vendredi 25 février 2011

La Course à l'Echalote

                          (Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site allocine.fr. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

de Claude Zidi. 1975. France / Allemagne. 1h39. Avec Pierre Richard, Jane Birkin, Michel Aumont, Marc Doelnitz, Amadeus August, Henri Déus, Luis Rego, Catherine Allégret, André Bézu, Jean Martin, Claude Dauphin...

Sortie en France le 08 Octobre 1975. Box Office: 2 956 550 entrées

FILMOGRAPHIE: Claude Zidi est un réalisateur et scénariste français né le 25 juillet 1934 à Paris.
1971 : Les Bidasses en folie, 1972 : Les Fous du stade, 1973 : Le Grand Bazar, 1974 : Les Bidasses s'en vont en guerre,  1974 : La Moutarde me monte au nez, 1975 : La Course à l'échalote,1976 : L'Aile ou la Cuisse, 1977 : L'Animal, 1978 : La Zizanie, 1979 : Bête mais discipliné, 1980 : Les Sous-doués, 1980 : Inspecteur la Bavure, 1982 : Les Sous-doués en vacances, 1983 : Banzaï, 1984 : Les Ripoux, 1985 : Les Rois du gag, 1987 : Association de malfaiteurs, 1988 : Deux, 1989 : Ripoux contre ripoux,1991 : La Totale !, 1993 : Profil bas, 1997 : Arlette,1999 : Astérix et Obélix contre César,  2001 : La Boîte, 2003 : Ripoux 3.
    Un an après le gros succès de La Moutarde me monte au nez (3 702 322 entrées en France), Claude Zidi rempile pour une pétulante comédie de boulevard parmi son tandem payant : l’irrésistible Pierre Richard et l’anglaise Jane Birkin.

    Rappel des faits: Pierre Vidal travaille comme employé dans une banque réputée, la « 20th Century Bank ». Pendant ses heures de travail, il s’amuse - par jalousie - à épier sa jeune concubine Janet, esthéticienne dans un institut de beauté situé juste en face de l’établissement bancaire. Car depuis quelque temps, son amie se plaint d’une vie de couple routinière.
    C’est alors que le directeur de la banque propose à Pierre de le remplacer durant quelques jours de vacances bien méritées. Surpris, l’employé timide et gaffeur accepte malgré tout, non sans hésitation. Peu après sa prise de fonction, un certain monsieur de Rovère vient déposer dans son coffre un acte de cession des parts d’un célèbre cabaret parisien. Mais, quelques instants plus tard, un homme grimé et camouflé en femme réussit à dérober la fameuse mallette contenant les documents indispensables.

    On ne change pas une équipe qui gagne. Claude Zidi, spécialiste de la comédie populaire, réunit son duo fétiche pour une nouvelle aventure, un peu moins ambitieuse que la précédente mais suffisamment bien huilée, vigoureuse dans son scénario truffé de péripéties endiablées et improbables, et surtout menée avec une énergie véhémente, comme le souligne l'incroyable ultime demi-heure menée sur un rythme infernal à travers ses idées visuelles aventureuses. Un véritable régal autant visuel qu'expressif rappelant le cinéma de Gérard Oury auquel Zidi se réfère sans le singer.  

    Certes, les gags parfois un peu faciles manquent de finesse, mais le scénario débridé n’hésite pas à multiplier les rebondissements insensés en exploitant brillamment les décors festoyants d'un train, d'un paquebot, d'un théâtre (superbe mise en abyme finale) et d'une demeure gothique. L’abattage de l’imparable Pierre Richard - oui  j'y reviens - irrésistible de maladresse et d'héroïsme en herbe dans ses gaffes impromptues, et le charme juvénile de l’insolente Jane Birkin entraînent le spectateur dans une aventure si fringante, où bonne humeur, comique déjanté et situations farfelues s’enchaînent sans temps mort.

    Du faux hold-up improvisé dans la banque en guise d’intro, au carnaval festif où les malfaiteurs réfugiés dans le train se déguisent en travestis pour duper la police et nos héros, en passant par la demeure incendiée où Pierre et Janet se retrouvent au dernier étage, réfugiés sous une baignoire remplie d’eau, jusqu’au fameux final bordélique dans un théâtre en pleine représentation. Cette séquence ultime, d'une inventivité en roue libre, déploie une armada de gags bonnards dans une ambiance festive digne du cirque Cruz. Les numéros s’enchaînent sans cesse à l'aide d'une armada d'objets décoratifs et de personnages lunaires, tous plus barrés les uns que les autres.

    L’inénarrable gaffeur intrépide Pierre Richard réussit donc une fois de plus à provoquer l’hilarité et les pires catastrophes au fil de ses mésaventures abracadabrantes, déployées pour ses pitreries notoires. Des rebondissements fantasques qui finissent comme de coutume par déclencher le rire complice, tant l’élan repose sur une sincère bonne intention.
    La charmante et pétillante Jane Birkin apporte une fraîcheur et un naturel attendrissants dans ses taquineries indociles envers son compagnon maladivement jaloux à l’idée de perdre sa dulcinée. Leur tendre complicité installe une aura loufoque et une chaleur communicative où la tendresse communicative nous rappelle les meilleures comédies de Oury et consorts. 

    Un brin moins réussi que La Moutarde me monte au nez, mais si fou, si entrainant et si généreux sous l'impulsion de notre attachant duo romantique, La Course à l’échalote est un vrai classique du divertissement à l'ancienne où action, drôlerie et émotions finissent par ne faire plus qu'un. Une marque de fabrique des spectacles tous publics qui ont fleuri des années 70 aux années 80, peuplant nos classiques télévisuels connus par cœur. Bref, un régal de cinéma décomplexé où perce une nostalgie à la fois conviviale et affectueuse. 

    05.02.11.   
    2017
    21.02.26. 4è
    — le cinéphile du cœur noir 🖤

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