lundi 1 janvier 2018

LE GENDARME DE SAINT-TROPEZ

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site unifrance.org

de Jean Girault. 1964. France/Italie. 1h30. Avec Louis de Funès, Michel Galabru, Jean Lefebvre, Christian Marin, Guy Grosso, Michel Modo, Geneviève Grad, France Rumilly, Nicole Vervil, Claude Piéplu.

Sortie salles France: 9 Septembre 1964

FILMOGRAPHIE: Jean Girault est un réalisateur et scénariste français, né le 9 mai 1924 à Villenauxe-la-Grande (Aube), décédé le 24 juillet 1982 à Paris. 1960 : Les Pique-assiette. 1961 : Les Moutons de Panurge. 1961 : Les Livreurs. 1963 : Les Veinards (film à sketchs coréalisé). 1963 : Les Bricoleurs. 1963 : Pouic-Pouic. 1963 : Faites sauter la banque ! 1964 : Les Gorilles. 1964 : Le Gendarme de Saint-Tropez. 1965 : Le Gendarme à New York. 1966 : Monsieur le président-directeur général. 1967 : Les Grandes Vacances. 1968 : Le gendarme se marie. 1968 : Un drôle de colonel. 1969 : La Maison de campagne. 1970 : Le Gendarme en balade. 1971 : Jo. 1971 : Le Juge. 1972 : Les Charlots font l'Espagne. 1973 : Le Concierge. 1973 : Le Permis de conduire. 1974 : Deux grandes filles dans un pyjama. 1975 : L'Intrépide. 1976 : Les murs ont des oreilles. 1976 : L'Année sainte. 1977 : Le Mille-pattes fait des claquettes. 1978 : L'Horoscope. 1978 : Sam et Sally , (série TV), 2 épisodes : Le Collier et Isabelita. 1978 : Le Gendarme et les Extra-terrestres. 1979 : L'Avare. 1981 : La Soupe aux choux. 1981 : Ach du lieber Harry. 1982 : Le Gendarme et les Gendarmettes.


Plus grand succès de l'annĂ©e 1964 avec 7 809 334 entrĂ©es, Le gendarme de St-Tropez est la comĂ©die policière qui permit Ă  Louis De Funès d'accĂ©der Ă  la notoriĂ©tĂ©. Divertissement bonnard aussi drĂ´le et cocasse que dĂ©paysant et rafraĂ®chissant (numĂ©ro dansant chansonnĂ© Ă  l'appui !), l'intrigue linĂ©aire ne s'embarrasse pas de subtilitĂ© pour illustrer les aventures rocambolesques du marĂ©chal Cruchot amenĂ© Ă  gouverner sa nouvelle Ă©quipe de gendarmes Ă  la suite de sa mutation Ă  Saint-Tropez. Après une sĂ©rie d'opĂ©rations coup de poing Ă  verbaliser la populace locale, Cruchot et sa troupe finissent par se confronter Ă  une bande de malfrats ayant en leur possession un tableau volĂ©. Mais Ă  la suite d'un concours de circonstances infortunĂ©es, la fille de Cruchot se retrouve elle mĂŞme embarquĂ©e dans l'illĂ©galitĂ© après avoir dĂ©robĂ© la Ferrari des Malfrats. Cruchot tentera par tous les moyens de rĂ©parer les dĂ©gâts et sauver l'honneur de sa fille en se faisant passer pour un milliardaire.


RĂ©alisĂ© par Jean Girault, un des maĂ®tres de la comĂ©die populaire ayant surtout sĂ©vi dans les annĂ©es 60 et 70, Le Gendarme de St-Tropez continue de faire rire et de nous enthousiasmer grâce Ă  la fringance de ces comĂ©diens (Michel Galabru, Jean Lefebvre, Christian Marin, Guy Grosso) se raillant du corps policier sans jamais user de vulgaritĂ©. Et si tous les gags ne sont pas toujours du meilleur goĂ»t, la plupart parviennent haut la main Ă  provoquer les Ă©clats de rires sous l'impulsion de la tornade De Funes comme de coutume très en forme Ă  se glisser dans le corps d'un adjudant intraitable mais pour autant preux et dĂ©bonnaire lorsqu'il s'agit de prĂŞter main forte Ă  sa fille. Je tiens d'ailleurs Ă  souligner Ă  travers ce second-rĂ´le dĂ©nuĂ© de prĂ©tention, le jeu spontanĂ© de la sĂ©millante Geneviève Grad  Ă©tonnamment naturelle et pleine de charme Ă  incarner une ado Ă  la fois naĂŻve et candide, avide de reconnaissance amicale auprès de ses nouveaux camarades persifleurs. C'est en prime Ă  la suite de quiproquos en pagaille que cette dernière parvient Ă  renouveler l'intĂ©rĂŞt de l'intrigue Ă  renfort de pĂ©ripĂ©ties cocasses ou endiablĂ©es (poursuites en voiture en sus !).


Plusieurs dĂ©cennies après sa sortie, le Gendarme de St-Tropez reste Ă©gal Ă  lui mĂŞme pour perdurer son ressort comique grâce Ă  l'intĂ©gritĂ© de Jean Girault et de ses comĂ©diens se prĂŞtant au jeu de la gentille parodie avec une bonhomie aussi bien attachante que cocasse (voir parfois mĂŞme hilarante). Et en dĂ©pit du cĂ´tĂ© bon enfant de la plupart des situations et la manière simpliste de charpenter son intrigue policière, cet excellent divertissement compte notamment sur son dĂ©cor exotique (la station  estivale de Saint-Tropez) pour nous charmer la vue dans le contexte insouciant des annĂ©es 60. 

* Bruno

Récompenses: victoire du cinéma pour Louis de Funès, décernée lors de la 20e Nuit du cinéma au théâtre Marigny, en 1964.

vendredi 29 décembre 2017

Les Aventures de Buckaroo BanzaĂŻ / The Adventures of Buckaroo Banzai Across the 8th Dimension

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de W. D. Richter. 1984. USA. 1h42. Avec Peter Weller, John Lithgow, Ellen Barkin, Jeff Goldblum, Christopher Lloyd, Lewis Smith, Rosalind Cash.

Sortie salles France: 15 Août 1984. U.S: 10 Août 1984

FILMOGRAPHIEWalter Duch Richter est un scénariste, producteur et réalisateur américain, né le 7 décembre 1945 à New Britain, dans le Connecticut. 1984 : Les Aventures de Buckaroo Banzaï. 1991: Passeport pour le futur (late for dinner).


Echec commercial Ă  sa discrète sortie (notamment une sortie limitĂ©e aux States) si bien que sa suite initialement prĂ©vue fut annulĂ©e, les Aventures de Buckaroo Banzai fait vĂ©ritablement office d'ofni dans le paysage de la science-fiction. On peut d'ailleurs aussi parler de film culte si bien qu'il ne ressemble Ă  aucun autre et que son scĂ©nario dĂ©bridĂ© gĂ©nère quelques sĂ©quences aussi pittoresques que sĂ©rieuses auprès de son aspect scientifique filmĂ© Ă  la manière d'un doc et d'une action dĂ©bridĂ©e en roue libre sans jamais se laisser piĂ©ger par l'esbroufe. RĂ©alisĂ© sans prĂ©tention aucune de façon aussi sobre que dĂ©complexĂ©, les Aventures de Buckaroo Banzai ne cesse d'alterner la stupeur, l'interrogation, le dĂ©concertement, le sentiment de rĂŞve et d'Ă©vasion avec une humeur expansive. De par la complicitĂ© très solidaire des comĂ©diens particulièrement jouasses (on y croise John Lithgow, Ellen Barkin, Jeff Goldblum, Christopher Lloyd) Ă  se laisser gouverner par un Peter Weller taillĂ© sur mesure en hĂ©ros slasheur (il est Ă  la fois neurochirurgien, chanteur de Rock, auteur de BD et aventurier), et l'aspect agrĂ©ablement rĂ©tro de ses effets-spĂ©ciaux artisanaux faisant parfois mouche (Ă  l'instar de son spectaculaire prologue ouvrant le seuil d'une 8è dimension ou de la morphologie loufoque des ET. que l'on croirait issus des annĂ©es 50 !).


Ainsi, Ă  l'aide de son vĂ©hicule supersonique, Buckaroo BanzaĂŻ vient de traverser une montagne au creux de la 8è dimension. PeuplĂ© d'extra-terrestres, il ramène avec lui un spĂ©cimen. Pendant que d'autres extra-terrestres tentent d'entrer en contact avec lui afin de l'avertir du danger planĂ©taire, le Dr Emlilio Lizardo Ă©labore un plan pour dĂ©rober son invention (le sur-propulseur). C'est le dĂ©but d'une guerre entre humains et E.T que Buckaroo affrontera pour l'enjeu d'une otage (sa nouvelle maĂ®tresse dĂ©pressive) et de l'humanitĂ© toute entière. Affichant un esprit cartoonesque de sĂ©rie B dĂ©calĂ©e littĂ©ralement inusitĂ©e, Les Aventures de Buckaroo BanzaĂŻ distille un (dĂ©lirant) climat insolite assez dĂ©routant pour peu que le fan du genre accepte qu'on y bouscule sans cesse ses habitudes. On comprend donc qu'Ă  sa sortie ce divertissement soufflant le chaud et le froid se soit soldĂ© d'un Ă©chec retentissant, quand bien mĂŞme l'action mise en scène s'avère somme toute classique au cours d'un rĂ©cit sciemment confus truffĂ© de pĂ©ripĂ©ties et situations saugrenues (notamment Ă  travers le jeu dĂ©mesurĂ©e de John Lithgow en savant court-circuitĂ© !). Et donc grâce Ă  la bonhomie excentrique des comĂ©diens jouant les redresseurs de tort ou les extra-terrestres patibulaires, l'aventure bigarrĂ©e parvient inĂ©vitablement Ă  sĂ©duire pour nous laisser sur un sentiment final de satisfaction proprement indicible tant le pĂ©riple nous donna le tournis dans la raison et la dĂ©raison. A l'instar de sa conclusion musicale aussi entĂŞtante qu'entraĂ®nante restĂ©e dans toutes les mĂ©moires de la gĂ©nĂ©ration 80. Tout simplement l'un des plus beau gĂ©nĂ©riques de fin de l'histoire du cinĂ©ma.


A la fois amusant, dĂ©lirant et cocasse et Ă©tonnamment sĂ©rieux Ă  travers son esprit 1er degrĂ© que l'on croirait presque extirpĂ© d'un reportage scientifique dĂ©sincarnĂ©, les Aventures de Buckaroo BanzaĂŻ met en Ă©vidence la sincĂ©ritĂ© d'un cinĂ©aste autonome (après cet essai il ne rĂ©alisera qu'un dernier mĂ©trage) assorti d'une Ă©vidente gĂ©nĂ©rositĂ© (en dĂ©pit de son budget low-cost) dans son implication immodĂ©rĂ©e Ă  nous balloter l'encĂ©phale tous azimut. Sympathique, charmant, fascinant, ludique et romantique au sein d'une structure Ă©motionnelle hybride, Buckaroo BanzaĂŻ se redĂ©couvre sans modĂ©ration comme s'il s'agissait de la toute première fois tant le spectacle quasi irracontable, issu d'une dimension stellaire, dĂ©ploie des trouvailles (narratives et visuelles) incongrues Ă  corps perdu. Un expĂ©rience unique au monde que l'on peut compter sur les doigts d'une main. 

* Bruno
01.12.23. 4èx

jeudi 28 décembre 2017

La Fille qui en savait trop / La ragazza che sapeva troppo.

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dvdclassik.com

de Mario Bava. 1963. Italie. 1h28. Avec Letícia Román, John Saxon, Valentina Cortese, Titti Tomaino, Luigi Bonos, Milo Quesada.

Sortie salles France: 29 Janvier 1964. Italie: 10 Février 1963

FILMOGRAPHIEMario Bava est un rĂ©alisateur, directeur de la photographie et scĂ©nariste italien, nĂ© le 31 juillet 1914 Ă  Sanremo, et dĂ©cĂ©dĂ© d'un infarctus du myocarde le 27 avril 1980 Ă  Rome (Italie). Il est considĂ©rĂ© comme le maĂ®tre du cinĂ©ma fantastique italien et le crĂ©ateur du genre dit giallo. 1946 : L'orecchio, 1947 : Santa notte, 1947 : Legenda sinfonica, 1947 : Anfiteatro Flavio, 1949 : Variazioni sinfoniche, 1954 : Ulysse (non crĂ©ditĂ©),1956 : Les Vampires (non crĂ©ditĂ©),1959 : Caltiki, le monstre immortel (non crĂ©ditĂ©),1959 : La Bataille de Marathon (non crĂ©ditĂ©),1960 : Le Masque du dĂ©mon,1961 : Le Dernier des Vikings (non crĂ©ditĂ©),1961 : Les Mille et Une Nuits,1961 : Hercule contre les vampires,1961 : La RuĂ©e des Vikings, 1963 : La Fille qui en savait trop,1963 : Les Trois Visages de la peur, 1963 : Le Corps et le Fouet, 1964 : Six femmes pour l'assassin, 1964 : La strada per Fort Alamo, 1965 : La Planète des vampires, 1966 : Les Dollars du Nebraska (non cĂ©ditĂ©), 1966 : Duel au couteau,1966 : OpĂ©ration peur 1966 : L'Espion qui venait du surgelĂ©, 1968 : Danger : Diabolik ! , 1970 : L'ĂŽle de l'Ă©pouvante ,1970 : Une hache pour la lune de miel ,1970 : Roy Colt e Winchester Jack, 1971 : La Baie sanglante, 1972 : Baron vampire  , 1972 : Quante volte... quella notte, 1973 : La Maison de l'exorcisme, 1974 : Les Chiens enragĂ©s,1977 : Les DĂ©mons de la nuit (Schock),1979 : La Venere di Ille (TV).

 
Ĺ’uvre sĂ©minale inaugurant le Giallo avec une Ă©tonnante maĂ®trise et une inventivitĂ© mordante, La Fille qui en savait trop conjugue avec brio l’horreur et le thriller sous l’Ĺ“il baroque de Mario Bava, qui filme statues et ornementations Ă  travers des cadrages alambiquĂ©s, comme un architecte du trouble. Écho fĂ©minin au cĂ©lèbre titre hitchcockien, cette perle rare — aussi paradoxale soit-elle — reste cruellement mĂ©connue, ignorĂ©e Ă  l’Ă©poque, jamais reconnue Ă  sa juste valeur. Ă€ cela s’ajoute le dĂ©sintĂ©rĂŞt croissant pour le roman de gare estampillĂ© “Giallo”, qui n’attirait plus les lecteurs au seuil des annĂ©es 60.

Si Bava, selon la rumeur, fut d’humeur irascible face Ă  un projet qu’il jugeait trop teintĂ© de comĂ©die romantique policière, il y imprima pourtant sa marque. Du moins dans la version italienne, bien plus audacieuse que le remontage Ă©dulcorĂ© et pittoresque destinĂ© au marchĂ© amĂ©ricain. En soignant une atmosphère d’Ă©trangetĂ©, Bava cisèle un suspense affĂ»tĂ©, comme un fil de rasoir entre rĂŞve et rĂ©alitĂ©. 

Pitch: ArrivĂ©e Ă  Rome pour visiter sa tante, la jeune AmĂ©ricaine Nora voit cette dernière succomber Ă  un arrĂŞt cardiaque. Errant dans la ville, hagarde, Nora devient le tĂ©moin d’un meurtre Ă  l’arme blanche... avant de s’Ă©vanouir. Ă€ son rĂ©veil : aucun corps, aucun article dans les journaux. Hallucination ? Cauchemar ? OĂą s’arrĂŞte l’imagination, oĂą commence le rĂ©el ?

 
Thriller horrifique passionnant, son intrigue charpentĂ©e distille maigres indices et faux-semblants autour de figures Ă©quivoques, de rebondissements suspendus. Entièrement centrĂ© sur Nora -fragile, attirĂ©e par l’inconnu, troublĂ©e par la perversitĂ© latente - le film scrute son esprit poreux Ă  la paranoĂŻa, Ă  la psychose. Bava esquisse ce portrait mental avec une prĂ©cision clinique : elle ira jusqu’Ă  tendre un piège domestique avec du talc et du fil de nylon pour piĂ©ger un intrus invisible. Car La Fille qui en savait trop joue de l’ambiguĂŻtĂ© : rĂŞve ou perception extra-lucide ? Hallucination ou prĂ©cognition ? L’enquĂŞte flotte entre rationalitĂ© bancale et menace invisible.

Et lorsque la vĂ©ritĂ© Ă©clot - le portrait du coupable se rĂ©vèle d’une puissance dĂ©rangeante. Glaçant dans sa prĂ©sence fuyante, il suinte la folie d’une pulsion homicide nourrie de .... Bava, fascinĂ©, scrute ce visage avec un fĂ©tichisme fiĂ©vreux. 

 
"La lucidité est une blessure".
Soutenu par une distribution solide - avec un John Saxon juvĂ©nile en contrepoint avenant -, un suspense coupĂ© au cordeau et une imagerie charnelle au raffinement macabre, La Fille qui en savait trop amorce l’ADN du Giallo avec une modernitĂ© stupĂ©fiante. LetĂ­cia Román, littĂ©ralement magnĂ©tique dans la peau d’une investigatrice en Ă©moi, incarne la permĂ©abilitĂ© du regard fĂ©minin Ă  l’irruption du chaos. Une Ĺ“uvre Ă  redĂ©couvrir de toute urgence, Ă  marquer d’une pierre blanche - mĂŞme si, un an plus tard, Bava transcendera l’essai en chef-d’Ĺ“uvre absolu avec Six Femmes pour l’Assassin.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

mercredi 27 décembre 2017

L'île de l'Epouvante / 5 Filles dans une nuit chaude d'été

                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site thebloggerscinemaclub.com

"5 bambole per la luna d'agosto" de Mario Bava. 1970. Italie. 1h22. Avec William Berger, Ira von FĂĽrstenberg, Edwige Fenech, Howard Ross, Helena Ronee

Sortie salles France: 22 Novembre 1972. Italie: 14 Février 1970

FILMOGRAPHIEMario Bava est un rĂ©alisateur, directeur de la photographie et scĂ©nariste italien, nĂ© le 31 juillet 1914 Ă  Sanremo, et dĂ©cĂ©dĂ© d'un infarctus du myocarde le 27 avril 1980 Ă  Rome (Italie). Il est considĂ©rĂ© comme le maĂ®tre du cinĂ©ma fantastique italien et le crĂ©ateur du genre dit giallo. 1946 : L'orecchio, 1947 : Santa notte, 1947 : Legenda sinfonica, 1947 : Anfiteatro Flavio, 1949 : Variazioni sinfoniche, 1954 : Ulysse (non crĂ©ditĂ©),1956 : Les Vampires (non crĂ©ditĂ©),1959 : Caltiki, le monstre immortel (non crĂ©ditĂ©),1959 : La Bataille de Marathon (non crĂ©ditĂ©),1960 : Le Masque du dĂ©mon,1961 : Le Dernier des Vikings (non crĂ©ditĂ©),1961 : Les Mille et Une Nuits,1961 : Hercule contre les vampires,1961 : La RuĂ©e des Vikings, 1963 : La Fille qui en savait trop,1963 : Les Trois Visages de la peur, 1963 : Le Corps et le Fouet, 1964 : Six femmes pour l'assassin, 1964 : La strada per Fort Alamo, 1965 : La Planète des vampires, 1966 : Les Dollars du Nebraska (non cĂ©ditĂ©), 1966 : Duel au couteau,1966 : OpĂ©ration peur 1966 : L'Espion qui venait du surgelĂ©, 1968 : Danger : Diabolik ! , 1970 : L'ĂŽle de l'Ă©pouvante ,1970 : Une hache pour la lune de miel ,1970 : Roy Colt e Winchester Jack, 1971 : La Baie sanglante, 1972 : Baron vampire  , 1972 : Quante volte... quella notte, 1973 : La Maison de l'exorcisme, 1974 : Les Chiens enragĂ©s,1977 : Les DĂ©mons de la nuit (Schock),1979 : La Venere di Ille (TV).

"L’ĂŽle aux Silences Mortels".

Ce n’est un secret pour personne : L’ĂŽle de l’Ă©pouvante est souvent relĂ©guĂ© parmi les Ĺ“uvres mineures de Mario Bava. Sorte de prototype encore brouillon de La Baie sanglante, rĂ©alisĂ© un an plus tĂ´t, ce huis clos insulaire s’adonne Ă  un jeu de massacre entre une poignĂ©e de touristes confinĂ©s sur une Ă®le, tous dĂ©sireux de s’emparer de la formule convoitĂ©e de leur camarade, le scientifique Fritz Farrel. Mais un tueur mystĂ©rieux dĂ©cide de semer la pagaille, dĂ©clenchant une sĂ©rie de meurtres implacables. 

Sympathique giallo au suspense soutenu, fertile en disparitions, coups bas et rebondissements parfois retors, L’ĂŽle de l’Ă©pouvante est rehaussĂ© par son cadre exotique, avec, en son Ă©picentre, une villa insolite Ă  la modernitĂ© frappante. TournĂ© en pleine ère psychĂ© des annĂ©es 70, on reste stupĂ©fait devant le design high-tech de cette demeure, dont Bava exploite chaque recoin avec un soin stylistique Ă©vident.

Notamment lors de ce moment suspendu oĂą une poignĂ©e de boules de verre dĂ©valent un escalier pour rĂ©vĂ©ler, dans une vision onirico-macabre, un cadavre alangui dans sa baignoire. ÉmaillĂ© d’un Ă©rotisme soft, portĂ© par des donzelles aussi insidieuses qu’envieuses (la plantureuse Edwige Fenech en tĂŞte !), le film nous livre une galerie peu recommandable de convives cupides, oĂą tous les coups sont permis - avec, pour clore le bal, un final surprenant aux relents de sarcasme noir.

Bava, en filigrane, saupoudre son rĂ©cit de rĂ©pliques sardoniques et de simulacres ingĂ©nieux, comme l’homicide liminaire qu’Edwige Fenech orchestre sans sourciller. Une Ĺ“uvre Ă  dĂ©couvrir, assurĂ©ment - mĂŞme si l’on peut dĂ©plorer le caractère docile de ses meurtres, trop souvent relĂ©guĂ©s hors-champ.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

*Bruno
3èx

mardi 26 décembre 2017

LA SOUPE AUX CHOUX

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Jean Girault. 1981. France. 1h42. Avec Louis de Funès, Jean Carmet, Jacques Villeret, Christine Dejoux, Claude Gensac, Henri Génès, Marco Perrin.

Sortie salles France: 2 Décembre 1981

FILMOGRAPHIE: Jean Girault est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste français, nĂ© le 9 mai 1924 Ă  Villenauxe-la-Grande (Aube), dĂ©cĂ©dĂ© le 24 juillet 1982 Ă  Paris. 1960 : Les Pique-assiette. 1961 : Les Moutons de Panurge. 1961 : Les Livreurs. 1963 : Les Veinards (film Ă  sketchs corĂ©alisĂ©). 1963 : Les Bricoleurs. 1963 : Pouic-Pouic. 1963 : Faites sauter la banque ! 1964 : Les Gorilles. 1964 : Le Gendarme de Saint-Tropez. 1965 : Le Gendarme Ă  New York. 1966 : Monsieur le prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral. 1967 : Les Grandes Vacances. 1968 : Le gendarme se marie. 1968 : Un drĂ´le de colonel. 1969 : La Maison de campagne. 1970 : Le Gendarme en balade. 1971 : Jo. 1971 : Le Juge. 1972 : Les Charlots font l'Espagne. 1973 : Le Concierge. 1973 : Le Permis de conduire. 1974 : Deux grandes filles dans un pyjama. 1975 : L'IntrĂ©pide. 1976 : Les murs ont des oreilles. 1976 : L'AnnĂ©e sainte. 1977 : Le Mille-pattes fait des claquettes. 1978 : L'Horoscope. 1978 : Sam et Sally , (sĂ©rie TV), 2 Ă©pisodes : Le Collier et Isabelita. 1978 : Le Gendarme et les Extra-terrestres. 1979 : L'Avare. 1981 : La Soupe aux choux. 1981 : Ach du lieber Harry. 1982 : Le Gendarme et les Gendarmettes.


VilipendĂ© par la critique Ă  sa sortie et modestement apprĂ©ciĂ© par le public de l'Ă©poque si on en juge ses 3 093 019 entrĂ©es (un score moindre en rapport aux antĂ©cĂ©dents succès de De Funès), la Soupe aux Choux est devenu pour autant un film culte chez une frange du public et certains cinĂ©philes au fil de ses multiples rediffusions tĂ©lĂ©visuelles. IsolĂ©s dans leur ferme afin de fuir l'urbanisation moderne, Le Glaude et le BombĂ© tuent leur ennui Ă  bavasser en se saoulant quotidiennement. Un soir, après un concours de pets Ă  rĂ©veiller les Ă©clairs, un extra-terrestre vient leur rendre visite. C'est le dĂ©but d'une amitiĂ© que le Glaude va partager avec l'Ă©tranger après lui avoir fait goĂ»ter sa fameuse soupe aux choux. 


A la croisĂ©e du nanar cosmique et de la curiositĂ© viticole, La Soupe aux Choux pâti Ă  mon sens d'un rythme mollasson et d'une timide Ă©motion (mĂ©lancolique), faute d'une intrigue futile exploitant maladroitement les thèmes de l'amitiĂ©, de l'amour, de la vieillesse et du passĂ©isme Ă  travers le microcosme paysan dĂ©prĂ©ciĂ© par la civilisation moderne. Si De Funès et Jean Carmet font preuve de beaucoup de dynamisme dans leur fidĂ©litĂ© amicale; et que Jacques Villeret se fond (grotesquement) dans le corps d'un E.T avec une bonhomie digne de Casimir, La Soupe aux Choux piĂ©tine sur un cheminement routinier (toute la partie oĂą Francine revient d'entre les morts du haut de ses 20 ans peine Ă  maintenir l'intĂ©rĂŞt dans sa requĂŞte d'une seconde jeunesse exaltĂ©e). On se console au final sur quelques sourires et Ă©ventuellement de petits Ă©clats de rire (son prologue hilarant pour autant discutable car assez trivial, les mimiques dĂ©lirantes de la denrĂ©e dans sa combinaison fluo comparable Ă  un TĂ©lĂ©tubbies) dĂ©voilĂ©s en intermittence sous l'impulsion d'une mĂ©lodie folklo fichtrement entĂŞtante.


A réserver en priorité aux nostalgiques de l'époque révolue.

* Bruno
3èx

TOP / FLOP 2017

                                 1 / Ex-aequo

      

                               2 /  Ex-aequo
                        
                
             
                                 3 / Ex-aequo

  

                           Dans le dĂ©sordre:


    






                                  BONUS:










                                FLOP 2017: 
1/

2 / 

3 /

                          Dans le dĂ©sordre: