mercredi 7 mars 2018

COCO. Oscar du Meilleur film d'Animation, 2018.

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site disney.wikia.com

de Lee Unkrich et Adrian Molina. 2017. U.S.A. 1h45. Avec les voix originales de Anthony Gonzalez, Gael GarcĂ­a Bernal, Benjamin Bratt, Antonio Sol, Alanna Ubach, RenĂ©e Victor.

Sortie salles France: 29 Novembre 2017. U.S: 22 Novembre 2017

FILMOGRAPHIELee Unkrich est un rĂ©alisateur et monteur amĂ©ricain nĂ© le 8 aoĂ»t 1967 Ă  Cleveland, Ohio. 1992 : Le Rebelle (Renegade) (TV). 1994 : Betrayed by Love (TV). 1995 : Toy Story. 1998 : 1001 pattes. 1999 : Toy Story 2. 2001 : Monstres et Cie. 2003: Le Monde de Nemo. 2006 : Cars. 2010 : Toy Story 3. 2017 : Coco.
Adrian Molina est un scénariste américain né le 23 août 1985 à Yuba City. 2017: Coco.


Un superbe hommmage aux défunts et à la famille chez les "tortillas", même si j'escomptais le chef-d'oeuvre de la part de Pixar.
Prévoir les mouchoirs pour le final d'une sensibilité à fleur de peau.
3D au top.

* Bruno

Récompenses: Producers Guild of America Awards 2017: meilleur producteur d'un film d'animation pour Darla K. Anderson
Golden Globes 2018: meilleur film d'animation
British Academy Film Awards 2018 : meilleur film d'animation
Oscars 2018: meilleur film d'animation
Oscars 2018: meilleur chanson originale pour Remember Me de Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez

mardi 6 mars 2018

CREEPSHOW 2

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Michael Gornick. 1987. U.S.A. 1h32. Avec Domenick John, Tom Savini, Joe Silver, George Kennedy, Philip Dore, Kaltey Napoleon.

Sortie salles France: 16 Décembre 1987. U.S: 1er Mai 1987

FILMOGRAPHIE: Michael Gornick est un réalisateur et producteur américain.
1985: Stephen King's Golden Tales (Video - segment "The Word Processor of the Gods". 1987: Creepshow 2.


Chef opĂ©rateur du premier Creepshow, Michael Gornick rĂ©alise avec Creepshow 2 une sympathique sĂ©quelle si bien qu'elle fut un succès commercial outre-atlantique. Sans jamais atteindre l'envergure de son modèle, cette sĂ©rie B au charme Bis parvient Ă  distraire avec plus ou moins d'efficacitĂ© autour de 3 segments sans prĂ©tention. Le 1er sketch, "Le Vieux Chef TĂŞte-de-bois" s'avère le plus faible en dĂ©pit de l'empathie instaurĂ©e auprès du couple de commerçants semi-retraitĂ©s, prochainement molestĂ©s par un trio de maraudeurs sans vergogne. Si son cheminement narratif trop prĂ©visible n'accorde aucune surprise quant Ă  la vengeance meurtrière du totem (une statue de bois toute Ă  fait convaincant lors de sa mobilitĂ© rĂ©duite), l'intrigue agrĂ©ablement contĂ©e se suit sans dĂ©plaisir, quand bien mĂŞme la rĂ©alisation fait parfois preuve d'inventivitĂ© pour rehausser la routine horrifique du second acte. On apprĂ©cie Ă©galement la bonhomie sereine de George Kennedy en commerçant altruiste s'efforçant d'Ă©pauler la communautĂ© indienne. 


Baignant dans une atmosphère solaire estivale autour d'un lac bucolique, "Le Radeau" s'avère redoutablement réjouissant lorsqu'un quatuor de jeunes vacanciers profitent du beau temps pour s'y baigner. Seulement, une nappe semblable à du mazout est aux aguets pour se nourrir de chair humaine. Bénéficiant d'effets spéciaux à la fois convaincants et spectaculaires, "le Radeau" diffuse une intensité dramatique exponentielle sous l'impulsion d'une chose visqueuse d'un noir magnétique lorsqu'elle s'agrippe aux membres de ses victimes. Cauchemardesque et haletant, le huis-clos assez tendu se permet comme de coutume d'y injecter des traits d'humour macabres auprès de la posture des victimes moribondes, à l'instar de sa chute abrupte en bonne et du forme.


La dernière histoire, "L'autostoppeur", relate par le truchement d'humour noir caustique et d'effets gores bien juteux la nuit d'enfer d'une épouse infidèle ayant renversé un autostoppeur de couleur noir sur son chemin du retour. Incessamment persécutée par ce dernier lui conjurant de le prendre en stop, elle tentera par tous les moyens de l'anéantir lors d'une guérilla routière rouge sang. Assez jouissif et drôlement sardonique, "l'Autostoppeur" affiche un rythme haletant à partir d'une idée débridée efficacement exploitée. Et ce en dépit de sa chute moins renversante et d'un score musical inopportun avec les évènements décrits sans temps morts.


Ludique, bonnard et jamais ennuyeux en dĂ©pit de ses scories et de son manque d'ambition (d'oĂą sa modestie bisseuse qui en Ă©mane), Creepshow 2 nous offre une copie somme toute honorable, surtout auprès des 2 derniers segments aussi bien corsĂ©s qu'attractifs dans leur dosage d'humour vitriolĂ© et de grand-guignol qui tâche. 

La chronique de Creepshow: http://brunomatei.blogspot.fr/2012/06/creepshow_20.html

* Bruno
3èx 

lundi 5 mars 2018

La Maison qui tue / The House that dripped blood

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Peter Duffell. 1971. Angleterre. 1h41. Avec Christopher Lee, Denholm Elliott, Joanna Dunham, Peter Cushing, Nyree Dawn Porter, Jon Pertwe.

Sortie salles France: 27 Novembre 1974. Angleterre: 22 FĂ©vrier 1971

FILMOGRAPHIEPeter Duffell est un rĂ©alisateur anglais nĂ© le 10 Juillet 1922 Ă  Canterbury, Kent, England, UK, dĂ©cĂ©dĂ© le 12 DĂ©cembre 2017. 1973: Les rapaces du 3è Reich. 1975: L'Enlèvement. 1980: Daisy (tĂ©lĂ©film). 1982: Experience Preferred... But Not Essential. 1986: Les Louves (tĂ©lĂ©film). 1987: Hand in glove (tĂ©lĂ©film). 1990: King of the wind (tĂ©lĂ©film). 1991: Some Other Spring (tĂ©lĂ©film).

Produit par la cĂ©lèbre firme Amicus, La Maison qui tue figure sans doute parmi le sommet des films Ă  sketches gothiques, Ă  ranger aux cĂ´tĂ©s d’Histoires d’Outre-Tombe et de Frissons d’Outre-Tombe. AdaptĂ© de rĂ©cits du notoire Robert Bloch, le film Ă©voque la malĂ©diction possible d’une maison semblant vouĂ©e Ă  prĂ©cipiter la chute de ses occupants - du moins les plus vĂ©reux.

Le premier segment, assez terrifiant lors des apparitions d’un spectre ricaneur, nous plonge dans la paranoĂŻa rampante d’un Ă©crivain, hantĂ© par le personnage diabolique qu’il a lui-mĂŞme créé pour nourrir son nouveau roman. Nanti de visions dĂ©rangeantes d’un fantĂ´me hideux, Charles Hillyer finit par avouer ses troubles Ă  son Ă©pouse, qui lui recommande de consulter un psychiatre. Efficace et sarcastique dans sa dĂ©rive, Method for Murder baigne dans un climat d’angoisse subtilement entretenu par un homme aux abois, gagnĂ© par l’apprĂ©hension. Le rĂ©alisateur joue habilement des visions horrifiques sous l’alibi d’une possible paranoĂŻa, voire de schizophrĂ©nie, notamment Ă  travers ses altercations conjugales. La chute, cruelle et sardonique, fonctionne pleinement, malgrĂ© le thème dĂ©jĂ  souvent visitĂ©. Or, l'emballage est plus fin, intelligent et original que de coutume. 

Le deuxième rĂ©cit, Waxworks, nous entraĂ®ne dans un musĂ©e des horreurs Ă  l’atmosphère troubles. Lorsqu’un veuf y dĂ©couvre une effigie de femme brandissant une tĂŞte dĂ©capitĂ©e sur un plateau d’argent, il est aussitĂ´t frappĂ© par la ressemblance troublante avec son ancienne compagne. FascinĂ©, dĂ©stabilisĂ©, il tente d’oublier - jusqu’Ă  ce qu’un vieil ami vienne lui rendre visite. Cette intrigue, oĂą sourdent jalousie et infidĂ©litĂ©, s’appuie sur la stature spectrale de Peter Cushing, parfait en solitaire taiseux hantĂ© par l’ombre de l’amour perdu. Si la chute manque peut-ĂŞtre un peu de mordant et que la brièvetĂ© nuit un peu Ă  la tension, l’ensemble demeure soignĂ©, accrocheur et pĂ©nĂ©trant.

Le troisième segment (mon favori avec le quatrième) narre la confrontation silencieuse entre un aristocrate glacial et une Ă©ducatrice venue prendre soin de sa fille recluse depuis son retrait scolaire. Tandis que la gouvernante, douce et attentionnĂ©e, se rapproche de l’enfant, elle s’inquiète bientĂ´t du comportement castrateur du père, prompt Ă  la violence. Superbement Ă©crit, mis en scène et interprĂ©tĂ© (entre la prestance hautaine de Christopher Lee, la sobriĂ©tĂ© rassurante de Nyree Dawn Porter, et surtout le magnĂ©tisme presque spectral de la candide Chloe Franks, Ă  la fois diaphane et intensĂ©ment prĂ©sente), Sweets to the Sweet distille une sorcellerie sourde, latente, dans la montĂ©e en tension d’une vendetta infantile. Car mĂŞme si l’issue se devine - mĂ©chamment cruelle -, l’intensitĂ© des affrontements parentaux et la prĂ©sence vĂ©nĂ©neuse de la fillette conspiratrice nous poursuivent bien au-delĂ  du gĂ©nĂ©rique.

Le dernier rĂ©cit s’articule autour de l’ego hypertrophiĂ© d’un cĂ©lèbre acteur de films d’Ă©pouvante, condescendant et mĂ©prisant Ă  l’Ă©gard de tous. Mais l’achat d’une cape de vampire dans une boutique poussiĂ©reuse bouleversera le cours de sa vie. The Cloak, farce macabre semi-parodique ponctuĂ©e de clins d’Ĺ“il, se moque avec un plaisir communicatif de son protagoniste hautain. L’idĂ©e centrale, dĂ©licieusement fantaisiste, s’illustre Ă  travers des trucages efficaces (quoique concis et visible sur grand Ă©cran) et le jeu outrancier mais parfaitement assumĂ© de Jon Pertwee, vampire malgrĂ© lui, grimacier malicieux pris au piège de son propre rĂ´le. Et puis que dire de l'icĂ´ne Ingrid Pitt rivalisant de malice, de sensualitĂ© et de charme opulent en vamp sexy. 

Composé de sketches tous intéressants et attachants, plaisants et surprenants, La Maison qui tue parvient, grâce au soin constant de la mise en scène (notamment formellement gothique) et à un casting hors pair, à se hisser dans les mémoires - surtout grâce à ses deux derniers segments, hauts en intensité et en étrangeté.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

26.07.25. 3èx. Vostf

dimanche 4 mars 2018

VERONICA

                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Paco Plazza. 2017. Espagne. 1h45. Avec Sandra Escacena, Bruna González, Claudia Placer, Iván Chavero, Ana Torrent.

Sortie salles France: 24 Janvier 2018. Espagne: 25 Août 2017

FILMOGRAPHIE: Paco Plaza est un réalisateur et scénariste espagnol, né en 1973 à Valence (Espagne). 2002: Les Enfants d'Abraham. 2004: L'Enfer des Loups. 2006: Scary Stories. 2007: REC. 2008: REC 2. 2012: REC 3 Genesis.


Plein de bonnes intentions dans son parti-pris de privilégier un réalisme studieux (limite documenté) et de s'offrir un casting juvénile très convaincant (notamment auprès d'un marmot criant de naturel !), Paco Plaza réalise avec Veronica une honnête série B en exploitant l'attirail démonologique avec une certaine efficacité. Tant et si bien que le récit tiré d'une histoire vraie se laisse suivre sans déplaisir en dépit de son cheminement routinier et des facilités du "ouh fais moi peur" tributaire d'artifices souvent grossiers.

2/3 scènes chocs assez dérangeantes provoquent toutefois un certain malaise (viscéral ou psychologique selon la posture parano de l'héroïne sévèrement hantée et molestée par l'entité), quand bien même son épilogue tragique fidèle à la reconstitution du "fait divers" nous glace le sang par son intensité dramatique escarpée. Par ailleurs, on peut louer l'aspect atmosphérique d'une partition musicale aussi intense que grave dans ses sonorités contractées, ce qui rehausse le vérisme de l'ensemble.

A voir 1 fois, car en dépit de l'extrême sincérité de Plaza, le film aurait largement gagné à être plus cérébral, vraisemblable et fouillé au niveau de la caractérisation morale de l'héroïne (en perte de repères et de raison) pour provoquer l'effroi tant escompté. Dommage donc.

* Bruno

vendredi 2 mars 2018

RUBY

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Curtis Harrington. 1977. U.S.A. 1h24. Avec Piper Laurie, Stuart Whitman, Roger Davis, Janit Baldwin, Paul Kent, Len Lesser.

Sortie salles U.S: 24 Juin 1977

FILMOGRAPHIECurtis Harrington, né le 17 septembre 1926 à Los Angeles (Californie) et mort le 6 mai 2007, est un réalisateur, scénariste, acteur, producteur et directeur de la photographie américain.1946 : Fragment of Seeking. 1961 : Night Tide. 1965 : Voyage sur la planète préhistorique. 1966 : Queen of Blood. 1967 : Games. 1970 : How Awful About Allan (TV). 1971 : Mais qui a tué tante Roo ? 1971 : What's the Matter with Helen ? 1973 : The Killing Kind. 1973 : The Cat Creature (TV). 1974 : La Révolte des abeilles (Killer Bees) (TV). 1975 : The Dead Don't Die (TV). 1977: Ruby. 1978 : Devil Dog: The Hound of Hell (TV). 1985 : Mata Hari. 2002 : Usher


DĂ©solĂ© si je froisse certains amateurs mais que sont venus faire dans cette galère Piper Laurie (bien qu'assez convaincante en veuve Ă©plorĂ©e) et Stuart Whitman ? Ruby s'avĂ©rant d'une rare indigence de par son scĂ©nario insipide (une banale vengeance d'outre tombe surfant en dernier acte sur le mode opĂ©ratoire de L'Exorciste) et le ridicule des situations horrifiques Ă  la lisière de la semi-parodie. Bref, en dĂ©pit de l'originalitĂ© de sa scĂ©nographie restreinte (un drive-in, théâtre d'Ă©vĂ©nement paranormaux et de morts sanglantes en mode "hors champs"), Ruby est une Ă©preuve soporifique Ă  la temporalitĂ© Ă©tirĂ©e (alors qu'il n'affiche  qu'1h24 au compteur !). On comprends donc l'invisibilitĂ© du produit depuis sa sortie (mĂŞme si dispo en Vhs rare chez nous) si bien qu'il fut discrètement exploitĂ© en salles chez nous avec 14802 entrĂ©es (semble t-il ! Et donc Ă  confirmer...).

* Bruno

jeudi 1 mars 2018

La Revanche de Freddy / A Nightmare On Elm Street Part 2: Freddy's Revenge

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Jack Sholder. 1985. U.S.A. 1h24. Avec Mark Patton, Kim Myers, Robert Englund, Robert Rusler, Clu Gulager, Hope Lange, Marshall Bell.

Sortie salles France: 26 Février 1986. U.S: 1er Novembre 1985

FILMOGRAPHIE: Jack Sholder est un réalisateur américain, né le 8 juin 1945 à Philadelphia. 1973: The Garden Party (court-métrage). 1982: Alone in the dark. 1985: Le Revanche de Freddy. 1987: Hidden. 1988: Vietnam War Story 2. 1989: Flic et Rebelle. 1990: By Dawn's Early Light (télé-film). 1993: 12h01: prisonnier du temps (télé-film). 1994: Sélection naturelle (télé-film). 1994: The Omen (télé-film). 1996: Generation X (télé-film). 1997: Panique sur l'autoroute (télé-film). 1999: Wishmaster 2. 2001: Arachnid. 2002: Beeper. 2004: 12 Days of terror.


Second volet d'une franchise aussi lucrative qu'Halloween, Saw ou encore Vendredi 13, la Revanche de Freddy jouit d'une certaine forme d'originalitĂ© si on se rĂ©fère aux thĂ©matiques de la possession sous l'angle de la mĂ©taphore et de la psychanalyse que les critiques de l'Ă©poque ont prĂ©fĂ©rĂ© occulter en se focalisant sur ses dĂ©fauts. Car mĂŞme si les protagonistes juvĂ©niles souffrent d'un manque d'expressivitĂ©, voirs font preuve d'outrance gestuelle (l'acolyte de Jesse) et d'absence de bagage culturel, l'idĂ©e de la possession dĂ©moniaque que le croquemitaine s'empresse d'habiter auprès d'un d'ado Ă  l'homosexualitĂ© refoulĂ©e ne manque ni d'intĂ©rĂŞt ni de surprise en filigrane mĂ©taphorique. Ce qui aboutira d'ailleurs Ă  une impressionnante mĂ©tamorphose Ă  base de latex que l'on contemple aujourd'hui d'un oeil aussi fascinĂ© qu'amusĂ©.


D'autres sĂ©quences chocs parfois gores sont Ă©galement assez rĂ©ussies grâce au savoir-faire artisanal des spĂ©cialistes en maquillage et du dynamisme du montage (mĂŞme si parfois maladroit lors de certaines confrontations) alors que d'autres demeurent malsaines, malaisantes (la violente agression de la pĂ©ruche, les 2 p'tits chiens Ă  tĂŞte humaine). Ainsi, outre la psychologie plutĂ´t dĂ©risoire des personnages (tant auprès des ados, dont la cruche du hĂ©ros, que des parents gogos Ă  rabâcher la morale Ă  leur rejeton) et son cheminement narratif somme toute classique, la Revanche de Freddy parvient Ă  divertir, aussi modeste soit l'ambition de Jack Sholder. On peut d'ailleurs rappeler que ce dernier nous eut tout de mĂŞme fourni durant sa maigre carrière les classiques Alone in the Dark et Hidden ainsi que l'excellent tĂ©lĂ©film 12h01: Prisonnier du temp. Et donc grâce Ă  un certain savoir-faire dans l'efficacitĂ© du rythme homĂ©rique (les multiples sĂ©quences de cauchemar se fondent impunĂ©ment dans la rĂ©alitĂ© quotidienne jusqu'au fameux carnage que Freddy opère en point d'orgue), d'une attrayante photo influencĂ©e par la BD et de son angoisse parfois palpable, La revanche de Freddy distrait le spectateur sous l'impulsion d'un Robert Endglund encore impressionnant, fascinant, voir mĂŞme terrifiant de par sa posture spectrale (parfois grâce aux plans serrĂ©s), ses rĂ©parties persifleuses et sa force tranquille Ă  molester ses victimes avec provocation dĂ©complexĂ©e.


Plaisir innocent du samedi soir rĂ©cupĂ©rĂ© d'une intelligente analogie sur l'homosexualitĂ© auquel le mĂ©trage fait souvent allusion, La revanche de Freddy se suit Ă©tonnamment sans dĂ©plaisir de par son charme Bisseux (tout du moins aujourd'hui) et diffuse mĂŞme par instants une fascination morbide auprès de la prĂ©sence charismatique de Robert Englund en croquemitaine punitif endossant ici le "double gay" de son partenaire juvĂ©nile incapable d'assumer son homosexualitĂ©, comme le souligne d'ailleurs le clifhanger final que l'on prĂ©tendait (Ă  tort) gratuit ou nonsensique. Il est donc temps de réévaluer cette habile sĂ©quelle plus intelligente qu'elle n'y parait si on parvient Ă  y extraire un second niveau de lecture psychanalytique assez ironique, audacieux mĂŞme, limite parodique en somme quant au destin prĂ©caire de Jesse plombĂ© par l'ambiguitĂ© de son indentitĂ© sexuelle. 

* Bruno
15.12.23. 4èx. Vostfr

mercredi 28 février 2018

YOR, LE CHASSEUR DU FUTUR

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ecranlarge.com

"Il mondo di Yor" d'Anthony M. Dawson. 1983. Italie/France/Turquie. 1h28. Avec Reb Brown, Corinne Cléry, Carole André, Aytekin Akkaya, Luciano Pigozzi

Sortie salles France: 24 Août 1983. Italie: 10 Février 1983

FILMOGRAPHIE: Antonio Margheriti (Anthony M. Dawson) est un réalisateur italien, né le 19 septembre 1930 à Rome, décédé le 4 Novembre 2002 à Monterosi. 1960: Le Vainqueur de l'espace. 1962: Les Derniers jours d'un empire. 1963: La Vierge de Nuremberg. 1964: La Sorcière Sanglante. 1964: Les Géants de Rome. 1964: Danse Macabre. 1968: Avec Django, la mort est là. 1970: Et le vent apporta le Violence. 1971: Les Fantômes de Hurlevent. 1973: Les Diablesses. 1974: La brute, le colt et le karaté. 1975: La Chevauchée terrible. 1976: l'Ombre d'un tueur. 1979: l'Invasion des Piranhas. 1980: Pulsions Cannibales. 1980: Héros d'Apocalypse. 1982: Les Aventuriers du Cobra d'Or. 1983: Yor, le chasseur du futur. 1985: L'Enfer en 4è vitesse.


Aberration filmique symptomatique des prods italiennes plagiant tous azimuts les rĂ©cents succès ricains des annĂ©es 80 avec un budget low-cost, Yor, le chasseur du futur ose la gageure de communier la Guerre du Feu avec Star Wars. RĂ©alisĂ© par le vĂ©tĂ©ran Antonio Margheriti (excusez du peu !), cette sĂ©rie Z compile Ă  rythme assez fertile actions corporelles (tant auprès de guerriers hostiles que de crĂ©atures dantesques) et rebondissements saugrenues, faute d'un script abracadabrantesque Ă©crit par un cerveau infantile (son inspiration Ă©mane d'ailleurs d'une lointaine bande-dessinĂ©e argentine parue en 1974). L'action aussi dĂ©paysante qu'Ă©dĂ©nique (certains panoramas naturels sont franchement fantasmatiques !) se dĂ©roule sous l'ère prĂ©historique (du moins c'est ce que de prime abord on essaie de nous faire croire). Yor, preux guerrier rĂ©putĂ© par sa bravoure vole au secours de tribus dociles incessamment persĂ©cutĂ©s par des crĂ©atures prĂ©historiques et mĂ©chants cro- magnon affublĂ©s de dĂ©pouilles de vison. A la recherche de ses origines en compagnie de son vieil ami Pag et de sa maĂ®tresse Ka-Laa, il finit par rencontrer des androĂŻdes du futur venus le kidnapper selon la mĂ©galomanie de l'empereur Overlord. ExubĂ©rant, improbable et ridicule sans une once de complexe (d'oĂą son attrait grotesque souvent irrĂ©sistible), Yor le Chasseur du futur nous plonge de prime abord dans des aventures primitives lorsque celui-ci renchĂ©rit les confrontations musclĂ©es avec ses rivaux lors d'une première partie assez redondante mais gentiment ludique.


L'aspect risible des bastons maladroitement exĂ©cutĂ©es, rehaussĂ©es de la mine impayable des acteurs inexpressifs (mention spĂ©ciale au blondinet Reb Brown dans le corps gringalet de Yor !) provoquant une cocasserie involontaire comme seuls les italiens ont le secret. On peut Ă©galement souligner la niaiserie truculente des romances que se partage notre hĂ©ros auprès de deux potiches aussi radieuses que rivales. Mais c'est vĂ©ritablement lors de sa seconde partie que Yor... prend son envol pour nous embarquer dans un space opera de pacotille (le dĂ©cor se limitant souvent au dĂ©dale d'un hangar industriel) Ă  renfort de rayons lasers, gadgets Ă©lectroniques et cascades acrobatiques ! Sur ce dernier point, une sĂ©quence anthologique digne du cirque Pinder vous provoquera assurĂ©ment l'hilaritĂ© lorsque le vieux Pag dĂ©cide de porter secours Ă  Yor par la puissance de sa vĂ©locitĂ© ! Cabotinant Ă  tout va, nos gentils hĂ©ros drapĂ©s de peaux animales et les mĂ©chants figurants accoutrĂ©s de combinaisons dignes de Temps X se disputent le pouvoir avec un sĂ©rieux inĂ©branlable. Et ce sous l'impĂ©riositĂ© d'un Dark Vador patibulaire surjouant avec une emphase renfrognĂ©e ! Et donc sous l'impulsion de règlements de compte rĂ©crĂ©atifs et de rebondissements hallucinĂ©s, l'aventure (inopinĂ©ment) futuriste adopte une tournure dĂ©bridĂ©e Ă  la fois folingue et moralisatrice. Dans le sens oĂą le progrès de la science pourrait bien mener Ă  notre perte dans un proche avenir !


Rivalisant de près avec les meilleures rĂ©ussites transalpines du genre (l'inĂ©galĂ© 2019, après la chute de New-York, Atomic Cyborg, les Rats de Manhattan, le Gladiateur du Futur, Les Nouveaux Barbares ou encore les Guerriers du Bronx), Yor, le chasseur du Futur s'entiche d'un scĂ©nario suffisamment couillu et azimutĂ© (pour ne pas dire vrillĂ© !), et d'une galerie d'attachants seconds-couteaux (joviaux) pour nous distraire frĂ©quemment avec un second degrĂ© stimulant. A redĂ©couvrir avec une pincĂ©e de nostalgie, faute d'une Ă©poque rĂ©volue aussi bien gĂ©nĂ©reuse qu'intègre quelque soit les moyens prĂ©caires allouĂ©s. 

* Bruno
3èx

mardi 27 février 2018

LE RENARD. Golden Globe du Meilleur Film Etranger 1968

                                       Photo empruntĂ©es sur Google, appartenant au site stalkerjany.blogspot.fr

"The Fox" de Mark Rydell. 1967. U.S.A. 1h54. Avec Sandy Dennis, Anne Heywood, Keir Dullea, Glynne Morris.

Sortie salles France: 31 Juillet 1968 (Int - 18 ans). Canada: 13 Décembre 1967

FILMOGRAPHIEMark Rydell est un acteur, réalisateur et producteur américain, né le 23 mars 1934 à New York (États-Unis). 1964-1966 : Gunsmoke (série TV). 1968 : Le Renard. 1969 : Reivers. 1972 : Les Cowboys. 1976 : Deux farfelus à New York. 1979 : The Rose. 1981 : La Maison du lac. 1984 : La Rivière. 1991 : For the Boys. 1994 : Intersection. 1996 : Le Crime du Siècle. 2001 : Il était une fois James Dean. 2006 : Even Money.


RaretĂ© introuvable ou presque si je me rĂ©fère Ă  la gĂ©nĂ©rositĂ© du blog Warning Zone de me l'avoir fait dĂ©couvrir (mĂŞme si dans un contexte alĂ©atoire), Le Renard constitue Ă  mes yeux une merveille de thriller psychologique dont l'atmosphère feutrĂ©e et son dĂ©cor exigu peuvent rappeler par instants l'Ă©tonnant (et aussi mĂ©connu) La Petite fille au bout du chemin, le chef-d'oeuvre l'ObsĂ©dĂ©, ou plus reconnaissable, l'Ă©trange et envoĂ»tant Zombie venu d'ailleurs si bien qu'il s'agit (Ă  ma surprise) de la dĂ©clinaison horrifique de l'oeuvre susnommĂ©e ! Et on peut dire qu'en terme de 1er essai derrière la camĂ©ra, Mark Rydell (rĂ©al discret mais pour autant notoire des cĂ©lèbres The Rose, La Maison du Lac et de la Rivière) surprend par sa direction d'acteurs affĂ»tĂ©e et l'inventivitĂ© de sa mise en scène (tels les divers angles dont s'impose le montage auprès de l'abattage d'un arbre) autopsiant un triangle amoureux assez tabou pour l'Ă©poque (raison pour laquelle le film fut interdit aux - de 18 ans dans l'hexagone). Recluses dans leur ferme, Jill et Ellen vivent communĂ©ment une tendre complicitĂ© Ă  l'abri des regards indiscrets. Si Jill ne cache pas sa tendresse auprès de sa compagne (en dĂ©pit de sa frigiditĂ©), Ellen commence Ă  souffrir de sa solitude, notamment faute d'une frustration sexuelle. Alors qu'un renard rode rĂ©gulièrement auprès de leur poulailler, un autre spĂ©cimen aussi rusĂ© vient frapper un soir Ă  leur porte pour leur solliciter l'hospitalitĂ©. Au fil des jours de complicitĂ© amicale, leur relation s'amenuise un peu plus lorsque l'inconnu finit subitement par avouer son amour auprès 
d' Ellen. 


Drame psychologique Ă  la fois rugueux, douloureux et intense autour d'une lutte des sexes, Le Renard parvient avec un rĂ©alisme trouble Ă  nous immerger dans les liaisons dangereuses d'un trio possessif en Ă©veil d'affirmation. Le rĂ©alisateur dressant du point de vue masculin le portrait d'un machiste assez perfide pour parvenir Ă  ses fins. Mais au-delĂ  de l'aspect antipathique de cet unique personnage plutĂ´t phallocrate, le Renard extĂ©riorise son potentiel dramatique dans la relation Ă©quivoque qu'entretient le couple de lesbiennes sexuellement refoulĂ©es. En abordant avec pudeur les thèmes de l'amour, du dĂ©sir sexuel, de la jalousie et de la possessivitĂ©, le Renard s'alloue dès les prĂ©misses d'un climat de dĂ©rĂ©liction ensorcelant au fil d'une intrigue progressivement poignante et oppressante. Les deux comĂ©diennes superbement dĂ©peintes entre rĂ©volte sentimentale et complexitĂ© morale parvenant Ă  distiller une franche compassion auprès de leur amour conflictuel oĂą le dĂ©sespoir gagne un peu plus du terrain. Le cheminement narratif, incertain et hĂ©sitant auprès de leurs choix sentimentaux et de crainte de trahison, adoptant une tournure autrement plus grave de consĂ©quences en second acte lorsque ces dernières vont enfin librement assumer leur saphisme depuis les intimidations du prĂ©dateur.


Oeuvre maudite si j'ose dire, de par son invisibilitĂ© et son absence de gratitude (en dĂ©pit de son Golden Globe du Meilleur Film Ă©tranger dĂ©cernĂ© un an après sa sortie), Le Renard demeure une perle rare de romance vĂ©nĂ©neuse sous couvert d'un drame intimiste aussi cruel que bouleversant (l'Ă©pilogue glaçant imprĂ©gnĂ© d'amertume nous restant en travers de la gorge). Mais au-delĂ  de son climat de langueur rĂ©solument envoĂ»tant (rehaussĂ© de la mĂ©lodie fragile de Lalo Schifrin), on peut saluer le jeu naturel du casting parvenant Ă  nous familiariser auprès de leur accointance avec une dimension humaine malingre. Le trio assez insidieux endossant la fonction d'amants infortunĂ©s avides de sentiments depuis leur requĂŞte Ă©perdue du dĂ©sir sexuel, de l'Ă©quilibre moral et de la sĂ©curitĂ© pĂ©cuniaire. A dĂ©couvrir d'urgence ! 

* Bruno

lundi 26 février 2018

AU REVOIR LA HAUT

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

d'Albert Dupontel. 2017. France. 1h57. Avec Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nahuel Pérez Biscayart, Niels Arestrup, Émilie Dequenne, Mélanie Thierry.

Sortie salles France: 25 Octobre 2017.

FILMOGRAPHIEAlbert Dupontel (Philippe Guillaume) est un acteur, rĂ©alisateur, scĂ©nariste et humoriste français, nĂ© le 11 janvier 1964 Ă  Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). 1992 - DĂ©sirĂ© (court-mĂ©trage). 1996 - Bernie. 1999 - Le CrĂ©ateur. 2006 - EnfermĂ©s dehors. 2009 - Le Vilain. 2013 - 9 mois ferme. 2017 - Au revoir lĂ -haut.


AurĂ©olĂ© d'une rĂ©putation flatteuse chez la critique et les spectateurs si bien qu'il engrange 2 021 654 entrĂ©es sur notre territoire, Au revoir lĂ  haut est sans doute l'oeuvre la plus ambitieuse de Dupontel, nouvelle fois acteur et rĂ©alisateur. Pamphlet anti militariste bouleversant autour de l'amour impossible entre un père et son fils (thĂ©matique centrale du film), Au revoir lĂ  haut distille une Ă©motion aussi bien contenue qu'Ă©purĂ©e au travers de quelques situations d'intimitĂ© d'une riche intensitĂ© dramatique. Dupontel, rĂ©alisateur, filmant avec brio incontestĂ© une reconstitution historique plus vraie que nature, Ă  l'instar de son prologue belliqueux s'efforçant de retranscrire sans fioriture les horreurs du front. En dehors de son brio technique et formel (les splendides dĂ©cors et la photo sont flamboyants), Au revoir lĂ  haut parvient Ă  captiver et Ă  entretenir l'expectative grâce Ă  la densitĂ© d'un scĂ©nario dramatique faisant honneur Ă  un trio de personnages en marge de la sociĂ©tĂ©.


Prisonnier d'un trou d'obus et sur le point de pĂ©rir Ă©touffĂ©, Albert est sauvĂ© in extremis par son compagnon Edouard, au moment mĂŞme oĂą ce dernier est Ă©jectĂ© par l'explosion d'une grenade. La mâchoire arrachĂ©e, il est placĂ© Ă  l'hĂ´pital en attendant une Ă©pineuse convalescence. Envisageant le suicide, car honteux de rentrer au bercail face Ă  l'autoritĂ© d'un père castrateur, Albert lui propose de se faire passer pour mort en usurpant l'identitĂ© d'un tiers. EmmĂ©nagĂ©s ensemble dans un foyer parmi la compagnie d'une fillette orpheline, Edouard, dessinateur ambitieux, propose Ă  Albert de monter une transaction illĂ©gale dans le secteur de la pub. A savoir façonner une revue compilant des dessins de monuments de morts pour les promouvoir auprès de notables. 


Drame historique saupoudrĂ© de poĂ©sie et d'humour noir, Au revoir lĂ  haut nous propose un spectacle assez baroque sous la mainmise de Dupontel aussi Ă  l'aise devant que derrière la camĂ©ra. Ce dernier complètement impliquĂ© dans son projet s'efforçant de soigner le fond et la forme avec un amour Ă©vident pour le cinĂ©ma le plus authentique. A savoir communier divertissement et film d'auteur parmi l'efficacitĂ© d'un rythme habilement soutenu et la caractĂ©risation de personnages d'une fragilitĂ© jamais dĂ©monstrative. Faisant donc preuve d'une grande pudeur pour y dresser leur portrait torturĂ© ou dĂ©muni, Albert Dupontel parvient Ă  faire naĂ®tre une vibrante Ă©motion parfois difficilement gĂ©rable. Notamment grâce Ă  sa substantialitĂ© narrative Ă  la fois imprĂ©vue, lĂ©gère et grave sublimant les  portraits de marginaux infortunĂ©s victimes des alĂ©as de la guerre.


Au final, Dupontel, acteur borderline et rĂ©alisateur avisĂ© pĂ©tri d'amour pour l'art et ses personnages (magnifiquement esquissĂ©s), nous offre avec Au revoir lĂ  haut une oeuvre dĂ©senchantĂ©e d'une tendresse finalement sensitive (certaines sĂ©quences faisant office d'anthologie Ă©motionnelle !) abordant avec originalitĂ© les thèmes du trauma de la guerre, de l'injustice de destins brisĂ©s, des relations parentales conflictuelles, du pardon, de l'espoir, de la clĂ©mence et de l'aubaine sous l'apparat d'une poĂ©sie aussi candide qu'abstraite. Du cinĂ©ma fort, beau et cruel, qui restera dans les mĂ©moires.  

* Bruno

samedi 24 février 2018

Hellraiser: le pacte. Prix de la peur, Avoriaz 88.


de Clive Barker. 1987. Angleterre. 1h30. Avec Andrew Robinson, Clare Higgins, Ashley Laurence, Sean Chapman, Oliver Smith, Robert Hines, Anthony Allen, Leon Davis, Michael Cassidy, Frank Baker.

Sortie en salles en France le 24 FĂ©vrier 1988. U.S: 18 Septembre 1987

FILMOGRAPHIEClive Barker est un rĂ©alisateur, Ă©crivain, peintre, producteur et scĂ©nariste anglais, nĂ© le 5 Octobre 1952. 1973: Salome (court). 1978: The Forbidden (court). 1987: Hellraiser. 1990: Cabal. 1995: Le MaĂ®tre des Illusions.

"RĂ©surrection d’un Amant DĂ©composĂ©".
Pour son premier long-mĂ©trage, tirĂ© de son propre roman The Hellbound Heart, l’Ă©crivain anglais Clive Barker transpose Ă  l’Ă©cran un univers SM peuplĂ© d’icĂ´nes malĂ©fiques, arrachĂ©es aux entrailles d’un enfer oĂą se confondent douleur et plaisir. Justement rĂ©compensĂ© Ă  Avoriaz, Hellraiser n’a rien perdu de sa saveur putride, conjuguant avec une audace anti-religieuse sexe et hardgore. Frank, pèlerin fascinĂ© par les plaisirs de la chair, achète un Ă©trange Ă©crin chez un brocanteur. De retour chez lui, en manipulant le cube, il libère des forces dĂ©moniaques tout droit issues de l’au-delĂ . DĂ©chiquetĂ© par les CĂ©nobites — crĂ©atures vouĂ©es Ă  l’accueillir dans cet ailleurs de supplice —, Frank parvient pourtant Ă  s’en extraire lorsqu’une blessure accidentelle de son frère, emmĂ©nagĂ© dans l’ancienne demeure, laisse couler quelques gouttes de sang… Le premier pas vers une rĂ©surrection interdite. Mais Frank a besoin de sang humain pour se rĂ©gĂ©nĂ©rer.


Premier volet d’une saga culte incarnĂ©e par le dĂ©sormais mythique Pinhead, Hellraiser repousse les limites du conformisme dans un alliage savamment orchestrĂ© d’horreur morbide et de lascivitĂ© malsaine. La perversitĂ© de ses thèmes s’affirme dans une posture masochiste, habitĂ©e par des hĂ©donistes en quĂŞte de luxure et de souffrance. Par l’entremise du cube hermĂ©tique, Frank — personnage lubrique et dĂ©pendant Ă  ses plaisirs disparates — se retrouve projetĂ© dans l’univers occulte des CĂ©nobites. RĂ©pugnantes crĂ©atures en combinaisons de latex noir, lacĂ©rĂ©es de plaies bĂ©antes et parsemĂ©es de crochets, vis, broches : tout un artisanat du corps scarifiĂ©. Pour retrouver son existence terrestre, le mĂ©crĂ©ant, tapi dans le grenier de la maison familiale, a besoin d’un flux rĂ©gulier de sang. Il comptera sur la complicitĂ© vĂ©nĂ©neuse de son ancienne maĂ®tresse, Julia, pour lui ramener d’aimables prĂ©tendants, que leurs ardeurs condamneront.

Frank — cadavre dĂ©crĂ©pi, fugitif de l’enfer — et Julia — muse assassine — forment le couple maudit d’une quĂŞte sanglante vers la rĂ©gĂ©nĂ©ration charnelle. Clive Barker, crĂ©ateur d’une mythologie inĂ©dite, ne lĂ©sine pas sur l’imagerie gore, exaltant la transformation d’un corps dĂ©charnĂ© retrouvant peu Ă  peu sa forme originelle (jusqu’Ă  dupliquer la physionomie du frère). Il filme, avec une retenue cruelle, des visions macabres d’une beautĂ© sensuelle, sublimĂ©es par la procession lancinante du thème de Christopher Young. La poĂ©sie funèbre de ces sĂ©quences nous hypnotise autant qu’elle nous rĂ©vulse, car elle convoque nos pulsions les plus inavouables. Chez Barker, Hellraiser pulvĂ©rise les tabous, blasphème le Christ lui-mĂŞme et Ă©rige le plaisir de la douleur en système cosmique, sous l’Ă©gide des CĂ©nobites : figures fĂ©tichistes, fascinantes dans leur Ă©trangetĂ© organique.

Dans ce théâtre infernal, Kirsty, la fille de Larry, devra pactiser en ultime recours pour renvoyer l’enfer Ă  ses geĂ´les. On reste aussi frappĂ© par Julia, matrone meurtrière, Ă©pouvantablement sournoise, qui revendique sans honte sa libido insatiable pour nourrir la renaissance de son amant spectrale.

 
"Les Épousailles de la Chair et du Fer". 
Mis en scène avec un lyrisme envoĂ»tant, Hellraiser dĂ©gage un parfum de soufre et de scandale, portĂ© par un environnement malsain aux vertiges fascinants. L’onirisme noir de ses images gores, la puissance de ses effets spĂ©ciaux, l’immoralitĂ© de ses personnages, l’atmosphère putride et la puretĂ© dĂ©solĂ©e de sa musique conduisent cette Ĺ“uvre vers les cimes du culte. Un sommet d’horreur SM, troublant et inoubliable.

* Bruno
05.01.19. 
23.12.25. 5èx. 4K VOST

La chronique d'Hellraiser 2: http://brunomatei.blogspot.com/2011/10/hellraiser-2-les-ecorches-hellbound.html

Note: Avant d'opter pour Hellraiser, la production avait songĂ© au titre Sadomasochistes from Beyond the Grave, qu'on pourrait traduire par Les Masochistes d'outre-tombe.
La maison du film se situe au 55 Ludovico Place, qui se trouve ĂŞtre l'adresse de l'institut Ludovico du film Orange MĂ©canique oĂą Alex avait Ă©tĂ© envoyĂ© pour devenir non-violent.

RĂ©compensesPrix spĂ©cial de la peur Ă  Avoriaz en 1988.
Prix de la Critique Ă  Fantasporto en 1988.

19.10.11.   4
287 vues

jeudi 22 février 2018

SPOOKIES

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Genie Joseph (Eugénie Joseph). 1986. U.S.A. 1h25. Avec Felix Ward, Dan Scott, Alec Nemser, Maria Pechukas, A.J. Lowenthal.

Sortie salles France: Mars 1986 (uniquement au Rex de Paris). 14 Mai 1986 (uniquement au Festival de Cannes). U.S: Janvier 1988.

FILMOGRAPHIE: Genie Joseph est un réalisateur, producteur et scénariste américain né le 31 Janvier 1956 à Long Island, New York, USA. 2010: Pheromone (Video short). 1987: Mind Benders. 1986: Spookies.


Naveton des annĂ©es 80, Spookies vaut essentiellement pour l'atmosphère horrifique de son prĂ©ambule timidement sĂ©duisant, pour le soin de sa photo et des dĂ©cors (aussi limitĂ©s soient-ils !) et surtout pour la qualitĂ© de ses effets-spĂ©ciaux artisanaux plutĂ´t crĂ©atifs (et ce mĂŞme si on sent clairement l'influence de Ghoulies et d'Evil-dead). Car hĂ©las son histoire, son casting et sa mise en scène rĂ©solument insipides ne sont guère Ă  la hauteur.

* Bruno

mercredi 21 février 2018

LES HORREURS DE FRANKENSTEIN

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

"The Horror of Frankenstein" de Jimmy Sangster. 1970. Angleterre. 1h35. Avec Ralph Bates, Kate O'Mara, Veronica Carlson, Dennis Price, Jon Finch, Bernard Archard.

Sortie salles Angleterre: 8 Novembre 1970.

FILMOGRAPHIE: Jimmy Sangster est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma britannique né le 2 décembre 1927 dans le North Wales (Pays de Galles), décédé le 19 août 2011 à Londres. 1970 : Les Horreurs de Frankenstein. 1971 : Lust for a Vampire. 1972 : Sueur froide dans la nuit.


Sixième et avant dernier volet de la saga Frankenstein, les Horreurs de Frankenstein est considĂ©rĂ© par beaucoup de critiques comme le plus faible (pour ne pas dire le plus mauvais chez les langues les plus lapidaires). Faute d'un script remaniĂ© par Sangster himself sous le ton de la semi-parodie (il prĂ©figure d'ailleurs d'une certaine manière Chair pour Frankenstein rĂ©alisĂ© 4 ans plus tard !) que les fans ont sans doute mal perçu Ă  l'Ă©poque. DĂ©clinaison orthodoxe mais pour autant insolente des chefs-d'oeuvre de James Wales et de Terence Fisher, Les Horreurs de Frankenstein baigne dans un climat bisseux dĂ©complexĂ© comme le rehausse sa seconde partie quant Ă  la rĂ©surrection du monstre ingĂ©rable. Une crĂ©ature Ă  la fois pataude et inexpressive que l'on croirait sortie d'une sĂ©rie Z si bien que ses dĂ©bandades criminelles prĂŞtent presque Ă  rire sous la mainmise de son crĂ©ateur jeanfoutiste, sans vergogne et machiste (sa dissension lĂ©gèrement pittoresque entre ses deux maĂ®tresses superbement campĂ©es par Kate O'Mara et Veronica Carlson).


Ce dernier multipliant, tel un renard matois, les stratĂ©gies vĂ©reuses avec une insouciance outre-mesure afin de se dĂ©barrasser de chaque tĂ©moin gĂŞnant. Tant et si bien que son ambition première (crĂ©er la vie de ses mains en guise de mĂ©galomanie) s'avère ici dĂ©tournĂ©e au profit d'une dĂ©cadence meurtrière Ă  la fois vaniteuse et insidieuse. Et donc, si la première partie, Ă©culĂ©e et nĂ©gligeable, laisse prĂ©sager le pire, en dĂ©pit de touches d'humour noir proĂ©minentes (Ă  l'instar du sort rĂ©servĂ© Ă  l'adjoint atone de Frankenstein), la suite bifurque vers des raccourcis inopinĂ©ment plaisants, pour ne pas dire dĂ©lirants selon votre goĂ»t pour la farce macabre estampillĂ©e "second degrĂ©". A savoir que les va-et- vient (contradictoires) de la crĂ©ature sillonnant le château et la campagne font preuve d'une cocasserie tacite dans sa posture versatile de se plier ou non aux exigences de son maĂ®tre. 


Comme de coutume flamboyant sous l'Ă©tendard de la Hammer, de par sa photo contrastĂ©e, ses dĂ©cors gothiques Ă©purĂ©s et ses actrices plantureuses Ă  la beautĂ© lascive, les Horreurs de Frankenstein empreinte la dĂ©marche du sarcasme pour tenter de redorer un sang neuf Ă  sa noble saga, sous l'impulsion inopinĂ©ment impudente de Ralph Bates assez plaisant en baron dĂ©cadent (prĂ©curseur d'Udo Kier si j'ose dire !). A apprĂ©cier au second degrĂ©, faute de quoi certains puristes risqueraient de faire grise mine ! 

* Bruno
3èx

lundi 19 février 2018

COLD SKIN

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Xavier Gens. 2017. France/Espagne. 1h47. Avec David Oakes, Aura Garrido, Ray Stevenson, John Benfield.

Sortie salles France: 10 Septembre 2017 (l'Etrange Festival). Espagne: 20 Octobre 2017

FILMOGRAPHIE: Xavier Gens est un réalisateur, scénariste, producteur exécutif et acteur français, né le 27 Avril 1975 à Dunkerque. 2007: Hitman. 2008: Frontières. 2012: The Divide. 2012: The ABCs of death (un segment). 2017: The Crucifixion. 2017: Cold Skin.


Un message dĂ©sespĂ©rĂ© d'amour et de paix dans un monde de violence avili par la peur de l'autre. 

Après la dĂ©ception The Crucifixion, Xavier gens nous revient revigorĂ© avec Cold Skin. Une oeuvre fantastique modeste jouant la carte de l'intimitĂ© sous le pivot de deux protagonistes aussi pugnaces que fragiles dans leur condition esseulĂ©e. Entamant intelligemment au cours du rĂ©cit des rĂ©flexions sur l'origine des conflits, l'incommunicabilitĂ© entre les ethnies, la crainte de la diffĂ©rence et la misanthropie du point de vue d'un Robinson bourru traumatisĂ© par la disparition de son Ă©pouse, Cold Skin provoque une Ă©motion quasi dĂ©sespĂ©rĂ©e si je me rĂ©fère Ă  sa conclusion irrĂ©solue en quĂŞte d'exutoire. En 1914, un mĂ©tĂ©orologue s'exile sur une Ă®le durant un an en compagnie du gardien d'un phare. Chaque nuit, ils doivent livrer un combat sans merci contre des crĂ©atures hostiles prenant d'assaut leur foyer. 


Ce pitch linĂ©aire et inquiĂ©tant, soigneusement contĂ© et imagĂ© (tant auprès de sa photo limpide que de la beautĂ© des dĂ©cors sauvages), est un prĂ©texte afin de brosser les caractères bien trempĂ©s de deux protagonistes contraints d'utiliser les armes pour survivre Ă  une rĂ©silience de rude Ă©preuve. Cold Skin puisant sa force dans la description Ă©volutive de ses derniers, notamment auprès du mĂ©tĂ©orologue beaucoup plus curieux et empathique Ă  tenter de comprendre la race des amphibiens n'attaquant que de nuit pour mieux les Ă©branler. Prenant soin de dĂ©velopper les fĂŞlures et faiblesses humaines du duo divergent, si bien que les scènes d'actions intenses et percutantes les font Ă©voluer d'un point de vue dramatique, Xavier Gens distille une Ă©motion prude parfois poignante qui percera lors de l'Ă©pilogue bouleversant. Ce dernier très affectĂ© par la cause animale et le spĂ©cisme parvenant louablement Ă  attendrir et Ă  donner chair Ă  une crĂ©ature domestique Ă  l'aide de maquillages très convaincants. Son rĂ©cit efficacement exacerbĂ© de pugilats sanglants instaurant scrupuleusement un climat mĂ©lancolique quant au poids de la solitude que se rĂ©signent Ă  rĂ©sister deux belligĂ©rants du haut de leur phare.


"On perd son humanité dans un océan de chagrin"
En humaniste porteur d'espoir, de désir d'amour et de discernement auprès de l'étranger (ici d'origine animale !), Xavier Xens joue la carte de la modestie et de la pudeur avec cette oeuvre fantastique adulte, délicatement poignante (voir même bouleversante auprès de son interrogation finale) quant à l'instinct belliqueux de l'homme rattrapé par sa conscience morale d'une solitude irrespirable. Beau et sensible, à l'instar du score lyrique de Víctor Reyes

* Bruno