Awards 1999 :
Prix de la Toison d'Or,
Prix de la bande-annonce dorée pour Une nuit sombre et orageuse
Box Office France: 621 074 entrées
mercredi 7 août 2024
Arthur the king
DTV France: 24 Mai 2024. Sortie salles U.S: 15 Mars 2024.
FILMOGRAPHIE PARTIELLE: Simon Cellan Jones (né en janvier 1963) est un producteur, réalisateur de télévision et de cinéma britannique. 2010: On Expenses. 2023: The Family Plan. 2024: Arthur the King.
Il y a des films. Et il y a des oeuvres qui vous callent au siège sans prévenir pour vous marquer toute une vie. Arthur the King en fait donc parti grâce à l'influence d'une poignée d'inconnus cinéphiles aussi conquis que ma personne par l'incroyable odyssée humaine qui se dessine dans une facture naturaliste à couper le souffle. Et ce en dépit de sa privation salles chez nous alors qu'Outre-Atlantique il y eut droit avec, en sus, des critiques aussi conquises que globalement enthousiastes (jetez par exemple un oeil sur la note d'IMDB ou de Rotten Tomatoes). Aussi improbable et extraordinaire soit l'intrigue, sachez toutefois qu'il s'agit d'une histoire vraie comme le souligne le crédit liminaire et ces clichés authentiques défilant lors du générique de fin afin d'y renforcer la réalité des faits (les plus majeurs) exposés que Simon Cellan a su illustrer avec une sobriété forçant le respect. Exit donc le produit standing sirupeux, spéciale prise d'otage émotionnel, si bien que Arthur the King prône sans effet de manche ni fioriture les valeurs de l'amour, de la tolérance, de l'endurance, de la résilience et surtout de l'incroyable amitié partagé entre l'homme et l'animal avec une tendresse somme toute naturelle. Et c'est bien là la grande réussite, la force implacable du métrage que de ne jamais surligner une émotion outrancière auprès de leur grande complicité davantage empathique, alors qu'une dramaturgie s'y profile peu à peu sans céder à la complaisance du pathos. Car véritable bain de fraîcheur au sein d'un dépaysement tropical issu de la République Dominicaine, Arthur the King nous fait partager 1h40 durant le championnat du monde de la course d'aventure en pleine jungle pendant 700 kms.
Et ce en compagnie de Mark Wahlberg (davantage épatant d'implication compassionnelle au fil de son évolution morale avec l'animal) et ses acolytes aguerris bientôt accompagnés du compagnon canin d'une endurance physique dépassant l'entendement. Ainsi donc, face à ce dernier abandonné de tous, véritable influenceur de la gagne, de la hargne et de la rescousse, Arthur the King nous fait participer à une aventure aussi humaine que sportive eu égard du réalisme naturaliste qui s'extrait des images passionnelles façon "National Geographic" sous l'impulsion d'une intensité effrénée quant aux épreuves arpentées avec héroïsme décoiffant. A l'instar de cette traversée vertigineuse du haut d'un câble suspendu dans le vide à l'aide d'un vélo accroché dans le dos de chaque participant pour poursuivre ensuite leur marathon à bicyclette. Mais outre cette séquence spectaculaire à couper le souffle auprès de son intensité insécure et du contexte inédit (l'élément du vélo !), Arthur the King n'est point conçu comme un film d'action pour nous en foutre plein la vue (vous êtes donc prévenus), bien au contraire. Simon Cellan privilégiant le réalisme quelque peu documenté (notamment en caméra subjective ou porté à l'épaule) pour mieux nous immerger dans leur parcours d'endurance à moult épreuves à défier. Tant à pied, en VTT, en canoé, en escalade ou suspendu par un câble, nos équipiers n'auront de cesse de dépasser leur force (corporelle / éthique), vaincre leur peur avec l'aide du chien errant qui changera à jamais leur existence d'un point de vue philosophique.
Hymne universel à l'amitié, à la tendresse, à l'amour et surtout à une fidélité exemplaire, Arthur the King puise sa force, son intensité, son intérêt de par la sincérité infaillible du cinéaste de nous narrer dans la simplicité une histoire hors du commun. Mais c'est aussi une cantique de la communion entre l'homme et l'animal ici entraidés lors d'une épreuve épique qui changera à jamais leur destinée humaine. En tout état de cause, Arthur the King laissera une trace émotionnante en cette année 2024, quelques mouchoirs à portée de main pour les plus sensibles d'entre nous.






