jeudi 28 août 2014

THE ROVER

                                                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com

de David MichĂ´d. 2014. Australie. 1h42. Avec Guy Pearce, Robert Pattinson, Scoot McNairy, Susan Prior, Anthony Hayes, David Field, Jamie Fallon.

Sortie salles France: 4 Juin 2014. U.S: 20 Juin 2014

FILMOGRAPHIE: David Michôd est un réalisateur australien.
2010: Animal Kingdom. 2014: The Rover.


Après s'être fait révélé par Animal Kingdom, un premier film déjà bien maîtrisé, le cinéaste australien David Michôd nous revient 4 ans plus tard avec un western post-apo sortant des sentiers battus. The Rover s'improvisant en odyssée funèbre que deux anti-héros vont parcourir à travers les étendues désertiques de l'Australie. Alors qu'il vient de se faire dérober sa voiture par un trio de malfrats, Eric n'a comme unique ambition de récupérer son bien, quand bien même au fil de son périple il rencontre l'un des frères du gang, Reynolds, grièvement blessé. Senti trahi, ce dernier décide de faire équipe avec l'inconnu pour l'aider à récupérer son véhicule et mettre la main sur son frangin. Oeuvre atypique baignant dans un climat de désolation cafardeux, The Rover nous plonge au sein d'un univers dystopique 10 ans après l'écroulement de l'Australie. C'est ce que nous annonce le générique d'ouverture sans savoir précisément ce qui a pu engendrer une situation économique aussi déplorable. Car dans cette contrée solaire en décrépitude, une poignée de survivants tentent encore de s'y faire une place quand bien même l'armée perpétue quelques missions afin de dénicher les malfrats les plus dangereux.


Outre son climat morose particulièrement palpable et la dissonance de sa partition inquiĂ©tante, The Rover frappe d'emblĂ©e par l'attitude ambiguĂ« des protagonistes. Le cinĂ©aste nous caractĂ©risant des marginaux le plus souvent sans vergogne car livrĂ©s Ă  leur indĂ©pendance et dĂ©shumanisĂ©s de leur existence misĂ©reuse oĂą l'engrenage de la violence leur portera de lourdes consĂ©quences. A l'instar de notre anti-hĂ©ros principal dĂ©crit comme un solitaire inflexible Ă  l'agressivitĂ© incontrĂ´lĂ©e car sĂ©vèrement marquĂ© par un passĂ© tragique. Son seul point d'attache, sa voiture qu'un trio a malencontreusement volĂ© après l'embardĂ©e de leur camion. On est d'autant plus interloquĂ© par l'immoralitĂ© d'Eric Ă  assassiner froidement certains innocents pour la quĂŞte dĂ©risoire d'un vĂ©hicule Ă  essence. Spoiler !!! NĂ©anmoins, son bien matĂ©riel nous rĂ©vĂ©lera au final un secret d'ordre affectif qu'il s'Ă©tait rĂ©signĂ© Ă  rĂ©cupĂ©rer afin de respecter une tâche. Fin du SpoilerAvec l'intervention de Reynolds, un jeune adulte influent quelque peu dĂ©ficient, Eric va rĂ©apprendre Ă  le considĂ©rer, Ă  lui trouver un regain d'empathie au fil de leurs confidences et de leur relation compromises par les ripostes ennemies. Contraints de s'entraider au sein de ce no man's land primitif, Eric improvise la figure paternelle pour soutenir la fragilitĂ© de Reynolds mais se dirigent d'un pas hĂ©sitant vers une destinĂ©e tragique par leur raisonnement vindicatif. Avec son scĂ©nario dĂ©routant multipliant les situations impromptues d'altercations sanglantes envers rivaux sans vocation, The Rover sème la paranoĂŻa et la dĂ©sillusion jusqu'Ă  l'apogĂ©e d'une confrontation dĂ©risoire Spoiler !!! (la culpabilitĂ© d'Eric laissant transparaĂ®tre en dĂ©sespoir de cause une larme de remord !) Fin du Spoiler.


A History of Violence
Avec la prestance intense d'un duo d'acteurs burinĂ©s (en dĂ©marche de fantĂ´me errant, Guy Pearce hypnotise l'Ă©cran d'un regard frigide, quand bien mĂŞme Robert Pattinson, quasi mĂ©connaissable, Ă©poustouffle dans sa fragilitĂ© de gamin dĂ©sorientĂ©), The Rover inflige la sinistrose d'une dystopie avec une dimension atmosphĂ©rique prĂ©gnante. Par le biais d'un schĂ©ma narratif complètement alĂ©atoire, il ne cesse de dĂ©router et de surprendre pour mettre en exergue la responsabilitĂ© de la violence engendrant un règlement de compte irascible oĂą l'innocence paiera une fois de plus le lourd tribut.    

Bruno Matéï

    mercredi 27 août 2014

    LES VAMPIRES DU DR DRACULA (La marca del Hombre-lobo)

                                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wrongsideoftheart.com

    de Enrique Lopez Eguiluz. 1968. Espagne. 1h34. Avec Paul Naschy, Manuel Manzaneque, Dyanik Zurakowska, Aurora de Alba, Julian Ugarte, José Nieto.

    Sortie salles Espagne: 29 Juillet 1968

    FILMOGRAPHIE: Enrique Lopez Eguiluz est un réalisateur espagnol, né en 1930 à Madrid, décédé le 9 Mai 1997.
    1965: Pascualin. 1965: La Pandilla. 1966: En AndalucĂ­a naciĂł el amor. 1966: Chantaje a un asesino.
    1968: Agonizando en el crimen. 1968: Les Vampires du Dr Dracula. 1970: El Santo contre les tueurs de la Mafia.


    Fer de lance de l'âge d'or du fantastique ibérique, Les Vampires du Dr Dracula inaugure notamment la première apparition du personnage de Waldemar Daninski endossé par Paul Naschy. Ancien catcheur et culturiste, cet acteur en pleine ascension se fera une spécialité à réinterpréter à l'écran son monstre favori, le loup-garou, durant une série de 12 films ! Inédit en salles en France mais aujourd'hui exhumé de l'oubli par l'éditeur Artus Films, Les Vampires du Dr Dracula est une aberration de tous les instants. Rien que le scénario improbable est à lui seul une plaisanterie au confins de la parodie. Frappé par la malédiction d'une morsure de loup-garou, le comte Waldemar Daninski sème la mort autour de lui mais se résigne à ne plus commettre d'exactions dès qu'il retrouve son apparence humaine. Pour cela, il fait appel à un ami et sa fiancée afin de le forcer à l'embrigader au fond d'une crypte. En dernier ressort, ils font tout de même appel à un illustre docteur et sa compagne pour tenter de le guérir de sa lycanthropie. Mais rien ne se déroulera comme prévu !


    Egalement attachĂ© au poste de scĂ©nariste, Paul Naschy s'est sans doute inspirĂ© d'un de ses films cultes de la Universal des annĂ©es 30, j'ai nommĂ© Frankenstein rencontre le loup-garou. Car Ă  partir d'un pitch aussi rocambolesque que grotesque, il fait ici intervenir deux icĂ´nes de l'Ă©pouvante vintage, le loup-garou et le vampire, pour les voir finalement s'affronter lors d'un mĂ©morable baroud d'honneur. Si dans la première partie, Waldemar Daninski joue le rĂ´le d'un monstre assoiffĂ© de sang et de violence, une pirouette scĂ©naristique va l'amener Ă  reconsidĂ©rer sa condition erratique de lycanthrope pour s'opposer Ă  un ennemi particulièrement mesquin, un vampire hautain rĂ©signĂ© Ă  lui soutirer sa fiancĂ©e ! BourrĂ© d'incohĂ©rences dans la rĂ©action des personnages auquel les comĂ©diens en font des tonnes pour provoquer Ă©moi et Ă©lans de bravoure, Les Vampires du Dr Dracula entremĂŞle des sous-intrigues saugrenues pour voir s'affronter Ă  l'Ă©cran non pas un, mais deux loups-garous, quand bien mĂŞme un couple de vampires y est invitĂ© pour semer leur contamination auprès des proches de Waldemar ! Ridicule et hilarant, Ă  l'instar des dialogues ineptes que nos comĂ©diens rĂ©citent avec le plus grand sĂ©rieux, le film rĂ©ussit toutefois Ă  nous apprivoiser par sa sincĂ©ritĂ© Ă  nous offrir un spectacle aussi ludique que flamboyant ! Sur ce point, les Vampires du Dr Dracula s'avère une indĂ©niable rĂ©ussite esthĂ©tique n'ayant rien Ă  envier aux travaux baroques de Mario Bava dans ces Ă©clairages polychromes de toute beautĂ©. Que ce soit l'architecture de l'intĂ©rieur du château, sa crypte poussiĂ©reuse parfois chargĂ©e de nĂ©ons rouges ou l'illustration nocturne d'une forĂŞt azur, son gothisme raffinĂ© et la rutilance de sa photographie engendrent souvent un onirisme Ă©clatant !


    Une aberration filmique faisant office de miracle !
    ImbĂ©cile en diable et proprement aberrant dans son scĂ©nario fourre-tout, Les Vampires du Dr Dracula pallie ses nombreuses failles par une sincĂ©ritĂ© Ă©vidente, un amour immodĂ©rĂ© Ă  tailler un rĂ©cit d'Ă©pouvante oĂą se bousculent les monstres de notre enfance. La naĂŻvetĂ© des comĂ©diens gesticulant Ă  tout va des comportements outrĂ©s et surtout l'onirisme insolite qui se dĂ©tache de certaines sĂ©quences (la danse du vampire en amont d'une passerelle brumeuse pour attiser sa compagne) renforcent l'euphorie que nous procure gĂ©nĂ©reusement ce nanar festif ! 

    Remerciement Ă  Artus Films.
    Bruno Matéï

    mardi 26 août 2014

    Simetierre / Pet Sematary. Prix du Public, Avoriaz 1990.

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site team-hush.org

    de Mary Lambert. 1989. U.S.A. 1h43. Avec Dale Midkiff, Denise Crosby, Fred Gwynne, Miko Hughes, Brad Greenquist, Blaze Berdahl.

    Sortie salles France: 17 Janvier 1990. U.S: 21 Avril 1989

    FILMOGRAPHIE: Mary Lambert est une réalisatrice américaine, née le 13 Octobre 1951 à Helena, Arkansas (Etats-Unis). 1977: Rapid Eye Movements. 1987: Siesta. 1989: Bobby Brown his Prerogative (dtv). 1989: Simetierre. 1991: Grand Isle. 1992: Simetiere 2. 1994: Dragstrip Girl (télé-film). 1996: Le Visage du Mal (télé-film). 1997: Le Prix du Désir (télé-film). 1999: Clubland. 2000: In Between. 2000: Cercle Fermé. 2001: Strange Frequency (télé-film). 2001: Les Sorcières de Halloween 2 (télé-film). 2005: Urban Legend 3: Bloody Mary. 2008: The Attic. 2011: Mega Python vs. Gatoroid.

    Poème mortifère sur l’injustice et la peur de mourir, Simetierre aborde l’horreur avec une rare intelligence, en scrutant la lente descente aux enfers d’une famille incapable d’accepter l’idĂ©e du trĂ©pas. AdaptĂ© d’un cĂ©lèbre roman de Stephen King, le film tire parti d’un postulat audacieux pour renouveler le mythe du zombie et nourrir une rĂ©flexion sur la souffrance - physique autant que morale.

    Louis Creed, sa femme Rachel et leurs deux enfants emmĂ©nagent dans une maison bucolique, bordĂ©e par une route meurtrière, traversĂ©e sans relâche par des camions lancĂ©s Ă  toute allure. Accueilli chaleureusement par leur voisin, celui-ci propose un jour Ă  Louis de visiter un mystĂ©rieux cimetière pour animaux. Mais, Ă  quelques mètres de lĂ , un autre territoire sacrĂ© - d’origine indienne - possède un pouvoir interdit : ressusciter les morts.

    Il faudra la mort accidentelle du chat familial pour que Louis, aveuglĂ© par le chagrin, ose braver les lois naturelles… et tenter l’expĂ©rience de la rĂ©surrection. Simetierre baigne alors dans un climat funèbre, glacial, lancinant. Il aborde la mort sans inhibition, comme une malĂ©diction cruelle qui s’abattra, inĂ©luctable, sur les Creed. ConfrontĂ©s Ă  une sĂ©rie de deuils, les membres de la famille rĂ©vèlent leur nature : Ă©goĂŻstes, effrayĂ©s, capricieux — incapables de supporter le poids de leur propre douleur.

    Ellie, leur fille, est la première Ă  ployer sous l’angoisse. Possessive, elle dĂ©veloppe une obsession morbide pour son chat, terrifiĂ©e Ă  l’idĂ©e qu’on le lui arrache. Louis, Ă©minent mĂ©decin, est dĂ©jĂ  fragilisĂ© par la mort rĂ©cente d’un patient - revenu d’entre les morts sous forme spectrale pour l’avertir de ne pas franchir les limites du cimetière indien. Quant Ă  Rachel, elle reste hantĂ©e par un Ă©pisode traumatique de son enfance : la lente agonie de sa sĹ“ur Zelda, atteinte d’une maladie dĂ©gĂ©nĂ©rative. RongĂ©e par la culpabilitĂ©, elle avait fini par souhaiter sa mort pour mettre un terme Ă  l’horreur.

    Ă€ travers ce postulat fantastique - fascinant car il questionne la vie au-delĂ  de la mort - Simetierre confronte une famille brisĂ©e Ă  l’ultime tentation : celle de nier la fin, de violer l’ordre des choses, de pactiser avec l’indicible.

     
    Vivre pour mourir
    Regorgeant de sĂ©quences d’une intensitĂ© Ă©motionnelle saisissante (la dĂ©chĂ©ance corporelle de Zelda, la tragĂ©die de Gage et ses funĂ©railles houleuses, sa vengeance implacable), Simetierre transpose le drame psychologique dans une horreur viscĂ©rale, jamais racoleuse. Il y Ă©mane une descente aux enfers implacable, nourrie d’une cruautĂ© nĂ©cessaire et d’une ironie macabre : celle de la mort d’un enfant, devenu Ă  son tour bourreau, incarnation troublante du deuil impossible.

    La mort, omniprĂ©sente, n’est ici qu’un rappel : spirituel, fatal, libĂ©rateur. Une catharsis… ou une malĂ©diction. Pour abrĂ©ger la souffrance. Pour plonger plus profond.

    — Bruno
    4eX

    Récompense: Prix du Public au Festival d'Avoriaz, 1990


    lundi 25 août 2014

    Soudain... Les Monstres / The Food of the Gods. Licorne d'Or au Rex de Paris.

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site todoelterrordelmundo.blogspot.com

    de Bert I. Gordon. 1977. U.S.A. 1h28. Avec Marjoe Gortner, Pamela Franklin, Ralph Meeker, Jon Cypher, Ida Lupino, John McLiam.

    Sortie salles France: 18 Mai 1977. U.S: 18 Juin 1976

    FILMOGRAPHIE: Bert I. Gordon est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 24 Septembre 1922 Ă  Kenosha, Winsconsin, Etats-Unis). 1955: King Dinosaur. 1957: Beginning of the end. 1957: The Cyclops. 1957: The Amazing Colossol Man. 1958: Attack of the Puppet People. 1958: War of the Colossal Beast. 1958: Earth vs. the Spider. 1960: The Boys and the Pirates. 1960: Tormented. 1962: L'EpĂ©e EnchantĂ©e. 1965: Village of the Giants. 1966: Picture Mommy Dead. 1970: How to succeed with sex. 1972: Necromancy. 1973: Le DĂ©traquĂ©. 1976: Soudain... Les Monstres. 1977: L'Empire des Fourmis GĂ©antes. 1981: Burned at the Stake. 1982: Let's do it ! 1985: The Big Bet. 1990: Satan's Princess.


    SpĂ©cialiste du thème du gigantisme, Bert I. Gordon rĂ©alise avec Soudain... Les Monstres son film le plus notoire, Ă  l'instar de sa Licorne d'Or dĂ©cernĂ©e par le festival du Rex de Paris. Une prestigieuse rĂ©compense mĂŞme s'il faut toutefois avouer que cet incroyable dĂ©lire morbide regorge de clichĂ©s et de personnages caricaturaux bien que l'on Ă©prouve beaucoup de sympathie pour eux. Qui plus est, l'aspect cheap de certains effets-spĂ©ciaux (les guĂŞpes gĂ©antes confectionnĂ©es en plastique, le coq en latex) tĂ©moigne d'un visuel obsolète quand bien mĂŞme la simplicitĂ© de son scĂ©nario le confine au huis-clos inspirĂ© de la Nuit des Morts-vivants. Mais alors qu'est-il passĂ© par la tĂŞte des membres du jury parisien pour prĂ´ner une sĂ©rie B aussi saugrenue alors qu'une gĂ©nĂ©ration de cinĂ©philes continuent de l'applaudir ? C'est d'abord le concept du pitch dĂ©lirant qui attise autant notre amusement que notre fascination car voir dĂ©bouler devant nos yeux des animaux atteints de gigantisme après avoir ingurgitĂ© un produit toxique s'avère aussi enthousiasmant qu'incroyablement impressionnant. Oui mais alors comment peut-on croire Ă  pareille situation improbable si les effets-spĂ©ciaux archaĂŻques s'avèrent fauchĂ©s ? En faisant intervenir en second acte de vĂ©ritables animaux, en l'occurrence notre rongeur quadrupède, le Rat ! Et de nous faire croire de sa taille disproportionnĂ©e par des procĂ©dĂ©s techniques assez efficaces. Et Ă  ce niveau surrĂ©aliste, le divertissement fonctionne Ă  plein rĂ©gime ! 


    Et si à certains moments, on perçoit bien les maquettes d'une voiture, d'une maison ou d'une caravane afin de camoufler leur taille anormale, à d'autres situations, le réalisateur exploite des trucages autrement astucieux lorsqu'il combine dans le même cadre personnage et animal en situation d'affrontements ou de défense ! Ce réalisme parfois saisissant atteindra d'ailleurs son apogée lors de l'ultime assaut quand nos protagonistes sont réunis sur le toit d'une maison engloutie d'eau, quand bien même les rats tentent de s'agripper aux murs afin d'éviter la noyade. Si l'aspect sommaire de l'intrigue (un groupe de survivants se réunissent dans une ferme pour se protéger du danger et tenter de trouver des solutions de survie) et certaines situations incohérentes font un peu tâche (notamment certains rapports de discorde entre eux), le réalisateur parvient néanmoins à insuffler une vigoureuse efficacité, tout du moins durant une bonne moitié de métrage fertile en actions horrifiques. De par ces attaques récurrentes du rat contre l'homme faisant intervenir moult péripéties - surtout lorsque nos survivants sont séparés en groupe - alors qu'un leader courageux redouble de ruse pour essayer de les combattre (notamment le projet de faire exploser un barrage). En prime, le caractère sanglant des agressions ajoute une certaine intensité cruelle lorsque les victimes tentent vainement de se débattre contre l'animal. Le climat malsain, omniprésent, demeurant factuel, dérangeant, étrangement fascinant de voir débouler à l'écran l'improbable !


    Ainsi, sous couvert d'argument Ă©colo militant contre les dangers de la pollution, Soudain... les Monstres y transcende une sĂ©rie B redoutablement fun, jubilatoire, fascinante, ludique dès que le rongeur entre en scène. D'autre part, il se dĂ©gage une rĂ©elle empathie auprès de la complicitĂ© amicale de nos protagonistes en proie Ă  l'insensĂ©, voire aussi Ă  travers leur rapport de divergence rehaussĂ© de l'amabilitĂ© de seconds couteaux bien connus des amateurs (Marjoe Gortner et Pamela Franklin pour ne citer que les plus illustres). Enfin, et en me rĂ©pĂ©tant sciemment, ce divertissement typiquement bisseux tire Ă©videmment  parti de son attraction et de sa puissance fascinatoire en la prĂ©sence du rat comparable ici Ă  une taille de sanglier afin d'y provoquer l'effroi. Et Ă  ce niveau d'intensitĂ© formelle, cette formidable sĂ©rie B est Ă  marquer d'une pierre blanche d'autant plus renforcĂ©e aujourd'hui de son aspect rĂ©tro bougrement sympathique. Une rĂ©fĂ©rence. 

    *Bruno
    02.05.24. 6èx. Vostfr

    RécompenseLicorne d'Or au Festival international du film Fantastique de Paris en 1977

      vendredi 22 août 2014

      NOS ETOILES CONTRAIRES (The Fault in Our Stars)

                                                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site tfios-lovers.tumblr.com

      de Josh Boone. 2014. U.S.A. 2h06. Avec Shailene Woodley, Ansel Elgort, Nat Wolff, Willem Dafoe, Laura Dern, Sam Trammell, Lotte Verbeek.

      Sortie salles France: 20 Août 2014. U.S: 6 Juin 2014

      FILMOGRAPHIE: Josh Boone est un réalisateur et scénariste américain, né le 5 avril 1979 à Virginia Beach (Etats-Unis).
      2013: Stuck in Love. 2014: Nos Etoiles Contraires. 2014: Pretenders.


      Teen movie dramatique ciblant donc prioritairement le public adolescent, Nos Etoiles Contraires traite du thème grave et dĂ©licat de la maladie du cancer avec la lĂ©gèretĂ© de la comĂ©die romantique. Dans le cadre d'une association de soutien pour les malades de tumeur, Hazel Grace fait la rencontre de Augustus Waters, Ă  peine remis de son cancer. Entre eux va dĂ©buter une histoire d'amour passionnelle quand bien mĂŞme la maladie peut les rattraper Ă  tous moments ! 
      Afin d'Ă©viter toute forme de misĂ©rabilisme, Josh Boone compte sur la fraĂ®cheur spontanĂ©e des deux amants dĂ©ployant une belle complicitĂ© dans leur relation amoureuse bâtie sur la confiance, la solidaritĂ© et l'espoir d'une potentielle guĂ©rison. Afin de dĂ©dramatiser leur situation de grabataire, ils s'Ă©changent avec pragmatisme une verve pittoresque pour profiter du bonheur de l'instant prĂ©sent.


      Jouant avec l'humour des situations de lĂ©gèretĂ© (notamment leur liaison amicale entretenue avec un jeune ado souffrant de cĂ©citĂ©), Nos Etoiles Contraires rĂ©ussit inĂ©vitablement Ă  nous attendrir Ă  travers leur tendre complicitĂ© tout en alternant avec des moments plus dramatiques lorsque le dĂ©sespoir les rappellent Ă  la raison d'une pathologie cruelle. Sur ce point, la difficile montĂ©e des marches d'Hazel pratiquĂ©e dans la demeure d'Anne Franck s'avère le moment le plus bouleversant dans sa sobriĂ©tĂ© requise, le rĂ©alisateur Ă©vitant d'appuyer sur la corde sensible de l'apitoiement. Alors que l'instant d'après, l'Ă©treinte d'un baiser face Ă  une foule attendrie va dĂ©crĂ©dibiliser d'un coup toute son intensitĂ© dramatique ! Durant plus de deux heures, c'est donc le quotidien d'Hazel et Augustus qui nous est dĂ©crit dans leur inlassable Ă©preuve de survie, quand bien mĂŞme le tĂ©moignage parental est Ă©galement mis en valeur pour soutenir la jeune fille de son fardeau cancĂ©reux. C'est Ă  mi-parcours que le rĂ©alisateur souhaite subitement renverser les rĂ´les (et relancer la machine Ă  Ă©motion !) puisqu'un Ă©vènement alĂ©atoire va rappeler Ă  l'ordre l'un des deux amants confrontĂ© Ă  une irrĂ©mĂ©diable injustice. TragĂ©die de la maladie et romance Ă  l'eau de rose nous sont donc narrĂ©s avec la lourdeur de bons sentiments pour Ă©branler le spectateur et l'entraĂ®ner dans une dĂ©rive lacrymale qui en terrassera plus d'un. Cet abus de pathos et cette surdose d'effets larmoyants sont nĂ©anmoins palliĂ©s par la prestance naturelle des comĂ©diens souvent Ă©patants de charme et de spontanĂ©itĂ© ! En particulier, l'Ă©toile montante Shailense Woodley (inoubliable dans le magnifique The Spectacular Now !) endossant avec vĂ©ritĂ© humaine, fougue, bravoure mais aussi affliction une jeune malade en sursis !


      InĂ©vitablement bouleversant, voir dĂ©chirant Ă©voqueront les plus sensibles, Nos Etoiles Contraires ne manque pourtant pas d'humour, de tendresse et de vent de fraĂ®cheur pour Ă©voquer la maladie du cancer sans le clichĂ© trivial du misĂ©rabilisme. Paradoxalement, le rĂ©alisateur se laisse pourtant voguer dans la facilitĂ© des bons sentiments en tirant complaisamment sur notre corde sensible. A l'instar de son final funĂ©raire beaucoup trop surchargĂ© en pathos dans ces allĂ©gations publiques ou Ă  la lecture d'une lettre intime ! Mais que les fans de romance Ă©dulcorĂ©e se rassurent (en prioritĂ© les prĂ©-pubères et adolescentes), le spectacle plein de charme en chavirera plus d'un dans sa spirale d'Ă©motions rudes !

      Bruno Matéï


      jeudi 21 août 2014

      Dreamscape. Corbeau d'Or au Festival de Bruxelles, 1985

                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com

      de Joseph Ruben. 1984. U.S.A. 1h39. Avec Dennis Quaid, Max Von Sydow, Christopher Plummer, Eddie Albert, Kate Capshaw, David Patrick Kelly, George Wendt.

      Sortie salles France: 14 Juin 1985. U.S: 15 Août 1984

      FILMOGRAPHIE: Joseph Ruben est un réalisateur, scénariste et producteur américain, né en 1951 à Briarcliff, Manor, New-York. 1974: The Sister-in-Law. 1976: Lâche-moi les baskets. 1977: Joyride. 1978: Our Winning Season. 1980: Gorp. 1984: Dreamscape. 1987: Le Beau-Père. 1989: Coupable Ressemblance. 1991: Les Nuits avec mon Ennemi. 1993: Le Bon Fils. 1995: Money Train. 1998: Loin du Paradis. 2004: Mémoire Effacée. 2013: Penthouse North.


      Sortie en salles Ă  quelques mois d'intervalle des Griffes de la Nuit, Dreamscape empreinte la mĂŞme thĂ©matique du rĂŞve par le biais d'un tĂ©lĂ©kinĂ©siste prĂŞtant main forte aux personnes souffrants de cauchemars pathologiques. Si bien qu'Ă  l'aide d'un procĂ©dĂ© scientifique rĂ©volutionnaire, Alex Gardner rĂ©ussit Ă  s'infiltrer dans le cerveau du patient pour le guĂ©rir de sa terreur nocturne. RecrutĂ© par le docteur Paul Novotny, il doit Ă©galement se confronter Ă  la rivalitĂ© d'un autre expert apte Ă  pĂ©nĂ©trer dans les rĂŞves, Tommy Ray. Ce dernier Ă©tant complice d'une conspiration afin de nuire au prĂ©sident des Etats-Unis. Avec modestie, Joseph Ruben rĂ©alise ici une sĂ©rie B rĂ©jouissante de par son concept original d'interfĂ©rence humaine au coeur du songe. Si la première demi-heure s'avère un peu trop sage en terme d'expĂ©rimentation (Ă©pauler un patient Ă  retrouver sa libido sexuelle par ex !), la suite s'avère toujours plus stimulante lorsque Alex doit par exemple essayer de faire disparaĂ®tre les cauchemars horrifiants d'un garçon perturbĂ©. Ou pire encore, lorsqu'il doit tenter de protĂ©ger le prĂ©sident des Etats-Unis d'un assassinat prĂ©mĂ©ditĂ© quand bien mĂŞme des tueurs sont lancĂ©s Ă  ses trousses.


      DĂ©ployant non sans ironie nombres d'idĂ©es fantasques, comme celle de l'intrusion frauduleuse d'Alex au sein du sommeil de sa collègue pour exaucer un fantasme sexuel, Dreamscape profite Ă©galement de son imagerie horrifico-fantastique par le biais de l'activitĂ© psychique. A l'instar d'une aventure trĂ©pidante, notre hĂ©ros se retrouve donc plongĂ© dans l'imaginaire du patient oĂą n'importe quelle phobie surnaturelle puisse se matĂ©rialiser par auto-suggestion ! Si certains FX cheaps peuvent aujourd'hui prĂŞter Ă  sourire (les apparitions en stop motion du serpent gĂ©ant !), le soin imparti aux dĂ©cors de dĂ©solation permettent de nous immerger dans un univers post-apo plutĂ´t photogĂ©nique. Alors qu'Ă  d'autres moments, on se croirait plongĂ© dans l'abysse d'une quatrième dimension (l'escalade d'un immense escalier dĂ©gingandĂ© qu'Alex et l'enfant arpentent autour d'un nĂ©ant opaque sans repère spatial !). Et pour corser l'intrigue et intensifier les situations de mise en pĂ©ril, un antagoniste sans vergogne s'avère redoutablement insidieux pour parfaire ses ambitions meurtrières et provoquer son ennemi jurĂ©, Alex ! Qui plus est, l'idĂ©e gĂ©niale de pouvoir s'introduire dans le rĂŞve d'un autre et assassiner le sujet durant son sommeil reste l'argument le plus jouissif, quand bien mĂŞme un complot politique dĂ©cuple l'enjeu d'une course contre la montre pour la sauvegarde du prĂ©sident.


      EntourĂ© des solides prestances du sympathique Dennis Quaid et du gĂ©nial gouailleur Janes DeVries que l'on adore dĂ©tester, mais aussi d'Ă©minents seconds-rĂ´les au charisme burrinĂ© (Christopher Plummer, Max Von Sydow), sans compter la voluptueuse Kate Capshaw, Dreamscape est une sympathique sĂ©rie B Ă  travers son alliage de fantastique, d'humour, de romance, d'action et d'espionnage politique. Il y Ă©mane un spectacle davantage captivant auprès de ces enjeux stratĂ©giques, d'autant plus sobre et jamais ostentatoire qu'il exploite intelligemment un scĂ©nario retors ! 

      RĂ©compense: Corbeau d'Or au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles, 1985

      *Bruno
      26.01.23. 4èx

      mardi 19 août 2014

      Birdy. Grand Prix du Jury, Cannes 85.

                                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site listal.com

      d'Alan Parker. 1984. U.S.A. 2h00. Avec Nicolas Cage, Matthew Modine, John Harkins, Sandy Baron, Karen Young, Bruno Kirby.

      Sortie salles France: 22 Mai 1985. U.S: 21 Décembre 1984

      FILMOGRAPHIE: Alan Parker, nĂ© Alan William Parker le 14 FĂ©vrier 1944 Ă  Islington, Londres, est un rĂ©alisateur, compositeur, scĂ©nariste et producteur anglais. 1975: The Evacuees (tĂ©lĂ©-film). 1976: Bugsy Malone. 1978: Midnight Express. 1980: Fame. 1982: l'Usure du Temps. 1982: Pink Floyd the Wall. 1984: Birdy. 1987: Angel Heart. 1988: Mississippi Burning. 1990: Bienvenue au Paradis. 1991: The Commitments. 1994: Aux bons soins du Dr Kellogg. 1996: Evita. 1999: Les Cendres d'Angela. 2003: La Vie de David Gale.


      TirĂ© du roman de William Wharton, ancien vĂ©tĂ©ran amĂ©ricain de la Seconde Guerre mondiale, Birdy dĂ©place son contexte historique vers les annĂ©es 60, dĂ©cennie lourdement entachĂ©e par le conflit vietnamien. 
       
      Synopsis : après avoir Ă©tĂ© gravement blessĂ© au visage par un bombardement, Al Columbato revient au pays et rejoint son ami d’enfance, Birdy. InternĂ© dans un hĂ´pital militaire, ce dernier, profondĂ©ment marquĂ© par la guerre, s’est enfermĂ© dans un mutisme absolu, comme une fuite hors de la rĂ©alitĂ©. Avant qu’il ne soit transfĂ©rĂ© dans un institut psychiatrique, Al tente une dernière fois de le ramener Ă  lui.  
       
      Si Alan Parker nous avait déjà bouleversés avec le drame carcéral Midnight Express et le trip sensoriel Pink Floyd: The Wall, Birdy marque à nouveau les esprits, happés par la force brute de son intensité émotionnelle.

      Hymne Ă  la libertĂ©, rĂ©quisitoire contre les ravages de la guerre, plaidoyer vibrant pour le droit Ă  la diffĂ©rence, Birdy est un poème universel sur la quĂŞte Ă©perdue d’un monde idĂ©alisĂ©. Ă€ travers la passion obsessionnelle d’un adolescent fascinĂ© par les oiseaux — lui-mĂŞme destinĂ© Ă  voler de ses propres ailes —, le film rĂ©vèle combien le monde peut se montrer lâche et cruel envers les âmes les plus pures. Alan Parker illustre, avec une humanitĂ© dĂ©sarmante, le lien indĂ©fectible entre deux amis, bientĂ´t dĂ©sunis par l’appel du front et la perte de leur innocence. Alternant flash-backs de leurs 400 coups et prĂ©sent dĂ©vastĂ© par le traumatisme post-Vietnam (tandis qu’Al tente dĂ©sespĂ©rĂ©ment d’arracher Birdy Ă  la dĂ©mence), le film bouscule nos Ă©motions par la peinture sensible d’une passion dĂ©vorante — celle des oiseaux, jusqu’Ă  la confusion de soi, jusqu’au vertige du vol vĂ©ritable.

      Ă€ travers la sĂ©paration de Birdy et Al, enrĂ´lĂ©s de force, le Vietnam devient le miroir d’une gĂ©nĂ©ration sacrifiĂ©e, privĂ©e de ses rĂŞves et de sa libertĂ©. Mais Birdy, au-delĂ  de sa rĂ©flexion sur les dĂ©rives identitaires que peut engendrer une passion extrĂŞme, transcende surtout une sublime histoire d’amitiĂ© enracinĂ©e dans la fidĂ©litĂ©. Leur lien, bâti sur la confiance, la tolĂ©rance et le respect, devient le dernier espoir pour ramener Birdy Ă  la surface, hors des abysses de sa propre psychose.


      PortĂ© par la partition sensitive de Peter Gabriel — qui exalte une charge Ă©motionnelle presque insoutenable —, et incarnĂ© par deux comĂ©diens d’une vĂ©ritĂ© bouleversante, Birdy est un grand moment de cinĂ©ma lyrique. Un chef-d’Ĺ“uvre de fragilitĂ©, touchĂ© par la grâce d’un onirisme pudique, celui qui rĂŞve d’une libertĂ© affranchie de toute souffrance, en harmonie avec la nature et le règne animal. Inoubliable est un mot trop faible : Birdy est un crève-cĹ“ur, une rĂ©demption amicale dĂ©chirante, mĂŞme si l’ironie finale du saut de l’ange nous ramène, brutalement, Ă  notre rĂ©alitĂ© terrestre.

      A mon ami de coeur Pascal Clabaut.

      Dédicace à Daniel Aprin

      Bruno 
      3èx
       
      Récompenses: Grand Prix du Jury, Cannes 1985
      Prix du Public au Festival International du film de Varsovie, 1987
      Top Ten Films: National Board of Review Awards, 1984

      lundi 18 août 2014

      Course contre l'Enfer (Race with the Devil)

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site moviecovers.com

      de Jack Starrett. 1975. U.S.A. 1h29. Avec Peter Fonda, Warren Oates, Loretta Swit, Lara Parker, R.G. Armstrong.

      Sortie salles France: 5 Mai 1976. U.S: Juin 1975

      FILMOGRAPHIE: Jack Starrett est un acteur et rĂ©alisateur amĂ©ricain, nĂ© le 2 Novembre 1936 Ă  Refugio (Texas), dĂ©cĂ©dĂ© le 27 Mars 1989 Ă  Sherman Oaks (Californie). 1969: La Cavale Infernale. 1969: House of Zodiac. 1970: Les Machines du Diable. 1970: Fuite dans la nuit (tĂ©lĂ©-film). 1970: Le Dernier des Apaches. 1972: The Strange Vegeance of Rosalie. 1972: Slaughter. 1973: Dynamite Jones. 1974: The Gravy Train. 1975: Course contre l'Enfer. 1976: La Vengeance aux Tripes. 1976: Hollywood Man. 1977: Haute SĂ©curitĂ© (tĂ©lĂ©-film). 1977: Final Chapter: walking Tall. 1978: Thaddeus Rose and Eddie (tĂ©lĂ©-film). 1978: Big Bob Johnson and his fantastic speed circus (tĂ©lĂ©-film). 1979: Mister Horn (tĂ©lĂ©-film). 1979: Survival of Dana (tĂ©lĂ©-film). 1981: Treachery and greed on the Planet of the Apes (tĂ©lĂ©-film). 1982: Kiss my Grits.


      "Sabbat sur l'asphalte: la route est un piège"
      Film d'exploitation sans prĂ©tention rĂ©unissant en tĂŞtes d’affiche les vĂ©tĂ©rans Peter Fonda et Warren Oates, Course contre l’Enfer est un road movie horrifique qui tire son efficacitĂ© d’un concept de dĂ©part plutĂ´t original : deux couples de vacanciers, tĂ©moins malgrĂ© eux d’un rituel meurtrier perpĂ©trĂ© par une secte, en pleine cambrousse. RĂ©alisĂ© deux ans avant La Colline a des yeux, on pourrait croire que Wes Craven s’en est inspirĂ© pour camper une famille solidaire, exilĂ©e Ă  bord d’un camping-car, bientĂ´t piĂ©gĂ©e dans un dĂ©sert hostile. LivrĂ©s Ă  eux-mĂŞmes, ils devaient riposter avec force, rivaliser d’ingĂ©niositĂ©, et survivre face Ă  des agresseurs cannibales rĂ©duits Ă  l’Ă©tat primitif.

      Dans Course contre l’Enfer, nos jeunes touristes, eux aussi embarquĂ©s en caravane, sont sĂ©vèrement malmenĂ©s par une confrĂ©rie satanique dans le dĂ©sert du Colorado. Inlassablement pourchassĂ©s et persĂ©cutĂ©s, ils font preuve de bravoure et de persĂ©vĂ©rance pour dĂ©jouer les nombreux pièges jalonnant leur itinĂ©raire.

      Ce pitch inquiĂ©tant, mĂŞlant les composantes du road movie et de l’horreur, constitue une combinaison judicieuse entre suspense latent, tension palpable - notamment Ă  travers les Ă©changes de regards hostiles - et poursuites endiablĂ©es redoutablement jouissives plus de 50 ans après sa sortie. En toute simplicitĂ©, Jack Starrett façonne un pur divertissement solidement rĂ©alisĂ©, construit sur la fragilitĂ© attachante de personnages emportĂ©s dans une descente aux enfers - leur cohĂ©sion, d’abord amicale puis combative, Ă©veillant notre considĂ©ration, notre empathie, face Ă  leur peur de trĂ©passer - et sur l’action effrĂ©nĂ©e d’une cavale dĂ©sespĂ©rĂ©e. Toujours plus acculĂ©s par des menaces pernicieuses, ils brandissent les armes, seuls contre tous, leur tĂ©moignage ayant Ă©tĂ© balayĂ© d’un revers par la police locale.

      Avant une incroyable poursuite sur bitume dĂ©ployant moult cascades, le rĂ©alisateur distille une atmosphère d’insĂ©curitĂ© grandissante, notamment lorsque l’une des hĂ©roĂŻnes, gagnĂ©e par la paranoĂŻa, commence Ă  suspecter les regards patibulaires des habitants de la rĂ©gion. Dès lors, la menace devient d’autant plus sournoise que les satanistes, tapis dans l’ombre, redoublent d’audace morbide.


      "Bitume noir, croix inversée"
      Rondement menĂ©, Course contre l’Enfer n’a pour seul objectif que de divertir avec l’efficacitĂ© d’un pitch dĂ©monial, multipliant les pĂ©ripĂ©ties haletantes autour de la survie et de la riposte de couples molestĂ©s. Sous la houlette de Peter Fonda et Warren Oates, on embarque d’autant mieux dans cette virĂ©e meurtrière, guidĂ©s par leur virilitĂ© rugueuse et leur pugnacitĂ© commune. Du cinĂ©ma bis redoutablement excitant, audacieux, galvanisant - dont l'Ă©pilogue nihiliste en dĂ©concertera plus d’un - et qui frĂ´le, par moments, le modèle d’efficacitĂ©. Bref, un amour de sĂ©rie B charnellement vintage. 

      — le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
      30/01/26. 4èx. Videoprojo


      vendredi 15 août 2014

      Montclare: Rendez-vous de l'horreur / Next of Kin. Licorne d'Or, Rex de Paris.

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Facebook via Le Chat qui fume

      de Tony Williams. 1982. Australie/Nouvelle-Zélande. 1h29. Avec Jackie Kerin, John Jarrat, Alex Scott, Gerda Nicolson, Charles McCallum, Bernadette Gibson.

      Sortie salles France: 30 Avril 1986

      FILMOGRAPHIE: Tony Williams est un réalisateur, scénariste et producteur né en 1942 en Nouvelle-Zélande. 1978: Solo. 1982: Montclare: Rendez-vous de l'horreur. 2013: A Place Called Robertson.

      Next of Kin — Une hantise trouble, un mirage mental

      En plein âge d’or du fantastique australien, qui vit dĂ©ferler des premières Ĺ“uvres aussi originales et poĂ©tiques qu’audacieuses (Harlequin, Les Voitures qui ont mangĂ© Paris, Long Week-end, Picnic at Hanging Rock, La Dernière Vague), voire carrĂ©ment rĂ©volutionnaires (Mad Max 1 et 2), Next of Kin s’impose discrètement, mais sĂ»rement, dans le palmarès.
      Tony Williams s’y rĂ©vèle vĂ©ritable auteur, renouvelant le mythe de la demeure hantĂ©e par une mise en scène quasi expĂ©rimentale.
      Et pour ses adeptes fidèles, les multiples visionnages n’attĂ©nuent en rien son pouvoir d’envoĂ»tement — au contraire. Chaque retour dans ses mailles sournoises donne l’impression Ă©trange de le dĂ©couvrir Ă  nouveau, ou sous une lumière inĂ©dite, comme un rĂŞve qui change de visage.

      Le pitch : après la lecture du testament de sa mère, Linda hĂ©rite de la maison de retraite Montclare afin d’en assurer la relève. Mais dès la nuit tombĂ©e, d’Ă©tranges bruits et incidents domestiques surgissent. Puis un pensionnaire est retrouvĂ© noyĂ© dans sa baignoire. En lisant le journal intime de sa mère, elle dĂ©couvre que ce qu’elle endure semble avoir dĂ©jĂ  eu lieu — les pages du passĂ© se superposent Ă  son prĂ©sent.

      DĂ©diĂ© Ă  l’atmosphère gothique d’une maison de retraite imprĂ©gnĂ©e de silence diffus, théâtre de visions macabres, Next of Kin Ă©rige un cinĂ©ma fantasmagorique et baroque.
      Ă€ l’image des cauchemars nocturnes qui hantent Linda, surgissent des souvenirs d’enfance — la fillette au ballon rouge, figure spectrale — ou des visions morbides de vieillards dĂ©charnĂ©s, sublimĂ©s par des ralentis qui transforment l’eau en poème funèbre.
      Les nuances de rouge et de sĂ©pia sculptent une stylisation baroque, magnifiĂ©e par une camĂ©ra incroyablement fluide, virtuose — ces travellings aĂ©riens vertigineux donnent le vertige de la dĂ©rive mentale.

      Sous couvert d’un rĂ©cit de hantise, Tony Williams construit un malaise insidieux, habilement nourri par la simple prĂ©sence de ces pensionnaires au regard morne, presque menaçant.
      Si l’intrigue, fondĂ©e sur une rancune meurtrière, semble somme toute classique, la manière dont le cinĂ©aste en tisse les fils, dans une mise en scène minutieuse et sensorielle, produit un envoĂ»tement rĂ©el.
      Le suspense, admirablement maintenu, repose sur un art du non-dit, de la suggestion, jusqu’Ă  cette bascule brutale dans une explosion de violence.

      Mais lĂ  encore, Tony Williams ne cède pas Ă  la facilitĂ© du gore outrancier — ou alors si peu — prĂ©fĂ©rant poursuivre sa fulgurance visuelle, toujours en accord avec le tempo musical.
      La partition mĂ©tronomique et obsĂ©dante de Klaus Schulze y est pour beaucoup, mais l’interprĂ©tation de la troublante Jackie Kerin n’est pas en reste.
      Avec son visage blĂŞme, son regard chargĂ© d’angoisse contenue, elle nous entraĂ®ne dans ses doutes, sa solitude, sa douleur sourde — jusqu’Ă  une bravoure finale d’une intensitĂ© rare.

      Chef-d’Ĺ“uvre discret mais incontestable du fantastique insolite, Next of Kin utilise le mythe de la maison hantĂ©e comme leurre, pour mieux nous piĂ©ger dans un rĂ©cit mental, un labyrinthe sensoriel.
      Angoisse Ă©thĂ©rĂ©e, atmosphère suspendue, intensitĂ© Ă©motionnelle rare : tout converge vers la psychĂ© d’une hĂ©roĂŻne perdue au cĹ“ur d’un lieu figĂ© hors du temps.

      Grâce Ă  la maĂ®trise de sa rĂ©alisation lĂ©chĂ©e, Ă  la richesse de sa photographie et aux jeux d’ombres naturelles, Next of Kin rejoint sans rougir les grandes clĂ©s de voĂ»te de la maison oppressante :
      La Maison du Diable, Les Innocents, Trauma, Ne vous retournez pas (pour sa cartographie mentale de Venise), Le Cercle infernal, L’Enfant du Diable.

      *Bruno
      27.06.23. 5èx

      RĂ©compenses: Licorne d'Or et Prix de la Meilleure Musique au Festival du film Fantastique du Rex Ă  Paris, 1983.
      Prix de la mise en scène, Sitges.

                                           

      lundi 11 août 2014

      Holocaust 2000 / Rain of Fire

                                                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wrongsideoftheart.com

      de Alberto De Martino. 1977. Angleterre/Italie. 1h42. Avec Krik Douglas, Simon Ward, Agostina Belli, Anthony Quayle, Virginia McKenna, Spyros Fokas, Ivo Garrani.

      Sortie salles France: 22 Mars 1978 (Int - 18 ans). Italie: 25 Novembre 1977.

      FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Alberto De Martino est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien, nĂ© le 12 Juin 1929 Ă  Rome. 1962: Les 7 Gladiateurs. 1963: PersĂ©e l'Invincible. 1963: La Maison de la Terreur. 1964: Le Triomphe d'Hercule. 1964: Les 7 Invincibles. 1966: Django tire le premier. 1967: OpĂ©ration frère Cadet. 1968: Rome contre Chicago. 1969: Perversion. 1972: Le Nouveau Bosse de la Mafia. 1974: L'AntĂ©christ. 1977: Holocaust 2000


      Après s'ĂŞtre inspirĂ© de L'exorciste pour sa copie latine de l'AntĂ©christ, Alberto De Martino exploite cette-fois le succès de Richard Donner, La MalĂ©diction, pour entreprendre Holocaust 2000. A nouveau influencĂ© par les versets apocalyptiques de la Bible, le scĂ©nario reprend Ă  peu près le mĂŞme schĂ©ma que son homologue ricain avec une efficacitĂ© presqu'aussi redoutable. C'est Ă  dire l'auto-suggestion d'un magnat industriel davantage convaincu qu'une prophĂ©tie est sur le point de converger au moment mĂŞme oĂą une succession d'accidents meurtriers intentent Ă  son entourage. Hormis cette impression de dĂ©jĂ  vu que l'on peut avoir dès le dĂ©part, puisque singeant sans trop de complexe la ligne directrice de La MalĂ©diction, Holocaust 2000 rĂ©ussit pourtant Ă  distiller un suspense en crescendo autour du projet d'une centrale thermo-nuclĂ©aire, mĂ©taphore du dragon Ă  sept tĂŞtes natif de l'apocalypse. Grâce Ă  cette idĂ©e de dĂ©part plutĂ´t astucieuse, et sous couvert de divertissement horrifique, Alberto De Martino se porte en pourfendeur Ă©colo afin de souligner l'Ă©tat de notre planète (les problèmes de pollution et de famine) et ce avant de pointer du doigt la menace nuclĂ©aire. Comme dans la MalĂ©diction, toute l'efficacitĂ© du rĂ©cit rĂ©side dans la perplexitĂ© du hĂ©ros Ă  tenter d'admettre que son projet rĂ©volutionnaire (construire un complexe atomique afin de venir en aide aux pays du tiers-monde !) Ă©mane finalement d'une stratĂ©gie diabolique invoquĂ©e par l'un de ses proches.


      C'est ce qu'un habile rebondissement nous divulguera (pour relancer ainsi le suspense !) au cours de son investigation, quand bien mĂŞme il fut sur le point de sacrifier une innocente victime. EmaillĂ© de quelques sĂ©quences-chocs rĂ©ussies (le premier ministre scalpĂ© par la pale d'un hĂ©licoptère, les deux altercations sanglantes intentĂ©es Ă  Robert Caine dans la chambre de l'asile, l'empoisonnement des bĂ©bĂ©s au sein de l'hĂ´pital), Holocaust 2000 rĂ©ussit d'autant mieux Ă  convaincre parmi la complicitĂ© bougrement attachante des comĂ©diens (si on Ă©pargne quelques ellipses narratives, quelques incohĂ©rences dans l'asile dĂ©sertĂ© de surveillants et praticiens et un montage tantĂ´t maladroit). Outre la beautĂ© vertueuse d'Agostina Belli et le charme sournois de l'inquiĂ©tant Simon Ward crevant l'Ă©cran comme de coutume par sa prestance fĂ©line, c'est la prĂ©sence du monstre sacrĂ© Kirk Douglas qui permet d'accorder autant de crĂ©dit Ă  ce dĂ©marquage transalpin (effusions sanglantes en sus !) extrĂŞmement captivant sous l'impulsion d'un climat d'Ă©trangetĂ© amplifiĂ© du superbe score choral d'Ennio Morricone. Incarnant la dĂ©marche autoritaire d'un entrepreneur frĂ©quemment compromis par la remise en question, le doute et la perplexitĂ©, il y dĂ©ploie dans ses moments d'accalmie une rassurante carrure paternelle de par sa bonhomie spontanĂ©e Ă  daigner prĂ©server la vie de sa nouvelle famille que reprĂ©sente la jeune maman Sara sur le point d'accoucher. 


      Soutenu de la partition tantôt mélancolique, tantôt religieuse (choeurs maléfiques indissociables !) d'Ennio Morricone et renforcé du jeu cordial des interprètes, Holocaust 2000 réussit constamment à inquiéter et séduire de par l'efficacité d'un scénario fustigeant le péril atomique. Hormis quelques facilités et incohérences (notamment l'altercation finale perpétrée dans l'institut psychiatrique éludé de personnel médical !), il s'avère le meilleur épigone bisseux de La Malédiction parmi La 7 Prophétie.

      *Bruno
      09.12.22. 4èx

      7

      vendredi 8 août 2014

      SIXIEME SENS (The Sixth Sense)

                                                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site en.wikipedia.org

      de M. Night Shyamalan. 1999. U.S.A. 1h47. Avec Bruce Willis, Haley Joel Osment, Olivia Williams, Toni Collette, Donnie Wahlberg, Bruce Norris, Glenn Fitzgerald.

      Sortie salles France: 5 Janvier 2000. U.S: 2 Août 1999

      FILMOGRAPHIE: M. Night Shyamalan est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain, d'origine indienne, né le 6 Août 1970 à Pondichéry.
      1992: Praying with Angers. 1998: Eveil à la vie. 1999: Sixième Sens. 2000: Incassable. 2002: Signs. 2004: Le Village. 2006: La Jeune fille de l'eau. 2008: Phenomènes. 2010: Le Dernier maître de l'air. 2013: After Earth.


      Enorme succès commercial et critique lors de sa sortie, Sixième Sens a rĂ©ussi Ă  imposer la notoriĂ©tĂ© de son jeune rĂ©alisateur (il avait 30 ans Ă  l'Ă©poque !) alors qu'il s'agissait de son 3è long-mĂ©trage. Souvent cĂ©lĂ©brĂ© pour l'originalitĂ© de son twist final (mĂŞme si avant lui d'autres rĂ©alisateurs avaient dĂ©jĂ  empruntĂ© la mĂŞme pirouette !), Sixième Sens s'avère autrement plus captivant par l'entremise d'une psychanalyse exercĂ©e sur un garçon perturbĂ©. Car Cole Sear possède le don d'apercevoir et de communiquer avec les morts, particulièrement ceux dĂ©cĂ©dĂ©s d'une manière aussi violente qu'inopinĂ©e. Avant sa première rencontre avec le psychologue Malcolm Crowe, on nous rapporte que ce dernier eut Ă©tĂ© victime d'une grave agression Ă  son domicile parmi la prĂ©sence de sa femme. EntrĂ© par effraction en pleine nuit avec une arme Ă  feu, l'un de ces anciens patients lui avait assĂ©nĂ© une balle dans l'abdomen ! C'est un an plus tard que nous retrouvons Malcolm Crowe prĂŞtant main forte au jeune enfant tout en essayant de se rĂ©concilier avec son Ă©pouse traumatisĂ©e de l'agression.


      Si à la première vision de Sixième Sens, la majorité des spectateurs avaient été surtout bluffés par sa révélation finale, un second visionnage nous permet de mieux percevoir son intensité émotionnelle et d'aborder le film sous un autre angle vis à vis des personnages tourmentés du psychologue et de son épouse. Principalement ses rapports délicats lorsqu'il tente difficilement de la réconcilier, quand bien même cette dernière se morfond dans une grave solitude avant de se réconforter dans les bras d'un autre ! Sur ce point, le film s'avère beaucoup plus poignant et remarquablement construit lorsque l'on comprend pour quelle raison (l'aider à faire le deuil de manière inconsciente !) il persiste à s'accrocher à son chevet. Entièrement dédié à la caractérisation humaine de personnages emplis de fragilité, Sixième Sens relate leur contrariété et leur fêlure morale avec une sensibilité souvent bouleversante. A l'image de l'innocence infantile de Cole, garçon de 9 ans sévèrement persécuté par des fantômes moribonds en quête d'exutoire. Outre sa réflexion sur la difficulté d'accepter le deuil de l'être aimé et sur l'attention d'être à l'écoute de l'autre (particulièrement envers les gens les plus démunis et esseulés), le film met en relief les rapports complexes de responsabilité et d'éducation parentale lorsqu'une mère divorcée tente désespérément de déceler la pathologie mentale de son fils. Enfin, à travers le cheminement tortueux de ce dernier, Sixième Sens transcende une puissante histoire d'amitié entamée avec son psychologue. Un homme rongé par le doute et le remord, d'autant plus affaibli par sa relation conjugale, mais cette fois-ci délibéré à réparer ses erreurs pour guérir les névroses de l'enfant mais aussi assumer son tragique destin.


      DominĂ© par les sobres prestances de Bruce Willis, Haley Joel Osment et Toni Colette, communĂ©ment bouleversants de fragilitĂ© humaine, Sixieme Sens rend ses lettres de noblesse au genre fantastique. Celui d'un cinĂ©ma mature oĂą le climat Ă©thĂ©rĂ© est avant tout dĂ©diĂ© Ă  la psychologie torturĂ©e de personnages en quĂŞte de rĂ©demption. Une oeuvre magnifique, esthĂ©tiquement avisĂ©e et remarquablement maĂ®trisĂ©e, nous donnant sĂ©rieusement envie de croire Ă  la spiritualitĂ© d'un havre de paix. 

      Bruno Matéï
      3èx