mercredi 27 décembre 2017

L'île de l'Epouvante / 5 Filles dans une nuit chaude d'été

                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site thebloggerscinemaclub.com

"5 bambole per la luna d'agosto" de Mario Bava. 1970. Italie. 1h22. Avec William Berger, Ira von FĂĽrstenberg, Edwige Fenech, Howard Ross, Helena Ronee

Sortie salles France: 22 Novembre 1972. Italie: 14 Février 1970

FILMOGRAPHIEMario Bava est un rĂ©alisateur, directeur de la photographie et scĂ©nariste italien, nĂ© le 31 juillet 1914 Ă  Sanremo, et dĂ©cĂ©dĂ© d'un infarctus du myocarde le 27 avril 1980 Ă  Rome (Italie). Il est considĂ©rĂ© comme le maĂ®tre du cinĂ©ma fantastique italien et le crĂ©ateur du genre dit giallo. 1946 : L'orecchio, 1947 : Santa notte, 1947 : Legenda sinfonica, 1947 : Anfiteatro Flavio, 1949 : Variazioni sinfoniche, 1954 : Ulysse (non crĂ©ditĂ©),1956 : Les Vampires (non crĂ©ditĂ©),1959 : Caltiki, le monstre immortel (non crĂ©ditĂ©),1959 : La Bataille de Marathon (non crĂ©ditĂ©),1960 : Le Masque du dĂ©mon,1961 : Le Dernier des Vikings (non crĂ©ditĂ©),1961 : Les Mille et Une Nuits,1961 : Hercule contre les vampires,1961 : La RuĂ©e des Vikings, 1963 : La Fille qui en savait trop,1963 : Les Trois Visages de la peur, 1963 : Le Corps et le Fouet, 1964 : Six femmes pour l'assassin, 1964 : La strada per Fort Alamo, 1965 : La Planète des vampires, 1966 : Les Dollars du Nebraska (non cĂ©ditĂ©), 1966 : Duel au couteau,1966 : OpĂ©ration peur 1966 : L'Espion qui venait du surgelĂ©, 1968 : Danger : Diabolik ! , 1970 : L'ĂŽle de l'Ă©pouvante ,1970 : Une hache pour la lune de miel ,1970 : Roy Colt e Winchester Jack, 1971 : La Baie sanglante, 1972 : Baron vampire  , 1972 : Quante volte... quella notte, 1973 : La Maison de l'exorcisme, 1974 : Les Chiens enragĂ©s,1977 : Les DĂ©mons de la nuit (Schock),1979 : La Venere di Ille (TV).

"L’ĂŽle aux Silences Mortels".

Ce n’est un secret pour personne : L’ĂŽle de l’Ă©pouvante est souvent relĂ©guĂ© parmi les Ĺ“uvres mineures de Mario Bava. Sorte de prototype encore brouillon de La Baie sanglante, rĂ©alisĂ© un an plus tĂ´t, ce huis clos insulaire s’adonne Ă  un jeu de massacre entre une poignĂ©e de touristes confinĂ©s sur une Ă®le, tous dĂ©sireux de s’emparer de la formule convoitĂ©e de leur camarade, le scientifique Fritz Farrel. Mais un tueur mystĂ©rieux dĂ©cide de semer la pagaille, dĂ©clenchant une sĂ©rie de meurtres implacables. 

Sympathique giallo au suspense soutenu, fertile en disparitions, coups bas et rebondissements parfois retors, L’ĂŽle de l’Ă©pouvante est rehaussĂ© par son cadre exotique, avec, en son Ă©picentre, une villa insolite Ă  la modernitĂ© frappante. TournĂ© en pleine ère psychĂ© des annĂ©es 70, on reste stupĂ©fait devant le design high-tech de cette demeure, dont Bava exploite chaque recoin avec un soin stylistique Ă©vident.

Notamment lors de ce moment suspendu oĂą une poignĂ©e de boules de verre dĂ©valent un escalier pour rĂ©vĂ©ler, dans une vision onirico-macabre, un cadavre alangui dans sa baignoire. ÉmaillĂ© d’un Ă©rotisme soft, portĂ© par des donzelles aussi insidieuses qu’envieuses (la plantureuse Edwige Fenech en tĂŞte !), le film nous livre une galerie peu recommandable de convives cupides, oĂą tous les coups sont permis - avec, pour clore le bal, un final surprenant aux relents de sarcasme noir.

Bava, en filigrane, saupoudre son rĂ©cit de rĂ©pliques sardoniques et de simulacres ingĂ©nieux, comme l’homicide liminaire qu’Edwige Fenech orchestre sans sourciller. Une Ĺ“uvre Ă  dĂ©couvrir, assurĂ©ment - mĂŞme si l’on peut dĂ©plorer le caractère docile de ses meurtres, trop souvent relĂ©guĂ©s hors-champ.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

*Bruno
3èx

mardi 26 décembre 2017

LA SOUPE AUX CHOUX

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Jean Girault. 1981. France. 1h42. Avec Louis de Funès, Jean Carmet, Jacques Villeret, Christine Dejoux, Claude Gensac, Henri Génès, Marco Perrin.

Sortie salles France: 2 Décembre 1981

FILMOGRAPHIE: Jean Girault est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste français, nĂ© le 9 mai 1924 Ă  Villenauxe-la-Grande (Aube), dĂ©cĂ©dĂ© le 24 juillet 1982 Ă  Paris. 1960 : Les Pique-assiette. 1961 : Les Moutons de Panurge. 1961 : Les Livreurs. 1963 : Les Veinards (film Ă  sketchs corĂ©alisĂ©). 1963 : Les Bricoleurs. 1963 : Pouic-Pouic. 1963 : Faites sauter la banque ! 1964 : Les Gorilles. 1964 : Le Gendarme de Saint-Tropez. 1965 : Le Gendarme Ă  New York. 1966 : Monsieur le prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral. 1967 : Les Grandes Vacances. 1968 : Le gendarme se marie. 1968 : Un drĂ´le de colonel. 1969 : La Maison de campagne. 1970 : Le Gendarme en balade. 1971 : Jo. 1971 : Le Juge. 1972 : Les Charlots font l'Espagne. 1973 : Le Concierge. 1973 : Le Permis de conduire. 1974 : Deux grandes filles dans un pyjama. 1975 : L'IntrĂ©pide. 1976 : Les murs ont des oreilles. 1976 : L'AnnĂ©e sainte. 1977 : Le Mille-pattes fait des claquettes. 1978 : L'Horoscope. 1978 : Sam et Sally , (sĂ©rie TV), 2 Ă©pisodes : Le Collier et Isabelita. 1978 : Le Gendarme et les Extra-terrestres. 1979 : L'Avare. 1981 : La Soupe aux choux. 1981 : Ach du lieber Harry. 1982 : Le Gendarme et les Gendarmettes.


VilipendĂ© par la critique Ă  sa sortie et modestement apprĂ©ciĂ© par le public de l'Ă©poque si on en juge ses 3 093 019 entrĂ©es (un score moindre en rapport aux antĂ©cĂ©dents succès de De Funès), la Soupe aux Choux est devenu pour autant un film culte chez une frange du public et certains cinĂ©philes au fil de ses multiples rediffusions tĂ©lĂ©visuelles. IsolĂ©s dans leur ferme afin de fuir l'urbanisation moderne, Le Glaude et le BombĂ© tuent leur ennui Ă  bavasser en se saoulant quotidiennement. Un soir, après un concours de pets Ă  rĂ©veiller les Ă©clairs, un extra-terrestre vient leur rendre visite. C'est le dĂ©but d'une amitiĂ© que le Glaude va partager avec l'Ă©tranger après lui avoir fait goĂ»ter sa fameuse soupe aux choux. 


A la croisĂ©e du nanar cosmique et de la curiositĂ© viticole, La Soupe aux Choux pâti Ă  mon sens d'un rythme mollasson et d'une timide Ă©motion (mĂ©lancolique), faute d'une intrigue futile exploitant maladroitement les thèmes de l'amitiĂ©, de l'amour, de la vieillesse et du passĂ©isme Ă  travers le microcosme paysan dĂ©prĂ©ciĂ© par la civilisation moderne. Si De Funès et Jean Carmet font preuve de beaucoup de dynamisme dans leur fidĂ©litĂ© amicale; et que Jacques Villeret se fond (grotesquement) dans le corps d'un E.T avec une bonhomie digne de Casimir, La Soupe aux Choux piĂ©tine sur un cheminement routinier (toute la partie oĂą Francine revient d'entre les morts du haut de ses 20 ans peine Ă  maintenir l'intĂ©rĂŞt dans sa requĂŞte d'une seconde jeunesse exaltĂ©e). On se console au final sur quelques sourires et Ă©ventuellement de petits Ă©clats de rire (son prologue hilarant pour autant discutable car assez trivial, les mimiques dĂ©lirantes de la denrĂ©e dans sa combinaison fluo comparable Ă  un TĂ©lĂ©tubbies) dĂ©voilĂ©s en intermittence sous l'impulsion d'une mĂ©lodie folklo fichtrement entĂŞtante.


A réserver en priorité aux nostalgiques de l'époque révolue.

* Bruno
3èx

TOP / FLOP 2017

                                 1 / Ex-aequo

      

                               2 /  Ex-aequo
                        
                
             
                                 3 / Ex-aequo

  

                           Dans le dĂ©sordre:


    






                                  BONUS:










                                FLOP 2017: 
1/

2 / 

3 /

                          Dans le dĂ©sordre: 






lundi 25 décembre 2017

L'AILE OU LA CUISSE

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Claude Zidi. 1976. France. 1h45. Avec Louis de Funès, Coluche, Ann Zacharias, Julien Guiomar, Claude Gensac, Georges Chamarat, Jean Martin.

Sortie salles France: 27 Octobre 1976

FILMOGRAPHIE: Claude Zidi est réalisateur et scénariste français né le 25 juillet 1934 à Paris.
1971 : Les Bidasses en folie. 1972 : Les Fous du stade. 1973 : Le Grand Bazar. 1974 : La moutarde me monte au nez. 1974 : Les Bidasses s'en vont en guerre. 1975 : La Course à l'échalote. 1976 : L'Aile ou la Cuisse. 1977 : L'Animal. 1978 : La Zizanie. 1979 : Bête mais discipliné. 1980 : Les Sous-doués. 1980 : Inspecteur la Bavure. 1982 : Les Sous-doués en vacances. 1983 : Banzaï. 1984 : Les Ripoux. 1985 : Les Rois du gag. 1987 : Association de malfaiteurs. 1988 : Deux. 1989 : Ripoux contre ripoux. 1991 : La Totale ! 1993 : Profil bas. 1997 : Arlette. 1999 : Astérix et Obélix contre César. 2001 : La Boîte. 2003 : Ripoux 3. 2011 : Les Ripoux anonymes, série coréalisée avec son fils Julien Zidi.


Petit classique de la comĂ©die populaire signĂ© du maĂ®tre du genre Claude Zidi, l'aile ou la cuisse est la rĂ©union inattendue des deux talents De Funès / Coluche pour la première fois rĂ©unis derrière la camĂ©ra. Celui-ci ayant remplacĂ© au dernier moment l'acteur Pierre Richard pour des problèmes de planning. Enorme succès Ă  sa sortie si bien qu'il engrange pas loin de 6 millions d'entrĂ©es, l'Aile ou la cuisse est une comĂ©die cocasse menĂ©e sans temps morts, et ce en dĂ©pit d'Ă©clats de rire pas si nombreux et d'un cheminement narratif assez prĂ©visible. Zidi privilĂ©giant avec son savoir-faire habituel la fantaisie pittoresque entre deux instants de tendresse (les Ă©changes romantiques Ă  la fois loufoques, timorĂ©s et attendrissants que se partagent la secrĂ©taire Marguerite et GĂ©rard, fils de Duchemin).


Directeur du guide Michelin, Charles Michelin doit se confronter Ă  un magnat de la malbouffe dĂ©libĂ©rĂ© Ă  instaurer ses produits sur le marchĂ© national puis international. Avec l'aide de son fils exerçant en catimini le rĂ´le de clown dans un cirque, Charles Michelin tentera de dĂ©noncer les mĂ©thodes vĂ©reuses de son rival lors d'une Ă©mission de TV retransmise en direct. Satire caustique sur la junk-food avec un sens de dĂ©rision parfois dĂ©bridĂ© (les produits alimentaires synthĂ©tiques que Charles et GĂ©rard dĂ©couvrent dans l'usine s'avèrent surrĂ©alistes afin de mieux dĂ©noncer l'immoralitĂ© des industriels adeptes de la malbouffe), l'Aile ou la Cuisse doit beaucoup au charme de ses interprètes d'une attachante complĂ©mentaritĂ©. De Funès et Coluche endossant avec docile antinomie une relation familiale gentiment houleuse, tant et si bien que le père en prĂ©-retraite s'efforce d'enseigner Ă  son fils son savoir professionnel, celui-ci n'ayant d'autre ambition que d'amuser les enfants sous les chapiteaux. Autour de la divergence de ces deux personnages pour autant solidaires (Zidi insistant souvent sur leur altruisme mutuel lors de pĂ©ripĂ©ties mouvementĂ©es), la ravissante Ann Zacharias se prĂŞte au jeu de la sĂ©duction en secrĂ©taire hollandaise avec une amĂ©nitĂ© envoĂ»tante, de par sa sensualitĂ© candide et sa beautĂ© filiforme.


Si dans son rĂ´le de goĂ»teur gastronome (il enchaĂ®ne durant l'intrigue les opĂ©rations de camouflage dans les grands restaurants) on a connu Louis De Funès plus dynamique et spontanĂ© qu'au prĂ©alable (quelques temps avant le tournage il se remit d'un double infarctus alors que 6 ans plus tard il tirera sa rĂ©vĂ©rence), l'amicale complĂ©mentaritĂ© qu'il partage avec Coluche (plutĂ´t Ă  l'aise dans celui du faire-valoir clownesque) permet au film de s'Ă©lancer avec une bonne humeur mĂ©tronome. Derrière une louange Ă  la cuisine artisanale y Ă©mane donc un fort sympathique divertissement au charme bonnard aussi prĂ©gnant qu'Ă  sa sortie. 

* Bruno   
3èx

vendredi 22 décembre 2017

LE PETIT BAIGNEUR

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site pinterest.fr

de Robert Dhéry. 1968. France/Italie. 1h33. Avec Louis de Funès, Robert Dhéry, Andréa Parisy, Colette Brosset, Franco Fabrizi, Jacques Legras, Michel Galabru, Pierre Tornade, Henri Génès.

Sortie salles France: 22 Mars 1968

FILMOGRAPHIERobert Dhéry (de son véritable nom Robert Léon Henri Fourrey) est un réalisateur, acteur, scénariste, homme de théâtre, né le 27 avril 1921 à La Plaine-Saint-Denis, décédé le 3 décembre 2004. 1949 : La Patronne. 1949 : Branquignol. 1950 : Bertrand cœur de lion. 1961 : La Belle Américaine. 1964 : Allez France ! 1967 : Le Petit Baigneur. 1974 : Vos gueules, les mouettes !


Grand classique de la comédie populaire (franco-italienne) ayant cumulé à sa sortie plus de 5 542 755 millions de spectateurs (sans compter ses multi-rediffusions à la TV), Le Petit Baigneur est assurément l'un des meilleurs De Funès dans sa mécanique du rire menée à 100 à l'heure. Bourré de gags inventifs parfois cartoonesques (on peut même prêter de temps à autre une certaine allusion avant-coureuse aux comédies débridées des ZAZ) sous l'impulsion expansive de comédiens en roue libre, le Petit Baigneur cumule à une cadence infernale bévues, mésaventures et quiproquos autour de la convoitise d'un voilier promulgué par les italiens.


Après avoir appris la nouvelle fructueuse, le directeur Fourchaume tente de faire signer un contrat Ă  son Ă©lève Castagnier, responsable de la confection du fameux petit baigneur. Mais un industriel italien aussi allĂ©chĂ© par le gain va tout mettre en oeuvre afin de devancer Fourchaume. Ce pitch simpliste et bonnard, prĂ©texte Ă  une accumulation de subterfuges entre deux patrons insidieux, est exploitĂ© avec une efficacitĂ© vertigineuse sous l'Ă©gide du rĂ©alisateur Robert DhĂ©ry Ă  la fois gĂ©nial acteur dans celui de l'inventeur nĂ©ophyte rivalisant de crĂ©ations saugrenues. Tant et si bien que le spectateur jouasse ne cesse de rire aux Ă©clats, notamment face aux mimiques impayables d'un De Funès bourru mais obsĂ©quieux afin de soudoyer son Ă©lève modèle. Quand bien mĂŞme les seconds-rĂ´les au dynamisme aussi communicatif et attractif (AndrĂ©a Parisy, Colette Brosset, Franco Fabrizi, Jacques Legras, Pierre Tornade et le bougon Michel Galabru) se prĂŞtent aux vicissitudes avec une ferveur intarissable.


Généreux en diable par son rythme trépidant résolument erratique, d'une énergie folingue dans l'enchevêtrement des catastrophes matérielles (notamment lorsque Fourchaume et son épouse se retrouvent à la ferme du beau-frère de Castagnier pour cumuler une cascade d'incidents improbables !) et d'une fougue insolente de par la complémentarité des comédiens tantôt adeptes du mimétisme (et ce jusqu'à la participation furtive de certains figurants), Le Petit Baigneur dénombre les séquences d'anthologie comiques avec une frénésie inextinguible. Une manière modeste et si décomplexée de nous rappeler sous l'alibi du divertissement que l'empreinte du chef-d'oeuvre est voué à l'immuabilité.

* Bruno
4èx

jeudi 21 décembre 2017

STRONGER

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de David Gordon Green. 2017. U.S.A. 2h00. Avec Jake Gyllenhaal, Tatiana Maslany, Miranda Richardson, Richard Lane Jr., Clancy Brown, Frankie Shaw.

Sortie salles France: 7 Février 2018. U.S: 22 Septembre 2017

FILMOGRAPHIEDavid Gordon Green est un réalisateur américain né le 9 avril 1975 à Little Rock (Arkansas). 2000 : George Washington. 2003 : All the Real Girls. 2004 : L'Autre Rive. 2007 : Snow Angels. 2008 : Délire Express. 2011 : Votre Majesté. 2012 : Baby-sitter malgré lui. 2013 : Prince of Texas. 2014 : Joe. 2014 : Manglehorn. 2015 : Que le meilleur gagne. 2017 : Stronger. 2018 : Halloween.


Le pitch: Après avoir perdu ses deux jambes lors d'un attentat, Jeff Bauman tente de se reconstruire avec le soutien de son ex Ă  qui il voue un vĂ©ritable amour.


Prenant comme toile de fond le double attentat du Marathon de 2013 (dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© par Peter Berg dans son efficace thriller Traque sur Boston), Stronger empreinte les thĂ©matiques (payantes) du dĂ©passement de soi, du passage Ă  la maturitĂ© (notre hĂ©ros issu de la classe ouvrière vit avec une maman envahissante assez portĂ©e sur l'alcool) et de la rage de survivre avec une Ă©motion en demi-teinte. Dans le sens oĂą si la première partie distille quelques sĂ©quences fortes Ă  la dramaturgie contenue, son ossature narrative dĂ©rive trop facilement vers les conventions par le biais du mĂ©lo prĂ©visible ponctuĂ© de bons sentiments (en gros, "je t'aime moi non plus" pendant que la belle-mère tente de s'opposer Ă  leur rĂ©conciliation). Pour autant, et grâce Ă  une certaine sobriĂ©tĂ© des interprètes, Stronger parvient in extremis Ă  maintenir l'attention grâce au savoir-faire de sa rĂ©alisation et Ă  la complĂ©mentaritĂ© du couple Ă  la fois solidaire et orageux. Jake Gyllenhaal jouant l'infirme avec une mine sans fard au point de nous afficher parfois une intensitĂ© dramatique percutante, quand bien mĂŞme sa compagne endossĂ©e par l'Ă©tonnante Tatiana Maslany (Orphan Black) lui partage sobrement la vedette avec une humilitĂ© souvent poignante. Cette dernière renforçant le caractère rĂ©aliste de certaines confrontations dramatiques par sa posture loyale et son caractère Ă©quilibrĂ©.


En dĂ©pit de sa facture classique et d'une Ă©motion parfois programmĂ©e, Stronger allie avec une  efficacitĂ© chĂ©tive le schĂ©ma du mĂ©lo et du drame humain sans trop tirer sur la corde sensible (quoique j'emprunte une certaine indulgence quant Ă  la sĂ©mantique des sentiments). Les coeurs romantiques (de midinette) devraient en tous cas largement y trouver leur compte. 

* Bruno