mercredi 20 juin 2018

DADDY'S DEADLY DARLING / THE 13 PIGS. Director's Cut.

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site 3.bp.blogspot.com

"Pigs", "Horror Farm", "The 13th Pig", "Daddy's Girl", "The Strange Exorcism of Lynn Hart", "The Strange Love Exorcist and Roadside Torture Chamber", "Les Monstres Sanglants" de Marc Lawrence. 1972. U.S.A. 1h20. Avec Marc Lawrence, Toni Lawrence, Marc Laurent, Jesse Vint, Paul Hickey, Katharine Ross.

Sortie salles U.S: 25 May 1973 

FILMOGRAPHIE: Marc Lawrence est un réalisateur américain né le 17 Février 1910, décédé le 27 Novembre 2005 (95 ans). 1973: Daddy's Deadly Darling. 1965: Tendre garce.


RaretĂ© horrifique bien ancrĂ©e dans son Ă©poque des Seventies, de par son climat malsain permĂ©able, sa photo granuleuse, sa bande-son bigarrĂ©e (couinements stridents de porcs, mĂ©lopĂ©e dĂ©calĂ©e, country music) et ses meurtres brutaux prĂ©figurant 2 ans au prĂ©alable la scĂ©nographie crapoteuse de Massacre Ă  la Tronçonneuse, Daddy's Deadly Darling n'eut mĂŞme pas le privilège d'ĂŞtre exploitĂ© en salle sur notre territoire. Quand bien mĂŞme lors de sa location Vhs, il fut vulgairement tronquĂ© et remaniĂ© sans l'accord de son auteur. Et si cette production Grindhouse  distribuĂ©e par la firme Troma s'avère relativement mineure, Marc Lawrence, rĂ©alisateur et acteur principal, parvient Ă  faire naĂ®tre une ambiance d'inquiĂ©tude assez fascinante sous un soleil californien n'ayant point Ă  rougir du Texas nĂ©crosĂ© de Hopper. D'une grande simplicitĂ©, le pitch tourne autour de l'amitiĂ© entre un fermier rĂ©gisseur de bar et une jeune itinĂ©rante, infirmière au passĂ© Ă©trangement trouble si je me fie Ă  ses appels tĂ©lĂ©phoniques auprès d'un paternel mutique. Ainsi, ces deux personnages introvertis s'avèrent des serial-killers si bien que durant leur aimable accointances ils vont devoir s'Ă©pauler afin de planquer les meurtres que cette dernière perpĂ©tue, faute d'un traumatisme incestueux. Nanti d'un rythme assez laborieux, notamment auprès de sa première demi-heure peu motivante, Daddy's Deadly Darling insuffle pour autant un sentiment d'insĂ©curitĂ© palpable, notamment Ă  travers ses cadrages obliques et ses gros plans agressifs conçus pour renchĂ©rir le malaise.


Et donc, grâce Ă  cette ambiance horrifique rĂ©solument fĂ©tide et rehaussĂ©e d'un rĂ©alisme documentĂ©, cette sĂ©rie B maintient l'intĂ©rĂŞt sous l'impulsion de la troublante Toni Lawrence (la propre fille du rĂ©alisateur), assez convaincante en meurtrière taiseuse gentiment dĂ©licate. D'ailleurs, lorsqu'elle accourt Ă  travers champs bucoliques telle une aliĂ©nĂ©e pour fuir des couinements animaliers, on songe inconsciemment Ă  Marilyn Burns lorsque celle-ci se faisait courser (de nuit et de jour) par Leatherface. Il est donc fort possible que Tobe Hooper se soit inspirĂ© de cette production underground pour parfaire ses cauchemars rubigineux qu'uniformisent Massacre Ă  la Tronçonneuse / Le Crocodile de la mort. Tant et si bien qu'Ă  l'instar du vĂ©tĂ©ran Judd et de son fameux alligator grugeant les touristes imprudents, le fermier nourrit en l'occurrence ses cochons avec de la viande humaine pour se dĂ©barrasser des corps. Et d'y ajouter en guise de dĂ©tail insolite une connotation fantastique (une espèce de lĂ©gende Ă©gyptienne) lorsque le shĂ©rif local (pas très finaud pour dĂ©mĂŞler le vrai du faux lorsqu'il interroge Ă  moult reprises deux voisines dĂ©caties !) et quelques citadins rĂ©acs se persuadent qu'un cadavre humain digĂ©rĂ© par des porcs pourrait ensuite revenir d'entre les morts sous l'apparence d'un cochon ! Un programme dĂ©lirant donc prĂŞtant autant Ă  sourire qu'Ă  s'inquiĂ©ter d'une trouvaille aussi cintrĂ©e !


CuriositĂ© fauchĂ©e quasi introuvable en version Uncut (il faut - pour l'instant - se reporter auprès du site L'Univers Étrange et Merveilleux du Fantastique et de la Science-Fiction afin de dĂ©couvrir son Director's Cut !), Daddy's Deadly Darling tire attrait de son intĂ©rĂŞt grâce Ă  son ambiance putride prĂ©figurant les grands classiques poisseux prĂ©citĂ©s. Rien que pour son climat cauchemardesque aussi novateur que couillu (notamment Ă  travers un songe maladif que la meurtrière endure dans sa psychĂ© torturĂ©e ou lorsque le fermier grimĂ© en polichinelle intimide ses voisines), Daddy's Deadly Darling mĂ©rite l'attention des fans de pĂ©loche dĂ©viante. 

* Bruno

mardi 19 juin 2018

LA CH'TITE FAMILLE

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Danny Boune. 2018. France. 1h47. Avec Dany Boon, Valérie Bonneton, Line Renaud, Laurence Arné, Guy Lecluyse, Pierre Richard, François Berléand.

Sortie salles France: 28 Février 2018

FILMOGRAPHIE: Danny Boon (Daniel Hamidou) est un humoriste, acteur et réalisateur français, né le 26 Juin 1966 à Armentières (Nord). 2006: La Maison du Bonheur. 2008: Bienvenue chez les Ch'tis. 2011: Rien à Déclarer. 2014: Supercondriaque. 2017 : Raid dingue. 2018 : La Ch'tite famille


10 ans après le succès historique de Bienvenue chez les ch'tis, Danny Boon, acteur et rĂ©alisateur, se rĂ©approprie intelligemment du dialecte patois si bien que ceux qui comme moi redoutaient un Ă©pigone aussi gratuit que mercantile seront surpris de dĂ©couvrir une comĂ©die autrement inspirĂ©e dans son alliage de drĂ´lerie, romance et tendresse menĂ© Ă  corps perdu. Et ce mĂŞme si lors de certaines rĂ©parties et gestuelles irrĂ©sistibles, Danny Boon continue de surfer sur l'hilaritĂ© des calembours. Une recette gagnante largement inspirĂ©e des divertissements populaires des annĂ©es 60 Ă  80 que De Funès, Bourvil, Fernandel, Pierre Richard (voir mĂŞme les Charlots Ă  degrĂ© moindre) immortalisèrent de leur empreinte indĂ©fectible. Ainsi, et afin de lui rendre hommage, Danny Boon recrute en l'occurrence  Pierre Richard très Ă  l'aise dans un rĂ´le outrancier de patriarche bourru mais pour autant malencontreusement desservi par une poignĂ©e de gags franchement lourdingues il faut avouer. D'autre part, les 15/20 premières minutes de l'intrigue ne prĂ©sagent pas vraiment une comĂ©die endiablĂ©e Ă  travers ses gags triviaux aux ressorts connus. Puis peu Ă  peu, Ă  partir du moment oĂą la ch'tite famille s'incruste dans le pavillon high-tech de leur progĂ©niture, l'histoire se met en place Ă  partir d'un fâcheux incident perpĂ©trĂ© par un chauffard (familier). Se moquant sans vulgaritĂ© de la mode et de la haute-bourgeoisie Ă  travers un couple altier de designers que Danny Boon et la sĂ©millante Laurence ArnĂ© parodient avec une spontanĂ©itĂ© fringante, La Ch'tite Famille tire-parti de son efficacitĂ© grâce Ă  l'incroyable fougue des comĂ©diens militants pour les valeurs familiales et la fidĂ©litĂ© de l'amour de par la simplicitĂ© de leurs sentiments humains.


Si bien que redoutant sa famille du Nord qu'il a lâchement abandonnĂ© Ă  l'âge de 25 ans, Valentin (Danny Boon) tente malgrĂ© tout de se montrer sous son jour le plus hospitalier lors de retrouvailles alĂ©atoires. Seulement, après s'ĂŞtre fait culbuter par une voiture, celui-ci plonge dans un coma suite Ă  un traumatisme crânien. PassĂ©s quelques jours d'hospitalisation, il se rĂ©veille subitement frappĂ© d'amnĂ©sie et retrouve le langage du patois bien d'chez lui. Dès lors, il se prĂ©tend dans la peau d'un ado traumatisĂ© par un accident de mobylette. Et donc Ă  travers cette intrigue inversant subitement les rĂ´les du duo autrefois pĂ©dant, Danny Boon et Laurence ArnĂ© laissent libre court Ă  la dĂ©sinhibition lorsque ces derniers jubilent Ă  l'idĂ©e d'endosser des designers contrairement affables, modestes et expansifs auprès de leur entourage condescendant. Ce pied de nez contre la dĂ©shumanisation de la cupiditĂ© est notamment une manière ostensible pour Danny de prouver Ă  son public qu'il est restĂ© un homme humble et modeste passĂ© le raz-de-marĂ©e populaire de Bienvenue chez les ch'tis. Au-delĂ  de ce duo extrĂŞmement attachant et si crĂ©dible Ă  l'Ă©cran (si bien qu'on les croirait franchement mariĂ©s Ă  la ville !), La Ch'tite Famille resplendit de chaleur humaine sous l'impulsion de seconds-rĂ´les aussi avenants et extravertis dans leur capacitĂ© d'insuffler Ă  l'Ă©cran une Ă©motion somme toute fragile (notamment la prestance Ă©loquente de Line Renaud en maman susceptible dĂ©bordante d'amour et de tendresse pour ses chĂ©rubins).


ComĂ©die populaire menĂ©e sans temps morts par une troupe de comĂ©diens en roue libre, eux mĂŞmes Ă©paulĂ©s d'un pitch efficace discrĂ©ditant le lucre et le standing, La Ch'tite Famille rend nouvellement hommage aux gens de ch'Nord avec une tendresse beaucoup plus explicite qu'au prĂ©alable si bien que Danny Boon et ses acolytes pĂ©tris de gĂ©nĂ©rositĂ© et simplicitĂ© nous offrent leur coeur avec une intĂ©gritĂ© irrĂ©fragable (Ă  l'instar du vibrant clin d'oeil offert Ă  Johnny en guise d'adieu !). Et pour parachever, je tiens personnellement Ă  dĂ©clarer ma flamme Ă  l'incroyable Laurence ArnĂ©, actrice radieuse d'un panache naturel hors-pair Ă  travers son jeu bicĂ©phale. 

* Bruno

Box Office France: 5 502 509 entrées

La chronique de Bienvenue chez les ch'tis: http://brunomatei.blogspot.fr/2014/03/bienvenue-chez-les-chtis.html

lundi 18 juin 2018

KING-KONG REVIENT

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb

A*P*E de Paul Leder. 1976. U.S.A. Corée du Sud. 1h27. Avec Bob Arrants, Joanna Kerns, Alex Nicol, Nak-hun Lee.

Sortie salles France: 15 Février 1978. U.S: Octobre 1976

FILMOGRAPHIEPaul Leder est un réalisateur, scénariste, acteur, producteur, monteur américain, né le 25 mars 1926, décédé le 9 avril 1996 d'un cancer, à Los Angeles en Californie. 1970 : Marigold Man. 1974 : I Dismember Mama. 1976 : King Kong revient (Ape). 1976 : My Friends Need Killing. 1977 : Red Light in the White House. 1978 : The Chinese Caper. 1978 : Paranoid (Sketches of a Strangler). 1983 : I'm Going to Be Famous. 1983 : Vultures. 1986 : The Education of Allison Tate. 1987 : The Eleventh Commandment. 1990 : Exiled in America. 1990 : Murder by Numbers. 1991 : Frame Up. 1991 : Goin' to Chicago. 1991 : Twenty Dollar Star. 1993 : The Baby Doll Murders. 1994 : Molly et Gina. 1994 : Killing Obsession. 1995 : The Killers Within. 1995 : The Wacky Adventures of Dr. Boris and Nurse Shirley. 1996 : Frame-Up II: The Cover-Up.


"Plus le singe monte haut, plus il montre son cul"
Sorti 2 mois avant l'Ă©vĂ©nementiel King-Kong de Guillermin afin de profiter du filon en vogue, King-Kong revient est une aberration filmique d'une nullitĂ© difficilement Ă©galable eu Ă©gard de son scĂ©nar Ă©culĂ©, de sa rĂ©alisation "je-m'en-foutiste royal !", de sa distribution inexpressive dĂ©versant des rĂ©pliques tantĂ´t risibles, tantĂ´t impayables, de son montage Ă  la fois bordĂ©lique et chaotique, d'une partition musicale bien mal gĂ©rĂ©e (parfois mĂŞme en dĂ©calage avec l'action dĂ©peinte) et d'effets-spĂ©ciaux grotesques (tant auprès des maquettes en carton pâte que du grand singe incarnĂ© par un acteur ayant bien du mal Ă  se fondre dans le corps du primate Ă  travers sa gestuelle outrĂ©e). Plus proche donc du navet narcotique que du nanar festif, King-Kong revient bĂ©nĂ©ficie tout de mĂŞme de quelques sĂ©quences un brin amusantes (Ă  dĂ©faut d'ĂŞtre involontairement hilarantes) lors des dĂ©ambulations furibondes du gorille au sein d'une ville rĂ©duite Ă  feu et Ă  sang (du moins c'est ce que tente de nous faire croire le rĂ©alisateur de par son maigre budget et du peu de figurants dĂ©ployĂ©s). Quant aux fameux combats contre un squale et un serpent tant vantĂ©s sur l'affiche, les fans seront consternĂ©s par la mollesse de la timide action (filmĂ©e comme de coutume avec les pieds) si bien que le rĂ©alisateur employa un vrai requin mort (et donc statique face aux agressions) et un serpent de taille filiforme puisque comparable Ă  une couleuvre (ah ah la grosse blague opportuniste des producteurs !). Ainsi, conscient de s'ĂŞtre fourvoyĂ© dans une nullitĂ© purement mercantile, King-Kong en personne se permettra d'ailleurs en guise de geste railleur de nous adresser un doigt d'honneur face camĂ©ra Ă  mi-parcours du rĂ©cit. Et nous de lui balancer des cacahuètes via notre lucarne TV après tant d'âneries tolĂ©rĂ©es sans remord !

* Bruno

samedi 16 juin 2018

HEREDITE

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com

de Ari Aster. 2018. U.S.A. 2h06. Avec Toni Collette, Gabriel Byrne, Alex Wolff, Milly Shapiro, Ann Dowd.

Sortie salles France: 13 Juin 2018. U.S: 8 Juin 2018.

FILMOGRAPHIEAri Aster est un réalisateur, acteur et scénariste américain. Hérédité est sa première réalisation.


PrĂ©cĂ©dĂ© d'une rĂ©putation Ă©logieuse (notamment auprès du festival de Sundance) et d'un trailer aussi bien percutant que bougrement efficace (dans son habile manière de ne rien dĂ©voiler quant aux tenants et aboutissants de l'intrigue), HĂ©rĂ©ditĂ© renouvelle brillamment peur et malaise sur grand Ă©cran alors qu'il s'agit du premier essai de Ari Aster derrière la camĂ©ra. Abordant le genre au 1er degrĂ©  avec un souci de persuasion infaillible dans l'enchaĂ®nement des situations surnaturelles hyper maĂ®trisĂ©es (exit le grand-guignol de comptoir !) et d'une intensitĂ© parfois rigoureuse (pour ne pas dire insupportable), HĂ©rĂ©ditĂ© retrace avec souci d'humanisme "prĂ©caire" le parcours de rĂ©silience d'une famille dysfonctionnelle en proie Ă  des Ă©vènements irrationnels passĂ© le deuil inĂ©quitable de deux de leurs dĂ©funts. Prenant son temps Ă  planter son intrigue et Ă  dĂ©peindre ses personnages psychologiquement Ă©branlĂ©s par la perte d'ĂŞtres chers, HĂ©rĂ©ditĂ© est entièrement vouĂ© Ă  leur caractĂ©risation fĂ©brile que Tony Colette monopolise avec un dĂ©sarroi maternel parfois bouleversant. Celle-ci se livrant corps et âme face camĂ©ra Ă  travers une palette d'Ă©motions nĂ©vralgiques que le spectateur endure Ă  l'instar de coups de poignard Ă©motionnels. L'intrigue parcimonieuse dans son refus de dĂ©voiler tout indice Ă©tant Ă©tabli de son point de vue paranoĂŻaque eu Ă©gard des tĂ©moignages de son Ă©poux et de son fils davantage perplexes, suspicieux face Ă  sa posture versatile.


Sur ce point, la première partie riche en intensitĂ© dramatique et donc rigoureusement Ă©thĂ©rĂ©e dans son refus de l'esbroufe se surpasse, notamment afin de dĂ©fricher une atmosphère Ă  la fois fĂ©tide, mortifère, malsaine sous l'impulsion d'un score dissonant (prioritairement un simple bourdonnement permanent) n'ayant rien Ă  envier au climat oppressant de Shining de Kubrick avec qui il entretient quelques points communs (notamment dans la manière d'ausculter les regards hagards des protagonistes les plus vulnĂ©rables et dans sa façon de distiller l'interrogation auprès de personnages Ă©quivoques). VĂ©ritable coup de maĂ®tre de la part d'Ari Aster (nouveau talent surdouĂ© Ă  surveiller, pour ne pas dire maĂ®tre Ă  venir de la trempe d'un Carpenter ou d'un Polanski - on songe d'ailleurs Ă  Rosemary's Bay pour le portrait binaire de l'hĂ©roĂŻne Ă©voluant autour d'un thème occulte -), ce dernier maĂ®trise l'outil horrifique grâce en prioritĂ© Ă  l'Ă©tude avisĂ©e de ses personnages confrontĂ©s Ă  une Ă©nigme nonsensique si bien que le spectateur aussi dĂ©sorientĂ©, affaibli et accablĂ© qu'eux observe leurs fragilitĂ© nĂ©vrosĂ©e avec une empathie mĂŞlĂ©e de dĂ©sagrĂ©ment. Notamment lorsque le fils de la mère, l'Ă©lĂ©ment le plus fragile car rongĂ© de culpabilitĂ©, s'enfonce dans un mutisme dĂ©pressif avant de se laisser chavirer vers la terreur de l'inconnu face Ă  une hostilitĂ© d'autant plus fourbe. Ari Aster exploitant intelligemment les codes du genre avec comme ressort la ferme conviction des comĂ©diens compromis par leur foi cartĂ©sienne et/ou spirituelle. Quant Ă  sa seconde partie drastique, car plus intense, Ă©prouvante et radicale, elle cède Ă  des sĂ©quences de pure terreur (les 2 hantises de spiritisme diffusant une tension de malaise Ă  couper au rasoir, l'agression durant le cours lycĂ©en alternant authentique frayeur et malaise viscĂ©ral, morceau d'anthologie traumatique inĂ©galĂ© !) sous le pivot d'une descente aux enfers oĂą les coups les plus couards seront tolĂ©rĂ©s. Et le spectateur de sortir abattu de la projo (du moins c'Ă©tait personnellement mon cas) avec une amertume aussi blĂŞme qu'anxiogène (pour ne pas dire dĂ©pressive chez les plus sensibles).


Apocalypse Now.
Malsain et mĂ©phitique de par la vigueur de son climat inquiĂ©tant ne lâchant pas d'une semelle les Ă©tats d'âme vĂ©reux des protagonistes, et la montĂ©e graduelle d'une violence horrifique semĂ©e de visions hyper dĂ©rangeantes (alors que le gore s'y fait si discret !), HĂ©rĂ©ditĂ© rĂ©interprète l'horreur la plus vicelarde derrière un drame psychologique d'une rare acuitĂ© dramatique. La rĂ©ussite probante de ce premier mĂ©trage Ă©manant avant tout de sa vibrante rĂ©flexion sur l'acceptation du deuil inĂ©quitable avant de bifurquer vers une directive contrairement dĂ©moniale. MaĂ®trisant sur le bout des ongles (fourchus) sa bande-son magnĂ©tique, sa mise en scène au cordeau et sa direction d'acteurs hors-pair (notamment auprès de l'Ă©trangement patibulaire Milly Shapiro dans un second-rĂ´le concis mais pour autant proĂ©minent), Ari Aster accomplit le prodige de susciter la frousse et la commotion (Ă  l'instar de la MalĂ©diction ou plutĂ´t de l'Exorciste dans l'art et la manière de nous transmettre un malaise trop tangible) Ă  travers le thème sempiternel du Mal le plus accompli. Une rĂ©fĂ©rence donc en bonne et due forme d'une Ă©pouvante sĂ©culaire (dans son sens le plus Ă©minent et mature) que les ados acnĂ©ens fans d'Annabelle auront sans doute peine Ă  acclimater.   

* Bruno

La chronique de Gilles Rolland : http://www.onrembobine.fr/critiques/critique-heredite/

Florian Veysselier:
Film d'horreur dont tout le monde parle, Hérédité pourrait bien être le renouveau de l'horreur. Premier film pour Ari Aster, phénomène à Sundance, se targuant d'une belle réputation, Hérédité vaut-il le coup? Oui! Il s'agit d'un vrai film d'ambiance qui met terriblement mal à l'aise, et cela dès le début, naviguant perpétuellement entre réalité complexe et cauchemar éthéré, afin de glisser une histoire bourrée de symboliques et de métaphores. C'est glauque au possible et cela est en partie dû au travail incroyable de la mise en scène, très lente, très contemplative, avec de lents mouvements, empruntant aussi bien à James Wan qu'à John Carpenter. Rien n'est laissé au hasard dans ce rêve éveillé, que ce soit l'image, le son, les symboles ou encore la prestation incroyable de Toni Collette. On pourra petu-être même y retrouver quelques références à Lovecraft, à Dante ou encore à Barker. Par contre, le film est très difficile d'accès, car il est très lent, très long et il peut laisser pas mal de monde sur le carreau. Mais bon Dieu que ça fait du bien de voir un film au cinéma qui a autant de parti pris et de couilles, dans tous les domaines.
5,5/6

Jean-marc Micciche:
Après l'énorme bonne surprise de sans bruit, voilà venir Hérédité et de tenir la dragée haute des œuvres qui viennent de nulle part et qui à la sortie de la projection donne le sentiment d'avoir assisté à une étrange expérience. Assurément, le film va divisé tant son partis pris se positionne aux antipodes du cinéma fantastique et à l'instar de The Witch et de Mother, il y a de grande chance pour que le film fasse son effet. Le plus curieux, c'est de constater à quel point le film est très éloigné de sa bande annonce ou alors de sa taglines 'un choc comme l'exorciste'. Pourtant, si je devais chercher une influence souterraine au film, c'est plus rosemary's baby en fait, tant le film noie franchement le poisson durant la première heure du film au point où on s'interroge sur la nature du film. Incroyable tension porté par une réal incroyablement immersive et des visions chocs qui se succèdent comme une inexorable descente aux enfers. Bourrés d'embardés étranges et poétiques, bourrés d'images inconfortables, le film explose dans ses dernières minutes dans toute son implacable horreur. La terre est en danger et un nouveau roi va régner !

Frederic Serbource:
J'ai surkiffé, je suis au bord du 5/5. Alors bien sûr, c'est l'antithèse des Annabelle ou autres Blumhouseries de seconde zone, c'est une proposition d'épouvante adulte et sujette à réflexion, les ados et le grand public vont détester. La mise en scène est juste virtuose, c'est beau, vraiment ! Quand tu crois que Toni Colette vient de livrer la performance de sa vie pendant une scène, il y en a une autre qui vient te prouver qu'elle en gardait sous la pédale. Et, niveau imagerie de l'épouvante, ça a réussi à me faire flipper, bordel (le nombre de fois ou j'ai fait "Whoo put*** !!" tout seul dans la salle -oui, j'avais la salle pour moi ^^ ).
Juste un petit bémol sur les ultimes secondes qui réexpliquent le pourquoi du comment, sûrement par peur de laisser une partie du public sur le carreau.
Sinon un sans-faute !
4,5/5

Ruffeet Nelly:
Je sors de la projection de 'Hérédité" et c'est prodigieux ! Ari Aster est un réalisateur à suivre qui a tout compris aux codes traditionnels du film d'épouvante. Il les réinvente dans ce film en nous emportant dans un drame familial putride et mortifère dont on ne sort pas indemne ! Mention spéciale à Tony Colette qui est incroyable en mère troublée par le deuil de sa mère puis de sa fille alors que dans la deuxième partie du film, on bascule dans tout autre chose. Elle est littéralement 'habitée" par le rôle et signe une très grande performance ! Les topos du film d'horreur sont là (bruits inquiétants, objets qui bougent, séances de spiritisme, personnages doubles etc) mais ils ont été digérés par le travail minutieux du réalisateur. La mise en scène de la première partie du film est très travaillée, le rythme est assez lent dans la première moitié afin de bien établir les caractères de chaque membre de la famille. La petite fille semble tout droit sortie de Freaks de par son allure et son regard qui semble en permanence habité par une autre dimension (d'ailleurs elle ne dort pas dans son lit). La deuxième partie, plus rythmée, enchaîne les retournements de situation et on ne cesse de se poser des questions sur la voisine, le pourquoi du comment du carnet de la petite fille, des hallucinations du fils, hallucinations très prenantes ! On se demande d'où vient cette répétition du scénario d'étranglement ( avec la fille puis le fils), les raisons de l'ensorcellement de la mère lors de la séance de spiritisme etc Questions la plupart du temps sans réponse jusqu'au feu d'artifice final, abrupt, qui nous laisse sur le cul ! c'est à la fois mon bémol et ce qui fait aussi que la fin est réussie: le mutisme final nous laisse dans un état très particulier de mal-être qui aurait peut-être pu être encore + développé. La photographie est sublimement neutre et sombre à la fois, la mise en scène est irréprochable en alternant les scènes avec chacun des membres de la famille jusqu'à petit à petit se resserrer et atteindre l'origine de ces dysfonctionnements familiaux ! Digne de "La malédiction" ou de "Rosemary's baby, ce film restera dans les annales ! <3 p="">

vendredi 15 juin 2018

TIMERIDER

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site scifi-movies.com

"Timerider: The Adventure of Lyle Swann" de William Dear. 1982. U.S.A. 1h36. Avec Fred Ward, Belinda Bauer, Peter Coyote, Richard Masur, Tracey Walter.

Sortie salle France: 28 Mars 1984. U.S: 11 Décembre 1982

FILMOGRAPHIE: William Dear est un rĂ©alisateur, acteur, scĂ©nariste et producteur canadien nĂ© le 30 novembre 1943 Ă  Toronto (Canada).1975 : Nymph. 1976 : Northville Cemetery Massacre. 1981 : Elephant Parts (vidĂ©o). 1981 : An Evening with Sir William Martin (vidĂ©o). 1982 : Timerider. 1983 : Nick Danger in The Case of the Missing Yolk (vidĂ©o). 1984 : Garry Shandling: Alone in Vegas (TV). 1985 : Doctor Duck's Super Secret All-Purpose Sauce. 1985 : Histoires fantastiques (sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e, Ă©pisode Papa, momie). 1987 : Bigfoot et les Henderson. 1991 : Espion junior. 1993 : Journey to the Center of the Earth (TV). 1994 : Une Ă©quipe aux anges. 1997 : BeautĂ©s sauvages. 1999 : La Ferme aux ballons (TV). 2000 : Le Père NoĂ«l a disparu (TV). 2005 : School of Life (TV). 2006: Evil Twins. 2008: The Perfect Game. 2013: Angel et moi.


SĂ©lectionnĂ© Ă  Avoriaz 2 ans après sa sortie, Timerider aurait bien mĂ©ritĂ© un Prix du Public tant cette sĂ©rie B rondement menĂ©e fleure bon le divertissement de samedi soir de par son charme sĂ©millant ! Et si son intrigue linĂ©aire (un champion de moto-cross se retrouve incidemment projetĂ© en 1877 dans un village mexicain oĂą se disputeront 2 bandes rivales) laisser craindre une sĂ©rie Z de pacotille, William Dear s'extirpe honorablement du ridicule et de la trivialitĂ© avec un savoir-faire constamment convaincant. Tant auprès des gunfights et poursuites en règle plutĂ´t lisibles et bien gĂ©rĂ©es d'un montage dynamique, de l'exploitation des panoramas naturels pleins d'oxygène que d'une direction d'acteur oĂą ces derniers sont Ă  la fĂŞte dans la peau de cow-boys hĂ©bĂ©tĂ©s Ă  tĂ©moigner de l'intrusion d'un motard issu du futur. Parmi cet Ă©lĂ©ment perturbateur, Fred Ward, l'interprète de l'inoubliable  RĂ©mo, sans arme et dangereux, se prĂŞte sobrement au jeu du hĂ©ros venu de nulle part avec une bonhomie bonnard dans sa dĂ©froque rutilante (il est affublĂ© d'une combinaison rouge afin de contraster avec l'environnement westernien), quand bien mĂŞme sa ravissante partenaire Belinda Bauer lui partage une tendre romance tout en jouant la rebelle vaillante Ă  s'opposer aux maraudeurs en quĂŞte de la machine sur 2 roues.


Ce qui nous vaut à travers leurs combines offensives des séquences parfois hilarantes lorsque deux hors-la-loi vont tenter de conduire l'engin avec une maladresse impayable. Bourré d'aimables seconds-rôles si familiers de la série B, Timerider est en prime rehaussé du charisme séducteur de Peter Coyote en bandit borderline si obsédé à dérober coûte que coûte la machine du futur. L'acteur se prêtant au jeu de la caricature indocile avec une dérision souvent irrésistible à courser sans relâche le motard avide de retrouver son bercail. Et si les séquences d'action ont tendance à se répéter au sein d'un schéma sans surprises (attaques, contre-attaques et vice versa), William Dear parvient miraculeusement à relancer l'action parmi le dépaysement des décors où se confondent futur et passé d'un contexte temporel (l'homme moderne des années 80 transplanté dans le cadre du western afin de côtoyer des cow-boys anachroniques !), et parmi la complicité fringante des acteurs jouant au jeu du gendarme et du voleur avec autant d'humour que de panache héroïque.


Le Chevalier des temps perdus. 
PĂ©pite de sĂ©rie B bourrĂ©e de charme et de sympathie (Ă  l'instar de son score pop-Ă©lectro irriguant toute l'intrigue), Timerider transpire la modeste sincĂ©ritĂ© Ă  immerger le spectateur dans une action dĂ©lirante (pour ne pas dire improbable) si bien que western et anticipation se chevauchent avec une homogĂ©nĂ©itĂ© inopinĂ©ment crĂ©dible. A revoir avec Ă©motion ! 

* Bruno 
3èx

jeudi 14 juin 2018

LE MASQUE DE FU-MANCHU

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site senscritique.com

"The Face of Fu Manchu" de Don Sharp. 1965. Angleterre/Allemagne. 1h32. Avec Christopher Lee, Nigel Green, Joachim Fuchsberger, Karin Dor, James Robertson Justice, Howard Marion-Crawford, Tsai Chin.

Sortie salles France: 2 Février 1966. U.S: 24 Octobre 1965

FILMOGRAPHIE: Don Sharp est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur et producteur britannique, d'origine australienne, nĂ© le 19 avril 1921 Ă  Hobart (Australie), dĂ©cĂ©dĂ© le 14 dĂ©cembre 2011.
1955 : The Stolen Airliner. 1958 : The Adventures of Hal 5. 1958 : The Golden Disc. 1959 : The Professionals. 1960 : Linda. 1962 : Two Guys Abroad. 1963 : It's All Happening. 1963 : Le Baiser du vampire. 1964 : Les Pirates du diable. 1964 : Witchcraft. 1965 : La Malédiction de la mouche. 1965 : Le Masque de Fu-Manchu. 1966 : Raspoutine, le moine fou. 1966 : Opération Marrakech. 1966 : Les Treize Fiancées de Fu Manchu. 1967 : Le Grand Départ vers la Lune. 1968 : The Violent Enemy. 1969 : Taste of Excitement. 1971 : Psychomania. 1973 : Le Manoir des fantasmes. 1974 : Callan. 1975 : Hennessy. 1978 : Les 39 Marches. 1979 : Le Secret de la banquise. 1980 : Guardian of the Abyss. 1985 : What Waits Below.


Premier opus d'une sĂ©rie de 5 films d'après un roman de Sax Rohmer, le Masque de Fu-Manchu fleure bon l'aventure exotique mâtinĂ©e d'horreur sous l'autoritĂ© de l'habile artisan Don Sharp (le Baiser du Vampire, Raspoutine, le Manoir des Fantasmes). Servi par une solide distribution que Christopher Lee monopolise avec un machiavĂ©lisme presque aussi probant que l'illustre Dr Phibes  (rĂ©alisĂ© 6 ans plus tard !), Le Masque de Fu-Manchi tire parti de son charme (rĂ©tro) grâce Ă  l'attrait palpitant de son intrigue fertile en actions, poursuites et pĂ©ripĂ©ties rocambolesques. Et ce Ă  travers la topographie Ă©clectique d'une Angleterre rurale et du Tibet soigneusement photographiĂ©s d'après une nuance sĂ©pia. Parmi l'endurance d'un jeu de cache-cache de longue haleine entre mĂ©chants et gentils doublĂ©e d'une course contre la montre pour retrouver un professeur et sa fille puis prĂ©server la vie de 10 000 habitants, l'inspecteur Smith (Nigel Greenet prĂŞtant ses traits de fin limier avec un charisme si familier que l'on pourrait le confondre avec Peter Cushing !) et ses comparses traquent sans relâche un baron du crime (accompagnĂ© de sa fille sadique !) adepte de l'hypnose, du camouflage et du subterfuge pour parfaire son dessein criminel.


Car planquĂ© sous les tunnels de la ville, Fu-Manchu est sur le point de rĂ©genter le monde grâce Ă  l'Ă©laboration d'un gaz mortel entrepris avec un otage scientifique et d'une graine de pavot qui pourrait lui apporter la vie Ă©ternelle. Bougrement inspirĂ© Ă  mettre en image son aventure singulière tantĂ´t pimentĂ©e d'humour noir dans ses gadgets dĂ©lĂ©tères et rebondissements cruels, le Masque de Fu-manchu fait preuve d'une efficacitĂ© endiablĂ©e Ă  cumuler les affrontements physiques (notamment auprès des sbires chinois de Fu-Manchu davantage nombreux pour protĂ©ger leur maĂ®tre) et poursuites en pagaille au fil d'un cheminement aventureux dĂ©paysant. Don Sharp soignant Ă©galement le cadre inquiĂ©tant de certains dĂ©cors caverneux (la nĂ©cropole gothique, le repère technologique de Fu-Manchu et tous les sous-terrains qu'il arpente pour dĂ©jouer la police) avec un savoir-faire formel (aussi limitĂ© soit son budget). D'ailleurs, sur ce point artisanal, Le Masque de Fu-Manchu tire avantage de son cĂ´tĂ© bricolĂ© avec un sens infaillible du travail soignĂ© assorti d'une grande gĂ©nĂ©rositĂ© par son rythme en roue libre. Et Christopher Lee d'y parfaire son jeu d'exubĂ©rance dans sa carrure hiĂ©ratique de docteur mĂ©galo se brocardant du corps policier avec une modestie pernicieuse.


A travers les composants hybrides de l'aventure, de l'horreur et de l'action dĂ©complexĂ©es, Le Masque de Fu-Manchu y extrait une saveur de perle culte Ă  trĂ´ner Ă  proximitĂ© de l'Abominable Dr Phibes, de Fantomas ou encore de Théâtre de sang

* Bruno
3èx

mercredi 13 juin 2018

COLD HELL

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"Die Hölle" de Stefan Ruzowitzky. 2017. Allemagne/Autriche. 1h32. Avec Violetta Schurawlow, Tobias Moretti, Robert Palfrader, Sammy Sheik, Friedrich von Thun, Murathan Muslu.

Sortie salles France, Festival de Beaune: 1er Avril 2017. Allemagne/Autriche: 19 Janvier 2017

FILMOGRAPHIEStefan Ruzowitzky est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste de cinĂ©ma autrichien. Il est nĂ© le 25 dĂ©cembre 1961 Ă  Vienne. 1996 : Tempo. 1998 : Les HĂ©ritiers. 2000 : Anatomie. 2001 : Les Hommes de Sa MajestĂ©. 2003 : Anatomie 2. 2007 : Les Faussaires. 2009 : Lili la petite sorcière, le dragon et le livre magique. 2012 : Cold Blood. 2017 : Cold Hell.


Production binaire entre l'Allemagne et l'Autriche supervisĂ©e par l'auteur des efficaces Anatomie 1 et 2Cold Hell est un sympathique psycho-killer en dĂ©pit de son climat versatile ne sachant pas trop sur quel pied danser (polar, action, horreur, suspense, romance se chevauchent de façon sporadique). En prime, et de manière inopinĂ©e, les combats Ă  mains nues (l'hĂ©roĂŻne Ă©tant adepte de la boxe thaĂŻ) dĂ©samorcent le rĂ©alisme des confrontations dans leur chorĂ©graphie dĂ©gingandĂ©e.
Les points les plus positifs: l'exploitation d'une mĂ©tropole urbaine tentaculaire saturĂ©e de teintes flashy, une action parfois Ă©pique (la poursuite en voiture, l'affrontement dans le mĂ©tro) et la force de tranquille de Violetta Schurawlow en justicière impassible s'acharnant avec plus moins de crĂ©dit Ă  inverser les rĂ´les afin de venir Ă  bout d'un serial-killer rigoriste.

* Bruno

RĂ©compensePrix du Jury au Festival International du Film Policier de Beaune; 2017

mardi 12 juin 2018

LES DIABLESSES

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site arcadesdirect.fr

"La morte negli occhi del gatto" de Antonio Margheriti. 1973. Allemagne/France/Italie. 1h35. Avec
Jane Birkin, Hiram Keller, Françoise Christophe, Venantino Venantini, Serge Gainsbourg, Anton Diffring, Doris Kunstmann.

Sortie salles France: 23 Janvier 1974. Italie: 12 Avril 1973

FILMOGRAPHIE: Antonio Margheriti (Anthony M. Dawson) est un réalisateur italien, né le 19 septembre 1930 à Rome, décédé le 4 Novembre 2002 à Monterosi. 1960: Le Vainqueur de l'espace. 1962: Les Derniers jours d'un empire. 1963: La Vierge de Nuremberg. 1964: La Sorcière Sanglante. 1964: Les Géants de Rome. 1964: Danse Macabre. 1968: Avec Django, la mort est là. 1970: Et le vent apporta le Violence. 1971: Les Fantômes de Hurlevent. 1973: Les Diablesses. 1974: La brute, le colt et le karaté. 1975: La Chevauchée terrible. 1976: l'Ombre d'un tueur. 1979: l'Invasion des Piranhas. 1980: Pulsions Cannibales. 1980: Héros d'Apocalypse. 1982: Les Aventuriers du Cobra d'Or. 1983: Yor, le chasseur du futur. 1985: L'Enfer en 4è vitesse.


ExhumĂ© de l'oubli grâce Ă  l'Ă©diteur Cine2genre, Les Diablesses (titre français mercantile habilement fallacieux !) est un formidable suspense gothico-giallesque que notre illustre Antonio Margheriti imprime sur pellicule avec souci formel vertigineux. Et si l'intrigue simpliste n'est que prĂ©texte Ă  une sĂ©rie de crimes sanglants comme de coutume chez le genre codifiĂ©, sa scĂ©nographie gothique inopinĂ©ment envoĂ»tante maintient l'intĂ©rĂŞt jusqu'Ă  la rĂ©vĂ©lation finale assez surprenante (mĂŞme si on peut dĂ©celer l'identitĂ© du coupable Ă  mi parcours du mĂ©trage et que son mobile s'avère plutĂ´t conventionnel). Qui plus est, Margheriti, jamais avare d'originalitĂ© baroque, se permet d'inclure Ă  travers sa scĂ©nographie inquiĂ©tante 2 personnages animaliers (un chat, un gorille) afin de surfer sur une ambiance surnaturelle effleurant Ă  deux reprises le thème du vampirisme. Impeccablement campĂ© par une poignĂ©e de seconds-couteaux transalpins bien connus des amateurs (notamment auprès du regard azur de la sublime et troublante Doris Kunstmann), Les Diablesses bĂ©nĂ©ficie en outre de la beautĂ© anglaise de Jane Birkin assez convaincante en jeune convive timorĂ©e, tĂ©moin malgrĂ© elle d'Ă©vènements particulièrement macabres.


Tant et si bien que durant son sĂ©jour dans le château de sa gĂ©nitrice, Corringa s'Ă©gare fragilement dans les corridors, chambres Ă  coucher et passage souterrain avec une apprĂ©hension escarpĂ©e eu Ă©gard d'une vague de meurtres sanglants qu'un mystĂ©rieux tueur ne cesse de provoquer. Et ce, au moment de se rapprocher (sentimentalement parlant) auprès de James, cousin arrogant victime d'un passĂ© aussi nĂ©buleux que torturĂ©e. En dĂ©pit de la prĂ©sence subsidiaire de Serge Gainsbourg peu Ă  l'aise en inspecteur Ă  la fois apathique et peu finaud (bien que les spectateurs français s'amuseront de son cabotinage un brin extravagant, notamment auprès de sa dĂ©marche altière), la galerie de personnages interlopes Ă©voluant autour de Jane Birkin parvient Ă  distiller un charme vĂ©nĂ©neux au grĂ© de rapports familiaux dysfonctionnels. Margheriti nous interrogeant en permanence, et avec efficacitĂ©, sur leurs rĂ´les Ă©quivoques, comme les confirment aussi Ă  degrĂ© moindre le couple de domestiques et l'homme d'Ă©glise. Et d'amorcer durant sa seconde partie un rythme beaucoup plus alerte et oppressant au fil de pĂ©ripĂ©ties brutales oĂą le sentiment d'insĂ©curitĂ© gagnera du galon.


La Résidence.
Baignant dans un climat nocturne d'onirisme gothique n'ayant rien Ă  envier au travaux de Mario Bava ou de Roger Corman, Les Diablesses resplendit d'autant mieux Ă  travers sa photo sĂ©pia si bien que le spectateur magnĂ©tisĂ© par son Ă©lĂ©gance funèbre se laisse facilement embobiner par son cheminement giallesque sous le pilier d'attachants seconds-rĂ´les se prĂŞtant au jeu de la duperie avec assez de persuasion. A redĂ©couvrir avec vif intĂ©rĂŞt mĂŞme si la forme tant artisanale phagocyte le fond plaisamment convenu.

* Bruno
2èx

vendredi 8 juin 2018

SPARRING

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Samuel Jouy. 2018. France. 1h35. Avec Mathieu Kassovitz, Olivia Merilahti, Souleymane M’Baye, Billie Blain, Lyes Salem, David Saracino.

Sortie salles France: 31 Janvier 2018. Suisse: 5 Août 2017

FILMOGRAPHIESamuel Jouy est un acteur et réalisateur français, né en 1975.
2018: Sparring.


Echec public lors de sa discrète sortie en salles, Sparring fait office de film maudit eu égard de l'étonnant brio de sa réalisation (j'hésite d'ailleurs à employer la locution "coup de maître" si bien qu'il s'agit du 1er essai de Samuel Jouy), d'une direction d'acteurs hors-pair (dénués de toute diction théâtrale !) et de la présence viscérale de Mathieu Kassovitz littéralement habité dans celui d'un boxer sur le déclin enchaînant les défaites sans daigner raccrocher les gants (le rôle de sa vie pour ma part, rien que ça !). Mais au moment de devenir Sparring-partner (partenaire "adroit" d'entrainement) auprès d'un champion, ce dernier lui offrira l'opportunité d'accomplir un dernier match et peut-être parvenir à la victoire en dépit de ses échecs en chute libre. Retraçant avec souci de vérité humaine et de réalisme documenté le parcours épineux de Steve Landry, père de famille s'efforçant de gagner sa vie, notamment afin d'offrir le rêve de sa fille particulièrement douée pour le piano, Samuel Jouy provoque une émotion rigoureuse à travers ce profil de loser sur le fil du rasoir, si bien que sa situation précaire influera sur sa relation conjugale pas si épanouie.


Sa fragilitĂ© rĂ©servĂ©e, sa remise en question morale tacite (que le rĂ©alisateur sonde sans lourdeur dans sa psychĂ© tourmentĂ©e), sa volontĂ© autrement pugnace d'encaisser les coups les plus brutaux et d'y rester debout (sans jamais cĂ©der aux sirènes d'une action ostentatoire), sa tendre complicitĂ© (jamais dĂ©monstrative) avec sa fille fĂ©rue d'amour et de dignitĂ© pour lui (notamment cette sĂ©quence bouleversante lorsque celle-ci assiste Ă  un spectacle d'humiliations lors d'un match d'exhibition), Mathieu Kassovitz nous les retransmet avec une noble humilitĂ©. On peut Ă©galement mettre en exergue, voir mĂŞme carrĂ©ment applaudir le naturel spontanĂ© de Billie Blain dans celle d'une ado sĂ©millante, Ă  la fois dĂ©bordante de sensibilitĂ©, de fiertĂ© et d'amour pour son père mais aussi d'amertume, de regret et d'indignation eu Ă©gard de la risible renommĂ©e de celui-ci auprès de ses camarades de classes ou d'un public sado pour les perdants. Sans jamais romantiser le sport de la boxe et encore moins le transfigurer de manière homĂ©rique pour Ă©muler Rocky, Samuel Jouy opte pour la pudeur Ă©motive, la puretĂ© de l'acte de bravoure, le rĂ©alisme percutant des combats comme si vous assistiez Ă  un vrai match en direct si bien que les professionnels du milieu seront sans doute bluffĂ©s par la symĂ©trie des chorĂ©graphies, aussi concises et fluides soient-elles. A l'instar du match de dernier ressort fertile en Ă©motions pures (notamment parmi l'appui d'un score solennel qui enrobe couramment, et sans fioritures, toute l'intrigue) dont nous ne connaĂ®trons mĂŞme pas l'heureux vainqueur !


Un pas vers la réussite.
Vibrant hommage Ă  tous ces losers incapables d'accĂ©der Ă  la notoriĂ©tĂ© mais pour autant passionnĂ©s par l'art de la boxe et d'une rĂ©silience Ă  toute Ă©preuve pour effleurer une Ă©ventuelle victoire, Sparring nous met finalement Ă  genou grâce Ă  son Ă©motion rigoureuse d'une saisissante acuitĂ© humaine. SublimĂ© par la prestance Ă©corchĂ©e de Kassovitz et de seconds-rĂ´les communĂ©ment irrĂ©prochables car d'un aplomb plus vrai que nature (notamment auprès de boxers burinĂ©s d'une force tranquille proĂ©minente), Sparring scande au final les vainqueurs infortunĂ©s avec une dignitĂ© rĂ©solument bouleversante. Comme le souligne d'ailleurs brillamment son gĂ©nĂ©rique de fin faisant dĂ©filer des boxers anonymes gagnĂ©s par l'Ă©lĂ©gie du bonheur, l'ivresse de leur bravoure, aussi bref fut leur vertigineux instant de gloire. Offrez sa chance Ă  Sparring, vous ne l'oublierez jamais !

* Bruno

mercredi 6 juin 2018

FRANKENHOOKER

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site imdb.com

de Frank Henenlotter. 1990. U.S.A. 1h24. Avec James Lorinz, Joanne Ritchie, Patty Mullen, J.J. Clark, Carissa Channing, Shirl Bernheim, Judy Grafe.

Sortie salles France: 21 Août 1991. U.S: 1er Juin 1990.

FILMOGRAPHIE: Frank Henenlotter est un réalisateur américain né le 29 août 1950 à New-York. 1982: Frères de sang. 1988: Elmer, le remue-méninges. 1990: Frères de sang 2. 1990: Frankenhooker. 1992: Frères de Sang 3. 2008: Sex Addict.


DĂ©clinaison parodique de la FiancĂ©e de Frankenstein supervisĂ©e par Frank Henenlotter, un des maĂ®tres incontestĂ©s de l'horreur underground, Frankenhooker n'a rien Ă  envier Ă  ses homologues cultes, Frères de Sang / Elmer. Tant et si bien que cette sĂ©rie B au mauvais goĂ»t aussi irrĂ©sistible qu'assumĂ© se savoure tel un bonbon acidulĂ© dans son patchwork de situations Ă  la fois gĂ©nialement grotesques et improbables. A la suite de la mort accidentelle de sa fiancĂ©e dĂ©chiquetĂ©e par une tondeuse Ă  gazon inventĂ©e par ses soins, Jeffrey Franken tente de la ranimer Ă  l'aide de morceaux de cadavres provenant de prostituĂ©es. PassĂ©e l'expĂ©rience victorieuse, sa compagne revenue d'outre-tombe sillonne les quartiers malfamĂ©s Ă  la recherche de mâles lubriques. Pure bande-dessinĂ©e dĂ©jantĂ©e (photo polychrome Ă  l'appui façon RĂ©-animator !) exploitant avec une belle efficacitĂ© gore en latex et Ă©rotisme polisson (Henlotter prenant malin plaisir Ă  filmer les jeunes donzelles aux poitrines dĂ©nudĂ©es de toutes tailles !), Frankenhooker parodie le roman de Mary Shelley avec une dĂ©contraction jubilatoire.


L'auteur s'en donnant gĂ©nĂ©reusement Ă  coeur joie Ă  cumuler gags cartoonesques et blagues potaches sous l'impulsion d'un jeune Ă©lectricien dĂ©connectĂ© de son morne quotidien. Outre l'interprĂ©tation charismatique de James Lorinz en savant gentiment azimutĂ© (il faut le voir se trĂ©paner le cerveau avec une tige Ă  perceuse en guise de relâchement moral et de quĂŞte Ă©rudite !), Frankenhooker est littĂ©ralement transcendĂ© par la performance de Patty Mullen en catin aussi difforme que sexy gesticulant tel un pantin dĂ©manchĂ©. Car derrière son look violacĂ© de prostituĂ©e futuriste, ses tics, spasmes et grimaces hyperboliques, son regard dĂ©ficient et sa dĂ©marche dĂ©gingandĂ©e nous provoquent une fascination de gosse Ă©merveillĂ© Ă  chacune de ses extravagantes apparitions ! Et par le biais de ses pitreries aussi loufoques que putassières (elle offre son corps Ă  la clientèle masculine en les faisant exploser d'orgasme si j'ose dire !), Frank Henenlotter, jamais avare d'inventivitĂ© cintrĂ©e, clĂ´ture son intrigue sur une conclusion orgiaque n'ayant rien Ă  envier au bouquet final de RĂ©-animator ou encore de Society ! La fiancĂ©e inversant subitement les rĂ´les de victime soumise avec une dĂ©rision inopinĂ©ment saphique !


Jeu de massacre pour rire (et se rincer l'oeil !) au grĂ© d'une renaissance morbide titulaire d'un quotidien dĂ©pravĂ©, Frankenhooker baigne dans la stupre d'un comique horrifique galopin avec une insolence pĂ©tulante. Henenlotter gĂ©nĂ©reusement culottĂ© se renouvelant une 3è fois avec cette farce macabre oĂą le dĂ©paysement Ă©grillard relève de l'unicitĂ©. 

* Bruno
2èx

mardi 5 juin 2018

Les Expériences érotiques de Frankenstein

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dvdtoile.com

"La maldición de Frankenstein" de Jess Franco. 1973. France/Espagne/Portugal. 1h14. Avec Alberto Dalbés, Dennis Price, Howard Vernon, Beatriz Savón, Anne Libert, Fernando Bilbao, Britt Nichols, Luis Barboo.

Sortie salles France: 31 Mai 1973 (Int aux - de 18 ans)

FILMOGRAPHIE: Jess Franco (Jesus Franco Manera) est un rĂ©alisateur espagnol, nĂ© le 12 Mai 1930 Ă  Madrid, dĂ©cĂ©dĂ© le 2 Avril 2013. 1962: L'Horrible Dr orlof.  1962: Le Sadique Baron Von Klaus. 1964: Les MaĂ®tresses du Dr Jekyll. 1966: Le Diabolique Dr Zimmer. 1969: L'Amour dans les prisons des femmes. 1969: Justine ou les infortunes de la vertu. 1970: Les Nuits de Dracula. 1970: Le TrĂ´ne de Feu. 1971: Vampyros Lesbos. 1972: Les ExpĂ©riences Erotiques de Frankenstein. 1972: Dracula prisonnier de Frankenstein. 1972: La Fille de Dracula. 1973: Quartier des Femmes. 1973: Christina chez les Morts-Vivants. 1974: La Comtesse Noire. 1974: EugĂ©nie de Sade. 1976: Jack l'Eventreur. 1980: Terreur Cannibale. 1980: Mondo Cannibale. 1981: Sadomania. 1981: Le Lac des Morts-Vivants (co-rĂ©al). 1982: L'AbĂ®me des Morts-Vivants. 1982: La Chute de la maison Usher. 1988: Les PrĂ©dateurs de la Nuit. 2002: Killer Barbys.


            "Le monde sombrait dans la dĂ©mence et les humains pionçaient en toute inconscience."

Une aberration filmique hors du temps et de l'espace, un pitch capillotractĂ© Ă©crit par un Franco sous tranxène, des filles nues et velues parfois adeptes du SM, une femme oiseau dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e qui piaille, un soupçon de gore ketchup, un monstre argentĂ© que l'on croirait issue d'un illustre Ă©pisode de James Bond, des images crĂ©pusculaires oniriques, des Ă©clairages stylisĂ©s, des cadrages alambiquĂ©s, des contre-plongĂ©es Ă  n'en plus finir, la prĂ©sence Ă©baubie d'Horwan Vernon les yeux exorbitĂ©s, des figurants masquĂ©s sortis d'une fĂŞte d'Halloween, un score dissonant Ă  se claquer la tĂŞte contre le carrelage ! Bienvenue dans l'univers inĂ©narrable de Jess Franco, maĂ®tre de la sĂ©rie Z hispanique pour le meilleur et pour la consternation. Il faut le voir pour le croire, Ă  vos risques et pĂ©rils. En tout Ă©tat de cause, pour les bisseux incorrigibles, le voyage psychĂ©dĂ©lique vaut assurĂ©ment le dĂ©tour si bien que cette oeuvre marginale ne ressemblant Ă  nulle autre demeure aujourd'hui encore plus charmante et incongrue faute de son Ă©poque rĂ©tro rĂ©volue. 

P.S: Privilégiez la VF plutôt que la version Spanish (rallongée de 7 minutes), une fois n'est pas coutume.

* Bruno
08.05.21. 
03.03.25. 3èx

lundi 4 juin 2018

AMERICAN WARRIOR 2: LE CHASSEUR

                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site shatpack.blogspot.com

"Avenging Force" de Sam Firstenberg. 1986. U.S.A. 1h44. avec Michael Dudikoff, Steve James, James Booth, William Wallace, John P. Ryan, Karl Johnson.

Sortie salles France: 31 DĂ©cembre 1986. U.S: 1 Mai 1987 

FILMOGRAPHIESam Firstenberg (de son vrai nom Shmulik Firstenberg) est un rĂ©alisateur israĂ©lo-amĂ©ricain nĂ© en Pologne le 13 mars 1950. 2003: The Interplanetary Surplus Male and Amazon Women of Outer Space. 2002 Quicksand. 2001: Spiders, le retour des araignĂ©es gĂ©antes. 2001: Criss, Cross. 2000: L'Alternative. 1998: Le TrĂ©sor de McCinsey. 1997: Motel Blue. 1997: OpĂ©ration Delta  Force. 1994: Cyborg Cop 2. 1993: Blood Warriors. 1993: Cyborg Cop. 1992: La Loi du samouraĂŻ. 1991: Delta Force 3. 1990: Neshika Bametzach. 1989: Riverbend. 1987: Le Ninja blanc. 1986: American Warrior II : Le Chasseur. 1985: American Warrior. 1984: Breakin' 2: Electric Boogaloo. 1984: Ninja III. 1983: Ultime Violence. 1983: One More Chance. 1979: Simpatya Bishviel Kelev.


Synopsis: Résigner à retrouver les coupables de la mort de son meilleur ami et de sa famille, Matt Hunter doit se confronter à un groupuscule fasciste adepte de la chasse à l'homme.


Film d'action d'exploitation produit par la cĂ©lèbre firme Cannon, American Warrior 2 fit les beaux jours des rayons VHS après avoir remportĂ© un certain succès en salles sur notre territoire (869 196 entrĂ©es). A la revoyure, on ne peut s'empĂŞcher de l'estampiller plaisir coupable, voir de "nanar" tant le mĂ©trage de Sam Firstenberg cumule clichĂ©s et personnages stĂ©rĂ©otypĂ©s autour d'une intrigue rachitique aussi naĂŻve que prĂ©visible. En prime, les dialogues Ă©lĂ©mentaires parfois drĂ´les et l'aspect impayable de certaines confrontations hĂ©roĂŻques oĂą les mĂ©chants grimacent en diable et oĂą le gentil ne cesse de se relever de ses blessures avec une pugnacitĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©e renforcent le caractère dĂ©calĂ© de l'attachant spectacle, clin d'oeil sardonique aux Chasses du comte Zaroff. La seconde partie surfant sur le survival d'une chasse Ă  l'homme que notre hĂ©ros improvisera dans les bayous tout en portant secours Ă  une fille kidnappĂ©e. D'ailleurs, Ă  travers son action en règle plutĂ´t gĂ©nĂ©reuse, on peut aujourd'hui s'Ă©tonner de la violence de certains passages homĂ©riques (notamment son prologue pĂ©taradant confinĂ© en pleine fĂŞte urbaine) et de certaines exactions meurtrières si bien que Sam Firtenberg ose mĂŞme y sacrifier l'innocence la plus candide (2 enfants sont froidement abattus dont l'un face camĂ©ra !).


Sympathique, attachant et charmant sous son format d'actionner bisseux rĂ©servĂ© aux prolos, American Warrior 2 enthousiasmera Ă  nouveau la gĂ©nĂ©ration 80 en dĂ©pit de son inĂ©vitable "coup de vieux" si bien qu'aujourd'hui il s'avère souvent (involontairement) cocasse (voir mĂŞme hilarant lors de 2/3 passages racoleurs, notamment auprès de l'affrontement final entre Matt et Elliott) et que les beaux yeux de Michael Dudikoff (gentiment expressif en redresseur de tort pour autant peu vĂ©loce !) Ă©moustilleront encore la gente fĂ©minine. 

* Bruno
2èx

jeudi 31 mai 2018

INSPECTEUR LA BAVURE

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Claude Zidi. 1980. France. 1h40. Avec Coluche, Gérard Depardieu, Dominique Lavanant, Julien Guiomar, Alain Mottet, François Perrot, Jean Bouchaud, Clément Harari.

Sortie salles France: 3 Décembre 1980

FILMOGRAPHIE: Claude Zidi est réalisateur et scénariste français né le 25 juillet 1934 à Paris.

1971 : Les Bidasses en folie. 1972 : Les Fous du stade. 1973 : Le Grand Bazar. 1974 : La moutarde me monte au nez. 1974 : Les Bidasses s'en vont en guerre. 1975 : La Course à l'échalote. 1976 : L'Aile ou la Cuisse. 1977 : L'Animal. 1978 : La Zizanie. 1979 : Bête mais discipliné. 1980 : Les Sous-doués. 1980 : Inspecteur la Bavure. 1982 : Les Sous-doués en vacances. 1983 : Banzaï. 1984 : Les Ripoux. 1985 : Les Rois du gag. 1987 : Association de malfaiteurs. 1988 : Deux. 1989 : Ripoux contre ripoux. 1991 : La Totale ! 1993 : Profil bas. 1997 : Arlette. 1999 : Astérix et Obélix contre César. 2001 : La Boîte. 2003 : Ripoux 3. 2011 : Les Ripoux anonymes, série coréalisée avec son fils Julien Zidi.


Synopsis: Roger Morzini, dangereux malfrat considĂ©rĂ© comme ennemi public N°1 se lie d'amitiĂ© avec un flic nĂ©ophyte pour mieux approcher une journaliste arrogante et ainsi faire chanter la police. 
TournĂ© la mĂŞme annĂ©e que l'immense Ă©clat de rire les Sous-douĂ©sClaude Zidi rempile avec le succès avec Inspecteur Labavure si bien qu'en 1980 il se classe 5è au box-office avec ses 3 697 576 entrĂ©es. ComĂ©die policière inĂ©gale portĂ©e Ă  bout de bras par le tandem payant Coluche / DepardieuInspecteur Labavure parvient gentiment Ă  distraire avec plus ou moins d'efficacitĂ©. Certains gags un peu lourdingues surfant avec le ridicule mĂŞme si notre frĂ©tillant Coluche parvient Ă  nous arracher les rires dans sa posture de flic empotĂ© constamment ballottĂ© par ses supĂ©rieurs et par un dangereux malfrat que Depardieu insuffle avec une Ă©loquence sournoise. Le rythme parfois dĂ©faillant ne permettant pas au spectateur de s'immerger complètement dans l'aventure rocambolesque en dĂ©pit de l'indiscutable sincĂ©ritĂ© du rĂ©alisateur (beaucoup moins inspirĂ© Ă  provoquer les rires que dans les Sous-douĂ©s).


Faisant pourtant preuve d'ambition de par son intrigue solide semĂ©e d'inventions et rebondissements mais parfois compromis par certains scories (notamment Ă  travers le comportement Ă©quivoque de la journaliste se laissant trop facilement apprĂ©hender par Morzini après avoir saisi la supercherie de sa nouvelle identitĂ©), Claude Zidi alterne idĂ©es loufoques ou dĂ©bridĂ©es au rythme des Ă©changes faussement affables de Michel et Morzini. A travers certaines sĂ©quences azimutĂ©es que l'on croirait sorties d'une sĂ©rie Z (notamment lors de la reconstitution d'un crime avec le tĂ©moignage du violeur !), Inspecteur Labavure fait presque office d'OVNI franchouillard dans son alliage de comĂ©die policière jalonnĂ©e d'actions improvisĂ©es (notamment son final hĂ©roĂŻque assez extravagant avec cette pelle mĂ©canique dĂ©truisant de fond en comble une vaste demeure). Zidi profitant notamment en intermittence d'y railler le corps policier avec gentille dĂ©rision mĂŞme si les violences policières (dĂ©noncĂ©es Ă  deux reprises) feront grincer quelques dents. En tout Ă©tat de cause, et grâce en prioritĂ© Ă  la fortuite confrontation Coluche / Depardieu (entourĂ© d'une foule de seconds-rĂ´les bonnards !), ce sympathique divertissement semi-parodique se suit sans dĂ©plaisir mĂŞme si on aurait prĂ©fĂ©rĂ© en rire aux Ă©clats.

* Bruno
3èx