de Michael Crichton. 1984. U.S.A. 1h40. Avec Tom Selleck, Cynthia Rhodes, Gene Simmons, Kirstie Alley, Stan Shaw, G.W Bailey.
Sortie salles France: 7 Août 1985. U.S: 14 Décembre 1984
FILMOGRAPHIE (source Wikipedia): Michael Crichton est un écrivain, scénariste, producteur et réalisateur américain, né le 23 Octobre 1942, décédé le 4 Novembre 2008 à Los Angeles. 1972: Pursuit (télé-film inédit en France). 1973: Mondwest. 1978: Morts Suspectes. 1979: La Grande Attaque du Train d'or. 1981: Looker. 1984: Runaway, l'évadé du futur. 1989: Preuve à l'appui (Physical Evidence).
Trois ans après Looker, Michael Crichton renoue avec la thématique de la robotique, qu’il avait déjà sublimée dans le cultissime Mondwest. Thriller futuriste alertant sur les dérives technologiques - ici, la micro-électronique détournée à des fins terroristes - Runaway puise sa force dans son traitement visionnaire et son extrême efficacité au sein d’un récit orthodoxe, rondement mené.
Enfin, le duo formé par la charmante Cynthia Rhodes et l’excellent Tom Selleck - très à l’aise dans son rôle musclé de flic circonspect sujet au vertige - s’avère particulièrement attachant, nourri d’une réelle densité humaine. Leur complicité touchante culmine dans l’instant alarmiste où Karen se retrouve grièvement blessée à l’avant-bras par une micro-bombe, scène d’une intensité anthologique. On n’en dira pas autant de notre terroriste du futur, incarné par l’ex-chanteur de Kiss, Gene Simmons, qui cabotine avec une gouaille sardonique. Pourtant, son charisme israélo-américain se prête bien à sa personnalité frondeuse, et finit par amuser par son outrecuidance mégalo. Sa présence, en somme, demeure marquante, iconique, saupoudrée d’une dérision tacite.
Si Runaway arbore aujourd’hui un cachet rétro évident, il ne manque ni de style, ni de classe, ni de vigueur, et continue de fasciner par ses spécimens robotiques et ses gadgets destructeurs, au cœur d’une intrigue remarquablement troussée. La solide présence de Tom Selleck renforce encore sa facture attachante, dans cette figure de flic dévoué, en pleine initiation héroïque. Et son climat nocturne, entre envoûtement surréel et frisson onirique, nous ensorcelle la vue - non sans évoquer, parfois, New York 1997, par son atmosphère futuriste crépusculaire, saturée d’un score électro subtilement discret.
Quant au final vertigineux, au sommet d’une cage de chantier, il s’impose comme un autre moment anthologique : action inventive, tension infiniment oppressante, souffle pur du cinéma de genre. Un classique des années 80, toujours aussi fun, et fascinant.
— le cinéphile du cœur noir