mardi 10 avril 2018
Le Prix du Danger
d'Yves Boisset. 1983. France/Yougoslavie. 1h40. Avec Gérard Lanvin, Marie France Pisier, Michel Piccoli, Bruno Cremer, Andréa Ferréol, Jean-Claude Dreyfus, Gabrielle Lazure, Catherine Lachens.
Sortie salles France: 26 Janvier 1983
FILMOGRAPHIE: Yves Boisset est un réalisateur français, né le 14 Mars 1939 à Paris. 1968: Coplan sauve sa peau. 1970: Cran d'arrêt. 1970: Un Condé. 1971: Le Saut de l'ange. 1972: l'Attentat. 1973: R.A.S. 1975: Folle à tuer. 1975: Dupont Lajoie. 1977: Un Taxi Mauve. 1977: Le Juge Fayard dit Le Shériff. 1978: La Clé sur la porte. 1980: Le Femme flic. 1981: Allons z'enfants. 1982: Espion, lève-toi. 1983: Le Prix du Danger. 1984: Canicule. 1986: Bleu comme l'Enfer. 1988: La Travestie. 1989: Radio Corbeau. 1991: La Tribu.
Une série B complètement allumée et inquiétante sur notre voyeurisme pervers.
Flingué par les critiques à sa sortie alors que 1 388 000 spectateurs s'étaient rués dans nos salles, Le Prix du Danger fait office d'immense farce vitriolée afin de dénoncer la corruption vénale de la télé-réalité réduisant le spectateur et ses participants à de vulgaires pantins lobotomisés par une société consumériste où tout est devenu spectacle. Et donc, par le biais d'un jeu TV révolutionnaire d'une originalité improbable et d'une audace immorale (une chasse à l'homme en plein Paris que 5 tueurs prolos se résignent à éliminer si leur proie parvenait à survivre à l'issue de 4 heures de marathon pour l'enjeu d'un magot !), les spectateurs complices de cette mascarade meurtrière assouvissent, via le tube cathodique, leurs bas instincts dans une débauche de sang et de violence.
C'est dire si les règles cyniques du jeu déloyal (5 hommes armés grisés à l'idée de courser et assassiner une proie sans défense) s'avèrent ubuesques (notamment cette suicidaire probation "aérienne" afin de gagner la candidature !), quand bien même en cours de route effrénée on apprendra que le show (commenté avec emphase par un Piccoli outrancièrement extravagant !) est finalement truqué afin de préserver leur dû monétaire puis maintenir le public dans l'expectative d'une course-poursuite irresponsable. Tueurs, cameramans et traqué se fondant stoïquement au sein d'une population tantôt inconsciente du danger (celle de se risquer à une balle perdue), tantôt complice d'y compromettre la survie du participant avec une éloquence perverse. Outre le caractère spectaculaire de cette folle escapade nocturne solidement menée par Yves Boisset (notamment en exploitant assez habilement la disparité de décors urbains parfois menaçants), on peut autant prôner le jeu viscéral, tout en agressivité de Gérard Lanvin littéralement emporté par ses pulsions de haine, de vaillance et de résilience. Notamment à travers sa rage et son désespoir de dénoncer la dictature médiatique ne reculant devant rien pour préserver leur audimat et maintenir le spectateur dans un voyeurisme putassier. Quand bien même Marie France Pisier se prête au rôle secondaire d'une productrice hautaine, équivoque et fourbe, notamment lors de son parti-pris à trahir la cause du rescapé pour une motivation purement cupide.
Série B d'anticipation hallucinée et prophétique autour d'un show médiatique hyperbolique, Le Prix du Danger fait grincer des dents en pamphlet brutal alertant des dérives d'une TV corporative où spectateurs et participants sont réduits à de simples objets de consommation. Si on peut accuser le trait caricatural de certains protagonistes, leur posture décervelée, déjantée et irresponsable à céder à leur fantasme le plus déviant face caméra (celle du plaisir de traquer et tuer leur proie, tel le chasseur rural !) renforce l'attrait follement débridé de cette TV réalité de proche actualité. Un survival coup de poing d'autant plus nerveux et haletant, à redécouvrir !
* Bruno
4èx
lundi 9 avril 2018
ATTENTION LES DEGATS
"Non c'è due senza quattro" de Enzo Barboni. 1984. Italie. 1h39. Avec Terence Hill, Bud Spencer, April Clough, Harold Bergman, C.V. Wood Jr , Dary Reis, Nello Pazzafini.
Sortie salles France: ?. U.S: 16 Novembre 1984. Italie: 21 Octobre 1984
FILMOGRAPHIE: Enzo Barboni (E.B. Clucher) est un directeur de la photographie et réalisateur italien né le 10 juillet 1922 à Rome et mort le 23 mars 2002. 1970 : Ciak Mull. 1970 : On l'appelle Trinita. 1971 : On continue à l'appeler Trinita. 1972 : Et maintenant, on l'appelle El Magnifico. 1973 : Les Anges mangent aussi des fayots. 1974 : Même les anges tirent à droite. 1976 : Deux super flics. 1982 : Ciao nemico. 1983 : Quand faut y aller, faut y aller. 1984 : Attention les dégâts. 1987 : Renegade. 1991 : Ange ou Démon. 1995 : Trinità & Bambino... e adesso tocca a noi.
Version longue dispo en Dvd chez Seven Sept.
vendredi 6 avril 2018
Roadhouse
de Rowdy Herrington. 1989. U.S.A. 1h54. Patrick Swayze, Kelly Lynch, Sam Elliott, Ben Gazzara, Kevin Tighe, Red West
Sortie salles France : 3 janvier 1990. U.S: 19 Mai 1989
FILMOGRAPHIE: Rowdy Herrington (né en 1951 à Pittsburgh, Pennsylvanie) est un réalisateur et scénariste américain. 1988 : Jack's Back. 1989: Road House. 1992: Gladiator. 1993 : Piège en eaux troubles. 1999 : Murder of Crows (vidéo). 2001: Présumé Coupable. 2003 : I Witness. 2004 : Bobby Jones, naissance d'une légende.
Videur: Personne qui a la mission de repousser des personnes indésirables à l'entrée d'un établissement public.
Si en 1989 le succès ne fut pas au rendez-vous lors de sa sortie internationale (chez nous il cumule 639 139 entrées et se classe 45è au Box-Office), Roadhouse a gagné au fil des ans une réputation de série B culte (on va éviter d'emprunter le terme "nanar" pour ne pas froisser les fans puristes), de par ses multiples rediffusions à la TV et de son exploitation en Vhs, Dvd et Blu-ray. On ne va pas se leurrer, Roadhouse fait clairement office de plaisir "innocent" (non je ne suis pas coupable !) au sein du moule d'une action décérébrée en roue libre, faute à une intrigue aussi limpide que prévisible (un videur réputé pour son autorité est recruté chez un autre taulier afin de faire régner l'ordre dans sa boite à triste renommée) et de situations parfois hilarantes à force de surenchère musclée et de cabotinage chez les comédiens prenant très au sérieux leur posture martiale. Pour autant, par je ne sais quelle alchimie (spirituelle peut-être), Roadhouse fonctionne de la 1ère à la dernière seconde si bien qu'il s'avère constamment jouissif à travers sa conjugaison d'action, de romance et de chouilla d'érotisme ! De par son rythme homérique fertile en bastonnades (de saloon) et gunfights; Rowdy Herrington ne lésine pas non plus sur la surenchère, notamment si je me réfère à son final barbare d'une violence étonnamment gratuite.
Et ce pour le plus grand fantasme du spectateur ravi, tel un bambin jovial, d'assister à l'opiniâtre vendetta d'un portier travesti en tueur sans vergogne ! (même s'il s'agit d'une seconde posture de par son sombre passé rongé d'une certaine culpabilité). Au-delà du plaisir d'assister au spectacle de bastons rondement exécutées à rythme cadencé, Roadhouse renforce son ressort ludique auprès de la présence d'une des stars de l'époque, Patrick Swayze révélé plus tôt par le classique "rose bonbon" Dirty Dancing. Ce dernier parvenant à se glisser dans le corps (huilé) de Dalton, héros impassible à la fois flegme et studieux, tout en force tranquille, notamment par son esprit philosophe hérité de l'art martial. En doctoresse fringante, Kelly Lynch lui partage la vedette avec charme et sensibilité afin d'incarner sa muse éprise de sentiments mais peu à peu gagnée par l'appréhension d'un dénouement dramatique. En faire-valoir plein de charme viril, le charismatique (et beaucoup trop rare !) Sam Elliot endosse le fidèle acolyte de Dalton avec un sens de l'amitié indéfectible et une démarche de cow-boy infaillible (bordel quel putain d'acteur ultra charismatique !). Quand bien même Ben Gazzara cabotine sensiblement avec amiteuse dérision dans celui du mafieux mégalo se complaisant dans les provocations verbales et menaces meurtrières avec une mine jouasse. Tous ces personnages hauts en couleur parvenant efficacement à se prêter au jeu des règlements de compte et intimidations machistes, à savoir qui emportera la mise afin de régenter une paisible bourgade rurale.
Western moderne fort en gueule à travers son esprit Rock and roll / Country où la bière coule à flot entre moult bastonnades que s'échange un casting aguerri, Roadhouse fait office de must bourrin sous l'influence stoïque d'un Patrick Swayze étonnamment charmeur, décontracté mais aussi schizo en redresseur de tort réac. A redécouvrir fissa si bien que le divertissement constamment trippant (notamment à travers ses séquences hilarantes et ses bons sentiments tantôt solidaires, tantôt romantiques) n'a pas pris une ride (bien au contraire il est même encore plus drôle aujourd'hui auprès de sa cocasserie rétro).
* Bruno
jeudi 5 avril 2018
GOTHIC
de Ken Russel. 1986. Angleterre. 1h27. Avec Gabriel Byrne, Julian Sands, Natasha Richardson, Timothy Spall, Myriam Cyr.
Sortie salles France: 4 Février 1987
FILMOGRAPHIE: Ken Russell est un réalisateur, scénariste, acteur, producteur, monteur et directeur de la photographie britannique né le 3 juillet 1927 à Southampton. 1967 : Un cerveau d'un milliard de dollars, 1969 : Love , 1970 : The Music Lovers, 1971 : Les Diables, 1971 : The Boy Friend, 1972 : Savage Messiah, 1974 : Mahler, 1975 : Tommy, 1975 : Lisztomania, 1977 : Valentino, 1980 : Au-delà du réel, 1984 : Les Jours et les nuits de China Blue,1986 : Gothic, 1988 : Salome's Last Dance , 1988 : Le Repaire du ver blanc ,1989 : The Rainbow ,1991 : La Putain, 2002 : The Fall of the Louse of Usher, 2006 : Trapped Ashes segment "The Girl with Golden Breasts".
Un trip halluciné à l'hystérie collective nonsensique, tantôt fascinant (formellement poétique et alambiqué), souvent irritable.
A revoir pour me faire une opinion objective.
* Bruno
mercredi 4 avril 2018
LOVE STORY. Golden Globe Meilleur Film Dramatique, 1971.
de Arthur Hiller. 1970. U.S.A. 1h39. Avec Ali MacGraw, Ryan O'Neal, John Marley, Ray Milland, Tommy Lee Jones.
Sortie salles France: 5 Mai 1971. U.S: 16 Décembre 1970
FILMOGRAPHIE: Arthur Hiller, né le 22 novembre 1923 à Edmonton (Alberta) et mort le 17 août 2016 à Los Angeles (Californie), est un réalisateur canadien.1956 : Massacre at Sand-Creek. 1963 : The Wheeler Dealers. 1964 : Les Jeux de l'amour et de la guerre. 1965 : Promise Her Anything. 1966 : Tobrouk, commando pour l'enfer. 1966 : Les Plaisirs de Pénélope. 1967 : The Tiger Makes Out
1970 : Escapade Ă New York. 1970 : Love Story. 1971 : Plaza Suite. 1971 : L'HĂ´pital. 1972 : L'Homme de la Manche. 1975 : The Man in the Glass Booth. 1976 : Transamerica Express. 1979 : Ne tirez pas sur le dentiste. 1979 : Morsures. 1982 : Making Love. 1982 : Avec les compliments de l'auteur ! 1983 : Romantic Comedy. 1984 : Ras les profs ! 1984 : Manhattan Solo. 1987 : Une chance pas croyable. 1989 : Pas nous, pas nous. 1990 : Filofax. 1992 : The Babe. 1997 : An Alan Smithee Film.
« L'amour, c'est n'avoir jamais Ă dire qu'on est dĂ©solĂ© »
Enorme succès international à sa sortie (chez nous il récolte 5 512 408 entrées et se classe 5è sur 60 !) ayant traumatisé une génération de spectateurs (et de lecteurs d'après le Best-seller du scénariste Erich Segal), Love Story aborde le mélo avec une intensité dramatique aussi cruelle que bouleversante, eu égard de la tournure tragique (pour ne pas dire cauchemardesque) des évènements que se confronte un couple de jeunes mariés. Réalisé par l'artisan touche à tout Arthur Hiller (sa riche filmo ne cesse d'entrecroiser les genres les plus divers), ce dernier élude admirablement voyeurisme et complaisance face à un sujet aussi grave que délicat, et ce grâce à la solidité de sa réalisation particulièrement sobre et réaliste, et du jeu incandescent du couple mythique Ali MacGraw / Ryan O'Neal portant le film à bout de bras avec une puissance émotionnelle aussi prude que déchirante (si je me réfère aux moments intimistes les plus rigoureux). C'est dire si l'alchimie sentimentale entre eux fonctionne avec un art consommé de par leurs échanges amoureux jamais outrés (lui est d'ailleurs de nature intègre, révolté et passionnément amoureux; elle est arrogante, espiègle, provocatrice et obtuse dans sa peur de céder à la pureté de ses sentiments !) puis leur désarroi progressif suite à l'injustice de la maladie.
Cauchemardesque et éprouvante, sa dernière partie vertigineuse nous glace autant d'effroi que de désarroi face à l'introspection de l'époux affligé par une destinée morbide aléatoire. Arthur Hiller filmant ses errances urbaines parmi la suggestion du non-dit, de par la vigueur de son regard modestement meurtri car hanté par la déveine, le remord et la culpabilité. Notamment auprès des rapports houleux avec son patriarche trop orgueilleux et autoritaire qu'il se refuse à chérir ouvertement en dépit de l'influence clémente de Jennifer. Car opposant en sous-intrigue les relations paternelles que s'échangent le couple entre une famille patriarcale cossue (le père si hautain d'Oliver) et une famille prolo catholique (le père beaucoup plus empathique et indulgent de Jennifer), Arthur Hiller suggère en sous-texte social l'émancipation d'une jeunesse rebelle s'opposant aux nobles traditions et à la religion à l'orée des années 70 (Oliver et Jennifer refusent de se marier à l'église faute de leur athéisme). De par la puissance de certaines séquences émotives admirablement dépouillées de racolage (notamment cette magnifique étreinte dans l'hôpital alors que l'un des paternels se met brièvement en retrait pour préserver leur intimité), Love Story inspire la dignité face au thème de la maladie incurable frappant de plein fouet un couple fusionnel en ascension financière.
Fer de lance qui allait inspirer une flopée de mélodrames souvent sirupeux et noyés de bons sentiments, Love Story reste quelques décennies après sa sortie un classique du genre d'une fragilité émotive radicale, entre spleen et dépression d'un amour nécrosé. Le spectateur s'identifiant auprès de l'infortune du couple juvénile avec une appréhension à la fois morale et viscérale, faute d'une peur morbide pouvant frapper sans sommation l'être le plus cher car le plus aimé. Francis Lai se chargeant aussi d'accompagner son délicat climat langoureux sous l'impulsion d'une mélodie au clavecin restée dans toutes les mémoires (Oscar de la Meilleure musique un an plus tard).
* Bruno
Récompenses:
Oscar de la meilleure musique originale pour Francis Lai en 1971
Golden Globes 1971 :
Meilleur film dramatique
Meilleur actrice dans film dramatique pour Ali MacGraw
Meilleur réalisateur pour Arthur Hiller
Meilleur scénario pour Erich Segal
Meilleure musique originale pour Francis Lai
Info subsidiaire relayée d'après le site Remember the times:
En 1972, "Love Story" était le film le plus regardé à la télévision de tous les temps.
EPOUSE MOI MON POTE
de Tarek Boudali. 2017. France. 1h31. Avec Tarek Boudali, Philippe Lacheau, Charlotte Gabris, Andy Raconte, David Marsais, Julien Arruti, Baya Belal, Philippe Duquesne.
Sortie salles France: 25 Octobre 2017
FILMOGRAPHIE: Tarek Boudali est un acteur, scénariste et réalisateur français, né le 5 novembre 1979. 2017: Epouse moi mon pote.
Chronik'express
La joyeuse bande à Fifi, ou les Charlots du nouveau siècle !
Baby Sitting 1 et 2, Alibi.com, Epouse moi mon pote !
Rien ne les arrêtent si bien qu'au fil de leur carrière payante, Tarek Boudali / Philippe Lacheau sont entrain de se tailler une jolie réputation de trublions comparables (à mes yeux) à l'équipe du Splendid et à celle des Charlots. Toujours aussi inspirés par l'énergie folingue de gags à la fois cartoonesques (le fameux esprit ZAZ), cocasses et déjantés, Epouse moi mon pote transpire à chaque seconde la générosité de ces interprètes assortie d'une sincérité faisant clairement écho aux comédies des années 80 (ceux-ci ont carrément compris la recette de la comédie populaire festive, bigarrée, sans prétention, emplie de chaleur humaine !).
Résolument décomplexés dans leur bonne humeur expansive d'endosser des "zozos" d'un naturel confondant, ils crèvent l'écran à chacune de leurs extravagantes apparitions !
Et donc ça a beau voler bas, flirter avec la nullité, les maladresses (il s'agit d'une première réalisation) et les lourdeurs (notamment dans son lot de clichés usuels), Epouse moi mon pote insuffle pour autant rire et sourire de gosse de la 1ère à la dernière seconde, et ce entre 2 plages de tendresse émotives !
Bref, Tarek Boudali, acteur et réal novice, accompagné de sa jouasse équipe, cultivent charme innocent et fraîcheur (infiniment) sémillante sous couvert de farce sociale sur la naturalisation d'un couple gay. Et d'y cumuler au final 2 467 154 entrées dans nos contrées !
* Bruno
mardi 3 avril 2018
L'ILE DE LA TERREUR
"Island of Terror" de Terence Fisher. 1966. 1h29. Angleterre. Peter Cushing, Edward Judd, Carole Gray, Eddie Byrne, Sam Kydd, Niall MacGinnis.
Sortie salles France: 14 Juin 1972. Angleterre: 20 Juin 1966.
FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Terence Fisher est un réalisateur britannique né le 23 février 1904 à Londres (Maida Vale), et décédé le 18 juin 1980 dans la même ville. 1957 : Frankenstein s'est échappé, 1958 : Le Cauchemar de Dracula , 1958 : La Revanche de Frankenstein , 1959 : Le Chien des Baskerville , 1959 : L'Homme qui trompait la mort , 1959 : La Malédiction des pharaons, 1960 : Le Serment de Robin des Bois , 1960 : Les Étrangleurs de Bombay, 1960 : Les Maîtresses de Dracula, 1960 : Les Deux Visages de Docteur Jekyll , 1961 : La Nuit du loup-garou, 1962 : Le Fantôme de l'Opéra , 1962 : Sherlock Holmes et le collier de la mort, 1963 : The Horror of It All, 1964 : La Gorgone , 1965 : The Earth Dies Screaming, 1966 : L'Île de la terreur , 1966 : Dracula, prince des ténèbres , 1967 : La Nuit de la grande chaleur , 1967 : Frankenstein créa la femme, 1968 : Les Vierges de Satan, 1969: Le Retour de Frankenstein, 1974 : Frankenstein et le monstre de l'enfer.
Après avoir expérimenté des cellules vivantes afin d'enrayer la maladie du cancer, des créatures prénommées "les silicates" y sont engendrées et finissent par envahir une région côtière de l'Angleterre en dévorant les citadins. Ces derniers étant retrouvés dans un état liquéfié. Le docteur Brian Stanley et deux de ses compères vont tenter de les détruire depuis leur prolifération rendue ingérable.
Rappelant le thème des invasions extra-terrestres d'après les classiques ricains des années 50, l'île de la Terreur est une savoureuse série B horrifique aussi modeste soit sa réalisation estampillée Terence Fisher. Car si les créatures peuvent paraître plutôt ringardes lors de leurs déplacements atones, leur morphologie à la fois visqueuse et indicible ainsi que leur capacité sournoise à alpaguer leurs victimes parviennent à fasciner lors des scènes-chocs les plus marquantes que Fisher met en exergue sans fard. Et si son schéma narratif que l'on connait par coeur n'apporte aucune surprise (jusqu'à l'épilogue sardonique repris dans moult productions), la conviction des interprètes (Peter Cushing en tête en docteur studieux, accompagné de seconds-rôles aussi dépouillés) et l'enjeu de survie que s'improvisent solidairement nos protagonistes parviennent à instaurer un suspense captivant souvent inquiétant. Qui plus est, pour renforcer l'aspect vénéneux de ces créatures carnivores (nanties d'antenne meurtrière sur leur carapace !), une bande-son dissonante est exacerbée à chacune de leurs apparitions. On apprécie enfin l'invention des stratégies offensives (et de communication afin de canaliser l'affolement de la populace) que mettent en pratique nos héros fébriles dans leur quête ardue de trouver une solution furtive contre la menace. Fisher empruntant habilement le principe du huis-clos étouffant (tant à travers sa campagne rurale qu'en interne d'une église), théâtres d'agressions criminelles rehaussées d'un réalisme quasi documenté.
Une très sympathique série B british conjuguant efficacement suspense, tension et horreur viscérale (notamment à travers l'expression hébétée de certaines victimes liquéfiées !) autour des dangers de l'avancement médical. Fisher abordant aussi la question éthique de sacrifier la cause animale au profit de la recherche et de notre survie.
* Bruno
vendredi 30 mars 2018
Le Vampire a soif / "The Blood Beast Terror"
de Vernon Sewell. 1968. Angleterre. 1h17. Avec Peter Cushing, Robert Flemyng, Wanda Ventham, Vanessa Howard, Glyn Edwards, David Griffin.
Sortie salles France: 31 Mars 1971. Angleterre: Janvier 1968
FILMOGRAPHIE: Vernon Sewell est un réalisateur britannique né le 4 juillet 1903 à Londres et
décédé le 21 juin 2001. 1933 : Morgenrot. 1934 : The Medium. 1937 : A Test for Love. 1938 : Breakers Ahead. 1939 : What Men Live by. 1943 : P.H. contre Gestapo. 1945 : The World Owes Me a Living. 1946 : Latin Quarter. 1947 : Le Fantôme de Berkeley Square. 1948 : Uneasy Terms. 1949 : The Jack of Diamonds. 1951 : The Dark Light. 1951 : The Black Widow. 1952 : The Floating Dutchman. 1952 : Ghost Ship. 1953 : Counterspy. 1954 : Dangerous Voyage. 1954 : Radio Cab Murder. 1955 : Where There's a Will. 1956 : Johnny You're Wanted. 1956: Soho quartier dangereux. 1956: Home and Away. 1957: Rogue's Yarn. 1958: Battle of the V-1. 1959: Wrong Number. 1960 : Urge to Kill. 1961: House of Mystery. 1961: The Wind of Change. 1961: The Man in the Back Seat. 1962: Strongroom. 1963: A Matter of Choice. 1963: Strictly for the Birds. 1967: Some May Live. 1968 : Le vampire a soif. 1968 : La Maison ensorcelée. 1972 : Burke and Hare.
SĂ©rie B d’Ă©pouvante exhumĂ©e de l’oubli Ă l’occasion de sa sortie Blu-ray/DVD chez ESC, Le Vampire a soif aborde avec une efficacitĂ© certaine la thĂ©matique du vampirisme, non sans une originalitĂ© saugrenue.
Sans trop dĂ©tailler l’intrigue afin de prĂ©server ses effets de surprise et ses rebondissements, un inspecteur de police - modestement campĂ© par le gentleman Peter Cushing, en fin limier redresseur de torts - enquĂŞte sur une sĂ©rie de meurtres au cĹ“ur d’une petite bourgade londonienne du XIXe siècle. Les victimes y sont retrouvĂ©es sauvagement assassinĂ©es par un mystĂ©rieux criminel, jusqu’Ă ce que ses soupçons finissent par se porter sur un entomologiste, en Ă©troite relation avec sa fille.
Oscillant entre enquĂŞte policière Ă suspense et Ă©pouvante sĂ©culaire, le film dĂ©ploie des effets spĂ©ciaux tantĂ´t ringards - la première apparition de la crĂ©ature prĂŞte Ă sourire par son aspect presque risible - tantĂ´t fascinants, notamment lors des saisissantes visions de la chrysalide en hibernation. Le Vampire a soif parvient ainsi Ă entretenir la curiositĂ© grâce Ă l’implication virile d’interprètes globalement convaincants -en particulier le charismatique Robert Flemyng, en apprenti sorcier sournois - et Ă la folie douce d’une narration rĂ©solument dĂ©lirante.
Baignant dans une atmosphère gothique capiteuse, lovĂ©e au cĹ“ur d’une campagne faussement rassurante devenue théâtre d’Ă©vĂ©nements macabres, le film amuse autant qu’il fascine (comme le confirme Nicolas Stanzick en Bonus d'ESC), aussi modeste soit l’entreprise de Vernon Sewell. Certes, il n’Ă©chappe pas Ă quelques couacs - notamment l’attitude contradictoire du professeur, mettant abruptement un terme Ă ses travaux alchimiques, un revirement trop expĂ©ditif pour pleinement convaincre - ni Ă une rĂ©plique involontairement cocasse (Cushing s’adressant, mĂ©dusĂ©, Ă une victime moribonde : "Eh bien mon garçon, qu’y a-t-il ? ").
Mais correctement menĂ©, Sewell se permet mĂŞme d’injecter quelques clins d’Ĺ“il Ă la mythologie vampirique avec une dĂ©rision implicite : la figure de la jeune vierge hypnotisĂ©e puis enlevĂ©e afin d’assouvir la soif de la crĂ©ature en est un exemple savoureux.
Un très sympathique divertissement gothique, à réévaluer à sa juste valeur, et à faire trôner aux côtés de son binôme encore plus abouti, décalé et déjanté : La Chair du diable.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
16.03.26. 2èx. Vostfr
Box-Office Français: 153 479 entrées
jeudi 29 mars 2018
LA CHAIR DU DIABLE
"The Creeping Flesh" de Freddie Francis. 1973. Angleterre. 1h32. Avec Peter Cushing, Christopher Lee, Lorna Heilbron, George Benson, Kenneth J. Warren.
Sortie salles France: 10 Mars 1976 U.S: 12 Février 1973
FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Freddie Francis est un réalisateur, directeur de photographie et scénariste britannique, né le 22 Décembre 1917 à Londres, décédé le 17 Mars 2007 à Isleworth (Royaume-Uni). 1962: La Révolte des triffides. 1963: Paranoiac. 1964: Meurtre par procuration. 1964: l'Empreinte de Frankenstein. 1965: Le Train des Epouvantes. 1965: Hysteria. 1965: The Skull. 1966: The Deadly Bees. 1966: Poupées de cendre. 1967: Le Jardin des Tortures. 1968: Dracula et les Femmes. 1970: Trog. 1972: Histoires d'Outre-Tombe. 1973: La Chair du Diable. 1973: Les Contes aux limites de la folie. 1974: Son of Dracula. 1975: La Légende du Loup-Garou. 1975: The Ghoul. 1985: Le Docteur et les Assassins. 1987: Dark Tower.
Série B aux doux airs de Hammer Film, de par son climat gothique prédominant et de la réunion des gentlemans de l'horreur Peter Cushing / Christopher Lee en savants conjointement utopistes, La Chair du Diable vaut son pesant de cacahuètes de par son cheminement narratif littéralement cintré ! Quand bien même l'un des thèmes majeurs de l'intrigue s'oriente davantage sur la folie mentale. Grâce à sa stupéfiante découverte du squelette d'un éventuel ancêtre de Cro-Magnon, le professeur Hildern accomplit ses recherches sur l'origine du Mal. Après avoir incidemment renversé de l'eau sur la phalange squelettique du sujet, ce dernier retrouve par miracle sa chair humaine. Après diverses expériences à conjuguer du sang humain avec celui de la créature, Hildern pense avoir trouvé un vaccin qui pourrait sauver notre race du Mal. De son côté, son frère, directeur d'un centre psychiatrique, compte s'approprier de son insensée découverte archéologique en tenant lieu de chantage.
Voilà en gros le pitch brièvement condensé car La Chair du Diable bénéficie notamment d'une sous-intrigue aussi inquiétante par le truchement d'un personnage féminin bicéphale, la fille du savant Hildern. Si bien qu'après une première partie aussi fascinante que captivante à traiter du thème du Mal avec originalité; Freddie Francis met de côté la découverte improbable d'Hildern afin de télescoper passé et présent d'une sombre affaire familiale. Tant auprès des rapports amoureux du professeur avec son épouse volage que de sa fille en proie aux pulsions psychotiques. Le réalisateur s'attardant ensuite à détailler les errances nocturnes de cette dernière fréquentant les pubs malfamés (ambiance victorienne très "Jack l'éventreur !) au moment de se livrer au même jeu lubrique et démentiel de sa mère. Sur ce point, je tiens à féliciter le jeu très spontané, pour ne pas dire habité par l'étrange et charnel Lorna Heilbron dans un jeu psychotique subtilement vénéneux, notamment grâce à l'intensité de son regard étrangement vicié. Quant aux princes de l'horreur British venus aimablement se prêter au show d'épouvante, Cushing et Lee se disputent la soif du pouvoir avec autant de méfiance et médisance que de fourberie.
The Thing
B movie débridé aussi vrillé que décomplexé, de par la folie de son scénario constamment extravagant démystifiant l'origine du Mal, La Chair du Diable joue la carte du ciné Bis avec un grain de folie contagieuse. Eu égard de son final équivoque régi en forme de clin d'oeil à savoir si tout ce que nous venons d'assister ne provenait pas des divagations scientifiques d'un cerveau dérangé ! Inopinément badin, Freddie Francis nous ayant relaté avec élégance gothique, effet de surprise et goût de provocation (notamment cette tentative de viol d'une aura particulièrement primale !) une réjouissante blague macabre !
* Bruno
3èx
Box-Office France: 67 472 entrées
mercredi 28 mars 2018
CONDORMAN
de Charles Jarrott. 1981. U.S.A. 1h31. Avec Michael Crawford, Oliver Reed, Barbara Carrera, James Hampton, Jean-Pierre Kalfon, Dana Elcar.
Sortie salles France: 28 Octobre 1981. U.S: 7 Août 1981
FILMOGRAPHIE: Charles Jarrott, né le 16 juin 1927 à Londres et mort le 4 mars 2011 à Woodland Hills des suites d'un cancer de la prostate, est un réalisateur et scénariste britannique. 1969 : Anne des mille jours. 1971 : Marie Stuart, reine d'Écosse. 1973 : Les Horizons perdus. 1974 : The Dove. 1976 : Escape from the Dark. 1977 : De l'autre côté de minuit. 1980 : The Last Flight of Noah's Ark. 1981 : Condorman. 1981 : L'Homme de Prague. 1986 : The Boy in Blue. 1997 : The Secret Life of Algernon. 2001 : Turn of Faith.
Woody, dessinateur féru de super-héros est enrôlé par son ami Harry travaillant pour la CIA. Sa mission: livrer des documents à Istanbul au moment même de rencontrer une espionne du KGB; la belle Natalia. A eux deux, ils forment rapidement un tandem amoureux avant que le supérieur de Natalia ne se résout à éliminer Condorman (son pseudo en tant qu'agent secret) ainsi que son acolyte Harry.
Echec public à sa sortie (même si chez nous il comptabilise 1 048 130 entrées, un exploit au vu du résultat dégingandé !), Condorman est une sympathique tentative ratée de chez Disney à se prêter à l'espionnage et au film de super-héros parmi l'inexpérience du réalisateur jamais à la hauteur de ses ambitions. La faute incombant notamment à un script aussi bien poussif que déstructuré cédant peu de place à l'action homérique. Les spectateurs infantiles inévitablement ravis d'accueillir le nouveau Disney sur grand écran ont d'ailleurs dû faire grise mine durant la projo si bien que le super-héros tant promis en haut de l'affiche (rutilante par ailleurs !) ne possède aucun pouvoir surnaturel ni de don particulier, si ce n'est de survoler 2 fois le ciel à l'aide d'une panoplie aux articulations mécaniques rubigineuses. On se distrait toutefois d'une course-poursuite bonnard en voitures lors de son 1er acte et d'une autre plus explosive en hors-bord en guise de conclusion, quand bien même l'homme-condor s'affuble d'une arme laser afin d'éliminer ses adversaires. Une séquence débridée gentiment fun et forcément influencée par le phénomène "Star wars" au grand dam de la maladresse du montage et du peu d'inventivité des affrontements sur mer.
Divertissement mineur peu intense et haletant en dépit de la bonne volonté des comédiens à s'efforcer de rendre attachants leurs personnages parodiques, Condorman tente donc de confondre film de super-héros et la saga James Bond avec une naïveté désarmante. Et si le charme lascif de Barbara Carrera opère souvent, la prestation loufoque de Michael Crawford en super-héros du pauvre s'avère à la lisière du ridicule en dépit de 2/3 rires et sourires qu'il nous provoque lors de son héroïsme de fortune comparables aux gags familiaux du duo Bud Spencer / Terence Hill. Quant bien même son partenaire Oliver Reed fait office d'acte de présence en méchant du KGB assez inexpressif (ou alors redondant de par sa mine souvent renfrognée, pour ne pas dire guindée). J'en oublierai presque de citer la présence secondaire de James Hampton en aimable faire-valoir venu prêter main forte à Condorman avec une bonhomie toute innocente. Mais paradoxalement, avec le recul, de l'indulgence et une pointe de nostalgie, le spectacle si démanché se laisse pourtant suivre sans déplaisir de par son charme aujourd'hui rétro, l'expression enjouée du casting, et provoque même un sourire amusé à observer (avec curiosité) les aventures exotiques d'un (super) agent secret (notamment dans l'art du camouflage !) à défaut de super-héros inhabituellement ordinaire !
* Bruno
mardi 27 mars 2018
QUAND FAUT Y ALLER, FAUT Y ALLER
"Nati con la camicia" de E.B. Clucher. 1983. 1h48. Avec Terence Hill, Bud Spencer, Buffy Dee, David Huddleston, Riccardo Pizzuti, Faith Minton.
Sortie salles France: 14 Décembre 1983.
FILMOGRAPHIE: Enzo Barboni (E.B. Clucher) est un directeur de la photographie et réalisateur italien né le 10 juillet 1922 à Rome et mort le 23 mars 2002. 1970 : Ciak Mull. 1970 : On l'appelle Trinita. 1971 : On continue à l'appeler Trinita. 1972 : Et maintenant, on l'appelle El Magnifico. 1973 : Les Anges mangent aussi des fayots. 1974 : Même les anges tirent à droite. 1976 : Deux super flics. 1982 : Ciao nemico. 1983 : Quand faut y aller, faut y aller. 1984 : Attention les dégâts. 1987 : Renegade. 1991 : Ange ou Démon. 1995 : Trinità & Bambino... e adesso tocca a noi.
"Un pincement au coeur particulier auprès de cette comédie des années 80 que j'ai pu découvrir en salles un Dimanche après-midi. Et la bonne nouvelle ce soir émane de mon sourire de gosse constant au 3è visionnage !"
Comédie familiale taillée sur mesure pour le duo Hill / Spencer (si bien qu'il engrange 1 702 062 entrées rien qu'en France !), Quand faut y aller, faut y aller ne déroge pas à la règle de la déconnade la plus folingue et décomplexée sous l'impulsion de nos Laurel et Hardy rarement avares de calembours, ventriloquisme et baffes dans la gueule en bonne et due forme. En l'occurrence, ces derniers (l'un auto-stoppeur, l'autre ex taulard) sont recrutés par la CIA à la suite d'un concours de quiproquos fructueux. Leur mission: infiltrer l'organisation K1 dirigé par l'utopiste "Tigre". Déguisés en texans millionnaires, nos lurons vont devoir redoubler de ruses et d'héroïsme afin d'échapper aux sbires du Tigre désireux de devenir le maître du monde.
Hommage parodique aux films d'espionnages, en particulier à la célèbre saga "James Bond" (la même année sortait d'ailleurs sur les écrans Octopussy !), Quand faut y aller, faut y aller transpire la bonne humeur et la fanfaronnade (tant auprès des méchants que des gentils héros usurpant l'identité de faux agents) sous l'autorité infaillible de Bud Spencer et Terence Hill à la complémentarité amicale sémillante. Ceux-ci pleinement investis dans une action rocambolesque insufflant une bonhomie fringante à chacune de leur apparition décontractée. Truffé de gags tantôt hilarants, tantôt cocasses (mêmes les plus lourdingues prêtent à rire !), de cascades, poursuites et pugilats autour d'une intrigue improbable aussi simpliste qu'extravagante, Quand faut y aller faut y aller affiche un second degré irrésistible autour du paysage exotique de Miami (à l'instar d'une visite touristique !). Autant dire que les fans irréductibles du duo comique vont une fois de plus se régaler à suivre leurs pérégrinations au sein d'une aventure à la fois amiteuse et débridée comme on n'ose plus en produire aujourd'hui. Comme quoi même les comédies les plus simplistes, bricolées, modestes et innocentes parviennent à traverser le temps et les modes, notamment grâce au spécialiste du genre Enzo Barboni (alias E.B. Clucher) qui initia le duo légendaire à la popularité durant plus de deux décennies (70/80).
* Bruno
lundi 26 mars 2018
LA GUERRE DES BOUTONS. Prix Jean Vigo
d'Yves Robert. 1962. France. 1h33. avec Jacques Dufilho, Yvette Etievant, Michel Galabru, Michèle Méritz, Jean Richard, Pierre Tchernia. André Treton, Michel Isella, Martin Lartigue, François Lartigue, Marie-Catherine Michonska-Faburel.
Sortie salles France: 13 avril 1962 ou 18 avril 1962
FILMOGRAPHIE: Yves Robert est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur français né le 19 juin 1920 à Saumur, décédé le 10 mai 2002 à Paris. 1954 : Les Hommes ne pensent qu'à ça (acteur, producteur). 1958 : Ni vu... Ni connu... 1959 : Signé Arsène Lupin. 1960 : La Famille Fenouillard. 1961 : La Guerre des boutons. 1963 : Bébert et l'Omnibus. 1964 : Les Copains. 1965 : Monnaie de singe. 1967 : Alexandre le bienheureux. 1969 : Clérambard. 1972 : Le Grand Blond avec une chaussure noire. 1973 : Salut l'artiste. 1974 : Le Retour du grand blond. 1976 : Un éléphant ça trompe énormément. 1977 : Nous irons tous au paradis. 1979 : Courage, fuyons. 1984 : Le Jumeau. 1990: La Gloire de mon père. 1990 : Le Château de ma mère. 1991 : Le Bal des casse-pieds. 1993 : Montparnasse-Pondichéry.
"et dire que quand on sera grand on s'ra aussi bĂŞte qu'eux !"
Hymne à la liberté, à l'amitié et au batifolage du point de vue d'une enfance insouciante, la Guerre des Boutons est une formidable comédie populaire menée tambour battant par une troupe de comédiens en roue libre dans leur tempérament aussi bien sémillant que belliqueux. Si le divertissement intelligent militant pour la communication scolaire et parentale (les rapports houleux entre Lebrac et son professeur ainsi qu'avec son père castrateur) perdure toujours son innocente fraîcheur aujourd'hui, il le doit beaucoup à sa tendre cocasserie et à la fringance des enfants surprenants de naturel en p'tits rebelles en culotte courte en voie d'affirmation.
* Bruno
vendredi 23 mars 2018
Les Yeux de la forĂŞt
"The Watcher in the Woods" de John Hough. 1982. U.S.A/Angleterre. 1h24. Avec Lynn-Holly Johnson, Kyle Richards, Bette Davis, Benedict Taylor, Carroll Baker, David McCallum.
Sortie salles France: 15 Septembre 1982. U.S: 17 Avril 1980
FILMOGRAPHIE: John Hough est un réalisateur anglais, né le 21 Novembre 1941 à Londres.
1969: Wolfshead : The Legend of Robin Hood. 1970: Eyewitness. 1971: Les Sévices de Dracula. 1972: l'île au Trésor. 1973: La Maison des Damnés. 1974: Larry le dingue, Mary la garce. 1975: La Montagne Ensorcelée. 1978: Les Visiteurs d'un Autre Monde. 1978: La Cible Etoilée. 1980: Les Yeux de la Forêt. 1981: Incubus. 1982: Le Triomphe d'un Homme nommé Cheval. 1986: Biggles. 1988: Hurlements 4. 1988: American Gothic. 1989: Le Cavalier Masqué (télé-film). 1990: A Ghost in Monte Carlo (Télé-film). 1992: Duel of Hearts (télé-film). 1998: Something to Believe In. 2002: Bad Karma.
Produit par Disney, qui s’essayait enfin au fantastique pour rameuter un public adulte - paradoxe rĂ©vĂ©lateur de leur virage tardif - Les Yeux de la ForĂŞt fut un cinglant Ă©chec commercial, Ă l’instar du tout aussi boudĂ© La Foire des TĂ©nèbres sorti trois ans plus tard. RĂ©alisĂ© par John Hough, habile artisan de sĂ©rie B passionnĂ© du genre, Ă qui l’on doit Les SĂ©vices de Dracula, Larry le dingue, Mary la garce, Incubus et surtout l’envoĂ»tante Maison des DamnĂ©s (sa plus belle rĂ©ussite Ă mes yeux), Les Yeux de la ForĂŞt demeure pourtant une redoutable machine Ă suspense, portĂ©e par un scĂ©nario captivant mĂŞlant occultisme, clairvoyance et hantise.
Hough parvient, dans son art du storytelling, Ă conjuguer mystère, inquiĂ©tude et angoisse sous-jacente autour des agissements d’une jeune investigatrice avide de vĂ©ritĂ©, suite Ă la disparition inexpliquĂ©e d’une adolescente. Ă€ peine installĂ©e dans une demeure gothique avec ses parents, Jane Curtis reçoit d’Ă©tranges messages venus de l’au-delĂ , l’exhortant Ă venir en aide Ă une certaine Karen. Il s’agirait de la fille de la propriĂ©taire des lieux, disparue trente ans plus tĂ´t lors d’un rite occulte avec trois amis. Jane et sa sĹ“ur cadette Ellie entreront, chacune Ă leur manière, en contact avec la disparue afin de percer le mystère de cette absence figĂ©e dans le temps.
SĂ©rie B habilement contĂ©e dans un Ă©crin gothique oppressant - forĂŞt hostile, chapelle en ruine, demeure continuellement malmenĂ©e par une force occulte - Les Yeux de la ForĂŞt exploite avec efficacitĂ© le thème de la hantise Ă travers un pitch dense en suspense et interrogations. L’implication de Lynn-Holly Johnson, très convaincante en enquĂŞtrice redresseuse de torts, emporte l’adhĂ©sion malgrĂ© un timbre de voix trop aiguĂ« qui peut dĂ©router au dĂ©part. MenĂ© sans temps mort, baignĂ© d’un charme rĂ©tro qui nous enveloppe comme un voile de soie tiède et mĂ©lancolique, le film tĂ©moigne du savoir-faire d’un auteur aussi inspirĂ©, malgrĂ© un point d’orgue perfectible, mais durablement trouble, intense et attachant.
Ci-joint la chronique de la Foire des Ténèbres: http://brunomatei.blogspot.fr/2013/11/la-foire-des-tenebres-something-wicked.html
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤









































