mardi 8 mai 2018

LA TAVERNE DE L'ENFER

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"Paradise Alley" de Sylvester Stallone. 1978. U.S.A. 1h47. Avec Sylvester Stallone, Lee Canalito, Armand Assante, Frank McRae, Anne Archer, Kevin Conway, Joe Spinell.

Sortie salles France: 16 Mai 1979. U.S: 22 Septembre 1978

FILMOGRAPHIE: Sylvester Stallone est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain, né le 6 Juillet 1946 à New-York. 1978: La Taverne de l'Enfer. 1979: Rocky 2, la Revanche. 1982: Rocky 3, l'Oeil du Tigre. 1983: Staying Alive. 1985: Rocky 4. 2006: Rocky Balboa. 2008: John Rambo. 2010: Expendables: Unité Spéciale.


Initialement Ă©crit par Sylvester Stallone avant Rocky, La Taverne de l'Enfer fut finalement portĂ© Ă  l'Ă©cran 2 ans après le succès de John G. Alvidsen. Bien qu'il se solda d'un Ă©chec commercial (en France, il totalise 475 283 entrĂ©es pour se classer 70è/70), la première rĂ©alisation de Stallone est une superbe Ă©popĂ©e humaine dĂ©crivant, non sans un certain brio stylisĂ© (suffit d'observer scrupuleusement son Ă©tonnant gĂ©nĂ©rique en trompe l'oeil ou encore le combat final perpĂ©trĂ© au sein d'un ring torrentiel !), le cheminement professionnel de laissĂ©s pour compte Ă©voluant dans le cadre new-yorkais d'Hell's Kitchen un an après la seconde guerre. De par sa reconstitution soignĂ©e que Stallone s'efforce Ă  redonner vie autour d'une faune urbaine marginalisĂ©e, La Taverne de l'Enfer nous plonge dans la moiteur des quartiers malfamĂ©s, entre insouciance des beuveries, bastonnades et dĂ©sespoir existentiel. En particulier auprès de trois frères italo-amĂ©ricains s'efforçant de survivre entre jobs prĂ©caires et p'tites combines. Mais Ă  la suite d'un bras de fer opposant son frère cadet Victor avec un caĂŻd,  Cosmo, sans emploi, dĂ©cide de l'initier aux combats de catch du fait de sa corpulence râblĂ©e. Et ce en dĂ©pit de la rĂ©ticence de l'aĂ®nĂ© Lenny travaillant comme embaumeur dans une morgue. PrĂ©cisons aussi que Victor est un livreur de glace dĂ©sireux de quitter l'AmĂ©rique pour l'Egypte en compagnie de sa voisine et qu'il est facilement influençable depuis sa dĂ©ficience morale. Autour de leur rapport fraternel assez virulent mais toutefois solidaire, Cosmo et Lenny se disputent d'autant plus l'autoritĂ© auprès d'une relation sentimentale de jeunesse.


Aventure humaine pleine de cocasseries (notamment auprès des intimidations extravagantes de mafieux Ă  la p'tite semaine), de drames (la sĂ©quence fortuite du suicide nous laisse un goĂ»t aigre dans la bouche) et de bons sentiments (Cosmo/Lenny se disputant un amour impossible), la Taverne de l'Enfer fut injustement occultĂ© Ă  cause du rĂ©cent phĂ©nomène Rocky. Car loin de nous offrir un Ă©pigone mercantile, Stallone, combine pour la 1ère fois son talent d'acteur, de conteur et de rĂ©alisateur avec une franche sincĂ©ritĂ© assortie de gĂ©nĂ©rositĂ©. Et ce mĂŞme si son personnage de marginal au grand coeur peut rappeler par instants (et surtout par ses mimiques amiteuses n'appartenant qu'Ă  son instinct fringant), le personnage de Balboa. Sauf qu'en l'occurrence Cosmo ne fait que coacher son frère cadet afin de l'amener vers la victoire pour profiter ensemble du magot. Le film gagnant notamment en intensitĂ© auprès des actions chorĂ©graphiĂ©es particulièrement violentes que de la caractĂ©risation humaine des personnages pleins de vulnĂ©rabilitĂ© mais pour autant dĂ©sireux d'emporter la mise entre une prise de conscience sur les consĂ©quences sanitaires du sport du catch (les rapports ambigus entre Cosmo et Lenny et l'inversion des rĂ´les qu'ils s'octroient durant leur rĂ©flexion personnelle pour la destinĂ©e de Victor). Passionnant et immersif (notamment auprès de la Taverne et du Paradise riches de dĂ©tails et Ă©clairĂ©s de lumières chaudes), La Taverne de l'Enfer transfigure des personnages bougrement attachants (tant auprès des seconds-rĂ´les fantaisistes que des trois frères unis par les liens du sang). Stallone, jamais prĂ©tentieux, s'efforçant de structurer son intrigue romantico-dramatique d'Ă©pisodes humoristiques fougueux en plus du charisme patibulaire de seconds-couteaux irrĂ©sistibles (notamment Joe Spinell en arbitre vĂ©reux affublĂ© d'un costume de clown !).


OccultĂ©, pour ne pas dire discrĂ©ditĂ© du fait de sa faible notoriĂ©tĂ©, La Taverne de l'Enfer est Ă  rĂ©habiliter d'urgence. Première vraie rĂ©ussite de Stallone en tant que cinĂ©aste en herbe nous dĂ©crivant avec une tendre humanitĂ© jamais outrĂ©e une preuse Ă©popĂ©e sur les losers en quĂŞte de discernement, de dignitĂ© et d'ascension.  

* Bruno
3èx

dimanche 6 mai 2018

THE FLORIDA PROJECT

                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site robbinsrealm.wordpress.com

de Sean Baker. 2017. U.S.A. 1h51. Avec Brooklynn Kimberly Prince, Bria Vinaite, Willem Dafoe, Valeria Cotto, Christopher Rivera, Mela Murder.

Sortie salles France: 20 Décembre 2017. U.S; 6 Octobre 2017

FILMOGRAPHIESean S. Baker est un réalisateur et scénariste américain né à New York (États-Unis). 2000 : Four Letter Words. 2004 : Take Out (co-réalisé avec Tsou Shih-ching). 2008 : Prince of Broadway. 2012 : Starlet. 2015 : Tangerine. 2017 : The Florida Project.


Portrait au vitriol d'une mère monoparentale asociale résolument paumée, impudente et instable car marginalisée par son sédentarisme sur la corde raide, The Florida Project est une comédie sociétale bipolaire, assez difficilement apprivoisable selon mon jugement de valeur.
La faute incombant notamment à une certaine redondance à daigner trop insister sur la banalité quotidienne de cette dernière livrée à sa glauque médiocrité et des pitreries de sa fille influençable follement irrévérencieuse. Pour autant, et grâce à son interprétation d'un naturel indiscutable, le récit davantage amer laisse distiller une vibrante humanité, notamment grâce à son ultra réalisme documenté si bien que les 20 dernières minutes d'une gravité désespérée nous laisse sur le bitume quant aux conséquences dramatiques de cet échec maternel. On en sort donc déprimé et bouleversé si bien que l'émotion cuisante nous saisit à la gorge avec une acuité insupportable.

P.S: Méfiez vous de la bande-annonce extrêmement fallacieuse puisqu'il n'est aucunement question de comédie cocasse et légère carburant aux sentiments extravagants des postures rebelles.

* Bruno

Box Office France : 167 396 entrées

vendredi 4 mai 2018

FASCINATION

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmaffinity.com

de Jean Rollin. 1979. France. Avec Brigitte Lahaie, Franca Maï, Jean-Marie Lemaire, Fanny Magier, Évelyne Thomas, Sophie Noël, Muriel Montossé.

Sortie salles France: 2 Janvier 1980 (int - 18 ans)

FILMOGRAPHIE: Jean Michel Rollin, Roth Le Gentil est un réalisateur, producteur et scénariste français, né le 3 novembre 1938 à Neuilly-sur-Seine (France), décédé le 15 Décembre 2010.
1958 : Les Amours jaunes, 1961 : Ciel de cuivre, 1963 : L'Itinéraire marin, 1964 : Vivre en Espagne, 1965 : Les Pays loin, 1968 : Le Viol du vampire, 1969 : La Vampire nue, 1970 : Le Frisson des vampires, 1971 : Requiem pour un vampire, 1973 : La Rose de fer, 1974 : Les Démoniaques, 1975 : Lèvres de sang, 1978 : Les Raisins de la mort, 1979 : Fascination,1980 : La Nuit des traquées, 1981 : Fugues mineures (Les Paumées du petit matin, 1981 :Le Lac des morts vivants (sous le pseudonyme de J. A. Lazer), 1982 : La Morte vivante, 1984 :Les Trottoirs de Bangkok, 1985 : Ne prends pas les poulets pour des pigeons (sous le pseudonyme de Michel Gentil), 1989 : Perdues dans New York, 1990 : La Griffe d'Horus(TV), 1991 : À la poursuite de Barbara, 1993 : Killing Car, 1997 : Les Deux Orphelines vampires, 2002 : La Fiancée de Dracula, 2007 : La Nuit des horloges, 2010 : Le Masque de la Méduse.


ConsidĂ©rĂ© comme un vulgaire tâcheron dans les annĂ©es 70 et 80 puis peu Ă  peu reconnu comme un auteur chez une communautĂ© de fans, principalement en Angleterre, Jean Rollin est bel et bien le franc-tireur atypique que la France bien pensante a souvent occultĂ©. Faute du jeu amateur de ses interprètes, de sa mise en scène au budget plus que prĂ©caire et de ses histoires sans queue ni tĂŞte. Et pourtant, de par sa sincĂ©ritĂ© et son amour pour le cinĂ©ma Ă©rotico-fantastique, son goĂ»t pour l'esthĂ©tisme onirique (tant auprès d'un environnement naturel feutrĂ©, de ses nymphettes en position lascive que des bâtisses et monuments gothiques superbement Ă©clairĂ©s), Jean Rollin nous aura lĂ©guĂ© une dizaine de films inĂ©gaux souvent fascinants, voir mĂŞme envoĂ»tants Ă  travers leur charme permĂ©able quasi indicible. Ce qui survient Ă  point nommĂ© avec Fascination, l'une de ses oeuvres les plus accessibles et rĂ©ussies illustrant avec une dĂ©licate attention la prise d'otage d'un truand auprès de deux lesbiennes domestiques confinĂ©es dans leur château.


Tandis qu'un peu plus tard, les rĂ´les seront amenĂ©s Ă  s'inverser lorsqu'une confrĂ©rie de convives fĂ©minines frapperont Ă  leur porte afin d'entamer leur liturgie annuelle. Etrange, vĂ©nĂ©neux, magnĂ©tique, ensorcelant auprès de tĂŞtes d'affiches charnelles n'hĂ©sitant pas Ă  se dĂ©vĂŞtir dans leur plus simple appareil, Fascination constitue une invitation au fantasme opaque chez des misandres d'une audace aussi insidieuse que licencieuse. Jean Rollin recourant Ă  l'expectative de cette fameuse procession rĂ©unissant au sein du salon de gentes dames Ă  la fois aguicheuses, interlopes et provocatrices. Quand bien mĂŞme au prĂ©alable nous aurions fait connaissance avec deux châtelaines (la sublime Brigitte Lahaie très Ă  l'aise en aguicheuse effrontĂ©e et Franca MaĂŻ, fraĂ®chement naturelle en gouvernante ambivalente) prises Ă  parti avec un malfaiteur rĂ©solument machiste. Comme de coutume chez Rollin, le jeu théâtral de sa distribution et ses ellipses narratives semĂ©es d'incohĂ©rences et maladresses peuvent de prime abord rebuter le spectateur non averti. Pour autant, la franche sincĂ©ritĂ© de ces interprètes Ă©tonnamment attachants (jeu de soumission/domination autour d'une guerre des sexes) et sa succession de sĂ©quences Ă©tranges conçues sur l'emprise lubrique et la violence morbide nous magnĂ©tisent l'esprit auprès d'une scĂ©nographie stylisĂ©e, et ce en dĂ©pit de ces dĂ©cors limitĂ©s. Le tout accompagnĂ© d'une contribution musicale lancinante de Philippe d'Aram se prĂŞtant Ă  merveille au climat fantastique d'une aura sensiblement indolente.


Fantasmatique, baroque et enivrant parmi la synergie de l'Ă©rotisme et de l'horreur (on y taille les victimes Ă  la grande faux !), Fascination recourt Ă  l'expĂ©rience cinĂ©gĂ©nique hors norme de la part d'un artiste fĂ©ru de ces actrices et d'un cadre naturel flirtant avec le gothisme polisson. Et ce Ă  travers un thème majeur du genre (dont je tairais l'indice mĂŞme si on y devine facilement son dĂ©nouement) traitĂ© Ă  la fois avec une certaine originalitĂ© et une ambition auteurisante. Une perle du genre donc au vĂ©nĂ©neux pouvoir de sĂ©duction si bien qu'Ă  la revoyure il semble aussi prĂ©gnant qu'Ă  l'Ă©poque de sa (discrète) sortie. 

* Bruno
2èx

jeudi 3 mai 2018

ABYSS

                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site voiceofcinema.wordpress.com

de James Cameron. Ed Harris, Mary Elizabeth Mastrantonio, Michael Biehn, Leo Burmester, Todd Graff, John Bedford Lloyd, J. C. Quinn, Kimberly Scott.

Sortie salles France: 27 Septembre 1989. U.S: 9 Août 1989

FILMOGRAPHIE: James Francis Cameron est un réalisateur, scénariste et producteur canadien, né le 16 Août 1954 à Kapuskasing (Ontario, Canada). 1978: Kenogenis (court-métrage). 1981: Piranhas 2, les Tueurs Volants. 1984: Terminator. 1986: Aliens, le Retour. 1989: Abyss. 1991: Terminator 2. 1994: True Lies. 1997: Titanic. 2003: Les Fantomes du Titanic. 2005: Aliens of the Deep. 2009: Avatar.


                            "Lorsque vous regardez l'abysse, l'abysse vous regarde aussi"

Spectacle d'aventures homĂ©riques Ă  la croisĂ©e de l'anticipation fĂ©erique Ă  faire pâlir de jalousie le maĂ®tre incontestĂ© Steven Spielberg (on songe clairement Ă  Rencontres du 3è type lors de son dĂ©nouement enchanteur dĂ©ployant la vision dantesque d'une citĂ© inconnue), Abyss demeure le chef-d'oeuvre maudit de James Cameron toujours apte Ă  relever les dĂ©fis outre-mesure. La faute incombant Ă  des conditions de tournages inĂ©vitablement houleuses (99% de l'action se dĂ©roule sous l'eau si bien que Cameron a construit une vĂ©ritable centrale nuclĂ©aire au sein d'une cuve contenant des milliers de litres d'eau !) et Ă  un Ă©chec commercial cuisant, et ce en dĂ©pit des 1 990 271 entrĂ©es sur notre territoire. D'une beautĂ© formelle capiteuse et d'une intensitĂ© claustro Ă  couper le souffle au sens littĂ©ral chez les plus vulnĂ©rables, Abyss enchaĂ®ne rebondissements et pĂ©ripĂ©ties Ă  une cadence effrĂ©nĂ©e si bien que le spectateur n'a pas le temps de reluquer son cadran (en dĂ©pit de sa durĂ©e exclusive) lorsqu'une poignĂ©e de commandos, proprios d'une plate-forme de forage pĂ©trolier n'auront de cesse de transcender les bravoures afin de rĂ©cupĂ©rer du fond de l'ocĂ©an une ogive nuclĂ©aire. Car au prĂ©alable, un sous-marin amĂ©ricain y percuta un objet non identifiĂ© pour s'Ă©craser dans l'abysse sans y laisser de quelconque survivant.


D'un rĂ©alisme ultra documentĂ© par son souci du dĂ©tail technique et sa plĂ©thore d'engins sous-marins que nos hĂ©ros manipuleront pour l'enjeu de leur survie, Abyss nous immerge de plein fouet au fond du crĂ©puscule ocĂ©anique avec son lot d'incidents techniques et humains qu'ils devront parfaire lors du surpassement de soi. DoublĂ© d'une superbe histoire d'amour entre un duo d'amants en discorde conjugale mais pour autant prĂŞt Ă  s'unifier dans la pugnacitĂ© et le sens du sacrifice afin de sauver leur couple, Abyss insuffle une intensitĂ© dramatique jamais gratuite, eu Ă©gard de la caractĂ©risation des personnages au caractère bien trempĂ© (Mary Elizabeth Mastrantonio en impose dans l'autoritĂ© frondeuse), entre vaillance solidaire, rĂ©bellion (erratique !) et fragilitĂ© humaine, et d'une action ultra spectaculaire au service narratif. James Cameron prenant soin de renchĂ©rir les Ă©vènements catastrophiques autour d'une intrigue oppressante habilement structurĂ©e se combinant habilement Ă  la digression d'une intrusion extra-terrestre. Plus prĂ©cisĂ©ment une INT (intelligence non terrestre) que le cinĂ©astes parvient Ă  donner chair Ă  l'aide d'effets visuels "fluos" ou "minĂ©raux" convaincants Ă  dĂ©fauts d'ĂŞtre transcendants (Oscar des meilleurs effets visuels Ă  l'Ă©poque). Et donc, en prime de nous offrir un grand spectacle pyrotechnique par son rĂ©alisme inĂ©galĂ©, Cameron se permet Ă©galement d'y lĂ©nifier sa dramaturgie progressive au grĂ© d'une invitation au rĂŞve et Ă  l'Ă©vasion. Car outre son hymne Ă  la bravoure et Ă  la constance; Abyss dĂ©clare autant sa flamme aux mondes inconnus d'une intelligence singulière apte Ă  communiquer avec l'Ă©tranger.


Un hymne à la vie, au pacifisme et à l'existence au delà des frontières de l'inconnu.
Gros morceau de bravoure d'un rĂ©alisme Ă©bouriffant oscillant avec l'esprit candide d'un Spielberg Ă  sa pĂ©riode la plus divine (dans son sens innĂ© du merveilleux), Abyss confine au chef-d'oeuvre le plus abouti chez Cameron on ne peut plus circonspect et tatillon Ă  relever le dĂ©fi du rĂŞve, de l'illusion et de la fĂ©erie sur la toile. Le maestro rĂ©inventant le cinĂ©ma Ă  grand spectacle Ă  sa notion la plus  intègre, noble et Ă©purĂ©e !   

* Bruno

Anecdote ayant créée une polĂ©mique lors de sa sortie (source Wikipedia):
Le fluide respiratoire employé dans le film pour plonger en grande profondeur existe réellement. De plus, la scène où un rat est emprisonné dans une cage et respire du liquide n'est pas truquée. Cela a attiré les foudres des associations de protection d'animaux ; cette scène a même été supprimée de la version sortie au Royaume-Uni.

Récompense: Oscar des meilleurs effets visuels, 1989

mercredi 2 mai 2018

SUDDEN IMPACT

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Clint Eastwood. 1983. U.S.A. 1h57. Avec Clint Eastwood, Sondra Locke, Pat Hingle, Bradford Dillman, Paul Drake, Audrie J. Neenan, Jack Thibeau.

Sortie salles France: 22 Août 1984. U.S: 9 Décembre 1983

FILMOGRAPHIE: Clint Eastwood est un acteur, réalisateur, compositeur et producteur américain, né le 31 Mai 1930 à San Francisco, dans l'Etat de Californie. 1971: Un Frisson dans la Nuit. 1973: L'Homme des Hautes Plaines. 1973: Breezy. 1975: La Sanction. 1976: Josey Wales, Hors la Loi. 1977: L'Epreuve de Force. 1980: Bronco Billy. 1982: Firefox, l'arme absolue. 1982: Honkytonk Man. 1983: Sudden Impact. 1985: Pale Rider. 1986: Le Maître de Guerre. 1988: Bird. 1990: Chasseur Blanc, Coeur Noir. 1990: La Relève. 1992: Impitoyable. 1993: Un Monde Parfait. 1995: Sur la route de Madison. 1997: Les Pleins Pouvoirs. 1997: Minuit dans le jardin du bien et du mal. 1999: Jugé Coupable. 2000: Space Cowboys. 2002: Créance de sang. 2003: Mystic River. 2004: Million Dollar Baby. 2006: Mémoires de nos pères. 2006: Lettres d'Iwo Jima. 2008: L'Echange. 2008: Gran Torino. 2009: Invictus. 2010: Au-delà. 2011: J. Edgar. 2014: Jersey Boys. 2015: American Sniper.


4è opus rĂ©alisĂ© pour le coup par Eastwood himself, Sudden Impact rĂ©colta le meilleur succès commercial de la saga mĂŞme si en France il ne totalise que 937 881 entrĂ©es. Pour autant, et en dĂ©pit du soin accordĂ© Ă  la rĂ©alisation parfois stylisĂ©e et du charisme saillant de l'icone Eastwood (du haut de ces 53 printemps !), Sudden Impact pâti d'un scĂ©nario beaucoup moins Ă©toffĂ© et surprenant que ces prĂ©dĂ©cesseurs si bien qu'il vogue sur le filon conventionnel du Vigilante movie avec son lot d'exactions opĂ©rationnelles perpĂ©trĂ©es ici par une ange exterminatrice. Sondra Locke insufflant avec  Ă©lĂ©gance flegme une trouble intensitĂ© lors de sa folie meurtrière Ă©maillĂ©e de visions dĂ©rangeantes issues de son passĂ© traumatique. A la suite de la dĂ©couverte macabre d'un homme ayant Ă©tĂ© froidement abattu d'une balle dans les valseuses et dans la tĂŞte, Harry Callahan mène l'enquĂŞte entre deux règlements de compte parmi des braqueurs et des mafieux. Un second meurtre perpĂ©trĂ© dans les mĂŞmes circonstances l'amène Ă  penser qu'il s'agirait d'une vendetta personnelle et que d'autres victimes viendront sans doute s'ajouter au tableau de chasse du tueur. 


Western urbain (et non plus polar !) efficacement menĂ© grâce Ă  son rythme fertile en actions ostentatoires (notamment auprès de ses 45 premières minutes particulièrement ludiques si bien que Clint Eastwood s'autoparodie avec une certaine dĂ©rision), Sudden Impact affiche un certain second degrĂ© en dĂ©pit de la gravitĂ© de son thème (la loi du talion du point de vue d'une victime de viol contrainte d'opĂ©rer elle mĂŞme sa propre justice) stigmatisant Ă  nouveau le laxisme juridictionnel comme le souligne son prologue sarcastique. Notamment auprès de la caractĂ©risation stĂ©rĂ©otypĂ©e de 3 malfrats jouant les provocateurs avec une outrance un peu trop contrastĂ©e. D'autres antagonistes majeures et secondaires afficheront Ă©galement une posture aussi "clichĂ©e" (notamment dans l'hĂ©bĂ©tude) durant la traque de Harry dĂ©libĂ©rĂ© Ă  les coincer après avoir menĂ© sa p'tite enquĂŞte et rencontrĂ© l'Ă©trange Jennifer. En revanche, dans le rĂ´le haĂŻssable d'une matrone Ă  l'Ă©loquence triviale, Audrie J. Neenan crève l'Ă©cran Ă  chacune de ses vulgaires apparitions, quand bien mĂŞme Eastwood renforce ici son profil de cow-boy avec la classe virile et les rĂ©pliques cinglantes qu'on lui connait. L'intrigue se clĂ´turant en bonne et due forme (tueries en règle) auprès d'une dernière demi-heure haletante lorsque Harry tentera de poursuivre les derniers assaillants en prĂŞtant main forte au propre coupable.


Sans surprise et moins percutant que ces aĂ®nĂ©s, Sudden Impact n'en demeure pas moins un efficace spectacle de sĂ©rie B Ă  la violence Ă©pique, correctement troussĂ© et interprĂ©tĂ©. 

* Bruno
4èx

MALFRAT: Qu'est-ce qu'tu fous, espèce de trou du cul ?
CALLAHAN : Tous les jours depuis une dizaine d'annĂ©es, mon amie Loretta me sert un grand cafĂ© noir sans sucre. Aujourd'hui, elle m'a bien servi un cafĂ© noir, mais il Ă©tait horriblement sucrĂ©… C'Ă©tait Ă©cĹ“urant ! Alors naturellement, je viens me plaindre…Ceci dit mes jolis, posez votre artillerie.
MALFRAT: HĂ©, quoi ?
CALLAHAN: Parce que nous n'allons pas vous laisser partir comme ça.
MALFRAT: Qui c'est "nous" ? Connard.
CALLAHAN: Smith… Wesson… et moi !

mardi 1 mai 2018

LA GRANDE EVASION

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site senscritique.com

"The Great Escape" de John Sturges. 1963. U.S.A. 3h00. Avec Steve McQueen, James Garner, Richard Attenborough, James Donald, Hannes Messemer, James Coburn, Charles Bronson, Donald Pleasence, David McCallum, Gordon Jackson, Nigel Stock, John Leyton, Angus Lennie.

Sortie salles France: 11 Septembre 1963. U.S: 4 Juillet 1963

FILMOGRAPHIE: John Sturges est un réalisateur et producteur de films américain né le 3 janvier 1910 à Oak Park (Illinois) et mort le 18 août 1992 à San Luis Obispo (Californie).1948 : Le Signe du Bélier. 1949 : Les Aventuriers du désert. 1950 : La Capture. 1950 : Le Mystère de la plage perdue. 1950 : Right cross. 1950 : The Magnificent Yankee. 1951 : Kind Lady. 1951 : Le peuple accuse O'Hara. 1951 : It's a Big Country. 1953 : Fort Bravo. 1953 : La Plage déserte. 1954 : Un homme est passé. 1955 : Duel d'espions. 1955 : La Vénus des mers chaudes. 1956 : Coup de fouet en retour. 1957 : Règlements de comptes à OK Corral. 1958 : Le Trésor du pendu. 1958 : Le Vieil Homme et la mer. 1959 : La Proie des Vautours. 1958 : Le Dernier Train de Gun Hill. 1960 : Les Sept Mercenaires. 1961 : Par l'amour possédé. 1962 : Citoyen de nulle part. 1962 : Les Trois Sergents. 1963 : La Grande Évasion. 1965 : Station 3 : Ultra Secret. 1965 : Sur la piste de la grande caravane. 1967 : Sept secondes en enfer. 1968 : Destination Zebra, station polaire. 1969 : Les Naufragés de l'espace. 1972 : Joe Kidd. 1973 : Chino. 1974 : Un silencieux au bout du canon. 1976 : L'aigle s'est envolé.


Ce film est tirĂ© d'une histoire vraie. Les personnages sont inspirĂ©s d'hommes ayant existĂ©. L'endroit et la durĂ©e ont Ă©tĂ© adaptĂ©s. Mais chaque dĂ©tail de l'Ă©vasion a Ă©tĂ© respectĂ©. 

Immense succès Ă  sa sortie internationale si bien qu'il se classe sur notre territoire n°1 au Box-office avec 8 755 029 entrĂ©es, la Grande Evasion s'inspire d'un fait historique singulier lorsque des centaines de prisonniers de guerre anglais, canadiens, australiens, polonais et amĂ©ricains tentent de prendre la poudre d'escampette en construisant durant des mois un long tunnel sous leur camp allemand. DirigĂ© par John Sturges, un des maĂ®tres du cinĂ©ma d'action ("Ă  l'ancienne" diront les puristes !) rĂ©unissant pour l'occasion une distribution incandescente (Steve McQueen, James Garner, Richard Attenborough, James Donald, Hannes Messemer, James Coburn, Charles Bronson, Donald Pleasence, David McCallum, rien que ça !), la Grande Evasion constitue une rĂ©fĂ©rence du divertissement hollywoodien sous couvert d'une improbable Ă©vasion carcĂ©rale que le rĂ©alisateur parvient Ă  mettre en image avec un art consommĂ©. Et ce en dĂ©pit d'un tournage houleux, de réécritures du scĂ©nario, du dĂ©sistement et comportement capricieux de certains acteurs, Steve McQueen en tĂŞte puisque sceptique des ambitions du cinĂ©aste avec qui il collabora plus tĂ´t sur le tournage des 7 mercenaires ! Car utilisant Ă  bon escient un humour permanent auprès du comportement arrogant, inĂ©vitablement insidieux, obtus et burnĂ© de prisonniers fĂ©rus de libertĂ© (Mc Queen emportant la mise de la provocation en casse-cou stoĂŻque multirĂ©cidiviste du "frigo"), John Sturges dĂ©peint leurs portraits hĂ©tĂ©roclites avec une dimension aussi bien hĂ©roĂŻque que parfois fragile.


Notamment si je me rĂ©fère aux profils du "faussaire" (subitement atteint de cĂ©citĂ©) et au "roi du tunnel" (claustrophobe finalement ingĂ©rable que Charles Bronson retransmet avec une impressionnante apprĂ©hension viscĂ©rale !), sans compter l'issue tragique de la "taupe" et de plusieurs fugitifs dont le film leur dĂ©die leur disparition en lieu et place d'Ă©pilogue. Mais si La Grande Evasion s'avère aussi jouissif et magnĂ©tique auprès de la posture si charismatique et attachante (parce que dĂ©contractĂ©e en dĂ©pit de leur condition d'isolement) de ces acteurs d'autrefois, il le doit Ă©videmment Ă  l'impensable reconstitution du plan d'Ă©vasion. De la gestion aux prĂ©paratifs matĂ©riels jusqu'Ă  la construction du tunnel et leur fameuse escapade nocturne. John Sturges prenant soin de nous authentifier les dĂ©marches pĂ©rilleuses de ces centaines de dĂ©tenus parmi le souci du dĂ©tail technique et leur intelligence Ă©mĂ©rite. Ceux ci s'exposant quotidiennement aux risques couillus sous l'oeil inhospitalier des allemands n'hĂ©sitant pas Ă  recourir Ă  la violence expĂ©ditive pour les plus audacieux d'entre eux ! Quant Ă  la seconde partie retraçant de manière aussi avisĂ©e et charpentĂ©e l'Ă©chappĂ©e ardue de plusieurs d'entre eux, la Grande Evasion perdure un suspense autrement palpitant et oppressant quant Ă  l'Ă©ventuel succès de leur exploit outre-mesure. Le spectateur suivant attentivement leur itinĂ©raire autonome Ă  travers l'Allemagne, entre perplexitĂ© angoissĂ©e et aspiration fĂ©brile.


Chef-d'oeuvre du film d'Ă©vasion carcĂ©rale, La Grande Evasion immortalise sous une forme ludique indiscutablement intègre et aboutie cette odyssĂ©e hĂ©roĂŻque de la seconde guerre avec une dimension humaine Ă  la fois cocasse et poignante. Si bien que le chiffre 50 s'alloue d'une rĂ©sonance amère Ă  l'issue de leur bravoure de longue haleine. 

* Bruno

Récompense: Prix du Meilleur acteur pour Steve McQueen au Festival de Moscou, 1963.

lundi 30 avril 2018

MAGNUM FORCE

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Ted Post. 1973. U.S.A. 2h02. Avec Clint Eastwood, Hal Holbrook, Mitch Ryan, David Soul, Tim Matheson, Kip Niven, Robert Urich.

Sortie salles France: 27 Février 1974 (Int - 13 ans). U.S: 25 Décembre 1973

FILMOGRAPHIE: Ted Post est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et acteur amĂ©ricain nĂ© le 31 mars 1918 Ă  Brooklyn, dans l'État de New York (États-Unis), et mort le 20 aoĂ»t 2013 Ă  Santa Monica, en Californie (États-Unis). 1956 : The Peacemaker. 1959 : The Legend of Tom Dooley. 1968 : Pendez-les haut et court. 1970 : Le Secret de la planète des singes. 1970 : Night Slaves (en) (TV). 1971 : Dr. Cook's Garden (TV). 1971 : Yuma (TV). 1971 : Five Desperate Women (TV). 1971 : Do Not Fold, Spindle, or Mutilate (TV). 1972 : The Bravos (TV). 1972 : Sandcastles (TV). 1973 : The Baby. 1973 : The Harrad Experiment. 1973 : Magnum Force. 1975 : L'Infirmière de la compagne casse-cou. 1978 : Le Merdier. 1978 : Le Commando des tigres noirs. 1980 : Nightkill. 1981 : Cagney et Lacey (TV). 1986 : Stagecoach (TV). 1992 : The Human Shield. 1999 : 4 Faces. 2000 : Old Pals.


Maniac Cops.
Sans atteindre le niveau du chef-d'oeuvre de Don Siegel, Magnum Force est une excellente sĂ©quelle tirant parti d'une intrigue aussi originale que solidement structurĂ©e (un quatuor de flics se transforment en justiciers meurtriers pour se venger du laxisme des tribunaux) que Clint Eastwood tente de dĂ©mĂŞler avec son traditionnel sens de provocation et ses rĂ©currentes ripostes expĂ©ditives. Comme de coutume affublĂ© d'un supĂ©rieur outrecuidant (l'excellent Hal Holbrook prenant plaisir Ă  dĂ©nigrer son partenaire Ă  chacune de leur confrontation !), il s'oppose Ă  sa hiĂ©rarchie de manière autrement plus mesurĂ©e (faute de sa rĂ©putation peu glorieuse traitĂ©e dans le prĂ©cĂ©dent volet), quand bien mĂŞme Ted Post a l'idĂ©e retorse de relancer l'intrigue (Ă  travers la piste d'un faux suspect Ă  alpaguer) au moment oĂą Harry pense avoir dĂ©masquer les coupables.


Outre l'impact spectaculaire de quelques séquences d'action qui interfèrent durant l'enquête (le braquage dans l'épicerie, la prise d'otage dans l'avion, la course-poursuite finale), on est surpris par la grande violence des exactions vindicatives si bien que la plupart des victimes sont assassinées à bout portant avec une froideur quasi insupportable. Alors qu'à un moment du récit un macro se débarrassera d'une de ses prostituées de la manière la plus vile lors d'une séquence hautement malsaine non explicite. L'aspect fétichiste de ces motards en cuir et lunettes noires, leur flegme faussement rassurant renforçant notamment l'aspect inquiétant (mêlé de fascination) de leur dérive meurtrière si bien que tous témoins gênants y sont également réprimés. On peut d'ailleurs prétendre que Magnum Force est sans doute le volet le plus brutal de la saga par son souci de réalisme âpre typique d'une certaine manière à la sacro-sainte époque des Seventies. Enfin à titre subsidiaire, on apprécie également la présence à contre-emploi de David Soul assez convaincant en flic véreux s'opposant à Harry de manière aimablement insidieuse.

* Bruno

samedi 28 avril 2018

THE TERROR

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

créé par David Kajganich et Soo Hugh et produit par Ridley Scott. 2017. 10 Episodes de 45 à 55'. U.S.A. Avec Jared Harris, Tobias Menzies, Paul Ready, Adam Nagaitis, Ian Hart, Nive Nielsen, Ciarán Hinds.

Diffusion TV U.S/France: 26 Mars 2018

Synopsis: 1847. L'équipage du navire britannique "Terror" se retrouve coincé au milieu des glaces après avoir tenté de regagner le passage du Nord-Ouest au Canada. Leur périple suicidaire s'avère d'autant plus infortunée qu'une étrange créature tapie dans l'ombre les dévore un à un !


BasĂ© sur une histoire vraie d'après le roman Ă©ponyme de Dan Simmonss, The Terror fait office d'expĂ©rience viscĂ©rale aussi Ă©prouvante que suffocante ! Tant et si bien que rarement une sĂ©rie TV nous aura fait participer de manière si immersive et sensitive Ă  un cauchemar Ă  la fois extrĂŞme, et escarpĂ© sous le pilier du survival irrationnel. Les auteurs archi douĂ©s dans leur dĂ©marche alchimiste d'y soigner le cadre hivernal rĂ©solument aphone et inquiĂ©tant ainsi que l'Ă©tude caractĂ©rielle des personnages (notamment l'ambivalence du capitaine Francis Crozier de cĂ©der Ă  l'alcoolisme lors d'une soudaine faiblesse morale avant de se tailler un cheminement cĂ©rĂ©bral vers l'espoir) parvenant Ă  distiller au fil des Ă©pisodes une angoisse psychologique tangible. Notamment grâce au jeu expressif des comĂ©diens compromis par leur Ă©tat de peur, de dĂ©tresse, de nĂ©gligence, de langueur et de dĂ©pression. Sans compter ce climat Ă©thĂ©rĂ© de silence dĂ©moniaque planant au dessus de leurs Ă©paules alors que ces derniers profondĂ©ment amers et esseulĂ©s (notamment faute de prĂ©sence fĂ©minine si on excepte la prĂ©sence suspicieuse d'une esquimau autonome), amoindris par la fatigue, la faim et la maladie (pour certains) contemplent la topographie placide de l'Arctique avec un dĂ©sagrĂ©ment fiĂ©vreux. VĂ©ritable drame psychologique donc transplantĂ© dans le cadre du genre horrifique, The Terror nous dĂ©peint avec un vĂ©risme rigoureux (limite insupportable parfois pour son aura malsaine ou sa violence glauque en opposition avec le blanc immaculĂ© de la neige) l'interminable descente aux enfers "rĂ©frigĂ©rante" de ces explorateurs s'acharnant Ă  retrousser leur manche pour se dĂ©pĂŞtrer d'une situation d'immobilisation davantage ingĂ©rable afin de regagner coĂ»te que coĂ»te le Canada. Mais Ă  quel prix ?


Et ce, tout en s'efforçant de dĂ©jouer une menace invisible d'une fĂ©rocitĂ© radicale car survenant aux moments les plus inopportuns. A cet Ă©gard, la crĂ©ature vĂ©loce semblable Ă  un ours polaire tumĂ©fiĂ© provoque chez le spectateur un sentiment de terreur et d'impuissance morale face Ă  ces rares apparitions destructrices oĂą la bestialitĂ© s'avère le maĂ®tre mot ! Les auteurs jouant admirablement avec l'effet de suggestion afin de mieux fasciner si bien que le plus substantiel dans cette tragĂ©die humaine terriblement âpre, tendue, vide d'espoir, est d'y radiographier l'Ă©volution des protagonistes mis Ă  mal Ă  jauger leur courage, leur rĂ©silience mais aussi leur confiance auprès de l'autre (ce que la seconde partie se chargera de nous autopsier avec une rigueur encore plus ardue). Car outre les pathologies inexpliquĂ©es de certains d'entre eux, la tempĂ©rature glaçante de l'arctique (aussi photogĂ©nique que celle de The Thing sans contestation possible !), la dissension morale que se disputent le Capitaine Francis Crozier avec le Capitaine Sir John Franklin (celle d'un enjeu humain) et la menace monstrueuse terriblement sournoise, la lente dĂ©liquescence morale d'un des leurs (on n'est pas prĂŞt d'oublier le jeu lestement provocateur, vĂ©nĂ©neux, pour ne pas dire dĂ©moniaque d'Adam Nagaitis par la mesquinerie de son regard ironiquement vĂ©reux !) va mener l'Ă©quipage Ă  la fragmentation meurtrière. Et de renchĂ©rir Ă  cet instant d'ultime survie dans la dĂ©veine et l'animositĂ© la plus immorale en empruntant l'alibi du cannibalisme pour subvenir aux besoins nutritifs ! Tout un programme donc de règlements de compte barbares et criminelles, faute d'anarchie, de dĂ©tĂ©rioration morale depuis leur paranoĂŻa progressive Ă  suspecter ou mĂ©sestimer l'autre, notamment par esprit de rancoeur ou de vendetta. Tandis qu'au centre de leur discorde, un docteur philanthrope s'efforcera avec humilitĂ© de calmer les esprits tout en se rapprochant de l'inquiĂ©tante invitĂ© surprise: une jeune esquimau dĂ©pitĂ©e par la mort de son père.


Une tragĂ©die historique Ă  son apogĂ©e de l'horreur. 
Descente aux enfers inextinguible chez une poignĂ©e d'explorateurs ankylosĂ©s par la poisse, la maladie et la mort la plus inĂ©quitable, The Terror irrigue nos pores d'un sentiment d'angoisse dĂ©pressive face Ă  la terreur sournoise d'une menace animale et humaine oĂą l'individualitĂ© prime. 
A marquer d'une pierre blanche auprès d'un casting en or massif !

* Bruno

Listing.
  1: Jouer son va-tout (Go for Broke)
  2: Le Lieutenant Gore (Gore)
  3: L'Échelle (The Ladder)
  4: Puni comme un simple mousse (Punished, as a Boy)
  5: Pas de seconde chance (First Shot a Winner, Lads)
  6: RĂ©pit (A Mercy)
  7: L'Horreur et le souper (Horrible from Supper)
  8: Le Camp est sĂ©curisĂ© (Terror Camp Clear)
  9: La Mer, la mer, la haute mer (The C, the C, the Open C)
10: Nous sommes partis (We Are Gone)

vendredi 27 avril 2018

TRON

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Steven Lisberger. 1982. U.S.A. 1h36. Avec Jeff Bridges, Bruce Boxleitner, David Warner, Cindy Morgan, Barnard Hughes, Dan Shor, Peter Jurasik

Sortie salles France: 15 Décembre 1982. U.S:

FILMOGRAPHIE: Steven Lisberger est un rĂ©alisateur amĂ©ricain, nĂ© le 21 avril 1951 Ă  New York. 1980 : Animalympics (producteur + scĂ©nariste). 1982: Tron: (+ scĂ©nariste + concepteur des effets visuels). 1987: Hot Pursuit (+ scĂ©nariste). 1989: Le souffle du futur.


S'il n'eut pas le succès escompté lors de sa sortie internationale (en France il totalise 906 149 entrées et se classe 46è/60), Tron est devenu au fil des décennies un film culte auprès des fans de science-fiction grâce à son concept révolutionnaire utilisant pour la 1ère fois des images de synthèse par ordinateur. Empruntant les thématiques de l'intelligence artificielle et du jeu-video avec un réalisme halluciné, Tron continue aujourd'hui de fasciner à travers son univers virtuel littéralement envoûtant que Steven Lisberger parvient à crédibiliser avec une inventivité constante et des FX toujours aussi impressionnants. Le souci du détail des décors labyrinthiques, les personnages synthétiques en quête de surpassement et les vaisseaux antagonistes sur le qui-vive se combinant à merveille dans leur propre univers factice pour nous donner le vertige. Immersif et dépaysant en diable donc, Tron multiplie les morceaux de bravoure jouissifs lorsqu'un concepteur de jeu video se retrouve projeté à l'intérieur de sa création afin de se réapproprier sa propriété auprès d'un traître véreux. Toute l'intrigue constituant pour lui un parcours du combattant à retrouver Dillinger, le mettre hors d'état de nuire et retrouver enfin sa liberté dans la réalité. Si l'intrigue parfois complexe peut prêter à confusion chez le spectateur inculte en informatique et que les personnages les plus autoritaires auraient gagnés à être mieux développés, Tron nous hypnotise pour autant la vue dans sa faculté de nous immerger dans ce microcosme atypique résolument fantasmatique. Du moins chez les fadas de jeux-video se glissant ici dans le corps de leur héros préféré en plein coeur d'un réseau informatique délétère !


Un fabuleux spectacle laissant libre court Ă  une imagination foisonnante au coeur d'un jeu-video grandeur nature si bien que son intensitĂ© formelle Ă  la fois trouble et ensorcelante reste encore aujourd'hui bluffante de rĂ©alisme ! 

* Bruno

Récompenses: 1983: Saturn Award des meilleurs costumes

jeudi 26 avril 2018

L'INSPECTEUR NE RENONCE JAMAIS

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"The Enforcer" de James Fargo. 1976. U.S.A. 1h33. Avec Clint Eastwood, Tyne Daly, Harry Guardino, Bradford Dillman, John Mitchum, DeVeren Bookwalter, John Crawford

Sortie salles France: 20 Avril 1977. U.S: 22 Décembre 1976

FILMOGRAPHIEJames Fargo est un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 14 aoĂ»t 1938 Ă  Republic, Washington, États-Unis. 1976 : L'inspecteur ne renonce jamais. 1978 : Caravans. 1978 : Doux, dur et dingue. 1979 : Le Putsch des mercenaires. 1982 : L'ExĂ©cuteur de Hong Kong.


3è opus de la saga Harry Callahan, l'Inspecteur ne renonce jamais parvient Ă  nouveau Ă  se renouveler dans son habituel cocktail d'action, d'humour et de violence sous le pilier de l'inĂ©galable Clint Eastwood en inspecteur rĂ©actionnaire toujours aussi (fr)agile de la gâchette. Eu Ă©gard de sa spectaculaire et ultra violente stratĂ©gie hĂ©roĂŻque lors d'une prise d'otage instaurĂ©e en centre urbain ! On peut d'ailleurs applaudir la symĂ©trie du montage gĂ©nĂ©rant un dynamisme percutant lors des gunfights opĂ©rationnels. De par son intrigue de triste actualitĂ©, puisque empruntant la thĂ©matique du terrorisme (un groupuscule menĂ© par un ancien vĂ©tĂ©ran du Vietnam menace de faire exploser la ville contre une rançon, et ce bien avant d'entamer un chantage autrement dĂ©lĂ©tère auprès de la police), James Fargo y sème d'habiles rebondissements par le biais d'un suspense infaillible. Notamment Ă  travers les interventions d'un complice et d'un indic afin de relancer l'investigation d'Harry vers de nouvelles pistes.


Pour renforcer l'attrait ludique du rĂ©cit, on peut aussi compter sur la complicitĂ© houleuse de Harry avec sa nouvelle recrue fĂ©minine formidablement endossĂ©e par Tyne Daly dans sa posture Ă  la fois fragile et rĂ©servĂ©e mais finalement pugnace pour son initiation hĂ©roĂŻque afin de montrer ses preuves et taire le machisme d'Harry. Sur ce dernier point, on peut d'ailleurs y relever en background une rĂ©flexion sur la place de la femme dans le corps policier lorsque celle-ci, totalement novice en la matière, se verra confronter Ă  des missions plutĂ´t couillues et dangereuses Ă  travers la faune urbaine d'une criminalitĂ© galopante (l'un des protagonistes s'exclamera d'ailleurs au dĂ©tour d'une inquiĂ©tante rĂ©plique: "nous sommes en guerre !"). TruffĂ© de rĂ©parties impayables auprès du tempĂ©rament aussi bien impudent que trivial de Harry sans cesse confronter Ă  l'autoritĂ© drastique de ses supĂ©rieurs, l'Inspecteur ne renonce jamais ne dĂ©roge pas Ă  la règle de la dĂ©rision autour d'un concentrĂ© d'actions violentes assez corsĂ©es, voir parfois mĂŞme complaisantes (le prĂ©lude illustrant 2 lâches assassinats "fait froid dans le dos" pour emprunter un calembour morbide).


CarrĂ©, solide, charismatique et surtout très efficace, de par son intrigue compacte Ă  l'Ă©motion parfois dramatique et sa scĂ©nographie urbaine habilement exploitĂ©e (notamment auprès de deux poursuites Ă  pied se renouvelant sans cesse grâce au dynamisme du montage et Ă  la disparitĂ© d'une mĂ©tropole tentaculaire ou d'un pĂ©nitencier dĂ©saffectĂ©), l'Inspecteur ne renonce jamais fait toujours preuve d'une Ă©tonnante vigueur au sein du genre policier que mène avec provocation notre flic frondeur aux mĂ©thodes expĂ©ditives payantes. Une surprenante redĂ©couverte n'ayant rien perdu de son impact explosif ! (suffit de revoir la dernière exĂ©cution de Harry d'une rĂ©jouissance morbide assez cartoonesque !)  

* Bruno
Box-office France : 342 055 entrées

mercredi 25 avril 2018

M

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Sara Forestier. 2017. France. 1h38. Avec Sara Forestier, Redouanne Harjane, Jean-Pierre Léaud, Nicolas Vaude, Maryne Cayon, Isabelle Caillat.

Sortie salles France: 15 Novembre 2017

FILMOGRAPHIE: Sara Forestier est une actrice, réalisatrice et scénariste française, née le 4 octobre 1986 à Copenhague. 2017: M.


Echec public lors de sa discrète sortie en salles (68 300 entrées sur 94 copies), M est la première réalisation de Sara Forestier également actrice et scénariste pour l'occasion. D'une sincérité indéfectible dans sa démarche auteurisante de nous relater l'histoire d'amour singulière entre une lycéenne bègue et un marginal illettré sans pathos ni effet de manche, M parvient à émouvoir et bouleverser avec une sensibilité à la fois éminemment prude et dévorante. Notamment sous l'impulsion d'un duo d'acteurs incandescents se livrant corps et âme face caméra avec un humanisme écorché vif. Sara Forestier se fondant naturellement dans la peau d'une bègue avec fragilité, retenue et grande timidité avant de sillonner sa voie initiatique vers la persévérance grâce à la passion des sentiments. Il faut la voir s'exprimer face caméra la peur au ventre à pouvoir gérer ses confidences névralgiques face à l'être aimé (lui même envahit de doute, d'intolérance et de crainte d'échouer) ou encore céder à une peur paralysante auprès de sa candidature au baccalauréat face à un juré finalement tolérant. Son jeu incroyablement subtil (d'autant plus sans fard dans sa beauté naturelle) lui permettant de ne jamais se livrer à une caricature complaisante de bons sentiments lors de ses balbutiements à répétition. Et donc de nous livrer une performance d'actrice pleine de dignité dans sa sobriété à s'exprimer avec une sensibilité jamais programmée. Sara visant simplement l'attention, l'âme et le coeur du spectateur avec un magnétisme fluide.


TĂ©moignant d'une posture virile viscĂ©rale dans sa forte personnalitĂ©, de par la puissance de son regard rigide, voir animal suggĂ©rant au terme l'amertume et la honte dans son incapacitĂ© Ă  s'aimer soi mĂŞme, Redouanne Harjane explose l'Ă©cran avec autant de rigueur auprès de son humanisme torturĂ© car incapable d'assumer son analphabĂ©tisme dans celui d'un banlieusard ne parvenant pas Ă  fuir son passĂ© meurtri. A eux deux, ils forment un duo d'amants vertigineux dans leur combat intrinsèque contre la peur, le dĂ©sarroi, puis celle d'Ă©veiller leur dĂ©sir d'Ă©mancipation lors d'une initiation Ă  la communication, Ă  la confiance en soi et Ă  la confidence intime. Grâce au vĂ©risme de la rĂ©alisation proche d'un cinĂ©ma de Pialat et du jeu criant de vĂ©ritĂ© de ces acteurs transis d'Ă©moi et de contrariĂ©tĂ©, Sara Forestier nous livre un poème urbain d'une fragilitĂ© personnelle, notamment en magnifiant une nature crĂ©pusculaire d'une candeur toute sensitive. Tant et si bien que le mĂ©trage dĂ©ploie avec force brute (tant pour la rigueur des sentiments que de la tension sexuelle des personnages) un panel d'Ă©motions furibondes, candides, passionnelles lorsque deux ĂŞtres introvertis, fragilisĂ©s par leur handicap, s'efforcent de s'unir pour tenter de cristalliser leur avenir en se libĂ©rant de la peur (si paralysante) de soi mĂŞme au sein d'une sociĂ©tĂ© impitoyable (notamment lorsque Mo se retrouve cuisinier et doit affronter un supĂ©rieur aussi castrateur que condescendant).


Dans les yeux de Sara
Follement passionnĂ©e par son douloureux rĂ©cit et d'autant plus amoureuse de ses personnages impliquĂ©s dans un tourbillon d'Ă©motions bicĂ©phales (le blanc / le noir), d'une sensibilitĂ© on ne peut plus sincère et d'une ambition forçant le respect dans la maĂ®trise de sa première rĂ©alisation oĂą rien n'est laissĂ© au hasard (notamment dans sa manière de saisir sans ambages les regards très expressifs), Sara Forestier nous livre avec M une confidence personnelle (quasi documentaire !) sur sa frĂ©nĂ©sie de vivre, d'aimer et de s'Ă©panouir dans les bras d'un franc-tireur chrysalide. Fort et cruel (dans la dissension conjugale) mais magnifique, jamais plombant car dĂ©bordant de vitalitĂ© dans une Ă©thique Ă  la fois optimiste et rĂ©demptrice. 

* Bruno

mardi 24 avril 2018

MEURTRES A LA SAINT-VALENTIN 3D

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Patrick Lussier. 2009. U.S.A. 1h41. Avec Jensen Ackles, Jaime King, Kerr Smith, Betsy Rue, Edi Gathegi, Tom Atkins

Sortie salles France: 29 Avril 2009. U.S: 16 Janvier 2009

FILMOGRAPHIEPatrick Lussier est un réalisateur et un monteur canadien spécialisé dans les films d'horreur. 2000 : The Prophecy 3: The Ascent (vidéo). 2000 : Dracula 2001. 2003 : Dracula II: Ascension (vidéo). 2005 : Dracula III : Legacy (vidéo). 2007 : La Voix des morts : La Lumière. 2009: Meurtres à la St-Valentin 3D. 2011 : Hell Driver 3D.


On a beau se distraire de quelques séquences chocs sanglantes et spectaculaires (en dépit de 2/3 effets ratés en CGI !) et d'une certaine dérision morbide lors de passages assez cocasses (notamment la nymphette se trimbalant dans son plus simple appareil au moment de se confronter au tueur), Meurtres à la St-valentin est le prototype du remake inutile dépourvu de toute notion de suspense et d'intensité. Faute à une intrigue insipide finissant par se vautrer dans le ridicule (son final à rebondissements nanti de dialogues risibles vaut son pesant de cacahuètes), à une réalisation aseptique ne comptant que sur la surenchère pour nous maintenir en éveil, et de personnages gogos que l'on peine à distinguer si bien que l'on éprouve aucune empathie pour leur sort ou pour leur dissension amoureuse (le fameux trio perfide si j'ose dire). Avec indulgence et surtout auprès d'un public ado néophyte n'ayant aucune culture pour le Slasher, ce produit mercantile estampillé "3D argentique" peut se découvrir d'un oeil distrait.

* Bruno
2èx

                                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cultreviews.com

de George Mihalka. 1981. Canada. 1h31. Avec Paul Kelman, Lori Hallier, Neil Affleck, Keith Knight, Alf Humphreys, Cynthia Dale, Helene Udy, Rob Stein, Thomas Kovacs, Terry Waterland, Carl Marotte...

Sorti en France le 10 Mars 1982. U.S.A: 11 FĂ©vrier 1981.

FILMOGRAPHIE: George Mihalka (1953 en Hongrie - ) est un rĂ©alisateur et producteur quĂ©bĂ©cois. 1980 : Pick-up Summer, 1981 : Meurtres Ă  la St-Valentin (My Bloody Valentine) 1982 : Scandale, 1983 : Le Voyageur (The Hitchhiker) (sĂ©rie TV) 1985 : The Blue Man (TV) 1986 : Adventures of William Tell (TV)1988 : Hostile Takeover, 1987: Midnight Magic, 1988 : Le Chemin de Damas, 1988 : Crossbow (sĂ©rie TV) 1989 : Straight Line, 1990 : Wish You Were Here (sĂ©rie TV) 1991 : The Final Heist (TV) 1992 : Scoop (sĂ©rie TV) 1992 : Psychic, 1993 : La Florida, 1994 : Relative Fear, 1995 : Bullet to Beijing, 1995 : Deceptions II: Edge of Deception, 1996 : Windsor Protocol (TV) 1996 : L'Homme idĂ©al, 1998 : Thunder Point (TV) 1999 : OmertĂ  - Le dernier des hommes d'honneur (sĂ©rie TV) 2000 : Haute surveillance (sĂ©rie TV) 2000 : Dr Lucille - La remarquable histoire de Lucille Teasdale (Dr. Lucille) (TV) 2001 : Watchtower, 2001 : "Undressed" (1999) TV Series, 2002 : Galidor: Defenders of the Outer Dimension (sĂ©rie TV) 2005 : Charlie Jade (sĂ©rie TV) 2005 : Les Boys IV.

                                         

Sorti en pleine vogue du slasher natif d'Halloween et de Vendredi 13Meurtres Ă  la St-Valentin s'attelle Ă  l'acadĂ©misme pour emprunter le schĂ©ma du film de Sean S. Cunningham. LĂ  encore, le succès en salles est au rendez-vous Ă  la surprise gĂ©nĂ©rale des crĂ©ateurs du film puisque Meurtres Ă  la St-Valentin sort en version tronquĂ©e de ses effets sanglants partout dans le monde alors que sa rĂ©putation d'honnĂŞte psycho-killer va gentiment accroĂ®tre au fil des ans. Que ce soit en France ou aux Etats-Unis, ce sympathique whodunit n'eut jamais eu l'honneur de voir le jour dans une version rigoureusement intĂ©grale. Chose rĂ©parĂ©e aujourd'hui chez nos voisins ricains Ă  l'occasion de sa sortie Dvd certifiĂ©e Uncut ! C'est cette version inĂ©dite que je vais aujourd'hui vous Ă©voquer ! Le jour de la St-Valentin, lors d'un bal local, cinq mineurs se retrouvent coincĂ©s dans leur carrière Ă  la suite d'une violente explosion. Seul, un survivant, Harry Warden, est parvenu Ă  s'extraire des dĂ©combres. Depuis, chaque annĂ©e, il dĂ©cide de se venger des jeunes Ă©tudiants qui auront l'audace de renouveler la fĂŞte des amoureux durant la sauterie promotionnelle.

                                           

Lorsque l'on assiste pour la première fois Ă  la version non censurĂ©e de Meurtres Ă  la St-Valentin, nous sommes agrĂ©ablement Ă©branlĂ©s par la teneur malsaine de ces homicides graphiques ! Les nombreux meurtres qui Ă©maillent l'intrigue s'avĂ©rant incisifs dans leur violence gore, non exempts d'inventivitĂ© dans l'art et la manière de dĂ©cimer la prochaine victime ! (pioche perforant un sein ou un gosier, femme empalĂ©e par la bouche d'un robinet, Ă©corchement d'un coeur bien frais, pratique de cannibalisme, tranchage de bras, tĂŞte vivante Ă©bouillantĂ©e dans une marmite ou transpercĂ©e de clous, et enfin corps brĂ»lĂ© dans une lessiveuse). Grâce Ă  cette surenchère jouissive au stylisme morbide, Meurtres Ă  la St-Valentin se pare d'une texture autrement plus insolente et sardonique ! Par cette occasion, on se rend compte que parfois un mĂ©trage a besoin d'un ton racoleur pour rendre l'aventure plus sombre et dĂ©lĂ©tère, de manière aussi Ă  accentuer la crainte redoutĂ©e du tueur, faute de sa cruautĂ© ostentatoire.

                                         

En dehors de l'aspect fun des FX artisanaux, on retrouve les clichĂ©s habituels du slasher avec son meurtrier exterminant de manière mĂ©thodique une victime tous les quarts d'heure ! Notamment la caricature Ă©mise aux Ă©tudiants stĂ©rĂ©otypĂ©s, du dragueur insolent au plaisantin farceur, de l'aguicheuse au rondouillard sympa, du flic dubitatif au fameux quidam sollicitĂ© Ă  mettre en garde tous ces garnements risquant un grave danger. MalgrĂ© tout, les comĂ©diens attachants s'avèrent tout de mĂŞme moins superficiels que de coutume mĂŞme si une sirupeuse amourette entre trois amants viennent ternir l'esprit mature de leur posture hĂ©roĂŻque. Durant les 2/3 du film, la narration efficacement gĂ©rĂ©e ne fait donc que dĂ©peindre les rĂ©unions amicales et Ă©treintes amoureuses de nos jeunes protagonistes pendant qu'un tueur les dĂ©cime un Ă  un lors d'exactions grands-guignolesques. Quand bien mĂŞme sa dernière demi-heure, plus vigoureuse dans son action haletante, va confiner l'essentiel de son action dans l'environnement opaque d'une ancienne mine. Une dernière partie atmosphĂ©rique car utilisant judicieusement ses dĂ©cors lugubres d'une ambiance inquiĂ©tante tout en distillant l'expectative du suspense. L'aspect patibulaire du meurtrier n'est pas non plus Ă  nĂ©gliger et ajoute un charme singulier Ă  son accoutrement vestimentaire  (alors qu'il aurait pu sombrer dans le ridicule !). AffublĂ© d'une combinaison de mineur, d'un casque de lampiste sur la tĂŞte et d'un masque Ă  gaz constamment imposĂ© sur son visage, sa prĂ©sence obscure nous inspire une certaine fascination.

                                            

RĂ©alisĂ© sans gĂ©nie particulier mais agrĂ©ablement troussĂ©, efficace et toujours plus haletant, Meurtres Ă  la St-Valentin fait sans doute parti du haut du panier des slashers des eighties, aussi mineur soit-il ! (jeu de mot Ă  l'appui !). Quand bien mĂŞme ses effets-gores audacieux dans la version Uncut vont permettre d'insuffler une aura malsaine Ă©tonnamment prĂ©gnante ! Enfin, le concept inĂ©dit d'ironiser sur la fĂŞte sirupeuse des coeurs tendres est savoureusement dĂ©tournĂ© au profit d'un humour noir caustique. 

* Bruno

lundi 23 avril 2018

THE LIVING AND THE DEAD. Prix du Meilleur Film, Fantastic Fest 2006.

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Simon Rumley. 2006. Angleterre. 1h23. Avec Roger Lloyd Pack, Leo Bill, Kate Fahy, Sarah Ball, Neil Conrich

Inédit en salles en France. Hollande: 28 Janvier 2006

FILMOGRAPHIE: Simon Rumley est un scĂ©nariste, rĂ©alisateur et auteur britannique nĂ© le 22 Mai 1968 Ă  Londres. 2017: Crowhurst.  2016 Fashionista. 2016 Johnny Frank Garrett's Last Word. 2012 The ABCs of Death (segment "P Is for Pressure").  2011 60 Seconds of Solitude in Year Zero. 2011 Little Deaths (segment "Bitch"). 2010 Red White & Blue.2006 The Living and the Dead. 2002 Club Le Monde. 2001 The Truth Game. 2000 Strong Language


Production indĂ©pendante anglaise passĂ©e par la case Dtv chez nous, The Living and the Dead peut prĂŞter Ă  confusion de par son titre et son affiche plutĂ´t inspirĂ©s par le genre horrifique. Car si son climat trouble et dĂ©rangeant ainsi que quelques sĂ©quences sanglantes l'effleurent, il s'agit principalement d'un drame psychologique que nous relate Simon Rumley avec souci de rĂ©alisme littĂ©ralement immersif. A la suite d'une absence de quelques jours, Donald Brocklebank laisse sa femme impotente dans son château en compagnie de son fils schizophrène. Souffrant d'un complexe d'infĂ©rioritĂ© Ă  la suite d'une dispute avec son père, James Brocklebank va faire subir un calvaire Ă  sa mère en s'efforçant de lui prĂŞter main forte. Traitant du thème de la schizophrĂ©nie sous l'impulsion du jeu erratique de l'Ă©tonnant Leo Bill (rĂ©compensĂ© du prix d'interprĂ©tation au Fantastic Fest), Simon Rumley cultive une mise en scène inventive (angles de vue souvent tarabiscotĂ©s ou expĂ©rimentaux) Ă  travers un Ă©prouvant huis-clos aussi bien tendu que cauchemardesque, notamment grâce Ă  l'intensitĂ© du casting plutĂ´t impliquĂ© dans des rĂ´les Ă  la fois difficiles et douloureux.


De par la caractĂ©risation fĂ©brile des protagonistes dĂ©munis, sĂ©vèrement mis Ă  mal dans leur conflit d'autoritĂ© et leur dĂ©sir de supĂ©rioritĂ©, The Living and the dead provoque un malaise parfois viscĂ©ral de la part du dĂ©ficient en proie Ă  la rĂ©bellion dans sa condition irresponsable. Livrant une rĂ©flexion sur la place de celui-ci au sein de notre sociĂ©tĂ©, Ă  savoir s'il est apte Ă  se sociabiliser pour vivre en interne du cocon familial ou Ă  contrario s'il doit ĂŞtre placĂ© en centre spĂ©cialisĂ© faute de sa trop grande susceptibilitĂ©, Simon Rumley met en exergue les rapports de force unissant un père et son fils dĂ©ficient en insistant sur l'Ă©pineuse Ă©ducation parentale que les parents devront poursuivre pour le restant de leur jour. Et donc Ă  travers leurs Ă©changes tendus de communicabilitĂ©, le rĂ©alisateur nous dĂ©voilera les consĂ©quences dramatiques du poids des mots autoritaires et d'une attitude un peu trop drastique menant un schizophrène vers une dĂ©chĂ©ance morale, et ce jusqu'Ă  commettre l'irrĂ©parable. Le rĂ©alisateur suivant de près (et donc parfois de manière subjective) les allĂ©es et venues du malade en proie aux crises de larmes, de peur et de dĂ©mence, faute de sa terrible culpabilitĂ© morale dans sa condition d'exclusion et de son impuissance Ă  s'extraire de sa propre prison mentale.


"Tous les esprits fonctionnent entre démence et imbécilité, et chacun, dans les 24 heures, frôlent ces extrêmes"
Drame familial intimiste rĂ©solument trouble, dĂ©rangeant et immersif Ă  travers le parti-pris de l'auteur de nous imposer du cinĂ©ma d'auteur avec une originalitĂ© quasi baroque, The Living et the Dead tĂ©moigne d'une vraie sensibilitĂ© et fragilitĂ© auprès du comportement moral d'un schizophrène condamnĂ© Ă  l'incomprĂ©hension, l'injustice et la solitude dans sa pathologie insoluble. Il en Ă©mane une oeuvre singulière difficilement oubliable si bien qu'on ne sort pas indemne de sa scĂ©nographie cauchemardesque afin de mieux nous confronter au dĂ©sordre mental du malade. On en sort d'autant plus amère et bouleversĂ© de tĂ©moigner de la dĂ©liquescence de celui-ci cĂ©dant Ă  ses pulsions les plus nocives et explosives pour engendrer au final une folie contagieuse. Un tĂ©moignage choc Ă  dĂ©couvrir absolument ! 

* Bruno

Récompenses: Prix du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleurs maquillages pour Jackie Fowler, meilleur acteur pour Leo Bill et meilleur second rôle féminin pour Kate Fahy, lors du Fantastic Fest en 2006.
Prix Nouvelles Visions, lors du Festival international du film de Catalogne en 2006.