(Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
"La nuit oĂą les filles prirent la parole."
Fleurant bon le parfum des annĂ©es 80 - alors qu’Ă l’Ă©poque je le tenais pour un semi-nanar, semi-navet - The Slumber Party Massacre se rĂ©vèle aujourd’hui un sympathique psycho-killer, agrĂ©able Ă suivre, ludique et mĂŞme rigolo, grâce Ă sa facture semi-parodique que la rĂ©alisatrice Amy Holden Jones exploite avec sobriĂ©tĂ©, sans jamais se railler du genre.
RĂ©servĂ© sans doute aux inconditionnels, ce massacre diurne met davantage en valeur la gente fĂ©minine que masculine : ici, point de potiches dĂ©cervelĂ©es aux seins siliconĂ©s. Les filles conversent plus que les mecs, se dĂ©fendent Ă plusieurs lors du final musclĂ© avec un certain acharnement, parlent sans complexe de sexe, de drogue, d’alcool… et s’accordent mĂŞme quelques traits d’humour macabre - il fallait oser la dĂ©gustation de pizza sur un cadavre encore tiède. Le rythme s’emballe peu Ă peu, les meurtres s’enchaĂ®nent Ă renfort de gore rutilant jusqu’au carnage final sans final girl Ă©prouvĂ©, Ă©tonnamment bien maĂ®trisĂ© par une mise en scène soignĂ©e, soutenue par une splendide photographie contrastĂ©e (Ă redĂ©couvrir absolument dans son incroyable Ă©crin 4K).
Quant au tueur sans masque, au visage banal - Ă©voquant celui de Blood Feast de Herschell Gordon Lewis - il dĂ©gage une inquiĂ©tante Ă©trangetĂ© : mĂŞme regard demeurĂ©, mĂŞme aura malsaine, amplifiĂ©e par une partition d’orgue dĂ©licieusement anachronique. Sa prĂ©sence inspire tout Ă la fois la crainte, une lĂ©gère apprĂ©hension, et un sourire complice devant son ustensile aussi phallique qu’incongru, brandi comme une dĂ©claration d’amour tordue aux femmes.
Jouant avec les clichĂ©s du psycho-killer avec malice et une certaine habiletĂ©, The Slumber Party Massacre sĂ©duit par son esprit parodique discret, son ton badin et sa sincĂ©ritĂ© d’Ă©poque. Une sĂ©rie B bonnard, baignĂ©e dans la sainte lumière des annĂ©es 80, que la rĂ©alisatrice ausculte avec un sens esthĂ©tique inattendu.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
2èx. 4K Vostf
1982 : The slumber party massacre. 1984 : Love Letters. 1988 : Mystic Pizza. 1987 : L'apprentie domestique. 1991 : Saturday's (téléfilm). 1992 : Beethoven. 1992 : Indecency (téléfilm). 1993 : Proposition indécente. 1993 : Beethoven 2. 1994 : Guet-apens. 1996 : Sombres Soupçons. 1997 : Relic. 2000 : Beethoven 3. 2001 : Beethoven 4. 2003 : Beethoven et le Trésor perdu. 2007 : Indecent Proposal (court-métrage). 2010 : H.M.S.: White Coat (téléfilm). 2011 : Beethoven sauve Noël. 2014 : Black Box. 2014 : Beethoven et le Trésor des pirates. 2018 - 2023 : The Resident.



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