lundi 20 mai 2024

Le Cercle : The Ring 2

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Hideo Nakata. 2005. U.S.A/Japon. 1h50. Avec Naomi Watts, David Dorfman, Daveigh Chase, Simon Baker, Elizabeth Perkins, Gary Cole, Sissy Spacek.

Sortie salles France: 10 Décembre 2005. U.S: 18 Octobre 2005

FILMOGRAPHIE: Hideo Nakata est un réalisateur et un scénariste japonais né le 19 juillet 1961 à Okayama (Japon). 1996 : Le Spectre de l'actrice. 1998 : Joseph Losey: The Man with Four Names. 1998: Ring. 1998: Ring 2. 1999: Chaos. 1999 : Sleeping Bride. 2000: Sadistic and Masochistic. 2002: Dark Water. 2002: Last Scene. 2005: Le Cercle 2. 2007: Kaidan. 2008: L: Change the World. 2010: Chatroom. 2010 : Incite Mill (TV Show). 2013: The Complex. 2014: Monsterz. 2015: Ghost Theatre.

Le pitch: Six mois après les horribles événements de Seattle qu'ils fuièrent, Rachel Keller et son jeune fils Aidan se sont réfugiés à Astoria, dans l'Oregon. La journaliste espère oublier ses épreuves dans cette paisible bourgade côtière, mais de nouvelles menaces ne tardent pas à planer sur sa vie. Un crime énigmatique, commis à l'aide d'une cassette trop familière, donne l'alerte : l'esprit de Samara n'a pas renoncé à sa vengeance et Rachel devra enquêter sur le lointain passé de la fillette pour arrêter le cycle infernal de ses violences maléfiques...

Formidable sĂ©quelle rĂ©alisĂ©e par Hideo Nakata himself, le Cercle, the Ring 2 s'inscrit dans le cadre intelligent du drame psychologique au profit du genre horrifique relatĂ© ici avec suffisamment d'efficacitĂ©, de suspense latent et de quelques effets frissonnants pour maintenir l'intĂ©rĂŞt 1h49 durant (comptez 1h43 sans le gĂ©nĂ©rique de fin). Car entièrement bâti sur les solides Ă©paules de Naomi Watts accompagnĂ©e du jeune David Dorfman tout Ă  fait Ă©tonnant, notamment par son Ă©trange regard plutĂ´t mature, en bambin taciturne en proie Ă  la possession de Samara, le Cercle 2 insuffle une Ă©motion Ă  la fois fragile et sensible auprès de son discours intime sur l'instinct maternel, le sens du sacrifice et l'amour inaltĂ©rable liant une mère et son fils. 

Hideo Nakata empruntant lors de la seconde partie la dĂ©marche de l'investigation autonome auprès de la mère s'efforçant d'y percer les origines de Samara afin de pouvoir sauver la vie de son fils davantage dans la tourmente depuis que Samara tente de le possĂ©der par besoin maternel. EmaillĂ© de sĂ©quences chocs inventives par l'entremise de l'Ă©lĂ©ment naturel de l'eau (les sĂ©quences dans la baignoire, le puits), d'une cassette Vhs (superbe prologue) et de cerfs (une agression violente d'une grande intensitĂ©), le Cercle 2 ne manque donc pas non plus d'intensitĂ© horrifique et d'originalitĂ© pour nous projeter dans une dimension fantastique aussi fascinante qu'inquiĂ©tante. En tout Ă©tat de cause on garde surtout en mĂ©moire une fragile histoire d'amour entre une mère et son fils sĂ©vèrement malmenĂ©s par une entitĂ© vindicative qu'Hideo Nakata relate avec une fine attention afin de nous familiariser avec empathie auprès de ce duo monoparental transcendĂ© par la dignitĂ© de l'amour et de l'instinct de confiance. 

*Bruno
3èx. Vost. 4K.
20.04.16
20.05.24.

jeudi 16 mai 2024

Adagio

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Stefano Sollima. 2023. Italie. 2h07. Avec Pierfrancesco Favino, Adriano Giannini, Gianmarco Franchini, Toni Servillo, Valerio Mastandrea, Francesco Di Leva.

Sortie salles: 14 Décembre 2023

FILMOGRAPHIEStefano Sollima, nĂ© le 4 mai 1966 Ă  Rome, est un cinĂ©aste et rĂ©alisateur italien. 2012 : A.C.A.B.: All Cops Are Bastards. 2015 : Suburra. 2018 : Sicario : La Guerre des cartels (Sicario: Day of the Soldado). 2021 : Sans aucun remords (Without Remorse). 2023 : Adagio. 

MaĂ®tre du polar italien contemporain, Stefano Sollima ne dĂ©roge pas Ă  la règle d'y transfigurer un nouveau morceau de cinĂ©ma Ă  la fois substantiel et formel (quasiment chaque plan est soigneusement stylisĂ©) comme on n'a plus coutume d'en voir de nos jours. L'histoire "contemplative" d'un jeune orphelin adoptĂ© par un père incapable de le choyer et qui, au fil d'un acte rĂ©prĂ©hensible est contraint de nĂ©gocier une mission de filature avec la police au sein d'une boite de nuit. Or, se ravisant au moment d'y dĂ©couvrir une camĂ©ra planquĂ© au mur, Manuel demande l'aide de son père depuis qu'une police vĂ©reuse est Ă  sa recherche pour l'occire. Splendide polar noir d'une dimension psychologique rigoureuse au fil d'un vĂ©nĂ©neux rĂ©cit impeccablement structurĂ©, qui plus est prenant son temps pour y planter son univers mortifère (avec en filigrane un brasier mĂ©taphorique) et ses protagonistes auquel nous nous familiarisons auprès de leurs fĂŞlures morales que Sollima dĂ©livre lestement au compte goutte, Adagio est une virĂ©e nocturne Ă  la dramaturgie sobrement mise en place. 

RenforcĂ© de la prĂ©sence infaillible d'authentiques gueules d'acteurs (ici sclĂ©rosĂ©s) accompagnĂ© d'un jeune paumĂ© Ă©carquillĂ© traquĂ© tous azimuts, Adagio n'a aucune peine pour nous immerger dans leurs conflits parentaux (avec une habile inversion des rĂ´les anti-manichĂ©ens) Ă  travers les thĂ©matiques de la culpabilitĂ©, de la trahison, de la corruption puis enfin de la rĂ©demption de dernier ressort. Les personnages pourchassĂ©s demeurant aussi bien fascinants qu'empathiques lorsque deux pères s'efforcent in extremis de se remettre en cause pour tenter de rĂ©parer leur dĂ©route d'un passĂ© dĂ©loyal. Ainsi, vouant un amour immodĂ©rĂ© pour sa mise en scène scrupuleuse et pour ses comĂ©diens habitĂ©s par l'amertume et la hantise de la faucheuse, Stefano Sollima transcende son rĂ©cit nĂ©crosĂ© avec une rigueur Ă©motionnelle intelligemment dĂ©pouillĂ©e. TruffĂ© de dĂ©tails techniques et narratifs inventifs, baroques, alambiquĂ©s afin de nous maintenir captivĂ© tout le long de ce chemin de croix fataliste, Adagio se dĂ©cline sans prĂ©tention en moment de cinĂ©ma crĂ©pusculaire auprès de son intimitĂ© psychologique latente toute Ă  la fois mĂ©lancolique, meurtrie, dĂ©soeuvrĂ©e, sentencieuse au sein d'une capitale acrimonieuse. 

*Bruno

mercredi 15 mai 2024

Mary / Gifted. Prix du Public, Deauville 2018.

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Marc Webb. 2017. U.S.A. 1h41. Avec Chris Evans, Mckenna Grace, Jenny Slate, Octavia Spencer, Lindsay Duncan, John M. Jackson, Glenn Plummer.

Sorte salles France: 13 Septembre 2017. U.S: 7 avril 2017

FILMOGRAPHIEMarc Webb est un rĂ©alisateur amĂ©ricain nĂ© le 31 aoĂ»t 1974. 2009 : (500) jours ensemble. 2012 : The Amazing Spider-Man. 2014 : The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un hĂ©ros. 2017 : Mary. 2017 : Liaisons Ă  New York. 2025 : Blanche-Neige. 


« Feel good movie » n'a aussi bien portĂ© sa dĂ©finition ! 
Il y a des films que l'on n'attend pas qui emportent tout au point d'y ressentir un gros vide durant le gĂ©nĂ©rique de fin. Mary fait parti de ce genre de surprise (hĂ©las) passĂ©e inaperçue en dĂ©pit de son ovation du public au Festival de Deauville. Ne vous mĂ©prenez pas pour son affiche Ă  l'apparence bankable et sirupeuse, il n'en n'est rien. Mary vibrant de rĂ©alisme, de vĂ©ritĂ© humaine (dans une juste mesiure) et d'Ă©motions Ă  la fois tendres, capiteuses, sĂ©millantes, cruelles parfois sous l'impulsion d'un scĂ©nario trempĂ© remarquablement Ă©crit. Car outre le naturel innĂ© de Mckenna Grace crevant l'Ă©cran dans sa posture mature de fillette prĂ©coce en voie de rĂ©bellion et ses seconds-rĂ´les familiaux dĂ©nuĂ©s d'effets de manche Ă  travers leur autoritĂ© contradictoire, Mary doit beaucoup de sa rigueur Ă©motive et de son intĂ©rĂŞt cĂ©rĂ©bral de par l'intelligence de son scĂ©nario Ă  la fois charpentĂ©, retors, constructif, jamais outrĂ© quant Ă  sa thĂ©matique prĂ©conisant la dignitĂ© humaine. 


Qui plus est traitĂ© avec autant de sobriĂ©tĂ© que d'intelligence pour ne point faire sombrer le navire vers la facilitĂ© des conventions, Mary en sort infiniment grandi Ă  dĂ©peindre des personnages très attachants ne versant jamais dans l'apitoiement, le pathos standard pour nous emporter dans leur tourmente lorsque la petite Mary, surdouĂ©e en mathĂ©matique, se retrouve ballotĂ©e entre la garde de sa grand-mère arriviste souhaitant la confiner dans les Ă©tudes supĂ©rieures en "rat de laboratoire" et son oncle dĂ©libĂ©rĂ© Ă  suivre les directives de sa soeur ayant sacrifiĂ© sa vie afin d'honorer les consignes de sa mère obsĂ©dĂ©e par l'ambition culturelle la plus Ă©litiste. Passionnant et poignant, un tantinet anxiogène et intense puis enfin bouleversant et (potentiellement ?) libĂ©rateur Ă  savoir qui emportera la mise auprès d'un enjeu humain militant pour le droit Ă  la diffĂ©rence au sein d'une existence singulière que l'oncle s'efforce de normaliser tout en essayant de dĂ©goter le juste discernement afin de conserver un mode de vie aussi Ă©quilibrĂ© que rationnel pour le sort prĂ©caire de sa nièce, Mary Ă©tonne, sĂ©duit, dĂ©concerte, affole mĂŞme dans un incroyable brio d'Ă©quilibriste. Marc Webb traitant avec une telle attention ses confrontations psychologiques avec autant de savoir-faire que de finesse d'esprit pour y relever des Ă©motions Ă©pineuses Ă©vacuĂ©es de sentiments dĂ©lĂ©tères de rancune, de vendetta, de rupture et de dramaturgie inutilement plombant. 


Laissez donc sa chance Ă  Mary, tant pour le rapport Ă  votre fibre intuitive qu'Ă  votre sensibilitĂ© propre.  Magnifique perle d'Ă©motions capiteuses Ă  la fois naturelles, tendres, fructueuses, bienveillantes au sein d'une narration solide prĂ´nant les valeurs humaines, le respect d'autrui et l'Ă©rudition dans un contexte familial tragique pour autant dĂ©nuĂ© de sinistrose. Bien au contraire...

*Bruno
15.09.17
15.05.24

Récompenses: Festival du cinéma américain de Deauville 2017: Prix du public
2018: 49e cĂ©rĂ©monie des NAACP Image Awards, Meilleure actrice: Octavia Spencer

lundi 13 mai 2024

In the Fade / Aus dem Nichts. Golden Globe Meilleur Film, 2018

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Fatih Akin. 2017. Allemagne/France. 1h46. Avec Diane Kruger, Numan Acar, Denis Moschitto, Johannes Krisch, Henning Peker, Hanna Hilsdorf

Sortie salles France: 17 Janvier 2018. Allemagne: 23 Novembre 2017

FILMOGRAPHIE: Fatih Akin (en turc : Fatih Akın) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur allemand, nĂ© le 25 aoĂ»t 1973 Ă  Hambourg, dans une famille d'immigrĂ©s turcs. 1998 : L'Engrenage. 2000 : Julie en juillet. 2001 : Denk ich an Deutschland - Wir haben vergessen zurĂĽckzukehren (documentaire). 2002 : Solino. 2004 : Head-On. 2005 : Crossing the Bridge - The Sound of Istanbul (documentaire). 2007 : De l'autre cĂ´tĂ©. 2009 : Soul Kitchen. 2012 : Polluting Paradise (documentaire). 2014 : The Cut. 2016 : Tschick. 2017 : In the Fade. 2019 : Golden Glove. 2022 : Rheingold. 

                                           

“La douleur, c'est le vide.”
D'une puissance Ă©motionnelle rare, In the fade est un drame psychologique Ă  la fois intense et bouleversant sous l'impulsion d'un magnifique portrait de femme meurtrie que campe de manière habitĂ©e Diane Kruger rĂ©compensĂ©e du Prix d'InterprĂ©tation FĂ©minine Ă  Cannes. Fatih Akin (issu d'une famille d'immigrĂ©s turcs) s'inspirant des attentats du groupuscule nĂ©o-nazi Nationalsozialistischer Untergrund  (NSU) (en français Parti national-socialiste souterrain) ayant sĂ©vi de 2000 Ă  2006. Pour rappel, ce dernier causa la mort de 9 immigrĂ©s turcs et grecs et d'une policière. Le film admirablement filmĂ© se divisant en 3 parties chapitrĂ©es (la famille - la justice - la mer) aussi Ă©lectrisantes que passionnantes pour traiter du douloureux problème du deuil insurmontable, des failles d'une justice arbitraire Ă  travers le procès et enfin de l'auto-justice culminant vers un Ă©pilogue aussi surprenant que terriblement intense. 


Fatih Akin
faisant monter la pression avec une acuitĂ© Ă©motionnelle aussi Ă©prouvante que la première partie en berne avec souci de rĂ©alisme naturaliste. Mais outre l'aspect tout Ă  la fois hypnotique et immersif de sa mise en scène vĂ©riste remarquablement charpentĂ©e et plutĂ´t prude on retient indubitablement la prestation transie de larmes de l'Ă©poustouflante Diane Kruger endossant une mère de famille littĂ©ralement brisĂ©e par sa douleur morale et la soif de justice. Et rien que pour sa prĂ©sence innĂ©e d'une finesse de jeu au cordeau, In the Fade est Ă  ne pas rater en prime de nous bâtir un grand film engagĂ© dĂ©nonçant avec beaucoup d'humanitĂ© (torturĂ©e), de luciditĂ© et de brutalitĂ© les exactions du terrorisme imparti ici au racisme. 

*Bruno


Récompenses:
Festival de Cannes 2017 : Prix d'interprétation féminine pour Diane Kruger
Golden Globes 2018 : Golden Globe du meilleur film en langue étrangère
68e cérémonie du Deutscher Filmpreis : Meilleur scénario.

vendredi 10 mai 2024

Zombie / Dawn of the Dead

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de George A. Romero. 1978. U.S.A/Italie. 1h59 (version Européenne). Avec David Emge, Ken Foree, Scott H. Reiniger, Gaylen Ross, David Crawford

Sortie salles France: 11 Mai 1983 (Int - 18 ans). U.S: 2 Septembre 1979 (classé X)

FILMOGRAPHIE: Georges Andrew Romero est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, acteur, auteur amĂ©ricain, nĂ© le 4 FĂ©vrier 1940 Ă  New-York. 1968: La Nuit des Morts-vivants. 1971: There's Always Vanilla. 1972: Season of the Witch. 1973: The Crazies. 1977: Martin. 1978: Zombie. 1981: Knightriders. 1982: Creepshow. 1985: Le Jour des Morts-vivants. 1988: Incidents de parcours. 1990: Deux Yeux MalĂ©fiques. 1992: La Part des TĂ©nèbres. 2000: Bruiser. 2005: Land of the Dead. 2008: Diary of the Dead. 2009: Survival of the Dead. 

 
"Romero dĂ©vore l’AmĂ©rique"
Mastodonte inĂ©galĂ© du film de morts-vivants contemporain, Zombie traumatisa de bonheur toute une gĂ©nĂ©ration 80, emportĂ©e par son dĂ©chaĂ®nement d'action non-stop, son ultra-violence documentaire et ses sĂ©quences de flippe qui irriguent le rĂ©cit sans modĂ©ration. Le tout baigne dans une patine rĂ©aliste, symptomatique des Seventies, que Romero et son complice Argento (pour la version europĂ©enne) transcendent, portĂ©s par un montage vĂ©loce, Ă©tourdissant d’intensitĂ©. Par instants, on ne sait littĂ©ralement plus oĂą donner de la tĂŞte.

Et pour les critiques snobinards qui thĂ©orisent, post-facto, une satire de la sociĂ©tĂ© de consommation – Ă  l’origine, comme pour La Nuit des Morts-Vivants, Romero n’a jamais cherchĂ© Ă  s’Ă©clipser derrière un discours politique. Car Zombie, avant tout, c’est un monument d’actionneur bourrin, d’une efficacitĂ© maximaliste. Et mĂŞme après cinquante visions, cinquante ans plus tard, il reste fun, rageur et jubilatoire, de la première Ă  la dernière bobine. Deux heures aussi lessivantes que capiteuses. Il faut le vivre pour mesurer l’impact qu’il continue d’exercer sur notre Ă©motivitĂ©, avec une Ă©nergie (auto)destructrice.

Romero, en maĂ®tre d’orchestre instinctif, nous immerge dans un hypermarchĂ© devenu forteresse assiĂ©gĂ©e, aux cĂ´tĂ©s d’un quatuor de survivants (trois hommes, une femme) venus s’y confiner, tentant de prĂ©server un prĂ©sent dĂ©jĂ  rongĂ© par le chaos. Ă€ ce titre, les sĂ©quences intimistes et mĂ©lancoliques, oĂą affleurent leurs Ă©tats d’âme sentencieux, demeurent d’une Ă©loquence contenue, empreinte d’une pudeur contrariĂ©e.

Les zombies, grimĂ©s de fards bleuâtres aux maquillages modestes, n’en restent pas moins fascinants, inquiĂ©tants, hypnotiques. Leur dĂ©marche, gĂ©nialement lymphatique – vĂ©ritable chorĂ©graphie commune –, couplĂ©e Ă  leurs regards hagards, dĂ©nuĂ©s d’expression, produit un effet immĂ©diat : on y croit Ă  fond, sans poser de questions. Leur menace est crĂ©dible. D’autant plus que les survivants, stoĂŻques mais fragiles, sont rongĂ©s de l’intĂ©rieur. Ils contemplent, en direct, la dĂ©liquescence morale du monde. Folie, jouissance sadique, pensĂ©es suicidaires : l’humain s’effondre, contaminĂ© de l’intĂ©rieur.

Le centre commercial, filmé sous toutes les coutures, devient un terrain de jeu paranoïaque. Romero en explore chaque recoin avec une inventivité débridée, notamment lors de séquences de défense aux stratégies aussi absurdes que brillamment percutantes.

Et que dire de cette plĂ©thore d’effets sanglants, Ă  n’en plus finir – aussi Ă©mĂ©tiques que jubilatoires ? Romero et Tom Savini s’en donnent Ă  cĹ“ur joie dans la chair Ă©clatĂ©e, les membres arrachĂ©s, les corps dĂ©membrĂ©s, les tĂŞtes explosĂ©es ou dĂ©capitĂ©es, avec un rĂ©alisme d’une cruditĂ© implacable. Car si Zombie dĂ©range autant, c’est aussi par sa vĂ©ritĂ© nue : le portrait sans fard d’un Ă©goĂŻsme primaire, d’un instinct de possession fĂ©roce chez ces survivants repliĂ©s sur leur gâteau bientĂ´t convoitĂ© par une horde de Hell’s Angels.

D’une ultra-violence Ă  la fois cartoonesque et viscĂ©ralement Ă©prouvante, Zombie parvient Ă  ĂŞtre fun tout en restant profondĂ©ment dĂ©rangeant, inquiĂ©tant, malaisant. Il dĂ©prime. Il secoue. Il exorcise. Ses actions sont animĂ©es par la folie, le goĂ»t du sang, le plaisir de tout foutre en l’air. Jusqu’Ă  un final terriblement nihiliste.

 
"Zombie : l’apocalypse en boucle"
Chef-d’Ĺ“uvre inextinguible d’horreur souveraine, au cĹ“ur d’une action dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e que nul cinĂ©aste n’a su Ă©galer, Zombie irradie une folie furibarde, une Ă©nergie primitive, malsaine, belliqueuse, mais Ă©trangement fascinante. Il dĂ©sarme. Il bouleverse. Par sa dĂ©rision sardonique, sa cruautĂ© authentique (insalubre), il rĂ©vèle que le pire ennemi de l’homme… c’est encore l’homme.

Un des plus grands films de l’histoire, portĂ© par l’inoubliable partition Ă©lectrisante des Goblin, qui scelle son impact Ă©motif d’une manière dĂ©vastatrice. Un cinĂ©ma d’audace, de rage politique malgrĂ© lui, aujourd’hui tristement disparu.

*Bruno

Nope. Saturn Awards 2022 : meilleur film de science-fiction

 
                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jordan Peele. 2020. U.S.A. 2h11. Avec Daniel Kaluuya, Keke Palmer, Steven Yeun, Brandon Perea, Michael Wincott, Wrenn Schmidt, Keith David.

Sortie salles France: 10 AoĂ»t 2022. U.S: 22 Juillet 2022 (Int - 17 ans non accompagnĂ©s)

FILMOGRAPHIE: Jordan Haworth Peele, nĂ© le 21 fĂ©vrier 1979 Ă  New York, est un acteur, humoriste, rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain. 2017: Get Out. 2019 : Us. 2022 : Nope. 

Revoyure d'un vrai grand film, l'un des mĂ©trages les plus originaux et poĂ©tiques de ces 10 dernières annĂ©es que je ne parviens pas Ă  pleinement apprivoiser lors des 45 ultimes minutes. 

Probablement la meilleure oeuvre de son auteur, la plus mature et maîtrisée (et Dieu sait si je vénère Get Out que je préfère).

Box Office France: 518 100 entrées

mercredi 8 mai 2024

Godzilla Minus One. Oscar des meilleurs effets visuels

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Takashi Yamazaki. 2023. Japon. 2h05. Avec RyĹ«nosuke Kamiki, Minami Hamabe, Yuki Yamada, Munetaka Aoki, Hidetaka Yoshioka, Sakura AndĹŤ, Kuranosuke Sasaki

Sortie salles France: 7 Décembre 2023 puis 17 Janvier 2024

FILMOGRAPHIETakashi Yamazaki est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et superviseur des effets spĂ©ciaux japonais nĂ© le 12 juin 1964 Ă  Matsumoto dans la prĂ©fecture de Nagano. 2000 : Juvenile. 2002 : Returner. 2005 : Always : CrĂ©puscule sur la troisième rue. 2007 : Always zoku sanchĹŤme no yĹ«hi. 2010 : Ballad: Na mo naki koi no uta. 2010 : Space Battleship. 2011 : Friends: Mononoke-shima no naki. 2012 : Always sanchĹŤme no yĹ«hi '64. 2013 : Kamikaze, le dernier assaut. 2014 : Doraemon et moi. 2014 : KiseijĹ«. 2015 : KiseijĹ« kanketsu-hen. 2016 : Kaizoku to yobareta otoko. 2017 : Destiny: The Tale of Kamakura. 2019 : The Great War of Archimedes. 2019 : Dragon Quest: Your Story. 2019 : Lupin III: The First. 2020 : Doraemon et moi 2. 2023 : Godzilla Minus One. 

                                         

Pourquoi Godzilla Minus One fascine autant Ă  travers sa sidĂ©rante beautĂ© formelle ranimant notre instinct infantile, entre rĂ©alisme Ă©tourdissant et part de rĂŞve Ă©veillĂ© ? Parce que Takashi Yamazaki est issu de l'ancienne Ă©cole du grand spectacle artisanal conçu avec humilitĂ©, foi en son projet et sincĂ©ritĂ© indĂ©fectible pour nous offrir une improbable aventure 1000 fois vue Ă  l'Ă©cran mais ici rĂ©inventĂ©e Ă  travers l'art du storytelling que n'aurait reniĂ© Spielberg lors de ses prĂ©mices. Ainsi, en rendant un vibrant hommage au premier Godzilla immortalisĂ© par IshirĹŤ Honda et son inĂ©vitable mĂ©taphore sur le trauma de la guerre nuclĂ©aire, Takashi Yamazaki s'approprie des effets numĂ©riques mainstream pour les transcender avec un art consommĂ© du dĂ©tail morphologique. La crĂ©ature Ă  Ă©caille Ă©tant filmĂ©e sous toutes les angles et coutures les plus adroites et inventives si bien que face Ă  nos yeux Ă©baubis on reste Ă  la fois Ă©merveillĂ©, impressionnĂ©, troublĂ© mĂŞme par sa puissance de feu destructrice. 


Tant auprès de ses destructions de masse urbaine que de ses explosions de fureur sur mer imparties aux batailles navales que moult bateaux et avion de combat tentent de dĂ©jouer sous la mainmise d'un kamikaze couard en quĂŞte de rĂ©demption. Godzilla Minus One n'omettant jamais la part d'humanisme Ă  la fois torturĂ©e, tourmentĂ©e, affligĂ©e de ses protagonistes tentant de s'extraire de leur apocalypse urbain avec un courage aussi bien suicidaire que burnĂ©e. Les sĂ©quences d'actions magistralement mise en exergue demeurant jamais gratuites, pompeuses ou risibles si bien qu'elles dĂ©pendent des actions tĂ©mĂ©raires des personnages et du monstre Ă  Ă©caille quasi indestructible. Probablement le Godzilla le plus robuste, furibond (euphĂ©misme) et impressionnant jamais retranscrit sur pellicule tant Takashi Yamazaki voue un vĂ©ritable amour pour celui-ci avec une ambition infiniment consciencieuse eu Ă©gard du sens du dĂ©tail imparti Ă  son design parfois mĂŞme bleutĂ©. Or, durant tout ce cheminement belliqueux, un homme en perdition morale tentera de s'extraire de ses affres (principalement celle de la peur de trĂ©passer pour le sens du sacrifice) après s'ĂŞtre laissĂ© guidĂ© par ses bas instincts craintifs. 


"C'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes"
.
Blockbuster pĂ©tri d'humilitĂ©, de fragilitĂ© et d'Ă©motions (souvent) dĂ©pouillĂ©es Ă  imprimer sur pellicule un spectacle d'apocalypse ne dĂ©bordant jamais du cadre, Godzilla Minus One est un miracle inespĂ©rĂ© au sein du cinĂ©ma de papa en berne des annĂ©es durant. Un divertissement tous publics aussi mature que gĂ©nĂ©reux d'y interposer le bras de fer entre combattants de la seconde guerre et monstre reptilien Ă  taille disproportionnĂ©e. Et bon Dieu que cela nous manquait d'assister en direct aux exactions d'un monstre de fer aussi cruel que photogĂ©nique auprès de sa beautĂ© sĂ©pulcrale sans Ă©gale. Son minuscule regard dĂ©monial transperçant l'Ă©cran avec une fulgurance expressive infernale. 

*Bruno

lundi 6 mai 2024

The Inglourious Basterds

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, incombant au site Imdb.com

de Quentin Tarantino. 2009. U.S.A/Allemagne. 2h33. Avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Eli Roth, Michael Fassbender, Diane Kruger, Daniel Brühl, Til Schweiger, August Diehl, Gedeon Burkhard, B. J. Novak, Omar Doom, Sylvester Groth, Julie Dreyfus, Jacky Ido, Mike Myers, Rod Taylor, Martin Wuttke.

Sortie salles France: 19 AoĂ»t 2009 (Int - 12 ans). U.S: 21 AoĂ»t 2009 (Int - 13 ans)

FILMOGRAPHIE: Quentin Tarantino est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain, né le 27 mars 1963 à Knoxville dans le Tennessee, aux États-Unis. Reservoir Dogs (1992). Pulp Fiction (1994). Jackie Brown (1997). Kill Bill: Vol. 1 (2003). Kill Bill: Vol. 2 (2004). Boulevard de la mort (2007). Inglourious Basterds (2009). Django Unchained (2012). Les Huit Salopards (2015). Once Upon a Time... in Hollywood.

Un chef-d'oeuvre, peux pas dire mieux. 

Jubilatoire de A Ă  Z. 

DrĂ´le, dur, cruel, violent, gore, beau, Ă©lĂ©gant, poĂ©tique, tragique, bouleversant aussi auprès de son romantisme mĂ©lancolique. 

Dans un rôle sciemment outrancier, Brad Pitt crève l'écran dans sa fonction semi-parodique de lieutenant juif américain foncièrement pédant, alors qu'Eli Roth, on ne peut plus à l'aise, est habité d'une douce démence décalée en chasseur de scalp, dit "l'ours juif".

Mais je garde surtout en mĂ©moire 2 superbes portraits de femmes Ă  la fois dĂ©chues et combattives qu'endossent les vamps MĂ©lanie Laurent et Diane Kruger. Quand bien mĂŞme Christoph Waltz ensorcelle son entourage Ă©tranger en chasseur de juif couard inspirant autant la fausse sympathie qu'une terreur sourde.  

Avec en guise de cerise discursive un discours fortuit sur le pouvoir des images (et les consĂ©quences dramatiques que cela peut entraĂ®ner) par l'entremise de la mise en abyme, et sur le langage des mots dĂ©pendant de notre dialecte. 

C'est d'ailleurs Ă  voir obligatoirement en VO pour mieux cerner les dissensions psychologiques que se disputent chaque camp Ă  travers leur nationalitĂ© distincte. 

Quant à la BO, hyper nostalgique et exaltante, elle colle aux images avec une grâce sensorielle, comme le souligne constamment (euphémisme) la mise en scène ultra inspirée d'un Tarantino à nouveau à l'apogée de la perfection.

On n'a qu'une envie quand on s'extrait hĂ©las du film: le revoir, encore et encore pour s'enivrer et ne plus en sortir. 

Et dire qu'il dure Ă  peine 2h33 !

Récompenses
Festival de Cannes Prix d'interprétation masculine Christoph Waltz
Satellite Awards Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
2010
Oscars du cinĂ©ma Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
Golden Globes Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
BAFTA Awards Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
Screen Actors Guild Awards Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
Meilleure distribution 
Saturn Awards Meilleur film d'action, d'aventures ou thriller 
Critics Choice Awards Meilleur scĂ©nario original Quentin Tarantino
Meilleur acteur dans un second rĂ´le Christoph Waltz
Meilleure distribution 
Empire Awards Meilleur acteur Christoph Waltz
Prix David di Donatello Meilleur film Ă©tranger 
Goldene Kamera Meilleure actrice internationale  Diane Kruger
Prix Sant Jordi du cinĂ©ma Meilleur film Ă©tranger 

mercredi 1 mai 2024

Cherry Falls. Prix du Meilleur Réalisateur, Catalogne 2000

                                              
                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Geoffrey Wright. 1999. U.S.A. 1h31. avec Brittany Murphy, Jay Mohr, Michael Biehn, Jesse Bradford, Candy Clark, Amanda Anka 

Sortie directement en dvd: Mai 1999. Diffusion TV U.S: 20 Octobre 2000

FILMOGRAPHIE: Geoffrey Wright, nĂ© en 1959, est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste australien1992 : Romper Stomper, en tant que rĂ©alisateur et scĂ©nariste. 1994 : Metal Skin (en), en tant que rĂ©alisateur et scĂ©nariste. 2000 : Cherry Falls, en tant que rĂ©alisateur. 2006 : Macbeth. 


"Baisse ton froc ou t'es mort !"
Quel plaisir, quel bonheur immodĂ©rĂ© de revoir une modeste sĂ©rie B passĂ©e inaperçue Ă  l'Ă©poque (mĂŞme si vantĂ©e chez la revue Mad Movies lors de son exploitation Dvd) pour tenir compte aujourd'hui de son potentiel qualitatif quelques dĂ©cennies plus tard (25 ans Ă  l'heure oĂą j'Ă©cris cet article). Car Ă  contre-emploi des psycho-killers standard truffĂ©s de clichĂ©s et de trivialitĂ© (les suites de Vendredi 13, d'Halloween et consorts), Cherry Falls prend le contre-pied des codes du genres afin de les inverser. Si bien qu'en l'occurrence, le mystĂ©rieux tueur "travelo" ne s'en prend qu'aux vierges avec autant de douce dĂ©rision que de premier degrĂ©. Les personnages d'ados en rut et rebelles demeurant ici nullement dĂ©cervelĂ©s si bien que l'on s'attache Ă  eux avec une vĂ©ritable implication psychologique eu Ă©gard de la soliditĂ© de l'intrigue Ă  la fois cruelle, dĂ©tonante, politiquement incorrecte, sexiste. Notamment si on se rĂ©fère au profil attentionnĂ© de l'hĂ©roĂŻne Jody Marken plutĂ´t complexĂ©e Ă  passer Ă  l'acte sexuel avec son partenaire toujours plus frustrĂ©, faute d'un entourage familial dysfonctionnel. 


Brittany Murphy
 (hĂ©las dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  32 ans dans des circonstances non Ă©lucidĂ©es) endossant avec assez de beautĂ© trouble, de force Ă©motionnelle une ado introvertie Ă  la fois vĂ©nĂ©neuse, fragile, tĂ©nĂ©breuse, tourmentĂ©e faute d'un passĂ© Ă©hontĂ© que je me tairai de vous dĂ©voiler. Tous les autres acteurs (notamment Michael Biehn en shĂ©rif Ă  l'autoritĂ© parentale Ă©quivoque) et seconds-rĂ´les (Candy Clarke en maman poule sentencieuse) demeurant crĂ©dibles Ă  travers leur humanisme spontanĂ© dĂ©nuĂ© d'effets de manche (ou si peu pour les plus grandes gueules juvĂ©niles). Qui plus est, avec sa rĂ©alisation perfectible pour autant inspirĂ©e, dĂ©taillĂ©e, formellement inventive Ă©galement; Geoffrey Wright (auteur de Romper Stomper) parvient Ă  provoquer une certaine fascination auprès du tueur dĂ©guisĂ© en femme alors qu'Ă  deux/trois occasions l'effet de flippe porte ses fruits lorsque celui-ci traque ses victimes avec une fĂ©rocitĂ© assez Ă©peurante. On se rĂ©jouit aussi de l'incroyable orgie sexuelle finale commanditĂ©e par tous les lycĂ©ens de Cherry Falls (ville de Virginie) afin d'Ă©chapper aux exactions du tueur tributaire de son passĂ© traumatique. Sur ce point, lĂ  encore l'intrigue marque des points tant les tenants et aboutissants crapuleux ne nous laisse guère dans l'indiffĂ©rence de par son rĂ©alisme abrupt imparti au flash-back intolĂ©rable. Quand bien mĂŞme l'explosion de violence finale Ă©tonnamment dĂ©complexĂ©e ravira les amateurs de gore sous l'impulsion d'un rythme incisif aussi furibond qu'haletant. 


Que dire de plus si ce n'est que Cherry Falls est finalement une fort sympathique surprise (hĂ©las occultĂ©e de tous) aussi retorse qu'intelligente afin d'Ă©lever le sous-genre vers une maturitĂ© trop rare pour ne pas le souligner. Une oeuvre maudite au demeurant Ă  revoir sans rĂ©serve pour l'amateur Ă©clairĂ© mais aussi pour le public novice tant il inspire une touchante sincĂ©ritĂ©. 

P.S: A dĂ©couvrir impĂ©rativement en VO, VF exĂ©crable. 

*Bruno
2èx. Vost

vendredi 26 avril 2024

Black Flies / Asphalt City

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Jean-StĂ©phane Sauvaire. 2024. U.S.A. 2h05. Avec Sean Penn, Tye Sheridan, Gbenga Akinnagbe, Raquel Nave, Katherine Waterston, Michael Pitt, Mike Tyson.

Sortie salles France: 3 Avril 2024. Cannes: 18 Mai 2023. U.S: 29 Mars 2024

FILMOGRAPHIE: Jean-StĂ©phane Sauvaire est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste français nĂ© le 31 dĂ©cembre 1968 Ă  Paris. 2003 : Carlitos Medellin (documentaire). 2008 : Johnny Mad Dog. 2012 : Punk (tĂ©lĂ©film). 2017 : Une prière avant l'aube (A Prayer Before Dawn). 2023 : Black Flies (Asphalt City). 

"Seul contre tous".

Film choc s'il en est jusqu'Ă  l'asphyxie auprès de son ambiance crĂ©pusculaire Ă  mi chemin entre la dĂ©pression et la folie (psychotique ou suicidaire selon les tĂ©moignages ciblĂ©s), Black Flies est une expĂ©rience urbaine dont il est impossible de sortir indemne auprès du public sensible immergĂ© dans une descente aux enfers mĂ©dicale 2h05 durant. C'est dire si ce voyage au bout de la nuit demeure aussi Ă©prouvant que fĂ©brile lorsque Jean-StĂ©phane Sauvaire se fixe comme ambition, notamment formelle jusqu'au vertige des sens, de nous faire retranscrire les Ă©tats d'âme d'un duo d'ambulanciers au bord du burn-out. A ce titre, on ne peut que s'incliner sur les prestances Ă©corchĂ©es vives de Sean Penn (dans un second-rĂ´le autoritaire littĂ©ralement striĂ©) et de Ty Sheridan en ambulancier en herbe sur la corde raide insufflant durant leur parcours chaotique une dimension humaine Ă  la fois fourbue, nonchalante, dĂ©gingandĂ©e eu Ă©gard de leurs vicissitudes qu'ils arpentent auprès d'une faune urbaine ponctuĂ©e de marginaux, laissĂ©s pour compte, Ă©poux abusifs, toxicomanes, alcoolos au sein d'un New-York dĂ©gĂ©nĂ©ratif. On connait la chansonnette, mais on marche Ă  fond auprès de cette rĂ©alisation pragmatique dont le climat hautement cafardeux, trouble, anxiogène nous contamine davantage au sein d'un rĂ©cit sans concession. Cependant, tout n'est pas noir, et en Ă©vitant de spoiler, j'Ă©voque cet indice afin d'y taire les prĂ©jugĂ©s. 


Or, cette scĂ©nographie davantage sinistrosĂ©e demeure admirablement dĂ©peinte par un cinĂ©aste scrupuleux s'efforçant d'y esquisser sans fard aucun une peinture aride, insalubre, nĂ©vrosĂ©e d'une mĂ©tropole irascible inĂ©vitablement nĂ©crosĂ©e par la dĂ©chĂ©ance morale (tout a une influence sur tout et tout le monde affecte tout le monde). Ce qui fatalement dĂ©teint sur les esprits nĂ©vrosĂ©s de nos urgentistes esseulĂ©s incapables de se raccrocher Ă  leur dĂ©route conjugale ou Ă  un quelconque pivot moral auprès de leur hiĂ©rarchie militarisĂ©e (avec une surprenant apparition de Mike Tyson en dirigeant psychorigide). Le profil bourru de Cross (Ty Sheridan) perdant peu Ă  peu son innocence, son sang froid, ses maigres espoirs au fil de ses dĂ©rives mentales dĂ©nuĂ©es de lueur, notamment en se rĂ©fĂ©rant Ă  un Ă©vènement majeur narratif qui intentera Ă  son Ă©ventuelle responsabilitĂ© et Ă  la culpabilitĂ© de son partenaire plongĂ© dans un tunnel sans fin. Vertigineux au possible jusqu'au malaise viscĂ©ral ad nauseam, si bien que certaines sĂ©quences rĂ©alistes provoquent autant la gĂŞne que le dĂ©goĂ»t, Black Flies ne nous lâche pas d'une semelle, Ă  l'instar d'un viol mental sans jamais nous demander pardon. Pour autant dĂ©nuĂ© de racolage Ă  mon sens objectif auprès de sĂ©quences extrĂŞmes sensorielles, Black Flies a surtout comme ambition de nous caractĂ©riser l'Ă©volution en perdition de ce duo de paumĂ©s s'efforçant de sauver les âmes perdues, Ă©garĂ©es (et damnĂ©es) Ă  bord de leur vĂ©hicule dans un enfer terrestre dĂ©shumanisant. Immersif au possible jusqu'en apesanteur Ă  travers son maelstrom de tourments moraux difficilement gĂ©rables, Black Flies se dĂ©cline en concentrĂ© de malaise imparable auprès de ses Ă©motions torturĂ©es Ă  l'aura licencieuse.  

Un constat pessimiste sur nos sociĂ©tĂ©s contemporaines aliĂ©nĂ©es, Ă  rĂ©server Ă  un public averti. 

*Bruno

jeudi 25 avril 2024

Vermines. César du Meilleur Premier film, 2024.

                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de SĂ©bastien VaniÄŤek. 2023. France. 1h45. Avec ThĂ©o Christine, Sofia Lesaffre, JĂ©rĂ´me Niel, Lisa Nyarko, Finnegan Oldfield, Marie-Philomène Nga.

Sortie salles France: 27 Décembre 2023

FILMOGRAPHIESĂ©bastien VaniÄŤek est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste français. 
2023: Vermines. 


Chapeau l'artiste ! Si bien que pour une première rĂ©alisation (aurĂ©olĂ©e du Meilleur Premier Film aux CĂ©sars 2024) on peut Ă©voquer le coup de maĂ®tre (ou presque pour les plus exigeants) de la part du nĂ©ophyte SĂ©bastien Vanicek respectant Ă  la lettre le genre horrifique avec un art consommĂ© de la prouesse technique. Tant auprès de sa rĂ©alisation Ă©tonnamment fluide multipliant cadrages inventifs et alambiquĂ©s, travellings circulaires, que de ses effets-spĂ©ciaux, probablement mĂ©caniques ET numĂ©riques, d'un rĂ©alisme Ă  couper au rasoir. Tant et si bien qu'Ă  travers la simplicitĂ© de son pitch adepte du huis-clos domestique (ici un immeuble abritĂ© par de jeunes banlieusards en cohĂ©sion), le cinĂ©aste terriblement inspirĂ© multiplie Ă  rythme mĂ©tronome les sĂ©quences affolantes d'affront, de stress, d'oppression puis de confrontations musclĂ©es avec les forces de l'ordre (pour son final autrement explosif) avec une efficacitĂ© dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e. Et si les acteurs non professionnels, et donc perfectibles, manquent parfois de vĂ©racitĂ© expressive auprès de leur diction rarement théâtrale, ils n'en demeurent pas moins attachants, impliquĂ©s, spontanĂ©s, pugnaces, fragiles notamment, auprès de leur parcours de survie toujours plus contraignant eu Ă©gard de l'invasion exponentielle de ses araignĂ©es issues du dĂ©sert nord-africain. 


Sébastien Vanicek
usant de subterfuges, de machiavélisme en roue libre afin de nous foutre la pétoche quant aux apparitions furtives des araignées se faufilant tous azimuts (sous-sols, façades, greniers, couvertures, cartons) au point de nous susciter une appréhension franchement répulsive lorsque celles-ci se jettent sur leur proies avec une vélocité épeurante. On sort donc de la projo aussi comblé que rassasié d'avoir assisté à un affrontement aussi épique que stoïque (euphémisme tant nos jeunes héros décuplent les prises de risques afin de rester en vie) sous l'impulsion d'une caractérisation psychologique jamais abrutissante. Voire parfois même quelque peu décalée, puisque le cinéaste se permet en outre d'y injecter quelques saillies d'humour assez percutantes tout en maintenant au possible une tension parfois intolérable; notamment auprès du sort précaire de certains protagonistes que l'on hésite pas à sacrifier. On peut enfin remarquer en filigrane sociétale le sempiternel discours (louablement concis) sur la fracture indéfectible qui oppose flics et jeunes de quartier s'affrontant mutuellement sans pouvoir trouver un terrain d'entente de par leur condition d'exclusion souvent impartie à la peur (et la haine) de l'étranger. Avec en prime une certaine émotion lorsque les survivants prennent conscience de leur traversée de l'horreur avec une mélancolie amère auprès du sort imparti à leur cocon urbain. Ce final est à ce titre aussi beau que poétique, notamment auprès de cette ultime image aussi noble que saillante car militant pour le respect de la nature et de l'animal qui y cohabite, aussi dérisoire soit son enveloppe corporelle.


Faut-il enfin prĂ©ciser que pour un film français tout juste novice, Vermines demeure l'un des plus nobles reprĂ©sentants du genre ? Un des plus effrayants films d'arachnide jamais tournĂ©s Ă  trĂ´ner auprès du maĂ®tre Ă©talon l'Horrible Invasion de John Bud Cardos. Un authentique film d'horreur conçu Ă  l'artisanal au sein d'un cadre esthĂ©tique contemporain aussi convaincant qu'actuel. 

*Bruno

Récompenses:
César 20246 :

Meilleurs effets visuels

Meilleur premier film

mercredi 24 avril 2024

The Sadness / Kū bēi / La Tristesse. Prix du Public: Grimmfest 2021.

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Rob Jabbaz. 2021. Taiwan. 1h39. Avec Berant Zhu, Regina Lei, Ying-Ru Chen, Tzu-Chiang Wang

Sortie salles France: 6 Juillet 2022 (- 16 ans avec Avertissement). TaĂŻwan: 22 Janvier 2021

FILMOGRAPHIE: Rob Jabbaz est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste taĂŻwanais. 2021: The Sadness. 


Mea-culpa.
PrĂ©cĂ©dĂ© d'une rĂ©putation sulfureuse alors que 2 rĂ©compenses lui furent dĂ©cernĂ©es lors de sa sortie, The Sadness est un bon gros dĂ©lire cartoonesque aussi mĂ©chamment pervers qu'inquiĂ©tant. Notamment sous l'impulsion de (la discrĂ©tion de) son score monocorde parvenant Ă  distiller une ambiance mortifère quelque peu envoĂ»tante auprès de la tentative de survie d'un jeune couple en perdition malencontreusement sĂ©parĂ© depuis l'aube matinale d'une contamination nationale. Pur divertissement gorasse dĂ©versant des hectolitres de sang (coagulĂ© svp !) Ă  l'Ă©cran avec une outrance improbable afin d'Ă©luder l'insoutenable, tout du moins pour la plupart des nombreuses sĂ©quences chocs d'une inventivitĂ© en roue libre, The Sadness est d'autant plus sobrement intense et plutĂ´t bien maĂ®trisĂ© (pour une première rĂ©al qui plus est) pour ne jamais relâcher l'intĂ©rĂŞt en dĂ©pit d'un rĂ©cit convenu. A l'instar du classique blafard de Cronenberg, Rage auquel il entretient quelques points communs. 


On peut Ă©galement compter sur l'implication mesurĂ©e des comĂ©diens (mĂ©connus chez nous) pour provoquer l'empathie (le duo d'amants maudits que l'on observe en alternance chacun de leur cĂ´tĂ© autonome) ou au contraire l'apprĂ©hension lorsque chacun des contaminĂ©s est confrontĂ© Ă  une incontrĂ´lable folie meurtrière Ă  la fois redoutablement sadique et dĂ©bauchĂ©e. Le rĂ©alisateur, aussi provocateur et burnĂ© soit-il, ne cĂ©dant toutefois jamais Ă  l'itĂ©ration rĂ©barbative du gore Ă©chevelĂ© introduit en intermittence. On notera par ailleurs qu'outre l'Ă©vidente mĂ©taphore impartie Ă  la paranoĂŻa de la Covid (alors que le film fut rĂ©alisĂ© avant la pandĂ©mie), l'esprit individualiste prime, mĂŞme auprès de nos hĂ©ros en perte de vitesse s'efforçant de s'extirper de l'enfer avec un Ă©goĂŻsme parfois opportuniste (comme le souligne la jeune hĂ©roĂŻne dĂ©robant un portable Ă  l'infirmier tout aussi lâche qu'elle quelques instants plus tĂ´t lors d'une escapade dans les sous-sols hospitaliers). Le taĂŻwanais Rob Jabbaz poursuivant non stop son parti-pris escarpĂ© quant Ă  l'amertume de sa conclusion dĂ©faitiste instillant avec sobriĂ©tĂ© payante un climat de dĂ©sespoir permĂ©able. 


Une belle découverte donc assez prometteuse, impressionnante et captivante pour contenter les afficionados d'un gore extrême pour autant décomplexé, folingue et débridé. Le réalisateur insistant à fond sur les litres de sang s'échappant des corps (troués, dilacérés, explosés, grignotés ou entaillés) à grandes giclées souvent disproportionnées.

*Bruno

Récompenses
FanTasia 2021 : meilleur film pour Rob Jabbaz

Grimmfest 2021 : prix du public

jeudi 18 avril 2024

Eclair de Lune / Moonstruck. Oscar 88 Meilleure Actrice: Cher.

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ebay.com

de Norman Jewison. 1987. U.S.A. 1h42. Avec Cher, Nicolas Cage, Vincent Gardenia, Olympia Dukakis, Danny Aiello, Julie Bovasso, John Mahoney 

Sortie salles France: 6 Avril 1988. U.S: 18 Décembre 1987

FILMOGRAPHIE: Norman Jewison est un réalisateur, acteur, producteur et scénariste canadien, né le 21 Juillet 1926 à Toronto (Canada). 1962: Des ennuis à la pelle. 1963: Le Piment de la vie. 1964: Ne m'envoyez pas de fleurs. 1965: The Art of love. 1965: Le Kid de Cincinnati. 1966: Les Russes Arrivent. 1967: Dans la chaleur de la nuit. 1968: l'Affaire Thomas Crown. 1969: Gaily, gaily. 1971: Un violon sur le toit. 1973: Jésus Christ superstar. 1975: Rollerball. 1978: F.I.S.T. 1979: Justice pour tous. 1982: Best Friends. 1984: A Soldier Story. 1985: Agnès de Dieu. 1987: Eclair de lune. 1989: Un Héros comme tant d'autres. 1991: Larry le liquidateur. 1994: Only you. 1996: Bogus. 1999: Hurricane Carter. 2003: Crime contre l'humanité.

Il y a des films comme ça que l'on dĂ©couvre au hasard d'une location Vhs lorsque l'on fut ado et qui nous marqua au point de nous laisser une empreinte dans un p'tit coin de notre coeur. Eclair de Lune en fit donc parti pour mon jugement de valeur. Et le revoir une seconde fois 37 ans plus tard suscite un enthousiasme nostalgique mĂŞlĂ© d'une touche d'apprĂ©hension quant Ă  son contenu vĂ©ritablement qualitatif. A savoir si j'allais retrouver mes Ă©motions d'un passĂ© insouciant depuis mon adolescence Ă  la fois candide et nĂ©ophyte. Romcom rĂ©alisĂ©e par l'Ă©minent Norman Jewison (qu'on ne prĂ©sente plus), Eclair de Lune a ranimĂ© ma flamme amoureuse en dĂ©pit d'une mise en place un tantinet laborieuse de l'intrigue et de ces personnages peu Ă  peu attachants. Si bien que passĂ©es les 35/40 minutes de mĂ©trage pour autant solidement mises en scène au sein d'une scĂ©nographie urbaine aussi chaleureuse que rĂ©confortante, Eclair de Lune prend son envol pour structurer un charme aussi pur que dĂ©pouillĂ© eu Ă©gard de l'intelligence du cinĂ©aste Ă  ne point s'Ă©garer dans la facilitĂ© des bons sentiments mielleux. 

Bien au contraire, Eclair de Lune demeurant si touchant, si Ă©mouvant, si pur, si intègre et lucide pour nous Ă©voquer la complexitĂ© de l'amour (en Ă©troite relation avec la peur de la mort apprendrons nous !) Ă  travers l'infidĂ©litĂ© conjugale de protagonistes familiaux qu'on ne peut que se rĂ©jouir du rĂ©sultat attendrissant inscrit dans une modeste mesure. Norman Jewison tablant beaucoup sur l'humour des dialogues ciselĂ©s et des situations folingues pour nous enivrer sous l'impulsion d'une plĂ©thore de comĂ©diens absolument dĂ©licieux de spontanĂ©itĂ©. Je ne vais pas tous les citer par manque de temps, et c'est bien dommage car par ex Olympia Dukakis (Oscar du Meilleur Second-RĂ´le) m'a tant Ă©mu en sexagĂ©naire trompĂ©e (et de manière totalement fortuite !). Mais on ne peut que s'incliner du talent subtilement sĂ©millant de Cher accompagnĂ©e de Nicolas Cage (Ă  son âge juvĂ©nile) formant un duo d'amants impromptus davantage fusionnels dans leur dĂ©sir d'y bafouer les règles de la biensĂ©ance au moment de cĂ©der Ă  leur passion des sentiments. A eux deux ils portent l'intrigue sur leurs Ă©paules, entre fraĂ®cheur et naturel sans fard pour mieux nous immerger dans leur liaison houleuse Ă  deux doigts de s'Ă©teindre, ou, au contraire, de s'Ă©manciper vers des horizons prospères. 

Alla famiglia. Santé !
ComĂ©die romantique candide Ă©lĂ©gamment mise en scène parmi l'autoritĂ© d'un solide artisan ayant surfĂ© sur tous les genres souvent pour le meilleur, Eclair de Lune est un divertissement (hĂ©las) oubliĂ© truffĂ© de qualitĂ©s quand il s'adresse au coeur et Ă  la raison dans sa mĂ©ditation de l'amour impossible Ă  anticiper. Tous les comĂ©diens, sans exception aucune, demeurant toujours plus sĂ©duisants, passionnants, Ă©mouvants dans leur fragilitĂ© torturĂ©e Ă  se remettre en question pour l'enjeu de rĂ©demption. Une oeuvre aussi fragile que solaire qui donne envie d'aimer, de croire en son destin sans l'ombre de la suffisance (bien au contraire tant les personnages, tous âges confondus, restent des enfants incomplets). 


Récompenses

3 Oscars :

Meilleure actrice pour Cher

Meilleur second rĂ´le pour Olympia Dukakis

Meilleur scénario pour John Patrick Shanley

American Comedy Award

Ours d'argent du meilleur réalisateur à la Berlinale pour Norman Jewison

2 Golden Globes :

Meilleure actrice dans une comédie (Cher)

Meilleur second rôle féminin (Olympia Dukakis)

1989 :

ASCAP Award pour le Top Box Office Films