vendredi 22 décembre 2023

The Hunt

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Craig Zobel. 2020. U.S.A. 1h30. Avec Betty Gilpin, Ike Barinholtz, Emma Roberts, Hilary Swank, Justin Hartley, Glenn Howerton, Amy Madigan.

Sortie salles France: 22 Juin 2020

FILMOGRAPHIE: Craig Zobel est un réalisateur et producteur américain. Great World of Sound (2007). Compliance 2012. Les Survivants 2015. The Hunt (2020).


Quel rĂ©jouissant jeu de massacre que cette chasse Ă  l'homme oĂą les rĂ´les vont subitement s'inverser en la prĂ©sence d'une guerrière farouche aussi fĂ»tĂ©e qu'impitoyable. Craig Zobel relançant sans cesse l'intrigue mĂ©chamment escarpĂ©e par la dĂ©viation d'un cheminement imprĂ©visible truffĂ© de rebondissements et surtout de faux semblants que l'on ne voit pas arriver. Qui plus est, fort d'une mise en scène percutante dirigeant avec brio chorĂ©graphiĂ© ses scènes d'action ultra violentes oĂą le gore explose Ă  n'importe quel recoin, The Hunt est d'autant plus jouissif en la prĂ©sence laconique de l'actrice Betty Gilpin magnĂ©tisant l'Ă©cran avec un aplomb, un trouble expressif, une force tranquille iconique. De quoi faire la nique Ă  nos hĂ©roĂŻnes intrĂ©pides Ripley, Sarah Connor et consort auprès de son art du self dĂ©fense redoutablement incisif (pour ne pas dire Ă  couper au rasoir). 

Satire (oh combien) mysantrope où les thématiques sociales (immigration, cause animale, individualisme, égoisme, déshumanisation), économiques (malbouffe, vente libre des armes), politiques (racisme, élitisme de classe) passent au crible de la dérision sardonique (proche d'un Tex Avery vitriolé), The Hunt culmine son festoyant survival autour d'une confrontation féministe explosive (impossible de ne pas songer à Kill Bill "in the kitchen") en rehaussant la simplicité si fallacieuse de son intrigue beaucoup plus finaude qu'en apparence. Et ce en jouant à nouveau admirablement avec le subterfuge, la manipulation morale afin de mieux duper son adversaire martial en proie au doute et à la suspicion.

*Bruno

mercredi 20 décembre 2023

Thanksgiving

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Eli Roth. 2023. U.S.A. 1h46. Avec Patrick Dempsey, Ty Olsson, Gina Gershon, Gabriel Davenport, Karen Cliche, Nell Verlaque, Rick Hoffman, Jalen Thomas Brooks, Addison Rae.

Sortie salles France: 29 Novembre 2023 (Int - 16 ans)

FILMOGRAPHIE: Eli Roth est un rĂ©alisateur amĂ©ricain, nĂ© le 18 Avril 1972 Ă  Boston. 2002: Cabin Fever. 2006: Hostel. 2007: Thanksgiving (faux trailer). 2007: Hostel 2. 2009: Nation's Pride - Stolz der Nation (trailer). 2013: The Green Inferno. 2015: Knock Knock. 2018 : Death Wish. 2018 : La ProphĂ©tie de l'horloge. 2023 : Thanksgiving : La semaine de l'horreur. 2024 : Borderlands. 

Hommage aux psycho-killers des annĂ©es 90 (Scream en tĂŞte, indubitablement, Urban Legend et consorts) sous couvert d'une satire caustique sur le consumĂ©risme (le prologue borderline est très rĂ©ussi !) et la dĂ©shumanisation des rĂ©seaux sociaux, Thanksgiving compte Ă  tous prix sur sa plĂ©thore de scènes chocs rĂ©solument gorasses pour tenir en haleine le spectateur peu motivĂ© de prime abord par son intrigue poussive. Le point le plus rĂ©prĂ©hensible de cette sympathique sĂ©rie B Ă©manant de l'attrait fadasse des personnages pas franchement attachants dans leur fonction de victimes Ă©plorĂ©es ou d'investigateurs en herbe s'efforçant maladroitement de remonter la piste du tueur avec l'appui d'une police aussi infructueuse. Qui plus est, nanti d'un charisme somme toute ordinaire Ă  travers leur psychologie aussi sommaire que dĂ©munie, Eli Roth semble adopter ce parti-pris pour coller au plus près de l'ambiance et du charme candides de ces petites sĂ©ries B horrifiques dĂ©nuĂ©es de prĂ©tention. 

Or, plus le temps passe, plus le mĂ©trage devient davantage agrĂ©able Ă  suivre, avec en intermittence 1 Ă  2 sĂ©quences flippantes particulièrement rĂ©ussies auprès de la montĂ©e d'un suspense oppressant instaurĂ© au sein d'endroits exigus. Eli Roth prenant Ă©galement constamment malin plaisir Ă  Ă©laborer ses sĂ©quences chocs avec une inventivitĂ© sans cesse renouvelĂ©e et un attrait probant pour le spectacle des poursuites infernales et estocades tranchĂ©es que l'on observe entre apprĂ©hension, dĂ©rision tacite et fascination morbide. Et s'il ne laissera pas de traces indĂ©lĂ©biles auprès du sous-genre tant Ă©culĂ©, on garde toutefois en mĂ©moire un divertissement sardonique bonnard de par son rythme particulièrement bien gĂ©rĂ© allant crescendo au fil d'une rĂ©vĂ©lation identitaire assez rĂ©ussie (bien que je l'ai personnellement devinĂ©) et plutĂ´t cohĂ©rente quant aux tenants et aboutissants du tueur tributaire de sa vendetta en roue libre (euphĂ©misme). 

*Bruno
Vostfr

lundi 18 décembre 2023

FantĂ´mes en FĂŞte / Scrooged

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Richard Donner. 1988. U.S.A. 1h41. Avec Bill Murray, Karen Allen, David Johansen, John Glover, Carol Kane, Alfre Woodard, Bobcat Goldthwait, Robert Mitchum.

Sortie salles France: 21 Décembre 1988

FILMOGRAPHIE: Richard Donner (Richard Donald Schwartzberg) est un réalisateur et producteur américain, né le 24 Avril 1930 à New-York. 1961: X-15. 1968: Sel, poivre et dynamite. 1970: l'Ange et le Démon. 1976: La Malédiction. 1978: Superman. 1980: Superman 2 (non crédité - Richard Lester). 1980: Rendez vous chez Max's. 1982: Le Jouet. 1985: Ladyhawke, la femme de la nuit. 1985: Les Goonies. 1987: l'Arme Fatale. 1988: Fantômes en Fête. 1989: l'Arme Fatale 2. 1991: Radio Flyer. 1992: l'Arme Fatale 3. 1994: Maverick. 1995: Assassins. 1996: Complots. 1998: l'Arme Fatale 4. 2002: Prisonnier du temps. 2006: 16 Blocs. 2006: Superman 2 (dvd / blu-ray).


Discours sur la dichotomie de l'Ă©goĂŻsme et de la gĂ©nĂ©rositĂ© par le truchement d'un conte de NoĂ«l plutĂ´t dĂ©calĂ©, FantĂ´mes en FĂŞte est une formidable friandise acidulĂ©e largement dominĂ© par la prĂ©sence de l'irrĂ©sistible Bill Murray omniprĂ©sent Ă  l'Ă©cran. Celui-ci s'en donnant Ă  coeur joie en directeur de chaine intransigeant Ă  travers ses rĂ©parties aussi dĂ©tendues que tranchĂ©es avant de cĂ©der Ă  la remise en question depuis l'intrusion de 3 fantĂ´mes dĂ©libĂ©rĂ©s Ă  lui remĂ©morer son passĂ© galvaudĂ© afin de lui offrir une seconde chance. Parfois grave Ă  travers sa dramaturgie mĂ©lancolique inscrite dans le passĂ© et nappĂ© de tendresse pour les rapports Ă©quivoques entre la dĂ©licieuse Karen Allen (le sourire le plus gĂ©nĂ©reux des stars ricaines) et Bill Muray littĂ©ralement amoureux mais conflictuels, FantĂ´mes en FĂŞte inclut en cerise sur le gâteau l'argument fantastique pour renforcer son humour dĂ©bridĂ© (parfois noir). Richard Donner achevant de clĂ´turer son manifeste pour l'altruisme auprès d'une Ă©treinte musicale de masse faisant Ă©cho Ă  la dimension fĂ©erique de NoĂ«l. Tout bien considĂ©rĂ©, un spectacle bonnard plein d'Ă©motions, d'humour, de mĂ©chancetĂ© et de bons sentiments.


*Bruno
3èx

mercredi 13 décembre 2023

L'Animal

                                           
                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Claude Zidi. 1977. France. 1h40. Avec Jean-Paul Belmondo, Raquel Welch, Charles Gérard, Julien Guiomar, Aldo Maccione, Dany Saval, Raymond Gérôme, Henri Génès, Jane Birkin, Johnny Hallyday, Claude Chabrol, Yves Mourousi, Mario David, Jacques Alric, Henri Attal, Josiane Balasko, Maurice Auzel, Maurice Bénichou.

Sortie salles France: 5 Octobre 1977

FILMOGRAPHIE: Claude Zidi est rĂ©alisateur et scĂ©nariste français nĂ© le 25 juillet 1934 Ă  Paris.
1971 : Les Bidasses en folie. 1972 : Les Fous du stade. 1973 : Le Grand Bazar. 1974 : La moutarde me monte au nez. 1974 : Les Bidasses s'en vont en guerre. 1975 : La Course à l'échalote. 1976 : L'Aile ou la Cuisse. 1977 : L'Animal. 1978 : La Zizanie. 1979 : Bête mais discipliné. 1980 : Les Sous-doués. 1980 : Inspecteur la Bavure. 1982 : Les Sous-doués en vacances. 1983 : Banzaï. 1984 : Les Ripoux. 1985 : Les Rois du gag. 1987 : Association de malfaiteurs. 1988 : Deux. 1989 : Ripoux contre ripoux. 1991 : La Totale ! 1993 : Profil bas. 1997 : Arlette. 1999 : Astérix et Obélix contre César. 2001 : La Boîte. 2003 : Ripoux 3. 2011 : Les Ripoux anonymes, série coréalisée avec son fils Julien Zidi.


ComĂ©die ultra light bâtie sur la popularitĂ© de Bebel totalement en roue libre dans un double rĂ´le antinomique (acteur homosexuel contraint d'ĂŞtre doublĂ© par son sosie, un cascadeur en requĂŞte sentimentale en la personne de Raquel Welch), l'Animal triompha en salles lors de sa sortie (3 157 789 entrĂ©es !) Ă  la grande joie de l'acteur qui cumulait des annĂ©es plus tĂ´t de rĂ©currents Ă©checs (le Corps de mon ennemi, l'Alpagueur). Et si on a largement connu Claude Zidi plus inspirĂ©, voir beaucoup plus appliquĂ© derrière sa casquette de maĂ®tre de la comĂ©die populaire, la bonne humeur qui se dĂ©gage des situations aussi folingues qu'outrancières, l'incroyable sex-appeal de Raquel Welch (euphĂ©misme !) irradiant l'Ă©cran Ă  chaque seconde, le dĂ©paysement du vaudeville exotique exploitant sans cesse les dĂ©cors d'un cinĂ©ma cartoonesque et surtout la bonhomie exubĂ©rante de Belmondo s'en donnant Ă  coeur joie dans les mimiques et gesticulations endiablĂ©es (jusqu'Ă  la lourdeur lors des passages les moins pittoresques) achèvent de rendre ce divertissement frĂ©quemment sympathique. 


En prime d'assister Ă  un panel de sĂ©quences impressionnantes faisant intervenir de dangereux fĂ©lins (tigre / lion) ou de tĂ©moigner de cascades les plus couillues et improbables (celle aĂ©rienne lorsque Bebel fige ses jambes sur les ailes d'un avion donne clairement le vertige), l'Animal fleure bon la comĂ©die dĂ©complexĂ©e sous l'impulsion d'une frĂ©tillante partition de Vladimir Cosma qui nous manque tant aujourd'hui auprès de nos comĂ©dies contemporaines autrement opportunistes, pour ne pas dire dĂ©nuĂ©es d'innocence. Ainsi, outre ses moult dĂ©fauts cabotins, voirs quelque peu ridicules parfois, on pardonne facilement ces effets de manche grossiers pour prĂ©server au final un souvenir assez chaleureux d'après cet hommage Ă  la sĂ©rie B aussi bricolĂ©e qu'attachante. En se remĂ©morant enfin chez les nostalgiques ses fameuses sĂ©ances que l'on savourait avec nos parents lors du "film du Dimanche soir" que TF1 diffusait de façon hebdomadaire. Et puis Ă  titre subsidiaire il y a la prĂ©sence secondaire d'Aldo Macione (et d'autres figurants devenus notoires par la suite) en cinĂ©aste nĂ©ophyte s'efforçant d'y parfaire un film d'action Bisseux avec son accent italien irrĂ©sistible. A prioriser votre sĂ©ance "rĂ©tro" lors des fĂŞtes de fin d'annĂ©e. 


*Bruno
2èx

vendredi 8 décembre 2023

Sucker Punch

                                              
                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Zack Snyder. 2011. U.S.A. 2h07 (version longue). Avec Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone, Vanessa Hudgens, Jamie Chung, Carla Gugino, Michael Adamthwaite, Danny Bristol, Scott Glenn, Jon Hamm, Oscar Isaac...

Sortie en France le 31 Mars 2011, U.S.A le 24 Mars 2011

FILMOGRAPHIE: Zack Snyder est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et acteur amĂ©ricain nĂ© le 1er mars 1966 Ă  Green Bay, Wisconsin (États-Unis). 2004 : L'ArmĂ©e des morts (Dawn of the Dead). 2007 : 300. 2009 : Watchmen. 2010 : Le Royaume de Ga'hoole : La LĂ©gende des gardiens (Legend of the Guardians: The Owls of Ga'Hoole). 2011 : Sucker Punch. 2012 : Superman: Man of Steel. 2016 : Batman v Superman : L'Aube de la justice (Batman v Superman: Dawn of Justice). 2017 : Justice Leaguenote 1 - (version de Whedon). 2021 : Zack Snyder's Justice League - (version Snyder Cut). 2021 : Army of the Dead. 2023 : Rebel Moon - Partie 1 : Enfant du Feu. 2024 : Rebel Moon - Partie 2 : L'Entailleuse. 

                                      (mea-culpa:) Plus qu'un film, une philosophie existentielle.

PartagĂ© entre la sĂ©duction et la dĂ©ception au 1er visionnage (alors qu'un ami me l'avait fortement recommandĂ© Ă  renfort d'insatiables dithyrambes), il m'eut fallut patienter plus de 12 ans pour retenter l'expĂ©rience (Ă  un moment alĂ©atoire qui plus est) afin d'apprĂ©cier Ă  sa juste valeur ce monstrueux morceau de pellicule autant inscrit dans la dĂ©mesure homĂ©rique que dans la fragilitĂ© pour le profil imparti Ă  la cause fĂ©ministe en voie de surpassement de soi. Si bien que dans le cadre du film d'action Ă©pique oĂą tout y est permis s'y chevauchent par le truchement du rĂŞve (Ă©chappatoire Ă  une rĂ©alitĂ© sordide) les composantes de la romance (dĂ©chue), de la science-fiction, de la Fantasy, de la violence belliqueuse (plus prĂ©cisĂ©ment le film de guerre), du film musical (surtout dans la version longue) et du drame. Sucker Punch nous Ă©tourdissant les sens (mirettes, ouĂŻe, encĂ©phale) parmi l'efficacitĂ© (pour ne pas dire l'audace) d'un concept musical (les numĂ©ros de danse que nous ne verrons jamais ouvertement tout en rendant hommage en filigrane au music-hall) avec une puissance Ă©motionnelle inusitĂ©e. Eu Ă©gard de la mine dĂ©confite, hagarde, sans voix que nous exprimions dans la finalitĂ© du dĂ©roulement du gĂ©nĂ©rique de fin. Tout du moins auprès de ma sensibilitĂ© ballotĂ©e durant tout ce pĂ©riple ne ressemblant Ă  nulle autre aventure de par son acuitĂ© formelle, symbolique pour autant numĂ©risĂ©e. Et lĂ  aussi on peut parler de tour de force technique d'un rĂ©alisme immersif si stupĂ©fiant, si dĂ©paysant que l'on aimerait Ă  jamais rejoindre cette armĂ©e de rebelles en jupes courtes plus que jamais remontĂ©es Ă  bloc (ça pĂ©tarade Ă  tout va au sein d'une action TOUJOURS lisible !) faute de leur condition d'exclusion. 


Jack Snyder
nous livrant Ă  mon sens le plus beau mĂ©trage de sa carrière tant il dĂ©clare sa flamme Ă  cette cause fĂ©ministe avec intelligence, audace, sincĂ©ritĂ© indĂ©fectible auprès de la fragilitĂ© dĂ©munie de ses hĂ©roĂŻnes des temps modernes en apprentissage frondeur. Car sous couvert de mĂ©taphore fantasmagorique auprès des dĂ©lires internes d'une orpheline ballerine s'imaginant son propre univers hyperbolique afin de s'Ă©chapper de sa geĂ´le, et pour y transcender sa condition Ă  la fois soumise et torturĂ©e, Jack Snyder, habitĂ© par une ambition morale Ă  feu et Ă  sang, aligne Ă  rythme mĂ©tronome les sĂ©quences d'anthologie toutes plus Ă©bouriffantes les unes que les autres au fil de missions chevaleresques rigoureusement dĂ©complexĂ©es, stylĂ©es, zĂ©lĂ©es, dĂ©bridĂ©es. Tout en prenant soin de ne jamais omettre la dimension humainement fragile de ses patientes internĂ©es par une gente masculine misogyne, machiste, abusive, pour ne pas dire haĂŻssable. Ainsi, en nous immergeant de plein fouet dans son univers hybride d'une beautĂ© stylisĂ©e sans Ă©gale, le spectateur est embarquĂ© dans un jeu de rĂ´le plus intelligent que les apparences si bien que le moindre dĂ©tail narratif et visuel prime au fil d'un cheminement Ă  suspens davantage Ă©pineux, risquĂ©, cruel d'oĂą le sens du sacrifice y prendra tout son sens lors de son final inoubliable. Quant aux actrices sexy mais nullement vulgaires, elles se prĂŞtent admirablement au jeu de l'action belliciste avec un charisme typĂ©, une foi morale aussi dĂ©terminĂ©e qu'indĂ©cise. Car outre son hymne Ă  cette cause fĂ©minine plongĂ©e dans le rĂŞve le plus exaltant et cauchemardesque qui soit, le message essentiel de Snyder sous-tend une rĂ©flexion mystique sur le pouvoir chimĂ©rique des anges, leur facultĂ© innĂ©e, dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  nous observer pour nous protĂ©ger et ainsi forger notre propre destin (Ă  condition d'ĂŞtre Ă  leur Ă©coute; et donc de croire Ă  l'improbable, l'invisible, pourtant bien prĂ©sent si l'on reste attentif) en dĂ©passant nos affres de l'Ă©chec, de la solitude, de l'Ă©garement, de la dĂ©sillusion. Croire en soi en somme. 


Spectacle absolu de décadence à travers sa mélancolie d'une beauté funeste.
Divertissement hybride Ă©bouriffant d'impact Ă©motionnel Ă  travers son hymne Ă  l'Ă©vasion vers d'autres mondes, entre fulgurance visuelle et dramaturgie vĂ©riste aussi bien fĂ©brile que rugueuse, Sucker Punch est peut-ĂŞtre l'un des films d'action les plus beaux, les plus tĂ©nĂ©breux, les plus jouissifs et insensĂ©s jamais rĂ©alisĂ©s au sein d'une chorĂ©graphie musicale terriblement vertigineuse. D'oĂą l'emprise irrĂ©pressible que gĂ©nère l'hĂ©roĂŻne infantile Babydoll Ă  travers notre sensibilitĂ© torturĂ©e aussi rĂŞveuse que pessimiste avec, comme message salvateur, de croire en soi Ă  condition de se battre contre nos dĂ©mons. 

Pensée particulière pour Luke...

*Bruno
02.04.11.
08.12.23. 2èx. Vostfr

                                                                         Ci-joint ma chronique de 2011:

Attendu depuis plus d'un an par une horde de fans surexcités à l'idée du projet (en résumé, dans un monde fantastique, un trio sexy de donzelles armées jusqu'aux dents ont décidé de dépuceler la gente masculine à coups de mitraillettes dégénérés et de sabre acéré !), le nouveau film scénarisé pour la première fois par Zack Snyder accuse une sévère divergence du côté des critiques bien pensantes ! Attendu au tournant pour voir enfin aboutir l'accomplissement d'une oeuvre personnelle d'un auteur polémique, Sucker Punch attise la curiosité, délie les traditionnels préjugés et engendrent les critiques assassines n'y voyant qu'un énième blockbuster dans la tradition culinaire du genre. Alors que du côté du public, une flopée de spectateurs téméraires sans influence eurent vécu un formidable divertissement fun et débridé, beaucoup plus profond et intelligent qu'il n'y parait.

Synopsis: Baby Doll et sa soeur sont les souffre-douleur d'un beau-père incestueux alors que leur mère vient de décéder. Après que celui-ci eut découvert que seules les deux filles pourront bénéficier du versement testamentaire légué par leur mère, il décide de punir l'une d'elle en la battant violemment. Témoin de la posture moribonde de sa soeur, Baby Doll, éprise d'une haine vindicative s'empare d'une arme à feu et tire en direction de son beau-père. Malheureusement, sa soeur sévèrement touchée par la balle meurtrière s'écroule. Contrainte de se retrouver dans un asile psychiatrique à la suite d'une magouille financière, la jeune orpheline coupable d'homicide va s'inventer à présent un monde imaginaire afin de trouver la force de combattre et de retrouver sa liberté en tentant de s'évader avec la complicité de ces acolytes féminines.

Je dois avouer qu'après avoir assistĂ© Ă  la projection de Sucker Punch, quelques heures Ă  peine alors que je me dĂ©cide de divulguer mes impressions Ă  chaud, me laisse dans un futile Ă©tat de doute et de frustration. Non pas que le film m'eut déçu, bien au contraire, mais qu'il alterne dans ma psychĂ© dĂ©routĂ© un sentiment persistant d'Ă©motions troublĂ©es, dĂ©sorientĂ©es, irritĂ©es, dĂ©structurĂ©es pour finalement m'apercevoir  après le douloureux acte final que le personnage hĂ©roĂŻque de Baby Doll reste ancrĂ© dans mon esprit pour me hanter sur ma façon d'envisager mon propre avenir. Mais aussi sur l'influence spĂ©culative que peut exercer sur ma conscience une jeune fille chimĂ©rique au passĂ© fustigĂ©, reflet de mes rĂ©miniscences indociles et Ă©hontĂ©es. Ce flamboyant concentrĂ© de fantasy Ă©chevelĂ©e, de tendresse innocente, d'action dĂ©bridĂ©e et surtout de quĂŞte existentielle sur le sens du courage abouti de mon point de vue personnel Ă  une oeuvre foisonnante hybride, baroque, imparfaite, insolite, hors norme, d'une fragilitĂ© insoupçonnĂ©e !
                             
Le préambule à l'ambiance superbement gothique, filmée à la manière d'un mini-clip et rythmé par un célèbre tube de Eurythmics amorce dès le départ une empathie certaine auprès de notre jeune héroïne condamnée à se retrouver jusqu'aux restants de ces jours dans un asile psychiatrique pour y être lobotomisée. Présentation glauque des lieux désaturés accentuant l'aliénation mentale des malades ainsi que la noblesse de personnages perfides avant l'entrée en scène d'un gigantesque décor de salle de théâtre des années 50 ! C'est après avoir fait connaissance avec les commanditaires régissant cette sordide hiérarchie et ses femmes esclaves soumises que Baby Doll décidera de combattre ses faiblesses, sa peur, sa timidité en s'inventant un monde imaginaire. Mais dans son univers irréel se dédouble également celui de sa propre réalité perçue dans le refuge putassier de ce centre médical ! Celui de l'asile transformé dans son esprit en bordel de luxe pour la clientèle de vieillards embourgeoisés. Un réseau de prostitution (lieu perverti influencé par le caractère incestueux du beau-père putanesque) auquel la directrice de l'établissement ordonnera à Baby Doll de se préparer à un cours de danse artistique inscrit dans la sensualité pour appâter cette gente masculine. Ainsi, dans un maelström d'images cinglantes furieusement spectaculaires dont la virtuosité technique indiscutable appâte systématiquement la vue et l'ouïe du spectateur désorienté, Zack Snyder nous invite aux rêves introspectifs de notre jeune héroïne accompagnée de farouches guerrières impliquées dans les combats de front tous plus belliqueux les uns que les autres. Univers post-apocalyptique de guerre mondiale auquel des zombies lobotomisés sont déployés en masse, époque ancestrale moyenâgeuse gouvernée par un dragon ailé ou ville futuriste régie par des cyborgs argentés se succèdent à chaque nouvelle leçon de danse magistralement chorégraphiée dans le délire fantasmé de la psyché de notre héroïne évasive.
Cette idée insolite, séduisante et originale faisant intervenir en lieu et place d'un show de danse sexy un clip actionner survitaminé possède toutefois son revers de médailles. Les séquences très spectaculaires impliquant des icônes pernicieuses de monstres hérités de la Fantasy ou du jeu-vidéo manquent cependant d'une certaine densité pour l'intensité dramatique. Car les combats incessants que mènent l'héroïne et ses guerrières rebelles au travers de son imaginaire refoulé ne permettent pas de s'impliquer pleinement dans l'action et l'aventure intrépide. Dans le sens émotionnellement parlant puisque l'ennemi envisagé et redouté change à chaque fois d'identité et de lieu et surtout qu'il est éludé d'un véritable enjeu dramatique malgré les indices concourus. Ne subsiste alors que le côté fun et outrancier de l'action survoltée et des décors dantesques incroyablement décharnés.
                                       
Je regrette aussi que Baby Doll ne démontre jamais au spectateur ses véritables talents d'artiste innée, chorégraphiant ses pas de danse sur un air musical envoûté d'Eurythmics ou de Bjork ! Régulièrement, durant la projection, je me suis dit que cette fois-ci nous allons avoir droit à une séquence d'anthologie accès sur la sensualité épurée d'une jeune fille photogénique ! Malheureusement, mon espoir fantasmé ne sera jamais exaucé et Zack Snyder gardera la cadence du caractère ultra spectaculaire pour ses scènes d'actions festives et jouissives (telle la séquence faisant intervenir un dragon démesuré en plein donjon moyenâgeux, proprement impressionnante et fascinante d'imagerie épique !) avant la dernière demi-heure d'une riche intensité dramatique.

C'est cette dernière partie particulièrement dure et sombre auprès des conflits humains que le récit adopte une ampleur dramatique soudainement austère. Depuis le début, on s'était rendu compte de la portée métaphysique du script et que toute cette équipée féministe pleine de bruit et de fureur investie à travers l'esprit tourmenté d'une jeune fille esseulée constitue un véritable cri du coeur asséné aux défavorisés des athées. De ceux qui ont la malchance de ne pouvoir trouver la foi en la création de son propre monde. Que chacun est maître de son destin, qu'il suffit de trouver la clef qui est en soi pour pouvoir se libérer de nos démons carnassiers, nos craintes tant redoutées et d'affronter avec risque notre nouvel univers matérialisé. Sucker Punch souhaitant aussi nous convaincre que les anges existent, sous quelque forme qu'il se représente et que nous possédons tous cette entité bienfaitrice à nos côtés, prête à nous épauler ou favoriser si l'on veut bien se prendre la peine de croire à nos rêves les plus insensés. A moins que le devoir de sacrifice nous rappelle à la raison et nous transforme soi même en ange purificateur afin de pouvoir sauver la vie de celui ou celle que l'on chéri.
                               
Dans le rôle de Baby doll, la jeune Emilie Browning insuffle une séduction probante dans une composition en demi-teinte d'héroïne aussi téméraire, combative que chétive et angoissée, à deux doigts de la vulnérabilité. Doté d'un charisme troublant dans sa physiologie blême et pastel, la comédienne confirmée semble habitée par sa prestance militante pour la quête identitaire, la foi au courage et au dépassement de soi.

Submergé d'une BO rock endiablée et louablement interprété par des jeunes comédiennes aussi attachantes et survoltées que fragiles et anxiogènes, Sucker Punch est un spectacle atypique d'une richesse cérébrale dans sa philosophie existentielle et d'une acuité parfois bouleversante lors de sa dernière partie élégiaque. Dans tous les cas, cette oeuvre insolite est l'exemple type du blockbuster intelligent qui ose proposer au spectateur quelque chose de singulier et de viscéral auprès de son humanité torturée, au risque de dérouter et de laisser certains spectateurs dubitatifs par son esbroufe quelque peu gratuite.

Dédicace à LUKE MARS (l'ange d'une destinée ?!)

02.04.11
*Bruno 
                                        
Ă  11:58:00  
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1 commentaire:

luke2 avril 2011 Ă  23:50
ÉNORME CRITIQUE! J'en ai quasi pleuré, qui me va droit au cœur et me colle le frison. Il est vrai que le film souffre de nombreux défauts, mais le voyage intérieur que l'on vit grâce à BABYDOLL n'en reste pas moins d'une intensité extraordinaire. Je suis ému de voir que quelqu'un a su voir le film dans le film, je pensais être fou!
En revanche, je constate qu'on a une interprétation différente des faits (la danse de BABYDOLL),ce qui est finalement normal puisque c'est sa propre souffrance personnelle que l'on projette dans BABYDOLL, cela en fait du coup un film encore plus dense pour moi. J'y est projeté ma propre expérience, mes souffrances étant jeune et le besoin d'aller au cinéma pour m'évader, m'échapper et tenir le coup, m'enfuir ailleurs comme l'héroïne de cette bombe.
Je suis marqué par ce film et ce de façon indélébile et encore plus par la petite notation que tu as ajouté à coté de la dédicace.
Merci et tu me pousse à continuer à aller au cinéma TOUS les jours. En ce sens, mon ange, protecteur, celui de mes valeurs cinématographique, c'est bien toi Bruno!

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mercredi 6 décembre 2023

Killers of the Flower Moon

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Martin Scorsese. 2023. U.S.A. 3h29. Avec Leonardo DiCaprio, Robert De Niro, Lily Gladstone, Jesse Plemons, Tantoo Cardinal, Scott Shepherd, Jason Isbell, William Belleau, Cara Jade Myers, John Lithgow, Brendan Fraser.

Sortie salles France: 18 Octobre 2023

FILMOGRAPHIE: Martin Scorsese est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 17 Novembre 1942 Ă  Flushing (New-york). 1969: Who's That Knocking at my Door, 1970: Woodstock (assistant rĂ©alisateur), 1972: Bertha Boxcar, 1973: Mean Streets, 1974: Alice n'est plus ici, 1976: Taxi Driver, 1977: New-York, New-York, 1978: La Dernière Valse, 1980: Raging Bull, 1983: La Valse des Pantins, 1985: After Hours, 1986: La Couleur de l'Argent, 1988: La Dernière Tentation du Christ, 1990: Les Affranchis, 1991: Les Nerfs Ă  vif, 1993: Le Temps de l'innocence, 1995: Un voyage avec Martin Scorsese Ă  travers le cinĂ©ma amĂ©ricain, 1995: Casino, 1997: Kundun, 1999: Il Dolce cinema -prima partie, A Tombeau Ouvert, 2002: Gangs of New-York, 2003: Mon voyage en Italie (documentaire), 2004: Aviator, 2005: No Direction Home: Bob Dylan, 2006: Les InfiltrĂ©s,  2008: Shine a Light (documentaire), 2010: Shutter Island. 2011: Hugo Cabret. 2013 : Le Loup de Wall Street. 2016 : Silence. 2019 : The Irishman. 2023 : Killers of the Flower Moon. 

Pas un chef-d'oeuvre mais du vrai et grand cinĂ©ma en dĂ©pit de sa durĂ©e injustifiĂ©e (on aurait pu sucrer 30 Ă  45 minutes de bavardages sur 3h30 de mĂ©trage) mĂŞme si Martin Scorsese a raison de prendre son temps pour planter, dĂ©velopper son intrigue et ses personnages innommables qui nĂ©crosent le rĂ©cit. Et c'est bien dommage car le rythme nĂ©cessairement lent s'y fait (peut-ĂŞtre trop) ressentir durant toute la pellicule faute de cette durĂ©e disproportionnĂ©e pas si fructueuse que cela (sur ce point je rejoins Ă  100% Tommy). 

Magnifiquement interprété tous azimuts, c'est à mes yeux Di Caprio qui emporte la palme de l'acteur le plus expressif tant il semble littéralement habité, pénétré, transi par son personnage véreux à la fois inculte, torturé, influençable, vil, servile, pour ne pas dire pathétique au final. Il explose l'écran à chaque recoin d'autant plus qu'il est omniprésent face caméra.

Le score monocorde (tel un battement de coeur perpĂ©tuel) sied Ă  merveille Ă  l'ambiance vĂ©nĂ©neuse de l'intrigue fĂ©tide militant pour la cause indienne avec un rĂ©alisme rĂ©frigĂ©rant, insolent. 

La mise en scène constamment virtuose de Scorsese fait le job avec une inspiration circonspecte tant il maĂ®trise tous les pores de son (gros) bĂ©bĂ© avec un art consommĂ© de la perfection. 

Et c'est évidemment à ne pas rater même si tous les spectateurs n'en sortiront point comblés si bien que l'on reste captivé sans céder à la passion.

*Bruno

Vostfr

Love Actually

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Richard Curtis. 2003. Angleterre/U.S.A/France. 2h15. Avec Hugh Grant, Liam Neeson, Emma Thompson, Laura Linney, Alan Rickman, Martine McCutcheon, Bill Nighy, Colin Firth, Andrew Lincoln, Keira Knightley, Chiwetel Ejiofor, Rowan Atkinson, Kris Marshall, Heike Makatsch.

Sortie salles France: 3 Décembre 2003

FILMOGRAPHIERichard Curtis est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, et producteur nĂ©o-zĂ©lando-britannique, nĂ© le 8 novembre 1956 Ă  Wellington (Nouvelle-ZĂ©lande). 2003 : Love Actually. 2009 : Good Morning  England. 2013 : Il Ă©tait temps (About Time). 

Un bonheur capiteux de chaque instant que ce conte de NoĂ«l placĂ© sous le signe de la romance la plus candide, la plus Ă©moustillante, la plus frĂ©tillante, la plus dĂ©complexĂ©e aussi, parfois. 

2h15 de tendresse. d'humour, d'insouciance, d'une pointe de tracas, de remise en doute et (d'une avalanche) de sentiments qui nous donne la furieuse envie d'Ă©treindre son prochain quelque soit l'issue envisagĂ©e. 

En suffisant d'oser, de se lancer car le courage c'est d'avoir peur mais d'affronter quand mĂŞme la (dĂ©licate) situation potentiellement casse-gueule. 

Un cadeau de NoĂ«l avant l'heure en somme mĂŞme si le hasard n'existe pas si bien qu'Estelle Denis et son Ă©quipe me l'ont suggĂ©rĂ© en Ă©veillant ma curiositĂ© par mĂ©dia interposĂ© avec une foi inĂ©branlable. 

Immense merci à vous au point de ne jamais omettre ce Mardi 5 Décembre 2023 au moment du déjeuner.

On pleure beaucoup, davantage en roue libre, mais c'est tout le temps au nom de la joie, de l'espoir et du bonheur. 

Le métrage aurait pu durer 3h00 qu'on ne s'en serait jamais plaint tant on en redemande encore et toujours d'avoir trop précipitamment quitter ces personnages choraux (pléiade de stars à la fête !) soumis à leurs nouveaux périples dans un ultime élan de tendresse mélancolique.

Il n'est jamais trop tard, alors maintenant je sais. Je sais enfin ce que signifie un conte de Noël conçu pour déclarer sa flamme aux romantiques dans la simplicité d'une poésie ingénue.

Les bons sentiments ont beau pleuvoir on est tellement ailleurs, parmi eux, au sein de l'écran, qu'on ne cherche pas à évaluer ses menus défauts puisqu'on se sent si en accord avec eux.

*Bruno.

vf

mercredi 29 novembre 2023

La Colline a des Yeux 2 / The Hills have eyes 2

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de Martin Weisz. 2007. U.S.A. 1h29. Avec Michael McMillian, Jessica Stroup, Daniella Alonso, Jacob Vargas, Lee Thompson Young, Ben Crowley. 

Sortie salles France: 20 Juin 2007 (Int - 16 ans)

FILMOGRAPHIE: Martin Weisz est un rĂ©alisateur allemand nĂ© le 27 mars 1966 Ă  Berlin. 2006 : Confession d'un cannibale. 2007 : La Colline a des yeux 2. 2014 : Squatters. 

Pourquoi tant de haine ? 

EtrillĂ© de façon tranchĂ©e par la critique et le public dès sa sortie, La Colline a des Yeux 2 ne mĂ©ritait pas tant de discrĂ©dit, aussi superficiel soit son contenu mainstream conçu pour rameuter les foules en mal de sensations. Car si effectivement le rĂ©alisateur allemand Martin Weisz ne cherche surement pas la subtilitĂ© Ă  travers son intrigue Ă  la fois triviale et Ă©culĂ©e, l'Ă©nergie de sa mise en scène, la beautĂ© de sa photo solaire, la brutalitĂ© de ses sĂ©quences ultra gores, certaines trouvailles bienvenues (l'incursion d'un antagoniste salvateur, la cabine des WC) et l'intensitĂ© de certains affrontements barbares renforcent le capital hautement sympathique du projet. Quand bien mĂŞme on peut tout aussi bien vanter l'aspect repoussant des mutants cannibales ici toujours aussi dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, terrifiants, dĂ©nuĂ©s de pitiĂ© comme le soulignent certaines sĂ©quences furibondes Ă  la limite du supportable (le viol crapoteux est franchement impressionnant de par son rĂ©alisme insolent imparti aux châtiments pervers). 

Ainsi donc, si la psychologie sommaire des protagonistes laisse Ă©videmment Ă  dĂ©sirer, Martin Weisz pratique pour autant une certaine forme de second degrĂ© et d'humour noir en se raillant du corps militaire avec une ironie souvent dĂ©lectable tant certains d'eux se fondent dans le corps de gros bras avec une prĂ©tention (presque) sciemment ridicule. Sans compter leur attitude tantĂ´t irresponsable lorsqu'ils osent s'aventurer indĂ©pendamment dans les endroits les plus Ă©pineux. Mais outre cette galerie de personnages gogos toutefois assez convaincants pour tenir compte de leur sort en instance de survie, deux personnages (un homme, une femme) tirent leur Ă©pingle du jeu afin de s'attacher Ă  eux durant le pĂ©riple horrifique fertile en trafalgars, chausse-trappes (avec une assez belle exploitation des dĂ©cors miniers) et rebondissements Ă  travers leur humanisme empathique, leur solidaritĂ© commune, leur bravoure de dernier ressort assez fructueux. 

Franchement ludique et jamais ennuyeux de par son rythme homĂ©rique exempt de cĂ©sure, La Colline a des Yeux 2 contient suffisamment de rythme, d'intensitĂ©, d'audaces et de formalitĂ© dĂ©paysante pour maintenir notre attention avec une immersion finalement complice. FlinguĂ© fissa Ă  sa sortie pour des raisons qui m'Ă©chappent, ce "Vendredi 13" Ă   la fois hardcore, sĂ©pia et vitriolĂ© est loin de naviguer vers les cimes du navet tant il divertit avec une gĂ©nĂ©rositĂ© rĂ©solument sincère et mĂ©tronome. A redĂ©couvrir. 

Pour public averti.

*Bruno
2èx. Vostfr

vendredi 24 novembre 2023

The Crow, la Cité des Anges / The Crow: City of Angels

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Tim Pope. 1996. U.S.A. 1h26. Avec Vincent Perez, Mia Kirshner, Richard Brooks, Iggy Pop, Thuy Trang, Thomas Jane.

Sortie salles France: 5 Février 1997. U.S: 30 Août 1996.

FILMOGRAPHIETim Pope est un rĂ©alisateur britannique nĂ© le 12 fĂ©vrier 1956 Ă  Hackney. 
1996 : The Crow, la citĂ© des anges (The Crow: City of Angels). 


Totalement inutile (juste un copié-collé à peu de choses près), et donc à 100 lieux de son modèle insurpassable, The Crow la cité des anges est néanmoins (avec le recul) gentiment charmant et attachant, parfois même envoûtant auprès de son ambiance néo-gothique, auprès du charme innocent de Sarah (Mia Kirshner transperce l'écran de par la douce intensité de son regard bleu-émeraude) et surtout auprès de sa facture visuelle autrement cauchemardesque à travers ses teintes jaunes et ocres. Et si Vincent Perez a bien du mal à nous faire omettre l'icone Brandon Lee, il s'efforce toutefois d'imposer sa propre personnalité avec une certaine sobriété l'évitant ainsi de sombrer dans le ridicule. En revanche excellent atout en la présence inattendue du chanteur Iggy Pop endossant un junky destroy avec son charisme en lame de couteau indécrottable. Dommage enfin que certaines scènes d'action (parfois habilement) bricolées ne soient pas si percutantes qu'escomptée et que sa BO pop/rock, heavy metal soit un peu mal exploitée pour mieux nous immerger dans son opéra macabre sur un air festoyant de carnaval mexicain.


*Bruno
3èx. Vostfr.

mercredi 22 novembre 2023

Les Innocents aux mains sales

                                            
                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Claude Chabrol. 1975. France/Italie/Allemagne de l'Ouest. 2h01. Avec Romy Schneider, Rod Steiger, Paolo Giusti, Pierre Santini, François Maistre, Jean Rochefort, François Perrot, Hans Christian Blech.

Sortie salles France: 26 Mars 1975

FILMOGRAPHIE (Part 1): Claude Chabrol, né le 24 juin 1930 à Paris où il est mort le 12 septembre 2010, est un réalisateur français, également producteur, scénariste, dialoguiste et à l'occasion acteur. 1958 : Le Beau Serge. 1959 : Les Cousins. 1959 : À double tour. 1960 : Les Bonnes Femmes. 1961 : Les Godelureaux. 1962 : Les Sept Péchés capitaux (segment L'Avarice). 1962 : L'Œil du Malin. 1963 : Ophélia. 1963 : Landru. 1964 : L'Homme qui vendit la tour Eiffel (segment dans Les Plus Belles Escroqueries du monde). 1964 : Le Tigre aime la chair fraîche. 1965 : Paris vu par... (segment La Muette). 1965 : Marie-Chantal contre docteur Kha. 1965 : Le Tigre se parfume à la dynamite. 1966 : La Ligne de démarcation. 1967 : Le Scandale. 1967 : La Route de Corinthe. 1968 : Les Biches. 1969 : La Femme infidèle. 1969 : Que la bête meure. 1970 : Le Boucher. 1970 : La Rupture.


PlutĂ´t rare et oubliĂ©, cet excellent thriller Chabrolien se veut un hommage Ă  Hitchcock Ă  travers son incroyable scĂ©nario machiavĂ©lique multipliant les rebondissements sans pouvoir les anticiper. Et ce en imposant la patte de notre auteur français instaurant un climat d'Ă©trangetĂ© au rythme lent qui pourrait dĂ©router une frange de spectateurs, faibles connaisseurs de sa filmographie pour autant plĂ©thorique. BĂ©nĂ©ficiant d'une distribution solide (Jean Rochefort nous offre un savoureux numĂ©ro d'avocat lunaire aussi zĂ©lĂ© que tranquille, Rod Steiger est Ă  la fois pathĂ©tique et empathique en Ă©poux bourru sombrant dans l'alcoolisme faute de son Ă©chec conjugal), Les Innocents aux mains sales se pare d'une rigueur indĂ©fectible en la prĂ©sence de Romy Schneider. Une mante religieuse discrètement vĂ©nĂ©neuse Ă  l'Ă©volution morale passionnante eu Ă©gard de sa rĂ©tractation Ă  reconsidĂ©rer ses actions et l'amour pour ses amants auprès d'une rĂ©demption improvisĂ©e Ă  notre (agrĂ©able) surprise. Claude Chabrol bouclant son rĂ©cit dramatique autour de ce trio sans vergogne Ă  travers un Ă©pilogue aussi couillu que singulier afin de hanter le spectateur emportĂ© dans une amertume dĂ©rangĂ©e. Sans compter cette misogynie insoluble auprès d'une gent masculine plutĂ´t machiste, Ă  l'instar des 2 inspecteurs d'une verve ironique Ă  la fois salace, mĂ©prisante, arrogante. Un thriller moite, inquiĂ©tant, dĂ©sarçonnant, baroque, chaudement recommandĂ© donc si bien qu'il ne nous laisse pas indemne sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique clos. 


*Bruno

FILMOGRAPHIE (Part 2): 1971 : Juste avant la nuit. 1971 : La Décade prodigieuse. 1972 : Docteur Popaul. 1973 : Les Noces rouges. 1974 : Nada. 1975 : Une partie de plaisir. 1975 : Les Innocents aux mains sales. 1976 : Les Magiciens. 1976 : Folies bourgeoises. 1977 : Alice ou la Dernière Fugue. 1978 : Les Liens de sang. 1978 : Violette Nozière. 1980 : Le Cheval d'orgueil. 1982 : Les Fantômes du chapelier. 1984 : Le Sang des autres. 1985 : Poulet au vinaigre. 1986 : Inspecteur Lavardin. 1987 : Masques. 1988 : Le Cri du hibou. 1988 : Une affaire de femmes. 1990 : Jours tranquilles à Clichy. 1990 : Docteur M. 1991 : Madame Bovary. 1992 : Betty. 1993 : L'Œil de Vichy. 1994 : L'Enfer. 1995 : La Cérémonie. 1997 : Rien ne va plus. 1999 : Au cœur du mensonge. 2000 : Merci pour le chocolat. 2002 : La Fleur du mal. 2004 : La Demoiselle d'honneur. 2006 : L'Ivresse du pouvoir. 2007 : La Fille coupée en deux. 2009 : Bellamy.

mardi 21 novembre 2023

Les Canons de Navarone / The Guns of Navarone

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ebay.fr

de Jack Lee Thompson. 1961. Angleterre/U.S.A. 2h37. Avec Gregory Peck, David Niven, Anthony Quinn, Stanley Baker, Anthony Quayle, James Darren,Irène Papas, Gia Scala.

Sortie salles France: 8 Septembre 1961. U.S: 22 Juin 1961

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Jack Lee Thompson (John Lee Thompson), est un réalisateur, scénariste et producteur britannique, né le 1er Août 1914 à Bristol (Royaume-Uni), décédé le 30 Août 2002 à Sooke (Canada). 1955: An Alligator Named Daisy. 1959: Aux Frontières des Indes. 1959: Les Yeux du Témoin. 1961: Les Canons de Navarone. 1962: Les Nerfs à Vif. 1962: Tarass Boulba. 1963: Les Rois du Soleil. 1964: Madame Croque-maris. 1965: l'Encombrant Monsieur John. 1966: l'Oeil du Malin. 1969: l'Or de Mackenna. 1969: l'Homme le plus dangereux du monde. 1970: Country Dance. 1972: La Conquête de la Planète des Singes. 1973: La Bataille de la Planète des Singes. 1976: Monsieur St-Yves. 1977: Le Bison Blanc. 1979: Passeur d'Hommes. 1980: Cabo Blanco. 1981: Happy Birthday. 1981: Code Red (télé-film). 1983: Le Justicier de Minuit. 1984: l'Enfer de la Violence. 1984: l'Ambassadeur: chantage en Israel. 1985: Allan Quatermain et les Mines du roi Salomon. 1986: La Loi de Murphy. 1986: Le Temple d'Or. 1987: Le Justicier braque les Dealers. 1988: Le Messager de la Mort. 1989: Kinjite, sujets tabous.

Du grand cinĂ©ma d'action Ă  l'ancienne entourĂ© de stars prestigieuses qu'on ne se lassera jamais de revoir (on ne voit mĂŞme pas dĂ©filer les 2h37) tant le travail artisanal est ici retranscrit avec souci consciencieux. On apprĂ©cie en filigrane la qualitĂ© de ses effets-spĂ©ciaux toujours aussi bluffants aujourd'hui, rĂ©compensĂ© Ă  juste titre d'un Oscar. 

Copie 4K: 10/10

*Bruno

                                                       L'archĂ©type du film de commando

Une grosse machine de guerre anglo-américaine qui décrit des aventures militaires plus spectaculaires que vraiment surprenantes. Inspiré d'une histoire romancée par Alistair McLean entièrement fictive, mais plausible, c'est du cinéma à grand spectacle tourné en Grèce et dans les Balkans, et soutenu par une célèbre musique de Dimitri Tiomkin, où les événements dramatiques se succèdent comme une série de petits morceaux de bravoure, et dont le clou final reste la destruction de ces énormes canons. La recette est courante : un petit groupe d'hommes intrépides, une mission impossible et périlleuse, les inévitables Allemands dans le rôle du méchant, une grosse dose de suspense et d'héroïsme... et ça vous donne un grand film de guerre au succès international, qui bénéficie d'une interprétation de qualité grâce à de grandes stars et une poignée de solides acteurs de second plan. Vu comme ça, on a l'impression que je présente le film d'une façon ironique, mais pas du tout, j'adore ce film, je l'ai en DVD et j'adore le revoir, j'aime ces superproductions qui même si elles n'ont pas toujours une grande ambition artistique, ont ce côté soigné et cet amour du travail bien fait, et je sais que je passerai à chaque fois un bon moment. Les personnages sont dessinés simplement et restent au sein de cette aventure des hommes pris dans la guerre qui doivent remplir une mission coûte que coûte, l'essentiel réside donc dans l'action et le suspense ; on passera aussi sur les effets obsolètes (les canons en cartons qui s'écroulent dans un bassin), il est clair qu'on ne ferait plus ainsi de nos jours, mais pour l'époque c'est pas si mal. Une grande fresque à gros budget, sans cesse captivante, et devenue un classique.

Ugly (Sens Critique)
9/10       

Récompenses:

Oscars 1962 : Meilleurs effets spéciaux pour Bill Warrington

Golden Globes 1962 :

Golden Globe du meilleur film dramatique

Golden Globe de la meilleure musique de film pour Dimitri Tiomkin

vendredi 17 novembre 2023

Ghost

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jerry Zucker. 1990. U.S.A. 2h06. Avec Patrick Swayze, Demi Moore, Whoopi Goldberg, Tony Goldwyn, Rick Aviles, Vincent Schiavelli. 

Sortie salles France: 7 Novembre 1990. U.S: 13 Juillet 1990

FILMOGRAPHIE: Jerry Zucker est un rĂ©alisateur, producteur, acteur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 11 mars 1950 Ă  Milwaukee, dans le Wisconsin. 1979 : Rock 'n' Roll High School. 1980 : Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (Airplane!) corĂ©alisĂ© avec Jim Abrahams et David Zucker. 1984 : Top secret ! corĂ©alisĂ© avec Jim Abrahams et David Zucker. 1986 : Y a-t-il quelqu'un pour tuer ma femme ? (Ruthless People) corĂ©alisĂ© avec Jim Abrahams et David Zucker. 1990 : Ghost. 1995 : Lancelot, le premier chevalier (First Knight). 2001 : Rat Race. 

                                             

Enorme succès international (chez nous il cumule 3 047 553 entrĂ©es) si bien qu'il engrange 505,7 millions de dollars de recettes (vs 22 millions de budget) alors que les critiques Ă  l'Ă©poque (tout du moins chez nous) furent assez timorĂ©es en dĂ©pit de ses 2 oscars (Meilleur ScĂ©nario, Meilleure Actrice de second-rĂ´le pour Whoopi Goldberg), Ghost marqua de son empreinte commerciale l'annĂ©e 90. Et Ă  la revoyure, ce succès notoire est largement comprĂ©hensible et mĂ©ritĂ© eu Ă©gard du pouvoir attractif de ce divertissement rondement menĂ©, Ă©tudiĂ©, gĂ©rĂ©, digĂ©rĂ© de par sa maĂ®trise des genres Ă©tonnamment disparates (thriller, horreur, romance, comĂ©die, drame se tĂ©lescopent avec une alchimie insensĂ©e !). Car outre l'aspect jouissif de nos sentiments contradictoires manipulĂ©s avec beaucoup d'habiletĂ© et d'intelligence (on passe du rire aux larmes, de l'angoisse Ă  une certaine forme de terreur - les ombres dĂ©moniales qui emportent les âmes damnĂ©es font franchement froid dans le dos -), Ghost doit autant de sa vigueur Ă©motionnelle, de son pouvoir sĂ©ducteur pour la structure d'une intrigue passionnante multipliant quiproquos et rebondissements avec autant d'humour que de suspense haletant, que pour l'emprise sentimentale que gĂ©nère le couple Demi Moore / Patrick Swayze crevant l'Ă©cran 2h06 durant. 


D'autre part, l'oeuvre tantĂ´t grave, sensible, touchante et bouleversante (Ă  l'instar de la fragilitĂ© Ă©purĂ©e d'une Demi Moore juvĂ©nile d'une surprenante sensibilitĂ© naturelle Ă  s'efforcer de croire Ă  l'improbable pour y accepter son deuil) est exacerbĂ©e par la disparition de Patrick Swayze illuminant l'Ă©cran avec une force Ă©motive toute aussi bien tenace que bienveillante Ă  s'efforcer de prĂ©server la vie de sa partenaire en berne en proie Ă  un danger lĂ©tal aussi sournois que perfide. Tony Goldwyn endossant le mĂ©chant cadre cupide avec une aisance expressive littĂ©ralement dĂ©testable. Quant Ă  Whoopi Goldberg rĂ©compensĂ©e de son Oscar, son naturel innĂ© Ă  susciter les Ă©clats de rire parmi son insatiable fringance fait mouche tant le spectateur se divertit en diable de ses excentricitĂ©s labiales et comportementales durant tout le long de la seconde partie du rĂ©cit fertile en actions aussi bien dĂ©complexĂ©es que nuisibles quant aux tueurs lancĂ©s Ă  ses trousses. Et pour parachever je tiens Ă  relever 2 sĂ©quences anthologiques d'une puissance Ă©motive proche de la fĂ©erie en me rĂ©fĂ©rant Ă  la magnifique scène Ă©rotique de la poterie et Ă  celle des adieux de nos amants lors d'une Ă©treinte spirituelle rĂ©solument divine. Une ultime sĂ©quence (prĂ©monitoire) d'autant plus bouleversante quant on connait le triste destin que connu en fin de carrière le regrettĂ© Patrick Swayze nous imprimant ici une interprĂ©tation nuancĂ©e dans toutes les mĂ©moires en ectoplasme inconsolable transi d'Ă©moi, d'amour et de fulgurance colĂ©rique pour prĂ©server l'ĂŞtre aimĂ©. 


On y croit tous ! 
Un divertissement commercial, certes, mais une vraie rĂ©ussite (des genres) n'ayant rien perdu de son pouvoir Ă©motionnel/ludique sous l'impulsion d'effets-spĂ©ciaux encore aujourd'hui crĂ©dibles pour tenir lieu de croire Ă  l'improbable (mĂŞme si l'ultime image incandescente demeure un tantinet grossière) 

*Bruno
5èx. vf

Oscars 1991 :

Oscar de la meilleure actrice dans un second rĂ´le pour Whoopi Goldberg

Oscar du meilleur scénario original pour Bruce Joel Rubin

Golden Globes 1991 : Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rĂ´le pour Whoopi Goldberg

Saturn Awards 1991 :

Saturn Award du Meilleur film fantastique

Saturn Award de la Meilleure actrice pour Demi Moore

Saturn Award de la Meilleure actrice dans un second rĂ´le pour Whoopi Goldberg

British Academy Film Awards 1991 : BAFTA de la meilleure actrice dans un rĂ´le secondaire pour Whoopi Goldberg

NAACP Image Awards 1992 : prix de la Meilleure actrice pour Whoopi Goldberg

Nikkan Sports Film Awards 1990 : prix du Meilleur film étranger

ASCAP Film and Television Music Awards 1991 : prix du « Top Box Office Films » pour Maurice Jarre

American Comedy Awards 1991 : prix de l'actrice dans un rĂ´le secondaire la plus drĂ´le pour Whoopi Goldberg

Goldene Leinwand 1991

Kansas City Film Critics Circle Awards 1991 : prix de la Meilleure actrice dans un second rĂ´le pour Whoopi Goldberg

People's Choice Awards 1991 : prix du Film dramatique préféré

Prix du film Mainichi 1991 : prix du choix des lecteurs du Meilleur film étranger

Prix Sant Jordi 1991 : prix du Meilleur film étranger

Young Artist Awards 1991 : prix du Film familial le plus divertissant

mardi 14 novembre 2023

The Creator

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Gareth Edwards. 2023. U.S.A. 2h15. Avec John David Washington, Madeleine Yuna Voyles, Gemma Chan, Ken Watanabe, Allison Janney, Sturgill Simpson, Ralph Ineson, Marc Menchaca.

Sortie salles France: 27 Septembre 2023

FILMOGRAPHIE: Gareth Edwards est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur britannique, nĂ© le 31 DĂ©cembre 1975. 2010 : Monsters. 2014 : Godzilla. 2016: Rogue One: a star wars story. 2023: The Creator. 


L'enfant roi.
Impossible pour moi d'Ă©tablir un avis concret dĂ©taillĂ© juste après avoir subi de plein fouet ce choc visuel aussi prĂ©gnant que Blade Runner (carrĂ©ment oui j'ose le dire), si bien que je n'ai pas vu dĂ©filer les 2h15 (2h04 sans le gĂ©nĂ©rique) au point de me surprendre de voir dĂ©bouler brutalement le gĂ©nĂ©rique final sans pouvoir comprendre ce que je venais de vivre le temps (trop furtif) de cette expĂ©rience chimĂ©rique. Alors oui, si certains ont reprochĂ© la simplicitĂ© de son scĂ©nario classique il est vrai, il m'eut paru pour autant dense, rĂ©flexif, spirituel, mĂ©taphysique, digne d'intĂ©rĂŞt pour les rapports de force les moins vĂ©reux, pour son discours sur l'impĂ©rialisme ricain et pour l'enjeu de la survie de l'humanitĂ© sous l'impulsion d'une profondeur humaine dĂ©sespĂ©rĂ©e. Et ce en y opposant personnages de chair et humanoĂŻdes au sein d'une compĂ©tition belliqueuse militant en filigrane pour une paix universelle quand on saisi les tenants et aboutissants des rapports de force finalement fallacieux. Ainsi donc, Ă  cause de son pouvoir visuel littĂ©ralement fascinatoire, ensorcelant, immersif, capiteux, de par l'intensitĂ© de ce dĂ©paysement authentifiĂ©, je suis parfois un peu passĂ© Ă  cĂ´tĂ© de son intensitĂ© Ă©motionnelle impartie aux rapports humains d'amour filial et familial. A moins qu'il y manque une certaine maĂ®trise pour rendre compte de la psychologie fragile de ces personnages partagĂ©s entre doute, remise en question, revirement sacrificiel. 

Or, les acteurs (communĂ©ment) charismatiques sont pleinement investis dans leur mission alerte pour se fondre dans ce dĂ©cor d'anticipation avec un humanisme aussi torturĂ© que contrariĂ© eu Ă©gard de l'avalanche d'incidents guerriers qui irriguent l'intrigue auprès d'effets spĂ©ciaux numĂ©riques ahurissant de rĂ©alisme presque charnel. Bref, le grand spectacle escomptĂ© est rigoureusement si stupĂ©fiant, palpable, sensoriel, plus vrai que nature, que l'on en perd parfois le fil narratif Ă  force de (trop) se concentrer sur sa virtuositĂ© formelle fourmillant d'autant de dĂ©tails techniques et ornementaux que Blade Runner de Scott (encore lui). Je reste en tous cas persuadĂ© que The Creator gagnera en fiabilitĂ© et rĂ©putation au fil des annĂ©es pour atteindre le niveau de classique tant le mĂ©trage novateur dĂ©gage une puissance formelle (mais aussi discursive) rĂ©solument trouble quant Ă  notre devenir de l'humanitĂ© potentiellement tributaire de l'IA, pour le meilleur et (ou) pour le pire. En tout Ă©tat de cause, loin de se soumettre Ă  l'apologie de la guerre (c'est tout le contraire dont il s'agit en y dĂ©nonçant le mensonge, l'hypocrisie, le faux-semblant), The Creator me semble porteur d'espoir par son message autant divin que technologique afin de prĂ©server le calme plutĂ´t que la tempĂŞte dans un futur anarchisĂ©. Tristement actuel donc au point de se questionner sur l'Ă©ventuelle humanisation d'une intelligence artificielle autrement plus lucide, pacifiste, tolĂ©rante, dĂ©fĂ©rente envers son prochain. A revoir absolument passĂ©e sa digestion visuelle. 

*Bruno