lundi 22 août 2022

Bons baisers de Russie / From Russia with Love

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site affiches-et-posters.com

de Terence Young. 1963. Angleterre. 1h55. Avec Sean Connery, Daniela Bianchi, Pedro Armendáriz, Lotte Lenya, Robert Shaw, Bernard Lee. 

Sortie salles France: 30 Juillet 1964. U.S: 27 Mai 1964. Angleterre: 11 Octobre 1963

FILMOGRAPHIE: Terence Young est un scénariste et réalisateur britannique, né le 20 juin 1915 à Shanghai, Chine, décédé le 7 septembre 1994 à Cannes d'une crise cardiaque.1946 : La gloire est à eux. 1948 : L'Étrange Rendez-vous. 1948 : One Night with You. 1949 : Les Ennemis amoureux. 1950 : Trois des chars d'assaut. 1951 : La Vallée des aigles. 1952 : The Tall Headlines. 1953 : Les Bérets rouges. 1955 : La Princesse d'Eboli. 1955 : Les Quatre Plumes blanches. 1956 : Safari. 1956 : Zarak le valeureux. 1957 : Au bord du volcan. 1958 : La Brigade des bérets noirs. 1959 : Serious Charge. 1960 : La Blonde et les nus de Soho. 1961 : 1-2-3-4 ou les Collants noirs. 1961 : Les Horaces et les Curiaces. 1962 : James Bond 007 contre Dr No. 1963 : Bons Baisers de Russie. 1965 : Les Aventures amoureuses de Moll Flanders. 1965 : Guerre secrète. 1965 : Opération Tonnerre. 1966 : Opération Opium. 1967 : Peyrol le boucanier. 1967 : La Fantastique Histoire vraie d'Eddie Chapman. 1967 : Seule dans la nuit. 1968 : Mayerling. 1969 : L'Arbre de Noël. 1970 : De la part des copains. 1971 : Soleil rouge. 1972 : Cosa Nostra. 1974 : Les Amazones. 1974 : L'Homme du clan. 1977 : Woo fook. 1979 : Liés par le sang. 1981 : Inchon. 1983 : La Taupe. 1988 : Marathon.


Un excellent Bond mĂŞme si j'avoue avoir une prĂ©fĂ©rence pour le 1er alors que les critiques considèrent Bons Baisers de Russie supĂ©rieur. On reste surtout impressionnĂ© par la soliditĂ© de la mise en scène (encore plus maĂ®trisĂ©e que le 1er volet) si bien que Terence Young se familiarise Ă  la franchise avec un art consommĂ© du travail soignĂ©. Peu d'action durant le pĂ©riple exotique d'Istanbul mais un suspense impeccablement ciselĂ© en privilĂ©giant l'espionnage plutĂ´t que le cĂ´tĂ© aventureux qui faisait le sel de James Bond contre Dr No. Notre agent secret se faisant ici berner durant l'aventure par une espionne insidieuse chargĂ©e de lui confier de fausses infos sur l'enjeu du Lektor, machine de dĂ©chiffrement convoitĂ©e par l'organisation SPECTRE. Outre le jeu infaillible de Sean Connery en 007 Ă  la fois distinguĂ©, sobrement hĂ©roĂŻque et humain (son indulgence face Ă  l'espionne Tatiana et aux combats contre de 2 gitanes) l'actrice italienne Daniela Bianchi  (ex Miss Rome en 1960) est exquise de sensualitĂ© charnelle en blonde aux yeux noirs perçants Ă  la voix d'un accent aussi lascif. 


Box Office France: 5 624 290 EntrĂ©es ! 

*Bruno

vendredi 19 août 2022

L'Arme Fatale 3 / Lethal Weapon 3

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Richard Donner. 1992. U.S.A. 1h58. Avec Mel Gibson, Danny Glover, Joe Pesci, Rene Russo, Stuart Wilson, Steve Kahan, Darlene Love, Traci Wolfe. 

Sortie salles France: 12 Août 1992

FILMOGRAPHIE: Richard Donner (Richard Donald Schwartzberg) est un réalisateur et producteur américain, né le 24 Avril 1930 à New-York. 1961: X-15. 1968: Sel, poivre et dynamite. 1970: l'Ange et le Démon. 1976: La Malédiction. 1978: Superman. 1980: Superman 2 (non crédité - Richard Lester). 1980: Rendez vous chez Max's. 1982: Le Jouet. 1985: Ladyhawke, la femme de la nuit. 1985: Les Goonies. 1987: l'Arme Fatale. 1988: Fantômes en Fête. 1989: l'Arme Fatale 2. 1991: Radio Flyer. 1992: l'Arme Fatale 3. 1994: Maverick. 1995: Assassins. 1996: Complots. 1998: l'Arme Fatale 4. 2002: Prisonnier du temps. 2006: 16 Blocs. 2006: Superman 2 (dvd / blu-ray).


On prend les mĂŞmes et on recommence pour le plus grand bonheur des fans si bien que l'Arme Fatale 3 fut le plus grand succès international de la tĂ©tralogie (321 731 527 $ de recette) si on Ă©carte paradoxalement les Etats-Unis puisque c'est l'Arme Fatale 2 qui emporte la mise chez eux. Ainsi, on ne change pas une Ă©quipe qui gagne et c'est avec un plaisir (oh combien) galvanisant que l'on retrouve notre fameux duo antinomique (le chien fou Riggs et son acolyte papy Roger Ă  8 jours de sa retraite) entourĂ© de l'encombrant Leo Getz (Joe Pesci toujours aussi irrĂ©sistible de cocasserie bonnard en trouble-fĂŞte incorrigible) et de la nouvelle recrue Sergent Lorna Cole que campe RenĂ© Russo en experte en art martial difficilement domptable au 1er abord. Quant Ă  l'intrigue, Ă©videmment limpide et classique, elle tourne autour d'un trafic d'armes que Richard Donner profite de dĂ©noncer en filigrane Ă  travers la prolifĂ©ration des armes que les jeunes trafiquants afros arborent pour se prĂ©munir des bandes rivales dealers de came.  


D'oĂą cette soudaine dramaturgie appuyĂ©e cassant un peu Ă  mi-parcours l'ambiance dĂ©complexĂ©e lorsqu'un jeune trĂ©passe après avoir utilisĂ© cette nouvelle arme perforant les gilets par balle. Comme de coutume, le pitch, bien qu'efficacement menĂ©, n'est donc qu'un prĂ©texte pour aligner sur un rythme proprement effrĂ©nĂ© rĂ©parties hilarantes en roue libre (Riggs et Roger ne cessent de se chamailler 2h00 durant sans jamais nous lasser) et action ultra spectaculaire que Richard Donner filme avec un brio vertigineux eu Ă©gard de l'intensitĂ© de ses morceaux de bravoures d'une efficacitĂ© optimale. Mais pour parachever, quoi de plus fructueux que d'instaurer un climat anti dĂ©pressif de bonne humeur hyper communicatif auprès du spectateur ne sachant plus oĂą donner de la tĂŞte Ă  savourer leurs prises de tĂŞtes rocambolesques. A cet Ă©gard, et en insistant Ă  nouveau, le duo tempĂ©tueux formĂ© par Mel Gibson / Danny Glover demeure Ă  mes yeux probablement inĂ©galĂ© (avec 48 heures si j'ose dire) Ă  travers leur sens d'amitiĂ© impayable tout en prĂ´nant les valeurs familiales comme le souligne le solitaire Riggs en quĂŞte de rĂ©demption conjugale. Par consĂ©quent, et avec le recul des dĂ©cennies puis l'apparition Ă  double tranchant des CGI, on reste Ă  la revoyure estomaquĂ© par le dynamisme de son action artisanale dont les cascades bluffantes de rĂ©alisme restent aujourd'hui toujours aussi funs, pour ne pas dire jubilatoires sous l'impulsion d'une chorĂ©graphie symĂ©trique. 


Un éternel recommencement.
DĂ©jĂ  transcendĂ© de son gĂ©nĂ©rique liminaire interprĂ©tĂ© par le chanteur Sting et Eric Clapton (Ă  la guitare) sur une scĂ©nographie d'un stylisme incendiaire, l'Arme Fatale 3 constitue le spectacle idoine du samedi soir Ă  travers son gĂ©nĂ©reux concentrĂ© d'action, d'humour et de tendresse que les acteurs Ă  la fĂŞte suscitent entre Ă©moi et fringance inĂ©puisables. Tant et si bien que quelques dĂ©cennies plus tard, cette rĂ©fĂ©rence du genre (ou ce classique, c'est selon) n'a point Ă  rougir de ses prĂ©dĂ©cesseurs mĂŞme si peut Ă©prouver une prĂ©fĂ©rence pour d'autres opus qui restent Ă  mes yeux communĂ©ment jubilatoires et extrĂŞmement bienveillants quant aux valeurs si chères de l'amitiĂ© inextinguible et de l'union familiale. 

*Bruno
3èx

Box-Office France: 4 480 670 entrées

Ci-joint les chroniques des 2 précédents opus:
Arme Fatale (l'): http://brunomatei.blogspot.fr/2016/08/larme-fatale.html
Arme Fatale 2 (l'): http://brunomatei.blogspot.com/2019/01/larme-fatale-2.html

jeudi 18 août 2022

Mourir peut Attendre / No Time to Die

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site dante7.unblog.fr

de Cary Joji Fukunaga. 2021. U.S.A/Angleterre. 2h43. Avec Daniel Craig, Léa Seydoux, Rami Malek, Lashana Lynch, Christoph Waltz, Ralph Fiennes, Jeffrey Wright

Sortie salles France: 6 Octobre 2021. U.S: 8 Octobre 2021

FILMOGRAPHIE: Cary Joji Fukunaga est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur, directeur de la photographie et acteur amĂ©ricain, nĂ© le 10 juillet 1977 Ă  Oakland, en Californie. 2003 : Kofi (court-mĂ©trage). 2004 : Victoria para Chino (court-mĂ©trage). 2009 : Sin nombre. 2011 : Jane Eyre . 2012 : Sleepwalking in the Rift (court-mĂ©trage). 2015 : Beasts of No Nation. 2021 : Mourir peut attendre. 

Ultime opus de Bond sous la houlette de Daniel Craig, Mourir peut attendre est une sorte de bouquet final au cinĂ©ma d'action et d'espionnage estampillĂ© 007. Un spectacle classieux Ă  la fois homĂ©rique et Ă©motif comme peu de Blockbusters mainstream peuvent prĂ©tendre conjuguer et rivaliser. Tant et si bien qu'outre la soliditĂ© de son intrigue charpentĂ©e d'après le spectre (contemporain) d'une guerre bactĂ©riologique planĂ©taire, Mourir peut attendre nous cloue au siège 2h43 durant. Et il faut vraiment faire la fine bouche pour tenter d'y dĂ©nicher un quelconque essoufflement Ă  ce prodigieux spectacle numĂ©risĂ© mais aussi artisanal, comme le confirme son trophĂ©e imparti aux cascadeurs lors du SAG Awards 2022. On peut Ă©videmment avec le recul parfois sourire de son action improbable survitaminĂ©e tout en s'Ă©tonnant de son degrĂ© de rĂ©alisme probant afin que le spectateur puisse contempler de façon continuelle ces pyrotechnies la bouche Ă©carquillĂ©e. Tant auprès de l'ultra dynamisme du montage d'une fluiditĂ© hallucinĂ©e que de la lisibilitĂ© chorĂ©graphique des gunfights et corps Ă  corps d'une intensitĂ©  somme toute primitive. Cary Joji Fukunaga relançant de façon quasi mĂ©tronome l'action belliqueuse sous l'impulsion de l'implication des personnages magnifiquement dessinĂ©s (jusqu'aux seconds-rĂ´les Ă  l'instar de la nouvelle agent afro 007 !). Notamment en accordant un intĂ©rĂŞt davantage prononcĂ© Ă  la romance que se dispute Bond contre sa muse Madeleine. 

C'est d'ailleurs de cette façon prĂ©cipitĂ©e que l'intrigue dĂ©bute pour nous parachever 30 minutes d'action anthologique lorsque Bond et Madeleine sont contraint d'entamer une course-poursuite contre des tueurs pour leur enjeu de survie. Alors que l'action d'avant nous proposait de manière quelque peu horrifique une semblant de psycho-killer redoutablement intense entre le tueur masquĂ© et une fillette apeurĂ©e. Rien que cette première demi-heure rondement menĂ©e (pour ne pas dire pulsatile) nous crispe littĂ©ralement au siège, notamment pour nous prĂ©mĂ©diter les enjeux dramatiques humains que se divise le couple par dĂ©pit. Sur ce point, j'ai Ă©tĂ© extrĂŞmement surpris du jeu ensorcelant de la française LĂ©a SĂ©doux (si injustement dĂ©criĂ©e par le public Français - si je ne m'abuse - depuis l'orĂ©e de sa carrière) sobrement poignante et si attachante Ă  travers ses expressions sentencieuses ou autrement rigides, puisque jouant sur l'ambivalence d'une Ă©ventuelle fĂ©lonie que le spectateur redoute avec une suspicion Ă©quivalente Ă  Bond dĂ©libĂ©rĂ© Ă  tourner la page plutĂ´t que de se morfondre dans l'incertitude. Ainsi, en jouant sur la menace Ă©quivoque de 2 mĂ©chants charismatiques (Christoph Waltz en taulard placide que n'aurait reniĂ© un certain Hannibal Lecter, et surtout Rami Malek d'une inquiĂ©tante force tranquille en justicier criminel renforcĂ© de son visage Ă©pouvantablement taillĂ© Ă  la serpe), le rĂ©alisateur juxtapose la relation houleuse entre Bond et Madeleine prĂ©servant d'importants secrets afin d'instaurer un suspense prĂ©gnant qui culminera avec l'audace d'une conclusion renversante (pour ne pas dire bouleversante). 

IlluminĂ© de vastes paysages naturels au sein d'une fastueuse photo chrome que Cary Joji Fukunaga exploite avec un brio Ă©tourdissant d'inventivitĂ© gĂ©omĂ©trique (notamment auprès de l'harmonie des couleurs et des contrastes), Mourir peut attendre nous dĂ©clare sa flamme au cinĂ©ma d'action "Ă©motionnel" sous l'impulsion d'une fragile romance teintĂ©e de mĂ©lancolie. On pourrait Ă©galement Ă©numĂ©rer le charisme des moult seconds-rĂ´les communĂ©ment irrĂ©prochables (avec parfois l'intrusion de rĂ©pliques ironiques sobrement mises en place), mais je privilĂ©gie Ă©videmment le duo incandescent que forme Daniel Craig / LĂ©a Seydoux (n'ayant jamais Ă©tĂ© aussi belle Ă  l'Ă©cran) divins de complĂ©mentaritĂ© amoureuse Ă  travers leur relation sensiblement infortunĂ©e. Et pour parachever, impossible de passer outre l'acuitĂ© de son score musical d'une finesse remarquablement discrète pour susciter une fragile Ă©motion auprès de l'immersion du spectateur impliquĂ© dans une dramaturgie en crescendo. Sans omettre non plus l'intensitĂ© planante de la chanson « No Time To Die » interprĂ©tĂ©e par Billie Eilish (rĂ©compensĂ©e 2 fois Outre-Atlantique !) lors du gĂ©nĂ©rique onirique faisant office de chef-d'oeuvre Ă  lui seul (si bien que je me suis surpris d'y verser des larmes par sa gracilitĂ© expressive). 

*Bruno

Box Office France: 4 007 532 entrées

Récompenses
Grammy Awards 2021 : Meilleure chanson écrite pour un média visuel pour No Time to Die (Billie Eilish et Finneas O'Connell)
Golden Globes 2022 : Meilleure chanson originale pour No Time to Die (Billie Eilish et Finneas O'Connell)
SAG Awards 2022 : Meilleure équipe de cascadeurs
BAFTA 2022 : Meilleur montage
Oscars 2022 : Meilleure chanson originale pour No Time to Die (Billie Eilish et Finneas O'Connell)

mardi 16 août 2022

Jamais plus Jamais / Never Say Never Again

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

d'Irvin Keschner. 1983. U.S.A/Angleterre/Allemagne de l'Ouest. 2h14. Avec Sean Connery, Klaus Maria Brandauer, Kim Basinger, Barbara Carrera, Bernie Casey, Edward Fox, Alec McCowen, Pamela Salem, Max von Sydow, Gavan O'Herlihy.

Sortie salles France: 30 Novembre 1983. U.S: 7 Octobre 1983.

FILMOGRAPHIE: Irvin Kershner est un réalisateur et producteur américain, né le 29 Août 1923 à Philadelphie (Pennsylvanie), décédé le 27 Novembre 2010 à Los Angeles (Californie). 1958: Stakeout on Dope Street. 1959: The Young Captive. 1961: Le Mal de vivre. 1963: Face in the Rain. 1964: The Luck of Ginger Coffey. 1966: l'Homme à la tête fêlée. 1967: Une sacré fripouille. 1970: Loving. 1972: Up the Sandbox. 1974: Les 'S' Pions. 1976: La Revanche d'un Homme nommé Cheval. 1978: Les Yeux de Laura Mars. 1980: l'Empire contre-attaque. 1983: Jamais plus jamais. 1990: Robocop 2.

Bond Ă  part que ce Jamais plus Jamais marquant le retour fortuit de Sean Connery (il avait jurĂ© de ne plus reprendre le rĂ´le après la sortie des diamants sont Eternels), dans la mesure oĂą cet opus ne fait d'ailleurs pas officiellement parti de la franchise, faute du conflit qui opposa le scĂ©nariste et producteur Kevin McClory contre le romancier Ian Fleming avec qui il collabora afin d'imaginer la 1ère aventure de l'agent 007. Il s'agit donc d'une relecture moderne de OpĂ©ration Tonnerre, ou plus exactement de la revanche de Kevin McClory après qu'il sortit victorieux de sa poursuite en justice contre Fleming en 1973. Sauf qu'Ă  la suite d'un pacte avec les producteurs Albert R. Broccoli et Harry Saltzman, il du toutefois patienter plus de 10 ans pour transposer cette nouvelle aventure sur grand Ă©cran. C'est donc en 1983 qu'il parvient vĂ©ritablement Ă  mettre en chantier Jamais plus Jamais sans se coltiner la participation de la sociĂ©tĂ© de production Eon Productions (avec qui Broccoli / Satzman  Ă©taient liĂ©s). Formidable rĂ©cit d'aventures, de romance, d'espionnage et d'actions homĂ©riques (principalement la poursuite en moto anthologique !) dirigĂ© par la valeur sĂ»re d'Hollywood, Irvin Kershner (l'Empire contre attaque, Les Yeux de Laura Mars, Robocop 2), Jamais plus jamais sort au mĂŞme moment qu'un autre Bond afin de concurrencer Roger Moore starisĂ© dans Octopussy (comme le souligne d'ailleurs ses nombreux traits d'humour que Connery tente parfois d'Ă©muler avec plus ou moins de bonheur). HĂ©las, en terme pĂ©cuniaire, Octopussy en sort vainqueur avec 67 900 000 $ contre 55 400 000 $ pour son homologue. En tout Ă©tat de cause, et selon mon jugement de valeur, il s'agit de 2 excellents mĂ©trages n'ayant surement point Ă  rougir des plus belles rĂ©ussites de Bond (n'en dĂ©plaise Ă  ces dĂ©tracteurs qui ne jurent que par le roc Connery Ă  l'Ă©poque de leur brève rivalitĂ© commerciale). 

Par consĂ©quent, Ă  la revoyure de ce Jamais plus Jamais (lĂ  aussi le titre fripon joue sur l'humeur versatile de son acteur emblĂ©matique), ce qui frappe d'emblĂ©e Ă©mane de son aspect artisanal Ă  daigner narrer une histoire constructive auprès de personnages formidablement bien traitĂ©s qu'Irvin Kershner prend son temps Ă  nous caractĂ©riser (certains pourraient d'ailleurs reprocher une 1ère partie laborieuse, ce que personnellement je conteste sans soupçon d'hĂ©sitation). D'oĂą l'intĂ©rĂŞt majeur de ce spectacle scrupuleusement attentionnĂ© Ă  nous attacher Ă  ces personnages hauts en couleur. Que ce soit Barbara Carrera en criminelle sarcastique Ă  la limite de la psychopathie, Ă©tonnamment Ă  l'aise Ă  travers son jeu un brin hystĂ©risĂ©. Du mĂ©chant mĂ©galo qu'endosse avec une mine sobrement fringante l'allemand Klaus Maria Brandauer dans une posture spontanĂ©e de sĂ©ducteur insidieux et lestement gouailleur (notamment lorsqu'il perpĂ©tue une bataille navale Ă©lectronique si j'ose dire avec son rival 007). Quant Ă  Kim Basinger, quel plaisir de la retrouver ici en jeune victime fragile comptant sur la virilitĂ© infaillible de Sean Connery pour se prĂ©munir des menaces qui pèsent davantage sur ses Ă©paules depuis que Bond parvint Ă  infiltrer le fief de Largo (l'amant de celle-ci qui est d'ailleurs responsable de la mort de son frère exĂ©cutĂ© par la diablesse Domino - Barbara Carrera divine de machiavĂ©lisme j'vous dit - !). Quant Ă  l'illustre classe impassible de Sean Connery, Ă  la fois sobre mais aussi dĂ©tendu par ses instants de cocasserie impromptus, il nous laisse une dernière prestation solide en agent secret striĂ© poursuivant ses adversaires avec une forme assez convaincante (mĂŞme si parfois il est Ă©videmment doublĂ©, telle la poursuite effectuĂ©e en moto Ă  travers Ă©troites ruelles) Ă  dĂ©faut de nous bluffer, physiquement parlant. 

Episode officieux mal aimĂ© ou oubliĂ©, c'est selon, Jamais plus Jamais dĂ©gage un charme indĂ©fectible Ă  travers la soliditĂ© de sa mise en scène artisanale principalement soumise au charisme de ses interprètes communĂ©ment irrĂ©prochables. Et ce avant de nous titiller des Ă©motions plus fortes parmi quelques scènes d'action jamais gratuites (d'oĂą leur discrĂ©tion imposĂ©e, surtout lors de la 1ère heure) que Kershner dissĂ©mine sans s'embarrasser de prĂ©tention (lui l'auteur du monumentalement Ă©pique Empire contre-attaque !). A revoir donc pour tous les amoureux de divertissement policier oĂą sensualitĂ© Ă©rotique et virilitĂ© hĂ©roĂŻque font bon mĂ©nage sous la houlette d'un habile faiseur d'images exotiques. 

*Bruno

mercredi 10 août 2022

James Bond contre Dr No / Dr No. Golden Globes 1964 : révélation féminine de l'année pour Ursula Andress

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Terence Young. 1962. Angleterre. 1h50. Avec Sean Connery, Ursula Andress, Joseph Wiseman, Jack Lord, Bernard Lee, Anthony Dawson, Zena Marshall, John Kitzmiller.

Sortie salles France: 27 Janvier 1963. Angleterre: 10 Octobre 1962. U.S: 8 Mai 1963

FILMOGRAPHIE: Terence Young est un scĂ©nariste et rĂ©alisateur britannique, nĂ© le 20 juin 1915 Ă  Shanghai, Chine, dĂ©cĂ©dĂ© le 7 septembre 1994 Ă  Cannes d'une crise cardiaque.1946 : La gloire est Ă  eux. 1948 : L'Étrange Rendez-vous. 1948 : One Night with You. 1949 : Les Ennemis amoureux. 1950 : Trois des chars d'assaut. 1951 : La VallĂ©e des aigles. 1952 : The Tall Headlines. 1953 : Les BĂ©rets rouges. 1955 : La Princesse d'Eboli. 1955 : Les Quatre Plumes blanches. 1956 : Safari. 1956 : Zarak le valeureux. 1957 : Au bord du volcan. 1958 : La Brigade des bĂ©rets noirs. 1959 : Serious Charge. 1960 : La Blonde et les nus de Soho. 1961 : 1-2-3-4 ou les Collants noirs. 1961 : Les Horaces et les Curiaces. 1962 : James Bond 007 contre Dr No. 1963 : Bons Baisers de Russie. 1965 : Les Aventures amoureuses de Moll Flanders. 1965 : Guerre secrète. 1965 : OpĂ©ration Tonnerre. 1966 : OpĂ©ration Opium. 1967 : Peyrol le boucanier. 1967 : La Fantastique Histoire vraie d'Eddie Chapman. 1967 : Seule dans la nuit. 1968 : Mayerling. 1969 : L'Arbre de NoĂ«l. 1970 : De la part des copains. 1971 : Soleil rouge. 1972 : Cosa Nostra. 1974 : Les Amazones. 1974 : L'Homme du clan. 1977 : Woo fook. 1979 : LiĂ©s par le sang. 1981 : Inchon. 1983 : La Taupe. 1988 : Marathon.


La classe inoxydable de Sean Connery dès sa première aproche avec 007. 
Il s'agit de la 1ère adaptation filmique de James Bond créé par le romancier Ian Fleming et on peut dire que le rĂ©alisateur britannique Terence Young s'en sort haut la main Ă  conjuguer en toute efficacitĂ© policier, aventure, romance, action ainsi qu'un soupçon de violence (parfois cruelle !) sous l'Ă©gide de l'indĂ©trĂ´nable Sean Connery d'un naturel hors pair dans la peau d'un espion Ă  la fois charmeur, retors, vĂ©loce et sobrement hĂ©roĂŻque. D'ailleurs, sur ce point potentiellement Ă©pique; James Bond contre Dr No ne rĂ©serve finalement que peu d'action durant l'investigation pĂ©rilleuse de Bond contraint de faire escale sur une Ă®le JamaĂŻcaine pour tenter de rĂ©soudre la mort mystĂ©rieuse de 2 agents britanniques. 


Pourtant menĂ© sans temps mort au sein d'une classieuse photo sĂ©pia, on est captivĂ© par l'Ă©lĂ©gance dĂ©pouillĂ©e des dĂ©cors exotiques et de la mise en scène d'un charme rĂ©tro (aujourd'hui) rĂ©solument irrĂ©sistible. Tant et si bien que James Bond contre Dr No semble vĂ©ritablement Ă©ternel Ă  perdurer sa capacitĂ© innĂ©e Ă  nous sĂ©duire au travers d'une aventure policière rondement menĂ©e dans son concentrĂ© de pĂ©ripĂ©ties insidieuses, fĂ©lonies, Ă©treintes sensuelles (la nĂ©ophyte Ursula Andress transperce l'Ă©cran de  son aura charnelle noisette et du reflet de son innocence un brin naĂŻve - si bien qu'elle croit au dragon ! -), exactions criminelles, poursuites et climax homĂ©rique au sein du repère de l'inquiĂ©tant Dr No que Terence Young a la judicieuse astuce de nous le dĂ©voiler qu'Ă  l'ultime demi-heure afin de renforcer l'aspect mystĂ©rieux de cet antagoniste aussi altier que mĂ©galo Ă  daigner dominer le monde (comme le relève la consigne de chaque opus). 


Les spectateurs français ne s'y tromperont pas, James Bond contre Dr No cumula 4 772 574 entrĂ©es alors qu'aux 4 coins du monde il triomphera pour rembourser en 3 mois seulement son million de dollars initial grâce au cumul des 60 millions de dollars de recettes. C'est donc sans surprises qu'une suite est mise en chantier 1 an plus tard sous la houlette du mĂŞme rĂ©alisateur et de son acteur vedette, quand bien mĂŞme Ursula Andress accĂ©dera elle aussi peu Ă  peu Ă  la notoriĂ©tĂ©. Un plaisir de cinĂ©ma vintage d'une puissance visuelle en perpĂ©tuelle attraction commune que le briscard Terence Young peaufine avec un remarquable savoir-faire (notamment en magnifiant le profil de Sean Connery par petites touches suggestives pour sa 1ère apparition Bondienne face Ă©cran).

*Bruno

Récompense: Golden Globes 1964 : révélation féminine de l'année pour Ursula Andress (Ex aequo avec Tippi Hedren pour Les oiseaux et Elke Sommer pour Pas de lauriers pour les tueurs)

mardi 9 août 2022

Elvis

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Baz Luhrmann. 2022. U.S.A/Australie. 2h39. Avec Austin Butler, Tom Hanks, Helen Thomson, Richard Roxburgh, Olivia DeJonge, Luke Bracey, Natasha Bassett.

Sortie salles France: 22 Juin 2022

FILMOGRAPHIEBaz Luhrmann est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur australien, nĂ© le 17 septembre 1962 Ă  Herons Creek (Nouvelle-Galles du Sud). 1992 : Ballroom Dancing. 1996 : RomĂ©o + Juliette. 2001 : Moulin Rouge. 2008 : Australia. 2013 : Gatsby le Magnifique. 2022 : Elvis. 


Biopic d'une légende du Rock sous l'impulsion d'un franc-tireur contestataire.
Spectacle de la dĂ©mesure et de la frĂ©nĂ©sie sous l'impulsion de l'artiste solo le plus cĂ©lèbre de tous les temps (il reste Ă  l'heure actuelle inĂ©galable en terme de vente de disques !), Elvis est un vortex Ă©motionnel d'une durĂ©e substantielle de 2h39. Et si on peut dĂ©plorer quelques petits essoufflements durant le parcours musical de ce gĂ©ant du dĂ©hanchement (sa 1ère exhibition est anthologique, MA sĂ©quence attitrĂ©e de tout le mĂ©trage !), l'Ă©motion sensorielle ressentie Ă  plusieurs moments (dont celle susnommĂ©e donc) emporte tout sur son passage. A l'instar Ă©galement de son ultime demi-heure franchement bouleversante (alors que l'on connait l'issue mortuaire) parvenant Ă  nous faire ressentir la dĂ©tresse du King comme si nous Ă©tions Ă  l'intĂ©rieur de son corps tumĂ©fiĂ© par l'alcool, l'Ă©puisement, l'isolement, les cachets. 


Outre l'incroyable fulgurance de la mise en scène retraçant le parcours d'endurance (euphĂ©misme !) d'un chanteur rĂ©volutionnaire soumis Ă  l'autoritĂ© vĂ©reuse de son impresario (que campe admirablement Tom Hanks dans une posture sournoise de paternel faussement prĂ©venant), Baz Luhrmann en profite pour nous remĂ©morer une page de l'histoire de l'AmĂ©rique Ă  la fois puritaine (Elvis risque la prison uniquement Ă  cause de ses dĂ©hanchements jugĂ©s trop provocateurs, violents et sexy et de ses paroles frondeuses !), complotiste (la mort de Kennedy) et sĂ©grĂ©gationniste, comme le confirme la mort de Martin Luther King qu'Elvis voue d'admiration en tant que figure symbole de la communautĂ© noire. Si bien que le Gospel qu'il accueillit Ă©tant enfant dans une Ă©glise inspira largement son style musical et ses pas de danse dans une posture transie d'Ă©moi que les fans contemplaient dans une fascination hystĂ©rico-obsessionnelle. On peut Ă©videmment saluer Ă  travers ses expression surmenĂ©es (de perles de sueur) la prestance du jeune Austin Butler se donnant Ă  fond dans la peau fragile du King ballotĂ© tous azimuts par ses fans, son impresario et d'autres requins financiers durant toute sa trajectoire professionnelle. Tant et si bien que l'acteur parvient Ă  nous conjuguer (sans dĂ©border) ses euphories de la notoriĂ©tĂ© et son apprĂ©hension dĂ©pressive de perdurer dans les bravoures musicales lors d'un compromis quasi suicidaire (son ultime concertation avec son impresario lui sera 2 ans plus tard fatale). 


DĂ©gageant une Ă©nergie pulsatile souvent impressionnante mais peu Ă  peu destructrice au fil de l'Ă©volution dĂ©clinante du King davantage isolĂ© de sa famille (paternelle et conjugale) et plongĂ© dans 
l'impasse d'une probable faillite, Elvis, le film, dĂ©gage un humanisme chĂ©tif rĂ©solument communicatif pour tenir compte de l'exceptionnel talent de ce mĂ©lomane manipulĂ© par la plupart de son entourage (son propre père inconsĂ©quent peut d'ailleurs faire profil bas), des mĂ©dias vĂ©reux et des fans faute de notre fanatisme Ă©goĂŻste Ă  se figer d'admiration pour un super-hĂ©ros intemporel. Du grand spectacle  Ă©pique incessamment vampirisĂ© du montage capiteux qui laisse sans voix au gĂ©nĂ©rique en berne. Et probablement le meilleur film de son (inĂ©gal) auteur qui Ă©trangement parvient ici grâce Ă  sa traditionnelle outrance baroque Ă  transplanter la fureur de sa rĂ©alisation habitĂ©e avec l'Ă©nergie instable d'Elvis Presley Ă  la fois anticonformiste, novateur et ingĂ©rable Ă  s'opposer durant toute sa carrière au diktat de la bien-pensance. 

*Bruno

lundi 8 août 2022

Chewing-gum Rallye / The Gumball Rally

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Charles Bail. 1976. U.S.A. 1h45. Avec Michael Sarrazin, Norman Burton, RaĂşl Juliá, Gary Busey,  Tim McIntire.

Sortie salles France: 11 Juin 1980. U.S: 28 Juillet 1976

FILMOGRAPHIE: Charles Bail est un rĂ©alisateur et acteur amĂ©ricain nĂ© en 1935 Ă  Pittsburgh, Pennsylvania, USA, dĂ©cĂ©dĂ© le 25 Novembre 2020 Ă  Tyler, Texas, USA. 1996: Street Corner Justice. 1986: Choke Canyon. 1976: Chewing Gum Rallye.  1975 Cleopatra Jones and the Casino of Gold. 1974 Black Samson. 

PrĂ©curseur de L'ÉquipĂ©e du Cannonball, Cannonball et Cannonball 2, Chewing-gum rallye s’ancre Ă  l’origine dans la vĂ©ritable course (non officielle) du Baker Sea-To-Shining-Sea Memorial Trophy Dash. Ce road-movie dĂ©sinvolte devrait rĂ©jouir les amateurs de poursuites motorisĂ©es sur bitume, menĂ©es sur le ton d’une comĂ©die d’action sans prĂ©tention.
Le film mise beaucoup sur la bonhomie fougueuse de ses interprètes - Michael Sarrazin, RaĂşl Juliá en tĂŞte -, tous Ă  l’aise en fous du volant dĂ©fiant la marĂ©chaussĂ©e, tandis que d’autres Ă©nergumènes (la bande des motards) viennent ralentir leur Ă©chappĂ©e vers l’arrivĂ©e.

Le tout, correctement rythmé, respire le cinéma des années 70, à travers ses multiples traversées urbaines que le réalisateur capte avec un certain souci documentaire. Les mini-cascades, sans esbroufe, amusent par leur générosité modeste.
L’humour pittoresque ne vole Ă©videmment pas bien haut, portĂ© par des pĂ©ripĂ©ties aussi crĂ©tines que parfois dĂ©licieusement ubuesques (comme ce flic persuadĂ© de dĂ©barquer sur un plateau de tournage). Ce ton franchouillard Ă  l’amĂ©ricaine participe pourtant Ă  son charme rĂ©tro, vestige d’une Ă©poque rĂ©volue friande de spectacles fun, lĂ©gers et dĂ©complexĂ©s.

À ce petit jeu motorisé, on pourra légitimement préférer la série des Cannonball, réalisée quelques années plus tard dans les années 80 - plus ludique et flamboyante peut-être, mais pas forcément plus libre.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir


Info (Wikipedia): 
Le Cannonball Baker Sea-To-Shining-Sea Memorial Trophy Dash, largement connu sous le nom de Cannonball Baker ou Cannonball Run, Ă©tait une course automobile non officielle et non autorisĂ©e qui s’est dĂ©roulĂ©e cinq fois dans les annĂ©es 1970 de New York et Darien, Connecticut, sur la cĂ´te est des États-Unis au Portofino Inn[1] dans la banlieue de Los Angeles de Redondo Beach. Californie. Les courses Cannonball Run ont Ă©galement inspirĂ© de nombreux efforts contemporains d’Ă©quipes indĂ©pendantes pour Ă©tablir le temps record pour le parcours, connu sous le nom de Cannonball Run Challenge.

Conçue par Brock Yates, rĂ©dacteur de magazine automobile et coureur automobile, et Steve Smith, rĂ©dacteur en chef de Car and Driver, la première course n’Ă©tait pas une course compĂ©titive car une seule Ă©quipe courait. La course Ă©tait destinĂ©e Ă  la fois Ă  cĂ©lĂ©brer le rĂ©seau routier inter-États des États-Unis et Ă  protester contre l’entrĂ©e en vigueur du code de la route strict Ă  l’Ă©poque. Une autre motivation Ă©tait le plaisir impliquĂ©, qui se voyait dans les rapports ironiques dans Car and Driver et d’autres publications automobiles dans le monde entier. La première course de cross-country a Ă©tĂ© faite par Yates; son fils, Brock Yates, Jr.; Steve Smith; et son ami Jim Williams Ă  partir du 3 mai 1971, dans une fourgonnette Dodge Custom Sportsman de 1971 appelĂ©e « Moon Trash II ». 

La course a eu lieu quatre autres fois: le 15 novembre 1971; 13 novembre 1972; 23 avril 1975; et le 1er avril 1979. 

Le magazine Car and Driver dĂ©taille la course de novembre 1971 dans son numĂ©ro de mars 1972. Cet article a Ă©tĂ© rĂ©imprimĂ© pour reprĂ©senter les annĂ©es 1970 Ă  l’occasion du 50e anniversaire du magazine en 2005. Un effort remarquable a Ă©tĂ© fait par la lĂ©gende de la course automobile amĂ©ricaine Dan Gurney, vainqueur des 24 Heures du Mans 1967. Il a remportĂ© le deuxième Cannonball au volant d’une Ferrari 365 GTB/4 Daytona bleue Sunoco. Gurney a dĂ©clarĂ©: « Ă€ aucun moment, nous n’avons dĂ©passĂ© 175 mph [280 km / h]. » Lui et Brock Yates en tant que copilote ont pris 35 heures 54 minutes pour parcourir 2 863 miles (4 608 km) Ă  une moyenne d’environ 80 mph (130 km / h) tout en rĂ©coltant une amende. La neige dans les montagnes Rocheuses les a considĂ©rablement ralentis.


En 1972, l’Ă©quipe de Steve " Yogi » Behr, Bill Canfield et Fred Olds a remportĂ© dans une Cadillac Coupe de Ville, la première voiture amĂ©ricaine Ă  remporter un Cannonball. 
Les 23 et 25 avril 1975, Jack May et Rick Cline conduisent une Dino 246 GTS depuis le Red Ball Garage de New York en un temps record de 35 heures 53 minutes, avec une moyenne de 83 mph (134 km/h).

Le record officiel de Cannonballs est de 32 heures 51 minutes (environ 87 mph ou 140 km/h), Ă©tabli lors de la dernière course de Darien, Connecticut, Ă  Los Angeles par Dave Heinz et Dave Yarborough dans une Jaguar XJS en avril 1979. 

Après les courses originales de Cannonball, Car and Driver a sponsorisĂ© des circuits fermĂ©s lĂ©gitimes, le One Lap of America. Les successeurs hors-la-loi aux États-Unis, en Europe et en Australie continuent d’utiliser le nom Cannonball sans l’approbation de Yates.

vendredi 5 août 2022

Prey

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, imputĂ©e au site Ebay.fr

de Dan Trachtenberg. 2022. U.S.A. 1h39. Avec Amber Midthunder, Dakota Beavers, Dane DiLiegro, Stormee Kipp, Michelle Thrush, Julian Black Antelope

Sortie le 5 Août 2022 (Int - 17 ans aux Etats-Unis)

FILMOGRAPHIEDan Trachtenberg, nĂ© le 11 mai 1981 Ă  Philadelphie (Pennsylvanie), est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain. 2016 : 10 Cloverfield Lane. 2022 : Prey. 


DĂ©nuĂ© de prĂ©tention et d'ambition, conscient de ne pouvoir rivaliser avec son modèle, Prey est un très bon film d'action dans la lignĂ©e des divertissements sans prĂ©tention des annĂ©es 80. Dans la mesure oĂą Dan Trachtenberg compte beaucoup sur l'efficacitĂ© des affrontements plutĂ´t bien emballĂ©es, assez spectaculaires, parfois Ă©piques et surtout, une fois n'est pas coutume, jamais outrancières comme le souligne la confrontation finale concise tout Ă  fait modeste (Ă  dĂ©faut de combler les fans de surenchère bourrine). Et donc, on peut y Ă©tablir une filiation avec l'excellente sĂ©quelle de Stephen Hopkins, Predator 2 dont l'essentiel de l'action fut concentrĂ©e en plein centre urbain de Los Angeles pour se dĂ©marquer du chef-d'oeuvre de Mc Tiernan Ă  renouveler son cadre gĂ©ographique en jouant la carte du divertissement du Samedi soir Ă  travers ses moult sĂ©quences d'action vĂ©nères se rapprochant de la BD. Or, avec Prey, on nous sert en prime un joli portrait de femme rebelle gagnĂ©e par l'estime de soi auprès de l'entrĂ©e en matière d'un 1er acte psychologique fondĂ© sur son opposition avec des personnages machistes, autoritaires, gouailleurs se rĂ©fĂ©rant au patriarcat de leur tribu commanche. 


Ainsi, avec mĂŞme plus de sobriĂ©tĂ© dans le jeu des acteurs et d'une action primale aussi gĂ©nĂ©reuse, Dan Trachtenberg dĂ©localise l'action temporelle dans l'Ouest sauvage de 1719 en accordant le premier rĂ´le Ă  ce personnage fĂ©minin, Naru. Une indienne chasseuse en herbe vivant paisiblement avec son fidèle chien (participant autant Ă  l'aventure avec une ruse intrĂ©pide !) auprès de sa communautĂ© et qui devra retrousser ses manches depuis l'intrusion inhospitalière de notre alien stellaire. Or cette dernière ne conjurait qu'une chose auprès de son peuple Comanche, leur prouver d'ĂŞtre capable d'accĂ©der au rang de guerrière notoire. C'est donc Ă©videmment une nouvelle chasse Ă  l'homme auquel nous avions droit, une traque inlassable entre indiens et blancs dĂ©pouilleurs de peau de bisons (notamment pour y relancer l'action dans une direction plus sanglante) que Dan Trachtenberg transfigure au sein d'une scĂ©nographie naturelle fastueuse. Qui plus est renforcĂ© d'une photo assez splendide en rehaussant l'attrait dĂ©paysant de vastes panoramas montagneux. Et Ă  ce niveau formel, on en prend Ă©galement plein la vue en mode immersif. 


Sans Ă©galer le chef-d'oeuvre indĂ©trĂ´nable de John Mc Tiernan, Prey joue la carte du modeste divertissement avec une probitĂ© qui fait plaisir Ă  voir en notre ère numĂ©risĂ©e trop souvent dĂ©nuĂ©e d'ambition, d'âme, de fureur, de passion. Tant et si bien qu'ici hormis l'emploi de certains trucages virtuels, on reste assez convaincu de la qualitĂ© plutĂ´t correcte des CGI assez bien insĂ©rĂ©s dans le cadre gĂ©ographique. Efficace, captivant et haletant pour ne jamais ennuyer tout en se focalisant Ă  nouveau sur l'intensitĂ© fascinatoire de notre predator quasi indestructible, Prey se savoure aussi bien que Predator 2 sous l'impulsion d'une hĂ©roĂŻne attachante en guerrière intrĂ©pide en ascension de reconnaissance. Un divertissement rĂ©jouissant donc, plus sincère, fun et stimulant que toutes les suites et Ă©pigones dĂ©rivĂ©s que nous nous sommes coltinĂ©s par opportunisme. Le predator est donc bel et bien de retour pour le plaisir de ses fans avec, en filigrane, un noble discours sur l'Ă©mancipation fĂ©minine du point de vue d'une initiation hĂ©roĂŻque plus rusĂ©e et primale qu'attendue.  

*Bruno
09.09.24. 2èx. VF. 4K

jeudi 4 août 2022

Gremlins 2 / Gremlins 2: The New Batch

                                          
                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site imdb.com

de Joe Dante. 1990. U.S.A. 1h46. Avec Zach Galligan, Phoebe Cates, John Glover, Robert Prosky, Robert Picardo, Christopher Lee, Haviland Morris, Dick Miller.

Sortie salles France: 22 AoĂ»t 1990. U.S: 15 Juin 1990

FILMOGRAPHIEJoe Dante (nĂ© le 28 novembre 1946 Ă  Middletown, New Jersey) est un critique, scĂ©nariste, monteur, producteur et rĂ©alisateur amĂ©ricain. Son plus grand succès populaire est, Ă  ce jour, Gremlins (1984). 1966-1975 : The Movie Orgy 1976 : Hollywood Boulevard, co-rĂ©alisĂ© avec Allan Arkush 1978: Piranhas,1981 : Hurlements (The Howling) 1983 : La Quatrième Dimension (Twiling Zone the Movie), troisième Ă©pisode, Its a Good Life 1984 : Gremlins 1985 : Explorers 1987 : Cheeseburger film sandwich (Amazon Women on the Moon), 5 sketches 1987 : L'Aventure intĂ©rieure, 1989 : Les Banlieusards (The 'burbs) 1990 : Gremlins 2, la nouvelle gĂ©nĂ©ration (Gremlins 2 The New Batch) 1993 : Panic sur Florida Beach (Matinee) 1998 : Small Soldiers 2003 : Les Looney Tunes passent Ă  l'action (Looney Tunes : Back in Action) 2006 : Trapped Ashes , premier segment,Wraparound. 2009: The Hole.


SĂ©quelle de tous les excès boudĂ©e dès sa sortie par le public (mĂŞme si en France il cumule tout de mĂŞme 2 391 391 entrĂ©es) et pas vraiment bien accueillie par la critique si je ne m'abuse, Gremlins 2 est un drĂ´le d'objet filmique que tout le monde, ou presque, considère aujourd'hui comme vĂ©ritablement rĂ©ussie, pour ne pas dire cultissime. Et bien que personnellement j'ai toujours Ă©mis des rĂ©serves sur cette suite hystĂ©rico-folingue nantie d'un indicible climat Ă  la fois contestataire, satirique et belliqueux, il m'aura fallu un 4è visionnage pour me convaincre de l'apprĂ©cier Ă  sa juste valeur. Et ce mĂŞme si je garde toutefois une prĂ©fĂ©rence pour le 1er opus Ă  travers son alliage idoine d'humour, de tendresse, de féérie et d'Ă©pouvante que Spielberg et Dante ont parfaitement su Ă©quilibrer afin de rassembler le grand public. Plus insolent, plus fou, plus dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©, plus grotesque et mĂŞme plus inquiĂ©tant auprès de son inventivitĂ© parfois imprĂ©visible et de son message politique (Trump est ici caricaturĂ© par l'antagoniste Daniel Clamp), Gremlins 2 dĂ©gage un sentiment (amer) de dĂ©fouloir caustique lorsque Joe Dante cible finalement du doigt une multinationale adepte des technologies ultra modernes au sein d'un building High-tech considĂ©rant ses employĂ©s comme des esclaves soumis. 


Les Gremlins dĂ©truisant et massacrant tout ce qui se trouve sur leur passage afin de rĂ©instaurer une existence traditionnelle plus paisible et bucolique au sein d'une nouvelle topographie urbaine autrement Ă©colo. C'est tout du moins ce qu'imprime comme message final le rĂ©alisateur Joe Dante dĂ©libĂ©rĂ© Ă  vomir de ses tripes une AmĂ©rique matĂ©rialiste davantage despotique, mĂ©galo et voyeuriste Ă  travers ses vidĂ©os de camĂ©ra surveillance exploitĂ©es pour dĂ©noncer le mauvais citoyen bravant les règles de la biensĂ©ance.  Jeu de massacre donc bourrĂ© de rĂ©fĂ©rences, de gags inventifs et de pĂ©ripĂ©ties tantĂ´t Ă©puisantes, tantĂ´t dĂ©concertantes; film mĂ©ta, divertissement bicĂ©phale se raillant de son propre concept (et de celui du 1er opus si bien que "l'homme" reste toujours aussi empotĂ©, capricieux et irresponsable), Gremlins 2 s'avère plus ambigu et discursif derrière son gros dĂ©lire de sale gosse incivilisĂ© que les Gremlins injectent Ă  l'Ă©cran avec une verve dĂ©sinhibĂ©e en roue libre. Les effets-spĂ©ciaux encore plus rĂ©ussis qu'au prĂ©alable demeurant notamment l'attraction majeure de ce show verbal et musical si bien que l'effet de fascination procurĂ©e reste toujours aussi probant de par l'expressivitĂ© enjouĂ©e des crĂ©atures et de leur agile mobilitĂ©. Tant auprès de la candeur de Gizmo peu Ă  peu animĂ© par un esprit de rancoeur que de ses rivaux autrement fauteurs de trouble se mĂ©tamorphosant parfois en crĂ©atures ailĂ©es, dĂ©figurĂ©es ou Ă©lectrifiĂ©es pour envahir New-York et asseoir leur autoritĂ©. 


Objet filmique non identifiĂ© Ă  la fois drĂ´le, fascinant, jouissif mais aussi Ă©tonnement Ă©trange, viciĂ© et inquiĂ©tant, Gremlins 2 s'alloue en prime d'une aura nostalgique en la prĂ©sence de nos hĂ©ros du 1er opus que l'on retrouve ici (pour la plupart) avec une Ă©vident plaisir familier. A revoir donc (encore et encore) tant cette sĂ©quelle pas comme les autres fourmille d'idĂ©es incongrues, de folie ubuesque et de situations improbables avec une libertĂ© de ton fulgurante Ă  faire grincer les dents. 

*Bruno
23.11.17
04.08.22. 4èx

mardi 2 août 2022

La Horse

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, imputĂ©e au site Imdb.com

de  Pierre Granier-Deferre. 1969. France. 1h17. Avec Jean Gabin, AndrĂ© Weber, Marc Porel, ÉlĂ©onore Hirt, Christian Barbier, Danièle Ajoret, Michel Barbey.

Sortie salles France: 22 Février 1970

FILMOGRAPHIE: Pierre Granier-Deferre, né le 22 juillet 1927 dans le 9e arrondissement de Paris, ville où il est mort le 16 novembre 2007 dans le 16e arrondissement, est un réalisateur français.1961 : Le Petit Garçon de l'ascenseur. 1962 : Les Aventures de Salavin (sous-titré Confession de minuit). 1965 : La Métamorphose des cloportes. 1965 : Paris au mois d'août. 1965 : Histoires d'hommes TV. 1967 : Le Grand Dadais. 1970 : La Horse. 1971 : Le Chat. 1971 : La Veuve Couderc. 1973 : Le Fils. 1973 : Le Train. 1974 : La Race des seigneurs. 1975 : La Cage. 1975 : Adieu poulet. 1976 : Une femme à sa fenêtre. 1979 : Le Toubib. 1981 : Une étrange affaire. 1982 : L'Étoile du Nord. 1983 : L'Ami de Vincent. 1985 : L'Homme aux yeux d'argent. 1986 : Cours privé. 1987 : Noyade interdite. 1988 : La Couleur du vent. 1990 : L'Autrichienne. 1992 : La Voix. 1993 : Archipel. 1995 : Le Petit Garçon.

FlinguĂ© par la critique de l'Ă©poque (ce qui n'est guère surprenant) mais applaudi par le public français, La Horse ("l'hĂ©roĂŻne" en terme argot) s'empare du film d'auto-dĂ©fense sous la mainmise du solide artisan Pierre Granier-Deferre (le Chat, Adieu Poulet, l'Etoile du Nord, le Train). L'illustre Jean Gabin se fondant dans le corps d'un patriarche rĂ©ac contraint d'arborer son fusil de chasse auprès de trafiquants de drogue zĂ©lĂ©s auquel y est mĂŞlĂ© son petit fils Henri. DĂ©libĂ©rĂ© Ă  le protĂ©ger de la prison et de la mort par ces rivaux vĂ©naux, Auguste Maroilleur dĂ©fendra bec et ongle toute sa famille quitte Ă  sombrer dans le criminalitĂ© parmi la complicitĂ© de certains des membres familiaux. Et ce qui semblait Ă  la base un pitch Ă©culĂ© surfant sur le sous-genre du Vigilante Movie devient sous la houlette de Deferre un excellent divertissement autonome, inventif, inquiĂ©tant, anticonformiste de par son absence de moralitĂ© rĂ©gie autour de cette famille paysanne en Ă©troite concertation. Ainsi donc, le rĂ©alisateur parvient louablement Ă  ne pas sombrer dans les clichĂ©s triviaux du film d'auto-dĂ©fense que l'on connait par coeur. Au contraire, il parvient Ă  se dĂ©marquer de ses concurrents de par l'adresse de sa mise en scène faisant vivre ses protagonistes ruraux sous l'Ă©gide du renfrognĂ© Gabin motivĂ© par sa droiture d'une hiĂ©rarchie familiale auquel il laisse s'exprimer ses rĂ©parties tranchĂ©es. 

La densitĂ© de la mise en scène accordant notamment une grande attention aux dĂ©cors domestiques et naturels afin de nous immerger dans cette scĂ©nographie rustique oĂą les animaux y paieront parfois un lourd tribut. A cet Ă©gard, et pour rassurer les fervents dĂ©fenseurs de la cause animale (dont je fais parti), l'incroyable traque mortelle contre les vaches n'est aucunement un snuf selon les allĂ©gations de Jean Gabin de par l'habiletĂ© du montage au rĂ©alisme saisissant pour nous faire croire Ă  l'impensable. MĂŞme si personnellement je trouve que la sĂ©quence assez pĂ©nible par sa rĂ©pĂ©tition brutale s'attarde un peu trop dans la temporalitĂ© Ă  pourchasser les vaches sans relâche (anesthĂ©siĂ©es aux mĂ©docs donc par des vĂ©tos ou prĂ©alablement mortes en dehors du tournage). On peut donc parler de films d'acteurs (entourĂ©s d'attachants seconds-rĂ´les) solidement investis dans cette vendetta paysanne que Jean Gabin monopolise avec son bagout proverbial qu'on lui connait. Qui plus est, et il est primordial Ă  mon sens de le souligner, la musique composĂ©e par Gainsbourg et Michel Colombier renforce cette aura singulière pour rendre compte de l'hostilitĂ© de son atmosphère feutrĂ©e instaurĂ©e en crescendo dès que les vaches trĂ©passent de la manière la plus vile et sournoise. 

La Horse demeure donc du cinĂ©ma Ă  l'ancienne comme on n'en fait hĂ©las plus depuis fort longtemps. Ou plus objectivement un moment de cinĂ©ma artisanal assez excitant, Ă©tonnamment baroque mĂŞme dans la paysage français, et passionnant Ă  traiter du thème d'auto-dĂ©fense au sein d'une hiĂ©rarchie paysanne Ă  la complicitĂ© contagieuse. Et ce tout en prĂ´nant, selon la doctrine du patriarche castrateur, des valeurs conservatrices issues de son Ă©poque rĂ©volue qu'il chĂ©rit tant. Solidement mis en scène parmi l'intelligence de l'auteur Ă  ne jamais sombrer dans la surenchère et la facilitĂ© routinière, La Horse est un spectacle anticonformiste saturĂ© de l'audace d'une conclusion dĂ©routante qui plus est tournĂ© subtilement en dĂ©rision. 

*Bruno 

Ci-joint l'interview de Jean Gabin rassurant les spectateurs de ne pas avoir sacrifiĂ© les vaches au moment du tournage. 

Virgin Suicides. Caméra d'Or, Cannes 2000

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Sofia Coppola. 1999. U.S.A. 1h37. Avec James Woods, Kathleen Turner, Kirsten Dunst, A.J. Cook, Josh Hartnett, Leslie Hayman.

Sortie salles France: 27 Septembre 2000. U.S: 19 Mai 1999

FILMOGRAPHIESofia Coppola nĂ©e le 14 mai 1971 Ă  New York, est une rĂ©alisatrice, actrice, productrice et scĂ©nariste amĂ©ricaine. 1999 : Virgin Suicides. 2003 : Lost in Translation. 2006 : Marie-Antoinette. 2010 : Somewhere. 2013 : The Bling Ring. 2017 : Les Proies (The Beguiled). 2020 : On the Rocks. 

Aujourd'hui considĂ©rĂ© Ă  juste titre comme un classique, la 1ère rĂ©alisation de Sofia Coppola est probablement (et selon moi) sa plus belle rĂ©ussite. Tout du moins son oeuvre la plus envoĂ»tante, spĂ©cialement sensuelle et gracile. Un coup de maĂ®tre oĂą l'Ă©motion, contradictoire (drame / humour /tendresse), nous Ă©branle le coeur sans crier gare. Et ce mĂŞme si le prologue nous eu averti du dĂ©nouement mortuaire de ses adolescentes que Sofia Coppola filme comme de vĂ©ritables dĂ©esses sortis d'un Eden en dĂ©pit de l'ombre de leur Ă©volution morale davantage pessimiste. Un parti-pris rĂ©aliste sans concession mais jamais complaisant et d'autant plus audacieux que l'humour s'y invite frĂ©quemment pour renforcer l'insouciance du passage de l'adolescence partagĂ©e entre maladresse, orgueil, audace et trahison dans leur dĂ©sir de plaire et de convaincre. Inconsciemment inspirĂ©e par la mort de son frère Gio Coppola lors d'un tragique accident de voiture Ă  l'âge de 15 ans, Sofia Coppola traite ici du deuil, de la perte de l'innocence et de la quĂŞte identitaire Ă  travers le portrait fragile de ces 5 soeurs gouvernĂ©es par une mère bigote et un père taiseux (dans une posture hiĂ©ratique placide peu Ă  peu effacĂ©e, James Woods / Kathleen Turner insufflent Ă  merveille une expressivitĂ© Ă  la fois intransigeante, dĂ©sabusĂ©e, pour ne pas dire aseptisĂ©e). On peut donc Ă©voquer la famille dysfonctionnelle de par le profil castrateur de ses parents conservateurs se pliant aux règles de Dieu afin d'Ă©lever leur famille dans un amour catholique (ici) terriblement infructueux. 

Baignant paradoxalement dans un climat langoureux chargĂ© d'une poĂ©sie Ă©minemment lascive Ă  filmer ses ados juvĂ©niles en robe de soie (quelle notion de puretĂ© avec leurs cheveux d'or !), Virgin Suicides nous ensorcelle irrĂ©mĂ©diablement la vue Ă  travers le charme de ses filles candides apprenant au fil du rĂ©cit leur condition soumise après avoir bravĂ© leur doctrine familiale. Ses premiers flirts, ses premiers baisers, ses premières Ă©treintes puis finalement les dĂ©ceptions qui en dĂ©coulent Sofia Coppola les filment avec une attention avisĂ©e afin de susciter une Ă©motion virginale Ă  la fois nostalgique, poignante et pĂ©trie de tendresse que le spectateur se remĂ©more lors de ses rĂ©miniscences amoureuses. Kirsten Dunst transperçant l'Ă©cran de sa beautĂ© tĂ©nue et son regard fondant avec une grâce vertigineuse. Si bien qu'Ă  mes yeux il s'agit de son rĂ´le mĂ©lancolique le plus luminescent eu Ă©gard de l'objet de fantasme qu'elle nous renvoie. Tant auprès des jeunes ados du rĂ©cit littĂ©ralement transis d'Ă©moi que du spectateur hypnotisĂ© par son aura charnelle subtilement badine, tranquille mais aussi docile et timorĂ©e avant de changer de peau. Par consĂ©quent, au grĂ© du drame social qui s'esquisse sous nos yeux contemplatifs avec un rĂ©alisme Ă  la lisière de l'Ă©trangetĂ© et du mystère (en  mode Ă©thĂ©rĂ© !), rarement de jeunes filles n'auront Ă©tĂ© sublimĂ©es Ă  l'Ă©cran avec une grâce aussi sensorielle, pour ne pas dire Ă©sotĂ©rique, depuis le chef-d'oeuvre Picnic Ă  Hanging Rock. Alors que le score composĂ© par le groupe AIR magnĂ©tise la pellicule auprès de mĂ©lodies capiteuses Ă  la fois feutrĂ©es et gratifiante afin de renforcer son atmosphère ouateuse qu'on ne souhaiterait jamais quitter en dĂ©pit de la dramaturgie escarpĂ©e de sa conclusion funeste que l'on considère comme un gâchis inconsolable. La faute incombant Ă  cette intolĂ©rance parentale, cette absence totale de communication au sein du foyer Ă©ducatif et protecteur afin d'Ă©lever l'adolescence vers des horizons fructueuses Ă©quilibrĂ©es et matures. 

Divinement rĂ©alisĂ© avec un art consommĂ© de la perfection (il y a des plans serrĂ©s incroyablement gĂ©omĂ©triques sur le sobre visage de Kirsten Dunst afin d'y imprimer sans ambages ses Ă©motions introverties plus vraies que nature) et portĂ© par le talent de jeunes comĂ©diens et comĂ©diennes d'un naturel trouble, lascif ou gentiment dĂ©complexĂ© (je songe particulièrement aux garçons et Ă  la prĂ©sence saillante de Josh Hartnett), Virgin Suicides traite du malaise adolescent, de la tare de l'isolement et du dĂ©sir d'amour du point de vue prĂ©caire d'une voix fĂ©ministe en voie de rĂ©bellion mais optant le sacrifice sous l'Ă©tendard de leur hiĂ©rarchie parentale. Un portrait inoubliable qui charme, trouble, enivre, magnĂ©tise, Ă©meut sans une once de prĂ©tention arty. 

*Bruno
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