jeudi 2 juillet 2020

Le Jour de la fin des Temps / La Nuit des Extra-Terrestres

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"The Day Time Ended" de John 'Bud' Cardos. 1980. U.S.A. 1h20. Avec Jim Davis, Christopher Mitchum, Dorothy Malone, Marcy Lafferty, Scott C. Kolden.

Sortie salles France: 10 Juin 1981. U.S: Novembre 1980.

FILMOGRAPHIE: John 'Bud' Cardos est un réalisateur, acteur et producteur américain, né le 20 Décembre 1929 à Saint Louis, Missouri. 1970: The red, white, and black. 1971: Drag Racer. 1971: The Female Bunch (non crédité). 1977: L'Horrible Invasion. 1979: The Dark. 1979: Le Jour de la fin des temps. 1984: Mutant. 1988: Act of Piracy. 1988: Skeleton Coast. 1988: Les Bannis de Gor.


RĂ©alisĂ© par John Bud Cardos, un habituĂ© des sĂ©ries B au rabais Ă  qui l'on doit The Dark, le sympatoche Mutant et surtout l'Horrible Invasion (de loin sa meilleure - et authentique - rĂ©ussite), le Jour de la fin des temps est une sorte de croisement bisseux de Rencontres du 3è type lorsqu'une famille de fermiers demeurent les tĂ©moins de prĂ©sences extra-terrestres lors d'une nuit spatio-temporelle. Les OVNIS parvenant par instants Ă  brouiller la notion du temps sans que l'on ne sache pour quelle raison Ă©quitable. ConfinĂ©s dans leur demeure en plein dĂ©sert, ils vont avoir affaire Ă  une multitude d'Ă©vènements paranormaux Ă  base de bulles de lumières, de monument triangulaires d'un vert fluorescent (faisant disparaĂ®tre et rĂ©apparaĂ®tre n'importe quelle prĂ©sence humaine ou animale), de mini crĂ©atures et de monstres gargantuesques filmĂ©s en stop motion. De par son ambiance westernienne confinĂ©e en plein dĂ©sert solaire et grâce Ă  l'attachante galerie de persos gogos aux rĂ©actions tantĂ´t atones, tantĂ´t hĂ©bĂ©tĂ©es; Le Jour de la fin des Temps prĂŞte inĂ©vitablement Ă  sourire Ă  travers sa plĂ©thore de sĂ©quences facĂ©tieuses oĂą des extra-terrestres de toutes formes n'auront de cesse de les harceler tous azimuts.


Et si on peut déplorer la redondance des situations d'harcèlement et d'agressions finalement infructueuses, John Bud Cardos parvient in extremis à relancer modestement l'action grâce à la disparité des OVNIS s'en donnant à coeur joie dans les effets de surprise et ballets féeriques. A l'instar donc de Rencontres du 3è type lorsque des centaines de bulles, de rayons gammas et d'étoiles filantes y forment des esquisses dans l'air et le ciel afin d'ébranler nos personnages en proie à la stupeur (contractée). Tout cela demeure donc gentillet, simplet, gratuit et inoffensif à travers son ambiance bonnard de science-fiction conjuguée au merveilleux et au fantastique, quand bien même les FX artisanaux s'avèrent assez bien fichus dans l'ensemble. Le point le plus fructueux étant les fascinants déplacements des monstres filmés en stop motion que l'on croirait extraits d'un film de Ray Harryhausen si bien que l'on a droit à un moment à un houleux corps à corps, aussi mineure soit leur chorégraphie épique.


Sans laisser de souvenir impĂ©rissable, le Jour de la fin des temps se dĂ©cline donc en sympathique curiositĂ© fantasque sous l'impulsion d'aimables trognes du samedi soir parfois issues de la sĂ©rie TV (Jim Davis en tĂŞte, l'inoubliable Josh Ewing de Dallas). Quand au final salvateur Ă  la fois fĂ©erique et dĂ©concertant, on accepte pour autant le non-sens du twist fantasmagorique de par sa scĂ©nographie aussi flamboyante que dĂ©paysante. N'oubliez donc pas de dĂ©poser votre cerveau au vestiaire avant de goĂ»ter cette friandise acidulĂ©e au charme (agrĂ©ablement) dĂ©suet, tant il n'y a pas grand chose Ă  saisir. 

*Bruno

mardi 30 juin 2020

Marathon Killer

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Courage" de Robert L. Rosen. 1984. U.S.A. 1h30. Avec Ronny Cox, Art Hindle, M. Emmet Walsh, Tim Maier, Lois Chiles.

Sortie salles France: ?. U.S: 16 Novembre 1984

FILMOGRAPHIE: Robert L. Rosen est un réalisateur, acteur et producteur américain né le 7 Janvier 1937 à Palm Springs, Californie. 1984: Marathon Killer.


Inédit en salles chez nous mais édité en Vhs, Marathon Killer ne manqua pas d'interpeller le videophile des années 80 attisé par sa jaquette prometteuse suggérant un film d'horreur plutôt réaliste. Tout du moins chez les friands de série B d'exploitation surfant sur la vague du survival brut de décoffrage, ou plus précisément de la chasse à l'homme initiée par un certain Zaroff. En ce sens que l'intrigue assez originale va nous dépeindre l'épreuve de force d'un trio de marathoniens pris à parti avec une unité militaire partie en mission de survie en plein désert du Nouveau Mexique. Spoil ! Or, après qu'ils eurent accidentellement tués l'un des joggeurs lors d'une violente rixe, ils se décident à les traquer pour les tuer sous l'impulsion de leur leader mégalo. Fin du Spoil. Réalisé par le néophyte Robert L. Rosen si bien qu'il s'agit de son unique métrage, Marathon Killer demeure un sympathique survival aussi perfectible et maladroit soit-il. Car si la gestion d'acteurs laisse à désirer (principalement auprès des militaires en herbe parfois peu convaincants dans leur posture patibulaire et leurs actions infructueuses) et que le montage demeure tantôt anarchique, Marathon Killer gagne en efficacité oppressante à travers sa pléthore de poursuites endiablées que nos survivants ne cessent d'arpenter pour leur enjeu de survie.


Qui plus est, nous sommes surpris de constater à travers son concept d'exploitation alimentaire la densité humaine qui se dégage des états d'âme de nos héros réfractaires de prime abord à tuer leur prochain afin de pouvoir rester en vie. Mais s'efforçant solidairement de survivre pour accéder à la ligne d'arrivée, entre désespoir désenchanté et pugnacité rebelle, ils vont donc apprendre à s'affirmer en faisant preuve de perspicacité, d'héroïsme et de bravoure audacieuse. C'est donc une initiation à l'auto-justice que nous suggère Robert L. Rosen à travers leur inévitable légitime défense de dernier ressort. Ainsi, en suivant scrupuleusement leur marathon chaotique sous un écrasant soleil, on reste notamment surpris de l'intensité dramatique de certains rebondissements d'une cruauté aride (tant auprès de la 1ère partie que de l'épilogue salvateur). On peut toutefois regretter le manque de réalisme de certains corps à corps, sachant notamment que nos héros parviennent un peu trop facilement à exterminer leurs assaillants. C'est un tantinet dommageable pour autant pardonnable tant on s'identifie pleinement à leur humanisme fébrile puisque se résignant à rester en vie avec une hargne indéfectible. On peut enfin saluer l'attrait quelque peu envoûtant de sa partition au synthé quasi omniprésente durant tout le parcours du combattant si bien que Marathon Killer ne manque pas de charme atmosphérique à travers sa scénographie aussi vaste et dépaysante qu'inhospitalière.


A dĂ©couvrir avec rĂ©el intĂ©rĂŞt donc car cette sĂ©rie B injustement sombrĂ©e dans l'oubli mĂ©riterait Ă  ĂŞtre plus connue. 

*Bruno
2èx

lundi 29 juin 2020

M.A.L

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Deep Star Six" de Sean S. Cunningham. 1989. U.S.A. 1h39. Avec Greg Evigan, Nancy Everhard, Cindy Pickett, Miguel Ferrer

Sortie salles France: 31 Mai 1989

FILMOGRAPHIE: Sean Sexton Cunningham est un réalisateur, producteur et scénariste américain. Né en 1941 à New York. 1970 : Art of Marriage. 1971 : L'Amour à deux. 1973 : Case of the Full Moon Murders. 1978 : Manny's Orphans. 1978 : Here Come the Tigers. 1980 : Vendredi 13. 1982 : A Stranger Is Watching. 1983 : La fièvre du printemps. 1985 : Représailles. 1989 : MAL : Mutant aquatique en liberté. 2001 : XCU: Extreme Close Up. 2002 : Invasion finale (TV). 2006 : Trapped Ashes.


Sorti la mĂŞme annĂ©e que son cousin Leviathan, M.A.L est un ersatz mineur d'Alien et d'Abyss que Sean S. Cunningham exploite avec une relative efficacitĂ©. Car si on dĂ©plore son manque d'action et d'angoisse oppressante au sein de ce huis-clos maritime (attendez 1 bonne heure pour voir apparaĂ®tre le monstre), l'intrigue cousue de fil blanc demeure un agrĂ©able divertissement Ă  travers ses moult clichĂ©s Ă©culĂ©s et ses personnages stĂ©rĂ©otypĂ©s. Mention spĂ©ciale Ă  Miguel Ferrer en trouillard empotĂ© en proie Ă  une psychose dĂ©gĂ©nĂ©rative. D'ailleurs, afin de relancer l'action vers une direction davantage en porte-Ă -faux, Sean S. Cunningham compte sur l'hypocrisie de celui-ci multipliant les bourdes et les coups bas pour s'en sortir vivant. Ainsi, si on anticipe frĂ©quemment les incidents techniques de l'Ă©quipage et les altercations du monstre (pas trop mal fichu en dĂ©pit de son absence de vĂ©locitĂ©) au sein d'une plateforme nuclĂ©aire, l'aspect semi-parodique de certaines situations retient l'attention d'un oeil amusĂ©. Tant auprès de nos attachants personnages d'une vaillance hĂ©roĂŻque souvent suicidaire que du charme innocent de la rĂ©alisation singeant ces classiques prĂ©citĂ©s avec un modeste savoir-faire. Un sympathique divertissement donc, aussi dispensable soit-il, Ă  privilĂ©gier Ă  la gĂ©nĂ©ration 80, mĂŞme si on est en droit d'y prĂ©fĂ©rer le beaucoup plus fun et palpitant, Leviathan.


Ci-joint la chronique de Leviathanhttp://brunomatei.blogspot.com/2019/03/leviathan-prix-des-effets-speciaux.html

*Bruno
3èx

vendredi 26 juin 2020

Le Monstre qui vient de l'Espace / The Incredible Melting Man

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site fan-de-cinema.com

de William Sachs. 1977. U.S.A. 1h26. Avec Alex Rebar, Burr DeBenning, Myron Healey, Michael Alldredge, Ann Sweeny, Lisle Wilson, Jonathan Demme.

Sortie salles France: 18 Mars 1981. U.S: 9 DĂ©cembre 1977

FILMOGRAPHIE: William Sachs est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 16 Octobre 1942 Ă  New-York. 1971: South of Hell Mountain. 1974: There is no 13. 1976: Secrets of the Gods (documentaire). 1977: Le Monstre qui vient de l'espace. 1978: The Force Beyond (documentaire). 1979: Van Nuys Blvd. 1980: Galaxina. 1985: Hot Chili. 1991: The Last Hour. 1992: Judgement. 2002: Spooky House.

Responsable du sympathique space-opĂ©ra (pour rire) Galaxina, Le Monstre qui vient de l’espace doit une partie de sa rĂ©putation culte Ă  l’attrait grand-guignolesque de sa rutilante jaquette, que nombre de cinĂ©philes se sont empressĂ©s de louer au vidĂ©oclub du coin. En prime, pour rameuter le chaland et flatter l’instinct racoleur, la mention "interdit aux moins de 18 ans" fut apposĂ©e en bas de l’affiche ! Une aberration aussi lucrative que mensongère, tant le rĂ©alisateur abuse du hors-champ pour suggĂ©rer les effets gores escomptĂ©s.

Le pitch : Ă  la suite d’une expĂ©dition spatiale près de Saturne, l’unique survivant, Steve West, revient parmi les siens dans un Ă©tat de putrĂ©faction avancĂ©e. Fortement irradiĂ© et mutilĂ©, il est soignĂ© dans le centre hospitalier du mĂ©decin Ted Nelson. Ă€ son rĂ©veil, Steve dĂ©couvre son visage bandĂ©. Pris de panique, il arrache les pansements et se retrouve face Ă  son faciès tumĂ©fiĂ©, truffĂ© de pustules suppurantes. En dĂ©sespoir de cause, il s’Ă©vade de l’hĂ´pital… et sème derrière lui une vague de crimes sauvages, comme un cri de rage dĂ©sincarnĂ©.

Observer les exactions erratiques d’un monstre Ă  tĂŞte de rhubarbe dĂ©ambulant dans la campagne ou rĂ´dant autour de paisibles demeures s’avère dĂ©licieusement facĂ©tieux, tant l’aspect involontairement parodique de sa mise en scène — aussi bricolĂ©e qu’attentionnĂ©e — amuse plus qu’il ne terrifie. Ă€ cela s’ajoute la cocasserie permanente de dialogues crĂ©tins, l’apparence putrescente de la crĂ©ature se liquĂ©fiant Ă  chaque pas, et une galerie de personnages tous plus empotĂ©s ou inconsĂ©quents les uns que les autres : le couple en Ă©bat, le trio d’enfants fumeurs, le mĂ©decin et le gĂ©nĂ©ral castrateur, les beaux-parents retraitĂ©s, ou encore le photographe lubrique et son modèle concupiscent !

Et ce, malgrĂ© un cheminement narratif redondant, sans surprise, dont on aurait pu retrancher un bon quart d’heure. Mais grâce Ă  l’aspect auto-parodique des situations de stress, aux suspense languissants et aux altercations horrifiques en carton-pâte, Le Monstre qui vient de l’espace divertit modestement, sans jamais trop se prendre au sĂ©rieux. Le final, campant l’ultime course de la crĂ©ature — Ă  tĂŞte de pizza fondue — dans un entrepĂ´t industriel, n’est pas avare de fantaisies, alimentĂ© par des flics dĂ©cervelĂ©s Ă  la gâchette facile.

Il faut Ă©galement saluer les maquillages artisanaux, bien cracras, de Rick Baker, qui prĂ©figurent les outrances cartoonesques de Street Trash ou du Toxic Avenger, tant cette crĂ©ature irradiĂ©e, impressionnante autant que grotesque, suinte une horreur gluante et faussement terrifiante. Avec une naĂŻvetĂ© attendrissante, le rĂ©alisateur tente mĂŞme un regain d’empathie via un humanisme bancal — et pourtant touchant. RĂ©duit Ă  l’Ă©tat de charpie, le monstre agonise sous nos yeux… et l’on ne peut s’empĂŞcher d’en Ă©prouver une forme de perplexitĂ©. D’autant qu’il vient de sauver le mĂ©decin d’une mort certaine, comme une ultime rĂ©demption teintĂ©e d’amitiĂ©. La disparition brutale de ce dernier, probable relan de dramaturgie forcĂ©e, achève de troubler la tonalitĂ© d’un rĂ©cit brinquebalant.

Les ruptures de ton donnent parfois le tournis : entre humour et horreur, on tangue, on vacille, mais avec une maladresse si sincère qu’elle en devient presque Ă©mouvante. L’exemple le plus flagrant de ce comique assumĂ© ? Ce couple de retraitĂ©s conviĂ©s Ă  souper chez leur fille, s’aventurant sur une route bucolique patibulaire… pour aller chaparder des citrons !


Tout Ă  fait frĂ©quentable pour les nostalgiques de l’Ă©poque, Le Monstre qui vient de l’espace demeure un plaisir innocent et gentiment crĂ©tin, dans son hommage ubuesque aux films de monstres des annĂ©es 50. Il en conserve, en filigrane, la peur sourde des effets dĂ©vastateurs de la radioactivitĂ© sur l’homme — fruit pourri de ses conquĂŞtes stellaires trop orgueilleuses (!?).


*Bruno
26.06.20. 4èx
03.08.13. 93 v

jeudi 25 juin 2020

Cul et Chemise

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"Io sto con gli ippopotami" de d'Italo Zingarelli. 1979. Italie. 1h48. Avec Terence Hill, Bud Spencer, Joe Bugner, May Dlamini, Dawn JĂĽrgens, Malcolm Kirk.

Sortie salles France: 5 Décembre 1979

FILMOGRAPHIE: Italo Zingarelli est un producteur et rĂ©alisateur italien de cinĂ©ma, nĂ© le 15 janvier 1930 Ă  Lugo di Vicenza en VĂ©nĂ©tie, dĂ©cĂ©dĂ© le 29 avril 2000 Ă  Rome. 1969 : Cinq hommes armĂ©s. 1970 : Une prostituĂ©e au service du public et en règle avec la loi. 1979 : Cul et chemise.


Qu'il est bon de revisionner cette comĂ©die familiale sous l'impulsion du duo fripon Terence Hill / Bud Spencer. Les "Laurel et Hardy" contemporains de souche italienne. Car l'intrigue dĂ©gingandĂ©e a beau raser les murs (quoique son message Ă©colo en faveur de la cause animale ne passe pas inaperçu), Terence Hill et son acolyte Bud Spencer sauvent le film de la vacuitĂ© de par leur fringance endiablĂ©e d'y compiler une moisson de baffes et coups de poing toutes les 10 minutes. Tant et si bien qu'il s'avère impossible de s'ennuyer au sein de ce fracas d'actions en règle mĂŞme si la plupart des situations risibles, pour ne pas dire ridicules ou surrĂ©alistes (la scène du repas, celle du tribunal ou encore du casino) ne font guère preuve de vraisemblance. Et c'est tant mieux car il se dĂ©gage de ce joyeux bordel zĂ©difiant une libertĂ© de ton dĂ©sinvolte qu'on ne retrouve guère aujourd'hui sur nos Ă©crans formatĂ©s adeptes de l'ultra conservatisme.


Ainsi donc, on a également beau étriller le classicisme de sa réalisation anodine (Italo Zingarelli possède d'ailleurs à son actif 3 uniques longs-métrages), le spectacle dépaysant (une scénographie Africaine peuplée de figurants accorts et d'animaux sauvages) vaut son pesant de péripéties burlesques de par ses bastonnades inventives que Hill et Spencer transcendent avec une spontanéité galvanisante. Anti-dépresseur par excellence donc, Cul et Chemise demeure un excellent divertissement puisant son charme dans sa simplicité bonnard que le duo cultive avec un naturel décomplexé. Con comme la lune certes à travers ses récurrents règlements de compte entre bons et méchants (quelles gueules cartoonesques !), mais débordant d'inventivité, de bonne humeur et de gags si outranciers qu'on cède à l'hilarité, Cul et Chemise n'a pas pris une ride de par son inépuisable ressort comique en roue libre.

*Bruno
2èx

mercredi 24 juin 2020

La Petite soeur du Diable

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Suor Omicidi / Killer Nun" de Giulio Berruti. 1978. Italie. 1h29. Avec Joe Dallensendro, Anita Ekberg, Alida Valli.

Sortie salles Italie: 10 Mai 1979. France: ?.

FILMOGRAPHIE: Giulio Berruti est un réalisateur et scénariste Italien né le 28 Avril 1937. 1976: Noi siam come le lucciole. 1979: La Petite soeur du Diable.


Voici un nunsploitation bougrement attachant, portĂ© par un cocktail vitriolĂ© de saphisme, de nĂ©crophilie, de luxure et d’homicides parfois incongrus. Ă€ l’instar de ces aiguilles filmĂ©es en gros plan, transperçant le visage d’une victime sclĂ©rosĂ©e avec une complaisance glaçante. L’Angleterre rigoriste s’en offusqua d’ailleurs au point d’inscrire le film sur la tristement cĂ©lèbre liste des Video Nasties. Mais au-delĂ  de son concept d’exploitation dosant habilement fesses et gore au cĹ“ur d’un institut psychiatrique en rut, La Petite sĹ“ur du Diable se rĂ©vèle bien plus intĂ©ressant qu’il n’y paraĂ®t, grâce Ă  une intrigue sinueuse distillant un suspense poisseux jusqu’Ă  un Ă©pilogue aussi fortuit que dĂ©rangeant. ÉmaillĂ© de situations tordues, le rĂ©cit s’abandonne au thriller horrifique autour d’une Ă©nigme centrale : dĂ©masquer le vĂ©ritable assassin. Et ce, malgrĂ© l’avertissement liminaire du cinĂ©aste - responsable de seulement deux longs-mĂ©trages, quel dommage au vu de son sens du malaise - prĂ©tendant s’inspirer d’une histoire vraie. Étonnamment bien interprĂ©tĂ© pour une production indĂ©pendante aussi fauchĂ©e, tant dans ses rĂ´les majeurs que secondaires (notamment cette figuration inquiĂ©tante de patients revanchards que n’aurait pas reniĂ©e Francis Leroy), le film se voit aussi transcendĂ© par le charisme dĂ©monial d’Anita Ekberg, dont le regard azur, Ă  la fois perçant et souffreteux, imprime durablement la rĂ©tine.


Car celle-ci parvient Ă  susciter une forme d’empathie dans sa fonction misĂ©rable de nonne nĂ©vrosĂ©e et dĂ©pressive, dĂ©pendante Ă  la morphine depuis une opĂ©ration du cerveau. En proie Ă  une perte identitaire et Ă  une solitude oppressante, sĹ“ur Gertrude glisse alors vers une Ă©mancipation sexuelle trouble : entre la proposition saphique d’une nouvelle sĹ“ur et la tentation charnelle d’un quidam aguichĂ© par ses formes plantureuses gainĂ©es de jarretelles. Les scènes d’Ă©treinte et de dĂ©shabillage, souvent gĂ©nĂ©reuses, Ă©vitent pourtant la gratuitĂ© grâce au portrait torturĂ© d’une carmĂ©lite sexuellement refoulĂ©e, dĂ©sormais encline Ă  substituer le fantasme Ă  son dĂ©sarroi moral. D’autant que tout l’institut - patients comme mĂ©decins - la scrute d’un Ĺ“il soupçonneux depuis une sĂ©rie de meurtres inexpliquĂ©s. Au-delĂ  de cette atmosphère malsaine nichĂ©e au sein d’une hiĂ©rarchie religieuse gangrenĂ©e par le manque affectif et sexuel, La Petite sĹ“ur du Diable fascine irrĂ©mĂ©diablement par son esthĂ©tisme nacrĂ©, oĂą le macabre s’entrelace Ă  un Ă©rotisme aussi scabreux qu’effrontĂ©.


Une vĂ©ritable perle horrifique typiquement latine, Ă  dĂ©couvrir d’urgence pour les amateurs de curiositĂ©s dĂ©viantes Ă  la psychologie Ă©tonnamment Ă©toffĂ©e, tant La Petite sĹ“ur du Diable parvient Ă  s’affranchir sans rougir du simple produit (faussement) alimentaire.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤

mardi 23 juin 2020

Snake Eyes

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinememorial.com

"Dangerous Game" d'Abel Ferrara. 1993. U.S.A. 1h49. Avec Harvey Keitel, Madonna, James Russo, Victor Argo, Nancy Ferrara.

Sortie salles France: 13 Octobre 1993. U.S: 19 Novembre 1993

FILMOGRAPHIE: Abel Ferrara est un réalisateur et scénariste américain né le 19 Juillet 1951 dans le Bronx, New-York. Il est parfois crédité sous le pseudo Jimmy Boy L ou Jimmy Laine.
1976: Nine Lives of a Wet Pussy (Jimmy Boy L). 1979: Driller Killer. 1981: l'Ange de la Vengeance. 1984: New-York, 2h du matin. 1987: China Girl. 1989: Cat Chaser. 1990: The King of New-York. 1992: Bad Lieutenant. 1993: Body Snatchers. Snake Eyes. 1995: The Addiction. 1996: Nos Funérailles. 1997: The Blackout. 1998: New Rose Hotel. 2001: Christmas. 2005: Mary. 2007: Go go Tales. 2008: Chelsea on the Rocks. 2009: Napoli, Napoli, Napoli. 2010: Mulberry St. 2011: 4:44 - Last Day on Earth. 2014: Welcome to New-York. 2014: Pasolini.


"Je ne connais pas d'autre événement qui cause autant de douleur et de destruction, et qui est aussi peu compréhensible, que la fin de l'amour."
Film choc s'il en est, Snake Eyes constitue une expĂ©rience de cinĂ©ma Ă  rude Ă©preuve si bien que la frontière entre fiction et rĂ©alitĂ© demeure toujours plus exigue de par son extrĂŞme rĂ©alisme d'une intensitĂ© dramatique Ă  couper au rasoir. Et ce quitte Ă  bousculer les repères du spectateur littĂ©ralement troublĂ© par l'improvisation des acteurs se livrant Ă  une dĂ©chĂ©ance psychologique d'une violence capiteuse. Car Ă  travers l'immersion d'un tournage chaotique illustrant la confrontation morale entre un couple en perdition (l'amant dĂ©sire poursuivre ses excès tous azimuts alors que sa compagne en voie de sagesse spirituelle souhaite s'en libĂ©rer), Abel Ferrara exploite la mise en abyme afin d'exorciser la propre situation vĂ©reuse d'un metteur en scène hantĂ© de culpabilitĂ©. Ou tout du moins le rĂ©signer par le truchement de ce reflet de miroir Ă  avouer enfin sa responsabilitĂ© et ses fautes Ă  son Ă©pouse dĂ©nuĂ©e de suspicion Ă  son Ă©gard. Celui-ci cumulant depuis son mariage sexe, drogue et alcool qu'il cĂ´toie lors des tournages ou lors des soirĂ©es mondaines. DirigĂ© de main de maĂ®tre par un Abel Ferrara toujours aussi torturĂ© par le remord et la quĂŞte de rĂ©demption Ă  travers l'image divine, Snake Eyes nous laisse en Ă©tat de malaise prĂ©gnant sitĂ´t le gĂ©nĂ©rique bouclĂ©.


Tant et si bien que les acteurs résolument habités par leur rôle schizo nous transmettent leurs émotions névralgiques avec une vérité (ac)crue de par la volonté psycho-rigide de Ferrara de les pousser dans leurs derniers retranchements, au risque de flirter avec la démence. Si bien que l'on peut d'ailleurs craindre le pire quant à l'ambiguïté de l'épilogue suggérant une mort en direct, via le snuf-movie, quand bien même nous venions d'assister à une oeuvre indépendante à la fois personnelle et confidentielle ! C'est donc un tableau dérisoire des coulisses du cinéma que nous assène sans concession Abel Ferrara, son envers du décor vitriolé à travers cette faune d'acteurs corrompus par leur confort et la célébrité, quitte à se laisser dériver à une descente aux enfers irréversible. Quand bien mêmes les cinéastes en quête insatiable de perfectionnisme et de soif de réalisme exploitent leurs acteurs avec soupçon de sado-masochisme. Outre l'époustouflant jeu viscéral de James Russo en amant borderline à la cime de la démence, et la force (faussement) tranquille d'Harvey Keitel en cinéaste notoire en proie à l'opprobre, on reste sidéré par l'authenticité névrosée de Madonna en victime soumise accablée de fragilité et de rébellion auprès de ses deux partenaires livrés à un machisme aussi perfide que couard. Chacun d'eux s'échangeant sans se l'avouer le corps de l'actrice dans une volonté vulgairement lubrique !


Estomaquant de vĂ©risme ardu Ă  point tel de confondre la technicitĂ© du reportage, Snake Eyes se dĂ©cline donc en cinĂ©ma vĂ©ritĂ© brut de dĂ©coffrage de par son extrĂŞme animositĂ© morale. Tant et si bien qu'il reste rĂ©servĂ© Ă  un public averti du fait de l'extrĂŞme violence des rapports conjugaux emportĂ©s dans une spirale de rĂ©primandes dĂ©nuĂ©es d'Ă©chappatoire. ExtrĂŞmement noir, dĂ©rangeant et Ă©prouvant, un tableau terrifiant, asphyxiant, mĂ©phitique sur l'envers du cinĂ©ma glamour dĂ©nuĂ© d'union maritale. 

*Bruno
4èx  

vendredi 19 juin 2020

Live Like a Cop, Die Like a Man

                                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Uomini si nasce poliziotti si muore" de Ruggero Deodato. 1976. Italie. 1h38. Avec Marc Porel, Ray Lovelock, Adolfo Celi, Franco Citti, Silvia Dionisio, Marino Masé, Renato Salvatori, Sofia Dionisio.

Sortie salles France: ?. Italie: 11 Mars 1976

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Ruggero Deodato est un réalisateur italien, né le 7 Mai 1939.
1976: Live Like a Cop, Die Like a Man. 1977: Le Dernier monde Cannibale. 1979: SOS Concorde. 1980: Cannibal Holocaust. 1980: La Maison au fond du parc. 1983: Les Prédateurs du Futur. 1985: Amazonia, la jungle blanche. 1987: Les Barbarians. 1987: Body Count. 1988: Le Tueur de la pleine lune. 1993: The Washing Machine.


PrĂ©cĂ©dĂ© d'une rĂ©putation de polar ultra violent, Live Like a Cop, Die Like a Man accuse hĂ©las le poids des annĂ©es de par son rĂ©alisme peu convaincant auprès de scènes chocs volontairement outrĂ©es. Notamment auprès de la couleur terne ou autrement saturĂ©e du sang ne trouvant jamais la juste colorimĂ©trie pour mieux offenser le spectateur. C'est fort dommageable sachant que Ruggero Deodato pousse souvent le bouchon assez loin dans son refus de concession rĂ©fractaire au hors-champ comme on en a coutume d'en voir dans le genre policier standard. Qui plus est, l'intrigue timidement efficace ne passionne guère en dĂ©pit de la posture dĂ©complexĂ©e du duo de flics rĂ©acs s'autorisant tout et n'importe quoi Ă  alpaguer leurs malfrats de la façon la plus cynique et sournoise. A l'instar de leur partie de jambes en l'air perpĂ©trĂ©e avec la soeur d'un dangereux criminel. Pour autant, de par son ambiance bizarroĂŻde dĂ©nuĂ©e de moralitĂ© et le punch de certaines scènes d'actions (notamment cette Ă©tonnante course-poursuite urbaine filmĂ©e sans autorisation lors du prĂ©ambule),  Live Like a Cop, Die Like a Man divertira les amateurs de poliziotteschi sous l'impulsion du duo Marc Porel / Ray Lovelock parfaitement Ă  l'aise dans leur complĂ©mentaritĂ© fougueuse dĂ©nuĂ©e de scrupule. Ainsi, Ă  travers son cocktail sarcastique de violence en roue libre y Ă©mane une sĂ©rie B politiquement incorrecte infaisable de nos jours.


*Bruno

Synopsis: En ces annĂ©es de plomb, la vie suit son cours normal Ă  Rome. Un vol Ă  la tire dĂ©gĂ©nère et une femme, coincĂ©e par la lanière de son sac, est trainĂ©e sur plusieurs mètres jusqu’Ă  ce que sa tĂŞte croise malencontreusement un lampadaire. Cinq frangins essayent de dĂ©valiser un fourgon blindĂ©. Une honnĂŞte citoyenne est prise en otage chez elle par trois cinglĂ©s… La routine. Pour essayer malgrĂ© tout d’y remĂ©dier, la police s’est dotĂ©e d’une “force spĂ©ciale” aux mĂ©thodes radicales. Au dĂ©part composĂ©e de trois hommes, cette unitĂ© se rĂ©duit bientĂ´t Ă  un binĂ´me : les insĂ©parables Fred et Tony (Marc Porel et Ray Lovelock). Le responsable de cette rĂ©duction d’effectif n’est autre que le parrain Roberto “Bibi” Pasqualini (Renato Silvestri), tĂŞte de turc de la force spĂ©ciale.

jeudi 18 juin 2020

Black Snake Moan

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Craig Brewer. 2006. U.S.A. 1h55. Avec Samuel L. Jackson, Christina Ricci, Justin Timberlake, S. Epatha Merkerson, John Cothran Jr., David Banner.

Sortie salles France: 30 Mai 2007. U.S: 9 Décembre 2006

FILMOGRAPHIECraig Brewer est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 6 dĂ©cembre 1971 en Virginie. 2000 : The Poor and Hungry. 2005 : Hustle et Flow. 2007 : Black Snake Moan. 2011 : Footloose. 2019 : Dolemite Is My Name. 2020 : Coming 2 America.

 
"Toi et moi, on sera toujours lĂ  quand il le faut pour croire en l’autre."
PassĂ© inaperçu en 2006, malgrĂ© une affiche rutilante, clinquante et dĂ©libĂ©rĂ©ment racoleuse, Black Snake Moan Ă©tait trop atypique pour sĂ©duire le grand public. VĂ©ritable film culte Ă  la trajectoire aussi tentaculaire que reptilienne - notamment Ă  travers son poème musical sur la tentation du Mal - il aborde, avec une originalitĂ© couillue, les thèmes sulfureux de la nymphomanie, de l’abus sexuel et de l’anxiĂ©tĂ© la plus corrosive. Imaginez un Afro-AmĂ©ricain brisĂ© sentimentalement, s’unissant Ă  une jeune nymphomane incontrĂ´lable pour dĂ©passer leurs failles respectives, rongĂ©es par une colère autodestructrice, au nom d’un amour rĂ©dempteur. Et, hĂ©tĂ©rodoxie suprĂŞme, cet homme, guidĂ© par une foi profonde, n’hĂ©site pas Ă  enchaĂ®ner cette femme - prĂ©alablement violĂ©e - pour l’arracher Ă  la luxure. Tout un programme punitif et drastique, sans le consentement d’une victime dĂ©jĂ  dĂ©munie.
 
Sur le papier, on pourrait douter qu’une telle trame - dĂ©calĂ©e, violente, presque ubuesque - dĂ©nonçant en filigrane le rigorisme du dĂ©vot, tienne la route 1h55 durant. C’Ă©tait sans compter sur le talent inspirĂ© de Craig Brewer, qui tisse une splendide Ă©treinte amicale doublĂ©e d’une bouleversante romance, aussi Ă©purĂ©e que torturĂ©e. Car le compagnon de la nymphomane tentera lui aussi, en dernier ressort, d’affronter ses propres dĂ©mons pour rĂ©primer ses crises d’angoisse et atteindre enfin l’Ă©quilibre dans sa relation. Son anxiĂ©tĂ© pathologique s’enracinant dans une suspicion inconsciente, nourrie par la rĂ©putation putassière de celle qu’il aime, rĂ©duite aux yeux du monde Ă  un simple objet sexuel.

ÉmaillĂ© de tubes blues entraĂ®nants - le concert au pub dĂ©gage une Ă©nergie galvanisante, jusqu’Ă  faire onduler une foule en transe - Black Snake Moan est illuminĂ© par le duo improbable Samuel L. Jackson (père de substitution attentionnĂ©) et Christina Ricci (Betty Boop au sex-appeal brĂ»lant, sans artifice). Ensemble, ils crèvent littĂ©ralement l’Ă©cran, leur complĂ©mentaritĂ© vibrant au rythme de la sagesse, de la modĂ©ration et du self-control. Et si la première partie, dĂ©complexĂ©e, traite la nymphomanie avec provocation et rĂ©alisme cru, Brewer affine ensuite le portrait humain de cette esclave fĂ©minine, lestĂ©e d’un passĂ© traumatique Ă©crasant. L’intrigue gagne alors en densitĂ© psychologique, au moment mĂŞme oĂą le jeune Ronnie refait surface après son service militaire. On dĂ©couvre aussi la sobriĂ©tĂ© Ă©tonnamment juste de Justin Timberlake, en amant en herbe pris entre rĂ©serve, indĂ©cision et timiditĂ©, dissimulĂ©es derrière le masque d’un faux rebelle en quĂŞte de force d’esprit. Brewer y esquisse un nouveau portrait d’amant torturĂ©, en marche vers la rĂ©demption amoureuse.

Le message de Black Snake Moan reste avant tout un poème mĂ©lomane sur l’amour le plus candide, Ă  travers un trio impromptu meurtri par l’infortune, l’infidĂ©litĂ© et la dĂ©mission parentale - notamment dans ces Ă©changes dĂ©chirants entre mère et fille, oĂą la confidence devient arme tranchante.


"Cette lumière que j’ai en moi, je vais la laisser briller."
Un chant d’amour incandescent, Ă  graver dans la pierre de l’histoire du cinĂ©ma indĂ©pendant. Ă€ ne pas manquer, ne serait-ce que pour rĂ©parer l’injustice de son Ă©chec commercial.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

2èx

mercredi 17 juin 2020

Bluebird

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"A Bluebird in My Heart" de Jérémie Guez. 2018. Belgique/france. 1h29. Avec Roland Møller, Lola Le Lann, Veerle Baetens, Lubna Azabal

Sortie France, Vod: 16 Juin 2020. Festival de Sundance: 10 Mars 2018

FILMOGRAPHIEJérémie Guez est un écrivain auteur de romans policiers, scénariste et réalisateur français, né le 17 mai 1988. 2018 : Bluebird. 2020 : The Sound of Philadelphia.


"L'amour paternel est peut-être le sentiment le plus élevé du don."
Production Franco-belge rĂ©alisĂ©e par le nĂ©ophyte JĂ©rĂ©mie Guez, Bluebird rend hommage au polar du samedi soir sous couvert d'une sĂ©rie B aussi efficace que charmante. Si bien que l'on a beau connaĂ®tre l'intrigue par coeur Ă  travers ses clichĂ©s Ă©culĂ©s, JĂ©rĂ©mie Guez parvient Ă  les transcender de par la sincĂ©ritĂ© indĂ©fectible de ces attachants personnages et d'une mise en scène carrĂ©e dĂ©nuĂ©e de fioriture. Chaque plan faisant preuve d'un esthĂ©tisme cinĂ©gĂ©nique Ă  travers un tableau urbain aussi flegme et restreint qu'inscrit dans la rĂ©serve. Car au-delĂ  de quelques rares scènes d'action militants pour la vendetta, Bluebird bĂ©nĂ©ficie d'une atmosphère langoureuse agrĂ©ablement permĂ©able. Ces sĂ©quences intimistes inscrites dans la banalitĂ© d'un quotidien morose insufflant un doucereux climat feutrĂ© sous l'impulsion d'une mĂ©lodie aussi discrète qu'envoĂ»tante. Le rĂ©alisateur prend donc son temps Ă  nous dĂ©peindre son univers blafard auquel y Ă©volue une poignĂ©e de protagonistes Ă  l'humanisme torturĂ©.


Tant auprès de la mère escomptant scrupuleusement ses prochaines retrouvailles avec son Ă©poux taulard, de sa fille paumĂ©e fragilisĂ©e par l'absence paternelle, que de l'Ă©tranger (Danny) en semi-libertĂ© qu'elles accueillent en guise de travail au noir avant de s'unifier. Et bien que l'on se surprenne de la dramaturgie cinglante de l'Ă©picentre narratif (pourquoi tant de haine nonsensique ?), Bluebird continue de captiver de par les agissements en porte-Ă -faux du taulard au grand coeur que Roland Møller campe avec un charisme viril grisonnant. Celui-ci suscitant des expressions de pudeur et de modestie d'ĂŞtre aimablement accueilli par une famille dĂ©munie escomptant la rĂ©demption. Outre la sobriĂ©tĂ© placide de l'actrice Veerle Baetens lui partageant la vedette entre soupçon de mĂ©fiance puis de clĂ©mence, on reste impressionnĂ© par le naturel spontanĂ© de l'Ă©tonnante Lola Le Lann en junkie fantasque en quĂŞte dĂ©sespĂ©rĂ©e d'amour et de tendresse. Ainsi, Ă  travers ses nouveaux rapports avec Danny en père de substitution, on ne peut s'empĂŞcher de songer Ă  LĂ©on de Luc Besson Ă  travers leur chaude complicitĂ© amicale de se prĂ©munir contre un danger davantage lĂ©tal.


Pour l'amour d'un père dĂ©chu. 
Perfectible assurĂ©ment (n'oublions pas qu'il s'agit d'un 1er mĂ©trage) et parfois un tantinet moins convaincant lors des règlements de compte aussi concis que timorĂ©s, Bluebird gagne nĂ©anmoins le coeur du spectateur Ă  travers l'humanisme chĂ©tif de ces marginaux au grand coeur Ă©voluant dans un cadre urbain imprĂ©gnĂ© d'onirisme dĂ©senchantĂ©. Une imagerie harmonieuse assortie d'une partition dĂ©licatement capiteuse. Ainsi, et sous sa discrète allure de conte existentiel, l'Ă©motion des personnages perce jusqu'au bouleversant point d'orgue d'une limpide retrouvaille aussi fortuite qu'escomptĂ©e. 

*Bruno

mardi 16 juin 2020

Waves

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Trey Edward Shults. 2020. U.S.A. 2h16. Avec Kelvin Harrison Jr., Lucas Hedges, Taylor Russell, Alexa Demie, Sterling K. Brown.

Sortie salles France: 29 Janvier 2020. U.S: 17 Janvier 2020

FILMOGRAPHIETrey Edward Shults, plus connu sous le nom de Trey Shults, est un réalisateur, scénariste et producteur américain né en 1988 à Houston, aux États-Unis. 2016 : Krisha. 2017 : It Comes at Night. 2019 : Waves.


"Demander pardon n'est pas adressée à quelqu'un, c'est une demande à soi-même. Trouver cette souplesse où l'on peut demander pardon, c'est voir clairement ce qui nous limite."
Uppercut émotionnel d'une intensité dramatique à fleur de peau, Waves nous laisse dans un état de flottement mélancolique sitôt le générique écoulé. Car traitant des thèmes délicats du deuil, de l'avortement, des rapports amoureux discordants, du pardon, de l'expiation et de la cohésion familiale, Waves n'y va pas par 4 chemins pour nous bouleverser avec un réalisme aussi onirique qu'expérimental. Tant auprès du parti-pris du réalisateur d'opter pour différents formats d'écran (16/9, 4/3, 1.85) d'après une trajectoire d'initiation morale, que de sa nature solaire exaltante auquel le vent y caresse tantôt certains visages atones désireux d'évasion. Le format 4/3 (le plus redouté) insufflant un climat de claustration depuis l'épicentre tragique de l'intrigue d'une cruauté si inouïe qu'on n'ose croire à la véracité des faits exposés. Comme si, à l'instar de la douleur intrinsèque du coupable dénué de repères, nous nous exposions intimement à son cauchemar moral dénué d'échappatoire. C'est dire si l'identification du spectateur bat à plein régime lorsqu'il s'agit de nous exposer une vibrante et authentique romance à travers une intimité soudainement orageuse lorsqu'on se délite pour un enjeu d'avortement.


Mais pour autant dĂ©bordant de tendresse Ă  travers ces lumineux regards Ă  la fois dĂ©munis et sentencieux des victimes tentant de transcender leur fĂŞlure morale avec une rĂ©silience fĂ©brile, Waves milite pour l'espoir et l'optimisme lorsque l'on tente de s'y reconstruire grâce Ă  l'unique valeur de l'amour. Et si le prĂ©sumĂ© coupable empli de culpabilitĂ© s'avoue vaincu dans son opiniâtre dĂ©termination d'y expier sa faute au pĂ©ril de sa vie, les membres familiaux vont tenter de renouer leurs liens (autrefois soudĂ©s) Ă  travers la communication, le pardon, le rĂ©confort et la confiance. MĂŞme auprès des plus prĂ©judiciables (pour ne pas dire des plus impardonnables) lorsque, en fin de vie, un père est sur le point de dĂ©clarer sa flamme Ă  son propre fils qu'il a maltraitĂ© durant toute son adolescence. C'est dire si Waves table sur la rĂ©demption, la fraternitĂ© et l'humanisme le plus candide afin d'y Ă©vacuer haine et colère que tout ĂŞtre extĂ©riorise faute d'un sentiment d'injustice inĂ©quitable. Quant au cast plutĂ´t mĂ©connu, on reste Ă©bloui par leur performance dramatique de par leur Ă©vidente sobriĂ©tĂ© de ne pas s'entacher de misĂ©rabilisme ou de sinistrose que l'intrigue ne cesse pourtant d'irriguer Ă  travers les esprits torturĂ©s pleins de dĂ©sagrĂ©ment. Ainsi, Ă  travers l'Ă©ternel conflit parents / enfants, Waves brille de 1000 feux pour nous exposer avec une sensibilitĂ© Ă©corchĂ©e vive un fulgurant poème d'amour universel Ă  travers ces rapports humains inscrits dans la rĂ©serve et le mutisme (notamment faute des prĂ©jugĂ©s de rĂ©seaux sociaux rĂ©probateurs), mais en quĂŞte ultime d'une main secourable.


Une expérience de cinéma onirique et épurée parvenant à exorciser nos démons à travers un vortex d'émotions capiteuses de par la dichotomie d'y opposer sentiments de tendresse et d'amour après la colère et la cruauté. Déchirant car d'une infinie tristesse, mais aussi beau à en chialer.

*Bruno

lundi 15 juin 2020

La Nuit des Sangsues / Extra Sangsues

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

"Extra sangsues / Night of the Creep" de Fred Dekker. 1985. U.S.A. 1h30. Avec Tom Atkins, Jason Lively, Steve Marshal, Jill Whitlow, Wally Taylor

Sortie salles France: 2 Mars 1987. U.S: 22 Août 1986

FILMOGRAPHIEFred Dekker est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur de cinĂ©ma amĂ©ricain, nĂ© le 9 avril 1959 Ă  San Francisco. 1986 : Extra Sangsues. 1987 : The Monster Squad. 1990 : Les Contes de la crypte - Saison 2, Ă©pisode 6. 1993 : RoboCop 3.


Une sympathique série B des années 80, aussi éculée soit son intrigue et classique soit sa réalisation. Le réalisateur palliant ses carences par l'originalité de son concept singulier, hommage aux films de monstres des années 50. Pour cause, des extra-terrestres investissent les corps des humains sous l'apparence de sangsues, et ce avant de les transformer en zombies. Outre la bonhomie des interprètes juvéniles volontairement naïfs, on a plaisir à retrouver Tom Atkins en flic revanchard ainsi que Dick Miller en armurier de la police. Dispensable et mineur certes, mais on passe un agréable moment de par son charme rétro gentiment horrifique.

*Bruno
2èx

vendredi 12 juin 2020

SaĂŻgon, l'enfer pour 2 flics

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"Off Limits" de Christopher Crowe. 1988. U.S.A. 1h38. Avec Willem Dafoe, Gregory Hines, Fred Ward, Amanda Pays, Lim Kay Tong, Scott Glenn.

Sortie salles France: 25 Mai 1988. U.S: 11 Mars 1988

FILMOGRAPHIEChristopher Crowe est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain nĂ© le 1er AoĂ»t 1948. 1985: Droit de vengeance (tĂ©lĂ©-film). 1988: SaĂŻgon, l'enfer pour 2 flics. 1992: Steel Justice (tĂ©lĂ©-film). 1992: Intimes Confessions.


RĂ©solument oubliĂ© de nos jours et très peu diffusĂ© Ă  la TV (si je ne m'abuse car n'ayant plus le câble depuis des siècles), SaĂŻgon, l'enfer pour 2 flics demeure une excellente sĂ©rie B sous couvert de thriller Ă  suspense avec, en toile de fond, la guerre du Vietnam. 2 flics ricains de la recherche criminelle doivent faire face Ă  un tueur en sĂ©rie ayant froidement abattu 6 jeunes mamans vietnamiennes. Or, selon divers tĂ©moignages, un officier amĂ©ricain haut placĂ© en serait le coupable. Buck et son acolyte Albany vont donc tenter de rĂ©soudre cette sordide affaire avec l'appui d'une carmĂ©lite. DirigĂ© par le mĂ©connu Christophe Crowe nanti d'une filmo rachitique (voir ci-dessus), SaĂŻgon l'enfer pour 2 flics s'avère franchement efficace de par l'investigation houleuse de 2 policiers embarquĂ©s dans une citĂ© urbaine oĂą règnent corruption, prostitution, guerre et chaos. Tant auprès du peuple vietnamien avide de haine et de revanche que de certains officiers ricains en concertation avec des sicaires afin d'Ă©bruiter l'affaire criminelle teintĂ©e de sadomasochisme. Au-delĂ  de l'enquĂŞte assez captivante car nous tenant en haleine jusqu'Ă  la rĂ©vĂ©lation (inopinĂ©e) du coupable (je n'ai personnellement rien vu v'nir !), SaĂŻgon... s'enrichit d'une scĂ©nographie rĂ©solument singulière et dĂ©paysante Ă  travers le guide touristique de Buck et d'Albany plongeant tĂŞte baissĂ©e dans les bas-fonds de la plus grande ville du Vietnam.


Christophe Crowe s'efforçant d'y soigner son cadre exotique auprès d'un climat d'insĂ©curitĂ© permanent. Tant auprès de la foule contrariĂ©e en proie au dĂ©sordre et Ă  la sĂ©dition que des exactions morbides perpĂ©trĂ©es dans des chambres tamisĂ©s suintant la sueur, le sperme et le sang. Ainsi, baignant dans un climat malsain lestement permĂ©able, SaĂŻgon... s'imprègne d'une odeur nausĂ©abonde au fil du reptilien parcours du duo policier ballottĂ© tous azimuts auprès d'ennemis Ă  la fois invisibles et rĂ©putĂ©s. Niveau cast, on retrouve avec plaisir Willem Dafoe parfaitement Ă  sa place en jeune loup pugnace et rĂ©silient car rĂ©signĂ© Ă  boucler fissa cette sinistre affaire d'homicide lubrique. Quand bien mĂŞme son sympathique partenaire Gregory Hines s'alloue parfois d'une posture un chouilla outrĂ©e, voire mĂŞme extravagante lors de ses excès de zèle dĂ©contractĂ©es, rebelles, hĂ©roĂŻques ou erratiques (son match de basket ball qu'il mime en guise de lĂ©ger trauma un soir d'Ă©vasion). Et bien qu'il s'avère tout de mĂŞme attachant en afro amĂ©ricain prĂŞtant aimablement main forte Ă  son comparse, sa prĂ©sence un brin surjouĂ©e par moments dĂ©crĂ©dibilise le rĂ©alisme de certaines situations un chouilla clichĂ©es.


Enrichi de quelques scènes d'action, de gunfights sanglants et d'explosions belliqueuses, SaĂŻgon, l'enfer pour 2 flics est le prototype factuel de la sĂ©rie B du samedi soir de par son savoir-faire d'y façonner une efficiente Ă©nigme mĂ©phitique. Et ce en y dĂ©nonçant en filigrane la corruption de l'armĂ©e amĂ©ricaine usant de prĂ©pondĂ©rance et d'intimidation en plein conflit vietnamien. Vivement recommandĂ© pour les amateurs de raretĂ© intègre. 

*Bruno

jeudi 11 juin 2020

The Lodge

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Veronika Franz et Severin Fiala. 2019. U.S.A/Angleterre. 1h48. Avec Riley Keough, Lola Reid, Jaeden Martell, Lia McHugh, Richard Armitage.

Sortie uniquement en Dvd en France: 16 Avril 2020. Salles U.S: 7 FĂ©vrier 2020 

FILMOGRAPHIE: Severin Fiala est un réalisateur, scénariste, acteur producteur autrichien. Veronika Franz est une réalisatrice et scénariste autrichienne. 2014: Goodnight Mommy. 2019: The Lodge.


RemarquĂ© par leur premier long Goodnight Mommy (primĂ© dans divers festivals), le duo Fiala /  Franz rĂ©cidive Ă  exploiter l'horreur psychologique au mĂ©pris d'un grand-guignol racoleur comme on a trop coutume d'en consommer sur nos Ă©crans. Il s'agit donc louablement d'une horreur 1er degrĂ© Ă  travers son ambiance d'Ă©trangetĂ© feutrĂ©e confinĂ© dans le huis-clos rĂ©frigĂ©rant d'un chalet patibulaire semblable Ă  l'hĂ´tel overlook de Shining d'une manière Ă©thĂ©rĂ©e. Quand bien mĂŞme sa formidable bande-son dissonante, son thème dĂ©licat du deuil (mâtinĂ© de surnaturel) ainsi que les plans serrĂ©s sur les regards Ă©quivoques nous Ă©voqueront le phĂ©nomène HĂ©rĂ©ditĂ© d'Ari Aster. Les cinĂ©astes parvenant Ă  instaurer avec maĂ®trise (tout du moins durant la 1ère heure) Ă  un malaise diffus en ne cessant de distiller doute et interrogation auprès des protagonistes interlopes. Dans la mesure oĂą nous ne savions jamais sur quel pied danser Ă  suspecter l'Ă©ventuelle hostilitĂ© des enfants en berne ou de leur belle-mère fragilement perturbĂ©e Ă  la suite de son expĂ©rience traumatisante au sein d'une secte. Au-delĂ  de certaines ficelles un tantinet tirĂ©es par les cheveux (l'Ă©poux cĂ©dant un peu trop facilement Ă  accepter l'emmĂ©nagement de sa compagne parmi ses enfants), The Lodge sĂ©duit et captive sans dĂ©monstration de force opportuniste si bien qu'il mise principalement sur la psychologie torturĂ©e de ses personnages vulnĂ©rables.


Et ce en y faisant notamment intervenir de manière assez retorse le surnaturel afin de brouiller les pistes d'une intrigue somme toute psychologique afin de mieux instiller le malaise. Mais là où le bas blesse découle des 40 dernières minutes tournant un tantinet en rond lorsque la belle-mère et les enfants sont en proie à l'incompréhension la plus nébuleuse eu égard des évènements obscurs qui intentent à leur tranquillité. Tant auprès d'éventuelles hallucinations (collectives ?) que de la découverte macabre d'un corps dans la neige. Faute d'un rythme languissant un brin poussif désamorçant son suspense ciselé, The Lodge se perd donc en cours de route avant de nous ébranler avec un épilogue littéralement glaçant car dénué de concession (attention à la gueule de bois !). Et à ce niveau on peut saluer l'audace des auteurs à aller jusqu'au bout de leur propos quitte à y rebuter le spectateur friand de happy-end rédempteur. Qui plus est, les comédiens communément exposés à des forces d'expression démunies, contrariées et délétères nous transmettent sans fard leur malaise moral face à une (cruelle) descente au enfers où la religion s'y traduit de manière perfide.


A découvrir donc de par ses excellentes intentions souvent fructueuses, même si perfectibles (sa dernière partie), au point peut-être d'y privilégier leur 1er essai Goodnight Mommy.

*Bruno

Ci-joint la chronique de leur 1er mĂ©trage: http://brunomatei.blogspot.com/2015/07/goodnight-mommy-prix-du-jury-syfy-prix.html