(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Hier soir, découverte de Disclosure Day, qui renoue avec l'une des thématiques essentielles de Steven Spielberg : la vie extraterrestre. Or, à l'issue de ces 2h25, ce qui surprend le plus n'est pas tant son sujet familier que la manière dont le cinéaste choisit de l'aborder.
Loin de la démesure spectaculaire qui façonne une partie du divertissement contemporain, Spielberg retrouve donc ici un certain classicisme. Sa mise en scène, d'une fluidité remarquable, privilégie d'amples mouvements de caméra, une narration limpide et un sens du découpage qui fait naître le suspense sans jamais recourir à une surenchère d'action. Le récit progresse comme une enquête, un jeu de pistes, révélant peu à peu les motivations de ses personnages tout en maintenant constamment l'intérêt du spectateur.
Loin de la démesure spectaculaire qui façonne une partie du divertissement contemporain, Spielberg retrouve donc ici un certain classicisme. Sa mise en scène, d'une fluidité remarquable, privilégie d'amples mouvements de caméra, une narration limpide et un sens du découpage qui fait naître le suspense sans jamais recourir à une surenchère d'action. Le récit progresse comme une enquête, un jeu de pistes, révélant peu à peu les motivations de ses personnages tout en maintenant constamment l'intérêt du spectateur.
Si Disclosure Day évoque inévitablement Rencontres du troisième type, E.T. ou encore La Guerre des mondes, il s'en distingue largement avec une intelligence inattendue par son approche beaucoup plus intimiste. Car Spielberg délaisse ici le spectaculaire pour privilégier une science-fiction profondément psychologique et humaine. Toute son attention est portée sur Margaret Fairchild, présentatrice météo incarnée avec beaucoup de sensibilité et de tension par Emily Blunt qui porte le récit à bout de bras, ainsi que sur le docteur Daniel Kellner, interprété par Josh O'Connor. Deux destins singuliers appelés à se rejoindre au fil d'un récit au suspense anxiogène où les émotions (parfois fortes) priment constamment sur les effets.
Visuellement, le film, léchée - à dominante bleutée - est d'une maîtrise impressionnante. Chaque mouvement de caméra est réfléchi (souvent en plan large) et contribue à rendre crédible une intrigue simple pourtant extraordinaire et traitée de manière originale (tant auprès des pouvoirs psychiques de Margaret que de l'utilisation d'objet extraterrestres). Spielberg n'a rien perdu de son sens du spectacle, aussi modéré soit-il ici, car il l'emploie désormais avec une remarquable retenue. Même l'impressionnante poursuite ferroviaire, la séquence la plus spectaculaire du film, demeure au service narratif et ne constitue jamais une démonstration gratuite.
Cette sobriété se retrouve jusque dans les instants les plus émouvants. Une magnifique scène de réminiscence infantile permet notamment au réalisateur de renouer, avec délicatesse, avec cette imagerie féerique qui a toujours traversé certains de ses classiques. Les bons sentiments, souvent reprochés à Spielberg, deviennent à nouveau une véritable force émotionnelle par son savoir-faire autonome, et culminent dans un final d'une grâce bouleversante qu'on ne voit pas arriver (l'émotion n'est pas programmée), refusant SURTOUT toute grandiloquence comme toute paraphrase inutile. Tout l'inverse de Rencontres du 3è Type ou encore d'E.T. qui tablait sur une imagerie beaucoup plus ample et ouvertement féérique.
Mais c'est surtout dans son sous-texte que Disclosure Day m'a interpellé, marqué. Plus qu'un film standard consacré aux extraterrestres, j'y ai vu une réflexion sur la foi et le renoncement, au sens le plus large du terme : la foi spirituelle, évoquée à travers certains personnages, principalement Jane Blakenship, compagne de Kellner, qui doute autant qu'elle s'efforce de renouer avec Dieu au moment où sa vie semble ne plus tenir qu'à un fil. Mais également la foi en l'inconnu, en l'autre et en ce qui nous dépasse. Le postulat selon lequel une présence extraterrestre serait dissimulée depuis 1973 ne serait finalement qu'un prétexte pour Spielberg d'interroger notre rapport à la peur, à l'altérité et à l'espérance.
Cette lecture est d'ailleurs renforcée par l'évolution même de l'antagoniste Noah Scanlon. D'abord déterminé à empêcher toute révélation, il finit par renoncer à son opposition en laissant Margaret s'exprimer. Plus qu'une simple capitulation, j'y vois l'acceptation de ce qui lui paraissait jusque-là inconcevable. Même celui qui incarnait le refus de l'inconnu - par peur du chaos auprès de la population croyante - finit par accepter une réalité qui le dépasse.
C'est sans doute là que réside la véritable force de Disclosure Day. Derrière son intrigue de science-fiction impeccablement menée, Spielberg livre avant tout une œuvre profondément humaniste, où l'émotion l'emporte constamment sur le spectaculaire. Il rappelle, avec une pudeur qui force le respect, que l'être humain peut toujours évoluer, même aux moments les plus désespérés, dépasser ses peurs et apprendre à accepter ce qui lui est étranger. Croire que certaines rencontres changent le cours d'une vie.
À plus de cinquante ans de carrière, Steven Spielberg prouve à nouveau qu'il demeure un vrai conteur. Son sens du storytelling, sa maîtrise technique et son intelligence narrative restent intactes. Or, ici, plutôt que de chercher à impressionner, il choisit désormais d'émouvoir - à l'ancienne - avec une simplicité désarmante. Un parti-pris assumé qui ne peut que ravir le spectateur sensible à l'émotion la plus noble.
Pour ces raisons, Disclosure Day constitue à mes yeux une oeuvre modeste, sensible et humaniste que nous avions tant besoin à l'ère d'aujourd'hui. Un spectacle familial d'une élégance ténue, qui préfère l'espoir au pessimisme et rappelle, avec sincérité, que nous avons peut-être davantage à gagner, en accueillant l'inconnu plutôt qu'en le redoutant.
- Celui du cœur noir des images 🖤






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