(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Hier soir, révision de Dorothy, thriller fantastique irlandais réalisé par la Française Agnès Merlet en 2008.
À l'instar de The Last Son, que j'avais revu quelques jours plus tôt, Dorothy renoue avec la série B modeste mais impliquée, portée davantage par la qualité narrative et la caractérisation humaine que par leurs moyens. Avec un budget d'à peine 500 000 dollars, le film confirme l'affection d'Agnès Merlet à un fantastique humaniste, où la psychologie des personnages prime constamment sur les effets de manche.
À l'instar de The Last Son, que j'avais revu quelques jours plus tôt, Dorothy renoue avec la série B modeste mais impliquée, portée davantage par la qualité narrative et la caractérisation humaine que par leurs moyens. Avec un budget d'à peine 500 000 dollars, le film confirme l'affection d'Agnès Merlet à un fantastique humaniste, où la psychologie des personnages prime constamment sur les effets de manche.
Dès son prologue, le récit met en suspens : la jeune Dorothy Mills semble intenter à la vie d'un bébé dont elle a la garde face au témoignage épeuré des parents. Une psychiatre est alors envoyée sur une petite île irlandaise afin de comprendre ce qui se cache derrière le comportement inquiétant de l'enfant. Entre superstition religieuse, possession, troubles psychiatriques et secrets enfouis, le film distille habilement le doute et construit un suspense progressif facilement prenant. Également scénariste de son œuvre, Agnès Merlet instaure les révélations avec parcimonie jusqu'à un dénouement aussi intelligent qu'émouvant, où le thriller fantastique laisse progressivement place à la gravité d'un drame psychologique particulièrement intense.
Le casting féminin participe largement à la réussite de l'ensemble. Jenn Murray, dans un double registre particulièrement exigeant, brouille constamment les pistes et entretient l'ambiguïté autour de la véritable personnalité de Dorothy. Face à elle, Carice van Houten compose une psychiatre à la fois fragile, douce, déterminée et profondément humaine, cherchant moins à condamner qu'à comprendre les blessures qui entaillent la jeune fille. Leur confrontation récurrente donne au film une dimension émotionnelle qui dépasse le simple cadre du suspense.
Visuellement, Dorothy séduit également par ses superbes paysages irlandais, dont les décors naturels renforcent cette atmosphère aussi mystérieuse qu'inquiétante. La présence de Gary Lewis, excellent en pasteur aussi charismatique que troublant, accentue le malaise qui règne au sein de cette communauté sectaire refermée sur elle-même, où le poids des croyances prime plutôt que d'oser dévoiler une vérité éhontée.
Porté par une très belle conclusion, douce-amère dans la contradiction émotive et profondément touchante, Dorothy confirme le talent artisanal de la française Agnès Merlet pour marier le fantastique occulte au drame humain. Une série B captivante, sensible et intelligemment construite, dont l'originalité réside moins dans ses effets surnaturels - bien qu'une trouvaille visuelle est à saluer - que dans la profondeur de ses personnages et de leurs blessures unis dans le mensonge, l'hypocrisie et la culpabilité, à l'exception de notre duo féminin potentiellement rédempteur.
P.S. : Je trouve un peu dommage que l'affiche française cède un peu au racolage, nous faisant croire à une banale série B sataniste dans la mouvance de La Malédiction. Un visuel clinquant assez trompeur, tant Dorothy se révèle plus subtil, plus humain et surtout psychologiquement plus riche que ne le suggère ce portrait patibulaire.
— Celui du cœur noir des images 🖤




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