mercredi 11 juillet 2018

FOLIE MEURTRIERE

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Mio caro assassino/My dear killer" de Tonino Valerii. 1972. Italie. 1h36. Avec George Hilton, Salvo Randone, William Berger, Patty Shepard, MarilĂą Tolo, Manuel Zarzo.

Sortie salles Italie: 3 FĂ©vrier 1972.

FILMOGRAPHIE: Tonino Valerii est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien nĂ© le 20 mai 1934 Ă  Montorio al Vomano, dĂ©cĂ©dĂ© le 13 octobre 2016 Ă  Rome. 1966 : Per il gusto di uccidere. 1968 : Le Dernier Jour de la colère. 1969 : Texas. 1970 : Une jeune fille nommĂ©e Julien. 1972 : Folie meurtrière. 1972 : La Horde des salopards. 1973 : Mon nom est Personne. 1975 : Vai gorilla. 1977 : Sahara Cross. 1985 : Senza Scrupoli. 1986 : La Sporca insegna del coraggio. 1987 : Sicilian Connection. 1997 : Una vacanza all'inferno. 1997 : Un bel dì vedremo.


Giallo de haute tenue tournĂ© en 72 par l'auteur du Dernier jour de la colère et de Mon nom est personne, Folie Meurtrière captive sans temps mort de par son intrigue littĂ©ralement sordide dĂ©livrant au compte goutte les tenants et aboutissants d'une ancienne affaire criminelle confrontant une foule de prĂ©sumĂ©s coupables communĂ©ment interlopes. Si bien que le spectateur quelque peu dissipĂ© au dĂ©roulement de l'enquĂŞte pourrait parfois s'y perdre, de par sa complexitĂ© un brin confuse que l'inspecteur nous dĂ©taille avec un bagout volubile selon mon jugement de valeur. Car suite Ă  la dĂ©capitation d'un dĂ©tective d'assurance par une excavatrice, l'inspecteur Luca Peretti parvient Ă  faire remonter Ă  la surface une histoire de rapt infantile ayant mal tournĂ©e quelques annĂ©es plus tĂ´t. Le père et sa fille ayant Ă©tĂ© retrouvĂ©s en Ă©tat de putrĂ©faction dans un bunker 2 mois après leur disparition.


Mais par la cause d'un indice capital pouvant dĂ©voiler l'identitĂ© de l'assassin, ce dernier se rĂ©sout Ă  Ă©liminer chaque tĂ©moin gĂŞnant avant que l'inspecteur Peretti ne dĂ©lie les ficelles d'une machination cupide. Nanti d'une force tranquille et de sĂ»retĂ© en inspecteur retors fĂ©ru de vĂ©ritĂ©, George Hilton porte le film sur ses Ă©paules si bien que son omniprĂ©sence Ă  l'Ă©cran fait mouche dans sa dĂ©termination Ă  reconstituer un puzzle crapuleux d'oĂą plane en arrière plan la pĂ©dophilie. On s'Ă©tonnera d'ailleurs lors d'une brève sĂ©quence l'apparition dĂ©rangeante d'une fillette entièrement nue face Ă©cran. Outre l'acuitĂ© de l'intrigue malsaine fertile en rebondissements et entrecoupĂ©e de moments d'angoisse atmosphĂ©rique (notamment parmi l'habile exploitation de dĂ©cors rustiques), Folie Meurtrière est saturĂ©e d'une violence parfois incisive. A l'instar de l'impressionnante exaction Ă  la scie circulaire ou du tabassage d'un vieillard par un objet sculptural. On peut Ă©galement relever non sans une certaine ironie macabre une efficace sĂ©quence de dĂ©capitation Ă  la pelle mĂ©canique en scène d'ouverture.


Un cran au dessus de ses homologues La Queue du Scorpion, Qui l'a vue mourir et le Tueur Ă  l'OrchidĂ©e (pour citer 3 brillants succĂ©danĂ©s tournĂ©s la mĂŞme pĂ©riode), Folie Meurtrière est Ă  redĂ©couvrir d'urgence tant Tonino Valerii  parvient avec une efficacitĂ© mĂ©tronomique Ă  dĂ©ranger et fasciner sous couvert d'un rapt innommable faisant resurgir la mĂ©moire d'une fillette prodige. Avec la contribution musicale du maestro Ennio Morricone

* GaĂŻus
2èx

mardi 10 juillet 2018

LE SECRET DES MARROWBONE. Prix Goya du meilleur nouveau réalisateur, 2018.

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site zickma.fr

"El secreto de Marrowbone" de Sergio G. Sánchez. 2017. Espagne. 1h50. Avec George MacKay,
Anya Taylor-Joy, Charlie Heaton, Mia Goth, Matthew Stagg.

Sortie salles France: 7 Mars 2018. Espagne: 27 Octobre 2017.

FILMOGRAPHIESergio G. Sánchez est un réalisateur et scénariste espagnol né en 1973 à Oviedo, Asturias. 2018: Le secret des Marrowbone. 2008: Las manos del pianista (Téléfilm).


"Il ne règne aucun mot d'esprit pour sentencier une réelle maltraitance. Même après condamnation pour maltraitance la dette n'est jamais payée."
Dans la lignĂ©e des Autres, l'Echine du Diable, Fragile, le Labyrinthe de Pan, Insensibles et  l'Orphelinat, le cinĂ©ma ibĂ©rique nous offre Ă  nouveau une perle de hantise avec le Secret des Marrowbone injustement reparti bredouille Ă  GĂ©rardmer en dĂ©pit de critiques fort enthousiastes. Pour autant, aurĂ©olĂ© dans son pays natal du Prix goya du meilleur nouveau rĂ©alisateur, Sergio G. Sanchez n'a pas volĂ© son trophĂ©e si bien qu'en tant que cinĂ©aste nĂ©ophyte, ce dernier particulièrement talentueux dans l'art de conter un rĂ©cit charpentĂ© voue un vĂ©ritable amour pour le genre. Et ce tout en transplantant intelligemment le drame psychologique Ă  la fois intense et bouleversant dans le cadre codifiĂ© du cinĂ©ma d'horreur. D'une fulgurance formelle quasi onirique au sein d'une nature champĂŞtre oĂą plane le conte de fĂ©e, Le secret des Marrowbone ravit les yeux et le coeur lorsque trois frères et une soeur se rĂ©signent Ă  respecter le pacte de rester communĂ©ment solidaires et ne former plus qu'un depuis la mort prĂ©cipitĂ©e de leur mère. Mais traumatisĂ©s par un lourd passĂ©, ces derniers doivent faire face Ă  d'Ă©tranges phĂ©nomènes inexpliquĂ©s potentiellement liĂ©s Ă  la disparition de leur père abusif.


Baignant dans un climat de mystère lattent que Sergio G. Sanchez maĂ®trise avec autant d'attention que de subtilitĂ© afin de ne pas prĂ©cipiter le rĂ©cit dans les clichĂ©s et effets-chocs racoleurs, le Secret des Marrowbone distille d'autant mieux une certaine plĂ©nitude en nous familiarisant avec nos protagonistes si dĂ©sarmĂ©s car livrĂ©s Ă  eux mĂŞmes. De par la tendre cohĂ©sion familiale entamĂ©e entre ces 4 orphelins s'efforçant de taire la disparition de leur mère aux citadins, faute de leur jeune âge (ils sont tous âgĂ©s de - de 21 ans) et afin de prĂ©server leur nouvelle propriĂ©tĂ© isolĂ©e du village local. Qui plus est, parmi l'arrivĂ©e alĂ©atoire d'Allie, ravissante jeune bibliothĂ©caire, Jack, le frère aĂ®nĂ©, s'Ă©prend rapidement d'affection pour elle en dĂ©pit de la jalousie de son frère Gamelle et d'un jeune notaire. Bref, le rĂ©cit semĂ© d'interrogations et d'indices en suspens parvient promptement Ă  sĂ©duire et Ă  inquiĂ©ter de par la profonde humanitĂ© des personnages juvĂ©niles pris Ă  parti avec des Ă©vènements irrationnels que Sergio Sanchez suggère plus qu'il ne montre. Et ce jusqu'Ă  ce que l'intrigue davantage sombre et perfide ne bifurque dans son dernier acte vers un retournement de situation Ă  la dramaturgie escarpĂ©e. Ce nouveau niveau de lecture adoptant dès lors une tournure tragique littĂ©ralement bouleversante en abordant avec une sensibilitĂ© prude les douloureux thèmes de la maltraitance, de l'innocence scarifiĂ©e et du traumatisme.


Les Enfants du Silence
Impeccablement convaincant auprès de son casting juvĂ©nile rĂ©solument investi dans leur fonction aussi bien soumise qu'hĂ©roĂŻque, Le secret des Marrowbone tire-parti de son intensitĂ© Ă©motionnelle grâce Ă  sa dimension humaine inĂ©vitablement fragile Ă©voluant au fil d'une intrigue criminelle en proie au surnaturel. Conte cruel sur la perte de l'ĂŞtre cher, histoire d'amour pure afin d'accĂ©der Ă  la sĂ©rĂ©nitĂ©, Sergio Sanchez joue subtilement avec les codes du film d'Ă©pouvante pour mieux nous Ă©branler. Entre apprĂ©hension et dĂ©sagrĂ©ment. 

* GaĂŻus

Clin d'oeil Ă  toi ami Seb ^^

lundi 9 juillet 2018

Blue Holocaust / Buio omega / Beyond the Darkness / Folie Sanglante.

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wrongsideoftheart.com

 de Joe D'Amato. 1979. Italie. 1h34. Avec Kieran Canter, Cinzia Monreale, Franca Stoppi, Sam Modesto, Anna Cardini, Lucio D'Elia, Mario Pezzin.

Sortie Salles France: 30 Juin 1982 (Int - 18 ans). Italie: 15 Novembre 1979.

FILMOGRAPHIE SELECTIVEJoe d'Amato (nĂ© Aristide Massaccesi le 15 dĂ©cembre 1936 Ă  Rome, mort le 23 janvier 1999) est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste italien. 1977 : Emanuelle in America, 1977 : Viol sous les tropiques, 1979: Buio Omega (Blue Holocaust), 1980:Anthropophagous, La Nuit Erotique des morts-vivants, Porno Holocaust, 1981: Horrible, 1982: 2020, Texas Gladiator, Caligula, la vĂ©ritable histoire, Ator l'invincible, 1983: Le Gladiateur du futur.


"Amour en décomposition".
Un an avant son scandaleux Anthropophagous, Joe D’Amato nous avait dĂ©jĂ  bien secouĂ©s avec Blue Holocaust, que beaucoup considèrent — Ă  raison — comme sa pièce maĂ®tresse. TournĂ© en quatre semaines avec un budget dĂ©risoire, il s'agit d’un remake (au vitriol) du film Il Terzo Occhio de Mino Guerrini, avec Franco Nero en tĂŞte d'affiche. Le jour oĂą Francesco apprend la mort de sa fiancĂ©e, il sombre dans une dĂ©tresse inconsolable, au point d'exhumer son cadavre pour le ramener chez lui. Vivant reclus dans une vaste demeure avec sa gouvernante, il glisse peu Ă  peu dans une folie meurtrière, accostant de jeunes filles innocentes pour mieux les sacrifier. En 1979, pour la première fois de sa carrière, l’inĂ©narrable D’Amato s’essaie Ă  un pur film d’horreur, repoussant les limites du montrable dans une romance macabre en dĂ©composition morale. Grâce Ă  son ambiance poisseuse indĂ©fectible, renforcĂ©e par une photo blafarde, Blue Holocaust atteint un sommet d’horreur crapoteuse, notamment Ă  travers la relation immorale entre un maĂ®tre dĂ©chu et sa domestique empoisonnĂ©e d’amour.

Car sous cette trame sulfureuse, explorant la nĂ©crophilie, la perversitĂ©, et plus marginalement le cannibalisme, D’Amato tire un conte malade, baignĂ© dans une folie scabreuse. Par ses excès gore vomitifs, son atmosphère morbide saturĂ©e du thème hypnotique des Goblin, et les penchants licencieux de ses protagonistes, Blue Holocaust oscille entre fascination et rĂ©pulsion. Francesco et sa majordome Iris forment un duo dysfonctionnel, dĂ©pravĂ©, vidĂ© de toute morale — et peut-ĂŞtre mĂŞme de toute raison. On ne comprend pas vraiment ce qui pousse Francesco dans cette folie sadique, si ce n’est une douleur si vive qu’elle se mue en pulsion de mort. Multipliant les conquĂŞtes pour mieux exĂ©cuter ses fantasmes nĂ©crophiles, erratique, il arrache les ongles d'une auto-stoppeuse avec une haine aussi improbable que gratuite. Et pourtant, il parvient Ă  nous toucher — malgrĂ© tout — par la mĂ©lancolie lancinante de son deuil. Iris, elle, manipulatrice sans vergogne, amoureuse jusqu’Ă  la dĂ©votion, orchestre la violence pour mieux s’approprier ce cĹ“ur inaccessible.

Cette complicitĂ© transgressive fascine irrĂ©mĂ©diablement par son climat pestilentiel, suintant l’effluve mortuaire — un peu Ă  la manière cynique du maladif Baiser Macabre de Lamberto Bava, dont D’Amato reprend d’ailleurs la mĂŞme conclusion sardonique avec une froideur presque logique. ScandĂ© du score atmosphĂ©rique des Goblin et relativement efficace malgrĂ© une narration pervertie, D’Amato, très inspirĂ© par l’imagerie dĂ©gueulbif (zooms intrusifs Ă  l’appui), nous entraĂ®ne dans leur dĂ©rive obscène, pour l’enjeu d’un amour perdu. L’ambiance morbide, tributaire d’excès gore insoutenables (l’Ă©viscĂ©ration de la dĂ©funte provoque la nausĂ©e avant que son cĹ“ur ne soit dĂ©vorĂ© Ă  pleines dents !), s’enracine dans le dĂ©cor glacial du pavillon rural, parsemĂ© de pièces lugubres, sous la garde funeste du cadavre enfermĂ© dans la chambre — diffuseur d’une aura capiteuse, presque sacrĂ©e. 

Et si les seconds rĂ´les s’avèrent stĂ©riles, comme souvent chez D’Amato, on peut se rĂ©conforter auprès de Franca Stoppi, incarnant avec un charisme dĂ©monial une gouvernante possessive, tour Ă  tour jalouse, perverse, hystĂ©rique, au fil de sa dĂ©chĂ©ance criminelle. Peu loquace, mais d’une austĂ©ritĂ© sidĂ©rante dans sa morphologie famĂ©lique, l’actrice se fond avec un magnĂ©tisme patibulaire dans le rĂ´le d’une mĂ©gère rongĂ©e par l’obsession. Quant Ă  Kieran Canter, son physique bellâtre de veuf aux yeux verts, accablĂ© par le chagrin, crĂ©e un contraste saisissant avec ses accès d’immoralitĂ© perverse, lorsqu’il se contraint Ă  faire disparaĂ®tre les tĂ©moins gĂŞnants.


"Bleu cadavre : la romance en putréfaction".
En dĂ©pit de dialogues prĂ©mâchĂ©s et d’une psychologie rudimentaire, Blue Holocaust Ă©rige les vertus d’une horreur dĂ©viante au rĂ©alisme troublant. L’audace putassière de ses dĂ©rives gores (l’Ă©viscĂ©ration, le cannibalisme de Francesco, le bain de soude de l’auto-stoppeuse) et l’ambiance de romantisme mortifère autour de ces amants en deuil laissent en mĂ©moire une Ă©treinte inusitĂ©e — poisseuse, purulente, dĂ©complexĂ©e.

* GaĂŻus
26.03.12
09.07.18. 5èx

DĂ©finition de Buio Omega (anecdote reprise sur le site devildead): La lettre "Omega" (relevĂ©e sur le vĂ©hicule des pompes funèbres) symbolise la fin, d'après la parole de Dieu "Je suis l'Alpha et l'Omega", je suis le dĂ©but et la fin de toutes choses. "Buio" signifiant les tĂ©nèbres...

vendredi 6 juillet 2018

LE TUEUR A L'ORCHIDEE

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site imdb.com

"Sette orchidee macchiate di rosso" d'Umberto Lenzi. 1972. Italie. 1h32. Avec Rossella Falk, Antonio SabĂ to, Uschi Glas, Pier Paolo Capponi, Petra SchĂĽrmann, Marisa Mell, Gabriella Giorgelli.

Sortie salles Italie: 24 FĂ©vrier 1972 (Int - 18 ans).

FILMOGRAPHIE: Umberto Lenzi est un réalisateur et scénariste italien, né le 6 Aout 1931 à Massa Marittima, dans la province de Grosseto en Toscane (Italie). 1962: Le Triomphe de Robin des Bois, 1963: Maciste contre Zorro, Sandokan, le Tigre de Bornéo, 1964: Les Pirates de Malaisie, 1966: Kriminal, 1967: Les Chiens Verts du Désert, 1968: Gringo joue et gagne, 1969: La Légion des Damnés, Si douces, si perverses, 1970: Paranoia, 1972: Le Tueur à l'orchidée, 1972: Au pays de l'Exorcisme, 1973: La Guerre des Gangs, 1974: Spasmo, La Rançon de la Peur, 1975: Bracelets de Sang, 1976: Brigade Spéciale, Opération Casseurs, La Mort en Sursis, 1977: Le Cynique, l'infâme et le violent, 1978: Echec au gang, 1980: La Secte des Cannibales, l'Avion de l'Apocalypse, 1981: Cannibal Ferox, 1983: Iron Master, la guerre du fer, 1988: Nightmare Beach, la Maison du Cauchemar, 1991: Démons 3, 1996: Sarayevo inferno di fuoco.


Orchidée (nom féminin): Fleur coupée de cette plante (notamment d'origine exotique), généralement recherchée pour sa valeur ornementale, l'originalité de ses formes, l'éclat ou la finesse de ses coloris, parfois jugée trop extravagante, voire maléfique.

En pleine vogue du Giallo Ă  l'orĂ©e des Seventies, Umberto Lenzi nous offre sa version des faits avec le Tueur Ă  l'OrchidĂ©e mĂŞme s'il eut dĂ©jĂ  oeuvrĂ© 2 ans plus tĂ´t dans le thriller parmi le dĂ©cevant Si douces, si perverses et le sympathique PäranoĂŻa. D'ailleurs, selon mon jugement de valeur, sa trajectoire narrative dĂ©diĂ©e quasiment Ă  l'enquĂŞte policière de longue haleine occulte un peu les codes giallesques Ă  proprement parler. Et ce mĂŞme si le tueur gantĂ© affublĂ© d'une gabardine noire accomplit ses exactions meurtrières avec une cruautĂ© aussi bien gore que baroque (Ă  l'instar des pots de peintures se dĂ©versant lentement sur le corps d'une victime). D'ailleurs sur ce point, le premier quart d'heure riche en homicides ravira les amateurs de par son rythme effrĂ©nĂ© et le rĂ©alisme assez malsain qui y Ă©mane.


On peut aussi relever vers la dernière demi-heure une séquence choc assez gorasse que le tueur perpétue à la chignole, si bien que Lenzi filme son acte extrême parmi la complaisance des gros zooms. Pour en revenir à l'enquête policière que mènent un détective privé et l'une des 7 victimes (s'étant fait passer pour morte avec la complicité de la police), Le Tueur à l'Orchidée ne nous laisse aucun répit dans son panel d'indices à résoudre (la fameuse demi-lune argentée laissée sur les corps des victimes, les 7 orchidées déposés sur la tombe), rebondissements, faux coupables et séquences angoissantes en interne des huis-clos domestiques. Et si la réalisation avait gagnée à être un peu mieux maîtrisée, sa partition plus idoine et sa photo plus épurée, la sobriété des acteurs (accompagnés de quelques italiennes plantureuses pour autant timorées) et surtout son suspense émoulu pallient sans prétention ces scories.


Tour Ă  tour passionnant, inquiĂ©tant et sensiblement capiteux Ă  travers son ambiance horrifique typiquement latine, le Tueur Ă  l'orchidĂ©e ne déçoit nullement auprès de son investigation policière impeccablement ficelĂ©e par un dĂ©tective retors en proie Ă  la vengeance d'un misogyne protestant. Un excellent succĂ©danĂ© donc toujours aussi Ă©tonnamment magnĂ©tique et jouissif. 

* GaĂŻus

jeudi 5 juillet 2018

LA FUREUR DE VAINCRE

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinema.jeuxactu.com

"Fist of Fury" de Lo Wei. 1972. Hong-Kong. 1h46. Avec Bruce Lee, Nora Miao, James Tien, Maria Yi

Sortie salles France: 2 AoĂ»t 1973. Hong-Kong: 22 Mars 1972. U.S: 7 novembre 1972

FILMOGRAPHIE: Lo Wei (nĂ© le 12 dĂ©cembre 1918, province de Jiangsu, Chine – dĂ©cĂ©dĂ© le 20 janvier 1996, Hong Kong) est un rĂ©alisateur et un acteur hongkongais. 1953 : Mr. Handsome. 1970 : Brothers Five. 1971 : The Big Boss. 1971 : The Invincible Eight. 1971 : Vengeance of a Snowgirl. 1972 : La Fureur de vaincre. 1976 : L'Impitoyable. 1976 : La Nouvelle Fureur de vaincre. 1976 : The Killer Meteors. 1977 : Snake and Crane: The Arts of Shaolin. 1977 : Le Vengeur. 1978 : Magnificent Bodyguards. 1978 : L'IrrĂ©sistible. 1979 : Le Poing de la vengeance. 1983 : Le Cri de la hyène.


"La meilleure façon de se venger d'un ennemi c'est de ne pas lui ressembler"
Sorti Ă  Hong-Kong la mĂŞme annĂ©e que la Fureur du Dragon (Ă  quelques mois d'intervalle), La Fureur de Vaincre fit Ă  nouveau exploser le box-office français avec 3 016 105 entrĂ©es. RĂ©alisĂ© par Lo Wei, signataire de Big Boss sorti un an au prĂ©alable, la Fureur de Vaincre dĂ©peint la rivalitĂ© entre 2 Ă©coles d'arts-martiaux, les (gentils) chinois contre les (mĂ©chants) japonais depuis la mort mystĂ©rieuse du grand maĂ®tre chinois surnommĂ© Huo. De retour au pays, Chen Zhen digère difficilement le deuil de son mentor au moment de se confronter Ă  l'intimidation d'Ă©lèves japonais potentiellement responsables de la disparition de ce dernier. Ivre de vengeance, il plonge rapidement dans une folie meurtrière au point d'entraĂ®ner dans sa dĂ©chĂ©ance des reprĂ©sailles prĂ©judiciables. 


Film d'action plutĂ´t nerveux dans son lot de combats de kung-fu hĂ©tĂ©roclites (notamment auprès de l'attirail d'armes blanches et du fameux Nunchaku que Bruce Lee manie avec une agilitĂ© indĂ©trĂ´nable) et assez dense auprès du profil peu recommandable d'un justicier incapable de rĂ©primer sa haine contre le racisme et l'injustice, La Fureur de Vaincre est sublimĂ© par la prĂ©sence du petit dragon littĂ©ralement habitĂ© en ange exterminateur ! Bruce Lee se livrant corps et âme face camĂ©ra avec une fĂ©rocitĂ© primitive d'une intensitĂ© vertigineuse ! Certains affrontements homĂ©riques surfant parfois mĂŞme avec le surnaturel (si j'ose dire), de par son regard magnĂ©tique stoĂŻque, sa posture Ă  la fois rigide et comprimĂ©e et surtout sa vĂ©locitĂ© corporelle contrastĂ©e de muscles d'airain ! On peut d'ailleurs surligner en guise de point d'orgue les 2 ultimes affrontements d'une intensitĂ© Ă  couper le souffle puisque faisant office d'anthologie chorĂ©graphique (notamment par le biais du ralenti expĂ©rimental et des bruitages outrĂ©s !) avant de se surprendre de son Ă©pilogue sacrificiel dĂ©nonçant en filigrane, et Ă  travers les consĂ©quences de la vengeance, la corruption judiciaire et policière. 


Le droit de tuer
En dĂ©pit d'un jeu d'acteurs parfois outrĂ© et d'une rĂ©alisation pas toujours habile (notamment auprès de faux raccords ou d'une vaine sĂ©quence polissonne), la Fureur de vaincre demeure un furieux spectacle d'arts-martiaux Ă  redĂ©couvrir avant tout pour le talent imputrescible de Bruce Lee portant le film sur ses (petites) Ă©paules saillantes. 

* Gaius Baltar
2èx

mercredi 4 juillet 2018

READER PLAYER ONE

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Steven Spielberg. 2018. U.S.A. 2h20. Avec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, T. J. Miller, Simon Pegg, Mark Rylance, Lena Waithe.

Sortie salles France: 28 Mars 2018. U.S: 29 Mars 2018

FILMOGRAPHIE: Steven Allan Spielberg, Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur est un réalisateur, producteur, scénariste, producteur exécutif, producteur délégué et créateur américain, né le 18 décembre 1946 à Cincinnati (Ohio, États-Unis). 1971: Duel , 1974: Sugarland Express, 1975: Les Dents de la mer, 1977: Rencontres du troisième type, 1979: 1941, 1981: les Aventuriers de l'Arche Perdue, 1982: E.T. l'extra-terrestre , 1983: La Quatrième Dimension (2è épisode),1984: Indiana Jones et le Temple maudit, 1985: La Couleur pourpre, 1987: Empire du soleil, 1989: Indiana Jones et la Dernière Croisade, Always, 1991: Hook, 1993: Jurassic Park, La Liste de Schindler, 1997: Le Monde Perdu, Amistad,1998: Il faut sauver le soldat Ryan Saving Private Ryan, 2001: A.I., 2002: Minority Report, Arrête-moi si tu peux, 2004:Le Terminal , 2005: La Guerre des Mondes, 2006: Munich, 2008: Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal,2011: Les Aventures de Tintin, cheval de guerre. 2012: Lincoln. 2015: Le Pont des Espions. 2016 : Le Bon Gros Géant. 2017 : Pentagon Papers. 2018 : Ready Player One. 2020 : Indiana Jones 5.

                                                                -----------------------------------------

Sans remettre en cause sa qualité technique étourdissante et ses ambitions narratives indiscutables (très visionnaires), j'en suis malade de ne pas avoir accroché en dépit de son monstrueux 1er quart d'heure ultra jouissif (j'étais comme un gosse face écran !).
En tout état de cause, je comprends aisément les fans de réalité virtuelle.

* Bruno

Box Office- France: 2 268 439 entrées

Ci-joint la chronique de Jean-Marc Micciche
https://jeanmarcmicciche.blogspot.com/2018/04/ready-player-one-why-cant-we-go.html

mardi 3 juillet 2018

LA PLANETE DES MONSTRES / LE FILS DE GODZILLA

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lemondedeskaijus.free.fr

"KaijĂ»tĂ´ no kessen: Gojira no musuko" de Jun Fukuda. 1967. Japon. 1h26. Avec Tadao Takashima, Akira Kubo, Beverly Maeda.

Sortie salles France: 1er Mars 1978. Japon: 16 DĂ©cembre 1967

FILMOGRAPHIE PARTIELLE: Jun Fukuda (福田 ç´”, Fukuda Jun?) est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste japonais, nĂ© le 17 fĂ©vrier 1923 Ă  Manshu (CorĂ©e), dĂ©cĂ©dĂ© le 3 dĂ©cembre 2000 Ă  Setagaya (Japon). 1959: Osorubeki hiasobi. 1960 : Denso Ningen. 1961 : Hoero datsugokushu. 1961 : Nasake muyo no wana. 1961 : Nakito gozansu. 1962 : Ankokugai no kiba. 1963 : Nippon jitsuwa jidai. 1963 : Hawai no wakadaishĹŤ. 1963 : Norainu sakusen. 1964 : Trap of Suicide Kilometer. 1964 : Chi to daiyamondo. 1966 : Godzilla, Ebirah et Mothra : Duel dans les mers du sud. 1967 : Le Fils de Godzilla. 1968 : Hyappatsu hyakuchu: Ogon on me. 1969 : Nyu jirando no wakadaishĹŤ. 1969 : Konto Gojugo-go: Uchu daibĹŤken. 1970 : Yaju toshi. 1970 : Kigeki sore ga otoko no ikiru michi. 1971 : Nishi no betenshi, higashi no sagishi. 1971 : 3000 kiro no wana. 1972 : Godzilla vs Gigan. 1973 : Godzilla vs Megalon. 1974 : Godzilla contre Mecanik Monster. 1974 : Kigeki damashi no jingi. 1974 : Esupai. 1977 : La Guerre de l'espace.


Film de Kaiju ayant bercĂ© les adolescents des annĂ©es 80 lors de son exploitation Vhs (sous l'effigie de l'inoubliable Ă©diteur VIP !), la Planète des Monstres entame l'aventure fantastique sous un angle familial si bien que la plupart des sĂ©quences homĂ©riques prĂŞtent parfois/souvent Ă  l'hilaritĂ© de par son innocente dĂ©rision. Notamment si je me rĂ©fère aux rapports paternels entre Godzilla et son fils lors de son apprentissage Ă  la maturitĂ© que Junk Fukuda filme avec une tendresse pittoresque, aussi prĂ©caires soient ses trucages archaĂŻques. Pour preuve, la sĂ©quence oĂą Godzilla tente de lui apprendre pour la première fois Ă  cracher du feu nuclĂ©aire fait office d'anthologie dĂ©jantĂ©e ! Et donc, assister aux combats extravagants de ses monstres gĂ©ants en costume de latex relève de la singularitĂ© si bien que le spectateur observe Ă©merveillĂ© ses combats improbables en renouant promptement avec son âme d'enfant. Et la magie du cinĂ©ma de fonctionner Ă  plein tube puisque l'on croit sans peine Ă  la mobilitĂ© de ces derniers dĂ©ambulant dans la forĂŞt, Junk Fukuda insĂ©rant parfois habilement au sein du mĂŞme cadre les ĂŞtres humains de taille subitement rĂ©duite !


Nombre de sĂ©quences potentiellement grotesques Ă©tant transfigurĂ©s par le sens du dĂ©paysement  fĂ©erique auquel l'auteur porte pour ces monstres, particulièrement auprès du duo hĂ©roĂŻque Godzilla et son fils empotĂ©, faute de son âge nĂ©ophyte. La dernière sĂ©quence se clĂ´turant d'ailleurs sur une assez Ă©mouvante Ă©treinte lorsque le duo confinĂ© sur l'Ă®le se rĂ©sout Ă  se protĂ©ger de la neige manipulĂ©e par les climatologues. Le pitch nous ayant prĂ©alablement relatĂ© l'expĂ©dition d'une poignĂ©e de mĂ©tĂ©orologues implantĂ©s sur une Ă®le afin de trouver une solution Ă  la famine. Pour cela, ils dĂ©cidèrent de modifier le climat tropical Ă  l'aide d'un procĂ©dĂ© radioactif ayant comme consĂ©quences de modifier le mĂ©tabolisme de monstres atteints de gigantisme (trois mantes ainsi qu'une araignĂ©e). Et donc, afin de rendre l'aventure aussi spectaculaire que cocasse, Junk Fukuda fait se confronter homme contre monstres et monstres contre monstres Ă  rythme mĂ©tronome. Les règlements de compte dĂ©bridĂ©s dĂ©gageant une rĂ©elle poĂ©sie candide (notamment parmi l'intervention d'une sauvageonne solitaire plutĂ´t sensibles aux sorts de Godzilla et de son rejeton) si bien que le spectateur se laisse aimablement embarquer dans ses jeux de guerre fantaisistes avec un esprit bonnard souvent irrĂ©sistible. Junk Fukuda faisant fi de toute prĂ©tention avec comme souci premier de sĂ©duire en toute humilitĂ© un grand public sensible Ă  l'imagerie fĂ©erique.

Remerciement Ă  Lupanars Visions

* Bruno
2èx

lundi 2 juillet 2018

La Malédiction de la Veuve noire / "Curse of the Black Widow"

                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site horrorpedia.com

de Dan Curtis. 1977. U.S.A. 1h40. Avec Anthony Franciosa, Donna Mills, Patty Duke, June Lockhart, June Allyson, Max Gail.

Diffusé en France le 31 Août 1983. U.S: 16 Septembre 1977

FILMOGRAPHIE: Dan Curtis est un producteur, scénariste et réalisateur américain, né le 12 Août 1927 à Bridgeport, Connecticut (Etats-Unis), décédé le 27 mars 2006 à Brentwood (Californie).
1966: Dark Shadows (série TV). 1970: La Fiancée du Vampire. 1971: Night of dark shadows. 1973: Dracula. 1973: The Night Strangler (télé-film). 1975: La Poupée de la Terreur. 1976: Trauma. 1977: Dead of Night. 1977: La Malédiction de la veuve noire (télé-film). 1992: Intruders (télé-film). 1996: La Poupée de la terreur 2 (télé-film).

 
“L’AraignĂ©e au cĹ“ur de la nuit : souvenirs d’un traumatisme tĂ©lĂ©visuel”.
Classique tĂ©lĂ©visuel des annĂ©es 80, La MalĂ©diction de la Veuve Noire marqua toute une gĂ©nĂ©ration de spectateurs lors de sa diffusion en prime-time, le mercredi 31 aoĂ»t 1983. Ces derniers furent captivĂ©s par l’enquĂŞte frissonnante menĂ©e par un dĂ©tective privĂ© et sa secrĂ©taire, Ă  la poursuite d’une mystĂ©rieuse tueuse surnommĂ©e ValĂ©rie StĂ©phane. Dan Curtis, maĂ®tre en la matière, aussi discret que cruellement sous-estimĂ© (Ă  l’instar de son vĂ©ritable chef-d’Ĺ“uvre Trauma), transcende l’improbable par un savoir-faire infaillible. Son pitch, de prime abord capillotractĂ©, s’efface vite devant la prĂ©cision de sa mise en scène, la tension savamment distillĂ©e de sa structure narrative et le jeu spontanĂ© de comĂ©diens profondĂ©ment investis dans leur trouble face Ă  une lĂ©gende indienne capable de mĂ©tamorphoser une femme en arachnide certaines nuits de pleine lune.

La cool attitude de Tony Franciosa en dĂ©tective avenant, Ă©paulĂ© par l’irrĂ©sistible Roz Kelly en secrĂ©taire Ă  la fois dĂ©jantĂ©e et futĂ©e, donne naissance Ă  un duo Ă©minemment attachant. Leurs rĂ©parties pleines d’humour et leur complicitĂ© tendre laissent mĂŞme planer l’ombre d’une romance naissante. 

Si La MalĂ©diction de la Veuve Noire s’avère aussi ludique qu’Ă©tonnamment captivant, il le doit en grande partie Ă  son ambiance nocturne, chargĂ©e d’angoisse, oĂą s’immisce peu Ă  peu le thème de la schizophrĂ©nie. La tueuse, souvent filmĂ©e en arrière-plan, conserve son mystère lascif durant toute la première partie, jusqu’Ă  ce que Curtis renforce l’intensitĂ© lors d’un climax riche en rĂ©vĂ©lations et rebondissements. Deux ou trois sĂ©quences choc marquent durablement, l’une d’elles s’avĂ©rant mĂŞme Ă©tonnamment brutale pour un tĂ©lĂ©film de cette Ă©poque - un meurtre sec, qui a sans doute contribuĂ© Ă  sa popularitĂ© auprès d’ados terrifiĂ©s.

Et si certains trucages, aujourd’hui un peu datĂ©s, peuvent prĂŞter Ă  sourire, la mise en scène habile de Curtis - oscillant sans cesse entre apprĂ©hension et fascination - confère Ă  chaque apparition dantesque de l’araignĂ©e une force malsaine. Notamment ce plan glaçant oĂą l’on distingue de l’Ă©cume aux commissures de sa bouche…


“La morsure du mercredi soir”. 
TĂ©lĂ©film d’excellente facture, mĂŞlant avec justesse enquĂŞte policière et Ă©pouvante sĂ©culaire (notamment Ă  travers l’aura inquiĂ©tante d’une riche demeure emplie de secrets), La MalĂ©diction de la Veuve Noire n’a rien perdu de son pouvoir vĂ©nĂ©neux ni de son attrait ludique. PortĂ© par un casting solide - notamment Vic Morrow en lieutenant insidieux -, il se prĂŞte encore aujourd’hui au jeu du “ouh, fais-moi peur” avec une aisance irrĂ©sistible.
À revoir absolument. Surtout pour les enfants des années 80.

* Bruno
2èx

vendredi 29 juin 2018

L'INVASION DES PIRANHAS

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ecranlarge.com

"Killer Fish" de Antonio Margheriti. 1979. Italie/Angleterre/BrĂ©sil/U.S.A. 1h41. Avec Lee Majors, Karen Black, Margaux Hemingway, Marisa Berenson, James Franciscus, Franck Pesce.

Sortie salles France: 23 Mai 1984. U.S: 7 Décembre 1979

FILMOGRAPHIE: Antonio Margheriti (Anthony M. Dawson) est un réalisateur italien, né le 19 septembre 1930 à Rome, décédé le 4 Novembre 2002 à Monterosi. 1960: Le Vainqueur de l'espace. 1962: Les Derniers jours d'un empire. 1963: La Vierge de Nuremberg. 1964: La Sorcière Sanglante. 1964: Les Géants de Rome. 1964: Danse Macabre. 1968: Avec Django, la mort est là. 1970: Et le vent apporta le Violence. 1971: Les Fantômes de Hurlevent. 1973: Les Diablesses. 1974: La brute, le colt et le karaté. 1975: La Chevauchée terrible. 1976: l'Ombre d'un tueur. 1979: l'Invasion des Piranhas. 1980: Pulsions Cannibales. 1980: Héros d'Apocalypse. 1982: Les Aventuriers du Cobra d'Or. 1983: Yor, le chasseur du futur. 1985: L'Enfer en 4è vitesse.


Surfant sur les rĂ©cents succès des Dents de la mer et de Piranhas, le vĂ©tĂ©ran Antonio Margheriti nous offre sa version low-cost du "poisson tueur" avec l'Invasion des Piranhas sorti chez nous 5 ans après son exploitation US. Une co-production Ă©clectique partagĂ©e entre l'Italie, l'Angleterre, le BrĂ©sil et les Etats-Unis autour de tĂŞtes d'affiche bien connues des amateurs de Bis (Lee Majors, Karen Black, Margaux Hemingway, Marisa Berenson, James Franciscus sont Ă  la fĂŞte dans des rĂ´les Ă  la fois perfides et involontairement empotĂ©s). Mention spĂ©ciale Ă  ce dernier savoureusement cabotin en leader cupide Ă  la fois couard et Ă©gotiste. A partir d'un pitch sommaire (une bande de maraudeurs se disputent une poignĂ©e de diamants après un hold-up rĂ©ussi, quand bien mĂŞme l'un d'eux (James Franciscus himself !) aura dĂ©cidĂ© de les planquer au fond d'un lac infestĂ© de Piranhas afin d'y piĂ©ger les traĂ®tres),  Antonio Margheriti nous propose une ludique aventure horrifique au sein du cadre tropical du BrĂ©sil. Ce dernier exploitant sa vĂ©gĂ©tation idyllique Ă  travers une sĂ©rie de cartes postales solaires que nos vacanciers caricaturent entre batifolages arrosĂ©s et sĂ©ances photos sexy.


Si la première partie sensiblement policière (ça démarre d'ailleurs en fanfare avec des explosions terroristes tous azimuts dans des lieux industriels et pétroliers !) et pittoresque (notamment à travers l'intervention extravagante d'un photographe pataud inévitablement tête à claque !) ne présage rien de croustillant quant à la voracité des piranhas fonçant sur leurs victimes cupides (notamment lorsque la 1ère agression pâtie d'un montage elliptique résolument maladroit), le second acte s'avère plus attractif si bien qu'à la suite d'une tornade, notre groupe indocile devra s'efforcer de regagner la rive depuis l'accrochage de leur bateau. Dans la mesure où chacun d'eux usent de stratagèmes héroïques pour s'extirper d'une mort certaine (parmi l'aide de 2 secouristes ballots), l'aventure linéaire adopte une tournure autrement cauchemardesque et un chouilla intense lorsque Marghereti multiplie les offensives sanglantes à l'aide d'un montage plus percutant et avisé qu'au préalable. Pour autant, si l'Invasion des Piranhas s'avère aussi plaisant à travers son contexte de survival maritime, aussi timorées soient ses scènes gores et limités ses décors, il le doit notamment aux situations parfois grotesques que nos touristes infréquentables (pour ne pas dire victimes idiotes) engendrent maladroitement avec un sérieux inébranlable. Notamment cette ridicule tentative d'évasion sur un bateau pneumatique que 2/3 piranhas se délecteront évidemment à percer de leurs dents acérées. Ajouter aussi quelques incohérences ici et là (Kate séjournant brièvement dans un asile pour tenter de récupérer le magot !), une chanson estivale ringarde (pour un peu on se croirait même dans Les Bronzés), des dialogues impayables comme de coutume chez le nanar transalpin et vous obtenez un divertissement festif d'une charmante dérision que les inconditionnels auraient tort de se priver.

* Bruno
3èx

jeudi 28 juin 2018

IN DARKNESS

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb

de Anthony Byrne. 2018. U.S.A. 1h41. Avec Natalie Dormer, Emily Ratajkowski, Ed Skrein, Joely Richardson, Neil Maskell, James Cosmo, Jan Bijvoet.

Diffusé sur Netflix le 22 Juin 2018. Sortie salles U.S: 25 Mai 2018

FILMOGRAPHIE: Anthony Byrne est un réalisateur né le 9 Septembre 1975 à Dublin, Ireland. 2018: In Darkness. 2007: How About You... 2005: Short Order.


Synopsis: Depuis le suicide suspicieux de sa voisine, une jeune aveugle est persĂ©cutĂ©e par un mystĂ©rieux tueur d'après la disparition d'une clef USB. 

Un bon thriller politique efficacement troussé et correctement interprété avec son lot de péripéties, rebondissements et révélations disséminées au compte-goutte pour maintenir l'intérêt jusqu'au règlement de compte final. De par le stylisme de sa sublime photo cadrée en format scope, on appréciera à travers cet esthétisme léché la surprenante agression urbaine entièrement filmée du point de vue d'ombres chinoises. Bonnard donc, carré et jamais disgracieux.

Clin d'oeil à Frédéric Serbource, Ruufeet Nelly et Gérald Giacomini ^^

* Bruno

mercredi 27 juin 2018

JUSQU'A LA GARDE. Lion d'Argent de la meilleure mise en scène, Mostra de Venise, 2017.

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Custody" de Xavier Legrand. 2017. France. 1h33. Avec Léa Drucker, Denis Ménochet, Thomas Gioria, Mathilde Auneveux, Mathieu Saïkaly.

Sortie salles France: 7 Février 2018

FILMOGRAPHIEXavier Legrand est un acteur, scénariste et réalisateur français.
2017: Jusqu'Ă  la garde.


Film choc s'il en est, de par son climat tendu en crescendo et l'ultra vérisme de sa mise en scène documentée, Jusqu'à la garde laisse en état second sitôt le générique écoulé, alors que rien ne présageait la descente aux enfers morale qui va suivre si je me fie aux 20 premières minutes inévitablement prévisibles (les palabres juridiques entre parents et avocats au sein du bureau de la juge). Prenant pour thème le divorce autour de l'épineux problème de la garde d'enfants que se dispute le couple par avocat interposé, Xavier Legrand, cinéaste en herbe hyper doué, détourne intelligemment les clichés du genre grâce à la maîtrise de sa réalisation autonome auscultant les états d'âmes et désagréments des personnages avec une puissance émotionnelle toujours plus grave et éprouvante. Et se sans céder aux grosses ficelles de la complaisance, du pathos ou du racolage s'il eut été réalisé par un cinéaste opportuniste cédant au schéma narratif tracé d'avance. Xavier Legrand radiographiant plusieurs fragments de la banalité quotidienne avec un souci de vérité à la fois trouble et viscéral, notamment faute de l'ambiguïté des parents de prime abord taiseux et réservés.


Tant et si bien que nous nous immergeons Ă  corps perdu dans la psychĂ© tourmentĂ©e du trio conjugal Ă  travers le tĂ©moignage impuissant de l'ado ballottĂ© par ses parents pour une question de pouvoir et d'Ă©quitĂ©. D'ailleurs, Ă  travers le point d'orgue extrĂŞmement tendu et rĂ©solument terrifiant, la charge Ă©motionnelle vĂ©cue au prĂ©alable par le spectateur atteint donc son apogĂ©e lors de ce revirement impitoyable si bien que nos nerfs mis Ă  rude Ă©preuve lâcheront la pression passĂ© l'Ă©pilogue mutique. Et si le rĂ©cit psychologiquement sinueux, car davantage instable, grave et ombrageux s'avère aussi expressif, il le doit autant au jeu nĂ©vralgique du triangle maudit que forment LĂ©a Drucker, Denis MĂ©nochet ainsi que le jeune Thomas Gioria constamment poignant lors de ses expressions anxiogènes oĂą s'y profile la terreur morale (faute de persĂ©cution, d'intimidation et de chantage). Et donc sous couvert de violence conjugale dressant peu Ă  peu le portrait pathĂ©tique d'un personnage possessif, erratique, orgueilleux et Ă©goĂŻste, incapable de se soumettre Ă  la dĂ©faite sentimentale, Xavier Legrand empreinte en filigrane la trajectoire du thriller domestique avec une puissance dramatique rĂ©solument traumatisante. Si bien que le spectateur aussi dĂ©muni et apeurĂ© que ses protagonistes observe le drame qui se dessine avec une apprĂ©hension quasi insoutenable.


Fait divers Ă  fleur de peau.
Drame conjugal oĂą s'y profile un suspense sournois aussi effilĂ© qu'une lame de rasoir, Jusqu'Ă  la garde traite sans fard des consĂ©quences dramatiques des enfants pris en otage par la fracture du divorce avec un souci de vĂ©ritĂ© humaine aussi bien ardu que bouleversant. Tant auprès des victimes harcelĂ©es, comprimĂ©es par l'angoisse et la dĂ©pression, que du cĂ´tĂ© de l'oppresseur punitif incapable de canaliser son irascibilitĂ© après avoir failli Ă  son rĂ´le d'Ă©poux responsable. Une leçon de mise en scène. 

* Bruno

Box-Office France: 373 768 entrées

Récompenses:
Mostra de Venise 2017 : Lion d'argent de la meilleure mise en scène
Mostra de Venise 2017 : Lion du futur, prix "Luigi de Laurentiis" du meilleur premier film7
Festival International du Film de San Sebastiàn 2017 : Prix du Public du Meilleur Film Européen8
Festival International du Film de Saint-Jean-De-Luz 2017 : Prix du Jury
Festival International du Film de Macao (en) 2017 : Prix du Meilleur Réalisateur9
Festival Premiers Plans d'Angers 2018 : Prix du Public

mardi 26 juin 2018

LE VIEIL HOMME ET L'ENFANT. Ours d'argent Ă  Berlin, 1967.

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Claude Berri. 1966. France. 1h30. Avec Michel Simon, Luce Fabiole, Alain Cohen, Charles Denner, Zorica Lozic,  Jacqueline Rouillard, Denise PĂ©ron, Paul PrĂ©boist.

Sortie salles France: 11 Mars 1967

FILMOGRAPHIE: Claude Langmann, dit Claude Berri, est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur français, nĂ© le 1er juillet 1934, dĂ©cĂ©dĂ© le 12 janvier 2009. 1964: Les Baisers (segment « Baiser de 16 ans »). La Chance et l'amour (segment « La Chance du guerrier »). 1966: Le Vieil homme et l'enfant. 1968 Mazel Tov ou le Mariage. 1969: Le PistonnĂ© . 1970: Le CinĂ©ma de papa. 1972: Sex-shop. 1975: Le Mâle du siècle. 1976: La Première fois. 1977: Un moment d'Ă©garement. 1980: Je vous aime. 1981: Le MaĂ®tre d'Ă©cole. 1983: Tchao Pantin. 1986: Jean de Florette. Manon des sources. 1990: Uranus. 1993: Germinal. 1996: Lucie Aubrac. 1999: La dĂ©bandade. 2001: Une femme de mĂ©nage.
2004: L'Un reste, l'autre part. 2006: Ensemble, c'est tout. 2009: TrĂ©sor.


Gros succès Ă  sa sortie (2 728 049 entrĂ©es), Le Vieil Homme et l'Enfant dĂ©peint la vibrante amitiĂ© entre un enfant et un couple de grands-parents que ceux-ci endossent derrière une famille d'accueil vers la fin de la seconde guerre. ComĂ©die dramatique d'une tendresse immodĂ©rĂ©e pour la pĂ©riode insouciante de l'enfance que Claude Berri retransmet avec un troublant vĂ©risme (notamment auprès du jeu spontanĂ© d'un casting aux p'tits oignons jusqu'aux moindres petits rĂ´les - les cabots Paul PrĂ©boist / Roger Carel en tĂŞte ! -); Le Vieil homme et l'Enfant fait office de documentaire Ă©lĂ©giaque en dĂ©pit de la gravitĂ© de son sujet abordant en sous texte le racisme et le fascisme nazi. Le grand-père un peu bourru dĂ©testant les francs-maçons, les bolcheviques et surtout les juifs avec une foi pĂ©remptoire. Et donc Ă  travers son initiation amicale avec l'enfant (contraint de lui masquer sa vĂ©ritable identitĂ©) et la prĂ©mices du dĂ©clin de l'occupation allemande; pĂ©pĂ© s'humanisera peu Ă  peu en extĂ©riorisant le petit garçon qui sommeillait en lui. Ainsi, la sĂ©quence auquel il batifole Ă  courser le gamin Ă  travers les pièces de la maison est tout Ă  fait rĂ©vĂ©latrice en dĂ©pit de ses railleries stupides causĂ©es sur la communautĂ© juive.


Ce qui nous vaut une succession quasi ininterrompue de scènes attendrissantes, espiègles, comiques (Claude persuadĂ© que pĂ©pĂ© est soudainement juif !), douces amères que le duo cultive avec une fraĂ®cheur galvanisante. Outre la prĂ©sence râblĂ©e du monstre sacrĂ© Michel Simon en papi bicĂ©phale, le jeune Alain Cohen lui dispute la vedette avec des yeux d'innocence parfois poignants eu Ă©gard de sa fragilitĂ©, de son instinct de curiositĂ©, de son Ă©veil aux sentiments (sa vibration amoureuse auprès d'une Ă©colière) et de son dĂ©sir d'apprivoiser le microcosme rural auquel il Ă©volue. Si bien que le grand-père prĂ©venant, fĂ©ru d'amour pour sa rĂ©gion provinciale, sa terre et ses proches le lui retransmet avec une poignante simplicitĂ©. A l'instar de sa relation indĂ©fectible avec son fidèle chien jouasse (il lui offre Ă  manger Ă  la cuillère dans une assiette et le fait dormir au bout de son lit !) ou encore de son vĂ©gĂ©tarisme intransigeant auprès d'une Ă©pouse cuisinant rĂ©gulièrement le lapin Ă  la moutarde. Hymne Ă  la nature et Ă  la simplicitĂ© des sentiments Ă  travers une complicitĂ© chaleureuse, le Vieil homme et l'Enfant nous remĂ©more notre propre enfance avec une vĂ©ritĂ© humaine inĂ©vitablement bouleversante. Le spectateur se remĂ©morant ses propres souvenirs de vacances scolaires lorsqu'il sĂ©journait chez ses grands-parents pĂ©tris de sollicitude filiale. Et ce tout en y dĂ©nonçant l'antisĂ©mitisme (Ă  travers le bagout disgracieux du grand père conservateur) au sein d'une page sombre de notre histoire d'un rĂ©alisme documentĂ© (notamment Ă  travers de graves rĂ©pliques, telles la condition humiliante des femmes tondues, que Michel Simon exprime avec aigreur sentencieuse).


Un tendre recueil de nos souvenirs d'enfance.
Magnifique rĂ©cit d'amitiĂ© Ă  travers l'altĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rationnelle, leçon d'amour et de tendresse vis Ă  vis d'une enfance candide (et dieu sait si au dĂ©part Claude cumule les 400 coups chez le foyer parental !), Le Vieil homme et l'Enfant ravive nos propres souvenirs infantiles avec une puissance formelle sensorielle (noir et blanc contrastĂ© Ă  l'appui). Tout en y soulignant en background (et de manière Ă©galement tacite) la rĂ©demption de la tolĂ©rance lorsqu'un antisĂ©mite parvient discrètement Ă  se remettre en question grâce Ă  l'interrogation inoffensive du confident. Un moment de cinĂ©ma inĂ©vitablement inoubliable. 

* Bruno

lundi 25 juin 2018

MONSIEUR JOE. Oscar des meilleurs effets visuels pour Willis O'Brien, 1949.

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Mighty Joe Young" de Ernest B. Schoedsack. 1949. 1h34. Avec Terry Moore, Ben Johnson, Robert Armstrong, Mr. Joseph Young, Frank McHugh, Douglas Fowley.

Sortie salles France: 13 Janvier 1950. U.S: 27 Juillet 1949

FILMOGRAPHIE: Ernest Beaumont Schoedsack est un réalisateur, directeur de photo, producteur, monteur, acteur et scénariste américain, né le 8 Juin 1893 à Council Bluffs (Iowa), décédé le 23 Décembre 1979 dans le Comté de Los Angeles. 1925: Grass: a nation's battle for life.1927: Chang. 1929: Les 4 plumes blanches. 1931: Rango. 1932: Les Chasses du comte Zaroff. 1933: King Kong. 1933: The Monkey's Paw. 1933: Blind Adventure. 1933: Le Fils de Kong. 1934: Long Lost Father. 1935: Les Derniers jours de Pompéï. 1937: Trouble in Morocco. 1937: Outlaws of the Orient. 1940: Dr Cyclop. 1949: Monsieur Joe. 1952: The is Cinerama.


Si on peut dĂ©plorer quelques petites incohĂ©rences ou invraisemblances pour autant pardonnables (la naĂŻvetĂ© Ă  laquelle l'hĂ©roĂŻne se laisse trop rapidement convaincre d'exercer pour Hollywood en compagnie de Joe, le trio avinĂ© face Ă  la geĂ´le de Joe pour le brimer sans y ĂŞtre interpellĂ©, la personnalitĂ© versatile car inopinĂ©ment magnanime du directeur de show lorsque Joe est condamnĂ© Ă  mort par la police), Monsieur Joe est un sympathique spectacle surfant sur le modèle de King-kong avec un esprit beaucoup plus familial. Eu Ă©gard de l'attitude aussi bien irascible qu'amiteuse de Joe en badin ou hĂ©ro de fortune (ses exploits pour sauver quelques vies humaines des flammes de l'orphelinat) et de sa conclusion rassĂ©rĂ©nĂ©e faisant office d'aimable clin d'oeil auprès du public infantile. Et donc en dĂ©pit d'un schĂ©ma narratif tout Ă  fait prĂ©visible (car pillĂ© Ă  son homologue King-kong), Monsieur Joe parvient Ă  distraire grâce Ă  sa lĂ©gèretĂ© de ton, aux incroyables FX conçus par Willis O'Brien et Ray Harryhausen (notamment lorsque Joe est filmĂ© en compagnie de personnages rĂ©els dans un unique plan) et Ă  son action homĂ©rique efficacement impressionnante (principalement l'insurrection dans la salle de spectacle).

* Bruno
2èx

vendredi 22 juin 2018

LA QUEUE DU SCORPION

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"La coda dello scorpione" de Sergio Martino. 1971. Italie/Espagne. 1h31. Avec George Hilton, Anita Strindberg, Alberto de Mendoza, Ida Galli, Janine Reynaud, Luigi Pistilli, Tom Felleghy.

Sortie salles France: 4 Octobre 1973. Italie: 16 Août 1971

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Sergio Martino est un réalisateur, producteur et scénariste italien né le 19 Juillet 1938 à Rome (Italie). 1970: l'Amérique à nu. Arizona se déchaine. 1971: l'Etrange vice de Mme Wardh. La Queue du Scorpion. l'Alliance Invisible. 1973: Mademoiselle Cuisses longues. 1973: Torso. 1975: Le Parfum du Diable. 1977: Mannaja, l'homme à la hache. 1978: La Montagne du Dieu Cannibale. 1979: Le Continent des Hommes poissons. Le Grand Alligator. 1982: Crimes au cimetière étrusque. 1983: 2019, Après la Chute de New-York. 1986: Atomic Cyborg. 1989: Casablanca Express. 1990: Mal d'Africa. Sulle tracce del condor.


InfluencĂ© par la cĂ©lèbre trilogie animalière d'Argento, Sergio Martino rĂ©alise en 1971 La Queue du Scorpion avec un savoir-faire particulièrement efficace de par son intrigue sinueuse irrĂ©sistiblement machiavĂ©lique. A la suite de la mort de son Ă©poux lors d'un mystĂ©rieux crash d'avion, Lisa hĂ©rite de la somme d'1 million de dollars. Au moment de s'exiler Ă  Tokyo en compagnie d'un de ses amants, cette dernière est persĂ©cutĂ©e par un mystĂ©rieux tueur. VoilĂ  brièvement condensĂ© le pitch afin d'occulter tout indice d'une intrigue viciĂ©e mettant en valeur une poignĂ©e de personnages Ă  la fois effrontĂ©s, sans vergogne et volages puisque avides d'empocher le magot avant qu'un de leur concurrent ne les devancent. Dès le 1er acte savamment inquiĂ©tant et couillu, Sergio Martino nous Ă©branle sans crier gare avec un homicide d'une sauvagerie acĂ©rĂ©e clignant de l'oeil Ă  Hitchcock  (Spoil puisque nous venions de nous familiariser avec l'hĂ©roĂŻne depuis 25 minutes ! fin du Spoil). Le tueur n'accordant aucune pitiĂ© Ă  sa victime si bien que nous craignons ensuite ses futures exactions avec une apprĂ©hension mĂ©tronomique.


C'est dire si le cinĂ©aste maĂ®trise cette facultĂ© de distiller un suspense oppressant Ă  chacune des ses sombres apparitions, notamment parmi le dĂ©tail fĂ©tichiste de ses gants noirs comme de coutume dans la tradition giallesque. Qui plus est, Ă  travers un dĂ©filĂ© d'actrices sublimes sĂ©vèrement mises Ă  mal par l'assassin (on y croise les yeux bleux d'Ida Galli, de Janine Reynaud et surtout d'Anita Strindberg absolument Ă©lectrisante en reporter sexy !), Martino filme leur fragilitĂ© dĂ©munie avec un Ă©rotisme soft. Tant auprès de quelques Ă©bats amoureux que des Ă©treintes criminelles qu'elles se partagent violemment avec le tueur rivalisant de cruautĂ© pour parfaire ses sĂ©vices. Sur ce point, on est Ă©galement frappĂ© par la verdeur des meurtres superbement filmĂ©s avec stylisme tranchĂ© initialement imposĂ© par Argento, notamment grâce au dynamisme du montage Ă©paulĂ© d'agressifs gros plans. Quand bien mĂŞme le score entĂŞtant de Bruno Nicolai enrobe l'intrigue afin d'exacerber le mystère diffus autour des va-et-vient de personnages interlopes prĂ©sumĂ©s coupables. Martino parvenant aisĂ©ment Ă  captiver et nous interroger sur les Ă©ventuelles complicitĂ©s cupides avec comme indice subsidiaire la broche d'une queue de scorpion. Ce dernier entretenant le suspense de la vĂ©ritable identitĂ© du meurtrier jusqu'au dernier quart-d'heure volontairement tacite (avec l'accord amiable du cinĂ©aste) se dĂ©roulant dans un dĂ©cor maritime idyllique. Et de nous offrir en guise de point d'orgue rebondissements, poursuites et angoisse Ă©prouvante quant au sort prĂ©caire de l'ultime victime complètement isolĂ©e de soutien externe.


Passionnant, sexy et raffinĂ© autour d'une solide intrigue ramifiĂ©e, la Queue du Scorpion redouble d'efficacitĂ© Ă  communier suspense et horreur mĂŞme s'il doit tout au maestro fondateur Dario Argento. Un des fleurons du genre irrĂ©sistiblement grisant et jubilatoire si bien qu'aujourd'hui encore on reste happĂ© par sa troublante modernitĂ©. 

* Bruno
3èx