vendredi 20 novembre 2020

Alone

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de John Hyams. 2020. U.S.A. 1h38. Avec Jules Willcox, Marc Menchaca, Anthony Heald.

Sortie salles U.S: 18 Septembre 2020

FILMOGRAPHIE: John Hyams est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain. 1997: One dog Day. 2009: Universal Soldier: RĂ©gĂ©nĂ©ration. 2012: Dragon Eyes. 2012: Universal Soldier: RĂ©gĂ©nĂ©ration. 2018: All Square. 2002: Alone. Prochainement: Maniac Cop. 

           "L'espoir de la survie passait par cet homme sans Ă©lĂ©gance que le jour baignait de sang."

Traque impitoyable entre un tueur et sa proie, Alone est une sĂ©rie B du samedi soir tout Ă  fait frĂ©quentable. Dans la mesure oĂą si John Hyams n'invente rien Ă  travers son schĂ©ma narratif Ă©culĂ©, il parvient Ă  s'extirper du produit standard de par l'efficacitĂ© de sa rĂ©alisation Ă  la fois nerveuse, intense et soignĂ©e (notamment auprès de l'habile exploitation de ses dĂ©cors sauvages nous remĂ©morant inconsciemment Rambo, DĂ©livrance et TraquĂ© de Friedkin pour l'ultime mano a mano primitif), le rĂ©alisme de ses situations censĂ©es (en dĂ©pit de 2/3 facilitĂ©s un chouilla grossières, telle la victime appelant les secours du coffre - sans plage arrière - du vĂ©hicule du tueur au volant) et du casting quasiment composĂ© de 2 acteurs si on Ă©lude un second-rĂ´le furtif (un peu stĂ©rĂ©otypĂ© dans son interrogation dubitative sur air connu). 

Le tueur adoptant une carrure de pervers roublard Ă  travers sa force tranquille et de suretĂ© Ă  courser sa proie, la victime insufflant une apprĂ©hension dĂ©pouillĂ©e Ă  travers son initiation au courage quasiment dĂ©nuĂ©e de temps morts. Le spectateur s'identifiant Ă  cette jeune veuve sans fard avec une attention permanente quant au rĂ©alisme du contexte horrifique imposĂ© de jour comme de nuit. On apprĂ©cie Ă©galement la manière retorse dont cette dernière fait preuve pour s'extirper de sa géôle tout en multipliant les stratĂ©gies de survie Ă  travers sa course Ă  travers bois Ă©maillĂ©e d'une rencontre alĂ©atoire et de pĂ©ripĂ©ties pernicieuses. La rĂ©ussite prioritaire de Alone Ă©manant donc de cette confrontation ardue entre eux si bien que la victime finit par dĂ©tourner les codes dans sa capacitĂ© pugnace Ă  se rebeller contre son tortionnaire. Preuve en est avec ce final tendu comme un arc Ă  travers sa sauvagerie primitive correctement chorĂ©graphiĂ©e. 


A dĂ©couvrir. 
*Bruno

mercredi 18 novembre 2020

The Backwoods

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Bosque de sombras" de Koldo Serra. 2006. France/Espagne/Angleterre. 1h36. Avec Gary Oldman, Paddy Considine, Aitana Sánchez-Gijón, Virginie Ledoyen, Lluís Homar.

Sortie salles France: 18 Mai 2006 (1ère à Cannes). Espagne: 16 Février 2007

FILMOGRAPHIEKoldo Serra est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste espagnol, nĂ© le 15 avril 1975 Ă  Bilbao, en Espagne. Amor de madre (1999). El Tren de la bruja (2003). The Backwoods (2006). Gominolas (2007) SĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e (1 Ă©pisode). El Comisario (2008) SĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e (1 Ă©pisode). Es bello vivir (2008) TV. Muchachada nui (2009) SĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e (1 Ă©pisode). Gernika (2016). Banco (70 binladens) (2018). 


Honteusement écarté de nos salles en dépit de ses prometteuses têtes d'affiche (Gary Oldman, Virginie Ledoyen, Paddy Considine s'avèrent d'autant plus irréprochables à travers leur jeu dépouillé), The Backwoods fut exploité chez nous uniquement en dvd chez One plus One puis commercialisé avec le magazine Mad Movies qui en fit l'éloge dans leur rubrique Dvd mensuelle. Ouvertement influencé par les Chiens de Paille et Délivrance sans toutefois vulgairement les singer, The Backwoods demeure une remarquable surprise de par sa facture naturaliste renvoyant aux plus belles réussites du genre natives des Seventies. Tant et si bien que ce survival à la fois oppressant, cruel et lestement tendu captive et triture nos nerfs avec une diabolique habileté. Tant auprès de sa trajectoire narrative toujours imprévisible au gré de situations sensées, de sa réalisation étonnamment taillée que de la caractérisation scrupuleuse des personnages éludant admirablement le stéréotype. Et ce tout en prenant son temps à y planter son univers forestier et ses personnages en perte de repères, notamment auprès de l'évolution morale d'un des amants en frustration à la fois personnelle, sexuelle et conjugale.

L'intrigue relatant la dĂ©rive criminelle de 2 couples de vacanciers anglais contraints d'unir leur force et leur courage pour se dĂ©fendre contre des rednecks consanguins après avoir sauvĂ© de sa geĂ´le une sauvageonne infantile rĂ©duite Ă  l'esclavage. On peut d'ailleurs saluer la force d'expression terrorisĂ©e de cette fillette mutique jouant la victime erratique avec un rĂ©alisme subtilement poignant. Ainsi, Ă  travers ses rebondissements sanglants jamais gratuits puisque dĂ©nonçant avec tact les consĂ©quences immorales de la vendetta (quand bien mĂŞme les Ă©pouses contrariĂ©es s'efforcent d'apaiser les tensions), The Backwoods est sublimĂ© par ses personnages victimisĂ©s contraints de cĂ©der Ă  la violence afin de pouvoir rester en vie. Un thème Ă©culĂ© ici renouvelĂ© avec force, tact et brio si bien que l'on ne sait jamais quel sort adviendra Ă  tel ou tel personnage empiĂ©tĂ© dans des règlements de compte davantage incontrĂ´lables. Quand bien mĂŞme on se passionne pour la dĂ©liquescence morale d'un des protagonistes partagĂ© entre sa lâchetĂ©, sa peur de trĂ©passer et sa rĂ©signation personnelle de prouver sa capacitĂ© Ă  nuire Ă  autrui en abusant d'une violence expĂ©ditive irrĂ©versible (notamment pour y tenter de sauver son couple). Le rĂ©alisateur espagnol Koldo Serra puisant notamment dans l'hommage rĂ©fĂ©rentiel Ă  ces notoires ancĂŞtres  (DĂ©livrance / Les Chiens de Paille) avec une dignitĂ© dĂ©nuĂ©e de prĂ©tention.


Remarquable survival ibĂ©rique Ă  la photo scope aussi soignĂ©e que rĂ©aliste, The Backwoods demeure une perle du genre impeccablement huilĂ©e, notamment Ă  travers la vigueur de sentiments de dĂ©sespoir davantage poignants quant aux consĂ©quences dramatiques de leur dĂ©marche hĂ©roĂŻque. Du vrai cinĂ©ma Ă  l'ancienne qui donne du baume au coeur, sans effets de manche. 

*Bruno
2èx

lundi 16 novembre 2020

La Mort vous va si bien

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"Death Becomes Her" de Robert Zemeckis. 1992. 1h44. Avec Meryl Streep, Bruce Willis, Goldie Hawn, Isabella Rossellini, Ian Ogilvy, Adam Storke, Michelle Johnson. 

Sortie salles France: 23 Décembre 1992

FILMOGRAPHIE: Robert Zemeckis est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 14 Mai 1951 Ă  Chicago (Illinois). 1978: Crazy Day. 1980: La grosse Magouille. 1984: A la Poursuite du diamant vert.1985: Retour vers le Futur. 1988: Qui veut la peau de Roger Rabbit. 1989: Retour vers le Futur 2. 1990: Retour vers le Futur 3. 1992: La Mort vous va si bien. 1994: Forrest Gump. 1997: Contact. 2000: Apparences. 2000: Seul au monde. 2004: Le PĂ´le Express. 2007: La LĂ©gende de Beowulf. 2009: Le DrĂ´le de NoĂ«l de Mr Scrooge. 2013: Flight. 2015: The Walk. 2016 : AlliĂ©s. 2018 : Bienvenue Ă  Marwen. 2020 : SacrĂ©es Sorcières. 


Mal accueilli Ă  sa sortie, tant Outre-atlantique que chez nous, La Mort vous va si bien ne mĂ©ritait pas tant de discrĂ©dit. Car si l'intrigue un peu trop simpliste nous donne plutĂ´t un sentiment final d'inachevĂ© (d'autant plus que son rythme est fringant) et que les surprises s'y font assez rares, cette comĂ©die endiablĂ©e est littĂ©ralement sauvĂ©e par son cast 3 Ă©toiles s'en donnant Ă  coeur joie dans les règlements de compte conjugaux. Tant auprès de Bruce Willis Ă©tonnamment Ă  l'aise dans celui du chirurgien influent ballotĂ© par 2 mĂ©gères aussi rancunières qu'envieuses, de Meryl Streep en actrice sclĂ©rosĂ©e avide de gloire et de jeunesse Ă©ternelle et de Goldie Hawn en nĂ©mĂ©sis forcenĂ©e sombrant dans une vendetta criminelle pour rĂ©cupĂ©rer sa dignitĂ©. De par leur tempĂ©rament Ă  la fois hystĂ©rique et survoltĂ© on se rĂ©gale de leurs affrontements Ă  rĂ©pĂ©tition pour un enjeu de sur-ego que Bruce Willis tente de contenir avec une maladresse frĂ©quemment impayable. A eux 3 ils monopolisent sans cesse l'Ă©cran avec une spontanĂ©itĂ© frĂ©tillante. 

Quand bien mĂŞme Ă  mon sens, Willis n'aura jamais Ă©tĂ© aussi drĂ´le que dans cette comĂ©die fantastique efficacement dirigĂ©e avec un sens de dĂ©rision ostensiblement macabre. On peut Ă©galement saluer la prestance d'Isabella Rosselini en dĂ©esse (Ă  demi-nu) propriĂ©taire d'un mystĂ©rieux Ă©lixir offrant la jeunesse Ă©ternelle Ă  ceux et celles incapables d'y tolĂ©rer leur fatale destinĂ©e. C'est donc une satire corrosive sur le paraĂ®tre que nous illustre Robert Zemeckis Ă  renfort de cocasserie en roue libre et de gags survoltĂ©s eu Ă©gard de l'originalitĂ© des effets numĂ©riques utilisĂ©s pour susciter rire et effets de surprise. Des effets un peu cheaps certes, mais qui fonctionnent encore assez bien de par leur rĂ©alisme gentiment convaincant. Et bien que leur effet escomptĂ© s'avère parfois maladroitement exploitĂ©, on pardonne vite ses effets de facilitĂ© tant on s'amuse constamment Ă  observer les crĂ©pages de chignon de ces 3 adversaires rĂ©unis pour un jeu de massacre en pagaille. 

Parfois franchement drĂ´le (Goldie Hawn rembobinant la mĂŞme sĂ©quence pour contempler son ennemie jurĂ©e se faire Ă©trangler dans une scène de film !) et constamment ludique en dĂ©pit d'une baisse de rĂ©gime vers son final un chouilla bâclĂ©, La Mort vous va si bien demeure un excellent divertissement se raillant d'une middle class d'Hollywwod adepte de chirurgie esthĂ©tique. 

*Bruno
2èx

Récompenses
Cérémonie des Oscars 1993 : Meilleurs effets visuels
British Academy Film Awards 1993 : Meilleurs effets visuels
Saturn Awards 1993 :
Meilleurs effets spéciaux
Meilleure actrice dans un second rĂ´le pour Isabella Rossellini

vendredi 13 novembre 2020

Le Retour de l'Abominable Dr Phibes. Prix du meilleur réalisateur, Festival international du film de Catalogne en 1974.

                                                

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site vostfr.club

"Dr. Phibes Rises Again" de Robert Fuest. 1972. Angleterre/U.S.A. 1h29. Avec Vincent Price, Robert Quarry, Peter Jeffrey, Fiona Lewis, Hugh Griffith, John Cater.

Sortie salles France: 29 Mai 1974. U.S: Juillet 1972.

FILMOGRAPHIERobert Fuest est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste anglais, nĂ© le 30 Septembre 1927 Ă  Londres, dĂ©cĂ©dĂ© le 21 Mars 2012. 1967: Just like a Woman. 1970: And soon the Darkness. 1970: Les Hauts de Hurlevent. 1971: L'Abominable Dr Phibes. 1972: Le Retour du Dr Phibes. 1973: Les DĂ©cimales du Futur. 1975: La Pluie du Diable. 1977: Three Dangerous Ladies. 1980: Revenge of the Stepford Wives (tĂ©lĂ©-film). 1981: The Big Stuffed Dog (tĂ©lĂ©-film). 1982: Aphrodite.


Une sĂ©quelle fort sympathique toujours illuminĂ©e de la prĂ©sence persiffleuse de Price. 

Le pitch10 ans se sont Ă©coulĂ©s depuis les sinistres exploits du Dr Phibes de s'ĂŞtre vengĂ© des responsables de la mort de son Ă©pouse. Cette fois, il est dĂ©terminĂ© Ă  la ramener Ă  la vie Ă©ternelle grâce Ă  la rivière de la vie situĂ©e dans le dĂ©sert Egyptien. Et ce selon un prĂ©cepte spirituel Ă©colo. Mais Darius Biederbeck, rufian opportuniste Ă©paulĂ© de ses sbires, est Ă©galement de la partie Ă  daigner accĂ©der Ă  l'immortalitĂ©. 

Quelle judicieuse idĂ©e d'avoir dĂ©localisĂ© l'action en Egypte (bien que les extĂ©rieurs naturels soient natifs d'Espagne) afin d'y exploiter un cadre autrement exotique oĂą plane la menace de serpents, scorpions et pièges incongrus afin de nuire aux rivaux de Phibes aussi dĂ©lĂ©tère Ă  y parfaire les pires inventions morbides. Sur ce point, il est impossible d'y ĂŞtre déçu mĂŞme si certaines mises Ă  mort ne dĂ©pendent pas toujours du cheminement narratif imparti Ă  une course au trĂ©sor. Toujours rĂ©alisĂ© par Robert Fuest auquel on sent bien son attachement pour le mythe et tout le folklore spirituel et baroque engendrĂ©, le Retour de l'abominable Dr Phibes ne déçoit pas en dĂ©pit de sa futile impression de dĂ©jĂ  vu. 


Futile car Fuest possède suffisamment de bonne volontĂ©, d'idĂ©es retorses et de savoir-faire (notamment pour l'exploitation de dĂ©cors naturels ou ornementaux et de quelques dĂ©tails amusants - Ă  l'instar du ventilateur gĂ©ant -), pour ranimer l'Ă©tincelle du 1er opus Ă  travers un rythme furtif fertile en persos extravagants, rĂ©parties cocasses et scènes chocs cinglantes. Et si l'intrigue et les meurtres qui se succèdent en mode mĂ©tronome demeurent un peu moins efficaces qu'au prĂ©alable, on prend tout de mĂŞme rĂ©el plaisir Ă  poursuivre les aventures de Phibes confrontĂ© en l'occurrence Ă  un ennemi aussi avide que lui pour s'approprier papyrus et sarcophage. Au-delĂ  des plaisantes retrouvailles de certains seconds-rĂ´les (le duo de flics) et de figurants (les pantins mĂ©lomanes et leur orchestre, la supplĂ©ante mutique de Phibes); quel bonheur expansif de retrouver Vincent Price dans celui du monstre grandiloquent de par sa stature singulière (notamment sa façon de s'exprimer avec un appareil auditif) Ă  perdurer ses exploits criminels dans une posture sardonique. On peut Ă©galement souligner les prĂ©sences trop Ă©phĂ©mères du monstre sacrĂ© Peter Cushing en capitaine de navire (comptez quelques secondes Ă  l'Ă©cran) et de l'icone Caroline Munro dans le rĂ´le de Victoria, Ă©pouse de Phibes.


On prend les mĂŞmes et on recommence dans un cadre solaire Ă©crasant afin d'y affilier le genre aventureux au sein d'une course au sarcophage semĂ©e d'embuches, chausse-trappes, dĂ©couvertes macabres et surprises saugrenues. Visuellement fun de par sa scĂ©nographie Ă  la fois baroque et touristique et sa mĂ©lodie Ă©vanescente, le Retour de l'abominable Dr Phibes est une fois de plus illuminĂ© du magnĂ©tisme spectral de Vincent Price toujours aussi avisĂ© Ă  imposer ses ambitions spirituelles sous couvert de tortures d'une cruautĂ© raffinĂ©e. Jigsaw n'a qu'Ă  bien s'tenir !


*Bruno 
13.11.20. 3èx
13/03/17. 528 v

jeudi 12 novembre 2020

I start counting !

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Listal.com

de David Greene. 1969. Angleterre. 1h45. Avec Jenny Agutter, Bryan Marshall, Clare Sutcliffe

Sortie salles Angleterre: 1er Janvier 1969

FILMOGRAPHIE PARTIELLE: L. David Syms-Greene (nĂ© Lucius David Syms Brian Lederman ; 22 fĂ©vrier 1921 - 7 avril 2003) Ă©tait un rĂ©alisateur de tĂ©lĂ©vision et de cinĂ©ma britannique. 1997 Meurtrière par amour (TV Movie). 1997 Les charmes de la vengeance (TV Movie). 1997 Le justicier braque la mafia (TV Movie). 1996 Princess in Love (TV Movie). 1994 Une famille Ă  l'Ă©preuve (TV Movie). 1994 Le prix de la tyrannie (TV Movie). 1992 ExtrĂŞme jalousie (TV Movie). 1992 Honor Thy Mother (TV Movie). 1991 Au coeur du rapt (TV Movie). 1991 Le missionnaire du mal (TV Movie). 1991 Qu'est-il arrivĂ© aux soeurs Hudson? (TV Movie). 1990 In the Best Interest of the Child (TV Movie). 1989 On a tuĂ© mes enfants (TV Mini-Series). 1989 Chute libre (TV Movie). 1989 Frères de sang (TV Movie). 1988 Liberace: Behind the Music (TV Movie). 1988 Tu rĂ©colteras la tempĂŞte (TV Movie). 1987 Rendez-moi mes enfants (TV Movie). 1987 Betty Ford, femme de prĂ©sident (TV Movie). 1986 Un long chemin (TV Movie). 1986 Circle of Violence: A Family Drama (TV Movie). 1986 Ma femme a disparu (TV Movie). 1986Triplecross (TV Movie). 1985 Murder Among Friends (TV Movie). 1985 Cet enfant est le mien (TV Movie). 1985 Cas de conscience (TV Movie). 1984 Sweet Revenge (TV Movie). 1984 Le dernier rempart (TV Movie). 1983 Prototype humain (TV Movie). 1983 Ghost Dancing (TV Movie).  1982 Tentez votre chance (TV Movie). 1982RĂ©pĂ©tition pour un meurtre (TV Movie). 1982 La troisième guerre mondiale (TĂ©lĂ©-film). 1981 Hard Country. 1981 The Choice (TV Movie). 1979 A Vacation in Hell (TV Movie). 1979 Mort au combat. 1978: Sauvez le Neptune. 1970: The People Next Door. 1969: I Star Counting. 


Le sexe mène à la violence ou à la mélancolie.
Entre drame psychologique et thriller (bien que le drame l'emporte), I Start counting est une intĂ©ressante raretĂ© issue d'Angleterre si bien qu'il aurait une rĂ©putation culte chez eux. Ainsi donc, en abordant les thèmes de la pubertĂ© et de l'Ă©mancipation sexuelle au terme des annĂ©es 60, David Greene (prioritairement spĂ©cialiste de sĂ©ries et de tĂ©lĂ©-films d'une riche filmo) distille un malaise sous-jacent lorsqu'une ado Ă©prouve une attirance incestueuse pour son frère au moment oĂą un tueur en sĂ©rie s'en prend Ă  de jeunes filles impures. PortĂ© Ă  bout de bras par le talent naturel de la jeune Jenny Agutter (l'inoubliable infirmière sexy du Loup-Garou de Londres !), I start counting demeure parfois intense et Ă©trange au fil de ces errances urbaines et champĂŞtre (la fameuse maison abandonnĂ©e auquel elle s'y confine de façon ambivalente). Quand bien mĂŞme cette dernière laisse libre court Ă  ces fantasmes au contact de son frère aĂ®nĂ©, et ce en dĂ©pit de sa suspicion contradictoire qu'il en soit prĂ©sumĂ© coupable. 

Qui plus est plutĂ´t soignĂ© Ă  travers sa rĂ©alisation inspirĂ©e jalonnĂ©e de moments de poĂ©sie en accord avec sa douce nature que les filles en jupe courte arpentent en toute insouciance, I Start Counting ne manque pas non plus de susciter un suspense oppressant quant au dĂ©nouement redoutĂ© du tueur sexuellement refoulĂ©. On peut d'ailleurs par instants songer au classique transalpin Mais qu'avez-vous fait Ă  Solange ? Ă  travers sa peinture rĂ©aliste, richement dĂ©taillĂ©e et pleine de vie d'une jeunesse friponne aussi fureteuse qu'aguichĂ©e par une sexualitĂ© permissive. A dĂ©couvrir donc, mĂŞme si on aurait prĂ©fĂ©rĂ© un rythme plus captivant si bien que l'aspect thriller s'Ă©clipse souvent au profit du drame intimiste (l'introspection morale de Wynne en remise en question identitaire) que Jenny Agutter endosse avec une fraĂ®cheur innocente teintĂ©e de fragilitĂ©. 

Remerciement Ă  Warning Zone.

*Bruno

mercredi 11 novembre 2020

Bacurau

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles. 2019. BrĂ©sil/France. 2h12. Avec Barbara Colen, SĂ´nia Braga, Udo Kier, Thomas Aquino, Silvero Pereira 

Sortie salles France: 25 Septembre 2019

FILMOGRAPHIEKleber Mendonça Filho est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et ingĂ©nieur du son brĂ©silien, nĂ© le 3 novembre 1968 Ă  Recife. 2012 : Les Bruits de Recife. 2016 : Aquarius. 2019 : Bacurau (corĂ©alisĂ© avec Juliano Dornelles).  Juliano Dornelles est un rĂ©alisateur et producteur brĂ©silien. 2019: Bacurau. 2016: O AteliĂŞ da Rua do Brum. 


"La guerre, c'est comme la chasse, sauf qu'Ă  la guerre les lapins tirent."
Ovni franc-tireur produit entre la France et le BrĂ©sil, Bacurau ne peut laisser indiffĂ©rent le spectateur fureteur d'expĂ©rience atypique si bien que le divertissement bigarrĂ© proposĂ© ici surfe avec le film d'auteur Ă  travers un contexte politique aussi arbitraire que dictatorial. L'intrigue se focalisant sur les us et coutumes d'un peuple brĂ©silien au sein de leur microcosme rural dĂ©nuĂ© de hiĂ©rarchie policière et politique. Car vivant en autarcie en dĂ©pit des sollicitations d'un Ă©lu perfide en lice pour la prĂ©sidentielle, les villageois solidaires vont finalement avoir affaire Ă  une menace nonsensique fondĂ©e sur une chasse Ă  l'homme somme toute triviale. Version tropicale des Chasses du Comte Zaroff donc, tout du moins lors de sa seconde partie autrement gorasse et sauvage (tĂŞte explosĂ©e et corps dĂ©membrĂ©s Ă  coups de machette Ă  l'appui !), Bacuro cultive les ruptures de ton au risque de dĂ©router une partie du public impliquĂ© dans un bad trip capiteux oĂą les laissĂ©s pour compte nous suscitent une empathie non programmĂ©e. Car si la 1ère partie documentĂ©e parvint avec succès Ă  nous familiariser auprès de ses contestataires tentant de survivre avec un sens innĂ© de la dĂ©brouillardise, le second acte dĂ©ploie la carte du divertissement pugnace lorsque ces derniers se rĂ©approprieront les armes de leurs ancĂŞtres belliqueux pour se dĂ©fendre contre l'oppresseur assoiffĂ© de sang. 

Nos prĂ©dateurs Ă©missaires ayant comme unique motivation de massacrer la populace Ă  balle rĂ©elle, et ce en essayant d'Ă©pargner femmes et enfants. Inutile de prĂ©ciser que les dommages collatĂ©raux Ă©piceront leur cheminement criminel appuyĂ© d'un sadisme (orgasmique) parfois dĂ©rangeant (le couple en coĂŻt dans les champs afin de fĂŞter leur victoire sanglante). Dès lors, le carnage peut commencer, avec en intermittence, des situations insolites impromptues que l'on ne voit pas arriver. Les rĂ©alisateurs adoptant une Ă©tonnante maĂ®trise Ă  travers un esprit de dĂ©rision sardonique, et ce mĂŞme si l'ultra rĂ©alisme du contexte drama ne prĂŞte pas Ă  la rigolage en dĂ©pit d'un grand-guignol graphique sporadique. Parfaitement mis en scène sous l'impulsion d'un suspense lestement oppressant; notamment en y oscillant les partitions musicales au synthĂ©, Bacurau s'engage vers un cheminement tortueux de règlements de compte Ă©piques en y conjuguant les composants du western, du thriller, de l'horreur, de la guerre et d'un soupçon de science-fiction avec ce drone discoĂŻde surplombant le village afin d'espionner la populace retranchĂ©e dans des planques sous-terraines. Tout un programme vitriolĂ© donc frĂ©quemment dĂ©tonnant et fulgurant en faisant la nique aux codes usuels. 


IlluminĂ© de la prĂ©sence du monstre sclĂ©rosĂ© Udo Kier en leader militariste Ă  demi-demeurĂ© (mĂŞme s'il faut patienter 1 heure pour le diaboliser) et d'une poignĂ©e de seconds-rĂ´les mĂ©connus rĂ©solument expressifs Ă  travers leur humanisme Ă  la fois meurtri et frondeur, Bacuro laisse une drĂ´le d'impression d'expĂ©rience incongrue sous couvert d'une rĂ©flexion politico-sociale (inĂ©vitablement fascisante) dĂ©nuĂ©e de scrupule quant au sort des minoritĂ©s ethniques livrĂ©es Ă  l'isolement et Ă  l'abandon, jusqu'Ă  Ă©puration. 
Pour public averti

*Bruno  

mardi 10 novembre 2020

Je suis un monstre / I, monster

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Stephen Weeks. 1971. Angleterre. 1h20 (extented version). Avec Christopher Lee, Peter Cushing, 

Sortie salles France: 11 Décembre 1974

FILMOGRAPHIE: Stephen Weeks est un rĂ©alisateur anglais nĂ© en 1948. 1984: The Bengal Lancers!  1984: L'Ă©pĂ©e du vaillant. 1976: Scars (TV Movie documentary). 1974: Histoire de fantĂ´mes. 1973: Gawain et le chevalier vert. 1971: Je suis un Monstre. 

Je suis un monstre – L’Ă©lĂ©gance du mal

Complètement oubliĂ© aujourd’hui par la communautĂ© fantasticophile alors qu'il est toutefois produit par la Amicus, Je suis un monstre mĂ©rite pourtant d’ĂŞtre redĂ©couvert. J’en garde un souvenir limpide : celui d’un dimanche soir sur TV6, dans la douce torpeur d’un dĂ©but de soirĂ©e oĂą le gothique s’invitait Ă  la tĂ©lĂ©vision. Ce soir encore, Ă  mon quatrième visionnage, l’immersion demeure indicible. J’y ai Ă©prouvĂ© le mĂŞme plaisir qu’Ă  ma toute première fois - sans la trace de nostalgie, mais avec la certitude d’un film habitĂ©.

Car cet Ă©nième remake de Dr Jekyll and Mr Hyde a beau rĂ©pĂ©ter le mĂŞme procĂ©dĂ© narratif, sa première partie s’en Ă©carte par une sĂ©rie d’essais cliniques sur des cobayes humains. Et malgrĂ© cette fidĂ©litĂ© au mythe, il n’en reste pas moins un formidable cauchemar gothique, admirablement troussĂ© par un Stephen Weeks pleinement impliquĂ© par ce qu'il filme. On le sent autant dans le soin accordĂ© aux dĂ©cors victoriens - baignĂ©s de lueurs violettes ou rouges qui rappellent la Hammer par leur somptueuse architecture domestique et urbaine - que dans cette atmosphère d’Ă©trangetĂ© crĂ©pusculaire, oĂą la brume s’invite comme un personnage Ă  part entière.

Christopher Lee, impĂ©rial, s’y dĂ©lecte du rĂ´le du monstre sans la moindre emphase. Weeks Ă©vite les effets spĂ©ciaux grandiloquents et prĂ©fère la sobriĂ©tĂ© d’un maquillage expressif, laissant transparaĂ®tre la terreur dans le rictus et le regard viciĂ© de Lee - un regard littĂ©ralement habitĂ©. Jamais il ne verse dans le cabotinage : tout au contraire, il impose une intensitĂ© calme, presque funèbre, d’une noblesse rare.

Ă€ ses cĂ´tĂ©s, l’immense Peter Cushing, plus en retrait, incarne avec retenue un avocat redresseur de torts, de plus en plus suspicieux face aux agissements de son acolyte apprenti sorcier. Si l’intrigue, prĂ©visible, ne rĂ©serve guère de surprises, on s’Ă©tonne pourtant de s’y plonger avec passion. Weeks dĂ©ploie un univers de corruption macabre oĂą le Bien et le Mal se livrent une bataille intime, ravivĂ©e par les expĂ©rimentations immorales d’un savant cherchant Ă  dĂ©sinhiber les pulsions humaines les plus enfouies Ă  travers une drogue inĂ©vitablement addictive.

Une sĂ©quence de meurtre, d’une brutalitĂ© saisissante, retient particulièrement l’attention : l’agression d’une prostituĂ©e Ă  coups de canne. Cruelle, mais jamais complaisante, la scène frappe par la rigueur de son montage et sa violence sèche.

Immersif, vibrant, portĂ© par la prĂ©sence saisissante de Christopher Lee, monstre tragique et tangible, Je suis un monstre mĂ©rite amplement d’ĂŞtre rĂ©habilitĂ©. On y retrouve un gothisme sĂ©culaire, une dramaturgie sociale tendue et sinistre, et la beautĂ© malade d’un cinĂ©ma hantĂ© par la dualitĂ© de l’âme humaine.

Remerciement Ă  Lupanars Visions.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
31/10/25. 4èx. Vost

lundi 9 novembre 2020

Don Camillo en Russie

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ecranlarge.com

"Il compagno Don Camillo" de Luigi Comencini. 1965. /Italie/Allemagne de l'Ouest. 1h50. Avec Fernandel, Gino Cervi, Leda Gloria, Gianni Garko, Saro Urzì, Graziella Granata

Sortie salles France: 17 Septembre 1965

FILMOGRAPHIE: Luigi Comencini est un rĂ©alisateur italien, nĂ© le 8 juin 1916 Ă  Salò, province de Brescia en Lombardie (Italie), mort le 6 avril 2007 Ă  Rome. 1948 : De nouveaux hommes sont nĂ©s. 1949 : L'Empereur de Capri. 1951 : Les Volets clos. 1952 : La Traite des blanches. 1952 : Heidi. 1953 : La valigia dei sogni. 1953 : Pain, Amour et Fantaisie. 1954 : Pain, Amour et Jalousie. 1955 : La Belle de Rome. 1956 : Tu es mon fils. 1957 : Mariti in cittĂ . 1958 : Mogli pericolose. 1959 : Und das am Montagmorgen. 1959 : Le sorprese dell'amore. 1960 : La Grande Pagaille. 1961 : Ă€ cheval sur le tigre. 1962 : Le Commissaire. 1963 : La Ragazza. 1964 : Tre notti d'amore. 1964 : La mia signora. 1965 : Les PoupĂ©es (Le bambole), segment Il trattato di eugenetica. 1965 : Le Partage de Catherine. 1965 : Don Camillo en Russie. 1967 : L'Incompris. 1968 : Les Russes ne boiront pas de Coca Cola ! 1969 : Casanova, un adolescent Ă  Venise. 1969 : Senza sapere niente di lei. 1972 : L'Argent de la vieille. 1974 : Un vrai crime d'amour. 1974 : Mon Dieu, comment suis-je tombĂ©e si bas ? 1975 : Les Aventures de Pinocchio. 1975 : La Femme du dimanche. 1976 : Mesdames et messieurs bonsoir. 1976 : Basta che non si sappia in giro!…1976 : La FiancĂ©e de l'Ă©vĂŞque. 1977 : Qui a tuĂ© le chat ? 1979 : Le Grand Embouteillage. 1980 : Eugenio. 1982 : L'Imposteur. 1984 : Cuore. 1987 : La storia. 1987 : Un enfant de Calabre. 1988 : La Bohème, adaptation de l'opĂ©ra de Puccini. 1989 : Joyeux NoĂ«l, bonne annnĂ©e. 1991 : Marcellino.

Le pitch: Peppone propose de jumeler Brescello avec une ville russe situĂ©e sur le Don, mais la proposition ne plaĂ®t pas Ă  Don Camillo qui y voit une volontĂ© de propagande Ă©lectorale dangereuse pour ses idĂ©es. Don Camillo rĂ©ussit Ă  trouver une solution Ă  ce problème en obligeant (par chantage) Peppone Ă  l'emmener avec lui dĂ©guisĂ© en camarade communiste Camillo. Pendant le voyage, entre les concours de vodka et les difficultĂ©s de communication, Peppone dĂ©couvrira que la Russie soviĂ©tique n'est pas tout Ă  fait le monde parfait qu'il avait imaginĂ©. Quant Ă  Don Camillo, il verra que « l'empire rouge » n'est pas si infernal qu'il le croyait et que l'on peut y trouver des gens courageux et bons.

2 424 200 entrĂ©es pour cet ultime volet (2 fois moins que son prĂ©cĂ©dent opus), Don Camillo en Russie demeure le moins rĂ©ussi de la sĂ©rie sous la houlette de Luigi Comencini s'efforçant de rivaliser avec ces prĂ©dĂ©cesseurs Carmine Gallone / Julien Duvivier avec une certaine bonne volontĂ©. Et bien que l'on ne retrouve guère les ingrĂ©dients usuels (l'action provinciale est dĂ©localisĂ©e en urbanisation russe, les discordes entre Don Camillo et Peponne ne sont plus ce qu'elles Ă©taient si bien que les acteurs semblent moins inspirĂ©s), Don Camillo en Russie demeure un sympathique divertissement aussi plaisant qu'exaltant. 

*Bruno

Ci-joint les chroniques des prĂ©cĂ©dents volets: 

vendredi 6 novembre 2020

Le Spectre du Chat

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"The Shadow of the Cat" de John Gilling. 1961. Angleterre. 1h19. Avec AndrĂ© Morell, Barbara Shelley, William Lucas, Freda Jackson, Conrad Phillips. 

Sortie salles France: 27 Septembre 1961

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: John Gilling est un réalisateur et scénariste anglais, né le 29 Mai 2012 à Londres, décédé le 22 Novembre 1984 à Madrid (Espagne). 1957: Pilotes de haut-vol. 1958: Signes particuliers: néant. 1959: L'Impasse aux Violences. 1961: Les Pirates de la Nuit. 1962: L'Attaque de San Cristobal. 1966: L'Invasion des Morts-Vivants. 1966: La Femme Reptile. 1967: Dans les Griffes de la Momie. 1975: La Cruz del diablo.

On ne prĂ©sente plus la Hammer. Studio culte, ayant fait Ă©merger d’immenses rĂ©alisateurs (Terence Fisher, notamment), initiateur du cinĂ©ma fantastique d’après-guerre, ce mastodonte fondĂ© (avec une ambition toute relative) par William Hinds et Enrique Carreras ne finira jamais d’ĂŞtre redĂ©couvert. Son esthĂ©tique nĂ©o-gothique traverse toutes les Ă©poques et permettent, in fine, de mieux comprendre comment les univers de Roger Corman, de Mario Bava, de Jesus Franco, de George A. Romero ou de Tobe Hooper ont pu s’imposer sur les Ă©crans.

En 1961, un double-programme est proposĂ© aux salles obscures : La Nuit du loup-garou (The Curse of the Werewolf) et Le Spectre du chat (The Shadow of the Cat). Si le premier est toujours aussi populaire (un Terence Fisher pur jus, sans Peter Cushing et Christopher Lee, mais avec Oliver Reed et Yvonne Romain), le second est plutĂ´t tombĂ© dans l’oubli. S’il n’est pas formellement estampillĂ© Hammer (la faute Ă  une bisbille avec Universal Pictures), il reste un de ses bĂ©bĂ©s. John Gilling, qui s’est fait un nom Ă  la fin des annĂ©es 1950 avec des films aussi divers que The Gamma People (1956), Interpol (1957), The Man Inside (1958) ou L’Impasse aux violences (1960), revient dans la maison-mère (il s’en Ă©tait sĂ©parĂ© pour raisons artistiques) pour ce projet. ScĂ©nario Ă©tonnant, censĂ© faire d’un chat un monstre, et qui s’inspire totalement d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe (The Black Cat, sorti dans la presse en 1843). Plusieurs fois adaptĂ©e - Edgar G. Ulmer (The Black Cat, 1934), Roger Corman (Tales of Terror, 1962), Lucio Fulci (Il gatto nero, 1981) ou Dario Argento (Due occhi diabolici, 1990) -, c’est un classique de l’Ă©pouvante... pourtant Ă©tranger Ă  la Hammer ! Il faut dire que l’esthĂ©tique d’Edgar Allan Poe, prĂ©-psychanalytique, fantasmatique, est particulière. Et quand on confie le scĂ©nario, Ă  John Gilling, le chat, par exemple, ne doit jamais ĂŞtre montrĂ© Ă  l’Ă©cran : c’est une ombre, une prĂ©sence, un spectre. D’oĂą le titre. Le rĂ©alisateur ne s’en satisfera pas... et imposera qu’on voit la "bĂŞte" Ă  l’Ă©cran.

Pour rendre cette figure angoissante, il fera preuve d’une rĂ©elle originalitĂ© : la camĂ©ra filme assez souvent au ras du sol, une lentille dĂ©formante permettra Ă  la camĂ©ra de proposer le point de vue subjectif du fĂ©lin. La musique, sautillante, suggĂ©rera les dĂ©placements furtifs de l’animal. Mais tout cela reste très artificiel et peu convaincant. Heureusement, John Gilling a su s’entourer d’un casting extraordinaire : AndrĂ© Morell, inoubliable Dr. Watson dans Le Chien des Baskerville (Terence Fisher, 1959), Freda Jackson, spĂ©cialiste des rĂ´les de servante hystĂ©rique ou de veuve vengeresse, mais qu’on a connue plus inspirĂ©e, Richard Warner, second couteau de talent, et Barbara Shelley. Parlons de cette dernière : c’est un de ses premiers rĂ´les pour la Hammer, mais elle est dĂ©jĂ  connue dans le milieu du fantastique britannique. RĂ©vĂ©lĂ©e via son interprĂ©tation fĂ©line dans Cat Girl (Alfred Shaughnessy, 1957 : un remake du classique de Jacques Tourneur), elle est la vedette de deux films Ă  succès : Le Sang du vampire (Henry Cass, 1958) et Le Village des damnĂ©s (Wolf Rilla, 1960). C’est donc en terrain conquis qu’elle arrive sur les plateaux des studios Bray, partenaires de la Hammer. Sa performance lui vaudra de mĂ©morables premiers rĂ´les : La Gorgone (Terence Fisher, 1964), c’est elle ! Helen Kent, l’Ă©rotique vampire du Dracula, prince des tĂ©nèbres (Terence Fisher, 1966) c’est elle ! Ses rĂ´les dans Raspoutine, le moine fou (Don Sharp, 1966) et dans Les Monstres de l’espace (Roy Ward Baker, 1967) sont mĂ©morables. Une carrière fulgurante, intelligente, qui sauve Le Spectre du chat, lui donnant cette touche d’ambivalence et de sensualitĂ© qui aurait pu manquer.

Car il faut bien l’avouer : les raisons de classer Le Spectre du chat dans la catĂ©gorie des bons films d’Ă©pouvante sont assez minces. DĂ©cevant, le film de John Gilling l’est Ă  maints Ă©gards : ni vĂ©ritable enquĂŞte policière, ni vĂ©ritable spectacle horrifique, il oscille en permanence entre conflit moral et conte cruel. Techniquement, et dramatiquement, le travail est bien fait : plans serrĂ©s ou figuratifs, photographie impeccable, interprĂ©tation solide... C’est plutĂ´t au niveau des intentions et du message que l’ensemble peine Ă  se positionner : superficiellement gothique, mĂ©diocrement psychologique, hĂ©sitant sans cesse entre le fantasmatique et le rĂ©alisme, Le Spectre du chat ne nous convainc jamais tout Ă  fait. Lorsqu’on compare avec ce que John Gilling a sorti dans la foulĂ©e - Ă  savoir L’Invasion des morts-vivants (The Plague of the Zombies, 1966), La Femme reptile (The Reptile, 1966) et Dans les griffes de la Momie  (The Mummy’s Shroud, 1967) -, on ne peut qu’ĂŞtre déçus. Reste la satisfaction d’avoir assistĂ© Ă  une gentille farce, faussement macabre.

5/10.

Par Florian Bezaud - le 7 mars 2018

Critique reprise sur le site DVDCLASSIK (que je rejoins avec autant d'amertume).
*Bruno

jeudi 5 novembre 2020

Le Miel du Diable / "Il miele del diavolo"

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ecranlarge.com

de Lucio Fulci. 1988. Italie. 1h23. Avec Brett Halsey, Corinne ClĂ©ry, Blanca Marsillach, Stefano Madia, Paula Molina. 

Sortie salles France: 20 Juillet 1988 (Int - 18 ans)

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Lucio Fulci est un réalisateur, scénariste et acteur italien, né le 17 juin 1927 à Rome où il est mort le 13 mars 1996. 1966: Le Temps du Massacre, 1969 : Liens d'amour et de sang , 1971 : Carole, 1971: Le Venin de la peur,1972 : La Longue Nuit de l'exorcisme, 1974 : Le Retour de Croc Blanc, 1975: 4 de l'Apocalypse, 1976: Croc Blanc, 1977 : L'Emmurée vivante, 1979: l'Enfer des Zombies, 1980 : la Guerre des Gangs, 1980 : Frayeurs, 1981 : Le Chat noir, 1981 : L'Au-delà, 1981 : La Maison près du cimetière , 1982 : L'Éventreur de New York , 1984 : 2072, les mercenaires du futur, Murder Rock, 1986 : Le Miel du diable , 1987 : Aenigma, 1988 : Quando Alice ruppe lo specchio, 1988 : les Fantomes de Sodome, 1990 : Un chat dans le cerveau, 1990 : Demonia, 1991 : Voix Profondes, 1991 : la Porte du Silence..

"Quand elle paraĂ®tra, ton univers s'Ă©croulera. Quand tu la verras, ton souffle s'engloutiras. Quand tu mourras de dĂ©sir de la possĂ©der, elle rira. Quand elle foulera ton âme, ton sang bouillira. Mais tu succomberas de bonheur parce qu'elle est le miel du diable. Et elle te tuera avec l'infinie douceur du feu." 

ImprimĂ© par la personnalitĂ© trouble de son auteur sur le dĂ©clin, Le Miel du Diable reprĂ©sente sans doute l’ultime Ĺ“uvre du maestro Lucio Fulci. Sorte de version putassière de 9 semaines et demi mâtinĂ©e de Lune de fiel, le film exploite un Ă©rotisme effrontĂ© - et donc complaisamment assumĂ© - Ă  travers un couple en rut multipliant les batifolages lubriques sur fond de masochisme et d’ardeur sentimentale. L'univers intime, Ă  la fois sensuelle, olfactif et sensoriel, ne laisse pas indiffĂ©rent dans sa reprĂ©sentation graphique d'un Ă©rotisme flirtant avec le porno sans toutefois y cĂ©der. Et c'est justement ce qui fait le sel, la force de ce mĂ©trage singulier rĂ©fractaire aux belles images convenues. 

Jessica, incarnĂ©e par la douce Blanca Marsillach, toute en beautĂ© laiteuse et naturelle, est le fruit de la soumission face Ă  un amant impĂ©rieux, s’adonnant Ă  ses penchants pervers en roue libre. Mais follement amoureuse de lui, elle cède toujours Ă  ses caprices malgrĂ© ses rĂ©ticences. Tout bascule le jour oĂą son amant Johnny cause un accident de moto. 

Ce chirurgien, Ă©poux infidèle multipliant les conquĂŞtes d’un soir avec le mĂŞme goĂ»t pour la domination phallocrate, incarne un type paumĂ© et frustrĂ©, perdu dans ses dĂ©lires sexuels pour y pallier un manque affectif. Dans ce jeu pervers de manipulation, de domination et de soumission, Le Miel du Diable inverse ensuite les rĂ´les : Jessica, nĂ©mĂ©sis en quĂŞte de rĂ©demption, devient justicière. Elle rĂ©glera ses comptes avec son ancien amant autant qu’avec le chirurgien, revivant sa douleur Ă  travers eux. Le rĂ©cit s’articule autour des relations Ă©quivoques de ce duo de fortune, en proie Ă  un dĂ©sir viscĂ©ral de passion et de plĂ©nitude au sein d’un huis-clos insalubre. Sexe, humiliations et châtiments se conjuguent ostensiblement sous la mainmise de Jessica, sĂ©rieusement perturbĂ©e par ses expĂ©riences passĂ©es, mais qui trouvera, dans sa posture de justicière fĂ©brile, une forme d’indulgence et de renaissance.


Série B transalpine, mêlant acrimonie existentielle, perversité et outrance sous l'impulsion d'un auteur souffreteux désireux d'y parachever cette romance filandreuse où plane une élégie désabusée, Le Miel du Diable demeure une oeuvre personnelle aussi curieuse qu'attachante. On reste autant sensible à la caractérisation aigrie de ses personnages en perdition et à leur désillusion amoureuse qu'à la caméra de son auteur, notamment parmi sa brève présence émouvante dans son regard altruiste. À découvrir donc, avec le pincement au coeur.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

19.03.26. 2èx. Version italienne 

mercredi 4 novembre 2020

5 fois la mort

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ecranlarge.com

"Devils time five" de Sean MacGregor et David Sheldon. 1974. U.S.A. 1h28. Avec Sorrell Booke, Gene Evans, Taylor Lacher

Sortie salles France: ?. U.S: 3 Mai 1974

FILMOGRAPHIE: Sean Mc Gregor est un réalisateur américain. 2012: Tiger Cage. 1992 A Mission to Kill. 1988 The Kill Machine. 1974 Tiger Cage. 1974 5 Fois la mort. 1973 Camper John. 1972: November Children.

Le pitch: Un groupe de cinq enfants aux instincts meurtriers sont recueillis par des familles dans un chalet après que la voiture chargée de les amener dans un hôpital psychiatrique a eu un accident.

Après avoir tenté un second visionnage (qui plus est en version HD svp), chroniquer un navet est à mon sens une perte de temps (en prime de l'avoir préalablement perdu à 2 reprises face écran).

*Bruno

Ci-joint la chronique de Psychovision: https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/1444-cinq-fois-la-mort

lundi 2 novembre 2020

Don Camillo Monseigneur

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Don Camillo monsignore… ma non troppo" de Carmine Gallone. 1961. Italie. 1h58. Avec Fernandel, Gino Cervi, Leda Gloria, Karl Zoff, Gina Rovere, Carlo Taranto.

Sortie salles France: 1er Décembre 1961

FILMOGRAPHIE PARTIELLE: Carmine Gallone est un rĂ©alisateur italien nĂ© le 10 septembre 18851 Ă  Taggia dans la province d'Imperia (Ligurie) et mort le 11 mars 1973 Ă  Frascati.1913 : Le Baiser de Cyrano. 1914 : La Femme nue. 1914 : La Marche nuptiale. 1917 : Histoire des Treize. 1920 : Le Colonel Chabert. 1926 : Les Derniers Jours de PompĂ©i. 1927 : Celle qui domine. 1928 : L'Enfer d'amour. 1929 : Terre sans femmes. 1930 : La Ville des mille joies. 1931 : City of Songs. 1931 : Ma cousine de Varsovie. 1931 : Un soir de rafle. 1932 : Le Chant du marin. 1932 : Un fils d'AmĂ©rique. 1932 : Le Roi des palaces. 1934 : Two Hearts in Waltz Time . 1934 : Mon cĹ“ur t'appelle. 1935 : Casta Diva. 1937 : Scipion l'Africain 1938 : Giuseppe Verdi. 1939 : Marionnette. 1940 : Manon Lescaut. 1940 : Melodie eterne. 1942 : Les Deux Orphelines. 1943 : Harlem. 1946 : Rigoletto. 1948 : La leggenda di Faust. 1949 : Il trovatore. 1950 : La forza del destino. 1950 : Taxi de nuit. 1951 : Messaline. 1953 : Cavalleria rusticana. 1953 : Puccini. 1954 : Casta Diva. 1954 : La Maison du souvenir. 1954 : Madame Butterfly. 1955 : La Grande Bagarre de don Camillo. 1955 : La Fille de Mata Hari. 1956 : Michel Strogoff. 1956 : Tosca. 1960 : Carthage en flammes. 1961 : Don Camillo Monseigneur. 1963 : Carmen 63. 

Si Don Camillo monseigneur n'est pas du niveau des 2 premiers opus, il demeure aussi bon que son prédécesseur alors que 6 ans les séparent. D'ailleurs le public français encore au rendez-vous ne s'y est pas trompé si bien qu'il cumula 4 280 338 entrées. Toujours réalisé par Carmine Gallone, Don Camillo Monseigneur nous annonce le retour au bercail du duo divergent depuis la mise en chantier d'une maison communale en lieu et place d'une chapelle. Quand bien même, un peu plus tard, Don Camillo et Peppone seront l'objet d'une nouvelle discorde depuis le mariage du fils de ce dernier. Peppone exigeant un mariage civil contre l'avis ecclésiastique de son compère. Ainsi, entre le sénateur et monseigneur, il semble qu'une certaine sagesse d'esprit s'est instauré entre eux, tant et si bien que ce nouveau volet ne prête pas vraiment au moments de franche rigolade à travers leur inépuisable affrontement (ici uniquement) verbal. Pour autant, de par la truculente bonhomie du couple à l'écran, l'inventivité de leurs répliques et sa narration fertile en stratégies de compétition et ennuis subsidiaires, Don Camillo Monseigneur amuse sans lasser en dépit de l'inévitable routine de mécanique de rire fondée sur les illustres pugilats. Si bien que le film a beau durer 2h00, nous ne voyons toujours pas le temps défiler de par son doux climat de loufoquerie et de bienveillance mené sur rythme vif, et ce parfois émaillé d'onirisme comme de coutume (à l'instar de son épilogue écolo très expressif). Appuyé d'un superbe noir et blanc afin de mettre en exergue sa chaleur humaine émanant d'un cadre provincial où il fait bon vivre l'amour, la foi et l'amitié en toute simplicité, Don Camillo Monseigneur traverse donc les années sans difficulté même si on est en droit de regretter l'authenticité vigoureuse des 2 premiers volets. En attendant l'ultime conclusion réalisée cette fois-ci 4 ans plus tard par Luigi Comencini.


*Bruno
3èx

Ci-joint les chroniques des opus précédents.