jeudi 15 juin 2017
ALIBI.COM
de Philippe Lacheau. 2017. France. 1h30. Avec Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Tarek Boudali, Julien Arruti, Vincent Desagnat, Nathalie Baye, Didier Bourdon, Nawell Madani, Kad Merad, Michèle Laroque, Philippe Duquesne, Jo Prestia, Christian Bujeau, Norman Thavaud, Joey Starr, La Fouine, Medi Sadoun, Alice Dufour, Chantal Ladesou, Frédéric Achard, David Bancel, Valériane de Villeneuve.
Sortie salles France: 15 Février 2017
FILMOGRAPHIE: Philippe Lacheau est un acteur, réalisateur, scénariste et animateur de télévision français. 2014 : Babysitting coréalisé avec Nicolas Benamou. 2015 : Babysitting 2 coréalisé avec Nicolas Benamou. 2017 : Alibi.com.
Après avoir co-réalisé Babysitting 1 et 2, l'acteur Philippe Lacheau retourne derrière la caméra pour diriger individuellement Alibi.com. Une comédie débridée menée à 100 à l'heure si bien que le public en liesse l'ovationna avec plus de 3 580 918 entrées. Opposant d'illustres acteurs issus de l'ancienne école (Nathalie Baye, Didier Bourdon, Chantal Ladesou, Michèle Laroque) avec la nouvelle génération (Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Tarek Boudali, Julien Arruti, Vincent Desagnat ainsi que la néophyte Nawell Madani pétrie de fringance et spontanéité !), sans compter quelques apparitions clins d'oeil parmi lesquelles Jo Prestia, Joey Starr, Philippe Duquesne et La Fouine, Alibi.com transpire la bonne humeur par leur complicité fougueuse à enchaîner gags et quiproquos que n'aurait pas renié l'équipe ZAZ ! Tant et si bien que Philippe Lacheau, devant et derrière la caméra, dépoussière le genre populaire, entre frénésie visuelle et inventivité de gags aussi bien folingues que politiquement incorrects.
Partant d'une idée loufoque prometteuse (trois associés créent l'entreprise Alibi.com afin de couvrir les adultères quand bien même l'entrepreneur devra redoubler de stratégies pour protéger un père infidèle au moment de tomber amoureux de sa fille), Alibi.com s'inspire d'une même société commerciale résolument cynique, aussi improbable que cela puisse paraître ! Généreux en diable et constamment drôle ou pittoresque, Alibi.com ne constitue pas pour autant un chef-d'oeuvre du genre. Car tourné sans prétention mais avec beaucoup de peps et de sincérité, Philippe Lacheau compte simplement sur l'efficacité en roue libre d'un pitch extravagant où infidélité, mensonges et trahison s'avèrent les ressorts d'une mécanique de rire semée de mésaventures et dommages collatéraux ! Et ce en insérant dans les pattes des protagonistes une bonne dose de dérision cartoonesque où parfois le (bon) mauvais goût risque de faire grincer quelques dents (notamment les militants de la cause animale !). Si tout n'est évidemment pas de la meilleure saveur, son dépaysement visuel (la scénographie exotique de Cannes et ses environs, ses boites de nuit en plein air), son rythme musical (notamment ces tubes entêtants des années 80) et surtout sa pléthore de gags parfois parodiques (le duel aux lasers façon Star Wars dans la caravane d'un gitan, la course-poursuite automobile en mode Fast and Furious, le clip anachronique d'une chanteuse en herbe jouant sa diva !) transcendent ses menus couacs.
Soignant aussi bien le fond que la forme sur le principe déjanté des ZAZ, Alibi.com est un festival de drôlerie et de fantaisie sous le pilier d'une aventure haute en couleurs où perce à terme la rédemption d'une tendre romance. Philippe Lacheau se permettant en filigrane de rendre hommage à la pop-culture des années 80 en hissant notamment la série B Bloodsport au rang de chef-d'oeuvre bourrin ! Frais et tonique, constamment inventif et souvent grotesque dans le bon sens du terme, Alibi.com demeure un concentré de folie et de bonne humeur sous couvert d'une réflexion sur le pardon dans le cas d'une adultère.
Dédicace à Stephane Passoni
Eric Binford
mercredi 14 juin 2017
TOUT, TOUT DE SUITE
de Richard Berry. 2017. France/Belgique/Luxembourg. 1h54. Avec Richard Berry, Steve Achiepo, Marc Ruchmann, Idit Cebula, Matila Malliarakis, Romane Rauss.
Sortie salles France, Belgique, Luxembourg: 11 Mai 2016
FILMOGRAPHIE: Richard Élie Benguigui1, dit Richard Berry, est un acteur, réalisateur et scénariste de cinéma français, né le 31 juillet 1950 à Paris. 2000 : L'Art (délicat) de la séduction
2003 : Moi César, 10 ans ½, 1m39. 2005 : La Boîte noire. 2010 : L'Immortel. 2015 : Nos femmes. 2016 : Tout, tout de suite.
Retraçant l'interminable séquestration d'Ilan Halimi, un juif humilié et torturé à mort par Youssouf Fofana et sa bande surnommés le "Gang des barbares", Tout, tout de suite nous immerge de plein fouet dans une descente aux enfers jusqu'au-boutiste que l'acteur Richard Berry retranscrit avec souci documenté. Ce dernier relatant les faits aussi bien du point de vue de la victime et des tortionnaires que de la police et de la famille s'efforçant mutuellement de retarder la demande de rançon (faute d'une somme astronomique et du refus des forces de l'ordre à céder au chantage) en alternant en parallèle les interrogatoires de chaque coupable après le drame. Véritable électro-choc émotionnel éludé de toute complaisance (Berry suggérant les séquences de tortures en privilégiant les hurlements de la victime réduite à l'état animal au sein de taudis insalubres), Tout, tout de suite est une épreuve cinématographique insupportable si bien qu'à mon sens peu de cinéastes dans l'hexagone (Gaspard Noé et Pascal Laugier faisant l'exception) ont su parvenir à distiller un malaise aussi viscéral sans lâcher prise la gorge du spectateur aussi gêné que lourdement éprouvé par cette épreuve inhumaine.
Et ce en dépit de quelques seconds-rôles imputés au corps policier dictant leur réplique dans une élocution un peu trop théâtrale il me semble. Pour autant, la manière scrupuleuse dont Berry retranscrit le calvaire de Ilan Halimi tombé dans les mailles du traquenard parmi la complicité d'une vingtaine de banlieusards est rehaussé du jeu naturel de jeunes acteurs inconnus parvenant sans outrance à se fondre dans la peau de marginaux dénués de raisonnement, d'éthique et d'empathie (à l'exception d'un geôlier) quant à la condition recluse de leur victime quotidiennement molestée afin de monnayer ses parents d'un magot. D'une intensité dramatique permanente, tant auprès de la victime affligée de douleur et désespoir durant un laps de temps disproportionné (quasi 1 mois de détention dans des conditions sordides d'hygiène et de malnutrition !) que des parents totalement impuissants face à une situation d'extrême urgence, Tout, tout de suite interpelle et scandalise quant aux postures sournoises d'une racaille adepte de l'argent facile afin de survivre dans leur ghetto.
Cri d'alarme contre une violence urbaine en chute libre où la nationalité juive en paye ici le lourd tribus, Tout, tout de suite manifeste un bouleversant témoignage (jusqu'au larmes de délivrance du fait de la trop forte pression psychologique exercée par ce chemin de croix !) à sa victime sacrifiée au nom d'une haine antisémite. Richard Berry brossant notamment sans concession le portrait pathétique d'une machine à tuer au pouvoir d'influence délétère si bien que les laissés pour compte les plus perméables oseront se compromettre aux stratégies financières de nombreux rapts (ils n'en n'étaient pas à leur premier coup d'essai). Hypnotique, profondément malsain, glaçant et traumatisant par sa cruauté aussi bien morale que physique (pourtant non graphique !), la déprime est de mise dans ce triste constat sociétal imputé à une jeunesse impudente à la fois fantasque et capricieuse (notamment ces deux gamines décervelées considérées comme des tapins par leur propre leader).
Pour public averti
Bruno Matéï
Remerciement à Christophe Cosyns
mardi 13 juin 2017
A CURE FOR LIFE
"A Cure for Wellness" de Gore Verbinski. 2017. U.S.A/Allemagne. 2h27. Avec Dane DeHaan, Jason Isaacs, Mia Goth, Celia Imrie, Harry Groener, Adrian Schiller.
Sortie salles France: 15 Février 2017. U.S: 17 Février 2017
FILMOGRAPHIE: Gregor « Gore » Verbinski est un réalisateur et producteur américain né le 16 mars 1964. 1997 : La Souris. 2001 : Le Mexicain. 2002 : Le Cercle : The Ring. 2003 : Pirates des Caraïbes: La Malédiction du Black Pearl. 2005 : The Weather Man. 2006 : Pirates des Caraïbes: Le Secret du Coffre maudit. 2007 : Pirates des Caraïbes: Jusqu'au bout du Monde. 2011 : Rango. 2013 : Lone Ranger, naissance d'un héros. 2017 : A Cure for Life.
Psycho thriller (aquatique) sous couvert de satire caustique sur la compétition financière, A cure for Life joue la carte du suspense horrifique sous le pilier d'un scénario complètement mad ! Et ce en dépit d'une dernière partie emprunt de facilités dans ses rebondissements anticipés et l'absence de perspicacité du héros à démêler le vrai du faux. Pour autant, l'intrigue machiavélique et ses thèmes impartis à l'éternelle jeunesse préservent son pouvoir de fascination dans sa faculté à susciter l'inquiétude sans esbroufe, et ce en dépit de séquences-chocs viscérales à la limite du supportable ! (la chirurgie dentaire ou encore le lavage d'estomac que le patient endure à déglutir de visqueuses anguilles). Ayant pour mission de rapatrier son patron parti en cure dans un sanatorium germanique, Lockhart se retrouve pris au piège au sein de cet établissement renfermant un obscur passé quant à la relation incestueuse des anciens propriétaires des lieux. Un éminent baron avide de pureté et sa soeur condamnée au bûcher par les villageois. D'une durée conséquente de 2h27, A cure for Life nous immerge dans un cauchemar anxiogène résolument captivant en sus d'instaurer une fulgurance visuelle d'un onirisme baroque. Tant auprès d'un panorama montagneux à donner le vertige que des pièces de la clinique constituées de piscine, d'un réfectoire, de couloirs limpides et passages souterrains secrets. Pour un peu, on se croirait à la croisée de Suspiria et du Fantôme de l'Opéra, notamment si je me réfère à sa dernière partie flamboyante (valse en trois temps à l'appui !), pur hommage à une épouvante archaïque réactualisée dans un contexte moderne.
Les Amants d'outre-tombe
Servi par une distribution convaincante dont le charisme interlope fonctionne sans fard, A cure for Life affiche un réalisme cauchemardesque au sein d'un thriller méphitique chargé de malaise. Certes imparfait lors de sa dernière demi-heure mais pour autant fascinant dans son alliage de conte de fée frelaté et de variation moderne du vampirisme.
Dédicace à Ruuffet Nelly
Bruno Matéï
La critique de Nelly Ruuffet:
Lockhart est un jeune cadre ambitieux. Il doit retrouver un certain Pembroke, son patron, qui a disparu dans un mystérieux centre dans les Alpes suisses. Lockhart se retrouve alors pris au piège de cet étrange institut et de son corps médical. On lui diagnostique le même mal qui habite l’ensemble des pensionnaires. Lockhart est obligé de se soumettre à l’étrange cure délivrée par le centre.
Un thriller fantastique à l’ambiance vénéneuse et au visuel incroyable ! Dès le début du film, le ton est donné, le spectateur sait d’emblée qu’il va être immergé dans un univers malsain voire psychotique où l’eau tient un rôle majeur et nous sera montrée sous un angle inédit particulièrement dangereux pour la santé. Le visuel est majoritairement verdâtre et sombre au sein de l’institut – ce qui provoque une impression de malaise - et les scènes en extérieur dans le jardin de la cure nous paraissent paradoxalement malsains, dérangeants. On scrute tout, comme Lockhart, qui comprend au fur et à mesure du film à quel point tout est manigancé pour le faire tourner en bourrique. L’ambiance horrifique est omniprésente, le spectateur n’a pas une seconde de répit et l’on sait très vite que l’on a affaire à un film hors du commun pour son temps qui sort des sentiers battus.
Verbinski semble avoir digéré de multiples références allant de Shining (la scène sur le route avec ce point de vue surplombant au-dessus des montagnes) aux films de Cronenberg (Volmer nourri aux anguilles, les morts vivants que deviennent les patients, le côté expérimental, notamment au cours de la scène où Lockhart est immergé dans une cuve et où ses visions sont mêlées à l’imaginaire érotique et malsain de l’homme et de la femme censés surveiller l’expérience) et à l’esthétique gothique (la musique dans le bar où Hannah et Lockhart s’échouent, la cure en elle-même qu’on rapproche très facilement d’une maison aux prises avec des esprits malins, le sous-sol etc). L’ambiance sonore du film est elle aussi démente tant elle nous tient sur les nerfs pendant presque 2 heures 30 : bruits anxiogènes de glaçons dans une carafe filmée en gros plan lorsque Lockhart s’évanouit dans la salle du réfectoire, craquements des dents des patients au contact de la nourriture, déglutitions, bruits angoissants d’une mécanique pulsée etc. Sans compter le fameux air chantonné par Hannah que l’on entend dès les premières minutes du film et qui est directement associé à la mort.
Le personnage d’Hannah est fascinant, il fait directement penser à l’univers d’Alice au pays des merveilles mais une Alice désenchantée, perdue, entourée d’une aura funeste qui perdurera jusqu’à la fin du film. Elle restera un des noyaux qui fait tenir l’intrigue en parallèle des pérégrinations de Lockhart, toutes + anxiogènes les unes que les autres. Les personnages se meurent dans un univers entre cauchemar et réalité, ce qui fait d’ailleurs écho symboliquement à la ballerine peinte par la mère de Lockhart qui, en décrivant la figurine, affirmait qu’elle vivait dans un rêve sans le savoir.
Le film est peuplé de scènes fortes que personne n’oubliera après le visionnage : que dire de la scène du dentiste et du bourrage d’anguilles, très difficilement supportables ! D’autant que le choix des plans est très fin, on voit Lockart d’un œil surplombant, on se retrouve face au regard horrifié de l’homme d’affaires et de ses gémissements désespérés. Les scènes où l’on voit les patients immergés dans des cuves d’eau, figés comme des rats de laboratoires coupent le souffle également ! Le spectateur est pétrifié.
Le seul bémol se situe dans les dernières 45 minutes avec des ficelles un peu trop faciles même si elles n’en perdent pas pour autant leur pouvoir envoûtant et vénéneux. La scène de « révélation » aux patients est somme toute attendue mais bien menée tout autant que la fulgurance de la scène funèbre du bal, dont le classicisme apparent est pénétré d’une esthétique baroque très bien menée, alternant avec la poursuite de l’intrigue. Une œuvre très riche, captivante, très esthétisée et fascinante à bien des niveaux !!! Une petite merveille !
lundi 12 juin 2017
UN SAC DE BILLES
de Christian Duguay. 2017. France/Canada/République Tchèque. 1h52. Avec Dorian Le Clech, Batyste Fleurial Palmieri, Patrick Bruel, Elsa Zylberstein, Bernard Campan, Kev Adams, Christian Clavier.
Sortie salles France: 15 Janvier 2017
FILMOGRAPHIE: Christian Duguay est un réalisateur, directeur de la photographie, monteur et compositeur québécois, né en 1957 à Montréal (Québec, Canada). 1991: Scanners II. 1992: Scanners III. 1992 : Live Wire. 1995: Planète hurlante. 1997: Contrat sur un terroriste. 2000: L'Art de la guerre. 2002: The Extremists. 2007: Suffer Island. 2013: Jappeloup. 2015: Belle et Sébastien, l'aventure continue. 2017 : Un sac de billes.
samedi 10 juin 2017
L'ASCENSION. Grand Prix au Festival international du film de comédie de l'Alpe d'Huez.
de Ludovic Bernard. 2017. France. 1h44. Avec Ahmed Sylla, Alice Belaïdi, Nicolas Wanczycki, Kevin Razy, Waly Dia.
Sortie salles France: 25 Janvier 2017
FILMOGRAPHIE: Ludovic Bernard est un réalisateur et scénariste français. L'Ascension est sa première réalisation.
Leçon de courage et du dépassement de soi sous le pilier d'une romance jamais sirupeuse, L'Ascension constitue une bouffée d'air frais au travers d'un périple haut en couleurs que va devoir traverser une poignée d'itinérants cosmopolites. Car si le côté prévisible du récit s'avère joué d'avance (on flaire à 100 kms le cheminement rigoureux du jeune héros et son happy-end inévitablement victorieux et rédempteur !), on ne peut s'empêcher de s'y impliquer et éprouver l'empathie quant à l'épreuve de force que se résigne Samy à parcourir le mont Everest. Et ce dans une posture persévérante de banlieusard gagné par l'optimisme, quand bien même sa famille et la populace de sa région lui vouent une scrupuleuse attention quant à son itinéraire forcené, notamment lorsque qu'une chaîne de radio locale le débriefe en intermittence afin de le promouvoir. Le réalisateur exploitant en prime la disparité d'un panorama naturel (les montagnes du Nepal) à travers une visite touristique guidée par des mentors locaux plus vrais que nature et d'attachants seconds-rôles (les australiens !) sobrement pittoresques.
Outre son esthétisme bucolique à couper le souffle (le film regorge de vastes paysages solaires et enneigés idylliques !) et ses diverses péripéties aussi plaisantes que rigoureuses (surtout sa dernière partie inscrite dans la pugnacité !), on peut largement compter sur la vibrante bonhomie du nouveau talent prometteur, Ahmed Sylla afin d'insuffler à l'aventure une dimension humaine aussi poignante que bouleversante. Ce dernier se refusant à caricaturer son identité sénégalaise native du ghetto parmi la juste mesure de sentiments où innocence et tendresse se chevauchent sous des réparties cocasses jamais outrancières. Outre le caractère si attachant de ce personnage lambda voué à accomplir un exploit sportif afin de conquérir le coeur d'une dulcinée, on peut autant compter sur l'incroyable prestance de Alice Belaïdi (déjà très impressionnante dans La Taularde dans un rôle à contre-emploi), offrant une palette d'émotions à travers son sourire sémillant. Véritable oasis de fraîcheur, de tendresse et de gaieté dans le petit corps d'une banlieusarde intègre, l'actrice insuffle une vigueur exaltante à témoigner avec humilité du parcours fulgurant de son prétendant, et ce jusqu'au torrent d'émotions de son dénouement salvateur (mouchoirs à prescrire aux plus sensibles !).
Inspiré de l'histoire vraie de Nadir Dendoune, premier franco-algérien à avoir pu atteindre le sommet le 25 mai 2008, l'Ascension nous transfigure ce destin singulier au travers d'une comédie d'aventures profondément humaine et dépaysante, et ce sans se laisser gagner par l'"émotion programmée" d'un hymne à l'amour (alors que nombre de cinéastes franchouillards se seraient facilement vautrées dans la bluette sentimentale). On ne peut d'ailleurs qu'encourager le débutant Ludovic Bernard manipulant sa caméra avec maîtrise et inventivité (envolées lyriques à l'appui !) tout en dirigeant ses comédiens expansifs avec l'habileté de les dessiner sans fard. Sans aucune prétention, l'Ascension parvient donc à conquérir nos coeurs sous l'impulsion d'une fantaisie aussi légère que candide où sa simplicité suscite un charme indéfectible.
Bruno Dussart
Récompenses: Grand Prix, Prix du Public, Festival international du film de comédie de l'Alpe d'Huez.
L'avis de Seb Lake:
Premier film en tant que réalisateur pour Ludovic Bernard qui raconte l'histoire vraie d'un jeune banlieusard du 93 qui à la suite d'un pari amoureux décide de grimper au sommet de l'Everest. Voilà le genre de film auquel il ne faut absolument pas se fier à l'affiche qui pourrait nous faire penser à une simple comédie sans saveur et vite oubliée,ce n'est pas du tout le cas ,on est en présence d'un grand film!! Oui j'ai bien dit un grand film,L'ascension nous plonge dans un récit rempli d'émotions et d'aventures au delà de nos frontières. Parti d'une cité de la banlieue parisienne ce jeune homme va affronter toutes ces peurs dans une leçon de courage et d'amour en grimpant à 8848 mètres d'altitude dans des conditions extrêmes et en ayant jamais mis les pieds à la montagne. Ahmed Sylla s'en sort assez bien dans son premier grand rôle au cinéma même si on voit bien qu'il est plus humoriste qu'acteur mais vu les conditions de tournage (il a perdu 7 kilos durant le tournage, il a fait un malaise et s'est perdu en pleine montagne où il a mis 4 heures pour retrouver son chemin ) on ne peut que le féliciter et l'encourager pour la suite de sa carrière d'acteur. L'ascension est mon premier gros coup de coeur de 2017, une aventure à voir absolument au cinéma si on veut être en totale immersion avec les magnifiques paysages enneigés et découvrir des peuples coupés du monde aux qualités plus qu'humaines... Le sourire aux lèvres avec les yeux humides,voilà ce qui vous attends durant les 1h45 de ce magnifique film qu'est L'ascension. 5/6
jeudi 8 juin 2017
La Malédiction des Pharaons / The Mummy
de Terence Fisher. 1959. Angleterre. 1h28. Avec Peter Cushing, Christopher Lee, Yvonne Furneaux, Eddie Byrne, Harold Goodwin, John Stuart, Raymond Huntley, Felix Aylmer.
Sortie salles France: 30 Décembre 1959. Angleterre: 25 Septembre 1959.
FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Terence Fisher est un réalisateur britannique né le 23 février 1904 à Londres (Maida Vale), et décédé le 18 juin 1980 dans la même ville. 1957 : Frankenstein s'est échappé, 1958 : Le Cauchemar de Dracula , 1958 : La Revanche de Frankenstein , 1959 : Le Chien des Baskerville , 1959 : L'Homme qui trompait la mort , 1959 : La Malédiction des pharaons, 1960 : Le Serment de Robin des Bois , 1960 : Les Étrangleurs de Bombay, 1960 : Les Maîtresses de Dracula, 1960 : Les Deux Visages de Docteur Jekyll , 1961 : La Nuit du loup-garou, 1962 : Le Fantôme de l'Opéra , 1962 : Sherlock Holmes et le collier de la mort, 1963 : The Horror of It All, 1964 : La Gorgone , 1965 : The Earth Dies Screaming, 1966 : L'Île de la terreur , 1966 : Dracula, prince des ténèbres , 1967 : La Nuit de la grande chaleur , 1967 : Frankenstein créa la femme, 1968 : Les Vierges de Satan, 1969: Le Retour de Frankenstein, 1974 : Frankenstein et le monstre de l'enfer.
La Momie revue et corrigée par la célèbre firme Hammer ne pouvait donner lieu qu'à un excellent spectacle à défaut du chef-d'oeuvre qu'ils ont coutume de nous livrer dans leur noble tradition. Car si le scénario linéaire est sans surprise (la vengeance d'une momie à supprimer les profanateurs de la princesse Ananka), l'art de le conter avec souci historique (le flash-back nous remémorant les circonstances morbides de la prêtresse et sa relation interdite avec Kharis) et la rigueur technique (photo et décors flamboyants en sus d'une réalisation studieuse) rendent l'aventure aussi captivante qu'exaltante. Et ce en dépit d'une action modérée pour autant spectaculaire lors d'affrontements meurtriers que la créature commet sous l'allégeance d'un égyptien fanatique. Terence Fisher en profitant en filigrane d'y dénoncer l'intégrisme radical de ce dernier voué à sacraliser sa divinité dans une idéologie criminelle.
Nanti d'une taille corpulente et d'un regard noir monolithique, Christophe Lee parvient sobrement à se fondre dans le corps de la momie déambulant dans une nature crépusculaire parmi la souplesse de sa démarche mécanique. Ce qui nous permet de croire à sa présence surnaturelle lors d'effractions fulgurantes perpétrées au domicile des victimes (ce dernier éclatant portes et fenêtres par la seule force de ses poignées !). Quand bien même Peter Cushing lui partage dignement la vedette avec le stylisme qu'on lui connait sous sa silhouette famélique. J'aimerai d'ailleurs relever à travers son improvisation subtile d'investigateur l'affrontement psychologique qu'il oppose avec l'égyptien Mehemet Bey qu'incarne avec orgueil mesuré George Pastell. A mes yeux, la séquence la plus intense et captivante dans leur jeu de regards à la fois suspicieux, placides et sournois. Le film culminant en prime vers une course poursuite haletante lorsque la momie décide de s'en prendre à la maîtresse de John Banning, faute de son étrange ressemblance avec la prêtresse Ananka. Si cette idée éculée empruntée à la saga des Dracula instaure l'impression de déjà vu, on peut toutefois compter sur la maîtrise de la mise en scène de Fisher pour tolérer son alibi narratif d'autant plus transfiguré d'un onirisme flamboyant.
Entièrement dédié à l'efficacité d'un récit aussi cohérent que structuré, La Malédiction de la Momie parvient à ressusciter son icône séculaire avec classe et brio d'une firme anglaise insatiablement soucieuse d'y respecter ses fans. Comme quoi même un Hammer un tantinet mineur constitue un fabuleux spectacle qu'on aime toujours revivre sans se lasser.
*Eric Binford
31.01.25. 3èx. Vost
mardi 6 juin 2017
THE INCREDIBLE TORTURE SHOW
"Blood Sucking Freaks" de Joel M. Reed. 1976. U.S.A. 1h30. Avec Seamus O'Brien, Viju Krem, Niles McMaster, Dan Fauci, Alphonso DeNoble, Ernie Pysher, Luis De Jesus.
Sortie salles U.S: 3 Novembre 1976
FILMOGRAPHIE: Joel M. Reed est un réalisateur américain né en 1933 à New York. 1968 : Sex by Advertisement. 1969 : Career Bed. 1971 : Wit's End ou The G.I. Executioner. 1976 : Blood Bath. 1976 : The Incredible Torture Show. 1981 : Night of the Zombies.
"Sorti sur les écrans américains en 1976 avec un classement X, les producteurs invitèrent l'association féministe Women Against Pornography à manifester contre le film dans le but de faire de la publicité autour de ce dernier. S'ensuivit un scandale et le retrait du film." (source Wikipedia).
Considéré comme l'une des oeuvres les plus controversées de Troma si bien qu'elle fut classée X dès sa discrète exploitation en salles (en France nous en serons d'ailleurs privés !), The Incredible torture show baigne dans le sordide et le mauvais goût dans une décontraction assumée. Série Z underground uniquement endossée par des acteurs amateurs (pas si mauvais !), Joel M. Reed se complaît dans le divertissement crapoteux avec un sadisme jovial. A l'égard du nabot badin d'origine porto-ricaine et de son mentor surjouant les rictus diaboliques sous une moustache affinée. Seamus O'Brien se fondant dans le corps de maître Sardu avec une ironie perverse qui risque de faire grincer des dents, et ce même si les numéros les plus extrêmes sont souvent désamorcés par le ton décalé d'une mise en scène grand-guignolesque où tortionnaires et Streapteaseuses laissent libre court à leurs fantasmes meurtriers dans leur condition droguée !
Improbable, fantasque, trivial, putassier et d'une crétinerie assumée, The Incredible torture show constitue une sympathique curiosité redoublant d'insolence et d'exubérance pour qui aime les expériences déviantes conçues dans le système D.
Pour public averti
Bruno Dussart.
3èx
lundi 5 juin 2017
BREEDERS
de Tim Kincaid. 1985. U.S.A. 1h17. Avec Teresa Yvon Farle, Lance Lewman, Frances Raines, Natalie O'Connell, Amy Brentano, LeeAnne Baker, Matt Mitler
Sortie salles U.S: Mai 86
FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Tim Kincaid est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur américain né le 2 Juillet 1944 à Santa Barbara, California, USA. 2015: Dad Out West (Video). 2008/I Chainsaw (Video). 2008 Mens Room III: Ozark Mtn. Exit 8 (Video). 2008 Home Invasion (Video). 2008 Slow Heat in a Texas Town (Video) (as Joe Gage). 2005 Alabama Takedown (Video). . 2004 Mens Room: Bakersfield Station (Video). 2002 Closed Set: The New Crew (Video). 2001 Tulsa County Line (Video). 1989 She's Back. 1988 The Occultist. 1987 Riot on 42nd St. 1987 Mutant Hunt (Video). 1986 Breeders. 1986 Robot Holocaust. 1986 Bad Girls Dormitory. 1985 ...In the Name of Leather. 1985 Orange Hanky Left. 1984 Closed Set 2. 1982 Heatstroke. 1982 501. 1981 Cellblock #9. 1981 Handsome. 1981 Oil Rig #99. 1981 Red Ball Express. 1980 Closed Set. 1979 Los Angeles Tool and Die. 1978 El Paso Wrecking Corp. 1976 Le secret des routiers. 1973 The Female Response.
vendredi 2 juin 2017
Life: origine inconnue
de Daniel Espinosa. 2017. U.S.A. 1h44. Avec Jake Gyllenhaal, Rebecca Ferguson, Ryan Reynolds, Hiroyuki Sanada, Ariyon Bakare, Olga Dihovichnaya.
Sortie salles France: 19 Avril 2017. U.S: 24 Mars 2017
FILMOGRAPHIE: Daniel Espinosa est un réalisateur, scénariste et producteur suédois, né le 23 mars 1977 à Transgund (Stockholm, Suède). 2017: Life: Origine inconnue. 2015: Enfant 44. 2012 Sécurité rapprochée. 2010 Easy Money. 2007 Uden for kærligheden. 2004 Babylonsjukan.
Bâti sur le même schéma narratif que l’illustre saga Alien, Life surprend dès son jeu sardonique du chat et de la souris, mené sans répit, hormis cette inévitable impression de déjà-vu. L’équipage d’une station spatiale doit affronter une créature hostile venue de Mars, délibérée à les exterminer un à un. Sorte de pieuvre extraterrestre polymorphe, sa taille, d’abord minimaliste, croît au fil de ses exactions criminelles, ne laissant aucune échappatoire à ses victimes.
Au sein de ce huis-clos spatial, nos astronautes redoublent de courage et de pugnacité pour l’éradiquer, dans un enjeu de survie si intense qu’ils se déplacent en apesanteur dans les corridors de la station — une touche bienvenue d’originalité influencée par Gravity. Sous le moule d’une série B de luxe, nantie d’époustouflants FX et de décors naturels et technologiques plus vrais que nature - la Terre vue de l’espace et la station richement détaillée n’ont rien à envier à la scénographie stellaire de Gravity - Life insuffle une efficacité perpétuelle, portée par des séquences-chocs littéralement terrifiantes, au service de la narration.
Nos protagonistes, jamais neuneus, alternent stratégies de défense et d’attaque avec un courage vulnérable, tandis que la créature, extrêmement retorse et sournoise, demeure d’une diabolique agilité pour agripper et étouffer ses proies. Sans outrance ni esbroufe, Life se montre d’autant plus sincère en réexploitant une trame convenue, grâce à l’intelligence d’une ossature narrative évoluant selon les choix périlleux des personnages, parfois voués au sacrifice.
Angoissant et franchement terrifiant par ses situations horrifiques désespérées, Daniel Espinosa, réalisateur suédois avisé, conjugue adrénaline et claustrophobie avec une véritable intensité dramatique. Les comédiens, unis dans la cohésion fraternelle, affichent une dimension humaine poignante, d’abord en assistant aux déroutes de chacun, puis dans leur bravoure de dernier ressort pour évincer le monstre hors de la station. Le réalisateur ne leur laisse aucune concession, à l’instar de Ridley Scott dans le premier Alien, quand bien même l’on redoute à chaque instant le prochain subterfuge criminel de la créature, sensiblement photogénique dans son design anatomique.
Réalisé avec un savoir-faire technique indiscutable et dénué de prétention, Life demeure à mon sens l’un des meilleurs ersatz de la saga Alien, notamment grâce à la sobriété des comédiens, jamais dans la surenchère, et au pouvoir de fascination imputé à une “chose” n’ayant rien à envier à son homologue. On est d’ailleurs plus près de The Thing que de l’œuvre de H. R. Giger, quant à sa morphologie tentaculaire. Une excellente surprise, rondement menée, haletante en diable et souvent tendue, quand bien même on appréciera d’autant plus le pessimisme de son dénouement cauchemardesque, taillé dans le nihilisme.
Une référence du genre, ni plus ni moins.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
jeudi 1 juin 2017
LES TRAQUES DE L'AN 2000
"Turkey Shoot" de Brian Trenchard-Smith. 1982. 1h33. Australie. Avec Steve Railsback, Olivia Hussey, Michael Craig, Carmen Duncan, Noel Ferrier, Lynda Stoner, Roger Ward.
Sortie salles France: 15 Juin 1983. Australie: 14 Octobre 1982
FILMOGRAPHIE: Brian Trenchard-Smith est un producteur, réalisateur et scénariste britannique et australien né en 1946 au Royaume-Uni. 1972 : The Marty Feldman Show (TV). 1974 : Kung Fu Killers (TV). 1975 : The Love Epidemic. 1975 : L'Homme de Hong Kong. 1976 : Stuntmen. 1976 : Deathcheaters. 1978 : Stunt Rock. 1978: Hospitals Don't Burn Down. 1979 : Le Jour des assassins. 1982 : Les Traqués de l'an 2000. 1983: Le Gang des BMX. 1986 : Jenny Kissed Me. 1986 : Frog Dreaming. 1986 : Le Drive in de l'enfer. 1988 : Strike of the Panther. 1988 : Day of the Panther. 1989 : Out of the Body. 1989 : Dangerfreaks. 1989 : Le Dernier assaut. 1994 : Official Denial (TV). 1994 : La Nuit des Démons 2 (vidéo). 1995 : Leprechaun 3 (vidéo). 1995 : Sahara (TV). 1996 : L'Affaire Ramzay(TV). 1997 : Leprechaun: Destination cosmos. 1997 : La Météorite du siècle (TV). 1998 : Atomic Dog (en) (TV). 1998 : Voyage of Terror (TV). 1999 : Happy Face Murders (en) (TV). 2000 : Britannic (TV). 2001 : Megiddo: The Omega Code 2. 2002 : Opération Wolverine: À la seconde près (TV). 2002 : Les Fantômes de High River (TV). 2003 : Panique sous les Tropiques (TV). 2003 : DC 9/11: Time of Crisis (TV). 2005 : Tides of War (TV). 2006 : In Her Line of Fire. 2006 : Long Lost Son (TV). 2011 : Un bungalow pour six (TV). 2013 : Meurtre à double face (TV).
Hit Vhs des années 80 sous la bannière de Liberty Video, les Traqués de l'An 2000 est ce que l'on nomme dans le langage cinéphile un "plaisir coupable" afin de justifier notre ferveur face à un spectacle barbare rivalisant de provocations assumées ! Pur produit d'exploitation comme il en pullulait en cette sacro-sainte époque, cette série B native d'Australie se complaît dans une violence limite cartoonesque avec une imagination aussi bien débridée que décomplexée ! Dans une époque futuriste, une dictature envoie de paisibles citoyens dans un camp de redressement où sont perpétrées des chasses à l'homme pour le plaisir de leurs dirigeants. Cinq prisonniers vont devoir user de vaillance, subterfuge et persévérance afin de déjouer les pièges machiavéliques qui empiètent leur chemin. A bout de souffle car pourchassés sans relâche, certains d'entre eux vont pour autant se surpasser afin de remporter la mise !
Sous l'impulsion d'un score épique composé par l'illustre Brian May et d'une poignée de seconds-couteaux s'en donnant à coeur joie dans le jeu outrancier, les Traqués de l'An 2000 emprunte le cheminement du survival hardcore avec un dynamisme intarissable ! Les tortures, sévices et humiliations du premier acte perpétrés sur les détenus cédant ensuite aux courses-poursuites et règlements de compte meurtriers au sein d'une nature hostile confinée en gigantesque terrain de chasse ! Brian Trenchard-Smith exploitant notamment à merveille la disparité de ses décors naturels au sein d'un cadre forestier et montagneux littéralement immersif ! Truffé de péripéties et pièges machiavéliques que nos héros "décérébrés" ne cessent de déjouer non sans maladresses, Les Traqués de l'an 2000 renchérit l'action des fusillades jusqu'au point d'orgue belliqueux n'ayant rien à envier à la mission de Rambo 2 ! Notre héros lambda à la carrure timorée parvenant avec une pugnacité suicidaire à renverser l'ennemi sans pour autant baisser sa garde ! (ou alors si peux !). Totalement décomplexé (j'insiste à me répéter), ce divertissement bisseux réactualise donc le thème de la chasse du comte zaroff dans un esprit second degré où gore et violence putassières communient afin de satisfaire nos bas instincts pervers !
Peuplé de situations insensées, de séquences-chocs saugrenues et de personnages rustres hauts en couleurs (le monstre de foire arrachant l'orteil de sa victime pour le croquer goulûment face caméra !!!), Les Traqués de l'An 2000 opte pour le divertissement foutraque avec une générosité sardonique ! Les personnages tous plus cons les uns que les autres parvenant à susciter des palettes d'émotions (peur, désarroi et révolte) avec un aplomb parfois/souvent cocasse. A revoir d'urgence si bien qu'aujourd'hui cette chasse à l'homme subversive digne d'une prod ritale semble encore plus déjantée qu'en 82 ! C'est dire si ce genre de Bisserie décadente à déserté nos écrans depuis la prolifération de nos multiplexes !
Bruno Matéï
mercredi 31 mai 2017
A la recherche du plaisir / "Alla ricerca del piacere" / "Amuck"
Les étreintes et exhibitions sexuelles n’y cèdent jamais à une complaisance putassière - nous sommes ici aux antipodes de Nue pour l’Assassin - même si le comportement lubrique du couple échangiste peut flirter avec une forme de déviance SM, notamment à la lumière de la tournure des événements dramatiques. Bénéficiant d’une photographie rutilante et de décors somptueux, tant domestiques que naturels, Silvio Amadio sublime la forme par une mise en scène attentive où aucun détail architectural n’est laissé au hasard. À ce titre, À la recherche du plaisir s’impose comme un véritable festin visuel, magnifié par la présence fantasmatique de Barbara Bouchet, resplendissante, le regard azur chargé de promesses et de menaces. Elle est divine, hypnotique, belle à en crever.
Si le cheminement narratif, sans réelle surprise, aurait gagné à se montrer plus retors et plus étoffé dans l’investigation d’une héroïne pourtant audacieuse, la rigueur de la mise en scène parvient néanmoins à maintenir l’attention. Notamment à travers l’étude de personnages viciés, troubles et chafouins, portés par des seconds rôles charismatiques évoluant dans une ambiguïté savamment dosée, jusqu’à la chute des masques lors d’un dénouement aussi haletant que violemment expéditif. En note subsidiaire, on goûtera également la touche d’ironie distillée dans la dernière séquence, venant interroger la vaine déchéance criminelle du - ou des - coupable(s).
Jeu pervers de séduction et de manipulation porté par la mélodie sensuelle de Teo Usuelli, À la recherche du plaisir s’impose comme un superbe thriller raffiné, capable d’envoûter par la présence magnétique de son actrice fétiche, déambulant dans une scénographie à la fois onirique, troublante et concupiscente.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
lundi 29 mai 2017
Poor Pretty Eddie
de Richard Robinson. 1975. U.S.A. 1h32. Avec Leslie Uggams, Shelley Winters, Michael Christian, Slim Pickens, Dub Taylor, Ted Cassidy.
Sortie salles U.S: Juin 1975
FILMOGRAPHIE: Richard Robinson est un réalisateur, producteur, acteur américain. 1974: La grande partouze (as Rick Jr.). 1973 Fantaisies sexuelles d'un couple libre. 1972 Bloody Trail. 1972 To Hell You Preach. 1971 Adultery for Fun & Profit. David Worth est un réalisateur et producteur américain. 1994: Chain of Command. 1993 Lady Dragon 2. 1992 Lady Dragon. 1989 Kickboxer. 1986 Soldier's Revenge. 1983 Frat House. 1983 Doing It! 1983 Le chevalier du monde perdu. 1982 Body Magic. 1979 Hard Knocks. 1979 Pink Champagne. 1978 How Sweet It Is! 1975 Poor Pretty Eddie. 1998: I Might Even Love You. 1997 True Vengeance (Video). 1996 American Tigers 2014: Hazard Jack. 2014 House at the End of the Drive. 2006 Honor. 2004 Air Strike (Video). 2002 Shark Attack III (Video). 2001 Time Lapse (Video). 2000 Shark Attack 2 (Video). 2000 The Prophet's Game.
Etrange curiosité que ce Poor Pretty Eddie restée inédite en salles dans nos contrées. A mi-chemin entre The last house on Dead and street (pour le grain de pellicule rubigineux, le charisme patibulaire de quelques comédiens méconnus et pour son ambiance expérimentale malsaine) et Week-end sauvage (notamment cette relation ambiguë entre le violeur et sa victime), l'intrigue relate la séquestration d'une chanteuse afro-américaine chez les rednecks d'un pub reculé. Attiré par sa jeune beauté, Eddie Collins ne tarde pas à la violer sauvagement avant de tomber amoureux. C'est le début d'un long cauchemar qu'Elizabeth va traverser entre humiliations raciales et sévices sexuels, quand bien même la tenancière Bertha s'opposera à leur liaison, faute de sa jalousie sentimentale.
Echec commercial à sa discrète sortie aux States, Poor Pretty Eddie fait office de pépite atypique sous couvert de cinéma d'exploitation estampillé "seventie". De par son ambiance baroque multipliant les séquences-chocs en "slow motion" afin de décupler le caractère brutal de sa violence et son parti-pris expérimental de nous désarçonner avec d'autres moments dérangeants (tel le parallèle établi entre une scène de viol et un coït canin) sur un air de Country.
Franchement étrange, interlope et glauque au sein d'une scénographie domestique abritant des ploucs gouailleurs, Poor Pretty Eddie demeure une agréable curiosité si bien qu'il parvient sensiblement à nous immerger dans un bad trip sous le pilier du rape and revenge culminant au carnage anthologique ! Une conclusion illustrée en "slow motion" afin d'immortaliser la décadence criminelle !
Eric Binford.















































