(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Seconde révision de l'ultra controversé Nekromantik 2, que je n'avais pas osé revoir depuis plus de vingt ans (à l'inverse de son modèle visionné plus de 3 fois).
D'emblée, il convient de rappeler que cette suite a connu un destin aussi mouvementé que son prédécesseur. Interdit en Allemagne ainsi qu'au Royaume-Uni, Nekromantik 2 valut à son réalisateur, Jörg Buttgereit, de comparaître devant un tribunal, avec le risque d'une peine de prison. Comme il l'explique lui-même dans un bonus de l'édition Blu-ray ESC filmé lors du Bloody Week-end (convention du cinéma Fantastique implantée à Audincourt), son avocat parvint heureusement à convaincre le juge que Nekromantik 2 relevait avant tout d'une démarche artistique plutôt que d'un simple film d'exploitation glorifiant la violence.
D'emblée, il convient de rappeler que cette suite a connu un destin aussi mouvementé que son prédécesseur. Interdit en Allemagne ainsi qu'au Royaume-Uni, Nekromantik 2 valut à son réalisateur, Jörg Buttgereit, de comparaître devant un tribunal, avec le risque d'une peine de prison. Comme il l'explique lui-même dans un bonus de l'édition Blu-ray ESC filmé lors du Bloody Week-end (convention du cinéma Fantastique implantée à Audincourt), son avocat parvint heureusement à convaincre le juge que Nekromantik 2 relevait avant tout d'une démarche artistique plutôt que d'un simple film d'exploitation glorifiant la violence.
Passé ce contexte, quelles sont mes impressions face à cette séquelle tout aussi extrême, malsaine et inconfortable que son modèle ?
Le premier point est que nous sommes ici en présence d'un métrage plus ambitieux. Tourné cette fois en 16 mm, là où le premier opus affichait une esthétique beaucoup plus rudimentaire en super 8, Nekromantik 2 se révèle nettement plus maîtrisé d'un point de vue technique. La photographie est plus soignée, les effets spéciaux gagnent en crédibilité, tandis que le jeu des acteurs s'avère bien plus convaincant.
Mais la différence essentielle réside surtout dans son approche narrative. Plutôt que de reproduire mécaniquement la formule du premier film, Buttgereit choisit de raconter une véritable histoire d'amour rigoureusement incongrue. Durant près d'1 h 43, nous suivons le quotidien sentimental de Monika, une jeune infirmière qui déterre le cadavre du protagoniste du premier Nekromantik afin d'entretenir avec lui une relation aussi romantique que sexuelle dans l'intimité de son appartement. Plus tard, elle entame également une liaison avec Mark, un homme de chair et de sang, doubleur pour l'industrie du cinéma pornographique.
Le film façonne alors un troublant triangle amoureux où coexistent la mort et la vie. C'est d'ailleurs au détour d'un échange avec Mark que Monika affirme trouver moins pervers de coucher avec un cadavre que de regarder un film X. Une logique totalement inversée qui résume la singularité psychologique de son personnage.
Visuellement, le cadavre fuligineux impressionne par son réalisme olfactif. Son teint blafard et visqueux, ponctué de nuances verdâtres et noirâtres, lui confère un aspect véritablement putréfié. Dès lors, les scènes d'étreintes, de tendresse, de sexualité ou encore de démembrement provoquent inévitablement malaise, dégoût et parfois même le haut-le-cœur.
Or, au-delà de cette provocation putassière permanente, j'y vois surtout une réflexion existentielle sur la vie et la mort. Buttgereit nous rappelle sans cesse que nous ne sommes, au fond, qu'un assemblage de chair, d'os et de sang. Cette idée traverse tout le film, jusque dans cette célèbre séquence documentaire montrant la dissection d'un phoque déjà mort. Étrangement, je l'ai trouvée encore plus insoutenable que le véritable snuff animalier du premier opus. Pour ma part, j'ai été incapable de soutenir le regard tant cette scène m'a paru éprouvante. Vous voilà averti.
Contrairement à ce que certains critiques pensent, je ne considère pourtant pas que Buttgereit sombre dans la complaisance. Derrière cette succession d'images profondément dérangeantes se cache, selon moi, une véritable réflexion métaphysique sur notre rapport au corps, à la mort et au désir. Le regard de Monika, la sobriété austère de son appartement, le silence pesant qui imprègne chaque scène et cette mise en scène d'une froideur clinique composent une atmosphère absolument unique. On est à la fois fasciné, troublé, gêné, outré... tout en ayant parfois envie de détourner les yeux jusqu'au sentiment de nausée.
Contrairement à ce que certains critiques pensent, je ne considère pourtant pas que Buttgereit sombre dans la complaisance. Derrière cette succession d'images profondément dérangeantes se cache, selon moi, une véritable réflexion métaphysique sur notre rapport au corps, à la mort et au désir. Le regard de Monika, la sobriété austère de son appartement, le silence pesant qui imprègne chaque scène et cette mise en scène d'une froideur clinique composent une atmosphère absolument unique. On est à la fois fasciné, troublé, gêné, outré... tout en ayant parfois envie de détourner les yeux jusqu'au sentiment de nausée.
D'ailleurs, l'unique véritable explosion gore intervient lors du final, bien plus convaincant et réaliste que celui du premier opus. Une conclusion d'une violence extrême qui vient confirmer la pathologie irréversible de cette jeune femme, incapable d'aimer autrement qu'en vouant une passion romantique et charnelle à la mort dans sa forme la plus brute de décoffrage.
Il faut incontestablement avoir le cœur solidement accroché pour découvrir ou revoir Nekromantik 2. Mais derrière son apparente volonté de choquer derrière sa thématique nécrophile se cache, à mes yeux, une œuvre profondément singulière, fascinante et dérangeante, qui mérite pleinement son statut de film culte du cinéma d'horreur underground. Plus de trente-cinq ans après sa sortie, je persiste à penser que Nekromantik 2 est bel et bien une œuvre d'art comme le rappelle son réalisateur, aussi radicale que déroutante, et certainement pas une simple série B d'exploitation conçue uniquement pour provoquer.
Sa musique mélancolique, le rappelle d'ailleurs constamment avec une sensibilité authentique.
— Celui du cœur noir des images 🖤






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