vendredi 21 février 2025

Warm Bodies

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jonathan Levine. 2013. U.S.A. 1h38. Avec Nicholas Hoult, Teresa Palmer, Dave Franco, Analeigh Tipton, John Malkovich, Rob Corddry

Sortie salles France: 20 Mars 2013

FILMOGRAPHIEJonathan Levine est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 18 Juin 1976 Ă  New-York. 2006: All the Boys love Mandy Lane. 2008: Wackness. 2011: 50/50. 2013: Warm Bodies. 2015 : The Night Before. 2017 : LarguĂ©es (Snatched). 2019 : SĂ©duis-moi si tu peux ! (Long Shot). 

                                                           "L'Amour plus fort que la Mort"

RĂ©vision d'un modeste divertissement que j'avais apprĂ©ciĂ© Ă  l'Ă©poque sans toutefois sauter au plafond. 

Or, aujourd'hui, je le considère sans rougir comme un coup de ❤️ Ă  ma surprise particulièrement Ă©motive.

Parce qu'il fallait oser confronter la romcom en mode horrifique que personnifie la mythologie du Zombie sans sombrer dans le ridicule auquel le cheminement ne cesse d'y flirter sans jamais y cĂ©der. 
Une gageure que le rĂ©alisateur Jonathan Levine (le gĂ©nial "All the Boys love Mandy Lane", c'Ă©tait lui) relève haut la main sous l'impulsion d'une BO pop aussi planante qu'entĂŞtante, de concert avec ses images oniriques d'un genre nouveau. 

Une sĂ©rie B aussi originale qu'intelligente de nous relater auprès de son attentive caractĂ©risation humaine la relation amiteuse entre une blonde rescapĂ©e et un jeune zombie transi d'amour pour elle au point d'amorcer une romance face Ă  nos yeux Ă©berluĂ©s. 


OĂą plutĂ´t face Ă  notre attention scrupuleuse de se laisser embarquer, voguer par leur intimitĂ© Ă  la fois fragile et fĂ©brile de par la rĂ©demption de l'amour. Et ce en dĂ©pit de l'hostilitĂ© militaire que symbolise le colonel Grigio (le paternel de notre hĂ©roĂŻne indisciplinĂ©e de s'ĂŞtre finalement laissĂ© sĂ©duire par un zombie intarissable). 

Tout le rĂ©cit n'Ă©tant après tout qu'une mĂ©taphore sur le pouvoir de l'amour, sur la capacitĂ© de renouer avec notre vĂ©ritable Ă©nergie, nos instincts les plus nobles et gratifiants en dĂ©pit d'une Ă©ventuelle monstruositĂ© morale, viscĂ©rale Ă  se nourrir de chair humaine pour tenir lieu de survie. 

"Warm Bodies" prouvant par l'occasion de cette romance singulière que les ĂŞtres sans vergogne ayant Ă©garĂ© leur âme peuvent toutefois renouer avec leur instinct humaniste en s'Ă©veillant aux autres ayant une capacitĂ© d'Ă©coute, de tolĂ©rance et d'amour. Ce que l'on appelle notamment dans le langage commun "la seconde chance" permise auprès des marginaux indomptables. 


Et si "Warm Bodies" parait si tendre, pur et candide Ă  travers cette naĂŻvetĂ© romantique exaltĂ©e, il le doit notamment beaucoup Ă  la complĂ©mentaritĂ© solaire du couple Nicolas Hoult / Teresa Palmer illuminant sobrement l'Ă©cran de leur naturel attendri que le spectateur perçoit comme une innocence retrouvĂ©e.  

Une belle rĂ©ussite donc d'avoir su conjuguer avec autant d'audace et d'originalitĂ© que d'idĂ©es retorses (gĂ©niale voix-off du zombie nous dĂ©livrant 1h30 durant ses pensĂ©es les plus intimes) une comĂ©die romantique et d'horreur dans la continuitĂ© discursive de Romero et ses zombies en Ă©veil de conscience. 

Si bien que l'on peut présumer qu'il s'agit également de la digne séquelle de "Land of the dead", toutes proportions gardées.


P.S: DĂ©conseillĂ© (peut-ĂŞtre) aux gros durs, machistes et misogynes. 

*Bruno
2èx. 4K. Vost

Box Office France: 257 157 entrées
Budget: 37 000 000 dollars
Récompense: Teen Choice Awards 2013 : Choice Movie Breakout (Nicholas Hoult)

mercredi 19 février 2025

Companion

                                           

de Drew Hancock. U.S.A. 1h37 (1h32). Avec Sophie Thatcher, Jack Quaid, Lukas Gage, Megan Suri, Harvey GuillĂ©n, Rupert Friend, Rupert Friend.

Sortie salles France: 29 Janvier 2025.

Un bon divertissement, une sympathique sĂ©rie B fĂ©ministe fustigeant nos sociĂ©tĂ©s machistes et matĂ©rialistes toujours plus dĂ©shumanisantes de se soumettre Ă  la facilitĂ© d'une technologie optimale visant Ă  nous faciliter les tâches d'un quotidien sentimental servile. 

Dommage que l'intrigue perfectible finit par choisir la facilitĂ© Ă©culĂ©e. Un condensĂ© toutefois ludique et sardonique du jeu du chat et de la souris entre proies et assaillants jusqu'Ă  ce que justice y soit rĂ©parĂ©e. 

Les idĂ©es retorses ne manquent pas et font parfois leur petit effet de surprise sous l'impulsion d'une Sophie Thatcher irrĂ©prochable dans un rĂ´le difficile d'autant plus "bicĂ©phale". 

Sentiment d'inachevé donc faute de sa narration adepte du chemin de traverse mais on passe quand même un bon moment sans jamais s'ennuyer.


*Eric Binford
4K. vf

lundi 17 février 2025

The Gorge

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Scott Derrickson. 2025. U.S.A. 2h07 (1h58). Avec Miles Teller, Anya Taylor-Joy, Sigourney Weaver, William Houston, Sope Dirisu.

Diffusion: 14 février 2025 (sur Apple TV+)

FILMOGRAPHIE: Scott Derrickson est un réalisateur, scénariste et producteur américain
1995: Love in the Ruins. 2000: Hellraiser V: inferno. 2005: l'Exorcisme d'Emilie Rose. 2008: Le Jour oĂą la terre s'arrĂŞta. 2012: Sinister. 2014 : DĂ©livre-nous du mal. 2016 : Doctor Strange. 2021 : Black Phone.  2023 : V/H/S 85 (sketch "Dreamkill"). 2025: The Gorge. 


Alors que j'ai hĂ©sitĂ© Ă  le dĂ©couvrir je ne regrette nullement de m'y ĂŞtre laissĂ© emportĂ© tant j'Ă©tais immergĂ© dans l'aventure 1h58 durant. 

Pur divertissement du Samedi soir, The Gorge est une sĂ©rie B luxueuse comme tant de mĂ©trages des annĂ©es 80 eurent l'opportunitĂ© de nous offrir avec autant de sincĂ©ritĂ© que de gĂ©nĂ©rositĂ©. 

Car si la première heure franchement attachante Ă  dĂ©peindre dans une ambiance feutrĂ©e la relation amoureuse de notre duo de géôliers (superbement incarnĂ© par Miles Teller - Ă  contre emploi hĂ©roĂŻque -  et l'hyper envoĂ»tante Anya Taylor-Joy) oscille pudeur, humour lĂ©ger et accalmie langoureuse, la seconde partie est une succession d'actions en règle dans sa frĂ©nĂ©sie belliciste remarquablement exĂ©cutĂ©e par un Scott Derrickson (l'Exorcisme d'Emilie Rose, Sinister, Black Phone !) aussi impliquĂ© et jouasse de nous parfaire une rĂ©crĂ©ation suintant l'amour du travail carrĂ©. 


Des zombies décharnés tout à fait crédibles dans leur morphologie végétale numérisée que nos héros tentent de déjouer à renfort de mitraillettes, grenades et sulfateuses dégénérées. Et même si parfois l'action horrifique surfe avec la gratuité, l'intensité qui s'y dégage, le montage dynamique et surtout l'implication résignée des comédiens permettent sans complexe de se laisser emporter par ce délire régressif 100 fois plus fun et trippant que n'importe quel opus de Resident Evil

Tout simplement parce que l'on croit Ă  ce que l'on voit, aussi  mineure soit son intrigue simpliste et ses situations Ă©culĂ©es qui vont avec que l'on savoure avec regard de gosse retrouvĂ©. 

Et puis il ne faut pas non plus omettre que d'un point de vue formel mais aussi musical (ça dĂ©mĂ©nage et nous berce lors d'un slow laconique), The Gorge dĂ©payse, ensorcelle, magnĂ©tise les sens au sein de superbes panoramiques montagneux (filmĂ©s du point de vue de miradors) renfermant de terrifiants secrets militaires dans les sous-bois Ă©touffĂ©s et marĂ©cageux.. 


Alors pour qui raffole de plaisir aussi innocent qu'attendrissant, The Gorge dégage un charme prégnant de A à Z dans son efficace concentré d'horreur écolo sous l'impulsion d'une romance candide sobrement structurée que Miles Teller / Anya Taylor-Joy renforce avec une complémentarité irrésistiblement bonnard.

*Bruno
Vost

vendredi 14 février 2025

Les Yeux de Feu / Eyes of Fire / Crying Blue Sky

                                                   
                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Avery Crounse. 1983. U.S.A. 1h48 / 1h26. Avec Dennis Lipscomb, Guy Boyd, Rebecca Stanley, Sally Klein, Karlene Crockett, Fran Ryan, Rob Paulsen.

inédit en salles en France. États-Unis: 22 avril 1985(limited)

FILMOGRAPHIE: Avery Crounse est né le 15 avril 1951 dans le Kentucky, États-Unis. Il était réalisateur et scénariste. Il est connu pour Cries of Silence (1996), The Invisible Kid (1988) et Les Yeux de feu (1983). Il est mort le 20 mars 2023 en Caroline du Sud, États-Unis.


VĂ©ritable OFNI extrĂŞmement rare (congratulation Ă  Rimini de l'avoir enfin exhumĂ© d'outre-tombe), les Yeux de feu est une expĂ©rience unique d'autant plus indĂ©finissable que l'on perd rapidement pied avec la rĂ©alitĂ©. 

Imaginez un tant soi peu une mixture d'Aguirre la colère de Dieu, La Nurse, The Witch et une pincĂ©e de  de Jodorowski et vous obtenez un bad trip expĂ©rimental aux images rĂ©solument saisissantes. Le rĂ©alisateur Avery Crounse Ă©tant un ancien photographe rĂ©putĂ© pour son sens artistique, il dĂ©ploie ici toute la mesure de son talent formaliste auprès d'une vĂ©gĂ©tation sensorielle. 

Si bien que filmé en pleine nature forestière, l'onirisme naturaliste qui se dégage, pour faire l'instant d'après place à des séquences cauchemardesques vues nulle part ailleurs, nous donne le tournis. Notamment auprès de sa confusion (sciemment ?) narrative et de ses personnages obscurs parfois énigmatiques déambulant dans une forêt occulte propice aux apparitions les plus craignos à travers visions fantomatiques et sorcières opaques surgies de sous la terre ou au travers l'écorce d'arbres. Potentiellement des réincarnations d'animaux innocents et d'indiens dépossédés de leur terre sacrifiés par l'homme pour y survivre. Leur sang étant enseveli sous la terre pour se mêler à la nature écolo et accomplir leur vengeance.


Complètement fou et cintrĂ©, de par sa multitudes de sĂ©quences horrifiques toujours plus envahissantes et agressives, les Yeux de Feu fascine, captive, dĂ©route, inquiète Ă  la fois sans pouvoir quitter les yeux de l'Ă©cran. 

Un dĂ©lire foutraque partant dans tous les sens (en version cinĂ© :1h26) tant l'expĂ©rience magnĂ©tique nous envoute les mirettes de par la vigueur de son aura ensorcelante aux idĂ©es oniriques aussi dĂ©bridĂ©es qu'inventives. Le tout dans un maelstrom d'imagerie cauchemardesque issue d'une horreur folk, prĂ©curseur des mĂ©trages susnommĂ©s plus haut sous l'impulsion d'un score inquiĂ©tant irrĂ©sistiblement attirant pour qui raffole des sonoritĂ©s dissonantes et entĂŞtantes (la contradiction est volontaire). 

Or, la version Director's Cut plus longue de 24' (1h48), disponible dans l'Ă©crin Rimini, nous annonce (auprès de certaines critiques) un mĂ©trage autrement plus cohĂ©rent et maĂ®trisĂ©. Moins tapageur aussi et auquel certains personnages y seraient mieux dessinĂ©s pour tenter de mieux saisir les tenants et aboutissants de leurs comportements WTF et de ces manifestations surnaturelles Ă  la fois inarrĂŞtables et incomprĂ©hensibles. 


Une version très différente à priori que je m'empresserai de découvrir d'ici quelques mois après avoir digéré ce gloubiboulga sérieusement dérangé par ses entités démoniales à répétition.
A s'demander si le cinĂ©aste n'eut point abusĂ© de quelques substances hallucinogènes lors du mystĂ©rieux tournage. 

Un auteur que l'on peut qualifier ici d'ambitieux, responsable notamment de 2 autres métrages (Cries of Silence, The Invisible Kid) restés eux aussi inédits dans nos contrées.

*Bruno
Version cinéma: 1h26. Vost

L'Amour ouf

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Gilles Lellouche. 2024. France/Belgique. 2h40. Avec Adèle Exarchopoulos, François Civil, Mallory Wanecque, Malik Frikah, Alain Chabat, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste, Jean-Pascal Zadi, Élodie Bouchez, Karim Leklou, Raphaël Quenard, Anthony Bajon, Nicolas Wanczycki, Andranic Manet, Liv Del Estal, Guillaume Mélanie, Syrus Shahidi, Affif Ben Badra.

Sortie salles France: 16 Octobre 2024 (tous publics avec avertissement)

FILMOGRAPHIEGilles Lellouche, nĂ© le 5 juillet 1972 Ă  Savigny-sur-Orge, est un acteur, scĂ©nariste et rĂ©alisateur français. 2004 : Narco. 2012 : Les Infidèles (segment Las Vegas). 2018 : Le Grand Bain. 2024 : L'Amour ouf. 

"l'Amour plus fort que la haine".

Quel spectacle, ces 2h32 durant ! Un feu d’artifice d’Ă©motions Ă©clectiques. Que dis-je : un vortex d’Ă©motions pures et candides, irradiant le parcours criminel d’un jeune dĂ©linquant (Malik Frikah, LA rĂ©vĂ©lation !) frappĂ© par Cupidon — incarnĂ© par Mallory Wanecque (quelle fraĂ®cheur innocente !) et Adèle Exarchopoulos (force de caractère et fragilitĂ© Ă  fleur de peau en parts Ă©gales) — dans une temporalitĂ© Ă  la fois diurne, nostalgique, mĂ©lancolique.

Car Dieu sait si Gilles Lellouche, habitĂ© par son projet de longue haleine (plus de dix ans d’endurance), est un nostalgique pur et dur, Ă  nous faire revivre avec une attention maniaque les annĂ©es 80 et 90 : jusque dans le moindre dĂ©tail matĂ©riel, ornemental, industriel, musical — avec, en tĂŞte de peloton, un tube inoubliable de The Cure. Une fresque lyrique, dĂ©senchantĂ©e, passionnelle, dĂ©diĂ©e Ă  ses parents, selon ses propres mots.

Techniquement Ă©bouriffant (chaque plan alambiquĂ©, ou presque, est une leçon de mise en scène), L’Amour Ouf nous en met plein les mirettes, faisant vibrer et cĂ´toyer ses personnages utopistes avec une intensitĂ© dramatique aussi capiteuse que galvanisante.

Romance, drame, action, jukebox, pincĂ©es d’humour se chevauchent dans deux actes distincts que Gilles Lellouche orchestre avec un sens du rythme Ă©lectrisant. Et si l’on peut prĂ©fĂ©rer la jeunesse du couple Clotaire / Jackie du premier acte — d’une Ă©motion solaire, Ă©purĂ©e, onirique —, leur passion amoureuse ne tarde pas Ă  se voir nĂ©crosĂ©e par une violence criminelle.

La seconde partie, admirablement contĂ©e mais plus sombre, est transcendĂ©e par les solides prestances de François Civil (viril, magnĂ©tique) et d’Adèle Exarchopoulos, Ă  nouveau bouleversante en jeune femme paumĂ©e, jamais remise de son Ă©chec sentimental. Un segment plus latent, levant le voile sur la vĂ©ritable nature de leurs sentiments, passĂ©e une longue sĂ©paration. L’action y redouble d’intensitĂ©, entre vendetta et altercations impeccablement chorĂ©graphiĂ©es, mais heureusement rééquilibrĂ©e par une Ă©thique volatile, potentiellement rĂ©demptrice.

Gilles Lellouche, transi d’amour pour le cinĂ©ma et pour ses acteurs, y dĂ©clare sa flamme avec une gĂ©nĂ©rositĂ©, une soif de crĂ©ation, une intĂ©gritĂ© qui forcent le respect. On pourrait disserter sur les compositions saillantes de BenoĂ®t Poelvoorde, parrain d’abord respectable puis sclĂ©rosĂ©, ou d’Alain Chabat en papa dĂ©bonnaire, semi-dĂ©missionnaire. Mais leur notoriĂ©tĂ© s’efface naturellement derrière leur vibrante sincĂ©ritĂ© Ă  incarner ces figures blessĂ©es, Ă  la fois autoritaires et dĂ©solantes.

Et pour clore de la manière la plus noble : je voue une admiration sans borne Ă  la petite force de caractère de Mallory Wanecque (native de ma rĂ©gion, qui plus est !) qui illumine l’Ă©cran d’une fraĂ®cheur Ă©moustillante. Elle rappelle, par son franc-parler dĂ©complexĂ©, les prĂ©mices d’une BĂ©atrice Dalle provocante : une sorte de Lolita caractĂ©rielle, d’une infinie tendresse Ă©ternelle pour sa mauvaise frĂ©quentation impĂ©tueuse qu’elle tentera d’assainir, tant bien que mal.

Quant au nĂ©ophyte Malik Frikah (quatrième apparition au cinĂ©ma), je lui tire mon chapeau. Il m’a rappelĂ©, au creux de mon inconscient, la lĂ©gende Alain Delon, voire mĂŞme James Dean — par son naturel tranquille, son aisance innĂ©e devant la camĂ©ra, sa spontanĂ©itĂ© jamais outrĂ©e. Son charisme de beau gosse en devenir, son regard bleu subtilement mĂ©tallique et magnĂ©tique, sa puissance en herbe Ă  se fondre dans le corps d’un dur Ă  cuire avec une persuasion hĂ©roĂŻque, aussi intrĂ©pide que fragile.

Toute ma grâce, Monsieur Lellouche, de m’avoir servi sur un plateau d’airain cet arc-en-ciel pailletĂ© — nullement gratuit, encore moins racoleur — dĂ©diĂ© Ă  la puissance de l’amour, capable d’escamoter une guerre de gangs tristement actuelle. Dans une rĂ©gion nordiste minĂ©e entre mĂ©lancolie et nostalgie, L’Amour Ouf ravive cette libertĂ© de ton et d’expression aujourd’hui rĂ©volues.

*Bruno


Box Office au 11 Février 025: 4 929 906 entrées

Budget : 35,7 millions d'euros  (plus gros budget d'un film français de Studiocanal, et film le plus cher de l'annĂ©e 2024 derrière Le comte de Monte Cristo - 42.9 Millions d'euros - ). 

Le tournage de 18 semaines a lieu principalement dans ma région des Hauts-de-France, notamment à Villeneuve-d'Ascq, Lille, Dunkerque, Douai, Valenciennes, Cambrai, Avesnes-sur-Helpe, Calais, Saint-Omer, Béthune, Lens, Arras, Boulogne-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer et Roubaix.
Des scènes sont également tournées dans le tunnel de la N58 (dite Route Express) à Mouscron en Belgique.

mardi 11 février 2025

Better Man

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Michael Gracey. 2024. U.S.A/Australie/Chine/France/Angleterre. 2h15. Avec Robbie Williams, Jonno Davies, Carter J. Murphy, Steve Pemberton, Alison Steadman, Damon Herriman, Raechelle Banno, Anthony Hayes, Kate Mulvany 

Sortie salles France: 22 Janvier 2025

FILMOGRAPHIEMichael Gracey est un rĂ©alisateur et directeur d'effets visuels australien. 2017 The Greatest Showman. 2024: Better Man. 

"Je me suis toujours senti moins évolué que les autres"

Si la première heure me fit craindre un sympathique biopic musical en bonne et due forme, avec 2/3 chorĂ©graphies Ă©poustouflantes, l'heure dix suivante m'a tellement pris par surprise que j'ai Ă©tĂ© pris d'un malaise dĂ©pressif, d'une certaine asphyxie lorsque Robbie Williams, grimĂ© en singe durant toute la durĂ©e du mĂ©trage pour mieux se railler de sa posture de trublion provocateur, sombre dans une dĂ©liquescence morale Ă  la fois suicidaire, mortifère, autodestructrice. 

Car se livrant Ă  nu face camĂ©ra comme jamais au prĂ©alable, il nous confie Ă  coeur ouvert ses Ă©tats d'âme nĂ©vrotiques, borderline, paranos. Son manque de confiance, son mal-ĂŞtre existentiel suite Ă  la pressurisation de la cĂ©lĂ©britĂ© la plus pailletĂ©e (euphĂ©misme comme qui diraient les Beatles ou Oasis).  Un ĂŞtre torturĂ© empli de noirceur, entre psychose et paranoĂŻa Ă©galement.

Toxicomane et alcoolique afin d'y pallier l'Ă©puisement physique et moral d'une adulation trop lourde Ă  porter, livrĂ© Ă  l'isolement le plus glauque Ă  travers son absence d'amour conjugal et amical qu'il gĂ©nère fatalement lors de sa chute, notamment faute d'une dĂ©mission paternelle qu'il pardonnera sans l'ombre d'une rancune lors d'un final d'adieux mĂ©morables, Robbie Williams ne cesse de nous hurler (avec parfois mĂŞme un silence assourdissant) sa souffrance primale avec une intĂ©gritĂ© bouleversante. 

Pris d'un silence Ă©touffĂ© lors du score musical teintĂ© de fragilitĂ©, on en sort (fra)cassĂ©, troublĂ©, dĂ©rangĂ©, dĂ©muni, inconsolable Ă  terme en proclamant que la cĂ©lĂ©britĂ© est un cadeau empoisonnĂ© qu'on ne souhaiterait mĂŞme pas dĂ©dier Ă  son pire ennemi. 

Un biopic intime bien à part donc dont je n'aurai jamais imaginé la portée existentielle et spirituelle (Robbie est très catholique) de la star médiatique hantée ET habité par ses furibonds démons avant de relever ses manches pour accéder à la rédemption en compagnie des anges. Comme le symbolise tendrement sa grand-mère porteuse d'espoir et d'optimisme.

Quant Ă  son Ă©chec commercial qu'il essuie actuellement, je le comprends aisĂ©ment. 
Tant pour le parti-pris simiesque (potentiellement ou carrément déstabilisant) que pour sa rupture de ton à mi-parcours puisqu'elle fait appel à une acuité dramatique aussi (lourdement) opaque que vertigineuse.


*Bruno
Vost

samedi 8 février 2025

Super/Man, l'histoire de Christopher Reeve / Super/Man: The Christopher Reeve Story

                                              
                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Ian BonhĂ´te et Peter Ettedgui. 2024. U.S.A/Angleterre. 1h44. 

Sortie salles France: 9 Octobre 2024. U.S: 21 Septembre 2024


"Qu'est ce qu'un héros ?
Un héros est un individu ordinaire qui trouve la force de persévérer et d'exister malgré des obstacles colossaux."

Je n'ai pas souvenir d'avoir autant pleuré en regardant un documentaire.

D'une sensibilité à fleur de peau auprès de l'humanisme écorché de Chris et de tous ces intervenant(e)s, "l'histoire de Christopher Reeve" est un hymne à la vie, à l'amitié, à la résilience, à l'espoir et au miracle d'y braver la limitation du Handicap.

Si bien que le destin atypique de Christopher Reeve (mais aussi de son entourage familial et amical le plus proche - n'est-ce pas Robin ! - ) reste aussi fulgurant que son personnage fictif de Superman.

On sort de ce doc aussi anéanti que transformé, les yeux pleins d'étoiles, en se suggérant que si les choses n'arrivent pas par hasard, notre rôle est de découvrir pourquoi.

Toute ma gratitude et mon amour sans fin envers la Fondation Christopher & Dana Reeve...

P. S: le documentaire a reçu 18 récompenses 🏆

*Bruno

vendredi 7 février 2025

The Order

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Justin Kurzel. 2024. U.S.A. 1h57/(1h51 sans gĂ©nĂ©rique). Avec Jude Law, Nicholas Hoult, Tye Sheridan, Jurnee Smollett, Alison Oliver, Marc Maron, Odessa Young.

Diffusé en France le 6 février 2025 (sur Prime Video)

FILMOGRAPHIEJustin Kurzel est un rĂ©alisateur australien, nĂ© le 3 aoĂ»t 1974 Ă  Gawler (Australie). 2011 : Les Crimes de Snowtown (Snowtown). 2015 : Macbeth. 2016 : Assassin's Creed. 2019 : Le Gang Kelly (True History of the Kelly Gang). 2021 : Nitram. 2024 : The Order. 


Basé sur le livre The Silent Brotherhood de Kevin Flynn et Gary Gerhardt, publié en 1989, ce polar impeccablement ficelé relate l'histoire véridique de Robert Jay Mathews, créateur du groupe suprémaciste blanc The Order ayant sévi au cours des années 80.

Leur ambition utopiste fut d'y fonder une patrie auquel les Juifs et les non-blancs y seraient interdits, tout en dressant au préalable une liste noire d'ennemis à éradiquer (à l'instar de l'animateur radio Alan Berg).
TraitĂ© Ă  l'ancienne avec une Ă©lĂ©gance Ă©purĂ©e, tout comme l'illustre dans un splendide scope sa magnifique scĂ©nographie montagneuse (issue du Canada), The Order prend son temps Ă  nous prĂ©senter ses personnages, tant bons que mĂ©chants, qu'un cast aux p'tits oignons donne chair avec une sobriĂ©tĂ© magnĂ©tique. 


L'intĂ©rĂŞt du rĂ©cit Ă  la fois terriblement violent, latent et inquiĂ©tant auprès de ses braquages en règle, dĂ©faites policières et exactions expĂ©ditives rĂ©sidant dans l'intensitĂ© d'un suspense jamais Ă  court de carburant lorsque des flics sur le qui-vive se rĂ©signent Ă  alpaguer l'organisation terroriste avec une foi inĂ©branlable. A l'instar d'un Jude Law Ă  la fois rĂ©signĂ©, striĂ© et forcenĂ© d'alpaguer le leader Bob Mathews que campe avec une force tranquille et de suretĂ© Nicholas Hoult aussi impactant dans sa requĂŞte suprĂ©maciste de grande envergure oĂą seule la violence rĂ©ac compte. 

SoulignĂ© d'une musique Ă©vanescente aussi discrète qu'envoĂ»tante, The Order est une dĂ©claration d'amour au polar Ă  l'ancienne. Tant pour son contexte historique (ses fameuses annĂ©es 80) transpirant la simplicitĂ© matĂ©rielle, tant pour la caractĂ©risation dĂ©pouillĂ©e de ses flics avisĂ©s et de ses activistes racistes faisant Ă©cho Ă  notre actualitĂ© quotidienne, que de sa mise en image Ă©tonnamment stylisĂ©e si bien que l'on contemple chaque cadre avec un sentiment de fascination permanent. 


Solidement rĂ©alisĂ© sans jamais dĂ©border, The Order interpelle et maintient en haleine sans jamais s'embarrasser d'une action hyperbole puisque retraçant avec fidĂ©litĂ© les principales actions de l'organisation ayant sĂ©vi de 1983 Ă  1984. Justin Kurzel (Les Crimes de Snowtown) se focalisant Ă  tous prix sur ses protagonistes contrariĂ©s s'opposant mutuellement dans une lutte armĂ©e avec une endurance intrĂ©pide, quitte Ă  en payer le prix fort. 

A ne pas rater.

*Bruno
Vost

mercredi 5 février 2025

Jack l'Eventreur / The Lodger

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de John Brahm. 1944. U.S.A. 1h24. Avec Merle Oberon, George Sanders, Laird Cregar, Cedric Hardwicke, Sara Allgood, Aubrey Mather, Queenie Leonard, Doris Lloyd.

Sortie salles France: : 22 janvier 1947 ou 26 Septembre 1946. U.S: 19 Janvier 1944

FILMOGRAPHIEJohn Brahm est un rĂ©alisateur allemand nĂ© le 17 aoĂ»t 1893 Ă  Hambourg (Allemagne) et mort le 12 octobre 1982 Ă  Malibu (États-Unis).1936 : Le Lys brisĂ©. 1937 : L'Avocat du diable. 1938 : Prison centrale. 1938 : Pensionnat de jeunes filles. 1939 : Laissez-nous vivre. 1939 : Rio. 1940 : Escape to Glory. 1941 : L'Appel du Nord. 1942 : Le Monstre insaisissable. 1943 : Nuits de Calais. 1943 : Fleur d'hiver. 1944 : Jack l'Éventreur. 1944 : L'InvitĂ©e. 1945 : Hangover Square. 1946 : Le MĂ©daillon. 1947 : La Pièce maudite. 1947 : Singapour. 1949 : L'Atlantide. 1950 : Le Voleur de Venise. 1951 : Family Theatre (sĂ©rie TV). 1952 : Le Miracle de Fatima. 1952 : Face to Face. 1953 : Le Diamant bleu. 1954 : La Peste dorĂ©e. 1954 : Le tueur porte un masque. 1955 : The Millionaire (sĂ©rie TV). 1955 : Un envoyĂ© spĂ©cial. 1955 : Bengazi . 1959 : SĂ©rie Bonanza : Or et amour ; saison 1, Ă©pisode 3. 1960 : Thriller (sĂ©rie TV). 1961 : Les AccusĂ©s (sĂ©rie TV). 1961 : Le Jeune Docteur Kildare (sĂ©rie TV). 1962 : Le Virginien (sĂ©rie TV). 1964 : Gunsmoke. 1967 : Terreur au kilomètre. 

MĂŞme si Jack l'Eventreur n'a ici presque rien Ă  voir avec la rĂ©alitĂ© des faits historiques que l'on connait, ce chef-d'oeuvre oubliĂ© rĂ©alisĂ© par l'allemand John Brahm est un moment de tension horrifique comme on en voit si peu lors de son Ă©poque auquel il fut conçu. 

Il faut dire que l'interprĂ©tation sidĂ©rante de Laird Cregar dĂ©cĂ©dĂ© prĂ©maturĂ©ment le 9 DĂ©cembre 1944 (soit 11 mois après la sortie du film) doit beaucoup au pouvoir de fascination qui y Ă©mane Ă  travers son profil meurtrier Ă  la fois introverti, timorĂ© et fragile. Si bien que l'on s'Ă©prend d'une certaine compassion pour lui (notamment au moment d'apprendre quels sont ses mobiles qui l'incitent Ă  occire de jeunes chanteuses de cabaret d'une beautĂ© incandescente) tout en le craignant avec une apprĂ©hension Ă  la fois malaisante et  dĂ©stabilisante. 

MagnifiĂ© de son noir et blanc expressionniste auprès d'un Whitechapel embrumĂ©, Jack L'Ă©ventreur mise beaucoup sur la suggestion auprès de ses meurtres hors-champs en priorisant coute que coute le portrait fascinatoire d'un mĂ©decin esseulĂ© traumatisĂ© par la perte d'un ĂŞtre aimĂ© tout en vouant un amour immodĂ©rĂ© pour la beautĂ© la plus Ă©purĂ©e. 

EmaillĂ© de sĂ©quences musicales dansĂ©es et chantonnĂ©es de manière fringante, Jack l'Ă©ventreur nous dĂ©payse en diable Ă  travers sa scĂ©nographie anglaise entourĂ©e de personnages très attachants, classieux et distinguĂ©s (tout l'entourage amical du meurtrier). Un cast spontanĂ© impeccablement dirigĂ© par un John Brahm magnifiant sa rĂ©alisation avec brio insoupçonnĂ© (notamment auprès d'un jeu de lumières quelque peu baroque de temps Ă  autre). 

Du grand cinéma horrifique donc, peut-être la meilleure version de Jack l'Eventreur (largement romancée pour le rappeler) dans son art consommé du suspense exponentiel culminant vers une confrontation psychologique aussi terrifiante que (tristement) onirique.

Tout mon respect au sacro-saint éditeur, Rimini Editions 🥀, amoureux transi de cinéma d'horreur artisanal.

*Bruno
2èx. Vost

mardi 4 février 2025

Préparez vos Mouchoirs

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Bertrand Blier. 1978. France/Belgique. 1h48. Avec Gérard Depardieu, Carole Laure, Patrick Dewaere, Michel Serrault, Éléonore Hirt, Jean Rougerie, Sylvie Joly, Riton Liebman, Liliane Rovère.

Sortie salles France: 11 Janvier 1978 (Int - 13 ans)

FILMOGRAPHIE: Bertrand Blier est un réalisateur, scénariste et écrivain français, né le 14 mars 1939 à Boulogne-Billancourt.1967 : Si j'étais un espion. 1974 : Les Valseuses. 1976 : Calmos. 1978 : Préparez vos mouchoirs. 1979 : Buffet froid. 1981 : Beau-père. 1983 : La Femme de mon pote. 1984 : Notre histoire. 1986 : Tenue de soirée. 1989 : Trop belle pour toi. 1991 : Merci la vie. 1993 : Un, deux, trois, soleil. 1996 : Mon homme. 2000 : Les Acteurs. 2003 : Les Côtelettes. 2005 : Combien tu m'aimes ? 2010 : Le Bruit des glaçons. 2019 : Convoi exceptionnel.


« Il n’y a pas d’amour adulte, mĂ»r et raisonnable. Il n’y a devant l’amour aucun adulte, que des enfants, que cet esprit d’enfance qui est abandon, insouciance, esprit de la perte d’esprit. »

4 ans après les Valseuses, Bertrand Blier enrôle à nouveau le mythique tandem Depardieu / Dewaere pour une comédie acide reprenant le concept du triangle amoureux sous un angle moins vulgaire, effronté et choquant en dépit d'une ultime demi-heure abordant l'inceste et l'hébéphilie avec une sensibilité et une délicatesse éclipsant de justesse l'intolérable.

D'ailleurs, petite précision, il faut savoir que le film fut produit avec la Belgique et tourné dans cette région (pour les séquences finales) grâce à une législation moins drastique quant aux thèmes évoqués plus haut et pour une question de durées de tournage. L'acteur Riton Liebman étant un enfant au moment du tournage.

Et si le pitch (deux jeunes lurons tentent de satisfaire les besoins sentimentaux et sexuelles de leur partenaire) s'apparente à une séquelle des Valseuses, "Préparez vos mouchoirs" demeure moins provocateur, licencieux et autrement personnel à travers sa tonalité sémillante conjuguant à nouveau l'absurde et le réalisme naturaliste avec l'art consommé habituel de Blier.

Une farce de marivaudage aussi dĂ©calĂ©e que rĂ©jouissante car truffĂ© d'humour (corrosif) quant aux situations lunaires et de verve impayable pour les dialogues prĂ´nant les valeurs de l'amitiĂ©, de l'amour et de la fidĂ©litĂ©. Mais pas que, puisque nous questionnant sur la maternitĂ©, ce besoin maternel innĂ© chez la femme dĂ©peint ici sous l'impulsion du mal-ĂŞtre existentiel, d'une quĂŞte identitaire entre homme et femme notamment que tout sĂ©pare. Si bien que pour reprendre une illustre citation de Freud: “ Je n'ai toujours pas trouvĂ© de rĂ©ponse Ă  la grande question : Que veulent-elles au juste ?

Eclatant l'écran comme de coutume auprès de leurs excentricités (ici) gentiment dévergondées; il faut louer la tendre complicité que manifeste Gérard Depardieu / Patrick Dewaere accompagné ici d'une Carole Laure néophyte à la fois languissante, vaporeuse, attendrissante en bovarienne étouffée (d'où ses crises d'angoisse et d'évanouissement aléatoires) finissant par découvrir l'amour auprès d'une innocence responsable si j'ose dire avec une pointe de provoc.

Une comédie sociale de ma région (le Nord) ancré dans les Seventies et dégageant un charme insolite auprès de sa poésie à la fois prude, sensible, osée que les protagonistes amorcent malgré eux sous la mainmise d'un tonton Blier farceur instillant pour le coup une tendresse inattendue auprès des non-dits et des réflexions/interrogations personnelles de ses marginaux aussi autonomes qu'hétérodoxes dans leur fureur de vivre teintée de désillusion, de désespoir.

Une merveille du cinĂ©ma Français donc Ă©videmment infaisable aujourd'hui Ă  revoir d'urgence pour les amateurs OFNI burnĂ© (tout en finesse !) qui laissent des traces dans le ❤️ et l'encĂ©phale.

*Bruno

Distinctions:

Oscar du meilleur film étranger à la 51e cérémonie des Oscars

CĂ©sar de la meilleure musique originale pour Georges Delerue Ă  la 4e cĂ©rĂ©monie des CĂ©sar 

jeudi 30 janvier 2025

l'Amour au présent / We live in time

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site imdb.com

de John Crowley. 2024. Angleterre/France. 1h47. Avec Andrew Garfield, Florence Pugh, Grace Delaney, Lee Braithwaite, Aoife Hinds, Adam James, Douglas Hodge.

Sortie salles France: 1er Janvier 2025. U.S: 18 Octobre 2024. Angleterre: 1er Janvier 2025

FILMOGRAPHIEJohn Crowley est un rĂ©alisateur irlandais nĂ© le 19 aoĂ»t 1969 Ă  Cork en Irlande. 2002 : Come and Go (tĂ©lĂ©film court). 2003 : Intermission. 2007 : Celebration (tĂ©lĂ©film). 2007 : Boy A. 2009 : Is Anybody There? 2013 : Closed Circuit. 2015 : Brooklyn. 2019 : Le Chardonneret (The Goldfinch). 2024 : L'Amour au prĂ©sent. 

                                                                        Top 2025

“Tout s’anĂ©antit, tout pĂ©rit, tout passe : il n’y a que le monde qui reste, il n’y a que le temps qui dure.”

DĂ©chirant quand on traite avec autant de tact, de pudeur et de rĂ©alisme naturaliste la maladie du cancer par le pouvoir de l'amour et de la maternitĂ©. Sous l'impulsion d'un duo de comĂ©diens d'une complicitĂ© amoureuse aussi exaltĂ©e que dĂ©pouillĂ©e au grand dam de leur chemin de croix inĂ©vitablement mortifère.  

Or, le titre et l'affiche française (mais aussi ricaine) ont beau survendre un produit chamallow gĂ©nĂ©rateur d'Ă©motions Ă  gros bouillon, il n'en n'est rien puisque l'on se surprend d'ĂŞtre chavirĂ© d'empathie, d'Ă©motions, de dĂ©tresse sans jamais nous prĂ©venir. D'oĂą la charge Ă©motive qui se dĂ©gage de l'intrigue compĂ©titive avec un art consommĂ© de l'intensitĂ© dramatique suggĂ©rĂ©e. 

Peu de cris et de larmes donc Ă  l'intĂ©rieur du cadre tant nos protagonistes, matures, censĂ©s, responsables, d'une force de caractère spartiate (surtout la mère instinctivement pugnace), vivent leur rĂ´le plus qu'ils ne le jouent sans se laisser distraire par la larme facile qui ne mènera nulle part de toute façon. 

Aucune Ă©motion programmĂ©e donc, aucune prise d'otage Ă©motionnelle, aucun aimant Ă  tous les excès (de pathos, de complaisance, de mièvrerie, de misĂ©rabilisme). 

Une simple chronique naturaliste de la vie d'un couple dans leur quotidiennetĂ© Ă  la fois tranquille, jouasse, un peu triste et contrariĂ©e parmi le tĂ©moignage de leur progĂ©niture que la gĂ©nitrice aura dĂ©cidĂ© de prĂ©server Ă  tous prix par le pouvoir du souvenir le plus digne et Ă©difiant. 

On en sort pour autant traumatisĂ©, au sens brut de dĂ©coffrage, (selon les sensibilitĂ©s de chacun et de chacune comme toujours) d'avoir parcouru dans la sobriĂ©tĂ© cet hymne Ă  la vie, Ă  l'amour (tant maternel que conjugal) et Ă  la bravoure en un laps de temps si restreint. 

Si bien que le temps qu'il nous reste à vivre est plus important que toutes les années écoulées.


P.S: déconseillé aux "gros durs" et aux machistes impassibles.
Ne vous fiez surtout pas Ă  la Bande-annonce mensongère très commerciale. 

*Bruno
Vost

mardi 28 janvier 2025

Babygirl. Meilleure Actrice: Mostra de Venise 2024.

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site imdb.com

de Halina Reijn. 2024. U.S.A. 1h54. Avec Nicole Kidman, Harris Dickinson, Antonio Banderas, Sophie Wilde, Esther McGregor, Vaughan Reilly, Gaite Jansen.

Sortie salles France: 15 Janvier 2025 

FILMOGRAPHIEHalina Reijn est une actrice, productrice, écrivaine et réalisatrice néerlandaise née le 10 novembre 1975 à Amsterdam (Pays-Bas). 2019 : Instinct : Liaison interdite. 2021 : For The Birds (court-métrage). 2022 : Bodies, Bodies, Bodies. 2024 : Babygirl.

Beaucoup liront ici et lĂ  qu'il s'agit d'un thriller Ă©rotique contemporain, alors que selon moi il n'en n'est rien. 

Car sous ses apparats d'expĂ©riences Ă©rotiques SM magnifiquement suggĂ©rĂ©es du hors-champs sonore (alors qu'Ă  d'autres moments la gĂŞne et le malaise interfèrent sans prĂ©venir pour la mĂŞme raison auditive et pour les intensitĂ©s corporelles si expressives) s'y dĂ©voilent un superbe drame psychologique magnifiĂ© des prestances de Nicole Kidman et de Harris Dickinson se livrant Ă  nu face camĂ©ra avec une expressivitĂ© sensorielle. 

C'est simple, on a l'impression d'ĂŞtre parmi eux, au coeur de leur corps en rut tant l'intensitĂ© de leur jeu fiĂ©vreux s'y transmet en nous grâce au rĂ©alisme documentĂ© d'une camĂ©ra hyper circonspecte. 

Le climat intime TRES particulier de leurs sulfureuses relations rĂ©servant mĂŞme des moments d'Ă©trangetĂ© dĂ©rangĂ©e aussi crues qu'ensorcelants sous l'impulsion musicale de chansons pops, de la techno et de la new-wave (parfois underground) que la gĂ©nĂ©ration 80 ne manquera pas de s'Ă©mouvoir dans leur rĂ©miniscence juvĂ©nile. La musique entĂŞtante Ă©tant au service narratif auprès des actions dĂ©complexĂ©es des personnages, jamais un effet de manche infructueux pour amuser l'ouĂŻe.  

Ajoutez Ă  cela la rĂ©alisation auteurisante hyper maĂ®trisĂ©e de la rĂ©alisatrice Halina Reijn auscultant tout le long de cette dĂ©rive lubrique un magnifique portrait de femme Ă  la fois fourbe, orgueilleuse, froide et humainement autant affaiblie par sa condition sclĂ©rosĂ©e que sa solitude maritale. Une PDG Ă©mĂ©rite ivre de dĂ©sir mais incapable d'y parfaire ses fantasmes SM faute d'un Ă©poux anachronique qu'Antonio Banderas compose avec une fragilitĂ© davantage dĂ©munie. 

D'oĂą l'Ă©motion poignante qui Ă©mane de ce trio sentimental apte Ă  se confronter pour tenter peut-ĂŞtre d'y pardonner l'adultère. 

Particulièrement saillant et si expressif auprès de ses images mĂ©lancoliques, stylisĂ©es et capiteuses au sein d'une urbanisation  New-yorkaise ouatĂ©e de crĂ©puscule, "Babygirl" dĂ©gage Ă©galement une sensualitĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©e auprès cette sexagĂ©naire huppĂ©e dĂ©passĂ©e par ses pulsions masochistes qu'elle finit par assumer grâce Ă  une jeunesse retrouvĂ©e. 

Précision toutefois, notamment faute de son climat hermétique si froid et déstabilisant, "Babygirl" divisera assurément le public non préparé, friand des sucreries faussement acides que caractérisent "50 nuances de Grey" et consorts.

*Bruno

Récompense: Mostra de Venise 2024 : Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour Nicole Kidman