samedi 27 janvier 2024

Dogman

                                                       Merci Ă  Thierry Savastano pour l'affiche 

de Luc Besson 2023. France. 1h53. Avec Caleb Landry Jones, Lincoln Powell, Jonica T. Gibbs, Christopher Denham, Clemens Schick, Grace Palma, John Charles Aguilar, Alexander Settineri, Michael Garza.

Sortie salles France: 27 Septembre 2023.

FILMOGRAPHIE: Luc Besson est un rĂ©alisateur, producteur, et scĂ©nariste français nĂ© le 18 mars 1959 Ă  Paris. 1983: Le Dernier combat, 1985: Subway, 1988: Le Grand Bleu, 1990: Nikita, 1991: Atlantis, 1994: LĂ©on, 1997: Le 5è Ă©lĂ©ment, 1999: Jeanne d'Arc, 2005: Angel-A, 2006: Arthur et les Minimoys, 2009: Arthur et la vengeance de Maltazard, 2010: les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, Arthur 3, la guerre des 2 mondes, 2011: The Lady. 2013 : Malavita. 2014 : Lucy. 2017: ValĂ©rian et la Ville aux mille planètes. 2019 : Anna. 2023 : DogMan. 
Besson, la rĂ©surrection. 

                                 "Partout oĂą il y a un malheureux, Dieu envoie un chien."
                                  Lamartine. 

On n'y croyait tellement plus au fil des dĂ©cennies Ă©coulĂ©es, je craignais tant le produit sirupeux sombrant involontairement dans la semi-parodie que j'ai finalement optĂ© pour une projo matinale en lieu et place de "Dernière SĂ©ance" nocturne. Or, Ă  l'arrivĂ©e, et en dĂ©pit d'un 1er quart d'heure sur le fil du rasoir (il faut un temps d'adaptation et de familiaritĂ©), une dĂ©chirure interne causĂ©e auprès de son arc en ciel final imprĂ©gnĂ© de spiritualitĂ©, mode lyrisme Ă©lĂ©giaque. Une sĂ©quence anthologique Ă  marquer d'une pierre blanche pour ceux qui ont su ouvrir leur coeur face Ă  cette odyssĂ©e humaine incongrue (fatalement) en perdition. Un immense moment d'Ă©motion donc et de fragilitĂ© aigue comme rarement Luc Besson su nous le retranscrire dans son autonomie intime (si on excepte sans doute Le Grand Bleu et LĂ©on) sous l'impulsion d'un acteur habitĂ© par ses Ă©corchures morales dĂ©nuĂ©es de fioriture. Dogman s'appuyant beaucoup sur sa profondeur de jeu dĂ©pouillĂ© n'implorant nullement la pitiĂ©, la sinistrose ou le pathos de comptoir. Caleb Landry Jones vivant son personnage apatride au grĂ© d'une dĂ©tresse morale tacite car impassible, introverti Ă  exhiber ouvertement ses douleurs intimes tant il se refuse Ă  Ă©mouvoir le spectateur (et son auditrice congĂ©nère !) pour la trivialitĂ© d'une Ă©motion programmĂ©e. Sa prĂ©sence aussi luminescente que profondĂ©ment tragique suscitant chez nous un terrible attachement fĂ©brile pour autant inscrit dans la dignitĂ© de par sa condition dĂ©soeuvrĂ©e/misanthrope impartie Ă  l'inconsolable solitude que nous ressentions dans la rĂ©serve car en pudeur contenue. Or, quoi de plus fidèle et loyale que la rassurante prĂ©sence du chien pour s'Ă©chapper de l'enfer qu'il se partage en masse au sein de son taudis douillet. 

                                            

Et si l'intrigue s'avère simpliste autant que lunaire et surprenante, elle tire justement parti de son charme, de sa fantaisie (musicale), de son excentricité enjouée et de son innocence communicative en cette icone marginale épaulée de ses compagnons retors. Des seconds-rôles canins insensés car admirablement (ou plutôt "justement") dirigés, qui plus est par un Luc Besson infiniment inspiré, attentionné, amoureux, lucide, clairvoyant à donner chair à ceux-ci et à sa narration entre sensibilité épurée et poésie surréaliste que l'on adoube sans s'en rendre compte. Et c'est bien là la grande force de ce conte féérique meurtri que de vivre au sens large sa folle histoire, que de nous conter ses étreintes fraternelles, entre poésie, humour, éclairs de violence et plages de tendresse. Le chemin de croix d'un laissé-pour-compte abdiqué par l'homme mais se façonnant un semblant de vie autrement plus tolérable, respirable, supportable parmi la protection de ses chiens envoyés du ciel. Et donc ne puisant un sens à son existence qu'en leur fidèle présence soumise à sa noble autorité qu'ils acceptent pour tenir lieu de sacerdoce, Douglas Munroe nous relate (à nous et à son auditrice afro) sa trajectoire morale avec une nonchalance taiseuse criante de vérité effacée quitte à me répéter. Son expressivité à la fois si tangible, responsable et discrète invitant à l'humilité dans sa mansuétude que son auditrice consulte avec une étonnante attention humaine de par leur commune douleur familiale, sociétale qu'ils se partagent en contradiction d'éthique.

Voilà, Dogman est donc à mes yeux, grâce aussi à sa modeste simplicité si payante un (gros) coup de coeur, un cri du chant aussi (splendide hommage nostalgique à Edith Piaf !) autant qu'un cri du coeur issu de Besson, parce que peut-être son oeuvre la plus fragile, tourmentée et personnelle. Et pour ce retour en grâce dénué d'opportunisme et encore moins de cynisme, je ne peux que te remercier Luc de m'avoir triturer le coeur tous azimuts (bon Dieu quel déchirant final scintillant que je serai incapable d'omettre !) auprès de ta dramaturgie salvatrice émaillée d'émotions exaltées. Et bon sang je me rends compte à terme que tu m'a bien manqué depuis toutes ses décennies infructueuses (tant ciné que pour nos rapports humains en perdition que tu dénonces à ciel ouvert avec une sensibilité lestement / fructueusement infantile). Une oeuvre malade en somme car écorchée vive, magnifique tout simplement.

*Bruno

mardi 23 janvier 2024

Oculus / The Mirror. Prix du Public, Toronto 2013.

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Mike Flanagan. 2013. U.S.A. 1h43. Avec Karen Gillan, Brenton Thwaites, Rory Cochrane, Katee Sackhoff, Annalise Basso 

Sortie DTV France: 15 Avril 2015. U.S: 11 Avril 2014 (Int - 17 ans)

FILMOGRAPHIE: Mike Flanagan est un réalisateur, scénariste, producteur et monteur américain, né le 20 mai 1978 à Salem dans le Massachusetts. 2000 : Makebelieve. 2001 : Still Life. 2003 : Ghosts of Hamilton Street. 2011 : Absentia. 2013 : The Mirror. 2016 : Pas un bruit. 2016 : Ne t'endors pas. 2016 : Ouija : les origines. 2017 : Jessie. 2019 : Doctor Sleep.

Sacrée surprise que cet Oculus réalisé par ce que l'on peut aujourd'hui qualifier comme un maître du genre, j'ai nommé Mike Flanagan. Celui-ci jouant la plupart du temps la carte du suspense sobrement intense auprès d'un frère et d'une soeur à nouveau délibérés à s'unir pour venir à bout de forces maléfiques issues d'un étrange miroir. Ainsi, en jouant très habilement la carte de la temporalité à double vitesse (passé / présent se chevauchent jusqu'à se confondre pour mieux nous piéger dans un dédale hallucinatoire), et en tablant sur la caractérisation passionnante, dense et réfléchie de nos protagonistes juvéniles traumatisés par un passé aussi obscur que meurtrier mais aujourd'hui aptes à prendre leur revanche sur l'injustice du deuil, Oculus joue louablement la carte de l'horreur premier degré au sein d'une expérience scientifique de longue haleine.

Comme en tĂ©moigne son final estomaquant d'une noirceur si radicale qu'une frange de spectateurs risque bien de ne jamais s'en remettre d'adouber pareille dĂ©route. Si bien qu'Ă  l'instar des implacables Le Grand Silence et The Mist, Mike Flanagan ne prend son public ni pour un imbĂ©cile ni pour un ado boutonneux de par l'adresse de sa mise en scène rĂ©futant l'outrance, le jump-scare et encore moins le grand-guignol afin de mieux se consacrer sur le passĂ© torturĂ© de nos protagonistes en Ă©troit rapport rĂ©miniscent avec le sort de leurs parents autrefois victimisĂ©s par ce miroir datĂ© de plus 4 siècles. Et si les apparitions fantomatiques ne m'ont pas vraiment provoquĂ© le frisson derrière l'Ă©chine (unique bĂ©mol Ă  souligner auprès de ma sensibilitĂ© subjective), les sĂ©quences contrairement terrifiantes et brutales faisant intervenir les parents tortionnaires sur leurs propres enfants sont d'une cruautĂ© assez Ă©pineuse mĂŞme si le gore graphique en est heureusement banni de complaisance. C'est dire si Oculus prend son sujet très au sĂ©rieux sous l'impulsion de comĂ©diens aussi investis dans leur fonction assez bipolaire suscitant frĂ©quemment chez nous doute, apprĂ©hension et inquiĂ©tude auprès de ce jeu morbide altĂ©rant la rĂ©alitĂ© sans nous avertir. 

Huis-clos domestique tendu et sournois misant autant sur la suggestion et le non-dit que sur les confrontations physiques et psychologiques du second acte autrement plus dramatique, âpre et dĂ©loyal, Oculus aborde le genre avec sincĂ©ritĂ©, originalitĂ© et dignitĂ© auprès d'un objet dĂ©monial difficilement dĂ©cryptable au point de finalement douter de la vĂ©racitĂ© des faits exposĂ©s. Quant au final tranchĂ© laissant dĂ©filer le gĂ©nĂ©rique de fin de manière somme toute naturelle, Oculus nous laisse sur une impression d'amertume quasi inconsolable après nous avoir confrontĂ© Ă  une ambiance ombrageuse sous hypnose. 

*Bruno
2èx. vf

RĂ©compense: Festival international du film de Toronto 2013 : Prix du public (deuxième place) (sĂ©lection « Midnight Madness »)

Mission Finale / Final Mission

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Cinebisart

de Cirio H. Santiago. 1984. Philippines. 1h42. Avec Richard Young, Christine L. Tudor, Jason Ross, John Dresden, 

Sortie salles France: 25 Juin 1984

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Cirio H. Santiago est un réalisateur et producteur philippins, né le 18 Janvier 1936 à Manila, Philippines, décédé le 26 Septembre 2008, Makati City, Philippines. 1957: Pusakal. 1958: Water Lily. 1973: Savages ! 1976: Trois panthères au combat. 1978: Vampire Hookers. 1978: Le Samouraï Noir. 1981: Attaque à mains nues. 1983: Stryker. 1983: Caged Fury. 1984: Mission finale. 1985: Les Guerriers du Futur. 1987: Apocalypse Warriors. 1987: Killer Instinct. 1988: The Sisterhood. 1988: The Expendables. 1997: Vulcan. 2003: When Eagles Strike. 2005: Bloofist 2050 (télé-film).

Un ersatz (pas si Z) de Rambo souvent rigolo, plutĂ´t musclĂ©, rarement ennuyeux. 

C'est truffĂ© de clichĂ©s tous azimutz, de persos ultra stĂ©rĂ©otypĂ©s, ultra prĂ©visible, ultra con mais finalement sympathoche dans son dĂ©sir empotĂ© de faire aussi bien que Rambo tant l'humour involontaire prime incessamment auprès de l'expressivitĂ© surjouĂ©e des comĂ©diens prenant (heureusement) leur rĂ´le très au sĂ©rieux (l'acteur principal, le plus sobre, Ă©tant d'ailleurs Ă©tonnamment le plus convaincant). Et c'est justement ce qui fait le charme de ce produit d'exploitation bisseux rĂ©alisĂ© par le spĂ©cialiste Cirio H. Santiago (Vampires Hookers, Killer Instinct, Stryker, Attaques Ă  mains nues, c'Ă©tait lui !).

Avec, cerise sur le gâteau, une scène choc insensée filmée au ralenti lorsque SPOIL ! la femme et le fils du héros FIN DU SPOIL explosent à la dynamite sur une barque sans que la caméra ne s'autorise le hors-champs.

Remerciement à Ciné-Bis-Art

*Bruno

jeudi 18 janvier 2024

Fright Night (2011)

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Craig Gillespie. 2011. U.S.A. 1h46. Avec Anton Yelchin, Colin Farrell, David Tennant, Toni Collette, Christopher Mintz-Plasse, Imogen Poots, Lisa Loeb.

Sortie salles France: 14 Septembre 2011

FILMOGRAPHIE: Craig Gillespie (nĂ© le 1er septembre 1967 Ă  Sydney) est un rĂ©alisateur australien. 2007 : Mr. Woodcock. 2007 : Une fiancĂ©e pas comme les autres. 2011 : Fright Night. 2014: Million Dollar Arm. 2015 : The Finest Hours. 2017 : Moi, Tonya. 2021 : Cruella. 2023 : Dumb Money. 

Tout d'abord un grand merci au trio Christophe LemaireFrançois CognardMĂ©lanie Boissonneau  prĂ©sentateurs cinĂ©phages de l'Ă©mission "le Bistrot" dans le cadre de leur thĂ©matique "presque Dracula" (disponible sur Youtube depuis le 18 Janvier 2024), de m'avoir incitĂ© Ă  redĂ©couvrir une 3è fois le remake Fright Night rĂ©alisĂ© par l'australien Craig Gillespie (Moi, Tonya, Cruella). C'est donc un mea-culpa que j'adresse ici pour mettre enfin en valeur cette excellente relecture d'un classique des Eighties dans toutes les mĂ©moires des cinĂ©philes. J'ai nommĂ© en français: Vampires vous avez dits VampiresCraig Gillespie Ă©vitant intelligemment le vulgaire copiĂ©-collĂ© (mĂŞme si le schĂ©ma reste similaire) tout en multipliant des savoureux clins d'oeil au classique de Tom Holland sans toutefois se laisser distraire par la parodie tant Fright Night privilĂ©gie un ton autrement plus sombre, sĂ©rieux, terrifiant en dĂ©pit d'une ironie macabre souvent fructueuse. Nanti d'un rythme nerveux ne cĂ©dant aucune place Ă  l'ennui 1h38 durant (si on fait fi de son très beau gĂ©nĂ©rique de fin), Fright Night est dominĂ© d'une poignĂ©e d'acteurs juvĂ©niles communĂ©ment convaincants Ă  dĂ©faut d'y transcender nos comĂ©diens des annĂ©es 80 contrairement sĂ©millants, sincères, très attachants de par leur innocence romantique, leur aimable sens de l'amitiĂ©, leur solidaire cocasserie. 

Anton Yelchin (hĂ©las dĂ©cĂ©dĂ© 5 ans après le tournage du film) dĂ©gageant une sobre prĂ©sence d'hĂ©ros en herbe en compagnie de sa dulcinĂ©e Imogen Poots (sosie plus jeune de Cameron Diaz) aussi sĂ©duisante qu'attendrissante en faire-valoir sobrement caractĂ©rielle dĂ©nuĂ©e de minauderie. Judicieuse idĂ©e Ă©galement de recruter l'acteur Ă©cossais David Tennant se fondant dans le corps d'un Peter Vincent autrement rock, (sciemment) vulgaire, effrontĂ©, autodestructeur Ă  travers son addiction pour l'alcool et ses caprices infantiles issus de sa starisation notoire. Mais Ă  mes yeux c'est bel et bien l'acteur Colin Farrell qui emporte la palme du personnage le plus persuasif en vampire un tantinet distinguĂ© d'une redoutable sournoiserie et vĂ©locitĂ© Ă  alpaguer ses futures proies lors d'accès de brutalitĂ© aussi spectaculaires que terrifiants. Son regard noir diablement dĂ©lĂ©tère, son allure classieuse vampirisant l'Ă©cran Ă  l'aide d'un charisme tĂ©nĂ©breux Ă  la fois viril, naturellement sĂ©ducteur. On regrette enfin que l'excellente Toni Collette soit ici quelque peu distante, en retrait en mère cĂ©libataire endurcie tĂ©moin malgrĂ© elle d'Ă©vènements surnaturels davantage sauvages et vertigineux, Ă  l'instar de cette incroyable poursuite automobile nocturne filmĂ©e en plan-sĂ©quence auquel nous restons rivĂ©s Ă  notre siège. Petit bĂ©mol en ce qui concerne les FX en CGI souvent perfectibles alors que d'autres y font leur petit effet de rĂ©alisme immaculĂ©, notamment auprès de quelques moments gores assez jouissifs, intrĂ©pides, tranchĂ©s. 

Pure sĂ©rie B horrifique du Samedi soir comme il en pullulait lors de la dĂ©cennie 80 de par son rythme furibond d'une action en roue libre, Fright Night n'a point Ă  rougir de son modèle puisqu'il s'Ă©carte habilement du plagiat comique au profit d'une dramaturgie sanglante assez frĂ©quemment Ă©peurante. Outre l'excellence de l'interprĂ©tation ne dĂ©bordant jamais Ă  l'Ă©cran (mĂŞme auprès de l'outrancier goguenard mais très charismatique Christopher Mintz-Plasse en second-rĂ´le infortunĂ©), on peut enfin louer la rĂ©alisation assez solide de l'australien Craig Gillespie dirigeant son palpitant terrain de chasse entre savoir-faire, astuces et efficacitĂ©, comme le soulignent quelques trouvailles aussi originales que folingues (Jerry incendiant la maison de Charley de manière terriblement retorse). 

*Bruno
3èx. Vostfr.

Les causes de la Mort d'Anton Yelchin (source Wikipedia):

Le 19 juin 2016, il est heurtĂ© par sa propre voiture, qui a Ă©tĂ© retrouvĂ©e le moteur en marche. Selon la police de Los Angeles, l'accident s'est produit sur la voie d'accès au garage de l'acteur Ă  Los Angeles, dans le quartier de Studio City, dans la San Fernando Valley (comtĂ© de Los Angeles) alors qu'il s’apprĂŞtait Ă  rejoindre des amis pour une rĂ©pĂ©tition et Ă©tait descendu de sa voiture.

La voiture « a fait marche arrière sur la rampe d'accès qui est en forte pente, le clouant contre un pilier de brique servant de boĂ®te aux lettres et une clĂ´ture de sĂ©curitĂ© » a expliquĂ© une porte-parole de la police, Jenny Hauser. Ses amis qui ne le voyaient pas venir ont retrouvĂ© l'acteur mort près de sa voiture, a-t-elle rapportĂ©, sans qu'on sache combien de temps s'Ă©tait Ă©coulĂ© depuis l'accident.

Un défaut sur sa Jeep serait à l'origine de sa mort. Sa voiture, le modèle Jeep Grand Cherokee de 2015, avait déjà fait l'objet d'un rappel au sein de l'usine Fiat Chrysler (FCA). Plus de 800 000 véhicules avaient été rappelés pour un problème lié à la boîte de vitesses. Un constat accablant avait déjà été émis : même en mode stationnement, certaines voitures sont susceptibles de se déplacer.

Six semaines après sa mort, Victor et Irina Yelchin déposent une plainte contre Fiat Chrysler à la Cour supérieure de Los Angeles, en affirmant que la boîte de vitesses du véhicule était défectueuse.

Anton Yelchin devait jouer dans la série Mr. Mercedes, adaptée du roman de Stephen King. N'ayant pu participer au projet, c'est Harry Treadaway qui le remplace dans la série.


mercredi 17 janvier 2024

Summer of 84

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell. 2018. Canada/U.S.A. 1h45. Avec Graham Verchere, Judah Lewis, Caleb Emery, Cory Gruter-Andrew, Tiera Skovbye, Rich Sommer

Vod France: 13 Décembre 2018. Salles U.S: 10 Août 2018

FILMOGRAPHIEFrançois Simard est rĂ©alisateur et scĂ©nariste. 2015: Turbo Kids. 2018: Summer of 84. 2023: We are Zombies. 2023: Wake up. 

Mea culpa, c'est fort sympathique mĂŞme si le suspense est trop rapidement Ă©ventĂ© quant Ă  l'identitĂ© patente du meurtrier. 

L'ambiance eightie fonctionne Ă  plein rĂ©gime, la musique au synthĂ© est idoine et les sĂ©quences romantiques intimistes sont les plus rĂ©ussies, en tenant compte aussi de l'incroyable cruautĂ© du dĂ©nouement horrifique dĂ©nuĂ© de concession. 

Il manque toutefois un je ne sais quoi pour être totalement comblé mais la bobine constamment attachante par son absence de prétention et sa poignante sincérité est largement fréquentable.

*Bruno

vendredi 5 janvier 2024

Le Cercle des Neiges / La sociedad de la nieve

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Juan Antonio Bayona. 2023. Espagne/Uruguay. 2h24. Avec Enzo Vogrincic, MatĂ­as Recalt, AgustĂ­n Pardella, Tomás Wolf, Diego Vegezzi, Esteban Kukuriczka, Francisco Romero. 

Diffusion Netflix: 4 janvier 2024

FILMOGRAPHIEJuan Antonio Bayona est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste espagnol, nĂ© en 1975 Ă  Barcelone. 2004: Sonorama (video). 2004: 10 anos con Camela (video). 2005: Lo echamos a suertes (video). 2007: l'Orphelinat. 2012: The Impossible. 2016: Quelques minutes après minuit. 2018 : Jurassic World: Fallen Kingdom. 2023 : Le Cercle des neiges. 

Authentique cauchemar horrifique transplantĂ© dans le cadre du survival rĂ©frigĂ©rant, Le Cercle des Neiges retrace avec un rĂ©alisme Ă  froid, pour ne pas dire sans anesthĂ©sie, l'histoire vraie du vol Fuerza AĂ©rea Uruguaya 571 effectuĂ© en Octobre 1972 par une Ă©quipe de Rugby au Chili. Or, après que leur appareil s'Ă©crasa dans la cordillère des Andes, 29 survivants vont tenter de s'extirper de cet enfer enneigĂ© en perpĂ©trant des actes extrĂŞmes de manière aussi dĂ©sespĂ©rĂ©e qu'hĂ©roĂŻque. Et ce en y perpĂ©trant l'impensable auprès des plus tĂ©mĂ©raires: le cannibalisme. Eprouvant, nausĂ©eux, fĂ©tide, viscĂ©ral, Ă©touffant car dĂ©nuĂ© de concession Ă  ausculter au plus près de leurs tourments moraux les profils torturĂ©s d'une poignĂ©e de survivants constamment proches de l'agonie au sein d'un no man's land sans repères, Le cercle des Neiges est autant leur chemin de croix qu'une Ă©preuve de force de dernier ressort Ă  tenter de s'extirper du trĂ©pas d'une rare cruautĂ©. 

L'oeuvre glaçante, austère, crĂ©pusculaire, s'Ă©rigeant en pur film d'horreur auprès de sa mise en image insalubre oĂą plane constamment au dessus d'eux un climat putride de dĂ©solation, de dĂ©rĂ©liction, de silence feutrĂ©, notamment au travers des visions morbides de cadavres dĂ©charnĂ©s immobilisĂ©s par la tempĂ©rature et leur absence de vie. Les comĂ©diens mĂ©connus chez nous renforçant Ă  point nommĂ© leurs sentiments de dĂ©couragements et de dĂ©sir de surpassement de par leur sobriĂ©tĂ© tranchĂ©e Ă  se fondre dans le corps de martyrs probablement condamnĂ©s d'avance. Or, Ă  travers cette thĂ©matique essentielle de ne jamais cĂ©der au dĂ©sespoir prĂ©judiciable, l'intrigue adopte petit Ă  petit une tournure salvatrice quasi miraculeuse lorsque les plus courageux d'entre eux vont une nouvelle fois tenter l'impossible afin de croire encore Ă  leur plausible sauvetage. Et si l'absence d'Ă©motions dĂ©rangea certains critiques ou spectateurs durant une grosse majoritĂ© du mĂ©trage (alors que justement cela renforce l'aspect mortifère de son climat cauchemardesque dĂ©nuĂ© de toute vie humaine / animale en dĂ©pit de leurs sombres prĂ©sences), son final bouleversant demeure d'une dramaturgie nĂ©vralgique Ă  illustrer avec autant de pudeur que de dignitĂ© la nouvelle condition de ses fantĂ´mes errants applaudis comme des hĂ©ros en dĂ©pit de leur morphologie dĂ©charnĂ©e. 

PartagĂ©s entre la cruautĂ© d'Ă©lĂ©ments naturels atrabilaires se dĂ©chainant contre eux de manière impromptue (je songe aux avalanches en pagaille), animĂ©s entre l'Ă©puisement, la maladie (nĂ©crosĂ©e !), la soif et la famine au point d'y perpĂ©trer le cannibalisme que nous serions nous-mĂŞme contraints de perpĂ©trer en pareille situation moribonde, Le Cercle des Neiges ne nous laisse pas indemne Ă  nous dĂ©peindre sans fard les bravoures suicidaires de ses survivants en berne ballotĂ©s tous azimuts. En tablant notamment sur leur foi religieuse afin d'y trouver un sens Ă  leur condition damnĂ©e (grâce Ă  la mort de leurs amis, ils restent en vie) que le spectateur s'interroge autant par l'entremise du rĂ©alisateur si scrupuleux d'avoir dresser sans rĂ©pit leurs exploits et tragĂ©dies personnelles 2 mois de labeur durant au sein de l'immensitĂ© d'un panoramique immaculĂ© magnifiquement cadrĂ©.  

*Bruno

Récompenses

Prix du cinéma européen 2023 :

Meilleurs maquillage et coiffure

Meilleurs effets spéciauxercle des Neo

jeudi 4 janvier 2024

La Grande course autour du Monde / The Great Race. Prix d'Argent, Moscou 1965.

                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Blake Edwards. 1965. U.S.A. 2h37. Avec Tony Curtis, Natalie Wood, Jack Lemmon, Peter Falk, Keenan Wynn, Arthur O'Connell, Vivian Vance, Dorothy Provine, Larry Storch, Ross Martin, Marvin Kaplan, Hal Smith, Denver Pyle.

Sortie salles France: 17 Février 1966. U.S: 1er Juillet 1965

FILMOGRAPHIE: Blake Edwards est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur amĂ©ricain, nĂ© le 26 Juillet 1922 Ă  Tulsa (Oklahoma), dĂ©cĂ©dĂ© le 15 DĂ©cembre 2010 Ă  Santa Monica (Californie). 1955: Bring your smile along. 1956: Rira bien. 1957: L'Extravagant Mr Cory. 1958: Le DĂ©mon de Midi. 1958: Vacances Ă  Paris. 1959: OpĂ©ration jupons. 1960: Une seconde jeunesse. 1961: Diamants sur canapĂ©. 1962: AllĂ´, brigade spĂ©ciale. 1962: Le Jour du vin et des roses. 1963: La Panthère Rose. 1964: Quand l'inspecteur s'emmĂŞle. 1965: La Grande course autour du monde. 1966: Qu'as-tu fait Ă  la guerre, papa ? 1967: Peter Gunn, dĂ©tective spĂ©ciale. 1968: La Party. 1970: Darling Lili. 1971: Deux Hommes dans l'Ouest. 1972: OpĂ©ration Clandestine. 1973: Top Secret. 1975: Le Retour de la Panthère Rose. 1976: Quand la panthère rose s'emmĂŞle. 1978: La MalĂ©diction de la Panthère rose. 1979: Elle. 1981: S.O.B. 1982: Victor, Victoria. 1982: A la recherche de la Panthère Rose. 1983: L'HĂ©riter de la Panthère rose. 1984: L'homme Ă  femmes. 1984: Micki et Maude. 1986: Un sacrĂ© bordel. 1986: That's Life. 1987: Boires et DĂ©boires. 1988: Meurtre Ă  Hollywood. 1988: L'Amour est une grande aventure. 1991: Dans la Peau d'une blonde. 1993: Le Fils de la Panthère rose. 

Feu d'artifice luminescent d'actions, d'aventures, de romance, de cape et Ă©pĂ©e, de film musical, de film catastrophe (la tour Eiffel rĂ©duite Ă  nĂ©ant !) et de western en y dĂ©dicaçant cette conjugaison des genres au duo intemporel Laurel et Hardy, la Grande Course autour du monde est autant un hommage au cinĂ©ma muet qu'au cinĂ©ma tout court (dĂ©paysant en diable !) si bien que le maĂ®tre de la comĂ©die dĂ©jantĂ©e Blake Edwards use et abuse (sans modĂ©ration aucune !) de gĂ©nĂ©rositĂ©, d'inventivitĂ© disjonctĂ©e, de dĂ©lire assumĂ© afin d'emporter le spectateur dans un vortex d'Ă©motions rĂ©solument fringantes. 

Spectacle festoyant de tous les excès et de tous les dĂ©lires au sein d'une folle course automobile entre New-York et Paris sous l'impulsion de comĂ©diens rĂ©solument pĂ©tulants (quel naturel innĂ© de nous retransmettre avec une ferveur Ă©bouriffante leur soif de gagne, leur goĂ»t immodĂ©rĂ© du bonheur, leur fureur de vivre au sein d'une harmonie Ă  la fois sĂ©millante et capiteuse !); Le grande course autour du monde est sans nul doute possible l'une des meilleures comĂ©dies de tous les temps d'y aligner 2h30 durant, et ce sans une once de rĂ©pit, les gags les plus dĂ©sopilants, les dĂ©lires les plus lunaires au grĂ© d'une succession de sketchs aussi ubuesques qu'improbables, aussi saugrenus que spectaculaires, parmi la procession d'une foule de figurants. Tant et si bien que ce cartoon live nanti de magnifiques dĂ©cors (autant gothiques que féériques et naturels) inspira 3 ans plus tard la sĂ©rie animĂ©e Les Fous du Volant créé par Hanna et Barbera en 1968. On peut Ă©galement dĂ©noter qu'en filigrane, Blake Edwards se permet humblement d'Ă©mettre un discours sur l'Ă©mancipation fĂ©minine (il fut tournĂ© en 65, date charnière juridique) sous la houlette d'une Nathalie Wood aussi inspirĂ©e que littĂ©ralement dĂ©complexĂ©e. Tous les comĂ©diens se dĂ©chainant tous azimuts face camĂ©ra (Ă  l'instar de cet anthologique concours de tartes Ă  la crème !) avec un peps, une appĂ©tence hystĂ©risĂ©e infiniment survoltĂ©e. 

Divertissement tous publics Ă  la recette infaillible aujourd'hui rĂ©volue, La Grande course autour du monde est incapable de plisser d'une ride Ă  travers cette communion de sentiments frĂ©tillants que son auteur Blake Edwards et ses comĂ©diens complices nous communiquent avec un grain de folie inĂ©galĂ©. Devrait ĂŞtre remboursĂ© par la sĂ©cu. 

*Bruno

Récompenses

Festival international du film de Moscou 1965 : prix d'argent

Golden Reel Awards 1966 : Meilleur montage sonore pour Treg Brown, partagé avec L'Express du colonel Von Ryan

Oscars 1966 : Meilleurs effets sonores pour Treg Brown

mardi 2 janvier 2024

How to Have sex. Prix Un certain regard, Cannes 2023.

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Molly Manning Walker. 2023. Angleterre/Grèce. 1h31. Avec Mia McKenna-Bruce, Samuel Bottomley, Lara Peake, Daisy Jelley, Shaun Thomas, Eilidh Loan 

Sortie salles France: 15 Novembre 2023

FILMOGRAPHIEMolly Manning Walker, nĂ©e le 14 septembre 1993, est une directrice de la photographie et une rĂ©alisatrice anglaise. 2023: How to have sex. 

Sprink Breaker inferno

S'il n'est pas un chef-d'oeuvre désenchanté, How to have sex est suffisamment fort, bouleversant, personnel, immersif auprès du jeu hyper naturel des acteurs et actrices méconnu(e)s que de la maîtrise de la réalisation privilégiant intelligemment la suggestion, le non-dit (tout passe par la gestuelle, le regard sentencieux pour retransmettre les émotions) pour sortir de la projo désabusé, contrarié, ému, interpellé.

L'actrice Mia McKenna-Bruce portant son immense fardeau du poids de ses épaules avec une vibrante dignité déchue.

*Bruno

vendredi 29 décembre 2023

Dream Scenario

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Kristoffer Borgli. 2023. 1h41. Avec Nicolas Cage, Julianne Nicholson, Michael Cera, Tim Meadows, Dylan Gelula, Dylan Baker, Kate Berlant

Sortie salles France: 27 Décembre 2023

FILMOGRAPHIEKristoffer Borgli est nĂ© en 1985 en Norvège. Il est rĂ©alisateur et scĂ©nariste. 2022: Sick of Myself. 2023: Dream Scenario. 

C'est effectivement gĂ©nial, incroyable, complètement dingue; authentiquement culte, parfois mĂŞme hilarant. Peut-ĂŞtre mĂŞme le meilleur rĂ´le de Cage depuis Birdy. Mais c'est aussi dĂ©routant et dĂ©concertant, trop cruel, trop malaisant, trop perturbant, trop Ă©prouvant, trop Ă©touffant, tellement triste aussi sous la mainmise du wokisme. Ce qui en dit long sur l'Ă©goĂŻsme de tout un chacun et cette soif d'Ă©vasion virtuelle en lieu et place de solitude existentielle.

Triste époque de synthèse...

*Bruno

mercredi 27 décembre 2023

Darby O'Gill et les Farfadets / Darby O'Gill and the Little People

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wikipedia.org

de Robert Stevenson. 1959. U.S.A. 1h30. Avec Albert Sharpe, Janet Munro, Sean Connery, Jimmy O'Dea, Kieron Moore, Estelle Winwood, Walter Fitzgerald

Sortie salles France: 13 Juillet 1960. U.S: 26 Juin 1959

FILMOGRAPHIE: Robert Stevenson (nĂ© le 31 mars 1905 Ă  Buxton, dans le Derbyshire en Angleterre et mort le 30 avril 1986 Ă  Santa Barbara, en Californie) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur de cinĂ©ma britannique. 1932 : Happy Ever After. 1933 : Falling for You. 1936 : Marie Tudor. 1936 : Cerveaux de rechange. 1936 : Jack of All Trades. 1937 : Les Mines du roi Salomon. 1937 : New York Express. 1938 : Owd Bob. 1938 : The Ware Case. 1940 : Young Man's Fancy. 1940 : Return to Yesterday. 1940 : Tom Brown Ă©tudiant. 1941 : Back Street. 1942 : Jeanne de Paris. 1943 : Et la vie recommence. 1943 : Jane Eyre. 1946 : American Creed. 1947 : La Femme dĂ©shonorĂ©e. 1948 : Opium. 1949 : La Grève des dockers. 1950 : L'Étranger dans la citĂ©. 1951 : Mon passĂ© dĂ©fendu. 1952 : Scandale Ă  Las Vegas. 1957 : Johnny Tremain. 1957 : Fidèle Vagabond. 1959 : Darby O'Gill et les Farfadets. 1960 : L'Enlèvement de David Balfour. 1961 : Monte lĂ -d'ssus. 1962 : Les Enfants du capitaine Grant. 1963 : Après lui, le dĂ©luge. 1964 : Les MĂ©saventures de Merlin Jones. 1964 : Mary Poppins. 1965 : Un neveu studieux. 1965 : L'Espion aux pattes de velours. 1967 : La Gnome-mobile. 1968 : Le FantĂ´me de Barbe-Noire. 1968 : Un amour de Coccinelle. 1971 : L'Apprentie sorcière. 1974 : L'ĂŽle sur le toit du monde. 1974 : Le Nouvel Amour de Coccinelle. 1975 : Objectif Lotus. 1976 : Un candidat au poil. 

Quelle jolie trouvaille que nous offre lĂ  Warning Zone avec cette production Disney oubliĂ©e de tous si bien que j'ignorai son existence ! Et quelle ne fut ma surprise de dĂ©couvrir dans l'un de ses premiers rĂ´les Ă  l'Ă©cran le monstre sacrĂ© Sean Connery en sĂ©ducteur affable et loyal tentant de courtiser la belle Katie O'Gill que Janet Munro endosse avec une force de caractère frĂ©tillante au point d'y crever l'Ă©cran. Personnellement je ne connaissais pas cette charmante actrice juvĂ©nile plutĂ´t resplendissante par son charisme somme toute naturel et sa gaietĂ© communicative que le spectateur approuve un sourire constant aux lèvres. Mais outre l'aspect aussi bien ludique qu'attachant de cette romance escomptĂ©e parfois compromise par un rival pĂ©dant; Darby O'Gill et les Farfadets doit sa notoriĂ©tĂ© en la prĂ©sence des lutins que les FX artisanaux transcendent avec un rĂ©alisme toujours aussi sidĂ©rant plus de 65 ans après sa sortie salles. Et Ă  ce niveau d'enchantement il faut le voir pour le croire dans Ă  peu près 95% des sĂ©quences tournĂ©es avec un art consommĂ© de la perfection. Il est d'ailleurs un peu regrettable de se retrouver avec un seul et unique farfadet durant une bonne heure de mĂ©trage si on Ă©lude la première demi-heure illustrant une cinquantaine de lutins accourant tous azimuts lors d'une sĂ©quence musicale Ă©minemment entraĂ®nante, féérique, anthologique. 

Mais si l'intrigue assez prenante ne cède pas Ă  l'ennui par l'entremise de Darby Gill, le père de Katie (qu'incarne brillamment Albert Sharpe en père sclĂ©rosĂ© en quĂŞte de seconde jeunesse) nĂ©gociant incessamment avec le roi des lutins pour un enjeu de voeux, il manque toutefois ces grains de folie vĂ©cus plus tĂ´t de par l'absence trop prolongĂ©e des Leprechauns que l'on ne retrouvera plus durant l'aventure restante. Pour autant, et en virant subitement de ton, on ne peut qu'applaudir l'audace des Studios Disney d'incorporer au sein de son intrigue  facĂ©tieuse quelques sĂ©quences crĂ©pusculaires d'un style Ă©tonnamment horrifique. Tant et si bien que je suis restĂ© aussi fascinĂ© qu'impressionnĂ© par la prĂ©sence de la mauvaise fĂ©e ou encore du fiacre de la mort dĂ©valant du haut d'une montagne pour en dĂ©coudre avec Darby et Katie. Et si les trucages contrairement perfectibles peuvent ici prĂŞter Ă  sourire auprès de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, je trouve que le cĂ´tĂ© fluo qui se dĂ©gage des sĂ©quences surnaturelles procurent un effet insĂ©cure presque malaisant sous l'impulsion du pouvoir de fascination onirico-macabre. 

Tour Ă  tour charmant, badin, frĂ©tillant, féérique, ensorcelant, Darby O'Gill et les Farfadets est un petit divertissement fort rĂ©ussi pour qui apprĂ©cie les spectacles familiaux bâtis sur le sens de l'Ă©merveillement et l'innocence des âmes d'enfant comme le soulignent vibrement nos hĂ©ros en herbe pleinement impliquĂ©s dans l'aventure. Devenu aujourd'hui une raretĂ© aussi oubliĂ©e qu'infortunĂ©e, Darby O'Gill et les Farfadets est Ă  redĂ©couvrir avec un oeil fureteur qui risque de vous marquer Ă  jamais (aussi modeste soit la simplicitĂ© de son contenu il est vrai) en prĂ©servant en mĂ©moire de surprenantes sĂ©quences bluffantes de rĂ©alisme poĂ©tique. 

*Bruno

mardi 26 décembre 2023

Ripoux contre Ripoux

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site boxofficestory.com

de Claude Zidi. 1990. France. 1h46. Avec Philippe Noiret, Thierry Lhermitte, Guy Marchand, Jean-Pierre Castaldi, Grace de Capitani, Line Renaud, Michel Aumont, Jean Benguigui, Roger Jendly 

Sortie salles France: 7 Février 1990

FILMOGRAPHIE: Claude Zidi est réalisateur et scénariste français né le 25 juillet 1934 à Paris. 1971 : Les Bidasses en folie. 1972 : Les Fous du stade. 1973 : Le Grand Bazar. 1974 : La moutarde me monte au nez. 1974 : Les Bidasses s'en vont en guerre. 1975 : La Course à l'échalote. 1976 : L'Aile ou la Cuisse. 1977 : L'Animal. 1978 : La Zizanie. 1979 : Bête mais discipliné. 1980 : Les Sous-doués. 1980 : Inspecteur la Bavure. 1982 : Les Sous-doués en vacances. 1983 : Banzaï. 1984 : Les Ripoux. 1985 : Les Rois du gag. 1987 : Association de malfaiteurs. 1988 : Deux. 1989 : Ripoux contre ripoux. 1991 : La Totale ! 1993 : Profil bas. 1997 : Arlette. 1999 : Astérix et Obélix contre César. 2001 : La Boîte. 2003 : Ripoux 3. 2011: Les Ripoux anonymes, série coréalisée avec son fils Julien Zidi.

Si Ripoux contre Ripoux n'arrive Ă©videmment pas Ă  la cheville de son modèle devenu depuis un grand classique de la comĂ©die populaire, Claude Zidi a su toutefois prĂ©server un certain savoir-faire dans la mise en scène assez scrupuleuse, dans sa direction d'acteurs attentionnĂ©e et dans sa sincĂ©ritĂ© Ă  raconter une nouvelle intrigue se situant Ă  mi-chemin du 1er opus si j'ose dire (il ne s'agit donc ni d'une sĂ©quelle ni d'un remake mais d'un midquel !), pour rendre une copie tout Ă  fait frĂ©quentable sans cĂ©der Ă  l'ennui. Et si effectivement cette seconde partie demeure moins drĂ´le, moins passionnante et moins palpitante (quoique la dernière demi-heure est particulièrement rĂ©ussie dans l'Ă©laboration d'un stratagème assez retors afin d'y alpaguer les nouveaux adversaires de François et RenĂ© encore plus ripoux qu'eux), Ripoux contre Ripoux suscite frĂ©quemment charme, humour, tendresse, espièglerie et sympathie sous l'impulsion d'acteurs notoires aussi impliquĂ©s qu'au prĂ©alable (Noiret / Lhermitte sont donc aussi attachants Ă  travers leur solidaritĂ© amiteuse indĂ©fectible Ă©maillĂ©e de dissensions houleuses lorsque ce dernier dĂ©cide de devenir un honnĂŞte commissaire). 

Sans compter une poignĂ©e de seconds-rĂ´les communĂ©ment convaincants pour rendre compte de l'aspect ludique de l'intrigue assez efficacement soutenue, notamment auprès de plages de tendresse romantiques qui nous manquent tant aujourd'hui Ă  travers la comĂ©die mainstream. Tant auprès de Line Renaud Ă©tonnamment juste et naturelle en belle de nuit au grand coeur, de la gironde et sĂ©millante Grace de Capitani en courtisane fervente amoureuse de François que de Jean-Claude Brialy en banquier discrètement vĂ©reux Ă  deux doigts de chavirer ou encore de Jean Benguigui en propriĂ©taire homo gĂ©rant d'un peep-show parisien. Quant aux prĂ©sences majeures de Guy Marchand et de Jean-Pierre Castaldi que l'on n'attendaient point ici, ils forment sans ambages un tandem de ripoux sans vergogne particulièrement rapaces, dĂ©tendus, insatiables, goguenards Ă  duper une petite dĂ©linquance francilienne, ancienne famille officieuse de François et RenĂ© sur le point de leur prĂŞter main forte dans leur fâcheuse posture pĂ©cuniaire. On retrouve Ă©galement pour renforcer son noble climat de fidĂ©litĂ© amicale et de passion amoureuse la partition mĂ©lancolique de Francis Lai esquissant Ă  nouveau avec fluiditĂ© les sĂ©quences intimistes fondĂ©es sur la simplicitĂ© des sentiments de chaudes retrouvailles et la peur de l'Ă©chec. 

Non franchement, Ripoux contre Ripoux est un honnĂŞte divertissement aussi affable qu'on aurait tort de bouder aujourd'hui. En tenant compte aussi de la nostalgie de cette Ă©poque rĂ©volue que le spectateur, impliquĂ©, perçoit avec sensibilitĂ©, amertume, quiĂ©tude, exaltation, qui plus est un sourire salvateur au terme du gĂ©nĂ©rique final. D'ailleurs le film cumulera quand mĂŞme Ă  sa sortie 2 910 070 entrĂ©es contre 5 882 397 amassĂ©s 6 ans plus tĂ´t. 

Ci-joint la chronique des Ripouxhttp://brunomatei.blogspot.fr/…/les-ripoux-cesar-du-meilleu…

*Bruno
2èx

vendredi 22 décembre 2023

Top 17 / Flop 2023

 1: Ex-aecquo


2: Ex-aecquo  

                 
3: Ex-aecquo


4: Ex-aecquo

                                                                                                                             
Quatuor de Coups de coeur: 

                      

              
      Dans le dĂ©sordre: 






Bonus: 



FLOP 2023